lundi 17 juin 2024

 

Un véritable “Front populaire”, ça veut dire quoi dans la France de 2024 ?

Drapeau rouge, drapeau tricolore dans la foule populaire de la manifestation antifasciste du 15 juin 2024 à Paris.

Loin de nous, militants antifascistes, anti-négationnistes et antiracistes de toujours, l’idée de minimiser le danger que représente pour la démocratie, pour les travailleurs immigrés, pour le mouvement ouvrier, voire pour l’honneur de la France, la possible arrivée à Matignon d’un Jordan Bardella flanqué des ultraréactionnaires débridés Eric Ciotti et Marion Maréchal. Faut-il édifier contre eux un nouveau “Front populaire” s’inspirant du grand sursaut ouvrier et républicain qui vit, le 14 juillet 1935, le PCF-SFIC, le PS-SFIO, les Radicaux, la CGT et la CGTU prononcer ensemble, sous les plis mêlés des drapeaux rouges et tricolores, le Serment d’un Front populaire antifasciste auquel avait du reste appelé le VIIeme Congrès de l’Internationale communiste par la voix de Georges Dimitrov ? Sur le principe, la réponse à cette question ne peut être que mille fois Oui... pourvu, évidemment, qu’il s’agisse bien d’une alliance digne de son grand précédent historique de 1936, et non pas d’un énième recyclage de l’union des euro-gauches atlantistes et libéral-compatibles dont les trahisons à répétition, additionnées aux politiques euro-austéritaires de Sarkozy, Hollande, Valls et Macron, sont précisément à l’origine de la marée “bleu marine” en milieu populaire.

Pour autant, et nous le disons avec un grand esprit de responsabilité envers notre peuple, ce n’est pas ce chemin que semble vouloir emprunter le cartel politique qui succède à la NUPES sous les auspices de Mélenchon, d’Olivier Faure, de Marie Tondelier, de Fabien Roussel et du très dangereux et belliciste agitateur euro-atlantique Raphaël Glucksmann.

D’une part en effet, le Front populaire antifasciste de 1936 ne se contentait pas de combattre verbalement le fascisme menaçant : il prenait appui sur le prolétariat en mouvement, puis sur les occupations d’usine du printemps 1936 – toutes choses dont ont clairement horreur le PS actuel (admirateur revendiqué de l’eurocrate Jacques Delors ou du super-jaune Laurent Berger) et le néoconservateur Glucksmann. En effet, le Front populaire de 36, fortement impulsé par le PCF léniniste et révolutionnaire d’alors, assumait franchement, contre l’Europe d’Hitler, Franco et Mussolini en marche, et aussi contre sa Cinquième Colonne en France, une dimension patriotique qui s’épanouira franchement dans le “Front français” proposé par Thorez en 1938, puis dans la Résistance FTPF et FTP-MOI et enfin, dans la construction du CNR remettant “le monde du travail au coeur de la vie nationale“. Même si, très vite, la SFIO de Blum et les radicaux de Daladier trahiront les dimensions tout uniment antifasciste, anti-impérialiste et anticapitaliste du Front populaire (“Pause sociale” préparée en secret par Blum et ses proches en compagnie du grand patronat, les accords Matignon à peine signés (juin 1936), Non-Intervention en Espagne mitonnée avec Londres et Berlin (juillet-août 1936), Accords de Munich laissant au Reich hitlérien les mains libres en Tchécoslovaquie et dans tout l’Est européen (30 septembre 1938), le Front populaire historique ne se concevait pas sans une dialectique très active, et entièrement tournée contre le grand capital (les “200 familles” maîtresses de la Banque de France), de l’anti-impérialisme et de l’antifascisme tels que les symbolisait offensivement l’union de combat de la Marseillaise et de l’Internationale (cf. le grand film de Jean Renoir La vie est à nous).

Or c’est peu dire que la construction de l’actuel “front populaire” fait l’impasse sur cette dialectique victorieuse que rejettent rageusement, sur la droite de cette alliance, les va-t-en-guerre Glucksmann, les Verts pro-OTAN et le PS euro-atlantique, et sur sa gauche, le NPA qui en est encore, dans la poussiéreuse tradition trotskiste qui demeure la sienne, à confondre dans un même rejet borné, l’oligarchie hexagonale avec la Nation laborieuse que le Macronat maltraite journellement et que Bardella et Cie dévoient dans la xénophobie la plus grossière.

On pourrait certes se dire que, vu le danger lepéniste, il ne faut pas “faire les difficiles” et qu’il faut accepter n’importe quoi et n’importe qui pour faire barrage à Bardella. Certes, nous l’entendons et nous pouvons le comprendre. Mais le problème, c’est qu’il n’y a pas qu’UNE menace mortelle pesant sur notre peuple : au moment où nous écrivons ceci, Macron prépare l’envoi de troupes françaises déguisées en “instructeurs” sur le théâtre explosif de l’Ukraine livrée à un pouvoir très officiellement nostalgique de l’antisémite génocidaire Stepan Bandera, l’homme de main de Hitler en Ukraine. Il faut être du dernier aveuglement pour ne pas voir que, si les armées françaises, puis à leur suite, les armées anglaises, polonaises, allemandes et, pour finir, étasuniennes, se confrontent militairement à la Russie (et demain à la Chine populaire, puisque c’est le point principal du programme de Trump !), ce sera la Guerre mondiale avec un risque maximal d’anéantissement de la population française, voire de l’humanité elle-même, si ce n’est du vivant dans son ensemble, étant donné le nombre de têtes nucléaires qui finiront par entrer en batterie de toutes parts dès que l’un des belligérants aura perdu pied dans la guerre INITIALEMENT “conventionnelle”. Comment des forces qui se réclament de la vie et de l’humanisme peuvent-elles ignorer ce risque énorme qu’il serait délirant de prendre et, sous couvert de ne pas banaliser le risque Bardella (ce qui est certes très nécessaire !), se mettre totalement la tête dans le sac à propos de la confrontation militaire “sans lignes rouges” ouvertement réclamée par Macron... et applaudie par ses flancs-gardes “gauche”, les Raphaël Glucksmann et autres “Verts” allemands et français ? Bref, en quoi le refus très légitime de banaliser Bardella autorise-t-il les chefs de file de la gauche parlementaire adoubés par Philippe Poutou, tous plus “jaurésiens” les uns que les autres en paroles, à banaliser les pires va-t-en-guerre atlantistes pourvu qu’ils se déclarent “de gauche” ?

En outre, nous sommes à la veille du “saut fédéral européen” qui mettra officiellement fin à l’existence d’une France indépendante (la fin du principe des décisions prises à l’unanimité signerait le basculement à l’Europe fédérale et de l’État européen intégré), donc à même de décider par elle-même et pour elle-même d’une politique nouvelle orientée vers le socialisme. Et loin de combattre cette perspective, voire d’en informer les Français qui n’en savent rien, les Verts et les “socialistes” sont POUR l’État fédéral et pour l’armée euro-atlantique puisqu’ils ont voté pour cela au Parlement européen et à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Quant à LFI et au PCF qui, du reste, se sont eux-mêmes prononcés pour l’envoi d’armes françaises à Kiev dès novembre 2023, et qui acceptent de facto l’OTAN, ils font au mieux l’impasse sur ces sujets proprement vitaux pour privilégier les alliances électorales aux dépens de ce que Jean-Luc Mélenchon appelait encore il y a peu, l’ “indépendantisme français”. Tout cela est hélas factuel, aisément vérifiable et ne relève en rien d’une “polémique” gratuite !

Pire encore, quand on lit les termes de l’accord signé entre le PS, LFI, le PCF et les Verts en vue du premier tour des législatives de juin, on y lit, dans la section consacrée à “l’urgence de la paix” :

“Pour faire échec à la guerre d’agression de Vladimir Poutine, et qu’il réponde de ses crimes devant la justice internationale : défendre indéfectiblement la souveraineté et la liberté du peuple ukrainien ainsi que l’intégrité de ses frontières, par la livraison d’armes nécessaires”.

Bref, nos antifascistes proclamés sont d’accord pour poursuivre l’armement de Kiev et pour approfondir l’engagement guerrier de l’UE-OTAN (OTAN qui n’est même pas mentionnée dans le programme : en somme, elle serait un fait accompli et hors de discussion !) alors que nous sommes à un pas d’une conflagration européenne, voire mondiale, potentiellement pire encore du point de vue des dévastations possibles, que celles de 1914 et 1939 !

Bref, encore moins qu’en 1936, le combat antifasciste n’est aujourd’hui dissociable du combat contre l’impérialisme, de la défense de l’indépendance nationale et de l’engagement populaire pour lier les mains, s’il en est encore temps, des successeurs euro-atlantiques de Hitler dans la volonté de soumettre le monde entier à leur hégémonie mondiale.

Car derrière le narratif mensonger des médias et de la fausse gauche, de Biden à Glucksmann, ce n’est pas de défense de la gentille Ukraine démocratique (et truffée de néonazis jusque dans l’entourage de Zelensky !) qu’il s’agit pour le bloc hégémoniste mondial euro-atlantique, ni de l’indépendance de Taiwan alors que Washington et ses vassaux, Macronat en tête, refusent toute autodétermination du Donbass et de la Crimée, mais simplement de savoir si l’ordre mondial restera éternellement dominé par l’US Army au service du roi dollar, ou bien si le monde pourra s’orienter vers un ordre multilatéral faisant sa place EGALE à chaque pays, à chaque langue, à chaque culture.

Et qu’on ne vienne pas nous dire que rappeler ces évidences, ce serait valider politiquement Poutine car en Russie comme en Ukraine où ils sont du reste interdits et persécutés, ce sont les partis communistes que nous soutenons et non pas les destructeurs contre-révolutionnaires de l’URSS que la social-démocratie, les Verts et les trotskistes de tout acabit ont encensé en 1989 quand tout ce petit monde applaudissait à tout rompre les Walesa, Gorbatchev et autre Eltsine ! Ces gens-là sont vos créatures et non les nôtres, dignes héros de la “gauche” anticommuniste qui n’avez toujours pas pigé que l’antisoviétisme et l’anticommunisme nourrissent, toujours et partout, le fascisme et sa jumelle, la guerre mondiale !

Plus que jamais donc, un véritable front populaire antifasciste doit être également un front anticapitaliste, un front contre les fauteurs de guerre mondiale, un front pour l’indépendance nationale et pour le progrès social. Bien entendu, aucune banalisation de Bardella qu’il faut combattre prioritairement ainsi que la Macronie liberticide et tous leurs satellites respectifs. Mais pas de contrebande politicienne consistant à fourguer aux antifascistes sincères les chefs de file de la “gauche” militariste à la Glucksmann sous couvert d’un front populaire frelaté. Union de combat de la vraie gauche populaire, antifasciste, patriotique et pacifique ! La question est posée aux militants de base des syndicats, du PCF et de LFI qui doivent cesser DEFINITIVEMENT de s’accrocher à la bouée de plomb de la fausse gauche social-impérialiste... Et de suivre naïvement des chefs de file qui, tout en tonnant contre le centralisme démocratique de Lénine et Robespierre, dirigent en parfaits despotes leur mouvement soi-disant “gazeux” et “démocratique”...

En un mot, ce qu’il nous faut, c’est un Front Antifasciste, Pacifique, Patriotique, Populaire et Écologiste (FRAPPE) appuyé sur les masses que propose sans relâche le PRCF sans détacher cette tâche unitaire de la reconstruction urgente des outils de combat du mouvement ouvrier français et international : un parti communiste d’avant-garde éclairant les manœuvres de l’ennemi de classe et un syndicalisme de classe et de masse passant résolument à la contre-offensive !

15 juin 2024

Par Georges Gastaud, philosophe, Annie Lacroix-Riz, historienne-  blog Le Grand Soir

 

 Le mot de Pedrito

Ce qu'il nous faut, vite, très vite, c'est sortir de l'OTAN . Le plus urgent . Sortir de la machine de guerre américaine qui conduit le monde vers le conflit universel. 

Vite !!!!!

 

Un journaliste de CNN raconte ce qui l’a surpris à bord de l’Admiral Gorshkov à Cuba

Nous avons déjà ici rendu compte d’un événement qui a été ignoré de nos médias, à savoir la manière dont la Russie honore les engagements de l’URSS à l’égard de Cuba. Si à la fin de l’URSS, la trahison de Gorbatchev et d’Eltsine a accepté la fin du pacte de Varsovie en se contentant de promesses verbales de dissolution de l’OTAN pour mieux livrer l’ex-URSS au capital et au pouvoir des oligarques, la trahison à l’égard de Cuba a été plus manifeste. Poutine est dans cette logique, il est l’homme de main de ceux qui s’enrichissent mais il va très vite avec Chavez, l’Iran constituer un front des pays producteurs de pétrole. Le personnage est complexe comme a pu l’être De Gaulle, plus encore puisqu’il est issu d’une famille de bolcheviques et qu’il avoue n’avoir jamais renoncé à sa carte de membre du PCUS. Avec la lutte pour la survie de la Russie ce qui était latent, le retour aux engagements antiimpérialistes de la Russie devient manifeste et cette entrée dans le port de la Havane dit cette filiation, cette manière d’honorer les engagements de l’URSS face au terrible blocus des USA. Il serait injuste de dire que la France entière ignore ce fait, puisque toute la délégation cubaine aux jeux olympiques a comme base le département du Val de Marne travaillé par des tendances contradictoires mais dans lequel il existe un élu Pierre Belloch maire de Vitry qui a été élevé à Cuba et qui est candidat pour le Front populaire… (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/news/2024/6/15/1273284.html

Un journaliste de CNN : les habitants de Cuba étaient libres de filmer à bord de l’Admiral Gorshkov

Texte : Vera Basilaya
Les habitants de Cuba ont eu une occasion unique de monter à bord de la frégate Admiral Gorshkov et de prendre des photos, ce qui a été encouragé, a déclaré le correspondant américain Patrick Oppmann dans un reportage pour CNN.

Depuis 12 ans qu’il vit à Cuba, l’île n’avait jamais vu un convoi aussi important. Il a également été surpris que des centaines de Cubains aient pu monter à bord de la frégate russe en toute sécurité et qu’ils aient été autorisés à filmer avec leurs téléphones, a rapporté RIA Novosti.

M. Oppmann considère l’arrivée des navires de la marine russe à Cuba comme un signal adressé aux États-Unis. Selon lui, la présence de la marine russe dans le port de La Havane indique que la Russie pourrait répondre au déploiement d’armes par l’Occident à la frontière russe.

Plus tôt, les habitants de La Havane se sont rassemblés devant la jetée de la Sierra Maestra pour observer les navires russes.

Plus tôt, la frégate russe Amiral Gorshkov est entrée dans le port de la capitale cubaine. Avant elle, le remorqueur de sauvetage “Nikolai Tchiker” est arrivé à La Havane. Le sous-marin nucléaire moderne Kazan a également visité l’île. Le ministère russe de la défense a expliqué qu’un détachement de navires de la flotte du Nord avait effectué des exercices sur l’utilisation d’armes de précision avant son départ.

CEtte visite 



Note de Pedrito
Très simplement : la réponse du berger Russe cerné par l'OTAN  à la bergère impérialiste yankee ! CUBA !!! une sacrée épine dans son pied !
L'héroïque CUBA qui subit toujours le blocus capitaliste US, à quelques encâblures seulement des côtes de la Havane.....!!!!!
CUBA !! Le maillon faible de l'impérialisme américain !!!!
Si Cuba redevenait une base Russe comme au bon temps de l'URSS avant que Gorbatchev , Eltsine et leurs amis ne trahissent la révolution soviétique !!!

LES MYSTIFICATEURS DU RASSEMBLEMENT NATIONAL .....

 

 ......ET LEURS ALLIÉS  DE DROITE ET D'AILLEURS

koursk

"Le RN  est bien une organisation pro otanienne, ultralibéralenazi, totalement aux mains de la jetset et de ses multimilliardaires *** Dans son domino français, la jetset fait tout pour ne pas utiliser le RN comme parti de gouvernement, pour pouvoir continuer à mystifier l’électorat, qui se doit de percevoir le RN comme une organisation ‘antisystème’, une manip pour prendre des voix à la gauche *** Des précautions superflues car les gauches européennes sont également otanisées et ne représentent pas de réel danger pour les intérêts de la grosse mafia *** Les gauches de l’otaneuro zone, comme d’ailleurs presque toutes les formations politiques de l’espace, sont sous bonne garde des forces des multimilliardaires."

Note de Pedrito
 
Pour celles et ceux qui croient que le RN est anti système, et donc anti Macron, anti capitaliste, anti impérialiste, et donc pour le peuple travailleur qui crée les richesses sans profiter des bienfaits auxquels ils devraient avoir droit, il faut bien se rappeler qu'il  ne sortira pas de l'Europe parce que l'Europe est sous bonne garde de l'OTAN. Et comme le R.N. ne veut pas quitter l'OTAN on sait mieux quelles sont les organisations de notre pays qui veulent en sortir. Même à gauche, même au P"c",  on suit sagement les rodomontades guerrières du gendarme Yankee.
Mise à part l'ANC, l'Association Nationale des Communistes, les opposants sont plutôt rares .
Jojo !! Georges MARCHAIS  pour les plus jeunes : Réveille toi !!!

Bravo à KOURSK qui a posté son message sur Histoire et Société,  de rappeler inlassablement que le RN et son représentant actuel ainsi que Macron Ciotti Vals Gluksmann et compagnie sont des mystificateurs . Ils sont bien pro-impérialistes, pro-capitalistes, ils sont bien un morceau du puzzle aux mains de l'OTAN et des milliardaires de la planète. D'ailleurs ils votent toutes les lois anti sociales de la Macronie ou ne s'y opposent pas
Ils sont OTANISÉS comme la gauche française qui reste anesthésiée sous la bannière US de l'OTAN.
Merci camarade KOURSK que je ne connais pas mais à qui je ressemble 
Le titre seul de son article est de mon arrangement

 

Le programme du RN c’est alléchant. C’est quand on goûte que ça pique

Le projet du Rassemblement national semble très favorable à ceux, nombreux, qui rencontrent de plus en plus de difficultés dans leur vie quotidienne, se sentent abandonnés et fragilisés par la société, de plus en plus exposés, eux et leurs enfants, à l'insécurité et à l'incertitude.

Parmi les nombreuses mesures annoncées, on peut citer entre autres la réindexation des retraites, l'augmentation des petites retraites, la revalorisation du minimum vieillesse, l'aide aux handicapés et aux proches aidants, la création d'urgences gériatriques, la lutte contre les déserts médicaux, une hausse des salaires de 10 %, la revalorisation des salaires des personnels soignants et des enseignants, une baisse de la TVA sur les produits énergétiques, le doublement du nombre de magistrats, la construction de 100 000 logements sociaux par an, l'aide à la réhabilitation de l’habitat ancien, la diminution des impôts des ménages...

Quand on fait le bilan de toutes les mesures impactant les recettes et dépenses sociales ou publiques (voir le détail plus bas), on trouve 26 mesures parmi celles listées augmentant les dépenses sociales ou publiques, ce qui est très positif. On trouve aussi 10 mesures diminuant les recettes sociales ou publiques au profit des ménages et des entreprises. Ces éléments du projet sont donc très alléchants, les ménages et secondairement les entreprises sont gagnantes, ce qui explique sans doute en grande partie le succès de Jordan Bardella aux dernières élections européennes.

Comment sont financées ces 43 promesses alléchantes ?

La très grande majorité (36) des mesures proposées augmentent les dépenses sociales et publiques et diminuent les recettes correspondantes, tandis qu'une petite minorité (7) de mesures diminuent les dépenses et augmentent les recettes. Une part importante de ces dernières mesures visent à exclure les étrangers de la protection sociale.

On trouve au cœur du programme du RN la baisse massive des recettes des assurances sociales (suppression des cotisations des entreprises notamment) et la baisse massives des recettes publiques, au profit des citoyens riches et des entreprises. Or on ne peut financer pour tous nos enfants une école de qualité de la maternelle à l'université, un hôpital qui soigne chacun de nous, une justice qui fonctionne bien, une police qui nous protège et des services publics dans les zones rurales avec moins de recettes. Les mesures alléchantes sont donc très loin d'être financées.

 

Le projet du RN : rupture ou continuité ?

Le projet du RN se situe ainsi dans la ligne des politiques menées depuis 10 ou 20 ans, avec une baisse continue des recettes publiques et sociales justifiant l'abandon progressif des services publics et de la couverture sociale. Comme on l'a dit de Macron, les promesses du RN n'engageront que ceux qui y croient. En effet, comment financer plus avec moins ? Tous ceux qui auront cru aux promesses alléchantes du RN risquent de se retrouver avec encore moins de services publics, avec encore moins de protection sociale pour eux-mêmes et leurs enfants. Difficultés, abandon, insécurité et incertitude ne feront que croître, à rebours des promesses alléchantes.

Les immigrés, que font-ils, que coûtent-ils ?

Tout reposerait alors sur l'exclusion des ménages étrangers de leurs droits sociaux et la restriction drastique de l'immigration. C’est d’ailleurs la suppression des droits sociaux des uns qui est censée financer les quelques mesures sociales pour les autres. Les étrangers immigrés seraient la cause de l'abandon de la plupart des Français, de leur insécurité sociale. Or, les étrangers font les travaux les plus durs et les moins bien payés, ils formaient l'essentiels de ceux qui ont continué à travailler durant la crise sanitaire pour continuer à apporter les services indispensables à la vie quotidienne (éboueurs, aides-soignantes, médecins étrangers, caissières, livreurs...). Sans eux, que serions-nous devenus ? Sans eux qui feraient les travaux les plus durs ? En outre, ils cotisent plus à la Sécurité sociale et au budget de l'État qu'ils ne leur coûtent, quoiqu'en disent certains.

En outre, sont-ils responsables de la baisse des recettes publiques et sociales ? De l'abandon des services publics ? De l'enrichissement extraordinaire des 1 % les plus riches au détriment de tous les autres qui voient leur condition de vie se dégrader ?

Rompre l'égalité de traitement entre Français et étrangers, c'est rompre l’égalité de traitement entre enfants au sein d’une même école, entre malades à l'hôpital ou entre salariés d’une même entreprise. C'est hiérarchiser la société encore plus qu'elle ne l'est, entre les bons et les autres. C'est la diviser encore plus. Demain, on bannira les étrangers, et après demain on bannira les Français les plus faibles ou les moins performants, pour le motif qu’ils coûtent... Non seulement ceux qui auront voté RN auront moins de services publics, mais une grande partie d'entre eux se trouveront stigmatisés pour une raison ou une autre : deux fois victimes.

Dans un tel climat d’exclusion, comment peut-on espérer avoir une société apaisée ? C'est construire une société encore bien plus violente qu'actuellement, bien plus divisée. Or notre force, c'est notre solidarité, c'est réduire les inégalités autant que possible, apaiser la société. Notre société en a bien besoin après tant d'années de gouvernement au bénéfice des immensément riches.

 Jean Luc Picard-Bachelerie   Agora Vox

 

Publié par El Diablo