vendredi 8 mars 2024

ANNEXE.....


......A l'article signé Renaud BOUCHARD à lire sur le blog Agora Vox

V. Nuland, le Faucon déplumé : effondrement de la stratégie américaine en Ukraine et revanche posthume de G.F. Kennan


 

Annexe :
 

Dernier entretien donné par George F. Kennan qu'un médiocre et insignifiant pseudo chef d'Etat, boutefeu et va-t-en guerre sans aucune expérience et beaucoup trop jeune pour avoir le recul historique nécessaire et les moyens de saisir, comprendre et avoir l'intelligence d'une époque qu'il ignore, se devrait de méditer plutôt que d'essayer de précipitet la France et l'Europe dans la guerre.

 

 « Je pense que les Russes vont progressivement réagir de façon adverse, et que cela aura un effet sur leurs politiques. Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y a absolument aucune raison de faire cela. Personne n’était menacé. Cette extension ferait se retourner dans leur tombe les pères fondateurs de ce pays. Nous nous sommes engagés à protéger un grand nombre de pays, alors même que nous n’avons ni les ressources ni l’intention de le faire de façon sérieuse. [L’extension de l’OTAN] était simplement une action conduite avec insouciance par le Sénat qui n’a aucun intérêt réel pour les Affaires étrangères.

« Ce qui m’ennuie, c’est le manque d’information et la superficialité de l’ensemble du débat qui a eu lieu au Sénat » ajouta M. Kennan, qui était présent lors de la création de l’OTAN, et dont l’article anonyme, en 1947 dans le journal of Foreign Affairs (Journal des Affaires étrangères), signé « X », a défini la politique de containment de l’Amérique pendant la guerre froide pour les 40 ans qui suivirent.

« J’étais particulièrement ennuyé par les références à la Russie comme un pays mourant d’envie d’attaquer l’Europe de l’Ouest. Les gens ne comprennent-ils pas ? Nos différends étaient avec le régime communiste soviétique. Et maintenant, nous tournons le dos à ces mêmes gens qui ont organisé la plus grande révolution de l’Histoire pour mettre fin à ce régime soviétique, et cela sans effusion de sang ! »

« Et la démocratie russe est aussi avancée, si ce n’est plus, que celle de n’importe lequel de ces pays que nous venons de nous engager à défendre contre la Russie. » dit M. Kennan, qui rejoignit le Département d’État en 1926, et fut ambassadeur américain à Moscou en 1952. « Cela montre un manque de compréhension de l’histoire de la Russie et de l’Union Soviétique. Bien sûr que cela va entraîner une réaction hostile de la part de la Russie, et alors, ils [ceux qui auront choisi d’étendre l’OTAN] diront qu’ils vous avaient bien dit que les Russes étaient comme cela. Mais c’est tout simplement malhonnête. »

On peut seulement se demander ce que les historiens du futur diront.

Si nous avons de la chance, ils diront que l’extension de l’OTAN à la Pologne, à la République tchèque n’eurent aucune importance, car le vide qu’elle était censée remplacer avait déjà été comblé, ce que l’équipe de Bill Clinton n’avait pas vu. Ils diront que les forces de la mondialisation intégrant l’Europe, couplées aux nouveaux accords de contrôle des armements, eurent un effet si important que la Russie, malgré l’extension de l’OTAN continua son processus de démocratisation et d’occidentalisation, et fût peu à peu entraînée dans une Europe vaguement unifiée.

Si nous n’avons pas de chance, ce qu’ils diront, prédit M. Kennan, c’est que l’extension de l’OTAN a créé une situation dans laquelle l’OTAN avait alors soit à s’étendre jusqu’aux frontières mêmes de la Russie, déclenchant une nouvelle guerre froide, soit à s’arrêter après l’inclusion de ces trois nouveaux pays, et créer une nouvelle ligne de division en Europe.

 

Mais il y a quelque chose que les historiens du futur ne manqueront sûrement pas de remarquer, et c’est l’absence complète d’imagination qui aura caractérisé la politique étrangère des États-Unis à la fin des années 1990. Ils noteront que les événements clés de ce siècle eurent lieu entre 1989 et 1992 – l’effondrement de l’Empire soviétique, qui avait les capacités, les intentions impériales, et l’idéologie pour réellement menacer le monde libre. Que grâce à la résolution de l’Occident, et au courage des démocrates russes, l’Empire soviétique s’effondra sans un coup de feu, engendrant une Russie démocratique, libéra les anciennes républiques soviétiques, et mena à un accord de contrôle des armements sans précédent avec les États-Unis.

 

Et quelle fut la réponse des États-Unis ? Ce fut d’étendre l’OTAN, l’alliance créée pendant la guerre froide contre l’URSS, et de la rapprocher des frontières de la Russie.

Oui, racontez à vos enfants et vos petits-enfants que vous viviez à l’âge de Bill Clinton et William Cohen, à l’âge de Madeleine Albright et Sandy Berger, à l’âge de Trent Lott et Joe Lieberman, et que vous aussi étiez présent lors de la création du nouvel ordre de l’après-guerre froide, lorsque ces géants de la politique étrangère mirent leur cerveau en commun pour produire… une souris.

Nous sommes dans l’ère des nains. La seule bonne nouvelle est que nous y sommes arrivés en un seul morceau car avant cela, il y eut un autre âge, l’ère des Grands Hommes d’État, qui avaient à la fois de l’imagination et du courage.

 

Source : Source : Thomas Friedman, Foreign Affairs, 2 mai 1998

Traduction : www.les-crises.fr

 

 

Publié par El Diablo

 

Mer de Chine : Pékin accuse Washington d'utiliser les Philippines comme d'un «pion»

La Chine a accusé, le 6 mars 2024, les États-Unis d'utiliser les Philippines comme un «pion» en mer de Chine méridionale, après plusieurs incidents ces dernières semaines autour d'îlots que les deux pays asiatiques se disputent âprement.

«Les Philippines ne doivent pas se laisser manipuler par les États-Unis», a dénoncé ce 6 mars la porte-parole de la diplomatie chinoise Mao Ning, en réponse à une question sur le soutien américain à Manille.

«La Chine recommande aux États-Unis de ne pas utiliser les Philippines comme un pion afin de générer des troubles en mer de Chine méridionale», a-t-elle ajouté.

Les garde-côtes philippins ont accusé leurs homologues chinois d'avoir provoqué le 5 mars des collisions avec deux de leurs bateaux et d'avoir blessé quatre de leurs personnels avec des canons à eau, en marge d'une mission de ravitaillement. L'accrochage s'est produit près du récif disputé de Second Thomas, théâtre régulier d'incidents. Les Philippines ont indiqué avoir convoqué le représentant chinois à Manille et lui avoir signifié qu'elles jugeaient «inacceptables» ces «actions agressives».

Pékin dénonce une «intrusion» dans ses eaux

De son côté, Pékin a accusé les forces philippines, régulièrement soutenues par Washington, d'avoir «volontairement» percuté un navire chinois pour provoquer un incident après leur «intrusion» dans la zone.

«Nous continuons à considérer avec une vive inquiétude ces manœuvres et actions dangereuses qui se poursuivent contre nos marins et nos gardes-côtes», a quant à lui déclaré le président philippin Ferdinand Marcos dans une transcription officielle de ses déclarations à la presse. 

«Je pense que nous ne pouvons considérer cela autrement que de la manière la plus sérieuse», a affirmé le président. «Une fois de plus, nous ferons connaître nos objections et espérons que nous pourrons continuer à communiquer pour trouver le moyen de ne plus voir de telles actions», a-t-il ajouté. 

La Chine revendique la quasi-totalité des îles de la mer de Chine méridionale. D'autres pays riverains comme le Vietnam, les Philippines, la Malaisie ou Brunei ont des prétentions concurrentes. Dans ce contexte, les Philippines ont conclu des accords militaires avec les États-Unis et l'Australie.

Ces derniers mois, les tensions entre la Chine et des Philippines qui affirment de plus en plus fermement leurs prétentions ont atteint des niveaux inégalés depuis plusieurs années.

L'incident du 5 mars survient après plusieurs incidents similaires ces derniers mois entre les deux pays. «La détermination de la Chine à défendre ses droits et intérêts légitimes est inébranlable», a prévenu la porte-parole chinoise Mao Ning.


 

Publié par El Diablo

 

La vidéo de cette semaine est consacrée à un triple point de situation : évolution militaire en Ukraine, montée de l'atmosphère de censure en France et point thématique sur les doctrines nucléaires française, américaine, britannique et russe.

Caroline GALACTÉROS est Docteur en sciences politiques, colonel dans la réserve opérationnelle des Armées et ancienne directrice de séminaire à l'École de guerre (Paris), Caroline Galactéros a créé et dirige le think tank GEOPRAGMA - Pôle français de géopolitique réaliste (Paris).

 

 

La vierge, la mère, la courtisane, et le 8 mars

8 Mars 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #GQ, #classe ouvrière, #Front historique, #Qu'est-ce que la "gauche"

Le 8 mars 1917 à Pétrograd

Le 8 mars 1917 à Pétrograd

La vierge, la mère, la courtisane, et le 8 mars

Il y a des hommes et des femmes et ils sont différents. Biologiquement, historiquement, culturellement.

Depuis les révolutions bourgeoises de l’époque de Lumières en France et en Amérique, ils sont déclarés égaux et ils ont droit également à la « poursuite du bonheur ».

Le bonheur qui est poursuivi passe grandement par l’atteinte d’un statut social et l’accomplissement d’une existence digne de respect qui se reflète dans le regard des autres membres de la société – l’être de l’homme n’est qu’en tant qu’être reconnu, dit Hegel. Certes le bonheur peut être recherché ailleurs et trouvé en dehors des conventions et même de la société humaine mais sa forme la plus authentique réside dans la reconnaissance sociale : ce genre de bonheur qu’on éprouve intensément lorsqu’on tient en main sa première fiche de paie, quand on reçoit les clefs de son premier logement, quand on se marie, ou quand on donne naissance à un enfant.

Dire qu’ils sont « égaux » signifie en réalité que l’on se réfère à un système juridique qui pose leur égalité comme principe. C’est un choix politique et moral, mais cela ne résout directement aucun problème concret de l’existence, une fois que les obstacles légaux que les sociétés traditionnelles ont opposés à la promotion et à la poursuite du bonheur individuel des femmes ont été levés.

Le concret se situe au niveau des mentalités et celles -ci sont déterminées par le mode de production, ou plutôt par les legs idéologiques des modes de production successifs qui ont sédimenté depuis la préhistoire jusqu’à l’actualité la plus récente (car les mentalités semblent redoutables par leur inertie mais peuvent changer d’un coup).

Décréter qu’ils sont égaux ne change rien au fait que l’espèce humaine existe avec un dimorphisme sexuel biologique qui a aussi des conséquences majeures sur la division du travail. A grands traits, dans les sociétés fondées sur l’exploitation, les femmes sont distinguées par le surtravail aggravé auquel elles sont contraintes, qui est fortement orienté vers la reproduction et vers la production des conditions de la reproduction des générations futures (voir dans Une histoire du travail, de Paul Cockshott, une mesure précise de ce surtravail, et dans quelle mesure le capitalisme moderne l’a atténué).

A l’intérieur de chaque groupe sexuel les humains se sont polarisés en des sortes de castes. A l’échelle du temps historique au cours de la succession des modes de production. Il y a divers modèles-types masculins, du travailleur au maître et du soldat au prêtre (ces deux-là tendanciellement homosexuels), qui sont assez étroitement calqués sur la hiérarchie sociale des sociétés précapitalistes et qui se conservent partiellement dans la nôtre. On y reconnaît l’empilement horizontal des ordres de l’Ancien Régime.

Quant à la fonction sociale des femmes il y aurait trois modèles-types dominants également hérités du passé qui semblent plutôt s’appliquer verticalement et se surimposer à la division de la société en classes sociales : la vierge, la mère, et la courtisane. Elles se définissent par le nombre théorique de partenaires sexuels masculins auquel elles ont droit - ou , dans l'ordre traditionnel, auxquels elles appartiennent : zéro, un, ou beaucoup. On peut les trouver dès la mythologie païenne, et dans le manifeste fondateur de l’Occident, le Nouveau Testament.

Dans les mythes qui remontent du fond des âges les types féminins apparaissent ambigus et difficile à saisir, ils renvoient à l’imaginaire plutôt qu’au réel et plutôt à l’imaginaire masculin archaïque qu’à celui des femmes elles-mêmes : les fées, les Amazones, les sorcières, les princesses et les reines de cœur, telles qu’on les devine par exemple dans l’iconographie des arcanes du jeu du tarot de Marseille, des images qui ont été réactivées par l’esthétique surréaliste, au XXème siècle, et l’idéologie irrationaliste qui va avec. Dans la réalité on n’en rencontre guère mais certains auteurs féministes les érigent comme modèles et précurseurs.

Mais la loi du désir n’est pas de ce monde. Bien que le Marquis de Sade ait tenté de la réaliser.

La vierge est bien sûr principalement la jeune fille au fort potentiel reproducteur, convoitée par les clans précapitalistes pour accroître la quantité et définir la qualité de leur progéniture. Mais c’est aussi la femme particulièrement douée à titre personnel, intellectuellement moralement ou physiquement qui est en quelque sorte « repêchée » hors du pool matrimonial pour exercer une fonction professionnelle, culturelle, artistique exceptionnelle. Au prix du sacrifice (réel ou apparent) de leur sexualité, elles vont exercer des professions et assumer des fonctions sociales indispensables et parfois mais rarement des fonctions héroïques et politiques réservées habituellement aux hommes à l’instar de Jeanne d’Arc ou de la Reine Élisabeth 1ère d'Angleterre.

Le choix du style de vie lesbien qu’illustra, par exemple, Virginia Woolf est de plus en plus souvent associé au XXème siècle à cette carrière couronnée de prestige social.

Mais la transformation en la mère de famille, qui devient dans l’ordre traditionnel la matrone qui dirige la maison, l’espace intérieur, est le destin de la plupart des filles, pour lequel elle doivent sacrifier une part bien plus longue de leur vie que ne le font leurs conjoints, qui semblent trouver plus de satisfaction à la palabre politique qu'aux soins du ménage – on ne se refait pas. Cette spécialisation conduit néanmoins à développer des compétences professionnelles typiques de la femme moderne, employée efficace des bureaux du capitalisme, le modèle de l’assistante, secrétaire et organisatrice ou directrice artistique.

La courtisane, modèle type qui va de la prostituée des bas-fonds réduite en esclavage , à la femme adultère, mais aussi à l’actrice star de l’opéra, théâtre, cinéma, médias, show-biz etc offre aussi son type d'épanouissement professionnel. L’idéal féminin rêvé par les hommes – mais rarement réellement poursuivi à part chez les privilégiés de la fortune et du pouvoir va surtout les chercher dans cette direction.

Ces trois carrières, le féminisme commercial à la manière de la revue Elle prétendait – et prétend encore - qu’on pourrait les vivre toutes à la fois en en suggérant aux femmes de la petite bourgeoisie d’arborer une façade joyeusement émancipée improbable et exténuante.

Les femme sont donc historiquement surexploitées, réduite en esclavage, traitée comme des objets sexuel, ou à des signes extérieurs de prestige. Mais il faut remarquer que dans les sociétés traditionnelles elles ne sont pas soumises à cet ordre par les hommes en tant que tels mais par la structure clanique dont elle font elles-même partie. Cela change quelque peu quand les hommes des Lumières sont devenus des individus libres, tout en cherchant, ces gros malins, à conserver certains avantages acquis des ordres anciens, parce que l’on sait que dans une société de classe la liberté concrète des individus libres se mesure à la quantité du travail d’autrui qu’ils parviennent à s’accaparer, à « commander » comme dit Adam Smith, et d’autant plus s’il est gratuit.

Le programme féministe rencontre le problème de devoir déterminer l’essence de cette catégorie humaine, la femme, que l’on cherche à libérer et à promouvoir. Et à déterminer si on doit s'orienter soit vers la réduction de ses différences caractéristiques, soit vers la facilitation de leur épanouissement – en fait si on veut agir dans l’intérêt concret des femmes telles qu’elles existent aujourd’hui dans leur différence radicale d'avec les hommes ou si l’on veut créer une « Eve future » quelque peu asexuée – et qui à la limite remet en cause la légitimité à l’avenir du sexe masculin. Les deux démarches ont leur logique, leurs défenseurs et leur développement contradictoire est une nécessité historique sans doute, mais elles ne se concilient pas aisément dans la réalité.

Mais lorsque l’on dit que « le patriarcat est mort et que c’est la capitalisme qui l’a tué », qu’est ce qu’on veut dire ?

On veut dire que le mode de production qui ne recourrait plus que secondairement à la force physique et à l’agressivité développerait maintenant des individus des deux sexes homogènes physiquement et moralement dans leurs fonctions de producteur et de consommateur et n’a plus tant besoin des différences biologique et psychologiques qui subsistent entre eux pour organiser la division du travail – et relayer l’ordre social (mais jamais complètement. Au dernier kilomètre, on finit par toujours par retrouver le prolétaire irremplaçable qui porte les cartons).

Le 8 mars n’est donc pas la journée de la femme en général mais celle de l’ouvrière, car elle commémore une grève ouvrière new-yorkaise de la fin du XIXème siècle. L’ouvrière salariée de la métropole industrielle, avec sa machine à coudre, matérialisait en effet le premier type sociologique féminin qui ne dépendait plus d’aucun homme en tant que tel pour sa survie économique, qui pouvait sortir des cadres contraignants des mentalités collectives et malgré ses conditions d'existence très difficiles se trouvait dans la même situation riche de promesses révolutionnaires que le reste de la classe ouvrière.

Mais le point important après plus d'un siècle de développements est que le rôle social de la mère de famille est de plus en plus déprécié dans une société qui planifie la décroissance de la population et l’appauvrissement qui l’accompagne comme horizon, au nom d’un écologisme superficiel et malthusien.

Si la reproduction de la population continue tant bien que mal à l’avenir, c’est à dire si l’espèce humaine ne disparaît pas, ce rôle conservera sa nécessité, et si le socialisme n’est pas instauré sur la planète, la vie ne sera pas facile pour celles qui le rempliront. Le sort actuel peu enviable des mères célibataires qui doivent survivre avec un revenu bien en dessous de la valeur de leur force de travail risque de s’étendre à toutes les femmes qui font des enfants, sauf les plus riches qui peuvent déléguer les tâches à la domesticité, avec la dissolution ou l’affaiblissement des liens familiaux qui accompagne le programme d’émancipation individualiste égocentrique et narcissique de la bourgeoisie du nouvel âge du capitalisme.

En attendant, les symboles traditionnels des deux sexes, les armes de Mars et le miroir de Vénus révèlent comment les hommes et les femmes restent piégés l’un à l’autre dans une dialectique de la violence et du narcissisme, où la libération des individus se renverse en son contraire, quand on renonce au dépassement du capitalisme.

GQ, 8 mars 2024

PS Contrairement à ce que se figure l’imaginaire malthusien, loin de diminuer, la richesse per capita s’accroît avec la population, car elle est proportionnelle non aux ressources naturelles, ni au nombre d’individus n, mais au nombre d’interactions entre les individus qui accroît leur productivité et leur créativité, donc sauf erreur à 2 puissance n).

Le processus de crash démographique peut être irréversible. La croissance atteint forcément un plafond physique, tandis que la décroissance brutale après l’explosion d’une population est un mode de la disparition d’une espèce vivante des plus courants.

 

 

L’Afrique du Sud saisit à nouveau la Cour internationale de justice après les premiers signes de famine à Gaza

vendredi 8 mars 2024 par Stéphanie Maupas     blog A.N.C.

D’après le journal Le Monde...
Pretoria demande aux juges de La Haye d’ordonner à Israël et au Hamas de mettre fin à leurs combats. Dans une première décision, rendue fin janvier, la CIJ s’était contentée d’enjoindre à Israël de ne pas commettre d’actes génocidaires.

Mourir de faim à Gaza n’est plus un « risque » mais une réalité, écrit l’Afrique du Sud dans une nouvelle requête déposée le 6 mars sur le bureau des juges de la Cour internationale de Justice (CIJ). Un mois et demi après que la plus haute instance judiciaire de l’ONU a rendu une première ordonnance sur la guerre en cours dans l’enclave palestinienne, Pretoria lui demande de prononcer des mesures supplémentaires contre Israël, qu’elle accuse de violer la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide.

L’Afrique du Sud décrit une situation « terrifiante » et « indescriptible » à Gaza, et affirme qu’« au moins quinze enfants palestiniens, y compris des bébés, sont déjà morts de faim la semaine passée ». « Des morts prévisibles, ajoutent les avocats de Pretoria, mais complètement évitables. »

Pour ce faire, l’Afrique du Sud demande à la CIJ d’agir d’urgence, sans même convoquer de nouvelles audiences, dénonçant « le mépris » d’Israël envers leur ordonnance du 26 janvier. Les juges avaient alors évoqué un risque « plausible » de génocide des Palestiniens de Gaza et enjoint à Israël de ne pas commettre d’actes génocidaires et de punir toute incitation au génocide. La demande sud-africaine de suspension des opérations militaires israéliennes avait été rejetée, mais les juges de La Haye avaient ordonné à l’Etat hébreu de garantir l’accès des Gazaouis à l’aide humanitaire.

Israël invoque la légitime défense

Le 26 février, comme la CIJ le leur avait demandé, les autorités israéliennes ont remis à la Cour un rapport, censé attester de leurs efforts pour se conformer à l’ordonnance du 26 janvier. Ce document, confidentiel, a été transmis à l’Afrique du Sud. Durant cet intervalle d’un mois, 4 548 Palestiniens ont été tués affirme Pretoria, et les difficultés des organisations humanitaires à faire rentrer de l’aide dans Gaza se sont encore aggravées.

Depuis la saisine de la Cour, fin décembre 2023, l’Etat hébreu rejette la procédure, arguant que son offensive à Gaza relève d’un acte de légitime défense, en réponse à l’attaque du Hamas le 7 octobre dans le sud d’Israël.
Cette fois, alors que la famine menace, Pretoria demande aux juges d’ordonner aux deux parties, à Israël et au Hamas, de cesser les combats et de libérer les otages israéliens à Gaza en échange de prisonniers palestiniens. L’Afrique du Sud demande aussi aux juges d’ordonner aux 153 Etats parties à la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide de « s’abstenir de toute action, et en particulier de toute action armée ou de soutien à [l’armée], qui pourrait porter atteinte au droit des Palestiniens de Gaza d’être protégés contre les actes de génocide ».

Plainte du Nicaragua

Ce faisant, Pretoria demande implicitement aux juges d’ordonner un embargo international sur les livraisons d’armes à Israël. Dans le même esprit, vendredi 1er mars, le Nicaragua a porté plainte contre l’Allemagne pour complicité de violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, demandant à la Cour d’ordonner à Berlin la suspension de ses ventes d’armes à l’Etat hébreu. A moins qu’elle ne décide de rejeter la demande de Managua, la Cour pourrait tenir des audiences sur ce point prochainement.

L’Afrique du Sud demande encore aux juges d’ordonner à Israël la levée du blocus de Gaza et, de nouveau, l’accès des Palestiniens à l’aide humanitaire. Elle rappelle l’hécatombe du 29 février – 118 Palestiniens tués et 700 blessés – causée par des tirs israéliens et des mouvements de foule lors de l’entrée de camions d’aide dans Gaza. « Israël massacre désormais des Palestiniens désespérés et affamés qui cherchent à obtenir de la nourriture pour leurs enfants qui meurent lentement », écrit Pretoria.

L’Afrique du Sud dénonce aussi les « tentatives délibérées [d’Israël] de paralyser l’UNRWA », l’agence des Nations unies qui assure notamment la logistique de l’aide humanitaire, et « dont dépendent pour leur survie la grande majorité des hommes, des femmes, enfants et bébés assiégés, déplacés et affamés ».

Pour conclure, les avocats de l’Afrique du Sud mettent en garde les juges. En juillet 1993, alors que la Bosnie-Herzégovine accusait la Serbie de génocide, les juges avaient ordonné des mesures d’urgence, mais rejeté par la suite une seconde demande de Sarajevo. Deux ans plus tard, à Srebrenica, l’armée serbe exterminait de 7 000 à 8 000 hommes bosniaques, tous musulmans. Un massacre que la CIJ a reconnu comme génocide en 2007.
Cette fois, l’Afrique du Sud demande à la Cour d’agir « avant qu’il ne soit trop tard, pour faire ce qui est en son pouvoir pour sauver les Palestiniens de Gaza d’une famine génocidaire ».