jeudi 3 juin 2021

Je suis le seigneur du château

La féodalité n’est qu’un système d’Esclaves et de Tyrans ; ma patrie veut-être libre, ne peut plus rien conserver dans ce qui tient à ce système. (Gracchus Babeuf)

Les élections régionales approchent. Elles auront lieu dans moins d’un mois, les 20 et 27 juin. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en dehors du microcosme tout le monde s’en fout. Et à juste titre, parce que les enjeux sont minimes.

Mais, me direz-vous, comment peut-on dire une chose pareille alors que les Régions – comme l’ensemble des collectivités locales d’ailleurs – ont vu leurs compétences, leurs pouvoirs et leurs budgets s’accroitre à chaque vague de décentralisation – et il y en a au moins une ou deux par législature depuis 1983 ? La réponse est simple : ce n’est pas parce qu’une institution dispose de pouvoirs et de budgets étendus que les élections correspondantes présentent un enjeu.

C’est entendu, la Région joue un rôle de plus en plus important dans nos vies. Ce sont les régions qui distribuent l’argent des aides européennes, qui organisent les transports, qui construisent les lycées. Mais cela n’implique nullement que les élections aient une quelconque importance, pour la simple raison que le résultat du vote ne changera que marginalement les politiques mises en œuvre. Il n’y a plus, et cela depuis longtemps, une façon spécifique de gérer une région attachée à tel ou tel parti politique. Que le président soit de droite ou de gauche, écologiste ou socialiste, républicain ou centriste, les résultats sont les mêmes en dehors de quelques actions symboliques et quelques déclarations tonitruantes dans la presse.

Regardez d’ailleurs les listes : vous verrez à peu près toutes les configurations. A gauche vous trouverez ici communistes et socialistes sur le même ticket que LFI et EELV (Hauts de France) ; ailleurs LFI et PCF sur un même ticket, EELV et PS présentant chacun une liste (Auvergne-Rhône-Alpes), ou bien le PS et le PCF alliés contre une liste LFI et une autre EELV (Bourgogne-Franche-Comté) – et je ne parle bien entendu pas des groupuscules divers qui s’associent ici aux uns, là-bas aux autres… Quant à la droite, c’est à peine mieux : dans certains coins l’UDI va avec LR (Auvergne-Rhône-Alpes), dans d’autres avec LREM (Bretagne). LREM tantôt dispute l’élection à LR (Ile de France) tantôt s’allie avec (PACA). Et je ne compte même pas les « dissidents » qui permettent dans certaines régions à une organisation d’être représentée sur deux listes différentes – puisque les dissidents ne sont jamais exclus.

Que nous dit cette cacophonie ? Qu’il n’existe plus à l’intérieur de chaque organisation politique de projet spécifique de gestion régionale ou, ce qui revient au même, que si ce projet existe il n’a guère de poids à l’heure de choisir des candidats ou de conclure des alliances tactiques ou stratégiques. En effet, si l’on imagine qu’il existe une vision spécifiquement socialiste, communiste, écologiste, insoumise, « républicaine » ou centriste sur la manière de gérer une région, on voit mal pourquoi une telle vision serait compatible dans les Hauts de France ou en Bretagne et incompatible en PACA ou en Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette diversité illustre en fait l’inexistence croissante des partis politiques, devenus des simples étiquettes. Prenez deux communistes, au hasard Faucillon et Roussel, ou deux LR, au hasard Muselier et Ciotti, et ils ne seront d’accord sur rien, et surtout pas sur l’idée de mettre en œuvre loyalement la décision collective prise par leur organisation. Autrement dit, nous assistons à une féodalisation de la politique, avec des directions nationales faibles qui ne sont guère en mesure d’imposer une ligne politique cohérente à des ducs et barons locaux qui à leur tour dépendent des comtes et des marquis dans un complexe réseau de fidélités et de clientèles. Ce dispositif va tellement de soi aujourd’hui qu’il n’y a même plus des séances de négociation au niveau national comme cela était le cas il y a vingt ou trente années pour arrêter les règles des candidatures communes ou des désistements réciproques. De telles négociations sont devenues non seulement inutiles, mais dangereuses : décider d’une politique nationale qui sera fatalement remise en cause localement ne peut aboutir qu’à montrer de façon encore plus criante la faiblesse des structures nationales. Car tout le monde sait par expérience que les alliances, les candidatures et les désistements seront négociés par les barons locaux au cas par cas, en fonction de leurs affinités personnelles et de leurs intérêts tout aussi personnels. Le psychodrame que s’est offert LR en PACA avec l’admission de candidats LREM dans la liste d’union de la droite sous l’impulsion du baron Muselier et du comte Estrosy est l’illustration parfaite.

A cela s’ajoute la logique égo-politique, qui conditionne certaines stratégies. Ainsi, par exemple, deux présidents de région sortants, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, sont des égo-politiciens qui ne représentent pas un véritable parti politique, mais une organisation constituée avec pour seul but la promotion de son fondateur. Leurs candidatures sont autant motivées par leur projet régional que par leurs ambitions nationales. Et dans le même ordre d’idées, le sabotage par Mélenchon de la candidature Roussel dans les Hauts-de-France ou l’envoi par LREM de ministres populaires dans cette même région pour faire battre Xavier Bertrand obéit moins à un projet pour la Région qu’à des ambitions présidentielles.

Ce qui caractérise la féodalité, c’est d’abord les rapports personnels entre seigneur et vassal, entre gouvernant et gouverné. Les prébendes accordés par l’un sont la contrepartie de la fidélité de l’autre. C’est l’exacte contraire de la République, pour qui droits et devoirs sont accordés et dus à la Nation toute entière, et non à une personne particulière, pour qui les gouvernants sont d’abord des gestionnaires de la cité, et non ses propriétaires. Or, c’est le modèle féodal qui s’impose de plus en plus dans les régions.

On aurait tort de voir dans l’abstention, qui sera sans doute massive, le signe du désintérêt des citoyens pour la politique. Le problème est justement qu’il n’y a pas eu beaucoup de politique dans ces élections régionales. Que la politique – au sens le plus noble du terme – a laissé la place aux logiques féodales de fidélité personnelle et de clientèle. Dans ces conditions, pourquoi l’électeur s’intéresserait à une élection qui n’est qu’une concurrence d’égos et de projets personnels, et où le rapport entre le résultat du vote et les politiques qui seront effectivement mises en œuvre n’a rien d’évident ?

Descartes

 

mercredi 2 juin 2021

DRÔLE D'ÉPOQUE QUE NOUS VIVONS.....DRÔLE DE SOCIÉTÉ ! VOUS AVEZ DIT LIBÉRALE?

Une ado malaisienne dénonce sur TikTok le harcèlement des jeunes filles à l'école

Kuala Lumpur (AFP)
Capture d'écran d'une vidéo AFPTV montrant l'adolescente malaisienne Ain Husniza Saiful Nizam lors d'un entretien avec l'AFP, à Kuala Lumpur le 20 mai 2021 - AFP

Ain Husniza Saiful Nizam, une adolescente malaisienne, a été propulsée leader d'un mouvement contre le harcèlement sexuel à l'école après avoir protesté contre une blague douteuse de l'un de ses professeurs sur le viol.

La jeune fille âgée de 17 ans a raconté cet incident dans une vidéo sur le réseau social TikTok, vite devenue virale et qui a généré des milliers d'autres témoignages d'élèves sur leurs propres expériences de harcèlement verbal ou physique.

Ain a ensuite lancé la campagne en ligne #MakeSchoolASaferPlace (Rendons les écoles sûres) malgré de nombreuses réactions hostiles, une menace de viol et un avertissement d'exclusion de son établissement.

"Quand j'en ai parlé, j'ai reçu tellement de messages haineux, je ne sais pas pourquoi", explique-t-elle à l'AFP. "Il s'agit juste de rendre les écoles plus sûres, qu'y-a-t-il à débattre?"

Ces réactions ont renforcé sa détermination à se battre contre ce qu'elle voit comme un traitement humiliant des jeunes filles par le système éducatif malaisien.

"On ne peut pas laisser ce système abusif continuer dans nos écoles".

Ain avait enregistré en avril sur son téléphone une vidéo -- qui compte 1,8 million de vues à présent -- après une blague de son professeur de sport qui l'avait révoltée.

Devant son miroir, elle décrit dans sa vidéo comment son professeur a commencé à discuter de la lutte contre le harcèlement sexuel contre les élèves, filles ou garçons.

Il a rappelé les lois protégeant les mineurs contre les agressions sexuelles et a remarqué que si les garçons voulaient commettre un viol, ils devraient plutôt s'attaquer à une femme d'au moins 18 ans.

- "Culture toxique" -

"Il a vraiment dit ça, et les filles sont restées silencieuses", dit-elle. "Mais les garçons, oh, ils rigolaient, comme si c'était drôle de faire une blague sur un viol".

La vidéo d'Ain a déclenché une réaction immédiate et poussé de nombreux jeunes à parler de leurs propres expériences de harcèlement tandis que des militants des droits des femmes l'ont félicitée d'avoir pris la parole.

La vidéo a vraiment appuyé sur un point sensible, remarque-t-elle, parce que ce harcèlement "touche des élèves partout en Malaisie".

AFP

Capture d'écran d'une vidéo AFPTV montrant l'adolescente malaisienne Ain Husniza Saiful Nizam lors d'un entretien avec l'AFP, à Kuala Lumpur le 20 mai 2021

"Ca prouve qu'il ne s'agit pas juste d'un plaisanterie d'un professeur, mais que cela affecte le système éducatif dans son ensemble".

Des ONG soulignent que le harcèlement dans les écoles est un problème de longue date, avec des plaintes contre des attaques verbales ou physiques mais aussi parfois des palpations intrusives des sous-vêtements des jeunes filles pour vérifier si elles ont leurs règles.

Les jeunes filles musulmanes des écoles islamiques sont dispensées de prière quand elles ont leurs règles, mais certaines encadrantes les soumettent à ces vérifications humiliantes.

Pour l'organisation de protection des droits des femmes Awam, la vidéo d'Ain est arrivée à un moment où le harcèlement sexuel à l'école suscitait de plus en plus d'inquiétude et a constitué l'étincelle nécessaire pour démarrer un débat national.

Cet incident "a été si choquant qu'il a forcé les gens à reconnaître" le problème et il "a mis l'accent sur une normalisation de la culture du viol dans les écoles", selon la dirigeante de l'association Nisha Sabanayagam.

Elle appelle à des réformes urgentes pour "s'attaquer à une culture toxique de harcèlement sexuel dans les écoles".

Mais Ain a reçu aussi beaucoup d'attaques, dont beaucoup à connotation sexuelle, et peu de soutien des autorités.

"Ceux qui parlent sont sanctionnés", déplore-t-elle.

Après sa vidéo, elle a arrêté de fréquenter son école de Puncak Alam, proche de la capitale Kuala Lumpur, craignant pour sa sécurité, et a été menacée d'expulsion.

- "Ils s'en moquent" -

"Beaucoup de jeunes de mon âge et de militants se battent pour attirer l'attention sur ces questions", observe-t-elle. Mais "j'ai vraiment été choquée de voir que les officiels, ceux qui ont le pouvoir (...) s'en moquent".

AFP/Archives

La vidéo d'Ain sur TikTok, dénonçant le harcèlement sexuel à l'école, compte 1,8 million de vues

Le ministère de l'Education a expliqué que la lettre menaçant la jeune fille d'expulsion avait été envoyée automatiquement après ses absences.

La police a lancé une enquête et le professeur mis en cause a été transféré de l'école temporairement.

Le ministère a insisté "donner la priorité à la sécurité et au bien être des élèves".

"Je voudrais vraiment que les adultes écoutent mon histoire et fassent ce qui est bien pour nous, les enfants", espère Ain.

 

Y A-T-IL UN PILOTE DANS LA POLICE ?



Y a-t-il un pilote dans la police ?

Le ministre de l’Intérieur n’est pas devant, mais derrière. Il court après les policiers. Il se tait lorsqu’une députée est jetée à terre. Et il laisse la police à une forme d’autogestion chaotique, entre syndicats, hiérarchie, préfecture. Cette désertion du politique, c’est un symptôme. D’une « classe dirigeante » impuissante à « diriger », qui ne fait plus que « dominer ».

« Comme la police n’est plus dirigée, c’est désormais elle qui dirige ». Je pointais cela, l’année dernière, dans mon rapport parlementaire : la désertion du politique.

« Y a-t-il un pilote dans la police ? Je m’interrogeais. Y a-t-il un ministre à l’Intérieur ? Ou bien, en est-on à une autogestion chaotique, entre syndicats, hiérarchie, préfecture, sans cap politique fixé d’en haut ? »

Les événements récents en témoignent, jusqu’à la caricature : le ministre n’est pas devant, mais derrière. Le mardi, il court après les syndicats de policiers, lors d’une manifestation où il se fait huer. Le jeudi d’après, c’est ma collègue députée Bénédicte Taurine qui, lors d’un rassemblement, est jetée à terre, un fait inédit, et sans une réaction derrière, ni de l’Intérieur ni de Matignon.

Et il en est ainsi depuis près de trois ans, depuis les Gilets jaunes – dont il faut rappeler le bilan : 27 éborgnés, 5 mains arrachées, 321 crânes ouverts, et deux morts. Depuis cette crise, le politique est « à la remorque », muet devant les policiers, les approuvant ou les couvrant, levant parfois un petit doigt, timidement, avant de se rétracter face à un haussement de sourcil syndical.

Mon collègue de droite Guillaume Larivé le disait autrement, en Commission des lois :

« Bien sûr, nous soutenons les forces de l’ordre et nous sommes conscients des difficultés de leur mission. Mais elles doivent être commandées. La chaîne hiérarchique comprend les gradés, les officiers, les commissaires dans la police, les sous-officiers et des officiers dans la gendarmerie, au bout se trouve le ministre de l’Intérieur. Je plaide pour le commandement, qui implique de savoir sanctionner, de dégager des lignes directrices de doctrine, de reconnaître parfois des errements et de les corriger [... ] Le ministre de l’Intérieur ne doit pas être derrière les forces de l’ordre. Il est là pour être devant et les diriger. Au vu des événements des dix-huit derniers mois, le ministère de l’Intérieur devrait engager une réflexion sur d’éventuelles évolutions de doctrine et d’organisation. Je souhaite une chaîne hiérarchique qui assume de sanctionner lorsqu’il y a des errements, qui assure un bon enseignement et qui vérifie que la force est employée de manière légale. Il faut un rendez-vous d’actualisation de la doctrine au sein de la police nationale en 2020. »

Sans reprise en main, la police est la bride sur le cou, en une forme d’autogestion décomposée. L’absence du politique laisse un grand vide, que les syndicats, et les plus incendiaires des syndicats, vient occuper.

Faute de Beauvau, la police part à vau-l’eau.

***

Lors de mes auditions, c’est une institution en crise que j’ai découverte.


Faut d’un cap, d’abord. Ou alors, des caps successifs, simultanés, parfois opposés. Qui ont désorienté, plus qu’orienté : « Quelle police voulons-nous ? s’interrogeaient – et m’interrogeaient – les représentants policiers. Pour quoi faire ? Du chiffre ou de la proximité ? »

Aucun discours fort, depuis Sarkozy, pour tracer un horizon. Si bien que la politique du chiffre, autrement appelée la « batonnite » – « Comme les écoliers, on rentre au commissariat, on fait des bâtons dans nos cahiers. Une, deux, trois interpellations. Il vaut mieux arrêter deux shiteux qu’un trafiquant, c’est mieux pour les statistiques... » – la politique du chiffre demeure, bien que contestée, tempérée.

Des tas de réformes se sont pourtant succédées. « Le nouveau management » est arrivé, qui a cassé l’organisation habituelle, traditionnelle, du commissariat – sans fixer d’autre but qu’une vague « productivité ». Comme le résume un officier : « L’esprit “Maison police” a disparu ». Des divisions se sont produites, des divisions horizontales : « Les commissaires sont passés de “chef de service” à “manager de service” », produisant une fracture d’avec leurs hommes.

D’autant qu’entre les deux, un maillon est presque supprimé : « Les relais, ce sont les brigadiers, les chefs d’équipe. C’est le contremaître de la police : il a un pied sur le terrain et un pied dans l’état-major ». C’est le brigadier qui fait le lien entre le haut et le bas, qui donne une cohésion à l’ensemble. Son absence, ou son effacement, en font le chaînon manquant.

Les policiers sont atomisés, « chacun dans son couloir »

« Je me souviens, quand j’ai commencé ma carrière il y a trente ans, un fonctionnaire était désigné à tour de rôle pour faire le café et les sandwichs pour tout le monde. Vous aviez une salle conviviale, où tout le monde venait, on faisait l’appel, on prenait nos consignes, et ensuite on allait tous dans cette salle de repos [...] Tout ça a été supprimé parce que “effectifs, effectifs”, il faut être rentable, etc. Du coup, vous n’avez plus ce rapport humain, vous avez des machines à café, un distributeur de plats tout préparés, un micro-ondes... Aujourd’hui, ces temps communs n’existent plus. »

.....La suite - intéressante, il va sans dire - de l'article de Ruffin dans le blog "Le Grand Soir" ....


 

mardi 1 juin 2021

Colombie, tandis que nos médias pleurent sur un néo nazi… des corps sans vie…

L’artiste colombien Cizañero a fait ce dessin suite à la découverte, dans un sac, de la tête coupée d’un jeune homme qui avait été porté disparu par la police colombienne ces derniers jours.

Plusieurs corps de manifestants qui ont été arrêtés – disparus par la police colombienne, ont commencé à apparaître dans les fleuves de Colombie et dans des fosses clandestines.🔴

La Colombie souffre d’une répression brutale de l’État.

La police multiplie des centaines de captures pour tenter d’étouffer la contestation sociale. Les forces répressives capturent les manifestants et vont même dans les maisons pour kidnapper les jeunes : ou pour les juger sous les montages judiciaires répétés qu’emploie l’État colombien pour réprimer la contestation (il y a déjà plusieurs cas de montages judiciaires), ou pour les faire disparaître …

Il est très important que les personnes arrêtées tentent de crier leurs noms et prénoms et que le voisinage puisse filmer le fait, afin d’éviter que les kidnappés par la police ne soient victimes du crime d’État de la disparition forcée.

Déjà plus de 600 personnes disparues par la police en trois semaines de grève nationale. Parmi certaines de ces personnes enlevées et disparues par la police, les corps sans vie ont refait surface. Les corps de deux étudiants kidnappés par la police le 28 avril sont apparus le 5 mai flottant sur la rivière Cauca, il y a trois jours le corps sans vie d’un leader paysan et le corps avec des signes de torture de l’enseignante et syndicaliste Beatriz Moreno Mosquera.

D’autres corps de personnes torturées flottant dans les fleuves ont également refait surface, comme on peut le voir dans les vidéos et les photos, que la population enregistre horrifiée.

La disparition forcée est une pratique du Terrorisme d’État que les forces répressives de l’État colombien ont fortement employé contre la population, en particulier pendant cette grève: cette pratique injecte la terreur et dévaste les familles et les communautés.

Nous exigeons que l’État colombien renvoie les centaines de personnes disparues : ceux qui ont encore des vivants dans les commissariats, les bataillons militaires, entrepôts ou maisons clandestines de la police, les renvoie, et que la barbarie policière de la disparition forcée cesse.

Les personnes que la police a enterrées dans des fosses communes et jetées dans des rivières continueront à être recherchées et réclamées inlassablement par leur famille, leurs communautés, et par tout un pays qui ne permettra pas ′′ la disparition des disparus “. Ils nous les ont arrachés pour être des gens dignes qui se sont battus pour toutes et tous, nous ne laisserons pas leurs noms oublier, encore moins que leur combat s’éteigne. Le Terrorisme d’État ne parviendra pas à taire la lutte sociale d’un peuple marre d’exploitation, de précarité et de pillage capitaliste. La Colombie pleure, la Colombie souffre, mais elle ne lâche pas.__#SOScolombia#TerrorismoDeEstadoEnColombia#ColombiaLloraPeroNoSeRinde#ElParoSigue#CapitalismoEsBarbarie#Lucha____AIDE À SUIVRE pour contribuer à ouvrir une brèche dans la clôture désinformative qui couvre le génocide.

 

Le PCF progresse en France !

Les résultats des législatives partielles montrent une chose : un vent favorable pousse les scores des communistes ! Deux progressions significatives : – dans le Pas-de-Calais : le PCF double son score par rapport à la législative de 2017. il passe de 2 à 5,8- à Paris : le candidat PCF fait plus du double du score de l’élection législative en 2017 et dépasse les 10%. De belles perspectives pour l’année qui vient ! D’autant plus qu’il s’agit de circonscriptions où il est traditionnellement faible et où le vote à gauche pouvait jouer à ses dépends… Cela confirme dans les possibilités d’une reconquête de la gauche sur la droite et l’extrême-droite et le faible impact de ceux qui depuis quinze jours se relaient dans les réseaux sociaux pour faire porter tous les coups sur le PCF…

On me répondra qu’il y a eu un taux d’abstention important… et bien cela démontre deux choses:

  1. que certains ne craignaient pas à proclamer la victoire des verts ou du printemps marseillais quand le taux d’abstention aux municipales est au moins égal mais pas quand cela se traduit par un score important pour le PCF
  2. Que le PCF est en train de réussir son pari c’est-à-dire faire voter les abstentionnistes… et cela profite à la gauche…

Enfin je voudrais ajouter une anecdote et notre lecteur s’y reconnaîtra même si j’ai masqué un peu les références pour des raisons que l’on comprendra :

Ce matin, j’ai eu une discussion avec un gradé dans la police, prolo d’origine, se disant anarchiste, et qui suit mon blog, il le trouve intéressant sur le plan historique, très informé mais trop “idéologisé”… il a écouté par hasard Roussel chez Bourdin et il m’a dit que lui fils d’ouvrier c’était la première fois où il entendait enfin quelqu’un de gauche défendre la sécurité, celle de l’emploi et celle de la vie pour les petits…

Il m’a dit “tenez bon, il y a des tas de gens qui ne veulent pas de racisme, de Marine Le Pen mais qui ne s’y reconnaissent plus quand on nie les réalités, les gens veulent des choses simples un emploi et la sécurité c’est pas sorcier… Quand je l’ai entendu chez Bourdin, j’étais stupéfait enfin un langage de la gauche , la vraie, celle des petits contre les gros… qui ne nie pas la réalité. Après, j’ai vu que sur le nucléaire il disait aussi des choses sensées… j’espère qu’il va tenir bon et qu’on va enfin pouvoir poser les problèmes à ce niveau là… Mais pourquoi vous ne parliez plus comme ça, tranquillement, simplement ?

J’ai tenté de lui expliquer la situation y compris à Marseille, et je lui ai dit: vous savez en tant que communistes, nous nous disons tant pis nous ferons 2% mais enfin nous aurons dit ce que nous avons à dire… et il m’a dit si vous avez le courage de représenter la vraie gauche, celle qui a disparu, vous ferez plus que ça…

je vous promets que l’anecdote est totalement vraie…