vendredi 21 juin 2024

 

Pour l’avenir, se rassembler sans masquer les questions posées !

Au titre de la réflexion collective indispensable voici l’intervention de Marie-Christine Burricand membre de l’exécutif qui a voté contre l’accord de Front populaire avec 4 autres camarades et 8 qui se sont abstenus et qui s’en explique ici. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Lundi 17 juin 2024, par  Marie-Christine Burricand

Les membres du Conseil National devaient ce jeudi 14 juin se prononcer quant à l’accord du nouveau Front populaire ! Cinq camarades se sont prononcés contre cet accord – j’en suis – 8 se sont abstenus. J’explique ici mes raisons en précisant que ce vote n’affaiblit pas mon engagement pour que le nouveau Front populaire batte l’extrême droite les 30 juin et 7 juillet.

L’accord du Nouveau Front Populaire comprend deux volets, la répartition des circonscriptions et le programme.

Concernant la répartition des circonscriptions, l’accord reprend pour le PCF l’essentiel de celui passé en 2022 avec la Nupes. C’était un accord très contraignant puisqu’il ne permettait au PCF de ne se présenter que dans 50 circonscriptions. En 2022, je ne l’avais pas approuvé d’autant que sur la la 14éme circonscription du Rhône, il attribuait la candidature à la France Insoumise. Cependant, après nous être battus le plus loin possible pour une candidature communiste (Michèle Picard),nous l’avions respecté sur la circonscription.

Deux ans plus tard, alors que le Rassemblement National est aux portes du pouvoir, je ne m’attendais pas à autre chose que la reproduction à l’identique et je n’ai donc pas contesté l’accord sur ces questions.

C’est sur le programme que s’est donc décidé mon vote.

Il contient les mesures d’urgence essentielles, concernant l’abrogation de la réforme des retraites, de l’assurance chômage, le pouvoir d’achat…

S’il prévoit des mesures de taxation financières sur le capital et les grandes fortunes, il ne contient pas les propositions permettant de prendre le pouvoir sur le capital quant aux outils de production et financiers, en fait les leviers du pays.

Le programme laisse aussi de côté la question du maintien et développement du nucléaire, pour assurer un coût et une production garantissant l’égal accès à l’énergie et la réponse aux besoins de la population et de l’industrie qu’il faut développer dans des domaines à déterminer.

C’est une faiblesse, mais je peux considérer que ces questions se régleront par le développement et le renforcement du mouvement social, question qui doit mobiliser le PCF en permanence. Et s’il manque des propositions, le texte n’en interdit aucune à priori.
Ce qui a déterminé mon vote, c’est donc bien ce qui est écrit sur l’Ukraine, très tôt dans le document, que chacun peut lire ci-dessous

Défendre l’Ukraine et la paix sur le continent européen
Pour faire échec à la guerre d’agression de Vladimir Poutine, et qu’il réponde de ses crimes devant la justice internationale : défendre indéfectiblement la souveraineté et la liberté du peuple ukrainien ainsi que l’intégrité de ses frontières, par la livraison d’armes nécessaires, l’annulation de sa dette extérieure, la saisie des avoirs des oligarques qui contribuent à l’effort de guerre russe dans le cadre permis par le droit international, l’envoi de casques bleus pour sécuriser les centrales nucléaires, dans un contexte international de tensions et de guerre sur le continent européen et œuvrer au retour de la paix”

Il est déjà assez étrange de prôner la paix pour justifier la guerre.
Les mots ont un sens et ce paragraphe nous enferme dans une guerre de plus en plus terrible et meurtrière.

Le soutien est “indéfectible” donc à priori indiscutable ; “la livraison d’armes nécessaires” indique que ce soutien autorise toutes les livraison d’armes, sans distinction aucune entre offensives et défensives, sans limite quant à la nature des ces armes ; c’est donc toujours plus …qui peut s’imagine que de telles livraisons d’armes peut aller sans l’intervention de militaires français sur le terrain ? Enfin, la référence à l’intégrité des frontières de l’Ukraine rend pour encore de longs mois toute négociation impossible avec la Russie puisque cette formule indique que les accords de Minsk qui ouvraient la porte à l’autodétermination des républiques du Donbass. sont caducs.

Mais François Hollande et Angela Merkel n’avaient ils pas avoué que ces accord n’avaient été signés que pour permettre à l’Ukraine de se réarmer sous l’égide de l’OTAN !

Ce paragraphe est extrêmement dangereux, il autorise une escalade supplémentaire dans la guerre quelle que soit la nature du gouvernement, y compris un gouvernement de gauche. Il y a trop de similitudes dans ce moment avec les débuts de la guerre meurtrière de 1914, où malgré Jean Jaurès et avant la création des partis communistes en 1920, la gauche français se compromit dans le soutien à la guerre.

Le pain et la paix vont de pair car la guerre finit toujours par rapporter aux financiers et marchands d’armes, ce sont toujours les peuples qui la paient. Enfin, cette guerre se fait sous l’égide de l’OTAN, qui peut s’imaginer que l’OTAN, bras armé de l’impérialisme du dollar veut la paix, alors qu’elle entretient partout dans le monde des foyers de tension qui peuvent être sources de nouveaux conflits ?

Qui peut fermer les yeux sur la réalité, le capitalisme pour maintenir sa domination a besoin de l’extrême-droite comme de la guerre, la dissolution n’est pas un caprice de Macron mais un choix du capital qu’il est urgent de déjouer.

C’est ce passage, pour moi contre-sens historique,qui a motivé mon opposition à ce programme. C’est pour cela aussi que je me félicite qu’en même temps que la section de Vénissieux se bat pour faire élire un député “Front Populaire”, elle appelle à agir dans le cadre d’un” comité populaire contre le fascisme, pour la paix” et à renforcer le PCF. Le vote est un moment de la bataille pour changer la société, l’action et l’organisation sont le cœur et la permanence de cette bataille.


L’ÉLYSÉE MANIPULE LES FRANÇAIS ET DIABOLISE LES EXTRÊMES

Voici encore une description des manœuvres politiciennes dans lesquelles les malheureux Français sont pris émanant cette fois d’une société d’investissement très “libérale” mais qui visiblement partage la détestation générale de Macron… Cette unanimité a atteint un tel niveau qu’il n’est pas sûr que les “extrêmes” en pâtissent même si les “coalitions” pédalent en rétrogradant impressionnées par la propagande sur le chaos que leurs timides propositions risquent de provoquer sur fond de danger fasciste si l’on s’écarte d’un iota du consensus du “château” qui est aussi celui de l’UE, du Medef et des marchés financiers. Jusqu’où ira le grotesque d’une situation, quelle prise de conscience ? Le diagnostic est unanime mais les solutions divergent et aucun débat démocratique ne permet d’en construire fut-ce dans la confrontation…(note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

rédigé par Philippe Béchade 20 juin 2024

A une dizaine de jours des élections législatives, que proposent vraiment les extrêmes et quel est le plan de la Macronie ?

Alors que les programmes politiques susceptibles d’obtenir le plus grand nombre de députés ne sont pas encore esquissés, les renoncements aux propositions disruptives ou généreuses apparaissent déjà plus nombreux que les projets maintenus parmi ceux figurant dans les professions de foi des législatives européennes.

D’ordinaire, c’est plutôt l’inverse. A environ dix jours du scrutin, les partis les mieux placés se livrent à une « opération séduction » qui se solde par une surenchère de promesses intenables, qu’ils ne tiennent jamais d’ailleurs, pour tenter de « faire la différence ».

Cette fois-ci est différente : l’Élysée joue très bien sur les peurs de voir la France basculer dans un « scénario à la grecque ». Cela avait déjà bien fonctionné lors des présidentielles de 2022, mais c’est encore plus efficace cette année car combiné au leitmotiv du « fascisme est à nos portes ». Les états-majors politiques font machine arrière, notamment sur les sujets des retraites, de la baisse de la TVA, du blocage des prix, dès que les marchés manifestent un brin de stress.

D’un extrême à l’autre, vous l’avez bien compris, il n’existe plus en France que des « extrêmes », une fois sorti du périmètre du « camp de la raison ». Les députés qui soutiennent le gouvernement et les médias ne jurent plus que par le « TINA » (There Is No Alternative) et les éléments de langage – des mensonges à peine déguisés sur le bilan de la Macronie, concoctés à leur intention les communicants de l’Élysée et Matignon.

Aucun faux pas n’est permis

Par conséquent, comme il n’y a plus de Matignon, presque toutes les informations proviennent désormais exclusivement du « château », ne laissant aucune place à la réinterprétation du « message » par un ministre ou un secrétaire d’Etat qui aurait envie de faire le « buzz ». Vous avez déjà pu le constater du côté des oppositions : la « diversité » des messages, liée à l’hétérogénéité des coalitions qui briguent nos suffrages, constitue une faiblesse évidente.

Il est très facile de démontrer les contradictions, l’amateurisme et l’incompétence des opposants. A droite, difficile de cerner la ligne directrice concernant l’immigration. Bien sûr, chaque proposition de restriction des visas ou de remise en cause du droit du sol déclenche des torrents d’anathèmes, car la France est le pays des droits de l’homme et elle ne peut se permettre d’envoyer un « mauvais message » à la planète entière, notamment à cinq semaines des Jeux Olympiques.

Le ras-le-bol des Français ignoré depuis des années

Mais le RN ne peut renoncer à promettre de remédier à une situation mal vécue par de très nombreux Français, dont les difficultés sont niées depuis des décennies, aussi bien par des gouvernements de gauche que de droite, et qui se voient de surcroît affublés de l’infamante étiquette de xénophobe et de raciste.

Il n’y pas de meilleur moyen de faire monter les « extrêmes » que d’opposer un déni méprisant à une population victime d’un sentiment de déclassement, de précarisation et d’insécurité à tous les niveaux.

C’est également ce qui a été fort bien fait avec la réforme des retraites passée à coup de 49.3, sans qu’aucun amendement raisonnable et de bon sens, qu’il émane de la gauche ou de la droite dite « républicaine », n’ait été adopté.

Il en va de même pour la réforme du chômage qui est actuellement menée avec la même brutalité et sans la moindre concertation, comme si le principal souci du pouvoir était de complaire aux technocrates de Bruxelles en appliquant avec zèle les « GOPE » qui démantèlent le modèle social français…

Le budget continue de se creuser

Force est de constater que les déficits n’ont pas été beaucoup réduits, mais ont, au contraire, continué de se creuser à une vitesse stratosphérique en 2023.

Le gouvernement ne s’est manifestement pas attaqué aux vrais foyers de déséquilibre budgétaire : les niches fiscales, dont bénéficient principalement les très grandes entreprises, les millefeuilles administratifs qui vont des communes, aux départements puis aux régions, grande idée bruxelloise inspirée des Länder allemands.

Il ne s’est pas non plus attelé à l’obligation de participer aux chèques que l’Europe distribue à l’Ukraine, par décret, sans débat parlementaire et sans contrôle de ce que devient l’argent des contribuables.

Que proposent les extrêmes ?

En réalité, ni la droite ni la gauche, aussi « extrêmes » soient-ils, n’envisagent de s’attaquer au coût des directives et appels de fonds européens dont notre pays ne tire aucun profit par peur de passer pour des anti-européens. Alors, faute de pouvoir réduire les dépenses, les « extrêmes » se rabattent inexorablement sur l’augmentation des recettes.

La droite (extrême, bien sûr) projette de privatiser l’audiovisuel public, ce qui devrait rapporter quelques milliards, mais qui sera candidat à la reprise d’une institution archi-syndiquée comme Radio-France ou France-TV ?

La gauche (extrême, bien sûr) ressort ses expédients les plus classiques, c’est-à-dire faire payer les « riches », soit plus de 3 800 € de revenus par mois alors qu’en Suisse ou aux Etats-Unis, à moins de 4 000 $, vous êtes proche du seuil de la pauvreté.

Cela suppose la création de nouvelles tranches d’impôt au-delà de 50%, déjà essayé par F. Hollande, de rendre la CSG progressive et de rétablir l’ISF sur le patrimoine financier. Pour les plus fragiles, les prix des produits de première nécessité seront bloqués (qui aura envie de nous les livrer ?), le SMIC sera augmenté (7 millions de salariés, majoritairement employés par des PME qui n’ont pas accès aux niches fiscales des valeurs du SBF-120 et qui comptent peu de Smicards).

Le Nouveau Front populaire, conseillé par Thomas Piketty et Julia Cagé, semble s’accrocher au rejet du « pacte de stabilité européen », ce qui signifie que Bruxelles et la BCE nous couperont les vivres. Les marchés se feront un plaisir d’envoyer nos OAT au tapis et le CAC40 20% plus bas.

Comment créer plus de richesses ?

Mais la question qui devrait être au centre de toutes les préoccupations (et que personne ne pose) au lieu de savoir si le renvoi des immigrés illégaux nous fera économiser 2 ou 3 milliards ou si l’ISF en rapportera le double, c’est, comment créer plus de richesses, au lieu de la confisquer et de la redistribuer ?

Partager la richesse, c’est généreux, ne pas la gaspiller, c’est rationnel. L’essentiel est de trouver des pistes pour encourager sa création. Cela suppose certainement un peu de génie mais cela dépend surtout de la liberté de profiter des fruits de son génie et d’en disposer à sa guise, sans être surtaxé, ni stigmatisé lorsque l’on dépense son argent, et sans risquer sa peau dès qu’on met le pied dans l’espace public (ou même chez soi).

La chasse aux riches ou aux signes ostensibles de richesse est ouverte 24h/24 et 365j/an.

L’audition des projets économiques des différentes formations par le Medef et autres organisations patronales a débuté ce jeudi : la volatilité des marchés permettra de deviner qui est jugé le plus proche de Matignon et quel programme est jugé le plus inquiétant.


 

jeudi 20 juin 2024

 

Publié par El Diablo

 

Chers tous,

Ce matin, mardi 18 juin, le journal de 8 h de France Inter commençait ainsi :

Florence Paracuellos : "A la Une, ce matin, le sommet des parias. Vladimir Poutine  - Kim Jong Un, le Russe arrive à Pyongyang pour resserrer des liens déjà étroits entre les deux pays. Nous sommes à Moscou dans un instant". [...]. "Des armes nucléaires, ils en ont, et menacent régulièrement de s'en servir. Ils traînent les sanctions internationales qui frappent leurs pays comme des boulets, ils ont mauvaise réputation et ils s'en fichent ! Voici quelques-uns des points communs qui unissent Vladimir Poutine et Kim Jong Un. Le Russe est donc attendu à Pyongyang ce matin pour deux jours de visite. Bonjour Sylvain Tronchet".

Sylvain Tronchet : "Bonjour Florence".

F. P. : "Vous êtes notre correspondant, correspondant de France Inter à Moscou. D'où Vladimir Poutine est parti il y a quelques heures pour resserrer encore les liens avec le dictateur nord-coréen.

S. T. : "Oui, c'est la rencontre de deux régimes parmi les plus sanctionnés au monde, avec l'Iran. C'est aussi la rencontre des deux dirigeants qui agitent le plus volontiers souvent la menace nucléaire et qui se sont rapprochés ces derniers temps. Pour Kim Jong Un, la Russie est une alternative à la Chine, qui était jusque là son principal soutien et qui n'a pas toujours apprécié le côté imprévisible et turbulent du dictateur nord-coréen. Pour Vladimir Poutine, la Corée du Nord, c'est une occasion de plus de montrer qu'il n'est pas isolé, qu'il existe sur la planète des dirigeants qui lui déroulent le tapis rouge. Soutenir Pyongyang, c'est aussi un moyen de montrer son pouvoir, pouvoir de nuisance. Désormais les deux pays assument au grand jour leur coopération. Lors de la venue de Kim Jong Un en Russie il y a neuf mois, officiellement aucun accord n'avait été signé, mais cette fois-ci le Kremlin dit qu'un accord de coopération stratégique pourrait être adopté".

F. P. : "Alors, partenariat stratégique. Est-ce qu'il faut comprendre coopération militaire, Sylvain ?"

S. T. : "Alors, il y a peu de chances qu'on sache exactement ce que contient ce document, mais il semble à peu près clair que la coopération militaire a déjà commencé. Les immenses stocks de munitions nord-coréens intéressent Moscou, des photos satellites publiées ces derniers mois ont montré des cargos russes venant charger dans des ports nord-coréens ou des convois ferroviaires qui passaient la frontières entre les deux pays. D'après les Occidentaux, la Russie a déjà utilisé des obus et même des missiles balistiques nord-coréens en Ukraine et Washington affirme que Moscou a, en échange, fait profiter Pyongyang de son expertise en matière de satellites. A une époque, Moscou soutenait les sanctions contre la Corée du Nord, mais tout cela est désormais terminé".

F. P. : "Sylvain Tronchet, en direct de Moscou, à quelques heures de l'arrivée de Vladimir Poutine, plusieurs dizaines de soldats nord-coréens ont franchi la frontière de la Corée du Sud, avant de battre en retraite sous les tirs de sommation. Derniers épisode des tensions qui montent entre les deux pays, avec ces ballons nord-coréens remplis de déchets et d'extraits d'excréments envoyés au Sud, qui répond en diffusant de la K-Pop à fond le long de la frontière".

Remarque 1. Des "États parias" : que signifie ce mot de "paria" ? Au figuré, quand il est sorti de son contexte hindou, il signifie personne exclue socialement, méprisée par un groupe. Mais aux yeux de quels pays la Russie et la Corée du Nord sont-elles des parias ? Aux yeux de l'Amérique du Nord (États-Unis + Canada), de l'Union européenne et de quelques associés (comme le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège), le Japon, la Corée du Sud, plus quelques breloques comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Soit, en résumé, 15 % de la population mondiale, et un poids économique en déclin.

Remarque 2. Corrélative de la précédente. Ces deux pays ne sont pas du tout parias, ni aux yeux de la Chine ni à ceux de l'Inde, ni à ceux de la majorité de l'Asie, ni à ceux des pays musulmans, ni à ceux de l'Afrique sub-saharienne, ni à ceux de l'Amérique latine... soit 85 % de la population mondiale, et un poids économique de plus en plus prégnant. Rapporté à ces données, la qualification de "Communauté internationale", dont se targuent la plupart du temps les 15 % de la Remarque 1, apparaît d'une suffisance et d'une arrogance d'autant plus insupportables qu'elles sont proférées en toute innocence, en toute inconscience...

Remarque 3. "Ils traînent les sanctions internationales comme des boulets" : où les journalistes de France Inter ont-ils vu cela ? Ignorent-ils que la Russie, comme la Corée du Nord ont développé des stratégies de contournement, qui leur permettent non seulement de compenser les sanctions édictées par les pays occidentaux, mais de s'en sortir même beaucoup mieux que ces derniers (au moins pour la Russie) ? [Il y a, par ailleurs, dans l'image du boulet, celle du forçat du XIXe siècle - popularisé par la B.D. des Dalton - qui révèle tout le mépris de la bourgeoisie nantie, bouffie de foie gras et de bonne conscience, envers les miséreux expédiés au bagne de Cayenne ou de Nouméa pour avoir porté la main sur un propriétaire...]

Remarque 4. "Ils ont mauvaise réputation et ils s'en fichent !" : que ce vocabulaire est éclairant ! On croirait entendre, il y a quelques décennies, des bourgeois bons chrétiens, parlant de très jeunes femmes - parfois même jeunes filles - engrossées par le patron, le curé, ou le notable local, et qui soutenaient le regard réprobateur de ceux qui voulaient leur faire expier "leur faute". Ou des âmes charitables se scandalisant (il n'y a pas si longtemps) lorsque des homosexuels s'affichaient avec leur compagnon sans baisser les yeux. On sent, dans ce vocabulaire transposé du domaine social au domaine international (où le mépris de classe suinte comme du pus...) tout le dépit du maître défié... et impuissant !

Remarque 5. Il est révélateur que, dans son intervention, Sylvain Tronchet ait réussi à placer l'Iran (qui avec Cuba, le Venezuela, le Hamas, le Hezbollah...), figure parmi les cinq ou six "méchants", caricaturés à foison, qui permettent aux Occidentaux de se croire le derrière propre. Mais pourquoi les journalistes n'emploient-ils pas les mêmes termes pour parler du régime de Suharto (qui tua entre 500 000 et 1 million de communistes indonésiens en 1965 et qui fut soutenu par la CIA) ?

Remarque 6. Il est pour le moins surprenant de voir s'afficher une telle bonne conscience de la part des pays européens qui, du XVe au XXe siècle, colonisèrent, pillèrent, massacrèrent, exploitèrent et humilièrent pratiquement tous les continents et de la part des États-Unis, qui, depuis 1945, ont agressé des dizaines de pays dans le monde...

Remarque 7. (Pour les plus âgés). Il est remarquable de voir comment le président Kim Jong Un se glisse bien dans la peau de Basam Damdu, l'Empereur jaune mégalomane de la bande dessinée "Le secret de l'Espadon", de la série Blake et Mortimer, publiée de 1946 à 1949. A cette époque, l'auteur, Edgar P. Jacobs, dessinateur belge, avait imaginé un État secret situé au Tibet (donc symboliquement, dans le Heartland, au milieu des terres, dans des montagnes, tout ce qui, métaphoriquement, était le plus éloigné et le plus opposé aux étendues océaniques, au Royaume-Uni insulaire, dominant les mers, et qui prenait la tête de la résistance à l'Empire jaune). Même si Jacobs s’inspirait beaucoup de la Seconde Guerre mondiale (encore toute récente), on sentait, dans sa B.D., transparaître des éléments de la guerre froide débutante, ainsi, peut-être, que de lointaines réminiscences de L'invasion jaune, roman paru en 1908 sous la plume du colonel Émile Driant (dit capitaine Danrit) et fortement marqué par la révolte des Boxers (1899-1901) et la guerre russo-japonaise (1904-1905).

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, compléments, rectifications et critiques.

Bien à vous

Philippe ARNAUD,

Amis du Monde Diplomatique- Tours


mercredi 19 juin 2024

 

L’Euro : un premier “scandale” : Poutine, Poutine crient les supporters roumains …

L’entrée en lice de l’Ukraine dans l’Euro 2024 a été gâchée par le comportement scandaleux des supporters de la Roumanie, dit l’articleSoit on prend l’affaire d’un strict point de vue sportif et là je ne suis pas qualifiée mais il semble que la Roumanie ait accompli un exploit en battant l’Ukraine puisque cette dernière était le leader du groupe E alors que la Roumanie en était “le petit Poucet”.. Roumanie, qui n’a jamais gagné un match en compétition internationale. Maintenant s’il s’agit de stigmatiser les supporters roumains chantant à la gloire de Poutine comme le fait l’article cela mérite quelques commentaires. Je ne garantis pas les mœurs des dits Roumains sur le plan politique, comme d’ailleurs en ce qui concerne une bonne partie de la Roumanie. Un pays à l’histoire complexe où les fascistes ont toujours été mobilisés y compris durant la deuxième guerre mondiale, dans lequel la France encore aujourd’hui a ses bases militaires. Mais un peuple qui a le sentiment de s’être fait totalement gruger par les auteurs du faux charnier de Timisoara et les assassins du couple Ceausescu, par les sociaux démocrates qui leur ont succédé, l’UE, qui les a réduits à l’immigration en les privant de travail, de logement, air connu en Ukraine et dans bien d’autres pays ex-socialistes. Les supporters de foot que ce soit en Ukraine ou dans ces autres pays ex- socialistes sont les hommes de main des oligarques et les équipes qu’ils financent sont le moyen connu de tous les trafics, exode fiscal, mais aussi trafic d’armes y compris ceux fournis par l’OTAN et les USA dont on sait que seulement 30 % proviennent à destination… je ne sais pas ce qu’il en est des supporters roumains mais je n’ai pas le moindre doute sur les Ukrainiens avec des stades entiers faisant le salut hitlérien. Donc il faut lire ce reportage en comprenant ce qui se joue dans cette colère populaire… Poutine et la Russie sont une manière pour le peuple grugé de dire sa colère et son mépris pour l’UE, revendiquer une ultime fierté et là aussi comme en Ukraine, en Moldavie, dans les Balkans, etc… et demain la France de jouer avec la guerre civile entre les pauvres…
« Poutine, Poutine », premier scandale à l’Euro 2024© Fournis par Foot01

Sportivement, l’équipe de Roumanie n’a pas laissé la moindre chance à l’Ukraine en s’imposant 3 à 0 ce lundi dans le stade où évolue habituellement le Bayern Munich. Mais c’est du virage où étaient massés les supporters roumains qu’est arrivé le premier scandale de cet Euro 2024. En effet, après avoir exhibé des banderoles dans toutes les langues pour réclamer la « liberté pour les Ultras », des fans de la Roumanie ont lancé un chant à la gloire de Vladimir Poutine. Tout cela étant filmé et diffusé sur les réseaux sociaux afin d’en tirer le maximum de gloire possible. 

Bien évidemment, les supporters de la Roumanie savaient ce qu’ils faisaient, car leur adversaire du jour, l’Ukraine, est en guerre avec la Russie suite à l’invasion décidée par le président russe il y a deux ans. Pour l’instant, l’UEFA n’a pas communiqué sur ce sujet, mais devant les réactions outrées de l’équipe et des supporters ukrainiens, l’organisateur de l’Euro 2024 ne pourra pas rester les bras croisés et aura probablement des choses à dire à la Fédération roumaine de football. A noter que lors de cette même rencontre, un supporter roumain est entré sur la pelouse en seconde période de manière très calme et a été courtoisement ramené vers la sortie par les stadiers allemands.


« Poutine, Poutine », premier scandale à l’Euro 2024© Fournis par Foot01