mardi 14 juillet 2020

Le présidentialisme français, cet abêtissement politique

6 Juillet 2020 , Rédigé par Médiapart Publié dans #Social
Le présidentialisme français, cet abêtissement politique


Un article de Médiapart analysant la présidentialisation du système politique français et son caractère anti-démocratique. Conçu par De Gaulle et la droite, appuyés par le PS, la mise en place d'un président élu au suffrage universel a pour but de personnaliser l'élection et ainsi, de remplacer le débat politique par un choix de personne, dépolitisant ainsi l'élection et la rendant alors plus facilement manipulable par les grands médias.
S'il ne reflète pas la totalité de l'analyse des communistes sur ce sujet, cet article de Médiapart aborde une grande partie des effets de ce régime présidentiel.
En France, un président démonétisé peut seul changer la donne gouvernementale pour son bon plaisir politique. Ce présidentialisme nous abêtit et nous infantilise. Dans une démocratie intelligente et adulte, ces changements relèveraient de choix collectifs, ceux de la majorité parlementaire ou du parti majoritaire.
Tous les pédagogues le savent : l’enseignement, c’est la répétition. Alors, à Mediapart, nous ne nous lassons pas de répéter, sous Emmanuel Macron aujourd’hui comme sous Nicolas Sarkozy puis François Hollande hier, que le présidentialisme français est l’ennemi foncier d’une République démocratique et sociale, tant il ne cesse de la miner de l’intérieur, de la corrompre et de l’affaiblir.Le présidentialisme est au régime présidentiel ce que l’intégrisme est aux religions, ce que l’absolutisme est aux monarchies, ce que le sectarisme est aux convictions. Ce n’est pas le fait qu’il y ait une présidence de la République, c’est que la République soit aux mains du président. Legs du bonapartisme français, ce césarisme qui laïcisa la monarchie de droit divin sur les décombres d’une révolution démocratique trahie et inachevée, notre présidentialisme est un régime d’exception devenue la norme. Une norme dont l’excès n’a cessé de s’étendre depuis que, dans les années 1980, François Mitterrand a transformé la présidence en fortin de résistance aux déroutes électorales et au discrédit populaire.Un « coup d’État permanent », avait-il diagnostiqué au tout début de la Ve République, 20 ans avant de renier, par sa propre pratique du pouvoir, cette formidable intuition. Né d’une guerre civile, cette décolonisation aussi tardive que tragique devenue traumatisme d’une nation qui se vivait en empire, ce présidentialisme a fini par symboliser une politique guerrière, qui divise et violente, épuise et appauvrit. Une politique entendue comme une bataille incessante, avec alliés et ennemis, ralliés et vaincus, affidés et corrompus, traîtres et soumis. En somme, une politique primitive, virulente ou sournoise, sans franchise ni transparence, manœuvrière et intéressée, où, sauf exception (très) rare, les idéaux finissent pas se dissoudre en carrières.La France est une démocratie de faible intensité. Elle en a l’onction, pas la conviction. L’apparence, pas l’essence. Les mots, pas la culture. Condition d’une république sociale, la démocratie véritable est un écosystème qui suppose équilibres, vitalités et pluralités, précautions et participations, pouvoirs et contre-pouvoirs. Au lieu de quoi, nous vivons au royaume institutionnel des déséquilibres, des brutalités et des autoritarismes, des courtisaneries et des soumissions, des égoïsmes et des narcissismes.  
 
Le tout produisant un appauvrissement politique dont la scène médiatique est le théâtre infantilisant, offrant le spectacle de chroniqueurs empressés à sonder les états d’âme présidentiels et à relayer les confidences des entourages, entre flagorneries et mesquineries.Nous n’en pouvons plus de cet abêtissement et de ce crétinisme. Ainsi faudrait-il se résoudre à trouver normal qu’un président totalement démonétisé, dont le masque tissé de malentendus et de tromperie est rapidement tombé durant l’année qui a suivi son élection du 7 mai 2017, puisse changer la donne gouvernementale du pays pour sa seule convenance et son pauvre confort ? Dans une démocratie intelligente et adulte, ces changements relèveraient de débats et de choix collectifs, ceux de la majorité parlementaire ou du parti majoritaire.Ils obligeraient à des bilans et à des confrontations, à des discussions et à des alliances, en somme à une politique visible et manifeste, qui ne soit plus confinée dans le bureau ou le cerveau présidentiels. Au lieu de quoi, un président discrédité peut remplacer un premier ministre populaire (Édouard Philippe), ne serait-ce que par contraste, par une sorte d’intendant haut fonctionnaire (Jean Castex), autrement dit un préfet gouvernemental, tout comme il y a, dans le persistant assujettissement de la justice via ses parquets, des préfets judiciaires 
La Constitution de la Ve République permet au président en place de prendre en otage la République, et de décréter que ses nécessités personnelles sont l’intérêt commun. Ce faisant, elle ruine la politique, précisément comme bien commun. Le sol électoral ne cesse de se dérober sous les pas des apprentis-sorciers qui profitent et abusent de ce renoncement démocratique.Derrière l’inattendu chamboule-tout qui a produit l’improbable scénario de l’élection présidentielle de 2017 se cachait un acteur autrement puissant et constant : l’abstention, cette sécession civique exprimant la lassitude d’un peuple qui n’est pas dupe et n’entend plus jouer les supplétifs d’un jeu dont il est exclu. Elle fut de 25,44 % au second tour de la présidentielle, puis de 57,36 % à celui des législatives. Puis, en 2019, de 49,88 % aux élections européennes.Avec 58,6 % d’abstention nationale, un taux sans précédent, le second tour des élections municipales l’a rappelé à tout ce monde politique qui ne pense qu’à la présidentielle prochaine, alors même que le malaise démocratique procède de la dépossession de la souveraineté populaire par le pouvoir élyséen.
Toutes celles et tous ceux qui, dans les oppositions au pouvoir actuel, continuent de s’enfermer dans ce jeu présidentiel en prétendant qu’ils en changeront la donne de l’intérieur ne font que creuser le gouffre où décline et s’abîme la démocratie française. Impossible de croire à leur pari, si on le juge sincère, ou de leur faire crédit, si on le sait intéressé, tant les trois dernières séquences présidentielles ont mis à nu la corruption des idéaux politiques, brouillant tout repère pour les citoyen·ne·s.Comment ne pas comprendre la désertion électorale croissante quand tant de personnalités qui, il y a quatre ans à peine, se proclamaient socialistes, revendiquant leur légitimité de gauche, se sont retrouvées récemment à soutenir des candidats de droite dans leurs villes, sur fond d’alliance entre les partis LREM et LR.Dans sa déchéance lyonnaise, Gérard Collomb est l’arbre qui cache la forêt, tant les anciens cadres, dirigeants, membres de cabinets, élus, ministres, venus du Parti socialiste sont nombreux dans les allées d’un pouvoir macronien dont la politique n’a rien à voir, rien de rien, avec la gauche, son histoire, ses luttes, ses idéaux. Ce que n’a cessé de confirmer sa dérive autoritaire et réactionnaire, inégalitaire et identitaire face aux sursauts de la société, des « gilets jaunes » à la jeunesse écologiste, des grèves sur les retraites aux mobilisations sur le racisme, sans compter le sursaut général contre des violences policières autant encouragées que tolérées par le pouvoir.
Dans l’un des détours des Essais, Montaigne évoque une mystérieuse peuplade qui, pour ne pas savoir prononcer un seul mot qui est « non », est tombée en définitive servitude. Façon ironique d’introduire un discret hommage au traité de son ami Étienne de la Boétie, De la servitude volontaire, insurrection de la liberté contre la soumission. On lui ajoutera plus tard un sous-titre inventif, fort moderne : Contr’Un. Contre le Grand Un et le Grand Même qui font les pouvoirs délirants et les peuples souffrants. Cette histoire ancienne ne cesse d’être notre actualité : Grand Un du pouvoir personnel et Grand Même de l’identité nationale.« La première raison de la servitude volontaire, écrivait La Boétie, c’est l’habitude. » Cette habitude qui nous fait supporter le pouvoir d’un seul comme s’il était notre tout. Qui nous fait le juger grand parce que nous restons à genoux. « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres, poursuivait l’ami de Montaigne. Je ne veux pas que vous le heurtiez, ni que vous l’ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse dont on dérobe la base, tomber de son propre poids et se briser. »

dimanche 12 juillet 2020

A l'ombre de Staline ? Vraiment ?

Publié le par Boyer Jakline  Blog Bordeaux Moscou
Lecteurs de ce blog, l'affaire est pour nous  entendue : réécriture de l'histoire de la deuxième guerre mondiale, réécriture de l'histoire tout court. L'URSS, tel un astre  mort, éclaire et doit continuer à effrayer le bourgeois de la planète entière. Plus le capitalisme fait des dégâts, plus la pression est forte. Au point que le porte-parole du Kremlin, Dmitrii Peskov, vient de faire une déclaration officielle où il indique que la propagande occidentale à l'égard de la Russie (de Poutine...J.B) n'a rien à envier à celle de Goebbels. Cette réaction a été provoquée après qu'une information publiée dans je ne sais plus quel grand journal américain indiquait que la Russie payait des mercenaires pour tuer des soldats américains en Afghanistan ...
Tutélaire, " effrayante" la statue de Staline.
Au cas où l'intérêt pour cette expérience historique unique grandirait, petite piqure de rappel.

Sorti le 22 juin...( choix de la date : 22 juin... 1941 entrée des troupes nazies en URSS), le film  " A l'ombre de Staline" doit être distribué dans toutes les bonnes salles, comme on dit... 3 salles à Bordeaux, et soirée débat sur le "génocide" ukrainien. Non, ce n'est pas la shoah par balles inventée par la nouvelle idole des élites ukrainiennes, Bandera, bras droit local d'Hitler, qui a liquidé la population ukrainienne, juive de préférence. Le massacre avait commencé avant... Voilà la " thèse" à  l'œuvre dans la nouvelle Ukraine. A tel point que Zélenski, le président ukrainien,  vient de demander que cette famine soit jugée au même titre que l'holocauste. 
Ne vous interrogez pas et ne vous étonnez pas de la résurgence de l'extrême droite revancharde en Europe de l'Ouest...
Or, cette théorie est née dans la tête des nazis... Reprise dans les années 80, avant la chute de l'URSS par Ronald Reagan..
On se souvient, sait-on, que débarquant en Ukraine, les nazis furent étonnés de la résistance qu'ils y rencontrèrent, trompés par leur propre propagande... Et ils y furent vaincus.

Même chose en Biélorussie, où une partie de la population se réjouissait de l'arrivée des Allemands, mais devant les horreurs qui s 'y déployèrent,  rallièrent les rangs des partisans. 
En lien, la conférence d'Annie Lacroix-Riz sur le sujet.
Précédée  par une réputation sulfureuse dans la doxa anticommuniste et antisovietique,  Annie Lacroix-Riz  n'en creuse pas moins son sillon, de la compromission des élites françaises dans l'alliance avec Hitler, entre autres, à l'histoire soviétique.
Cette conférence universitaire date de 2016. Elle n'est pas sa première intervention sur le sujet. 
Vous noterez le très grand travail effectué sur ce sujet par de nombreux universitaires anglo-saxons, à charge et à  décharge.  Ce qui n'est pas le cas chez nous.
Prendre le temps de lire, c'est l'opposé du tweet et ça déménage.

Mais peut-être est-il temps d'aller voir de plus près ce qu'on nous sert comme " vérité historique"... A travers ce film, une nouvelle fois. 
Ce que j'indiquai à la création de ce blog : "la vision  de la Russie est de plus en plus nécessaire".
Annie Lacroix-Riz est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Paris-VII. Michel Gruselle ouvre la séance avec les remerciements d'usage et souligne le scandale que représen...

jeudi 9 juillet 2020

Propagande anti-chinoise | Chine en Question Propagande anti-chinoise | Chine en Question Ils mentent sur les gilets jaunes depuis des mois... et nous devrions ...
Depuis ces dernières années, une propagande violente et haineuse s'amplifie contre la Chine et  son régime. 
Alors que ce pays avait une économie retardataire, la République populaire était regardée par l'Occident comme un pays du tiers monde., dont il n'était pas utile de reconnaître le régime. La Chine ne faisait alors d'ombre à personne et suscitait des regards de commisération . Avec ses salaires bas et une main d'oeuvre nombreuse, elle fut considérée comme un marché intéressant que l'Occident a tenté de s'accaparer. Les entreprises européennes,   ont  voulu alors d'en faire l'usine du monde, délaissant leur propre salariat,  promis au chômage.
De son côté, le pouvoir chinois s'initiait aux méthodes modernes de ménagement et, progressivement, en tirait bénéfice pour développer sa propre industrie. En particulier, l'implantation occidentale d'entreprises en Chine avaient pour contrepartie la la remise des brevets de fabrication aux autorités. Ce qui permit à la République populaire de faire un saut rapide dans la connaissance de l'ingénieurie, mise au service du développement de leur industrie nationale. Parallèlement, la politique de Pékin fut de former au plus haut niveau ingénieurs et techniciens, à partir d'une politique scolaire et universitaire de masse.
C'est ainsi que la Chine populaire s'est hissée en moins de vingt ans au niveau des pays les plus développés, avec une économie rivalisant et, parfois dépassant celle des Etats-Unis. Cette réussite est due au fait que le gouvernement chinois n'a pas, pour boussole comme en Occident, les intérêts de firmes privées et la loi du marché, mais la perspective d'établir un régime social en permanence orienté vers l'amélioration du niveau de vie de la population. Et la preuve en est que la Chine populaire a sorti de la pauvreté des centaines de millions de Chinois, l'équivalent de la population européenne, alors celle-ci vie depuis trente ans dans une situation qui se dégrade à vitesse grand V.
Sans être un modèle, qu'elle ne prétend pas être, la Chine est devenue un phare dans le monde d'aujourd'hui. Et les pays capitalistes ont peur que les peuples regardent vers Pékin et se détournent de la voie que leur imposent toujours avec violence les intérêts privés.
Les Etats-Unis à l'économie dégradée se fissure. L'Union Européenne se voit submergée par un chômage de masse, que la crise économique de surproduction accentue dangereusement. 
Et si les peuples européens et dits "occidentaux" tournaient leurs regards vers la Chine, qui suit un chemin différent ? Les impérialistes européen et étasunien s'en inquiètent.
D'où leur violente campagne de dénigrement systématique à l'égard de la Chine populaire. Et la violence délirante de la propagande anti-chinoise. 
Mais cette stratégie est dangereuse pour la paix. Quand on dresse des peuples les uns contre les autres; le pire peut arriver. 
Il faut réfuter sans cesse la propagande anti-chinoise,  "éléments de langage" de guerre !

« Vague verte » aux municipales : un mythe pas innocent

vague verte
Le mythe de la « vague verte » qui aurait déferlé au second tour prépare le terrain aux suppressions d’emplois et à l’austérité salariale renforcée, en harmonie avec le « Pacte Vert » de la Commission européenne.
Près de deux semaines après le second tour des élections municipales, la poussière est un peu retombée : on peut donc s’interroger sereinement sur la réalité de ladite « vague verte ».
Que les écologistes répandent cette légende avec enthousiasme, c’est de bonne guerre (encore que ces derniers devraient être prudents : une vague est par nature un mouvement ascendant qui ne manque jamais de retomber peu après). Mais qu’une armée d’analystes, d’experts et de commentateurs répète et alimente ce qui relève manifestement du mythe, voilà qui n’est sans doute pas innocent. Après tout, un mythe est un récit imaginaire dont la construction et la pérennité influencent ensuite la réalité.
C’est le second scrutin à propos duquel on vante de toute part la « poussée écologiste » : ce fut déjà le cas lors des élections européennes de mai 2019, où l’on nous avait même décrit cette dernière comme déferlant sur le Vieux continent, et ce, alors même que les forces se réclamant de l’écologie politique n’avaient progressé – souvent de manière modeste – que dans sept ou huit pays de l’Union européenne, qui en comptait (à ce moment) vingt-huit. Cette échéance électorale avait déjà été marquée par une abstention considérable (49,5 % en France, 49%, dans l’UE). La liste des Verts français avait obtenu 13,4% dans ce contexte de faible participation.
Cette fois encore, la caractéristique majeure du scrutin du 28 juin est l’abstention massive, et, surtout, bien plus inhabituelle pour une élection locale : plus de 58% d’électeurs sont restés chez eux. C’est un record historique sans précédent pour ce type de scrutin. Dès lors, tirer des leçons et asséner des conclusions à partir d’une élection qui n’a mobilisé, lors du second tour, que deux électeurs sur cinq – bien moins, même, car une partie des citoyens n’est pas inscrite sur les listes électorales – est pour le moins aléatoire.
L’ampleur de cette désaffection des urnes n’a pu évidemment échapper à personne. Pour ne prendre que l’exemple de Grenoble, seule ville de plus de 100 000 habitants ayant à sa tête un maire sortant étiqueté EELV, l’abstention atteint des sommets avec près de 65% des inscrits. Eric Piolle, présenté comme le maire Vert exemplaire, obtient ainsi 16 000 suffrages, pour une commune qui compte près de 160 000 habitants. En matière de tsunami électoral, on a vu plus impressionnant…
Si le peuple avait souhaité massivement exprimer son enthousiasme écologique, le résultat eût été plus marquant. Qui plus est, dans cette ville comme dans tout le pays, ceux qui se sont abstenus le plus sont, sans surprise, les électeurs des milieux populaires, ainsi que les jeunes.
Or la jeune génération est précisément celle qui est souvent présentée comme le fer de lance des combats environnementaux. Si les urnes avaient vraiment exprimé une volonté de « transition écologique », pourquoi ceux qui sont censés en être les champions les auraient-ils boudées à ce point ?
La progression des Verts au premier tour correspond à une « rééquilibrage » au sein de la « gauche ». Ainsi qu’à un transfert des voix d’Emmanuel Macron vers l’écologie
La thèse de la « vague verte qui déferle sur le pays » s’appuie sur un fait réel : le parti EELV conquiert une douzaine de villes de plus de 30 000 habitants, notamment parmi les plus grandes, telles que Lyon, Bordeaux ou Strasbourg. Pourtant, cet affichage doit être relativisé. Car il y a tout de même plus de 250 communes de taille au moins égale à ce seuil. Et le Parti communiste, par exemple, pourtant décrit comme en perdition, en conserve plus d’une vingtaine.
Une analyse sérieuse des rapports de forces électoraux ne peut, en tout état de cause, que se baser sur le premier tour. Egalement marqué par une très faible participation (45%), ce dernier avait eu lieu le 15 mars, et avait certes marqué une certaine progression des Verts. Mais celle-ci correspond en fait à une « rééquilibrage » au sein de la « gauche ». Ou bien, comme à Bordeaux, à un transfert des voix d’Emmanuel Macron vers l’écologie au sein des catégories aisées. Il n’est un secret pour personne que les écolos font leurs meilleurs scores parmi ces dernières. Tout particulièrement dans les centres-villes et les quartiers habités par ce qu’on nomme souvent les « bobos ». A l’inverse, ils sont souvent insignifiants dans les quartiers populaires.
La redistribution des cartes au sein de ce qui se nomme encore la « gauche » (mais qui ne met plus depuis longtemps en cause la domination de la société par les propriétaires du capital) intéresse certainement les tacticiens et stratèges désormais occupés à préparer la prochaine élection présidentielle, au printemps 2022.
Ce rééquilibrage ne signifie en aucune manière la montée d’une puissante aspiration environnementale
Mais cela ne signifie en aucune manière la montée d’une puissante aspiration environnementale au sein de la population toute entière, et des classes exploitées en particulier. Celles-ci sont confrontées, et le seront encore plus brutalement dans les mois qui viennent, à un choc social brutal en termes d’emploi en particulier. Les plans de suppressions d’emploi chez Air France, Airbus, Renault ne sont que de premières manifestations des restructurations prévues, dont la plupart étaient prévues dès avant l’épidémie.
A un titre ou à un autre, elles se réclament de la « préservation du climat » : il faut moins prendre l’avion, donc moins construire d’appareils, et limiter la circulation automobile. De fil en aiguille, c’est toute l’économie qui risque de subir cette onde de choc, des télécommunications (Nokia ex-Alcatel) aux médicaments et à la chimie (Sanofi). Onze millions d’emplois directs sont menacés par le Pacte Vert (« green Deal »), priorité absolue de la Commission européenne.
La « sobriété » et la « frugalité », pour mieux « sauver la planète », sont les nouveaux habits de l’austérité salariale
De même, la « sobriété » et la « frugalité », pour mieux « sauver la planète », sont les nouveaux habits de l’austérité salariale. Il faudrait ainsi « consommer moins, produire moins et donc travailler moins », selon la formule initiale de ladite Convention citoyenne – 150 citoyens tirés au sort et devenus miraculeusement unanimes sur la protection de la planète, en fait un des plus abominables exemples dans l’histoire des manipulations idéologiques d’Etat.
La « vague verte » est en réalité une construction idéologique qui vise à soutenir les politiques « toujours plus vertes » qu’Emmanuel Macron annonce depuis des mois, désormais soutenu activement par Bruxelles… et les patrons du CAC 40.
Depuis des mois ? Plus précisément depuis l’automne 2018, quand il avait voulu imposer une « taxe carbone » sur l’essence et le diesel afin – c’était dit ouvertement – de « faire changer les comportements ». La suite, ce fut le mouvement des Gilets jaunes… et le retrait précipité de cette taxe.
Si certains croient réellement avoir convaincu le pays d’opérer une « conversion écologique », et se fondent sur le résultat des municipales pour estimer que le moment est venu, ils se préparent peut-être de nouvelles et douloureuses surprises…

BATAILLES DE CHIFFRES ......


....POUR RÉÉCRIRE L'HISTOIRE AUX COULEURS DE L'IDÉOLOGIE DOMINANTE....

La foutaise anticommuniste des “100 millions de morts

jeudi 9 juillet 2020 par Bruno Guigue Blog de l'ANC
Du Parlement européen aux manuels scolaires en passant par Michel Onfray, l’anticommunisme a repris du service. « Démocratie contre totalitarisme », les « 100 millions de morts », le Goulag, la Révolution culturelle, tout s’enchevêtre et compose un tableau destiné à sidérer l’opinion, inoculant l’idée d’une vaste conspiration des forces du mal dont la Chine, cet odieux régime totalitaire dont Le Monde prédisait la « faillite » il y a encore trois mois, constituerait le dernier avatar. Mais si seulement on se contentait d’affabuler sur le présent ! Non, il faut encore réécrire l’histoire en la repeignant aux couleurs de l’idéologie dominante.
On va même jusqu’à dire que ce sont les courageuses démocraties occidentales menées par l’Oncle Sam qui ont vaincu Hitler, et non l’Union soviétique. Peu importe la réalité historique, peu importe que, de Moscou à Stalingrad, de Stalingrad à Koursk, et de Koursk à Berlin, ce soit l’URSS qui ait abattu la machine de guerre du nazisme et expédié ses plans de domination raciale dans les poubelles de l’histoire. Et qu’au prix de 27 millions de morts, le peuple soviétique ait libéré le monde de cette folie meurtrière.

La contribution du communisme à l’émancipation

On oublie, par la même occasion, de rappeler l’immense contribution du communisme à l’émancipation humaine. Car c’est le bolchevisme qui a donné son élan décisif à la lutte anticoloniale, et le « Congrès des peuples de l’Orient », réuni à Bakou en 1920, qui a inauguré un processus de libération constituant l’événement majeur du XXe siècle. Un appel à la révolte qui a connu un succès retentissant en Asie ! Après avoir transformé le plus grand pays de la planète, la Russie, le communisme a triomphé dans le pays le plus peuplé, la Chine. Et mettant fin à un siècle de chaos et de pillage colonial, Mao Zedong a restauré la souveraineté chinoise en 1949.
Après avoir unifié le pays, aboli le patriarcat, réalisé la réforme agraire, amorcé l’industrialisation, vaincu l’analphabétisme, donné aux Chinois 24 ans d’espérance de vie supplémentaire, mais aussi commis dans les années 1960 des erreurs tragiques dont le peuple chinois a tiré le bilan, le maoïsme a passé la main. Ses successeurs ont tenu compte des enseignements tirés de cette expérience, et ils ont construit une économie mixte, pilotée par un État fort, dont les résultats ont défié les prévisions les plus optimistes. Mais sans la Chine de Mao, comment celle de Deng et de Xi eût-elle jamais vu le jour ?
Certes, au terme d’un siècle d’existence, le communisme réel paraît fort éloigné d’une théorie élaborée au beau milieu du XIXe siècle. Mais quelle doctrine, dans l’histoire, fait exception à la règle selon laquelle les actions des hommes échappent à leurs intentions ?
Et en existe-t-il une seule qui ait réussi à faire de la coexistence humaine un lit de roses ?
La marche en avant du communisme n’a pas été sans échecs, et l’effondrement de l’Union soviétique, désastreux pour l’équilibre mondial, en témoigne. Le communisme historique n’a aboli ni la division interne de la société, ni le poids de la contrainte étatique. Mais il a conjuré les affres du sous-développement, vaincu la malnutrition, éradiqué l’analphabétisme, élevé le niveau d’éducation et libéré la femme dans des pays où le capitalisme n’avait laissé que des ruines.
A l’évidence, il vaut mieux naître en Chine qu’en Inde : le taux de mortalité infantile y est quatre fois moins élevé et l’espérance de vie y est de 77 ans contre 68. En Inde, il vaut mieux vivre au Kérala : dirigé par les communistes depuis 1957, cet État est le plus développé de toute l’Union indienne, et le seul où les femmes jouissent d’un taux de scolarisation proche de 100 %.
Il vaut mieux résider à Cuba, pays socialiste, qu’à Haïti, ce protectorat américain : l’espérance de vie y est de 80 ans au lieu de 64, et elle a même dépassé celle des États-Unis. Il est vrai que le système de santé et le système éducatif cubains sont des modèles mondialement reconnus.
Vainqueur de deux impérialismes, le Vietnam socialiste, lui aussi, connaît un développement spectaculaire fondé sur une économie mixte et un État fort.
Le mouvement communiste n’a pas fondé une société sans classes, mais il a mené des luttes de classes qui ont contribué au progrès social dans le monde entier. Si les Français bénéficient de la Sécurité sociale, ils le doivent au communiste Ambroise Croizat, figure de la Résistance avant de devenir ministre du général de Gaulle en 1944.
Les avancées sociales du monde développé ne sont pas le fruit de la générosité patronale, mais de conquêtes arrachées de haute lutte. En construisant un rapport de forces favorable, les combats menés par les communistes ont joué un rôle majeur. Leur influence dans les syndicats, le contre-pouvoir instauré dans les pays développés, mais aussi le prestige de l’Union soviétique et l’écho rencontré par les avancées obtenues dans les pays socialistes ont contribué au progrès social en Occident et ailleurs.

Violences, répressions et interprétations anhistoriques

Mais il en faut davantage pour décourager les détracteurs du communisme. Les violences commises lors des processus révolutionnaires, en effet, servent de prétexte à une interprétation anhistorique. Réduisant le processus réel à un théâtre d’ombres idéologiques, cette lecture partisane s’affranchit de toute contextualisation. Elle occulte alors la véritable signification du phénomène communiste : la réponse des masses prolétarisées à la crise paroxystique de sociétés arriérées, coloniales et semi-coloniales (Russie, Chine, Corée, Vietnam, Cuba).
Dans la même veine, le décompte des victimes du communisme se prête à une inflation grotesque. On empile alors sans nuance les morts de la guerre civile russe, de la guerre civile chinoise, de la collectivisation forcée, du Goulag, du Grand Bond en Avant et de la Révolution culturelle. Nier la réalité des violences commises au nom du communisme est absurde, mais les compilations de chiffres qui interdisent toute compréhension historique et identifient le communisme à une entreprise criminelle sont ineptes.
Cette supercherie a évidemment pour finalité d’occulter la contribution du capitalisme aux horreurs du siècle. Elle s’affranchit d’une série de faits massifs : les massacres coloniaux, les guerres impérialistes, les crimes des dictatures et les embargos imposés par les prétendues démocraties, sans parler de la paupérisation de populations entières par le capitalisme, ont fait vingt fois plus de morts que le communisme.
Les critères d’appréciation que l’on applique à ce dernier deviendraient-ils sans objet lorsqu’on veut les appliquer aux crimes capitalistes ? Et des atrocités commises par les démocraties occidentales, pourquoi ne déduit-on pas le caractère criminogène du libéralisme ?
Puisque les fourriers de l’anticommunisme adorent les chiffres, on ne résistera pas au plaisir de leur en donner. Lorsque Hannah Arendt accrédite la thèse d’un « système concentrationnaire » homogène qui serait commun au nazisme et au stalinisme, par exemple, il est clair qu’elle s’affranchit de la réalité des faits.
Contrairement aux camps nazis, le Goulag n’obéissait pas à une logique d’extermination, mais de punition et de rééducation. Et des travaux menés par les historiens J. Arch Getty, Gábor T. Rittersporn et Viktor N. Zemskov depuis l’ouverture des archives soviétiques, il ressort un tableau du système carcéral soviétique beaucoup plus fiable que les extrapolations habituelles.
Entre 1933 et 1953, le nombre de prisonniers, toutes catégories confondues, oscille entre 900 000 et 1 700 000, atteignant un pic de deux millions en 1938, soit un taux d’incarcération moyen comparable à celui des États-Unis au début du XXIe siècle.
Bien sûr, les conditions de détention sont très dures. Mêlés à des détenus de droit commun qui représentent 90% des effectifs, les opposants ou déclarés tels y purgent une peine infamante. En raison du froid et des conditions sanitaires, la mortalité est élevée, surtout durant la guerre, mais la population soviétique souffre davantage lorsqu’elle est proche du front. On y déplore au total 1 300 000 décès, soit un taux de 4,1% pour l’ensemble de la période (1933-1953) et de 10% durant la guerre. [1]
Au million de morts du Goulag (1933-1953), il faut évidemment ajouter les 680 000 exécutions de la terreur des années 1936-38. Et si l’on veut compléter le tableau, on peut aussi lui imputer les deux à trois millions de victimes de la révolution chinoise (1949-1969), la violente révolution agraire menée par une paysannerie famélique à la fin des années 1940 étant responsable de la majorité de ces pertes humaines dans un pays qui comptait 500 millions d’habitants en 1949 et un milliard en 1980.
Mais si ces événements dramatiques ont plongé l’humanité dans des abîmes de violence, que dire des dix millions d’Amérindiens exterminés par la démocratie américaine, des dix millions de Congolais assassinés par le roi des Belges, des deux millions d’Algériens, d’Indochinois et de Malgaches abattus par la République française entre 1945 et 1962, des deux millions de Coréens, des trois millions de Vietnamiens et des quatre millions d’habitants d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’Amérique latine éliminés à distance par la cybernétique militaire, exécutés par les dictatures ou massacrés par les terroristes dont Washington, aujourd’hui encore, tire les ficelles ?
Manifestement, le nombre des victimes importe moins que leur position sur l’échiquier politique. En Indonésie, la répression militaire organisée par la CIA contre les communistes en 1965 a fait au moins 700 000 morts. Mais cet événement ne figure dans aucun livre d’histoire occidental. Et encore de tels chiffres ne mentionnent-ils que les victimes directes des opérations militaires ou paramilitaires.
Si l’on tient compte de l’effet mortifère des sanctions économiques imposées par les États-Unis, le bilan humain prend des dimensions incalculables, et les 500 000 enfants assassinés par l’embargo contre l’Irak (1991-2003) illustrent à eux seuls cette anthologie de l’horreur. Ces victimes immolées sur l’autel de la prétendue démocratie et des soi-disant droits de l’homme, il est vrai, sont de mesure nulle en regard de la mission civilisatrice de l’Occident.

Répressions, supercheries statistiques et batailles de chiffres

Mais la falsification idéologique ne s’arrête pas en si bon chemin. Comme il faut à tout prix grossir les chiffres du côté adverse, on procède à une autre supercherie statistique. On inclut en effet, dans le décompte des victimes du communisme, le bilan des catastrophes rencontrées par les pays socialistes au cours de leur développement.
On attribue alors la famine des années 1931-33 à la volonté perverse du régime stalinien qui serait seul responsable, avec la dékoulakisation, d’une dramatique pénurie des ressources alimentaires. Or cette interprétation est erronée. Pour l’historien américain Mark Tauger, certes, « le régime porte la responsabilité partielle de la crise et des cinq millions de décès environ qui en ont résulté », mais il faut distinguer « responsabilité et acte intentionnel ».
La famine de 1931-33 fut « un événement extrêmement compliqué, avec des causes à la fois environnementales et humaines ». En définitive, « les actions du régime soviétique, pour sévères qu’elles eussent été, semblent clairement avoir été orientées vers la gestion d’une crise économique involontaire et d’une famine, plutôt que vers la création intentionnelle d’une telle crise afin de punir un groupe particulier ». [2] Que cette famine n’ait pas seulement frappé l’Ukraine, mais aussi une grande partie de la Russie et du Kazakhstan, au demeurant, invalide de manière factuelle la thèse chère aux néo-nazis de Kiev selon laquelle Staline aurait voulu punir les Ukrainiens en les faisant mourir de faim.
En Chine, l’échec retentissant du Grand Bond en Avant a également provoqué une famine responsable de dix à douze millions de morts entre 1959 et 1961. Alors qu’il s’agit d’une erreur monumentale de politique économique aggravée par des conditions climatiques désastreuses, le discours dominant attribue cette catastrophe à la nature criminelle du maoïsme. Le principal inconvénient de cette vision anhistorique des faits, c’est donc qu’elle en brouille l’intelligibilité. Elle occulte les conditions objectives dont les communistes, saisissant les rênes d’une société au bord de l’effondrement, ont hérité malgré eux. Car une fois la prise du pouvoir accomplie, il a fallu sortir le pays des ornières de la misère et de la dépendance. Et faute d’alternative crédible, la transition vers la modernité fut menée à coups d’investissements colossaux et de rythmes infernaux.
Cet effort de développement s’est effectué dans les pires conditions, toutes les ressources étant dirigées vers la croissance accélérée des forces productives, le primat de l’industrie lourde reléguant au second plan la production de biens de consommation. Il a fallu jeter les bases d’une économie moderne sans aucun appui extérieur, rectifier les erreurs commises, changer de trajectoire lorsque c’était nécessaire.
Drame d’un décollage industriel accéléré dans un environnement hostile, cette expérience s’est aussi payée d’un drame politique, seule la poigne de fer du Parti communiste ayant pu maintenir le cap contre vents et marées. Mais si la Russie, la Chine et le Vietnam sont devenues des nations modernes, il est clair qu’elles le doivent aux efforts accomplis sous le socialisme.
L’histoire ne délivre aucune excuse absolutoire, mais encore faut-il considérer les faits avec honnêteté intellectuelle. Admettons que les régimes communistes soient responsables de ces tragédies humaines. Si l’on tient vraiment à les inscrire au passif du communisme, la logique voudrait qu’on inscrive au passif du capitalisme les famines qui ont frappé les populations soumises au joug colonial et néo-colonial européen.
Alors les faits parleront d’eux-mêmes. Les ravages du colonialisme européen sont de l’ordre du non quantifiable, et les génocides s’ajoutent aux génocides. Pour ne prendre que cet exemple, la domination britannique en Inde, c’est combien de dizaines de millions de morts ? Et qui sait que Churchill, en ordonnant la réquisition des réserves de céréales, a fait périr trois millions de Bengalais en 1943 ?
Bataille de chiffres, inventaire des hécatombes, comptabilité macabre à vocation accusatoire, lecture criminologique de l’histoire ? Aucun problème, allons-y. Mais à cet égard, on voit infiniment plus de raisons d’être communiste que libéral, conservateur, réactionnaire et tout ce qu’on voudra.
Oui, il y a eu 100 millions de morts, mais ils sont imputables au capitalisme et à ses avatars, le colonialisme et l’impérialisme. Le communisme, lui, a sauvé infiniment plus de vies qu’il n’en a sacrifiées. Si les révolutions communistes ont généré des violences, celles-ci répondaient à la cruauté des systèmes d’oppression dont elles ont signifié la disparition.
Et contrairement aux horreurs occidentales, jamais le communisme, même lorsqu’il avait la main lourde, ne s’en est pris à des enfants. Désolé, mais aucune comptabilité objective des victimes n’établira d’équivalence historique entre communisme et barbarie.
Leitmotiv de l’idéologie dominante, foutaise libérale, cette imputation exclusive des malheurs du siècle se condamne elle-même à l’insignifiance.