samedi 22 avril 2023

Qu'est ce que ça signifie, "la gauche"? à jour 2023

Il faut "être de gauche" ! Être de droite c’est être contre Dreyfus et pour le Maréchal Pétain. C’est être raciste et intolérant, etc.

La gauche est une notion floue qui continue à jouer un rôle important dans les jugements de valeur des militants politiques et des sympathisants et à surdéterminer leurs réactions. Car les gens de gauche sont gentils, les gens de droite sont méchants !

Mais au-delà des représentations caricaturales, qu’est-ce que signifient exactement ces termes, la gauche et la droite ?

On raconte que pendant la Révolution, lors de la première réunion de l’Assemblée législative, en 1791, les députés monarchistes qui s’étaient donnés le mot se précipitèrent à l’ouverture de la salle pour occuper en groupe compact le coté droit, pour pouvoir jouer sur la valorisation langagière et idéologique de la « droite » contre son opposé, la « gauche » qui a des connotations péjoratives.

Au départ la « droite » désignait donc les idées des partisans de la tradition, de la monarchie, de la religion, qui se choisirent pour symbole la dextre honorable et noble et qui laissèrent la sinistre aux autres, les révolutionnaires de 1789, les partisans des droits de l’homme et de l’égalité. La main gauche, maladroite et vouée aux tâches sordides.

La droite était donc bien partie pour occuper la première place dans le royaume du cœur et pourtant le cours de l’histoire a provoqué insensiblement l’inversion de la hiérarchie symbolique, au point qu’à l’époque où j’ai reçu mon éducation politique élémentaire (années 60 et 70) littéralement personne ne voulait plus être rangé avec la droite, ni les gaullistes, ni les fascistes, ni les conservateurs, ni les bourgeois ; dire de quelqu’un, « il est de droite » était devenu une façon de dire « c’est un vieux con ».

Il faut remarquer qu’entre la gauche et la droite se trouve placé depuis toujours un centre modéré et libéral qui cherche à échapper à ce clivage et qui a réussi à le faire disparaître dans les pays anglo-saxon, où dire « il est de gauche » signifie à peu près « c’est un petit con ».

Mais ça fait longtemps qu’on n’en est plus là !

Il y a maintenant plusieurs sens historiques au clivage symbolique droite-gauche qui sont utilisés dans la plus grande confusion. Les trois principales "gauches" qui se superposent, qui se confondent et qui s'opposent souvent entre elles sont maintenant :

1) Gauche issue de 1789 : la gauche républicaine des valeurs humanistes, des droits de l’homme et du citoyen, du suffrage universel, de la démocratie, de la laïcité. Victor Hugo, Émile Zola, Jean Jaurès, etc.

2) Gauche issue de 1917 : la gauche révolutionnaire qui se définit par les luttes de la classe ouvrière pour le pouvoir politique et des colonies pour leur indépendance. C’est la gauche qui persiste à s’inspirer de la Commune de Paris de 1871 et de la Révolution russe d’Octobre 1917. Karl Marx, Lénine, Mao, etc.

3 ) Gauche de 1968 : la gauche émeutière, individualiste extrémiste, héritière de mai 1968 : rejet de l’État, des frontières, de la police, du travail et de l’autorité, écologisme, liberté des mœurs, exaltation des marginaux et des minoritaires.

Existe-t-il aujourd’hui une raison pour que ces diverses traditions politiques politiques et culturelles soient désignées par le même terme ? Et qu’elles aient vocation à s’unir ? C’est loin d’aller de soi contrairement à ce qu’a l’air de penser beaucoup de monde.

La gauche républicaine, et la gauche émeutière, évoquent dans leurs discours hyperboliques des principes et des idées universelles, et qui en tant que telles peuvent en effet être partagées par tous. Mais sociologiquement et politiquement elles expriment et représentent des secteurs de la bourgeoisie parce qu'elles esquivent la question politique et économique centrale qui est l’exploitation des travailleurs. La gauche révolutionnaire représente le prolétariat et les peuples opprimés par l’impérialisme. Et ces idées ne peuvent donc pas, par définition, être partagées par les exploiteurs, ni par les néocolonialistes. De mon point de vue cette gauche-là, la gauche de la lutte des classes, est la seule véritable. Les autres "gauches" sont des variétés plus ou moins assumées du libéralisme politique.

Cette différence de fond n’empêche pas les alliances, notamment les alliances antifascistes dont le but est la simple survie des alliés, parce qu’au bout du bout le but et le concept du fascisme, c’est de tuer les gens de gauche (et les juifs, suspectés de l’être tous peu ou prou) . Mais cette alliance se justifie rarement dans les faits. J’entends le mantra « le fascisme revient » depuis que je suis né, et je pense qu’il ne reviendra pas avant que ne reviennent les conditions de son apparition, à savoir une révolution socialiste, menace existentielle pour la bourgeoisie qui doit l'endiguer par tous les moyens et la détruire par la terreur et par la guerre. Ou s'il revient, comme le prévoyait Pasolini dès 1968, ce sera sous le masque de l'inverse, l'antifascisme.

Depuis que la Chine, officiellement socialiste et qui l’est par certains aspects, remet en cause la domination cinq fois séculaire de l’Occident sur le monde on constate effectivement une certaine « fascisation » dans notre continent, et en Amérique du Nord ; mais les représentants de l’extrême-droite ne sont pas les seuls à y participer, ni les plus dangereux. Et quant à ceux-ci, la guerre d'Ukraine où les nostalgiques de Bandera gouvernent montre aussi que les vrais nazis décomplexés et les libéraux pro-OTAN se sont étroitement associés en Occident et notamment dans l'Union Européenne qui voudrait bien contre la Russie actuelle reprendre le cours de l'Opération Barberousse lancée contre l'Union Soviétique par le IIIème Reich en 1941.

Autre question : Marx est-il de gauche ? On peut en douter. Il est de gauche si on considère d’où il provenait, du mouvement révolutionnaire bourgeois de l’époque romantique, mais il avait déjà dépassé complètement ce concept quand il écrivit le Manifeste du Parti Communiste avec Engels. La meilleure critique de la gauche qui existe, c’est encore lui qui l’a faite, en décrivant les révolutionnaires de 1848 qui rejouent 1793 au lieu d’agir concrètement. Dans la mesure où Marx considère que ce ne sont pas les idées qui conduisent le monde mais au contraire qu’elles sont déterminées par les conditions matérielles, il n’est ni de gauche ni de droite. Et Lénine non plus, l’homme de « l’analyse concrète des situations concrètes ».

Marx soutient le mouvement objectif et le progrès objectif de l’humanité et ce ne sont pas les bons sentiment, les grandes phrases et les effets de manche des politiciens éclairés qui font avancer le monde mais la critique objective du prolétariat, sa lutte matérielle pour le pain quotidien, puis pour le pouvoir politique.

En fin de compte le slogan de LO ,"le camp des travailleurs" définit très bien ce qu'est la véritable gauche. Il est dommage cependant que cette organisation dogmatique  étymologiquement trotskyste n'ait jamais eu de stratégie pour conduire ce camp à la victoire. Mais ce n'est pas la seule dans ce cas.

GQ 7 février 2022, relu le 20 avril 2023

 



La nouvelle réforme des retraites unit très largement les masses populaires contre la bourgeoisie.

Elle arrive après le covid et une insupportable hausse des prix, due essentiellement aux sanctions contre la Russie et à l'importation de gaz de schiste US.
Les artisans et PME qui avaient bénéficié de ristournes pour surmonter le covid doivent maintenant payer la note.
Mais la hausse des prix de l'énergie les met à la rue.
Pour la première fois des boulangers ont manifesté. C'est dire la gravité de la colère populaire.
D'autre part le narratif sur la guerre en Ukraine ne convainc pas. Dans le peuple les informations tv sont délaissées au profit de sources russes ou de leurs relais.
De fait les deux sujets sont reliés intimement, même s'ils ne sont pas formulés ouvertement dans les manifestations. Des slogans comme "les millions pour nos retraites, pas pour les canons" reçoivent un accueil favorable en dépit de toute la propagande belliciste.
Des salariés se syndiquent à la CGT.
Enfin l'arrivée de nouvelle générations dans cette lutte, dix ans après la première réforme, va renforcer l'attrait pour le socialisme, et continuer de laminer les positions réformistes, révisionnistes et liquidatrices.
Xuan
Grand classique (ou très bavard)
Forum marxiste léniniste

 

La jetset et ses multimilliardaires qui règnent financièrement, et donc politiquement et médiatiquement sur l’otaneuro zone et apparenté, essaient de faire pression sur des gouvernements africains, sud américains et asiatiques, ayant réussi à s’affranchir de l’occident, pour qu’ils privatisent tout ce qui peut être rentable *** Si ces privatisations devaient aboutir, la grosse mafia, qui règne déjà sur washington et bruxelles, referait comme dans le bon vieux de la colonisation, la loi dans tous les pays concernés, en s’appropriant les richesses, sans promouvoir de développement dans les dits pays *** La Chine et la Russie, qui coopèrent avec l’Éthiopie, doivent faire barrage aux visées de privatisations dont la pègre otanienne serait bien la seule bénéficiaire.

 

 Article Les descendants des esclavagistes continuent de martyriser l’Afrique, par Sergei Kojemiakine

 

.CONCERNANT LE PILLAGE .....

Concernant le pillage, Dolores Ibarruri(°) dans son discours sur les nations espagnoles évoque également la contribution du minerai de fer du Pays Basque espagnol au développement industriel Britannique.

Elle ne passe pas sous silence les événements qui ont permis de piller ce Pays Basque a commencer par une centralisation autoritaire de l’Espagne entre les mains de Rois venus de l’étranger que ce soit d’Allemagne ou de France et surtout la complicité des propriétaires fonciers de ces mines et de l’arriération féodale de l’Espagne quand la Grande Bretagne envisageait déjà par le développement technologique et industriel l’économie mondialisée basée également sur une puissante flotte modernisée. C’est la domination des mers Britanniques, donc un progrès technologique, qui a permis d’affaiblir les Empires espagnol et français.

La France, pays le plus peuplé d’Europe au Moyen Âge, a elle aussi connu diverses révolutions à commencer par une unification et une pacification dans son Royaume et un certain développement intellectuel qui a apporté quelques brillants scientifiques.

Sans justifier le colonialisme il faut bien à un moment donner des moyens matériels et par conséquent politiques de coloniser d’autres peuples en développant des moyens de transports et des armes permettant une supériorité militaire ce qui suppose une économie suffisamment forte.

Il y a aussi quelques confusions embarrassantes entre les Lumières et l’Orientalisme le premier courant étant tout de même progressiste et le second correspondant avec la justification de la colonisation du Second Empire quand éclate la première crise systémique du capitalisme.

Ce qui transparaît parfois aussi dans certains textes russes est un rejet de la mondialisation qu’il ne faut pas confondre avec l’impérialisme et le monde multipolaire qui est entrain de naître va probablement mieux favoriser cette mondialisation.

Certaines idées ont un caractère universel en particulier dans le développement scientifique mais aussi politique le rayonnement du Marxisme a bien débuté en Europe inspiré par la Révolution Française, l’idéologie allemande et le développement industriel Britannique pour donner bien plus loin naissance à la première expérience socialiste au monde : l’Union Soviétique puis la Chine, Cuba le Vietnam et les tentatives africaines ; Patrice Lumumba ne rejetait pas les apports de la mondialisation.

Cette mondialisation des idées se révèle en particulier dans un domaine qui fait peu de polémiques les mathématiques qui ont traversé depuis l’Inde le Moyen Orient pour venir nourrir nos mathématiciens européens à travers tout un réseau de bibliothèques et d’universités qui faisaient le prestige des royaumes.

Ce qui m’étonne le plus ou que je comprends mal c’est ce conservatisme chez certains Russes alors que dans l’Union soviétique ils ont été à la pointe de la recherche scientifique et technique tout en faisant preuve d’une ouverture sur le monde importante; peut-être un sentiment d’être menacé ce que les actions de l’Empire justifient.

La Chine elle accueille avec confiance les apports étrangers tout en conservant sa personnalité la numérisation ne lui fait pas peur et elle en a bien saisi le caractère révolutionnaire et progressiste pourvu que la technologie soit mise au service du développement ; les développeurs informatiques Russes sont réputés pourquoi se priver d’un tel avantage ?

L’Internet est un formidable moyen de partage l’accès instantané à des cours de qualité dans toutes les langues à l’information, au cinéma et à la musique, à l’échange direct entre personnes de cultures différentes ; les possibilités sont immenses ; se l’approprier ne fait pas de vous un dangereux occidental qui renie sa culture.

Les principaux freins à la large diffusion des connaissances et de certaines œuvres restent les droits financiers sur la propriété intellectuelle, un concept archaïque qui freine le partage en justifiant faussement la rémunération de la création.

Les Cubains ont trouvé une solution pour les musiciens: ils sont subventionnés tant qu’ils travaillent, c’est à dire se produisent dans des concerts accessibles gratuitement.

Ce qui est néfaste c’est la privatisation des richesses produites en commun et pas la mondialisation, le sens de l’Histoire va vers plus de métissage et d’échanges les nouvelles routes de la soie en sont une expression tout comme la recherche d’une alternative au Dollar.

Ici un chanteur (une star) soviétique dont la chanson rendue célèbre par le film “Résistance” Russo ukrainien sur Ludmila Pavlenko une snipeur de la Seconde Guerre Mondiale. La chanson est présentée par un français qui nous apprend le Russe sur un média américain dont la technologie doit beaucoup aux USA et à la France ; technologie qui n’est qu’une étape dans le développement de l’Humanité. Voilà aussi à quoi sert la mondialisation.

 (°) DOLORÈS IBARRURI, désignée sous le nom de " La  Pasionaria "  - auteur du  slogan universel contre le Franquisme " NO PASARAN " - Ancienne secrétaire du PARTIDO  COMMUNISTA DE ESPANA

(°) Commentaire  de D.A. à un article toujours et plus que jamais d'actualité publié par Histoire et Société ce 22 avril 2023