vendredi 30 juin 2023

 

 

 SUR LES CONCEPTS MARXISTES

Post publié par Danielle BLEITRACH sur son blog Histoire et Société

je vais tenter une référence inhabituelle aux concepts marxistes non pas pour jouer les pédants mais au contraire pour tenter de voir en quoi ils nous aident à construire un raisonnement et comme je vais simplifier à l’extrême, certains pourront me le reprocher, dites vous bien que je privilégie la pédagogie et que si vous relisiez Politzer ce serait mieux.

Les concepts marxistes ont ceci de particulier qu’ils ne peuvent être isolés les uns des autres il faut non seulement les penser ensemble mais dans leur mouvement, leur dialectique et ceci justement parce qu’ils sont aussi concrets, pratiques et donc sont confrontés à la complexité et au mouvement de ce qui nous entoure.Ces concepts sont bien sur rapports de production, forces productives qui définissent un mode de production, mais ceux ci doivent être analysés à travers la Totalité, la médiation,essence, processus, sauts qualitatifs si on veut comprendre leur mise en mouvement et ce que l’on peut considérer comme les catégories d’un savoir dialectique face au réel historique.

Ainsi Franck et moi nous avons dit que la Chine communiste était la seule non pas seulement à avoir choisi le progrès (Cuba et d’autres dans des conditions terribles ont fait le même choix, mais ils ont tout au plus réussi à limiter les dégâts ce qui est un exploit) mais d’être en mesure de l’imposer. Mais qu’est-ce que le progrès pour un marxiste, ce n’est pas la même chose que pour un positiviste.pour le marxiste c’est l’anticipation du développement de la totalité historique, c’est un savoir de classe qui ne peut se mettre en oeuvre qu’en cherchant le point de liberté ouvert à la transformation pour la classe sociale. Si l’on abandonne la totalité et le processus on va vers la fragmentation actuelle des sciences humaines qui prétendent singer les sciences de la nature alors même que celles-ci dénoncent leur fragmentation. Sur le plan politique, on retourne au meilleur des cas à une critique “républicaine” (en philosophie kantienne) et au pire à des nihilismes suspects. C’est dans ce mode de pensée que nous sommes pris et le fait qu’il n’existe plus de forces politiques se référant au marxisme ne cesse de nous enfermer dans des débats qui crée des divisions entre ceux qui devraient être unis.

L’expérience est d’autant plus aisée à faire que nous y sommes désormais confrontés tous les jours face par exemple ce qui s’est passé à Nanterre: si vous n’adoptez pas un point de vue marxiste, celui de classe vers “le progrès” vous êtes incapables de penser les contradictions, le monde est dispersé, fragmenté et ces contradictions opèrent un retour sur le terrain moral dont le fondement est formel ou on accepte un point de vue desenchanté sur le “progrès possible” qui est la pluralité des choix de valeur possible, mais sans déboucher sur aucune transformation pour et par le prolétariat.

Pour Marx, le progrès à un but “la liberté humaine” (la référence à Hegel est manifeste). La liberté humaine est donc cette anticipation du développement conscient et dans le même temps objectif qui réside dans la relation que les êtres humains entretiennent avec la nature, et ce faisant leur propre nature. Le progrès qui était celui des positivistes et du XIX e siècle consistait à croire qu’il suffisait de développer les sciences et les techniques pour vaincre la plupart des antiques maledictions qu’affrontait l’être humain. D’où le choc de ses résultats, l’exploitation des enfants, le colonialisme et cerise sur le gâteau l’extermination nazie chez qui l’assassinat prend des allures d’usine sans paraitre directement lié au profit. A cela Marx propose justement une lutte consciente, effectivement si la classe bourgeoise qui a accompli un travail d’émancipation non seulement n’a pas intérêt à se connaitre mais n’existe que dans l’hypocrisie de ses buts, la marchandisation et l’exaltation de la liberté qu’elle apporte, la classe ouvrière, le prolétariat doit impérativement se connaître en tant que classe pour s’organiser et accomplir un autre travail sur la nature et sa propre nature (d’où la nécessité d’un parti). Mais Marx partage certains aspects de la foi en l’industrialisation, à la fois parce qu’elle crée les conditions de la collectivisation, donc de l’organisation et de la conscience, mais sans les illusions, il faut la lutte.

D’où la question d’Adorno, de Walter Benjamin et tant d’autres: comment se fait-il que quand l’être humain est proche d’atteindre l’émancipation par rapport au travail conçu comme une torture au lieu de déboucher sur la liberté il débouche sur la pire des barbaries. Même constat à propos de l’Etat dans lequel Hegel voyait la rationnalité de la pensée humaine et qui devient facteur de domination et d’aliénation? Si Adorno s’interroge sur le “sujet” produit par la pensée occidentale et y compris par les Lumières et reste sur la séparation entre le maitre et l’esclave ou sur les conditions de la “conscience”, non pas d’un point de vue moral mais bien de celui des rapports sociaux, commence à se faire jour une identification (le terme de totalitaire en sera la taduction propagandiste) entre le nazis et le socialisme. Cela passe pas la négation de la dimension de classe et on passe donc d’une analyse en terme de classes sociales à ce que Marx détestait le plus un espèce de moralisme qui aboutit toujours au constat : ce qui est n’est pas bon mais le reste est pire.

nous sommes en plein moralisme et là les bourgeois nous battent de cent coudées, c’est pourquoi je considère que le 39 e congrès est exactement ce qui n’aurait pas dû être fait.

Donc vous voyez que quand Franck et moi, et bien d’autres dans ce blog nous constatons que les Chinois sont les seuls non pas à proposer “les jours heureux”, mais à inviter à une tout autre totalité historique qui privilégierait les coopérations sur les concurrences, il ne s’agit pas d’une “utopie” mais bien d’une autre articulation de la relation forces productives rapports de production, la médiation en reste le parti et l’Etat avec sa planification et ses modes de contrôle, nous assistons à un saut qualitatif dont la guerre en Ukraine fait partie.

Tout cela pour vous dire que je ferais une petite remarque au texte très clair de Franck : d’accord sur tout mais je crois que nous ne pourrons avoir une pensée marxiste que quand à la description des obstacles ce que fait excellement la bourgeoisie nous saurons montrer les potentialités, non pas parce qu’il faut être “optimiste” à tous prix mais parce que nous sommes réellement aujourd’hui dans une telle situation et parce qu’être dans les aspects concrets de la totalité historique en train de se constituer c’est les mettre en évidence.

lundi 26 juin 2023


La France, ses “élites” politico-médiatiques, la gauche, le PCF sont-ils devenus incapables d’une analyse d’une situation complexe ? par Danielle Bleitrach …

Nous avons avec cet interview d’Emmanuel Todd, une caricature de ce que le débat politique est devenu en France. Ce que dit Emmanuel Todd mérite au moins d’être entendu. En gros, c’est parce que la Russie est en position de force sur le terrain que cet épisode intervient. Poutine sait depuis longtemps qu’il va devoir faire face à ce que mettent en place les Etats-Unis et l’OTAN, mais il a tout fait pour l’éviter et pour limiter les engagements. Et l’appel à Wagner fait partie de cet engagement limité pour éviter la guerre et rester dans l’opération spéciale. Sur ce point, il a raison et tous les délirants anti-Poutine de gauche et au sein du PCF n’ont pas compris ou on feint de ne pas comprendre que Poutine avait été contraint et forcé d’agir et avait toujours tenté de limiter la portée de l’opération. Ils ont préféré un narratif de guignol avec un “méchant” à l’article de la mort, terré dans sa cachette pour faire le mal inscrit dans sa nature russe perverse. Notez à quel point ce journaliste en est devenu totalement idiot, incapable d’entendre ce qu’on lui dit. Il est occupé à gorger son public de ses stéréotypes, ceux d’un terrible consensus qui domine la société française et qui conduit à la guerre et au fascisme avec hélas là une évidence incontournable. Au moins Marianne et moi, et quelques intervenants dans ce blog nous tentons jour après jour depuis près d’une décennie de briser ce consensus mortifère et nous le faisons en général en reprenant les positions du KPRF, et en les confrontant à d’autres informations, venues d’autres pays, en particulier des USA. Ziouganov tient un certain cap sans aventurisme ni soumission, comme d’ailleurs la Chine dont il est proche. Voilà en gros ce que nous pensons de la crise solutionnée mais aussi de ses prolongements :

illustration: artstreet dans le Donbass (“les héros d’hier et ceux d’aujourd’hui”)

Le KPRF et Ziouganov, comme l’immense majorité du peuple russe fait bloc derrière son armée parce que depuis des années, bien avant l’opération spéciale, les USA, l’OTAN, les communistes russes ont un leitmotiv, ils analysent la manière dont l’impérialisme veut agir contre la fédération de Russie comme ils ont agi face à l’URSS et face à l’Ukraine. Poutine a longtemps espéré être admis au sein des pays impérialistes, mais il a été repoussé et grugé y compris par l’Allemagne de Merkel avec qui il croyait avoir un terrain d’entente. Les communistes russes que personne surtout pas les communistes français, la gauche, déclarent qu’ils en ont assez d’affronter pour l’Europe ingrate les nazis et tous les périls, avec la guerre contre le Donbass et le sud de l’Ukraine, fomentée par l’occident, les USA mais aussi avec la complicité de la France, de la Pologne et de l’Allemagne, il y a eu 15000 morts, des populations civiles attaquées, depuis des années ils organisent des convois d’aide dans le Donbass, où les chefs communistes sont systématiquement exécutés par des attentats suspects d’unir l’OTAN, les nazis ukrainiens et quelques nationalistes locaux. Les communistes parlent d’une “cinquième colonne” qui organise même à l’intérieur de la Russie des cellules dormantes fascistes et qui ont des complices dans le parti au pouvoir. Ils en appellent au réveil des peuples européens en particulier. Qui a jamais publié leur appel sinon quelques individus censurés comme nous ? est-ce qu’il ne méritait pas débat autant sinon plus que toutes les stupidités qui sont déversées tous les jours sur nos ondes, dans notre presse et que contredisent les FAITS, comme ce que nous avons vécu en matière d’intervention impérialiste depuis plus de cinquante ans ?

Donc l’adhésion à la résistance face à cette agression qui crée dans toute l’Europe la guerre civile et voudrait la porter en Russie nécessite selon les Russes une mobilisation populaire avec une tout autre politique que celle d’un pouvoir capitaliste comme celui de la Russie. Donc le soutien n’empêche pas Ziouganov de dire aussi ce qui le différencie du parti au pouvoir et de sa cinquème colonne d’oligarques. le parti communiste russe au contraire ne cesse de mettre en garde “le commandant” forcé malgré lui d’affronter l’OTAN et d’affirmer qu’il ne pourra pas éviter cet affrontement. Ziouganov tout en soutenant l’opération ne cesse d’affirmer qu’il faut passer à l’offensive et que la seule protection face à l’oTAN dépend des peuples russes et ukrainiens dans leur aspiration au socialisme.

Marianne et moi avons soutenu ce point de vue et face à toutes les interprétations de ces dernières 24 heures, nous avons également refusé de considérer qu’il s’agissait d’un événement sans importance (certains allant même jusqu’à inventer une manœuvre concertée entre le chef rebelle de Wagner et Poutine) mais sans pour autant rentrer dans les délires occidentaux qui prennent leurs rêves pour des réalités y compris dans les pro-Otan de la gauche et du PCF. Nous sommes confrontées, comme le malheureux Emmanuel Todd dans cet interview, à une incapacité à penser une situation complexe.

Donc nous ne sommes pas d’accord avec tout ce que dit Todd mais il met l’accent sur un fait très important et qui commence à venir à la conscience des gens qui ont un minimum de sens politique. Derrière Poutine, il y a comme dans la plupart des nations et pays, une situation qui murit et dont a parfaitement conscience la Chine. Poutine est un conservateur patriote mais un conservateur, qui n’a pas pu s’empêcher dans son discours d’égratigner les communistes russes en comparant la situation à la manière dont les bolchéviques avaient poignardé le tsar dans la guerre. Il l’avait d’ailleurs fait en inaugurant l’opération spéciale en dénonçant le rôle de Lénine dans la création de l’Ukraine.

Est-ce un message envoyé à l’occident ?

Ce que la Chine dit mérite d’être pris en considération à savoir que c’est une affaire interne de la Russie, dans laquelle Poutine prouve ses capacités à empêcher la guerre civile et à organiser la victoire sur le terrain ukrainien. Mais il est évident que si cette rébellion matée en 24 heures est plutôt la preuve de la capacité de Poutine à mettre sous contrôle, rien n’est terminé. Pas plus d’ailleurs en Russie qu’aux Etats-Unis ou dans toute l’Europe. Pourtant, au vu de la déstabilisation générale d’une telle situation cela va peut-être aider à accélérer la négociation.

Ziouganov a une pensée assez proche des dirigeants chinois alors que l’analyse d’Emmanuel Todd reste marquée par une méfiance à l’égard de la Chine et un certain souverainisme. Cela dit il est incontestablement plus apte à comprendre que dans cette affaire Poutine se place en garant de la stabilité de la Russie et en fait la démonstration, ce que perçoit le monde dont c’est loin d’être le problème principal. Nous analysons par ailleurs la question de la dé-dollarisation qui est encore plus au cœur des bouleversements géopolitiques. Poutine y est confronté comme d’autres à cause des sanctions, du coût de sa défense comme l’ensemble de la planète, et en particulier les pays du sud. Dans le même temps comme la plupart des forces conservatrices souverainistes, il se présente en ultime rempart contre la révolte des peuples qui se trame sous le passage au multipolaire provoqué par l’incapacité des Etats-Unis à assurer la stabilité ne serait-ce que par ce qu’est devenu le dollar, leur hégémonie militaire.

Malheureusement je pense que l’état de la société française, de ses forces de gauche et du PCF est arrivé à un tel état d’asphyxie intellectuelle dont témoigne ce journaliste incapable d’entendre ce qu’on lui dit, ne laissant même pas parler son interlocuteur en brouillant ses propos de remarques imbéciles.

Je suis partagée entre l’idée que l’on ne peut pas déserter et tenter d’apporter des faits et des éléments de réflexion à notre malheureux peuple français et l’envie de tout lâcher tant on ne peut qu’avoir conscience de l’inutilité d’une telle démarche menée à notre niveau, chaque jour, nous continuons en nous demandant jusqu’à quand, mais ne comptez pas sur nous pour flatter en quoi que ce soit l’irresponsabilité générale dans un mépris du travail accompli dans ce blog depuis maintenant une décennie.

Danielle Bleitrach

samedi 24 juin 2023

 

L’Afrique et la Russie ont donné une leçon à Macron, par Gevorg Mirzayan

Encore une “appréciation” de l’attitude de Macron par cet auteur russe que nous citons souvent pour ses analyses pertinentes et qui reflètent souvent un point de vue “officiel”. (note de DB traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/world/2023/6/23/1217819.html

Le ministère sud-africain des affaires étrangères promet de coordonner l’éventuelle participation de M. Macron au sommet des BRICS avec la Russie.

23 juin 2023, 08:10
Photo : LUDOVIC MARIN/EPA/TASS
Texte : Gevorg Mirzayan, professeur associé à l’Université des finances

“Pour la France, cela a toutes les allures d’une humiliation”. C’est ainsi que les analystes politiques ont évalué la réaction de l’Afrique du Sud à la déclaration catégorique de la Russie : Moscou ne veut pas de Macron au prochain sommet des BRICS en Afrique du Sud. Pretoria a clairement indiqué qu’elle se conformerait au souhait de Moscou, et le président français, qui avait demandé cette visite, a reçu une gifle politique.

Le sommet des BRICS prévu pour le mois d’août a soudain connu une deuxième intrigue liée à la liste des participants. Alors que les experts s’interrogeaient auparavant sur la présence du président russe Vladimir Poutine (qui, rappelons-le, n’a pas participé au sommet du G20 en Indonésie en novembre 2022), ils ont commencé à parier sur la venue du président français Emmanuel Macron.

Il y a quelques jours encore, certains médias français ont laissé filtrer des informations à ce sujet : ils ont assuré que M. Macron demandait pratiquement à assister au sommet en Afrique du Sud. Cette information a ensuite été officiellement confirmée.

La ministre française des affaires étrangères, Catherine Colonna, a déclaré que le dirigeant français souhaitait participer au sommet et qu’il attendait maintenant une invitation officielle de l’Afrique du Sud. La logique de M. Macron est claire : il souhaite atteindre un certain nombre d’objectifs lors du sommet.

Il veut notamment améliorer son image en Europe en devenant un médiateur entre le Sud global et l’Occident collectif (puisqu’il n’a pas réussi à le faire en jouant le rôle de médiateur entre l’Occident et la Russie). “À aucun moment des représentants de haut rang du G7 n’ont assisté à un sommet des BRICS”, rappelle à VZGLYAD l’experte du RIAC (Conseil russe des affaires internationales) et politologue internationale Elena Souponina.

Macron veut également essayer d’entraîner les dirigeants du Sud dans une campagne antirusse et renforcer la position de la France dans les anciennes colonies. “L’objectif principal est de creuser un fossé entre la Russie, la Chine et les autres pays du BRICS. Un objectif secondaire est de faire un pas vers la reconquête de l’influence de la France en Afrique, qui a décliné ces dernières années”, a déclaré Vadim Troukhachev, professeur associé à l’Université humanitaire d’État de Russie, au journal VZGLYAD.

“Macron essaie toujours de trouver quelques opportunités pour rehausser son prestige, y compris aux yeux des partenaires américains. Il est possible qu’il veuille même présenter la possibilité de participer au sommet des BRICS comme un élément de médiation dans le conflit ukrainien”, explique Elena Souponina.

Jusqu’à présent, cependant, il n’y a pas eu d’invitation officielle de la part de l’Afrique du Sud. En outre, l’un des pays des BRICS s’est explicitement opposé à la présence de M. Macron au sommet. Au niveau le plus officiel. Et ce pays est la Russie. Un événement sans précédent.

“Nous avons envoyé un message selon lequel, tout en respectant les prérogatives du pays hôte d’inviter certains invités, il faut se baser sur le fait que les BRICS sont une association d’États qui rejettent par principe les sanctions unilatérales comme méthode pour atteindre des objectifs de politique étrangère.

Et il est clair que, dans ces conditions, la venue de représentants de l’Occident collectif est tout simplement inappropriée”, a expliqué le vice-ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Ryabkov. – Il est évident que le dirigeant d’un État qui mène une politique aussi hostile et inacceptable pour nous, qui est si convaincu que la Russie devrait être activement isolée sur le plan international et qui partage la même ligne de conduite visant à nous infliger une soi-disant défaite stratégique, n’a pas sa place en tant qu’invité des BRICS.

Le fait est que les intérêts du dirigeant français, qui l’ont incité à demander à participer au forum, sont en conflit avec ceux de la Russie. Moscou n’a pas besoin que Macron vienne au sommet des BRICS pour tenter de séduire le Sud. Pour se donner des airs. Pour qu’il brouille l’agenda constructif des pays en développement avec les récits occidentaux qui incluent les droits de l’homme et les récits de l’agression russe en Ukraine. Il n’est donc pas surprenant que Moscou s’oppose à la participation de M. Macron.

La ministre sud-africaine des affaires étrangères, Naledi Pandor, a bien sûr déclaré que la présence éventuelle de M. Macron serait “un nouveau mot dans le modèle de participation des BRICS” et qu’elle “élargirait la portée mondiale du forum”. Toutefois, elle a finalement ajouté que la décision serait prise personnellement par le président du pays, Cyril Ramaphosa.

Il peut sembler que Ramaphosa n’a aucune raison de rejeter Macron. D’abord, en raison du fameux “rayonnement mondial” qui rehausse le statut de l’Afrique du Sud. Deuxièmement, par réticence à donner à l’Occident une gifle d’image retentissante.

“Il faut comprendre que la plupart des pays membres des BRICS, y compris la Chine, ne considèrent pas cette association comme strictement anti-occidentale. Ils souhaitent poursuivre leurs contacts avec l’Occident et cherchent aujourd’hui les moyens les plus pratiques d’une telle interaction”, explique Elena Souponina.

Néanmoins, le 22 juin, le ministère sud-africain des Affaires étrangères a clairement indiqué que l’opinion de Moscou pour Pretoria comptait davantage que les desiderata de Paris.

“Tous les principaux formats en marge du sommet font l’objet d’une consultation avec les autres membres des BRICS, et l’Afrique du Sud suivra la tradition de l’association. Cette approche sera également utilisée si des dirigeants non membres des BRICS expriment en privé leur souhait de venir et de participer aux événements du sommet à Johannesburg en août”, a déclaré le ministère sud-africain des affaires étrangères.

Traduction diplomatique : le voyage de Macron au sommet avec la Russie a été refusé, et de manière tout à fait explicite.

“La décision de l’Afrique du Sud de se concerter sur l’admission de Macron avec les autres participants des BRICS signifie que Macron ne sera pas invité, confirme Vadim Troukhachev. – Il a reçu une leçon de savoir-vivre : ne pas s’immiscer là où l’on n’est pas le bienvenu. Pour la France, en perte de vitesse en Afrique, c’est une humiliation.

L’opinion des autres participants des BRICS a dû compter aussi. En particulier, Pékin n’était pas non plus très enthousiaste à l’idée de voir Macron à la réunion. “La Chine se considère comme le leader des BRICS. De plus, elle est devenue un partenaire clé pour presque toute l’Afrique, et Macron essaie explicitement de l’évincer”, rappelle Vadim Troukhachev.

Ainsi, l’un des pays de l’Occident collectif, qui a tenté dernièrement d'”isoler la Russie”, s’est soudainement retrouvé isolé lui-même. Et qui plus est, de la part d’une structure qui est désormais perçue comme l’organisation internationale la plus prometteuse, et pour laquelle une véritable file d’attente s’est formée. En vérité, le monde change sous nos yeux et l’Occident perd à la fois son autorité morale et son influence politique. Le fait que Macron ait été refusé d’accès au sommet des BRICS en témoigne.

L’échec de la “contre-attaque” ukrainienne a plongé la France dans la confusion mentale, par Valeria Verbinina

L’attitude non pas de la “France” mais de Macron est ici démontée dans toute sa vanité impuissante et hypocrite, ce jeu de poker menteur qui atteint la confusion mentale, celle qui règne dans nos médias et dont paraissent imprégnés nos “élites” politico-médiatiques qui feignent de ne pas savoir qui depuis le début, le coup d’Etat, le refus d’appliquer les accords de Minsk, le torpillage des négociations y compris de la signature d’un protocole au début de l’opération, tout ce petit monde a organisé le silence et le mensonge pour mieux jouir de voir des Russes massacrer d’autres Russes qui ont oublié qui ils étaient. Ce charnier doit se poursuivre : “Cependant, la contre-offensive ukrainienne pompeusement annoncée et tant vantée est au point mort. Entre-temps, d’énormes sommes d’argent – des milliards – ont déjà été investies dans le jeu géopolitique contre la Russie. Ce ne doit pas être si énorme, pense-t-on à l’Ouest, puisque le résultat est si médiocre. Il est nécessaire de faire monter les enchères, d’investir davantage, encore et encore, de donner plus de chars, d’avions, de former des pilotes, d’imposer de nouvelles sanctions, de frapper l’économie, d’intimider avec quelque chose – quoi ?” Est-ce que nous sommes, nous Français les mêmes que ce Macron qui macronne et ce monde politique qui entretient la confusion criminelle? ( note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop pour histoireetsociete)

https://vz.ru/world/2023/6/21/1217557.html

Si l’on en croit la presse française, Paris a soudainement changé d’avis sur la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Alors qu’elle y était opposée il y a encore peu de temps, elle est désormais favorable à cette décision. Quel est le rapport entre ces fuites et l’échec de la “contre-offensive” ukrainienne et pourquoi la France a-t-elle l’illusion que c’est le seul moyen de “ramener Moscou et Kiev à la table des négociations” ?

Selon le journal français Le Monde, les autorités françaises ont décidé de reconsidérer leur position sur la perspective d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Auparavant, “Paris, Berlin et Washington” (notez l’ordre) ne soutenaient pas cette initiative qui, au contraire, était fortement défendue et promue par les États baltes et la Pologne, indique le journal.

Aujourd’hui, M. Macron a changé de point de vue afin “d’influencer le conflit et d’essayer d’amener Moscou et Kiev à la table des négociations”. Désormais, la France adoptera exactement cette position dans les “discussions délicates entre les alliés de l’Ukraine avant le sommet annuel de l’OTAN qui se tiendra à Vilnius, capitale de la Lituanie, les 11 et 12 juillet”.

Selon l’Élysée, l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN permettrait de rendre la Russie plus raisonnable et de la contraindre à cesser son action militaire, et dans le cas où “le conflit s’avérerait terminé”, elle servirait de garantie contre un nouveau conflit armé. Dans tous les cas, l’objectif est “d’accroître la pression sur la Russie alors que la contre-offensive ukrainienne rencontre des difficultés”.

Il est difficile de dire ce qui est le plus charmant dans ce texte – le fait de placer Paris en premier, pourrait-on dire, avant le reste du monde, la mention de “discussions délicates” et d’un conflit qui s’épuisera mystérieusement, ou la remarque en passant que la contre-offensive “est confrontée à des difficultés”. Et ce, si nous n’évaluons que le côté extérieur du récit, sans même mentionner le fait que la Russie non seulement ne refuse pas de négocier, mais qu’elle propose depuis le début de s’asseoir et de négocier.

Mais l’Occident collectif – et plus encore Kiev – ne veut pas négocier, pour une raison ou une autre. Ou plutôt, il aimerait voir la Russie à la table des négociations, mais seulement le type de Russie qui n’existe que dans son imagination. Le genre de Russie qui est obligée de capituler, de payer, de se repentir et d’accepter humblement tout ce que les vainqueurs veulent lui imposer. Le genre de Russie qui peut être dépouillée jusqu’à l’os, écrasée et détruite.

Et comme les attentes ne coïncident pas avec la réalité, l’Occident, habitué aux manuels méthodiques, aux petits jeux et à tirer les marrons du feu avec les mains des autres, cherche fébrilement comment parvenir à ses fins.

À un moment donné, il a semblé aux élites en place qu’en injectant des armes occidentales dans l’armée ukrainienne, en fournissant aux soldats des instructeurs occidentaux et aux quartiers généraux ukrainiens des données satellitaires et autres données de renseignement, il serait possible de prendre l’avantage et de repousser l’armée russe au moins hors du Donbass et, avec beaucoup de chance, même de s’emparer de la Crimée.

Cependant, la contre-offensive ukrainienne pompeusement annoncée et tant vantée est au point mort. Entre-temps, d’énormes sommes d’argent – des milliards – ont déjà été investies dans le jeu géopolitique contre la Russie. Ce ne doit pas être si énorme, pense-t-on à l’Ouest, puisque le résultat est si médiocre. Il est nécessaire de faire monter les enchères, d’investir davantage, encore et encore, de donner plus de chars, d’avions, de former des pilotes, d’imposer de nouvelles sanctions, de frapper l’économie, d’intimider avec quelque chose – quoi ?

Par exemple que l’Ukraine soit admise dans l’OTAN. Puisqu’il ne reste plus de sanctions à imposer, nous devrons sortir cette carte et tenter de faire chanter Moscou. Il faut bien qu’il y ait quelque chose qui marche, après tout ?

Le magazine français L’Express, citant une source anonyme, assure que “tout est en mouvement, et ce qui se passe est fortement influencé par la position des pays d’Europe de l’Est et d’Europe du Nord”. Maintenant, c’est une question de pas grand chose, pourrait-on dire. Berlin et Washington suivront-ils la France ? Les deux puissances que sont ces capitales se sont jusqu’à présent montrées peu enthousiastes quant à l’éventualité d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN”.

C’est un classique français : le mercier et le cardinal font la force, et puisque le mercier Macron s’est prononcé pour, pourquoi les cardinaux Biden et Scholz hésiteraient-ils ? Apparemment, la possible inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN est considérée par les stratèges occidentaux comme faisant partie d’un vaste programme : “Parallèlement à la question de l’adhésion à l’alliance, il y a un échange de vues sur les garanties de sécurité qui stabiliseraient durablement la situation en Europe de l’Est. Ces garanties devraient être discutées lors du sommet de Vilnius”.

L’une des options envisagées suscite une vive controverse : l’introduction de forces occidentales en Ukraine sur le modèle de ce que les Américains ont fait “après la guerre en Corée du Sud”. L’ancien chef de l’OTAN, Anders Fogg Rasmussen, a fait remarquer que “si l’Ukraine n’obtient rien à Vilnius, je pense que la Pologne n’hésitera pas à créer une coalition de volontaires”. En fait, les Polonais participent déjà officieusement aux hostilités aux côtés des Ukrainiens, et c’est un secret de Polichinelle.

Le projet de division de l’Ukraine sur le modèle de la Corée du Nord et de la Corée du Sud revient régulièrement dans les médias occidentaux. Certains auteurs estiment que cette forme de trêve “pourrait être une victoire non seulement pour l’Ukraine et ses alliés, mais aussi pour le monde entier”, car il existe un précédent : les deux Corées qui vivent en paix depuis des décennies en dépit de cliquetis d’armes périodiques.

Mais, comme l’a dit Napoléon Bonaparte, “l’histoire d’un État, c’est sa géographie”. Si la Corée du Sud était soutenue par l’alliance de l’OTAN et disposait de bases de l’OTAN sur son territoire, le sort de la Corée du Nord serait scellé. Il n’y a aucune raison de ne pas croire l’OTAN lorsque ses représentants qualifient ouvertement la Russie d’ennemie.

L’élargissement de l’OTAN, que ce soit avec l’Ukraine ou avec des parties de l’Ukraine qui se verraient accorder une sorte de statut provisoire, n’est qu’un nouveau pas vers la Troisième Guerre mondiale, parce qu’il n’existe pas de blocs militaires qui puissent se développer indéfiniment et exclusivement de manière pacifique. Le but de toute alliance militaire est la guerre. La seule question est de savoir ce qu’il restera après la prochaine guerre, compte tenu de l’ampleur des armes de destruction massive disponibles et des destructions qu’elles sont capables de provoquer.

Mais à l’Ouest, on préfère faire des entorses à la ligne de conduite, encourager les ennemis de la Russie, quels qu’ils soient, et tenter de tout faire pour nous vaincre. Ainsi, l’arrivée à Paris de la Première ministre italienne Signora Meloni a été une nouvelle occasion pour Macron de démontrer “l’unité européenne”. Il a déclaré que les deux pays aidaient le régime de Kiev non seulement en paroles mais aussi en actes en fournissant à l’Ukraine le système de défense aérienne franco-italien Mamba. Pour sa part, Georgia Meloni a indiqué que “l’Italie et la France continueront à soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire. Si nous cessons de le faire, nous nous retrouverons dans un monde de chaos, où la guerre arrivera à nos frontières”.

Il est difficile de se rappeler la dernière fois que la Russie a menacé les frontières de l’Italie – peut-être lorsque Souvorov a combattu Bonaparte dans ces régions. Mais il n’est pas mauvais que la signora Meloni ait une si bonne mémoire. Il est vrai qu’à l’époque, l’Italie n’existait pas encore vraiment – il s’agissait plutôt d’un ensemble d’États disparates. Mais ce n’est qu’une broutille.

Quoi qu’il en soit, les idées sur “la menace russe pour une Europe unie” et le fait que “la Russie refuse de négocier” et qu’elle doit donc “s’asseoir” sont de la même catégorie que le rêve du régime de Kiev d’adhérer à l’OTAN. Paris, Berlin et Kiev vivent dans un état d’inadéquation, dans un monde d’illusions politiques et les imposent aux habitants de leurs pays. Les débarrasser de ces illusions est, après tout, l’une des tâches de l’opération spéciale.

 

Note de Pedrito

Dans ce monde de folie, qui se décivilise?

Si ce n'est notre petit chef d'état fantoche élu au rabais, en trichant, en mentant comme un vulgaire truand, qui n'a jamais porté un fusil,ni un treillis ni de rangers de sa vie, et qui joue à la guéguerre  avec nos milliards contre un pays allié, la RUSSIE, qui a payé plus de 20 millions de morts dans la guerre contre le nazisme, cette nation amie qui voulait asservir le monde entier sous la botte fasciste hitlérienne?

Honte à Macron qui devra un jour proche rendre des comptes à la France et aux citoyens Français qu'il méprise avec une rare insolence.

HONTE !!!!!

 

mardi 20 juin 2023

Faire trois mandats successifs - Le songe de Macron, la main de Ferrand...

par gruni    agoravox
lundi 19 juin 2023


Richard Ferrand souhaiterait changer la Constitution et revenir sur la limitation à deux mandats présidentiels consécutifs, et ainsi en finir avec l'article 6 de la Constitution. Réalisée en 2008, cette réforme de nos institutions, avait germé dans l'esprit énervé de Nicolas Sarkozy l'Américain. Certains y ont vu un rapprochement avec le vingt-deuxième amendement des États-Unis.

D'après L'ancien président de l'Assemblée Nationale, "Changeons tout cela" car nous sommes là face à un corsetage de "notre vie publique dans des règles qui limitent le libre choix des citoyens". Personne ne pourrait douter que pour Monsieur Ferrand, seul l'intérêt du peuple compte. Seulement, cette idée pour le moins inattendue d'un retour en arrière ne se fera pas sans l'accord des 3/5ᵉ des Parlementaires. Mais, elle peut en cacher une autre. Non, pas un référendum qui serait perdu d'avance !

 

La réaction pleine d'imagination et d'un brin de consternation de la Présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale ne s'est pas fait attendre :

Mathilde Panot

"Et pourquoi pas restaurer l’Empire avec Macron 1er ? Richard Ferrand, le visage de la dérive autocratique de la Macron"

 

Allons donc Mme Mathilde Panot ! Un Empire se veut héréditaire. Nous aurait-on caché une maîtresse d'Emmanuel Macron enceinte de son futur successeur, avec bien sûr l'accord de Brigitte, son épouse ?

En réalité, plutôt qu'un empereur, nous irions plutôt vers un système autocratique poutinien à la française. Mais, qui accepterait de jouer les Medvedev pour le bonheur de l'actuel président de la République. Il faudrait un homme sûr de la Macronie qui une fois élu ne ferait qu'écouter sagement la voix de son maître qui serait devenu pour cinq ans 1er ministre ?

Tout le monde imagine aisément que quelque que soit le vainqueur de l'élection présidentielle en 2027, Emmanuel Macron décidera de se représenter en 2032. En admettant qu'en 2027 le nouveau président élu soit du Parti renaissance ou d'Horizon, il faudrait qu'en 2032 le président sortant accepte de ne pas se représenter pour laisser la place libre à Macron. Nous nageons là en pleine politique fiction. Le Français électeur n'est pas si naïf que cela pour ne pas voir l'insupportable comédie électorale.

Pas si vite, il existe une troisième option. Celle du ballon d'essai lancé par Macron avec le coup de main de Ferrand.

Pour quoi faire me direz-vous, eh bien pour observer la danse du ventre des ambitieux qui rêvent de devenir calife à la place du calife ?

Surtout que personne ne sait encore comment sera désigné le futur candidat du Parti Renaissance. Macron, sera-t-il le faiseur de roi, celui qui pousse les pions dans une compétition sans merci entre les prétendants au sacre. Pourrait-on envisager une sorte de pacte avec l'un des candidats pour organiser le passage de relai en 2032. Qui donc pourrait y croire ? "Impossible n'est pas français" aurait dit Napoléon 1ᵉʳ, un modèle de notre Macron bonapartiste. Dans le cas qui nous occupe, la parole de Ferrand serait plutôt du niveau d'un petit Machiavel, mais sûrement pas du hasard.

Note de P.

Et les Français deux fois floués par le culot du tyran?

Gageons que dans tous les cas, soit le peuple martyrisé par la folie destructrice sociale de Jupin, soit les ventres mous de la gauche, finiront bien par se réveiller, et s'unir pour trouver la solution et faire gicler le despote du palais républicain où il a installé impunément son trône!!