....le texte de Jean Claude Delaunay publié sur le blog communiste de référence, "HISTOIRE ET SOCIÉTÉ", le 1° Juillet 2022, d'autant plus méprisé et combattu par les réformistes et autres liquidateurs, contribution titrée:
Bonjour Danielle, bonjour mes camarades, encore un effort pour être communiste, par Jean-Claude Delaunay
Je salue l’optimisme indéfectible et nécessaire de Danielle. Nous
devons nous requinquer de temps en temps. A mon avis, cependant, mais
mon avis est sans importance, rien ne sortira de ce qui reste de la
flamme communiste si la masse des militants communistes ne prend pas le
pouvoir pour l’entretenir et la rénover. Se poser la question de savoir
si Roussel fera ceci ou cela me paraît dépourvu d’intérêt, car je sais,
l’ayant vu à l’oeuvre, qu’il ne fera pas ceci mais qu’il fera cela et
qu’il ne s’inclinera devant l’obligation de faire ceci qu’à la condition
que la masse active des militants ne le lui suggère avec fermeté. La
bataille actuelle est celle du Congrès. Au delà de ce propos, peut-être
aussi lointain de la réalité française que peu réconfortant, je voudrais
faire deux remarques.
La première est qu’on ne peut aujourd’hui, et cela depuis le début du
20ème siècle, mais il y a eu des étapes et des évolutions, séparer ce
qui se passe à l’intérieur des pays capitalistes développés et ce qui se
passe à l’extérieur de ces pays. Pourquoi? Parce ce que le capitalisme a
engendré en son sein, depuis la fin du 19e siècle, un fractionnement
significatif entre le Grand Capital (le capital monopoliste, la grande
bourgeoisie) et le reste du Capital. Le Grand Capital aujourd’hui est à
la fois dedans et dehors. Il n’y a pas l’impérialisme, qui serait
l’extérieur, et le capitalisme, qui serait l’intérieur. Il y a le
Capital monopoliste dans chaque pays développé et à la direction des
affaires. Il s’en suit, dans ces pays, des rapports sociaux internes et
externes cohérents et imbriqués, propres à chaque pays impérialiste et
la constitution évolutive du système de ces rapports sociaux, que l’on
nomme l’impérialisme, que l’on peut avoir tendance à n’identifier
aujourd’hui qu’à la puissance américaine. Roussel n’a manifestement pas
compris ça, pas plus vraisemblablement, que ses conseillers. C’est
dommage car c’est le b-a-ba du marxisme-léninisme, l’arme théorique
puissante dont devrait se doter le prolétatriat organisé.
La deuxième remarque est liée à la précédente. Roussel est pour le
socialisme. Oui mais dit-il, “le socialisme à la française”. Or dans
l’esprit des réformistes qui ont investi le PCF, et donc dans celui de
Roussel qui n’a pas la capacité de surmonter ce handicap, terrible et
mortel pour un révolutionnaire, qu’est le réformisme, cela signifie un
socialisme électoral, un socialisme reposant uniquement sur des
élections. Or, et j’en viens au point précédent, c’est un socialisme
électoral dont on fait l’hypothèse qu’il prendra forme, tout en laissant
à la grande bourgeoisie, au Capital monopoliste (aujourd’hui avec
toutes ses interpénétrations mondiales et notamment nord-américaines),
tous les pouvoirs dont elle, il, disposent. Bien sûr, lorsque les
élections seront terminées, vous allez voir ce que vous allez voir, la
grande bourgeoisie va en prendre plein la gueule, fouchtra. Mais rien ne
sera mené contre elle avant les élections. C’est le vote qui va
décider. Il faut être réglo et surtout ne pas être stalinien.
Donc voilà l’armature théorique duale du réformisme contemporain : 1)
il ne faut pas confondre le capitalisme et l’impérialisme. Le
capitalisme, c’est l’intérieur et il faut rompre avec la capitalisme.
Mais l’impérialisme c’est l’extérieur et ce sont surtout les américains, 2)
Cette rupture doit être et ne peut être qu’électorale. Ce qui, par
parenthèse, est cohérent avec le fait que le PCF soit devenu un parti
d’élus, et principalement d’élus municipaux. A ce réformisme
contemporain basique, on peut associer diverses variantes, celle par
exemple selon laquelle il existe “des capitalistes intelligents”. Le
socialisme électoral est supposé, dans ce cas, pouvoir prendre appui sur
l’élan transformateur que les “capitalistes intelligents”, modernistes
en quelque sorte, pourraient apporter à l’aspiration révolutionnaire.
J’ai essayé, dans le chapitre 7 du bouquin que j’ai écrit sur le
socialisme et que Aymeric Monville a publié, de rassembler quelques
réflexions sur ce thème de la démocratie. Je me permets d’y renvoyer. Ce
n’est pas simple et je suis certainement loin d’avoir tout dit sur ce
sujet. Cela, il faut quand même se convaincre que d’une part la grande
bourgeoisie de ce pays sait manoeuvrer. Restant au pouvoir, elle
n’attend pas que des élections la renverse. Elle agit, elle divise, elle
enfume, et que d’autre part, les spadassins mondiaux de l’impérialisme
ne se contentent d’observer le cours des choses en buvant des alcools
rafraîchissants et en écoutant de la musique classique.
Eux aussi ils
agissent.
Note de Pedrito
Dans et malgré la débâcle commencée il y a plus de 30 ans et qui n'a jamais cessé de s'aggraver, il reste encore quelques communistes dignes de ce nom qui font garder espoir. Qui tirent l'attelage des communistes sur la route qu'il n'aurait jamais dû quitter. Elle n'est heureusement pas seule, comme elle le craint et le reproche souvent, mais Danielle a un sacré courage, un sacré mérite, grâce à un engagement communiste exemplaire. Hors du commun dans cet environnement eurocommuniste suicidaire. Merci chers camarades.
Origine du succès de l’islamisme radical dans les masses musulmanes
« Les progrès de la civilisation sont mesurables au progrès de la liberté qu'elle reconnaît aux femmes » Fourier cité par Marx
Actualité française
Une élève sur 4 a refusé d'ôter le voile, lors du délit de non-respect de la laïcité au lycée Maurice Ravel de Paris.
Pas d'amalgame, en effet, généralisé à la population musulmane en France. Ce pourcentage exprime
que la majorité des élèves féminines ( les femmes probablement moins
militantes que les hommes, selon mon expérience dans l'éducation
nationale) respectent la loi.
qu'une minorité, rejette le droit français ( mais alors que
font-elles en France, hors la loi ?) au profit-ne le cachons pas- de la
Charia !
Il existe certainement des partisanes du pouvoir patriarcal et de la
soumission des femmes au pouvoir masculin ( père, frères, etc) comme les
femmes du 3e Reich, acceptaient le rôle de pondeuses au profit de
l'homme aryen du fantasme nazi.
Car, c'est là que gît le problème, La liberté religieuse revendiquée
ne sert qu'à habiller, en le dissimulant, le contrôle millénaire
masculin sur la sexualité féminine (dans toute l'Antiquité, les mariages
sont conclus par les parents pour les intéressés) et jusqu'au 4ᵉ siècle
le père a droit de vie et de mort sur ses enfants.
Contrôle dans la civilisation occidentale , largement disparu , grâce
notamment aux luttes de classes menées par des mouvements féministes
démocratiques et révolutionnaires. En 1793 : fin de la notion de
puissance paternelle.
Il est en effet question ici de civilisation et, sinon de choc des
civilisations, du moins de coexistence de civilisations sur un même
territoire, imposée par le pouvoir du capital financier au double profit
du rendement du capital et de la formation de communautés antagonistes,
ferments de divisions populaires. Il s'agit d'entraver le mouvement
revendicatif unitaire, à l'image des USA où les divisions ethniques
paralysent les luttes, et substituent la lutte des races aux luttes de
classes.
Cette civilisation française s'est construite dans le sang et les
larmes des luttes de classes, des Jacqueries paysannes à la Commune,
écrasées dans le sang par les soudards aux ordres des seigneurs et des
banquiers, en passant par la révolution bourgeoise de 1789 et la lutte
nationale contre l'occupant nazi. Les étrangers qui l'avaient choisie,
ont payé de leur sang, avec honneur et en héros , leur billet d'entrée
dans notre fraternité, pour la liberté humaine et l'égalité de
naissance, contre l'ordre ancien et le retour à l'esclavage promis par
la réaction nazie.
Pour comprendre l'attrait des masses musulmanes déracinées pour les
thèses islamistes, il faut écouter leur souffrance, celle du père de
famille transporté dans un monde qui n'est pas celui où il a vu le jour,
dépossédé de son pouvoir familial, lui qui est écrasé par l'état
administratif et répressif, surexploité au travail, souvent le plus
ingrat et peu valorisant.
Il faut comprendre les multiples démarches des pères qui viennent
s'enquérir avec angoisse dans les établissements scolaires, soucieux de
l'assiduité de leurs filles scolarisées quand arrive le moment des
mariages arrangés.
Ils sont exclus du pouvoir de choisir le conjoint de leurs filles et
du contrôle de la sexualité du genre féminin dans leur famille.
Ils vivent dans une civilisation aux valeurs étrangères à celles du
pays d'adoption , valeurs transmises de père en fils sous la double
pression des groupes religieux musulmans et de leur arrière-cour dans
les pays d'origine, qui composent avec les groupes politiques islamistes
pour survivre.
Ils perdent le pouvoir qui incarnait leur virilité, et le rôle
protecteur qui en faisait leur honneur et la source du respect qu'ils
imposaient.
Cette civilisation est remise en cause depuis que l'immigration
massive originaire de pays agraires, régis encore par la civilisation
patriarcale, s'impose dans des communautés où l'Islam politique ( y en
a-t-il un autre ?) domine. Il faut se rendre compte de la signification
que ce changement de mœurs implique pour un mâle patriarcal et
notamment pour les plus démunis d'entre eux, de ceux qui n'ont rien
d'autre que leur domestique rayonnement : perte d'autorité sur la
famille et les femmes ,
Celui qui lui retirera ce pouvoir sera haï, et cette haine sera
transmise à sa progéniture masculine et se transformera en haine du pays
d'accueil et contre ses habitants non musulmans.
Ils aspirent au retour des rapports patriarcaux originaires,
structurant les civilisations agraires, dépassés dans le monde moderneindustrialisé,
et adaptés au mode de vie rural ancien, où la force virile jouait
encore un rôle économique et social, et faisait donc loi.
Les mondialistes, partisans de la dérégulation tous azimuts ont
compris avant tout le monde, que l'idéologie et les mentalités des
masses musulmanes dans leurs pays d'adoption résisteraient
majoritairement à l'imposition d'idéologies, de religions, et de
comportement social, en butte à leur mentalité patriarcale. Les
théoriciens de la finance internationale ont vite compris quel parti ils
pouvaient en tirer pour diviser les masses et leur retirer leur pouvoir
de contestation.
Pourquoi personne dans les médias ne cherche l'origine du succès de l'islamisme radical ?
Au contraire et c'est louche, les médias vont jusqu'à offrir une
tribune à l'égérie du lumpen qui glorifie la polygamie comme
« expérience formidable » en relation avec sa situation personnelle !
Il convient de se demander à qui profite le crime ?
N'est-ce pas
-A ceux qui privilégient leurs profits contre le progrès de la civilisation
- A ceux qui jouent avec le risque de guerre civile
- A ceux qui réclament davantage d'immigration et qui « oublient »
que des dizaines de milliers de fillettes sont encore excisées voire
infibulées dans l'hexagone, par des ressortissants de pays où l'on
emprisonne les homosexuels et où l'on tue les albinos dans les rues !
Qu’est-ce qui peut expliquer le virage belliciste d’Emmanuel Macron
amorcé à l’occasion de la conférence des 30 pays organisée le 26 février
à Paris ? On l’avait alors vu prendre une initiative diplomatiquement
assez ahurissante. Rappelons que cette conférence n’avait pas prévu à
son agenda de parler de la présence de troupes européennes sur le
théâtre d’opération ukrainien. Pas plus que cette question ne figurait
sur le compte rendu et le procès-verbal qui sont établis dans ce genre
de procédures. Cela n’avait pas empêché Emmanuel Macron qui comme on le
sait entretient des rapports très élastiques avec les règles
diplomatiques d’affirmer dans une conférence de presse organisée pour
présenter le compte rendu de la réunion, qu’il ne fallait pas exclure
l’intervention de troupes de l’OTAN sur le territoire de l’Ukraine pour y
affronter l’armée russe. Ce fut immédiatement un tollé dans les
capitales des pays participants qui rappelèrent que cette éventualité
n’avait pas été discutée, et qu’il n’en était pas question. Jusqu’à John
Kirby, porte-parole de Joël Biden faisant remarquer, rigolard que « même Zelensky ne l’avait pas demandé ».
De la péripétie à l’escalade
En France et dans toutes les chancelleries du monde, on se disait que
cette nouvelle foucade d’un président erratique n’était qu’une
péripétie diplomatique ridicule de plus, et que l’on allait retourner
aux choses sérieuses. Dans un premier temps la presse système française
prise par surprise fut bien embêtée ayant un peu de mal à trouver des
soutiens crédibles. Alors on mobilisa quelques vieilles épaves du
néo-conservatisme à la française comme Bernard Kouchner ou Serge July.
Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron a insisté et emprunté la voie
martiale avec une forme de déclaration de guerre à la Russie. En
commençant par la signature en urgence de traités inconstitutionnels
avec l’Ukraine et la Moldavie. Curiosités que ces engagements aux
modalités absurdes qui présentent également la caractéristique d’être
contraires au Traité de l’Atlantique Nord constitutif de l’OTAN, et au
passage une violation de la Constitution moldave qui impose la
neutralité à ce pays. Mais qu’à cela ne tienne si l’on commence à
s’arrêter à ces détails juridiques, on ne va pas s’en sortir.
Rappelons en effet qu’en ce qui concerne la guerre en Ukraine, en
matière de violation de ses engagements et de sa parole, la France a
quand même un lourd passif. En 2014 avec l’UE elle parraine et se porte garante
d’un accord entre le président (démocratiquement élu) et l’opposition
qui occupe la place du Maïdan. Non seulement cet accord ne sera pas
appliqué mais la France va appuyer le coup d’état qui va déposer
Ianoukovitch. Ensuite il y aura les deux accords de Minsk garantis par
la France dont François Hollande président en exercice a reconnu qu’il
n’avait jamais été dans notre intention de les faire appliquer ! Ensuite
Emmanuel Macron, en violation grossière de toutes les règles
diplomatiques, a rendu publique une conversation avec Vladimir Poutine
avant l’intervention russe dans laquelle il démontrait qu’il n’avait
même pas lu les accords de Minsk. Enfin, la France a soutenu le
projet de traité de paix proposé au printemps 2022 par Zelensky et
accepté par les Russes. La France mettait une condition, c’était que
l’armée russe évacue les environs de Kiev, ce qu’elle a fait. Une fois
de plus la France a violé sa parole et soutenu la rupture du traité de
paix organisée par les Britanniques. Ce rappel est important, d’abord
parce qu’il démontre à quel point Emmanuel Macron est capable de mentir
effrontément lorsqu’il inverse la responsabilité des violations commises
par l’Occident. Mais également souligne son total mépris du droit
international et du droit interne de notre pays.
Sous le regard stupéfait de la communauté internationale, pour cette
fois Occident et sud global rassemblés, le président français a
poursuivi son escalade belliciste. Il a monté une coalition baroque et
brinquebalante avec les minuscules pays baltes, la Pologne, et la
ganache qui sert de président à la République tchèque. Rappelons encore
une fois ce que disait Karl Marx dans une lettre adressée à son ami
Frédérich Engels : « dans l’Histoire, les Polonais ont toujours fait
courageusement des choses stupides ».
Les « élites » sur le pied de guerre
En France, après un moment de flottement le bloc élitaire s’est
ressaisi. Tous les perroquets du discours présidentiel et de la
russophobie sont montés à l’assaut. Emboîtant le pas d’Emmanuel Macron,
ce furent d’abord les ministricules dans un déferlement de propagande et
de mensonges, nous expliquant que la Russie était un nain politique,
économique et militaire, puis sans crainte de la contradiction, qu’ils
allaient nous envahir, et que d’ailleurs c’était déjà le cas.
Journalistes sans morale et faux experts ensuite, chacun y allant de ses
mensonges et surtout de ses accusations contre les tièdes, ou pire ceux
qui préfèrent la paix à la guerre, présentés comme autant de traîtres
méritant le poteau. Mention particulière pour Thomas Legrand dont les
prises de position nous permettent de revisiter notre histoire. On le
trouve en mode Robert Brasillach dans « Je suis partout » dressant les
listes de ceux qui ne veulent pas marcher à son pas. Il nous renvoie à
la presse de 1914 excitant un Raoul Villain qui assassinera Jean-Jaurès
parce pour son opposition à la première guerre mondiale qui venait.
Opposition qualifiée de trahison par les prédécesseurs de Legrand. Et on
l’a entendu sur le plateau de « C ce soir » annoncer, qu’il
s’engagerait dans la nouvelle LVF destinée à aller casser du moujik à
l’Est. Il n’est hélas pas le seul.
Cette agitation en dit long sur l’état de notre démocratie, et sur le
caractère malfaisant de la présidence d’un Emmanuel Macron porté au
pouvoir par une opération politique digne d’un coup d’État. À cela
s’ajoute la situation dans laquelle ses inconséquences plongent notre
malheureuse armée. Devenue croupion, dépourvue d’hommes en nombre
suffisant, privée de matériel, ne disposant plus d’une industrie capable
de l’alimenter, elle n’est désormais qu’une force marginale au plan
international. Conduite par des hommes courageux et dévoués, dont le «
chef » les oblige pourtant à suivre une stratégie de coups de menton, et
d’aboiements de roquet. Et à s’humilier avec des déclarations qui font
ricaner les « ennemis » qu’on leur a désignés. « Pour se prémunir
d’agressions à son égard et défendre ses intérêts, l’armée française se
prépare aux engagements les plus durs, le fait savoir et le démontre »
a été contraint de déclarer le général Pierre Schill, chef d’état-major
de l’armée de terre. C’est là encore hélas, une rodomontade. Mon
général, personne n’a l’intention « d’engager » l’armée française à
moins qu’elle décide d’aller combattre la Russie. Et là, avec 20 000
hommes « projetés » et une production nationale quotidienne d’obus de 140 par jour
à partir de fin 2024, alors que les Russes en tirent 10 000, cela
risquerait effectivement assez « dur ». En l’état l’armée française
dispose de quatre jours de munitions ! Paraphrasant Joseph Staline
posons la question : « Macron combien de divisions ? », La réponse est une ! Il serait peut-être opportun de redevenir sérieux.
Pour protéger et sanctuariser notre territoire national nous avons
heureusement notre dissuasion nucléaire. Mais nos soldats, aussi
courageux soient-ils, ne sont pas de la chair à canon pour défendre les
intérêts des États-Unis.
Alors pourquoi Emmanuel Macron s’est-il lancé dans cette croisade
imbécile ? Qui ne peut produire qu’une escalade dangereuse et contraire
de toute évidence aux intérêts de notre pays.
Plusieurs explications ont été avancées pour tenter de trouver une
explication. Chacune d’entre elles doit être étudié en n’oubliant pas le
rôle des traits de caractère très particuliers du locataire installé à
l’Élysée par les grands intérêts qui dominent dans notre pays.
La catastrophe politique du salon de l’agriculture ?
Parler de catastrophe concernant la prestation présidentielle au
salon de l’agriculture est un doux euphémisme. Inutile de revenir sur
les détails des différentes séquences, mais personne ne va venir
soutenir aujourd’hui qu’il s’agissait d’un grand succès pour le chef de
l’État qui s’est au contraire trouvé humilié à plusieurs reprises.
Incontestablement le tintamarre médiatique lié à sa prise de position le
jour de la conférence internationale tenue à l’Élysée, a prestement
effacé sa piètre performance politique face aux agriculteurs. Dont les
actions ont été comme le démontrent les études, largement soutenues par
l’opinion. Cependant, ce premier objectif de diversion fut atteint.
Reste entière la question de la suite et du changement d’approche
macronien du conflit. Le président passant brutalement d’une forme de
nuance appelant à la nécessité de « ne pas humilier la Russie »,
à une surenchère va-t-en-guerre finalement assez bizarre. Puisque d’une
certaine façon, il a brûlé ses vaisseaux et qu’un retour en arrière
devient assez difficile, au moins dans l’immédiat.
La soudaine prise de conscience de la catastrophe ukrainienne ?
L’hebdomadaire Marianne s’est fait l’écho d’un soi-disant rapport des
autorités militaires sur une situation plus qu’inquiétante de l’Ukraine
dont l’armée risquerait l’effondrement. Cette hypothèse manque quand
même un peu de sérieux, dans la mesure où, d’abord depuis le début de la
guerre, on savait le déséquilibre du rapport de force entre la Russie
et l’Ukraine. Déséquilibre démographique, industriel, économique et
surtout militaire. Malgré l’aide massive de l’OTAN, et des pays
occidentaux, sauf à être aveugle ou auto-intoxiqué, une victoire
militaire de l’Ukraine repoussant l’invasion russe n’était pas
envisageable. Même si le niveau des dirigeants politiques et militaires
s’est considérablement abaissé depuis 30 ans, on peut espérer que tout
le monde n’est pas aussi stupide que Bruno Le Maire. Par conséquent
l’impossibilité d’une « victoire » ukrainienne était présente dans les
têtes depuis longtemps. Le problème étant qu’une absence de victoire est
mécaniquement une défaite. Demandez à Napoléon et à Hitler ce qu’ils en
pensent. Que la proximité de l’inévitable défaite ukrainienne provoque
la panique, c’est compréhensible. Car elle sera bien celle de tout
l’Occident et de l’OTAN. Dans ce cas, quel intérêt que cette agitation
solitaire de Macron qui ne changera rien et fait ricaner dans toutes les
capitales ? Et ce ne sont pas les grotesques photos où il se déguise en
Popeye musclé « désireux d’en découdre » qui vont contribuer à ce qu’on
le prenne au sérieux.
Les États-Unis soucieux de se désengager ont repassé la patate chaude à l’Europe ?
C’est effectivement une vraie question, dans la mesure où en cette
année électorale, les démocrates américains sont en difficulté pour
poursuivre leur soutien financier à l’Ukraine. Comme le reste de leurs
alliés, les États-Unis sont aussi au bout du rouleau en ce qui concerne
l’aide matérielle. La presse ukrainienne elle-même reconnaît méchamment que les Abrams,
soi-disant meilleurs chars du monde ne leur ont servi à rien. Quant aux
F16 il faudra plusieurs années pour former des pilotes, des personnels
au sol, et reconstruire des pistes pouvant accueillir cet avion fragile…
On sait désormais que le premier mardi de novembre 2024 verra le match
retour Biden/Trump, que ce dernier est favori, et qu’il est fermement
décidé à abandonner l’Ukraine. Soumission aux ordres de l’oncle Sam,
hubris habituelle d’Emmanuel Macron, notre président a-t-il décidé
d’enfourcher le fier destrier du chef de la croisade supplétive contre
la Russie ?
Les jappements d’Emmanuel Macron, signe d’une volonté de relancer son deuxième mandat ?
Le président de la République réélu confortablement en avril 2022
pour un deuxième mandat ne pourra pas se présenter à un troisième en
2027. Ce qui veut dire qu’à partir de la fin de l’année 2024, son
autorité politique déjà faible, va s’amoindrir. Et les différentes
forces vont s’organiser en dehors de lui pour le scrutin à venir. À
cette situation déjà particulière s’ajoute la défaite de juin 2022 aux
élections législatives. Le système mis en place en 2002 par Lionel
Jospin de concomitance entre élections présidentielle et législatives
avait créé une situation où le Parlement devenait un outil, pour la mise
en œuvre par le président de son programme. Exit le pouvoir législatif
et la séparation des pouvoirs. Mais cette fois-ci, une majorité relative
et une opposition morcelée sont arrivées au Palais-Bourbon et ont
installé une Assemblée nationale, outil malcommode sinon complètement
inadapté à l’exercice macronien du pouvoir. Tous les projets de loi sont
l’objet de manœuvres de contorsions, de magouilles désastreuses et d’un
étalage de lâcheté politique qui exaspèrent l’opinion. Macron, pourtant
soutenu par la presse la plus servile du monde est contraint, pour
exister autrement que comme repoussoir, de lancer des opérations de pure
communication. Mises en scène des remaniements ministériels chaotiques
assurant la promotion aux postes essentiels de pitres improbables.
Multiplication ridicule des cérémonies aux Invalides, entrées devenues
quasiment hebdomadaires au Panthéon, farces institutionnelles comme
l’inutile inscription de l’IVG dans la Constitution. Dès qu’il vient sur
le terrain directement politique, confronté à une opinion qui
massivement le déteste, il rencontre échec sur échec.
Cela étant, il est toujours le chef de l’exécutif. Mais quelles sont
ses perspectives ? Il sera bientôt le perdant qui s’en va, dont les
anciens amis politiques soucieux de leur place dans le nouveau pouvoir à
venir, vont s’éloigner. Rappelons-nous Bill Clinton à la fin de son
deuxième mandat. Pour les élections européennes, Renaissance, a mis à la
tête de sa liste la malheureuse Valérie Hayer, nouvelle calamité
politique, probablement pire que Nathalie Loiseau, qui avait pourtant
mis la barre assez haut. Le parti du président va probablement subir un
échec retentissant. Les jeux olympiques de Paris sur lesquels Macron
compte manifestement beaucoup pour redorer son image, ne se présentent
pas sous le meilleur jour, c’est le moins que l’on puisse dire. Quelles
sont ses marges de manœuvre face à l’éventuelle catastrophe électorale
de juin prochain ? Dissoudre l’Assemblée nationale serait courir le
risque de se retrouver avec une majorité Rassemblement National. Puisque
même s’ils sont à prendre avec beaucoup de précautions, les sondages
donnent consistance à cette perspective. Trois ans de cohabitation avec
Marine Le Pen ou Jordan Bardella à inaugurer les chrysanthèmes ? Sans la
possibilité de refaire le coup de François Mitterrand en 1988 ou
Jacques Chirac en 2002 parvenant à battre leur premier ministre de
cohabitation. Dans le meilleur des cas, si cette dissolution ne
débouchait pas sur une majorité RN, la nouvelle Assemblée nationale
serait encore plus problématique que celle de juin 2022. Emmanuel Macron
est dans la situation d’un géant institutionnel empêché. Et
contrairement à ce que l’on entend, ce n’est pas la Ve République qui
est à bout de souffle, c’est ce qu’elle est devenue à force de
tripatouillages de sa Constitution, et avec l’arrivée au pouvoir par une
opération s’apparentant à une forme de coup d’état, d’un personnage
sorti de nulle part. Sans aucune expérience sociale ou économique et
qui, à son incompétence politique a ajouté des traits de caractère et
des comportements qui amènent à s’interroger sur sa solidité
psychologique.
Pour se relancer politiquement, inscrire inutilement l’IVG dans la
constitution, lancer un autre débat tout aussi inutile mais
malheureusement dangereux sur le « droit à mourir », ce sont des choses
faciles à faire. Et de toute façon dans sa masse, l’opinion publique
s’en moque. Cela ne peut pas sortir Emmanuel Macron du marécage
politique dans lequel il s’enfonce. C’est son problème.
En revanche cela devient le nôtre lorsqu’il décide seul, de partir en
guerre contre la première puissance militaire du monde, sans en avoir
les moyens, mais pour se viriliser en chef de guerre. Cela met notre
pays en danger. Qui va devoir envoyer à la mort des hommes et des femmes
qui ont fait le choix de le servir. Et voir la crise sociale et
économique majeure que nous traversons, s’aggraver.
Pouvons-nous accepter que l’avenir de notre pays soit entre les mains d’un incompétent narcissique et instable ?
Les salariés du quotidien régional La Provence
ont voté vendredi 22 mars à 79 % en faveur d’une grève illimitée et
d’une motion de défiance contre leur direction, notamment le
propriétaire du journal, le milliardaire Rodolphe Saadé, à la tête de
l’armateur CMA-CGM.
La
parution du journal est donc suspendue et une nouvelle assemblée
générale est prévue lundi 25 mars pour décider de la suite du mouvement.
La
raison de leur colère ? La mise à pied du directeur de la rédaction
après la publication de la Une de jeudi 21 mars. Celle-ci était critique
envers le plan de communication que constituait la venue à Marseille,
deux jours plus tôt, du président Emmanuel Macron et de plusieurs de ses
ministres, pour mettre en scène leur volonté de combattre le trafic de
stupéfiants qui gangrène la ville.
« Il
est parti et nous, on est toujours là… », pouvait-on lire en Une du
quotidien, qui laissait la parole à des habitants de la cité paupérisée
de la Castellane. L’article expliquait plus loin que si des points de
vente de drogue avaient, certes, été asséchés en l’espace de quelques
heures en raison du déploiement d’un important dispositif policier, le
quotidien de misère et de délabrement des services publics de la cité,
lui, non.
Les journalistes de La Provence
ont tout simplement fait leur travail ! Mais ceci ne semble pas être du
goût de la direction du journal qui, prétextant que la Une pouvait
porter à confusion en laissant la parole à des trafiquants de drogue, a
voulu exprimer son veto. Allant même, comble du ridicule, jusqu’à
s’excuser dans l’édition de vendredi auprès de ses lecteurs pour une
éventuelle ambiguïté.
Or,
même si la parole avait été donnée à des trafiquants, n’est-ce pas le
rôle d’un média de donner la parole à toutes les parties, même celles
qui « dérangent » ?
Cette intervention dans le contenu rédactionnel de La Provence
de la part de son propriétaire est inacceptable et constitue une
attaque très inquiétante contre la liberté d’information. Le SNJ-CGT
soutient ses consœurs et confrères du quotidien régional, qui se battent
pour conserver leur liberté éditoriale et refusent toute ingérence de
la direction. Ironie du sort, syndicats et direction de La Provence étaient prêts à signer une charte d’indépendance et de déontologie, négociée depuis des mois…
L’intervention de Rodolphe Saadé, la première du genre dans le quotidien
provençal qu’il a racheté fin 2022 après s’être emparé de La Tribune,
est d’autant plus inquiétante qu’elle intervient après d’autres faits.
Ainsi, en négociations exclusives pour le rachat à Patrick Drahi
d’Altice Media (BFM-TV, RMC), il avait déjà, mardi, devant des élus de
l’entreprise, prévenu qu’il « ne réagirait pas bien et le ferait
savoir » si l’un de ses médias osait critiquer les activités de la
CMA-CGM.
C’est
une évidence : la concentration des médias entre les mains des
milliardaires et des groupes industriels ne fait pas bon ménage avec la
liberté d’informer et d’être informé. En voici une preuve supplémentaire
qui pourra alimenter les réflexions des Etats généraux de
l’information.
Montreuil, le 22 mars 2024.
Russie : Révolution silencieuse/Un nouveau Gosplan
samedi 23 mars 2024
par Communiqué par BD-ANC
Pendant que les nouvelles des
horreurs du Crocus nous parviennent, il semble qu’une "révolution par le
haut" ai été décidée en Russie qui devrait commencer par un impôt
progressif et se terminer par un nouveau Gosplan. On pourrait aussi
parler de l’économie de guerre allemande de 1914 dont les bolcheviks
allaient s’inspirer ensuite car à la différence du Gosplan, jusqu’à
preuve du contraire, l’actuelle réforme se structure sur la base d’une
propriété privée des moyens de production toujours majoritaire en dehors
des secteurs stratégiques qui eux sont étatiques. Le conflit entre
Glaziyev et Nabioulina semble avoir été tranché en faveur du premier.
Le "retour à Kossyguine" est intéressant. (BD-ANC)
Le Gosplan est en train d’être introduit en Russie.
L’autre jour, une session stratégique du gouvernement russe, au cours de
laquelle le premier ministre Mishustin a annoncé une décision
historique conforme à la "nouvelle politique économique" définie par le
président, est passée totalement inaperçue : afin de surmonter les
"inégalités régionales" et d’introduire une "spécialisation économique"
des sujets de la Fédération de Russie, des "centres de croissance
économique" (CER) seront créés dans chaque région de Russie.
Des structures parallèles aux régions, liées à la Maison Blanche.
En fait, nous parlons du retour des structures du bon vieux Gosplan -
c’est ainsi que la révolution économique en Russie se déroule au
quotidien, de manière totalement inaperçue et sous le voile de
constructions verbales que personne ne comprend.
Et pour cause, tout ce qui est important se passe en silence, et il
n’est pas nécessaire que tout le monde le sache pour l’instant. Les
idéologues et superviseurs de la création des Centres de croissance
économique sont le discret Andrei Belousov (d’ailleurs lui-même
spécialiste du Plan d’État et fils de Rem Belousov, spécialiste du Plan
d’État, qui a mis au point la réforme Kossyguine).
C’est lui et Max Oreshkin (pour solde de tout compte) que le président
charge de mener une réforme économique fondamentale avec le transfert de
l’économie sur de nouveaux rails, la mise en œuvre d’un Gosplan et la
réorientation vers la demande intérieure avec la recréation de toutes
les industries.
Comme nous l’avons souligné précédemment, il-y- a des événements plus
ou moins marquants qui se produisent actuellement - la Russie abandonne
finalement l’héritage de Gaidar-Tchoubais, le concept d’une économie
mondiale inclusive et la "main invisible et velue du marché" qui avait
été utilisée par le gouvernement russe comme une arme de guerre.
La réforme fiscale et l’introduction d’un barème progressif sont un
des prix à payer pour la réorganisation structurelle de l’économie.
S’appuyant sur le mandat de confiance des citoyens (c’est pourquoi de
tels chiffres étaient nécessaires), Poutine a planifié rien de moins
qu’une révolution par le haut.
Si tout se passe bien (et l’opposition au sein du système sera
colossale), dans quelques années, les économistes du monde entier
parleront du "miracle économique russe".
La Russie n’a pas d’autre choix pour survivre dans le désordre mondial qui s’annonce – pour reprendre les mots d’un classique, "soit nous le faisons, soit nous serons écrasés".
La Russie veut la paix, mais se prépare à la Grande Guerre – la Troisième Guerre mondiale.
Pour l’instant, on ne le dit pas, mais tout cela sera impossible à
mettre en œuvre sans la nationalisation de la Banque centrale – la
réforme du système financier est imminente.
Ce n’est pas pour rien que les SR ont soudainement parlé hier d’impôts sur les bénéfices excédentaires des banques.
Mais, "chut !, n’en parlez pas encore à Nabiullina".