vendredi 6 août 2021

Le retour du modèle socialiste

même si je ne suis pas totalement convaincue du retour du socialisme aux Etats-Unis, nous avons trouvé Marianne et moi, par ailleurs, cet article de Gilles Questiaux vraiment remarquable et ouvrant le débat sur ce qui est au centre de notre blog: le socialisme (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

1 Août 2021 , Rédigé par Réveil Communiste

Le socialisme revient à la mode aux États-Unis depuis la crise des subprime (2008), comme remède proposé aux abus de plus en plus délirants du capitalisme dans sa principale métropole, et il y a gros à parier qu’il en sera de même chez nous très vite. Et ce n’est pas simplement en tant qu’utopie, mais aussi à nouveau en tant que modèle économique et social bien concret.

Voilà qui tombe bien, car l’objectif spécifique des communistes est le socialisme, et non l’émancipation de l’individu, tâche historique du capitalisme qui l’a déjà conduite au-delà de son terme et qui aujourd’hui la pousse jusqu’à l’absurde. Cette orientation fondamentale ne plaît pas du tout à la gauche et à l’extrême gauche bourgeoises qui continuent à enfoncer le portail grand ouvert au nouvel âge du capitalisme de la liberté sans freins et sans règles (celle des riches).

Ce système déplaira aussi aux puristes qui restent bien au chaud dans la théorie parce qu’il comportera des survivances de longue durée du capitalisme : la monnaie, le salariat, la bourse, et même les riches, ce ne sont pas des réalités que l’on peut abolir d’un trait de plume (en tout cas, c’est ce que l’expérience du socialisme du XXème siècle a montré).

Remplacer le capitalisme signifie donc, non pas le détruire du jour au lendemain, mais commencer par le remettre sous le contrôle de la société, en lui ôtant son influence politique, en interdisant aux capitalistes de contrôler des forces politiques, et des médias. Ce qui signifie fragiliser progressivement la propriété privée des moyens de production sans la prohiber d’un seul coup. Comme on fait en Chine, l’enfermer dans une cage, et lui interdire absolument, par le jeu des élections et la manipulation de l’opinion, son retour au pouvoir.

Le socialisme est donc un système politique de parti hégémonique qui n’admet pas d’alternance sur les principes de base de son organisation économique et sociale.

La victoire de ce système est certaine parce que tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, les masses prendront conscience, au niveau mondial, de l’intérêt et de la nécessité de ce nouveau système économique où la production et la distribution des biens nécessaires sera confiée à la collectivité et à l’État qui la représente. Mais cette victoire ne surviendra pas sans engagement actif d’une grande partie de ces masses. Il va falloir encore une âpre lutte et un engagement intégral de millions de héros ordinaires pour y arriver.

Ce qui est clair c’est qu’il n’y a pas d’alternative capitaliste au capitalisme : pas question pour le capital financier dégénéré de revenir au Welfare State des années 1945-1980, ni de laisser un capitalisme autochtone non occidental se développer, ni qu’il parvienne à s’autoréguler pour devenir « vert », ou « éthique », ne serait ce que parce qu’il soumet la science et la culture à des intérêts sordides et court-termistes, et n’a donc aucun moyen objectif de déterminer ce qui est réellement bon pour l’environnement, ou pour l’être humain.

Ces utopies sont destinées à le rester, parce que le capitalisme n’est pas une abstraction, il est fait de chair et de sang, et à ce titre il est indissociable de l’empire d’un Occident en voie d’intégration politique (malgré quelques péripéties, comme par exemple la présidence Trump). Cet empire se développe sous le règne d’une nouvelle oligarchie à l’idéologie mondialiste portée par une classe dirigeante anglophone internationale qui a fait son temps mais qui ne veut pas lâcher l’affaire. A part l’idéologie, sa puissance résiduelle est fondée exclusivement sur la force militaire considérable qu’il conserve encore pour quelques temps.

Une opposition au capitalisme va donc apparaître objectivement dans les forces qui luttent contre l’hégémonie occidentale, d’abord dans les appareils d’État dits « émergents » et notamment en Chine.

Dans les métropoles, c’est dans la classe ouvrière nombreuse et multiforme des économies de service qu’apparaîtra la force politique qui mettra le capitalisme en cage. Prolétaires de services, mais indispensables et incontournables pour le fonctionnement matériel de la société. Quoiqu’il en soit de la forme précise qu’elle prendra, cette force périphérique « encerclera les villes par les campagnes », comme le préconisait Mao, et elle surgira par surprise en contournant les lignes de défenses et les digues idéologiques qui nous bloquent depuis deux générations.

En ce sens des mouvements comme le M5S en Italie ou les Gilets Jaunes en France préfigurent cette surprise stratégique et cette reconfiguration politique radicale. Il faut aussi constater que l’expérience de leur déclin accéléré montre que ces formations sont vouées à jouer un rôle de catalyseur éphémère et à disparaître très vite avec le renouvellement de conditions politiques, avec le retour de la guerre de mouvement entre le capital et le travail.

Un danger existentiel croissant, perçu comme provenant exclusivement de l’extérieur, explique le tournant autoritaire et répressif de l’Occident. La montée de la puissance chinoise annonçant la fin de la division post-colombienne du monde, cinq fois séculaire, entre un Occident dominateur, et tous les autres, est ressentie comme une agression barbare par la classe dirigeante de notre ordre finissant.

L’intérêt de la classe ouvrière métropolitaine occidentale coïncide avec l’intérêt national chinois. La promotion de la Chine au titre de puissance dominante en termes économiques signifie d’abord la fin de son rôle de pays atelier, concurrençant l’emploi ouvrier chez nous. Elle signifie la mise en pratique d’un nouveau modèle de développement où les besoins réels sont davantage pris en compte que par le spectacle marchand produit dans les métropoles du premier monde, San Francisco, Los Angeles, New York, Londres et Paris. Elle signifie enfin la ruine des projets bellicistes de domination mondiale sous prétexte de civilisation et du colonialisme vendu sous la marque des droits de l’homme.

L’intérêt de la classe ouvrière coïncide également avec la préservation du milieu favorable à la survie de l’humanité à long terme, en relocalisant la production industrielle, en l’orientant vers la satisfactions des besoins réels rationnellement calculés du plus grand nombre, et en réorientant la recherche et le progrès technique sous le contrôle d’un État dirigé par le parti qui représente les classes du travail, et non de monopoles capitalistes prédateurs de dimension mondiale.

La classe ouvrière veut des emplois solides, bien rémunérés, valorisants, situés près de chez elle et la sécurité sociale au sens large (logement, alimentation compris) et non la précarité, le nomadisme, la guerre et la dévastation de la planète que lui propose le capital ! Elle veut le développement, la paix et la prospérité pour une longue durée, et cette aspiration coïncide avec les objectifs économiques et géopolitiques de la Chine.

La Chine n’entretient pas de relations privilégiées avec une Internationale ou avec des partis étrangers qui lui seraient a priori favorable. Soutenir la Chine sur le plan international ne signifie pas en espérer une aide politique, mais lutter concrètement contre les tendances à la guerre contre ce pays qui se développent chez nous. La diabolisation de l’image du grand pays d’Asie, et de son allié russe ne sont en effet rien autre chose qu’une préparation psychologique de masse à un conflit majeur avec eux.

La grande cause des forces populaires des métropoles est de rendre impossible cette guerre de reconquête du monde par l’Occident impérialiste, sous quelque forme nouvelle qu’elle prenne.

La Chine pratique le multilatéralisme, et ne cherche pas à imposer chez ses partenaires internationaux un système économique ou social décalqué sur le sien. Mais du simple fait qu’elle tienne tête aux partisans du millénaire occidental, et qu’elle fasse mieux qu’eux au niveau économique, la rend déterminante de l’alternative politique concrète de l’heure. Son accession au rang de première puissance mondiale libère le monde de l’emprise occidentale-américaine, et rend possible la proposition aux masses en France, et dans le monde, d’une véritable alternative politique : le socialisme.

La Chine se présente au monde comme un État socialiste et il faut prendre cette revendication au sérieux. Le socialisme de marché n’est pas un oxymore économique, il signifie l’articulation de ces deux modes de production historiques qui se chevauchent dans le temps, ce qui est conforme à l’expérience concrète de toutes les transitions historiques. Pendant cette période de chevauchement dont on ne peut pas facilement prévoir la durée, une lutte de ligne permanente y opposera les tenants du socialisme à ceux du retour en arrière.

Le socialisme renaît en Chine non par une volonté idéologique mais par la force des choses, comme le prévoyait Marx, par la dialectique des forces productives et des rapports de production, et dans cette conjoncture historique précise, par une conséquence nécessaire et inévitable de l’agressivité d’un capitalisme mondialisé qui reste imbriqué avec les intérêts nationaux des impérialistes (États-Unis, Royaume-Uni, France, UE sous domination allemande). L’hégémonie ne se partage pas.

Le socialisme redevient ainsi par une formidable ruse dialectique un modèle concret, ce qui ne s’était pas vu depuis que l’expérience soviétique a été enrayée par les effets conjugués de la guerre hitlérienne et de la Guerre froide américaine.

Ce modèle a montré sa puissance et son bien-fondé en cette année 2020 dans la lutte contre la pandémie, en Chine, au Viet Nam, et à Cuba. A nous de le revendiquer résolument, en l’adaptant aux réalités nationales, et de le proposer à tous.

GQ, 27 octobre 2020, relu le 31 juillet 2021

 

mercredi 4 août 2021

Le ministère chinois des Affaires étrangères répond à la déclaration de la France sur la non-reconnaissance des vaccins russes et chinois contre le coronavirus

Quand on laisse le débat s’organiser sur les thèmes de l’extrême droite comme le font les médias français et la rumeur des réseaux sociaux il ne peut qu’être imbécile et cela fait des mois que cela dure, avec tous les avatars que l’on connait : le débat sur les méfaits de la Chine, ceux sur le masque ou non, la potion magique de Raoult, et maintenant vaccin ou non vaccin comme symbole de liberté voir de drapeau de la colère des soignants… Pourtant outre la politique menée contre l’hôpital public il y aurait bien des questions importantes que l’on a jamais laissé se poser,malgré quelques tentatives méritoires, celle du monopole des vaccins sélectionnés par l’UE qui accorde aux laboratoires privés le droit de dicter des prix de monopole et interdit aux vaccinés par d’autres vaccins tout aussi crédibles les droits du “passe”. Le débat pourtant fondamental vu les variations du vaccin sur le caractère universel et gratuit de la vaccination est interdit par ce monopole criminel. C’est ce que dit le ministre chinois à la France (note de danielle Bleitrach, traduction d’Andrei Dutslev)

Le ministère a déclaré que ces questions ne devaient pas faire l’objet d’une ingérence politique.

Wang Wenbin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères

© Artem Ivanov/TASS

https://tass.ru/mezhdunarodnaya-panorama/11863983

BEIJING, le 9 juillet. /TASS/. Les autorités chinoises jugent inacceptable la déclaration du secrétaire d’État du ministère français des Affaires étrangères, Clément Beaune, sur la non-reconnaissance des vaccins contre le coronavirus développés et produits en Chine et en Russie. C’est ce qu’a déclaré vendredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

“Nous sommes fermement opposés à la politisation des questions liées aux vaccins”, a-t-il déclaré lors d’un briefing régulier, en réponse à une question de TASS. – Ces questions ne doivent pas faire l’objet d’une ingérence politique et ne doivent pas non plus être utilisées à des fins de fabrication politique.”

Le porte-parole a précisé que face à une pandémie, les pays du monde doivent faire preuve de solidarité et ne pas semer la discorde et renforcer les contradictions. “En ce qui concerne la reconnaissance des vaccins, ces questions devraient être traitées par les agences en charge des produits pharmaceutiques”, a ajouté Wang Wenbin.

Beaune a déclaré jeudi que les pays de l’UE ne devraient pas reconnaître les médicaments immunobiologiques créés en Russie et en Chine pour le coronavirus. “Faites attention à dire non à ces vaccins”, a-t-il souligné.

 

Douce France, pass sanitaire: enfermés dehors ?

Publié le par Boyer Jakline  Blog Bordeaux Moscou

Le pays de Pasteur met des vaccins américains dans des fioles

Le pays de Pasteur met des vaccins américains dans des fioles

Il y a la France qui écoute le président et se plie à  ses ordres et  contre-ordres, sorte de Jacques a dit...

Il y a la France qui ne décolère pas. Toujours les mêmes et pour cause : leur vie ne s’améliore pas, au contraire se dégrade et ce sont eux qui paient le plus lourd tribut à la pandémie : nombre de morts dans la première phase, printemps 2020, les moins vaccinés aujourd'hui,  car l’accès au vaccin est inégalement réparti... comme le reste,  service public hospitalier,  écoles,  postes de police  etc... De nombreux analystes soulignent désormais le parallèle entre les inégalités sociales et les inégalités devant la pandémie et la politique sanitaire. 

Et puis,  il y a les inquiets sur la nature du vaccin et les antivax par principe. 

Tout ce petit monde se retrouve massivement,  très massivement dans la rue en plein été pour refuser le pass sanitaire sorti du chapeau présidentiel un 12 juillet. 160.000 personnes disent sans rire les médias,  tous  évidemment.  C'est le ministère de l’intérieur qui communique.  À  la  louche... 160.000. 200.000 au 31 juillet, 204000 s’amuse le ministre de l'intérieur... La construction permanente d’une autre réalité. Jusqu'à ce qu’elle soit démontée par la réalité vraie,  forcément violemment en réponse à la violence du mensonge permanent. 

Les quasiment 10.000 à  Bordeaux viennent démentir dé- mentir. Miracle de la langue française.

Entre 5000 et 10.000 le 31 juillet,  chiffres de la Préfecture. Foule diverse, calme. Plus de banderoles habituelles des cortèges : santé publique,  chômage.  Et soudain,  entre 2 Marseillaise,  sort,  massif le " tous ensemble" bien connu. Visiblement, la mouvance " de gauche" s’est préparée.

Je m’inscris en faux contre une lecture raciste, obscurantiste, d’extrême droite de ces manifestants.  Il y en a. Mais  très très  minoritaires. C’est faire un sacré cadeau  aux "Patriotes" que de leur attribuer tous ces gens dans la rue ! Et pour que le " cadeau" se poursuive, ils ne quittent pas les plateaux télé, après un traitement de faveur,  sans intervention brutale de la police à Paris. ( Voir la place de la Bastille, pour comparer...).

Or, s’il fallait tenter de les identifier politiquement  je dirais qu'il y a là  beaucoup d’abstentionnistes qui ne voient plus que la rue pour exister politiquement. 

Notre société est dans un état de confusion total. Difficile de ne pas penser que nous, à gauche,  récoltons aussi ce que nous avons semé.

Macron par ses décisions entretient et nourrit la confusion.  "En même temps"sous perfusion... . Car tout de même,  le coup de massue du 12 juillet,  quelle est son utilité pour lutter contre la propagation du virus puisque c’est l’objectif annoncé ?

 La totalité de la population est pour vaincre le virus.

Quand le premier ministre déclare que Pasteur doit se retourner dans sa tombe,  il a raison.  Mais pas pour les raisons qu’il invoque : la soi-disant victoire de l’obscurantisme. (1français sur 2 deja vacciné au 27 juillet). Mais bien plutôt car "le pays de Pasteur" met en flacon les vaccins des autres et n’a pas été capable d’en produire un... Que bien des citoyens attendaient et attendent...

Tel est le but annoncé, et tant pis si pendant des mois, il a été déclaré qu'il n’y aurait pas de pass sanitaire. Et tant pis,  si en fin de déclaration,  il annonce  la mise en place de la réforme de l’assurance chômage  au 1er octobre. Réforme suspendue par le Conseil Constitutionnel,  ce qui le président tout puissant a très mal vécu. Tant pis s’il reparle de la réforme des retraites....

Vous trouverez en lien la loi du 31 mai dernier qui fixe un cadre juridique déjà contraignant.  Quel besoin y avait il de venir prendre à la gorge ? Toujours seul, pouvoir exorbitant que ne supportent plus bien des manifestants et d’autres.

"Enfermés dehors " cette magnifique métaphore dit bien la réalité de la vie de millions de concitoyens. C’est ceux-là d’abord que les nouvelles dispositions vont frapper. 

Au lieu  d’organiser très concrètement sur le terrain la vaccination : on sait qu’une très grande majorité sont pour cette vaccination.  On sait également où elle ne progresse pas, non par défiance idéologique mais par difficultés diverses d’accès. C'est à l’état, au  ministère de la santé  d’organiser au plus près, en mobilisant les médecins généralistes, appui essentiel pour une politique de santé publique.  Or, on se souvient qu'ils furent écartés dès les premières mesures gouvernementales au printemps 2020. Ce qui a pour moi immédiatement disqualifié les mesures préconisées et n’ont pas manqué de m’interroger sur les objectifs réels recherchés.

Au passage, notons que c'est une marque de fabrique : réforme du lycée et du bac sans les enseignants,  voire contre eux, lutte contre le virus sans les médecins...Faut le faire...

Une fois de plus,  Macron et Véran préfèrent manier le gourdin.

Au 27 juillet plus de 50% de la population est vaccinée. Ce n’est pas un record européen.  Angela Merkel s’est prononcée contre le pass sanitaire.  L’ Angleterre à retrouvé une vie quasi normale.  Et s’adaptera... si nécessaire. Chez nous,  le gourdin. Les politiques d’austérité à l’hôpital public se poursuivent : de nombreux petits hôpitaux ferment des services entiers par manque de personnel. Et ce n'est pas nouveau. 

Couvre-feu,  confinement dans certains départements d’Outre-mer : un cauchemar qui recommence. 

Auquel s’ajouterait la possibilité de licencier. 

Un virus toujours présent,  des mesures qui ciblent des populations plutôt que le virus... Bref, un cauchemar. Et je ne parle même pas des dispositifs envisagés pour les collégiens et lycéens. Ou vers une éducation NON nationale !

En lien,  la loi du 31 mai dernier. 

Le reportage diffusé sur Arte, remarquable. 

 

 

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L'Orient rouge : Chine, Viêt Nam et Asie du Sud-Est

Les marchés financiers chinois supportent mal la nouvelle politique gouvernementale de mise sous tutelle de secteurs entiers de l'économie chinoise. Le gouvernement chinois a décidé de fait passer le socialisme avant les intérêts des actionnaires.
La Chine engage une prise de contrôle des entreprises, des technologies et de l'immobilier, une rupture avec l'ancienne ligne politique issue de l'ère initiée par Deng Xiaoping il y a plus de 40 ans.


Article et traduction Nico Maury



Le Parti communiste reprend le contrôle des secteurs de la technologie, de l'éducation et de l'immobilier pour agir contre les effets néfastes du capitalisme sur les gens ordinaires et réorienter ces entreprises pour le bénéfice de ces derniers. Le nouveau modèle économique place désormais la prospérité commune avant la croissance tout azimut. L'état s'attaque de manière agressive aux activités des spéculateurs.

"Le spectre d'une intervention de l'État dans le contrôle du secteur privé a créé une panique", selon les analystes de la banque d'investissement Jefferies dans une note. "Les autorités tentent de réduire les inégalités sociales tout en réprimant les hausses de prix excessives qui dégradent le coût de la vie."

Zhaopeng Xing, stratège principal chez ANZ, explique que c'est une volonté politique de renforcer les racines du Parti. "Ces politiques annoncées lors du centenaire du PCC envoient le message que la Chine n'est pas un pays capitaliste, mais qu'il embrasse le socialisme."

Les coûts du logement, des soins médicaux et de l'éducation sont les "trois grandes montagnes" qui étouffant les familles chinoises explique Yuan Yuwei, gestionnaire de fonds chez Olympus Hedge Fund Investments. "C'est la réforme la plus énergique que j'ai vue depuis de nombreuses années, et la plus populaire" déclare Yuan. "Cela profite aux masses au détriment des groupes les plus riches et les élites."

Le Parti communiste est déterminé à mettre l' accent sur ses racines socialistes et d'agir sur les problèmes sociaux dans les centres capitalistes comme à Hong Kong.

L'ancienne ère est terminée et une nouvelle ère a commencé en Chine.