Les États-Unis creusent leur propre piège de guerre en incitant à la
confrontation. Si nous plaçons cette photo du voyage de Kissinger pour
illustrer cette mise en garde de Global Times c’est
pour bien marquer le sens de ce qui se joue aujourd’hui. La véritable
dette qui menace le monde d’un monstrueux écroulement c’est celle des
Etats-Unis et la guerre y compris nucléaire est leur fuite en avant. Ce
vieillard proche de l’écroulement comme son pays est venu sans doute
tenter d’obtenir de la Chine la survie qu’il a eue jadis, celle de 2008
également, un mélange de mise en garde et de propositions ultimes. L’UE a
choisi son camp, n’y a pas que la réunion de l’OTAN, l’UE lors du
sommet du G7 en mai, a accepté ce que l’on appelle le « derisking » de
la Chine, sans pour autant approuver le « decoupling », c’est-à-dire un
arrêt plus ou moins progressif des échanges commerciaux. Or selon la
Chine, « la réduction des risques n’est qu’un découplage déguisé » et
elle a conscience que la guerre est commencée et qu’il faut transformer
les dangers en opportunité. Donc elle doit faire face à la tentative de
bloquer son développement scientifique et technique auquel elle répond
déjà par le contrôle des nombreuses terres rares nécessaires à la
production non seulement de batteries de véhicules électriques, mais
aussi de panneaux solaires. Ce mois-ci, la Chine a annoncé de nouvelles
restrictions à l’importation de ces matériaux, une étape encore de ce
qui est en train de devenir une guerre commerciale au cœur de
l’écroulement du dollar sous le poids de la dette. Les BRICS vont tenter
une parade monétaire, et les Etats-Unis et leurs vassaux de l’OTAN sont
assez fous pour recourir à l’arme nucléaire et multiplient les
provocations en mer de Chine. Donc face à ce vieillard, la Chine répond
qu’il est trop tard, elle et le monde ont pénétré dans le détroit des
tempêtes et cela depuis longtemps, il est impossible de retourner en
arrière, il ne lui reste plus (il ne nous reste plus) qu’à apprendre
très vite… La ceinture et la route, l’internationalisation de la Chine
est entamée, la guerre d’Ukraine n’est vraiment pas le problème
principal… Ce qui est fascinant et inquiétant c’est le niveau du débat
français…(note et traduction de Danielle Bleitrach histoireetsociete)
Publié: Jul 23, 2023 08:16 PM
Être, ou ne pas être, telle est la question. Utiliser cette
célèbre phrase de Hamlet de Shakespeare pour décrire la mentalité de
certaines personnes à Washington envers la Chine ne pourrait pas être
plus approprié.
S’il faut faire la guerre ou rester en paix avec la Chine est une
question qui, bien que la plupart soient d’accord sur la réponse, semble
rendre les Américains de plus en plus anxieux.
Jeudi, Raja Krishnamoorthi, le plus haut démocrate du comité spécial
de la Chambre sur la Chine, a déclaré lors d’une audience que l’une des
questions souvent soulevées par ses électeurs est de savoir comment les
États-Unis peuvent éviter un conflit ouvert avec la Chine : « La
majorité des Américains voient la Chine comme un concurrent, mais ils
craignent que cette concurrence ne se transforme en guerre. » Il a cité
un sondage de fin 2021 qui indiquait que 71% des Américains
s’inquiétaient d’une guerre potentielle avec la Chine au cours des cinq
prochaines années.
Pourquoi les Américains ont-ils de telles craintes ?
Il est facile de répondre si l’on regarde les politiques successives
que Washington a introduites envers la Chine. Lors de cette audience, il
y a également eu des appels à des sanctions complètes contre le géant
chinois de la technologie Huawei et à des mesures de contrôle élargies à
d’autres entreprises chinoises.
Il y a quelques jours, au Capitole, certains législateurs ont proposé
une législation pour la République démocratique du Congo dans la
lointaine Afrique parce que la Chine « contrôle » les ressources
minérales du pays. Des projets de loi semblables se succèdent. Plus de 1
300 entreprises chinoises ont été sanctionnées par les États-Unis sous
divers prétextes.
Dans le voisinage de la Chine, les troupes américaines sont
intensivement mobilisées. Les diverses alliances que Washington est en
train de mettre en place, dont on dit qu’elles sont dans l’intérêt de
l’équilibre de la sécurité, ont toutes une cible tacite, la Chine.
Même le New York Times sent l’odeur de la guerre. Le titre de
l’article publié dans l’édition en ligne du 13 juillet écrivait : « ‘Un
acte de guerre’ : à l’intérieur du blocus du silicium américain contre
la Chine ».
L’ancien président américain Ronald Reagan a dit : « La paix n’est
pas l’absence de conflit, mais la capacité de faire face aux conflits
par des moyens pacifiques. » Il suffit de changer un mot et il
s’adaptera aux circonstances d’aujourd’hui : la paix n’est pas l’absence
de concurrence, mais la capacité de faire face à la concurrence par des
moyens pacifiques.
En surface, l’administration Biden a reconnu que la confrontation
avec la Chine n’est ni dans l’intérêt de la Chine et des États-Unis, ni
dans celui du monde en général.
Vendredi, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche,
Jake Sullivan, a déclaré qu’il y avait une « réelle possibilité » de
relations stables entre les Etats-Unis et la Chine, malgré la
concurrence inhérente et les tensions persistantes entre les deux
puissances.
Néanmoins, Washington a adopté un jeu d’endiguement à somme nulle et
vise à « vaincre la Chine ». En fait, il réduit constamment l’espace
pour une gestion pacifique et réduit sa capacité à gérer la concurrence
par des moyens pacifiques.
La contradiction entre ce que dit la Maison Blanche et ce qu’elle fait est une réponse typique d’anxiété psychologique.
Le Dr Henry Kissinger, qui s’est récemment rendu en Chine, a mis en
garde en 2020 contre le danger d’un conflit sino-américain qui pourrait
conduire à la guerre, affirmant que « s’il n’y a pas de base pour une
action coopérative [entre la Chine et les États-Unis], le monde glissera
vers une catastrophe comparable à la Première Guerre mondiale ».
L’avertissement sous-estime également le concept de prophéties
auto-réalisatrices, où les attentes ou les croyances sur une situation
peuvent influencer le comportement qui confirme finalement ces attentes.
À Washington, il y a une forte conviction que la Chine envisage de
remplacer les États-Unis en tant que puissance mondiale dominante et que
ces derniers doivent réprimer les premiers d’une manière beaucoup plus
sévère. Et il est peu probable que la Chine continue à se retenir sur ce
point. Un nombre croissant de Chinois pensent que les États-Unis visent
à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour entraver le développement
de la Chine.
L’histoire nous dit que l’anxiété du pouvoir hégémonique est toujours
liée à son malaise envers les challengers, et que la peur perpétuelle
pourrait éventuellement conduire à des guerres contre les challengers.
Nous craignons que l’administration Biden soit confrontée à une
situation de plus en plus complexe lorsqu’il s’agit d’ajuster sa
politique à l’égard de la Chine, ce qui l’empêche d’adopter une approche
plus durable et plus souple pour gérer la concurrence avec la Chine.
Washington peut-il gérer ou non sa politique hors de contrôle à l’égard
de la Chine, telle est la question.
lundi 24 juillet 2023
Article
de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires
étrangères, «En mémoire de toutes les victimes de l’Holocauste» pour le
journal «Rossiyskaya Gazeta»
Ce que révèle cette déclaration est saisissant et effrayant. Nous
avons grandi et avons été élevés dans la mémoire des crimes nazis et du
sacrifice de millions de personnes pour venir à bout de cette ignominie.
Parmi les victimes du nazisme, comme parmi ceux qui l’ont combattu,
il y a toutes sortes de gens, de tous âges, des hommes et des femmes,
des gens de toutes nationalités, même des apatrides.
Les juifs ont, parmi les victimes, mais aussi parmi les combattants
et les résistants une place particulière, centrale, celle de l’odieux
génocide, de la volonté d’exterminer pour exterminer, du massacre
planifié et industrialisé. Pour autant, le nazisme ne peut être absous
d’aucun de ses crimes et c’est précisément ce que ceux qui sont revenus
des camps, ceux qui ont vécu et résisté nous ont toujours enseigné.
D’Oradour à Ascq, combien de villages martyrs en France, mais aussi dans
tous les pays. Que pourrions-nous dissocier ? Et comme le souligne
Maria Zakhkarova, comment oublierions-nous le sacrifice et l’héroïsme
des habitants de Leningrad, unis dans un seul et unique combat ?
La réécriture de l’histoire de la seconde guerre mondiale a commencé
avec l’effacement du rôle central de l’Union Soviétique. Aujourd’hui,
c’est comme si on nous préparait à faire un sordide tri dans les crimes
nazis, à l’idée que, bon, tuer 6 millions de juifs, ce n’était vraiment
pas bien et il y a repentance et indemnisation, mais que pour le reste,
les plans d’Hitler pour l’Europe étaient tout à fait bien. Et que,
d’ailleurs, on peut les mettre en œuvre plus puissamment par l’alliance
entre l’Allemagne et les USA et plus habilement grâce aux techniques de
manipulation moderne.
Quels sont les résultats de l’évolution de l’Europe (et du monde) sur les 30 dernières années ? URSS : démembrée en 1991 Tchécoslovaquie : démembrée en 1992 Yougoslavie : démembrée de 1992 à 2003 Serbie : Démembrement en cours Russie : Démembrement envisagé Grèce : Humilié et rétrogradée
Relisez cette listes et pensez aux pays qui ont résisté aux plans d’Hitler en Europe …
Il y a aussi, dans de nombreux pays, l’interdiction progressive
du communisme et réhabilitation du nazisme (particulièrement en Ukraine,
avec la réhabilitation du collabo Bandera). Nous avons aussi comme
signe frappant le réarmement accepté de l’Allemagne et du Japon.
Ne voyez-vous rien venir ? (note de Franck Marsal)
En mémoire de toutes les victimes de l’Holocauste
Le refus obstiné de voir la nature nazie du régime de Kiev a des
raisons profondes qui sont alimentées par un nationalisme bien ancré en
Occident, prenant sa racine dans des idées de supériorité et
d’exclusivité.
Permettez-moi de donner un exemple concret.
Des décennies après l’une des pires tragédies de la Seconde Guerre
mondiale – le siège de Leningrad – l’Allemagne décide, en 2021, de
verser des indemnités aux habitants de la ville.
Comment arrêter le prix de près de 900 jours et nuits, qui ont coûté
la vie à un million de personnes, militaires et civils, sachant que la
grande majorité des habitants sont morts de faim ? Quelle est la valeur
de l’exploit d’une ville entière par rapport à l’exploit d’une nation
entière ? Comment payer pour le crime de guerre le plus grave de
l’histoire non seulement de la Grande Guerre patriotique, mais de
l’humanité tout entière ?
Il semblerait que toutes ces questions pâlissent devant la volonté de repentance affichée par Berlin.
Mais ce n’est pas le cas.
Du point de vue allemand, tout le monde n’a pas droit à une
indemnisation. Seuls ceux qui peuvent prouver leur ascendance juive y
sont admissibles. Une classification abominable et inexplicable sur la
base de l’appartenance ethnique. C’est de la ségrégation, de la
nourriture pour le néonazisme.
La Russie a soulevé cette question à plusieurs reprises auprès de
l’Allemagne. Près de deux ans se sont déjà écoulés et cette règle “du
sang” est toujours en vigueur, malgré nos critiques à l’égard de cet
acte de discrimination raciale.
Au cours de ces années terribles, les habitants de Leningrad n’ont
pas regardé les pièces d’identité des uns et des autres, ni la coupe des
yeux des uns et des autres. Ils ont travaillé ensemble, se sont
défendus ensemble, ont partagé des miettes de pain ensemble, ont survécu
ensemble. Ils sont morts ensemble aussi.
Mais près de 80 ans plus tard, le gouvernement allemand a décidé que
certains des rares vétérans survivants, témoins de ces terribles
événements, sont plus dignes que d’autres, parce qu’ils ont dans leurs
veines du sang présentant des caractéristiques génétiques différentes.
Cela ne vous rappelle rien ? C’est justement le terrain propice à la
réincarnation du nazisme et du fascisme.
En établissant une hiérarchie des survivants du siège de Leningrad
basée sur leur ethnie, l’Allemagne rémunère en même temps les vétérans
de la Wehrmacht et même, dans certains cas, ceux qui ont servi dans les
unités punitives de la SS. Ainsi, le cas de Heinz Barth, un ancien
officier SS nazi âgé de 80 ans qui purge une peine de prison à vie dans
un pénitencier allemand pour sa participation au massacre de centaines
de civils dans la ville française d’Oradour-sur-Glane en juin 1944, est
bien connu. Il a été condamné par un tribunal de la RDA, mais après la
réunification allemande en 1990, il a eu droit à un paiement mensuel de
450 dollars parce qu’il avait perdu une jambe pendant la guerre. En
fonction du grade et du mérite, les pensions des anciens combattants de
la Seconde Guerre mondiale se chiffrent en centaines et en milliers
d’euros. Il s’est avéré récemment que Berlin paie aussi officiellement
les anciens combattants-collaborateurs, c’est-à-dire ceux qui ont
volontairement collaboré avec le Troisième Reich et les autorités
d’occupation. Selon les informations obtenues par l’AFP, en Europe, les
bénéficiaires de ces pensions se chiffrent à 1532 personnes, dont 573 en
Pologne, 184 en Slovénie, 101 en Autriche, 94 en République tchèque, 71
en Croatie, 54 en France, 48 en Hongrie, 34 en Grande-Bretagne, autant
aux Pays-Bas, 18 en Belgique.
Une fois de plus : l’Allemagne du XXIe siècle paie les collaborateurs
qui ont livré des Juifs et des partisans à la police des forces
d’occupation, mais ne veut pas payer les survivants du siège de
Leningrad.
Il est d’autant plus effrayant de lire une nouvelle interview de
Michael Brodsky, l’ambassadeur d’Israël en Ukraine, dans laquelle il
disculpe une fois de plus le régime néonazi de Kiev.
Savez-vous ce qui rend cette interview particulièrement effrayante ?
Le fait que les mots concernant les “héros Bandera et Choukhevitch” sont
prononcés non seulement par un Juif, mais aussi par un habitant de
Leningrad.
Oui, Michael Brodsky est né et a grandi à Leningrad.
Et voici ce qu’il dit : “Personne n’a le droit de m’enseigner, à moi
ou à d’autres responsables israéliens, la meilleure façon de préserver
la mémoire de l’Holocauste et de traiter les questions de mémoire
historique. Nous votons à 90 % en faveur de l’Ukraine aux Nations Unies
et dans d’autres organisations internationales. Nous envisageons de
rejoindre la plate-forme de Crimée. Je n’exclus pas qu’à un moment
donné, Israël décide de rejoindre la plateforme de Crimée. A l’heure
qu’il est, Israël participe activement au transfert d’un système
d’alerte précoce à l’Ukraine, qui, je l’espère, sera opérationnel dans
un avenir proche. En septembre, une partie au moins de ce système
devrait fonctionner”.
Mais pourquoi personne ne devrait-il pas osé enseigner à d’autres
comment garder vivante la mémoire de l’Holocauste ? L’Holocauste est la
persécution et l’extermination massive de membres de divers groupes
ethniques et sociaux par les nazis.
C’est ainsi qu’il est consigné dans les documents internationaux les plus importants.
Résolution A/RES/60/7 de l’Assemblée générale des Nations Unies :
“L’Holocauste, qui s’est traduit par l’extermination d’un tiers du
peuple juif et d’innombrables membres d’autres minorités, demeurera à
jamais pour tous les peuples un rappel des dangers de la haine, de
l’intolérance, du racisme et des préjugés”.
Résolution 34C/61 de l’UNESCO : “La Conférence générale rappelle que
l’Holocauste, qui s’est traduit par l’extermination d’un tiers du
peuple juif et d’innombrables membres d’autres minorités, demeurera à
jamais pour tous les peuples un rappel des dangers de la haine, de
l’intolérance, du racisme et des préjugés”.
Déclaration de Berlin de l’OSCE : “Les États participants s’engagent à
promouvoir la mémoire de l’Holocauste et, le cas échéant, faire
connaître cette tragédie ainsi que l’importance du respect de tous les
groupes ethniques et religieux”.
Bien entendu, il y a des pays qui restent sans réaction face à de
nombreuses résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ces
documents ne sont pas contraignants et ceux qui ne sont pas d’accord
avec eux ne sont pas obligés de les respecter. Mais en l’occurrence,
Israël et la Russie figuraient parmi les principaux initiateurs de la
résolution. Plus de 100 États l’ont coparrainée. De plus, la résolution a
été adoptée par consensus, c’est-à-dire par tous les pays, sans vote.
Ainsi, personne ne remet en cause la définition de l’Holocauste telle
qu’elle est énoncée dans le texte.
Ces dispositions universelles et approuvées à l’unanimité nous
guident face aux manifestations évidentes de haine ethnique, de
ségrégation et de xénophobie en Ukraine, avec le soutien de l’Occident.
Par ailleurs, dans notre pays, nous ne divisons pas la victoire sur
le fascisme ou la tragédie de l’extermination de personnes par les nazis
sur la base de l’ethnie. Tout comme notre victoire est “une pour tous”,
nous commémorons, lors de la Journée du souvenir et du deuil, tous ceux
qui ont été torturés à mort par les nazis, indépendamment de leur
ethnie, de leur religion ou de toute autre appartenance. Après tout, les
monuments aux libérateurs de l’Europe du nazisme, érigés sur les tombes
des soldats de l’Armée rouge dans les pays de l’UE, ne sont défendus
que par la Russie et par des activistes individuels d’autres pays, sans
que leur mémoire ne soit découpée en morceaux ethniques, géographiques
ou religieux.
Par ailleurs, le terme “Holocauste” a une signification bien établie
dans l’historiographie mondiale et son contenu ne se réduit pas à la
caractérisation des atrocités commises par les nazis à l’encontre de la
population juive exclusivement.
Prenons, par exemple, la définition de Britannica :
Holocaust, Hebrew Shoʾah (“Catastrophe”), Yiddish and Hebrew Ḥurban
(“Destruction”), the systematic state-sponsored killing of six million
Jewish men, women, and children and millions of others by Nazi Germany
and its collaborators during World War II.
C’est-à-dire l’assassinat systématique, parrainé par l’État, de six
millions d’hommes, de femmes et d’enfants juifs et de millions d’autres
personnes par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs au cours de la
Seconde Guerre mondiale.
Ou celle du dictionnaire de Cambridge :
The Holocaust was the systematic murder of many people, esp. Jews, by the Nazis during World War II.
L’Holocauste est donc le meurtre systématique de nombreuses
personnes, en particulier (mais pas exclusivement) des Juifs, par les
nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Et voici la définition du dictionnaire américain Webster :
usually the Holocaust : the mass slaughter of European civilians and especially Jews by the Nazis during World War II.
Holocauste : le massacre en masse des civils européens et en
particulier des Juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Maintenant, quelles étaient ces “innombrables membres d’autres
minorités” ? Rien n’est à inventer. Tout est dans les documents du
Tribunal de Nuremberg. Ne considérons qu’un seul groupe : les Slaves.
Le concept du Generalplan Ost (1942) prévoyait la “réinstallation” de
plus de 30 millions de Slaves et la “germanisation” de l’Est européen
jusqu’à l’Oural. Ce plan est associé à la “solution finale de la
question juive” : à la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, il est
question de l’extermination de 11 millions de Juifs européens.
Voici le contenu d’un des documents clés de Nuremberg – un mémorandum
d’un fonctionnaire du ministère des Territoires de l’Est datée du 19
août 1942, contenant des instructions de Martin Bormann (document de
Nuremberg R-36, US-699) : “Les Slaves doivent travailler pour nous, si
nous n’avons plus besoin d’eux, qu’ils meurent. Les vaccinations et les
soins de santé allemands sont donc inutiles. La fertilité des Slaves
n’est pas souhaitable, qu’ils utilisent des préservatifs ou se fassent
avorter, plus il y en a, mieux c’est. L’éducation est dangereuse. Il
suffit qu’ils sachent compter jusqu’à cent. Le maximum autorisé est une
éducation qui nous donne des mercenaires utiles”.
L’Allemand Heinrich Himmler, dont l’Allemagne moderne ne veut
apparemment pas être tenue pour responsable des paroles et des actes, a
également tenu des propos révélateurs sur les Slaves : “On sait ce que
sont les Slaves. Un Slave n’a jamais été capable de construire quoi que
ce soit. Les Slaves sont un peuple mixte basé sur une race inférieure
avec des gouttes de notre sang, incapable d’ordre et d’autonomie. Ce
matériel humain inférieur est tout aussi incapable de maintenir l’ordre
aujourd’hui qu’il l’était il y a 700 ou 800 ans lorsque ces gens avaient
convié des Varègues, lorsqu’ils avaient invité les Riourikides. Nous
serons corrects avec ces animaux humains. Mais ce serait un crime devant
notre propre sang que de les soigner et de les endoctriner avec un
quelconque idéal et de rendre ainsi encore plus difficile leur
traitement par nos enfants et petits-enfants” (Ce discours de Posen de
Himmler est également inclus dans le corpus des documents de Nuremberg).
Je voudrais rappeler les paroles du grand écrivain soviétique Daniil
Granine, habitant de Leningrad, prononcées d’ailleurs à la tribune du
Bundestag allemand : “Sur les murs du Reichstag, on pouvait encore lire
les inscriptions de nos soldats, parmi lesquelles je me souviens d’une
inscription remarquable : “Allemagne, nous sommes venus à toi pour que
tu ne viennes pas à nous”. La haine est un sentiment sans issue, sans
avenir. Il faut savoir pardonner, mais il faut aussi savoir se souvenir.
Il est pénible de se souvenir des années de guerre, toute guerre est
faite de sang et de boue. Mais la mémoire des millions, des dizaines de
millions de nos soldats qui sont morts est nécessaire. Presque tous mes
compagnons d’armes et mes amis sont morts à la guerre, ils ont perdu la
vie sans savoir si nous serions capables de défendre le pays, si
Leningrad tiendrait, beaucoup sont partis avec un sentiment de défaite.
Je voudrais leur dire que nous avons gagné et qu’ils ne sont pas morts
en vain. A la fin, c’est toujours la justice et la vérité qui
triomphent, pas la force”.
Tant Michael Brodsky que les Allemands, qui ont une fois de plus
décidé de diviser les gens en fonction de leur ethnie, se verront
demander, si ce n’est par leurs contemporains, du moins par leurs
descendants : comment ont-ils pu trahir la mémoire du passé ?
Comprenez-vous pourquoi nous devons nous souvenir de l’Holocauste ?
Non pas parce que les nazis ont tué une ou plusieurs ethnies
spécifiques, mais parce que, en principe, il n’est pas permis de
discriminer des personnes sur la base de leur ethnie, qu’il s’agisse de
violence psychologique à l’encontre d’une seule personne ou de meurtres
en masse de millions de d’hommes.
D’ailleurs, cela est également écrit dans la résolution A/RES/60/7 de
l’Assemblée générale des Nations Unies : “L’Holocauste demeurera à
jamais pour tous les peuples un rappel des dangers de la haine, de
l’intolérance, du racisme et des préjugés”. Par conséquent, partout où
l’on glorifie les nazis, où l’on assassine des personnes sur la base de
leur appartenance ethnique, où l’on interdit l’identité nationale, il
faut se souvenir de l’Holocauste. Il est nécessaire de s’en souvenir,
car il a été inscrit dans le droit international à cette fin… Mais de
plus en plus souvent, on ne s’en souvient pas. L’Holocauste n’est pas
seulement une date par an. C’est notre code culturel commun, conçu pour
nous rappeler le danger de la déshumanisation.
Malheureusement, aucun génocide n’a rien appris à l’humanité. Mais le
plus horrible, c’est qu’aujourd’hui, les descendants des victimes
eux-mêmes se font les avocats des bourreaux de leurs ancêtres. Et ce
n’est qu’une étape avant l’apocalypse.
Et pour en revenir à la réticence de l’Allemagne à indemniser les
survivants du siège de Leningrad non juifs, je voudrais souligner qu’en
humiliant les victimes de l’Holocauste par la ségrégation, Berlin
s’enfonce rapidement dans un nouveau gouffre de l’enfer nationaliste.
Un haut diplomate de l’Union européenne a déclaré la semaine dernière à
Euronews :
« Il semble que les gouvernements d’Amérique latine et des
Caraïbes veuillent être perçus comme des partenaires égaux. »
Le monde unipolaire dominé par les USA se meurt: les politiques de l'ancien monde dominateur n'en ont pas encore pris conscience, semble-t-il.
De partout dans le monde les signes de l'avènement d'une cette nouvelle donne se multiplient. L'Occident continue de faire la sourde oreille.
Pire: non seulement Biden continue de distribuer ses ordres aux chefs d'états européens, qui continuent de lui obéir le petit doigt sur la couture du pantalon, sans qu'ils aient encore compris, pauvres esclaves, que c'est sa guerre que l'américain sénile exporte, alimente, et commande loin des USA. Son pays restera ainsi - lui semble-t-il- loin des dangers qui affecteront seulement L'Europe en cas de guerre mondiale qu'il prépare comme le grand malade qu'il est. Car la marionnette Zelinski se révèle de plus en plus clairement pour ce qu'elle a été conçue: le joujou des américains et de Biden surtout pour éliminer la Russie et continuer d'accroitre la puissance des USA dans ces temps de crise et de récession où ils ont bien besoin de se refaire la cerise.
Mais nos politiciens européens sont tellement serviles, non seulement ils nous imposent cette guerre sans nous demander notre avis, mais en plus ils méprisent jusqu'à l'humiliation les pays qui osent vouloir se débarrasser du joug du dollar, et parce qu'ils refusent cet engrenage guerrier et de dépendance économique mortifère, ils "veulent être perçus comme des partenaires égaux" !!
Ils ont le culot de dire NON au diktat et aux manigances guerrières de l'empire économique US.
Çà ne marche plus: ce vieux monde unipolaire US est dépassé par la Chine dans de nombreux domaines. Partout on rabat les cartes.
Du coup, l'OTAN, ce dangereux outil de guerre de l'ancienne "Grande Amérique", vit il ses dernières heures?
CUBA n'est plus seul face à l'ogre. Mais pas seulement: ils sont nombreux les pays qui subissent blocus et diktats américains. Et qui se rebiffent. De partout le front impérialiste se fissure, et craque. Et si les forces de Paix se rassemblent sur la planète, le danger de guerre s'éloignera d'autant plus sûrement.
Tous les pays libérés de la peur n'auront plus bientôt à craindre les foudres du capitalisme et de l'impérialisme.
Une page se tourne: il serait temps que nos apprentis sorciers chefs d'états de notre petit continent alignés sur le dollar chaussent enfin des lunettes adéquates pour apprécier les changements qui s'opèrent partout autour de nous et malgré eux: ils se prenaient jusqu'ici pour le nombril du monde, il faut qu'ils se réveillent.
Ce qui aidera à faire enfin disparaitre ces relents du colonialisme qui empoisonnent la vie de notre planète depuis si longtemps....
RAPPEL :Nous
devons préciser, à nouveau, la règle qui s'applique à ce blog depuis sa
création à savoir que « publication ne vaut pas automatiquement
approbation ». En effet, El Diablo n'est pas le blog d'un parti ou d'un
syndicat, il se veut simplement espace d'information en direction, plus
particulièrement, d'un lectorat militant progressiste en capacité de
faire la part des choses et à qui certains éclairages peuvent être
utiles.
******
Christelle
Néant, rédactrice en chef du site Donbass Insider, est revenue le 19
juillet 2023 au micro de RT sur son expérience depuis 2016 en zone de
guerre, après avoir été félicitée par Vladimir Poutine pour son travail
d'information.
Le 19 juillet 2023, RT a reçu Christelle Néant, rédactrice en chef du site Donbass Insider, expatriée à Donetsk depuis 2016. Elle
nous a fait part de sa rencontre le jour même avec Vladimir Poutine,
qui présidait la quatrième réunion du conseil de surveillance de la
plateforme d'échanges «La Russie, pays d'opportunités». Elle a évoqué
aussi ses activités dans le Donbass et l'attitude des autorités et
médias français à son égard.
RT en français :Cet
après-midi, vous avez participé à la rencontre de la plateforme «La
Russie, pays d'opportunités» présidée par le président russe. Quelle
impression en retenez-vous ?
Christelle Néant : J'étais
assez impressionnée au début, c'était la première fois que je le
rencontrais. J'étais très contente de voir qu'il soutient énormément
l'importance de la vérité. Surtout quand on voit un certain nombre
d'hommes politiques occidentaux qui passent leur temps à mentir, ça fait
du bien de voir un homme d'Etat qui estime que c'est très important de
dire les choses telles qu'elles sont.
RT en français :Comment vous êtes-vous sentie au Kremlin lorsque tous les regards étaient dirigés vers vous ?
Christelle Néant : J'étais
très impressionnée, j'avais aussi très peur de faire des fautes car le
russe n'est pas ma langue maternelle, donc je devais être très attentive
pour ne pas faire trop de fautes pour être compréhensible. Mais je suis
très contente d'avoir pu venir même si mon arrivée s'est passée dans
des conditions un peu épiques : au départ je devais intervenir en
visioconférence depuis Lougansk et on m'a annoncé hier qu'il fallait que
je vienne à Moscou. J'ai donc passé la nuit sur la route.
RT en français :Vladimir
Poutine a salué le travail de notre chaîne de télévision RT dans
des conditions parfois très difficiles, en particulier en France, avec
des annulations de licences, des interdictions de diffusion, etc. Mais
il a surtout fait l'éloge de votre travail en tant que journaliste et de
votre projet Donbass Insider. Pouvez-vous s'il vous plaît nous en
parler ?
Christelle Néant : Le
projet Donbass Insider est né en 2018, après la fermeture de l'agence
d'information dans laquelle je travaillais à Donetsk. J'étais consciente
qu'il fallait une plateforme pour pouvoir continuer à partager mes
articles et mes reportages. Donc j'ai décidé de créer mon propre site.
Je suis ancien webmaster donc j'ai tout fait moi-même. On a commencé à
deux personnes puis on a agrégé autour de nous des auteurs et
chroniqueurs, notamment Faïna Savenkova, une jeune auteure qui vit
à Lougansk. Maintenant, elle a sa propre émission sur le site qui
s'appelle «Labyrinthe». Elle y interviewe des politiciens, des
journalistes, des géopolitiques, parfois en russe, parfois avec
traduction en anglais ou en français, et elle rencontre un certain
succès.
Si tout le monde disait la vérité, nous ne serions pas dans la situation dans laquelle nous nous trouvons.
Maintenant,
notre idée est de réunir un certain nombre de journalistes occidentaux
qui sont dans la même situation que moi, c'est-à-dire des journalistes
indépendants, et de créer une véritable agence de presse internationale,
dont le leitmotiv sera «dire la vérité, absolument toute la vérité». Je
crois que c'est très important parce que si tout le monde disait la
vérité, nous ne serions pas dans la situation dans laquelle nous nous
trouvons maintenant.
RT en français :Quel a été le déclic pour démarrer ce projet ?
Christelle Néant : D'abord
quand il y a eu Maidan, puis la Crimée et le début de la guerre dans le
Donbass, j'ai beaucoup partagé de contenus de Russia Today et d'un
certain nombre de journalistes indépendants comme Patrick Lancaster ou
Graham Phillips qui étaient sur place. Puis en 2015 une agence a été
créée, que j'ai commencé à aider. Et quand le dernier journaliste
français est parti, j'ai réalisé qu'il n'y avait plus personne pour dire
[en français] ce qui se passait réellement. J'ai été accusée
de relayer de la «propagande du Kremlin».
Puis
j'ai commencé à réfléchir au type de reportages que je voulais faire,
en étant au maximum sur le terrain avec des sources primaires,
c'est-à-dire des témoignages de civils. J'ai commencé à raconter tout ce
qui se passait d'une manière très simple et sobre. J'ai essayé de faire
tous les reportages à la première personne, en allant à la rencontre de
la population. Et puis j'ai rejoint l'agence de presse à partir
de 2016.
RT en français :Vous êtes venue dans le Donbass en 2016. Quel est votre travail maintenant ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Christelle Néant : La
première difficulté était la langue car je ne parlais pas le russe à
mon arrivée. Heureusement, j'avais une collègue qui parlait très bien
anglais et m'a servi de traductrice au début. Puis elle m'a appris le
travail de journaliste de guerre : comment filmer, quelles questions
poser. Pour le reste, je me suis formée sur le tas.
Je fais très attention, surtout après [l’attentat]
de Daria Douguina.
RT en français :Lorsque vous avez subi des pressions, quels ont été vos soutiens ?
Christelle Néant : J'ai
reçu du soutien de la part de mes lecteurs, d'abord sur Telegram, puis
sur le site. Les gens pouvaient laisser des commentaires, discuter avec
moi, je répondais à leurs messages. Ils m'écrivaient beaucoup de mots
d'encouragement. J'ai eu le soutien de mes proches aussi. Des menaces,
j'en reçois régulièrement, beaucoup d'insultes, glissées dans les
commentaires ou sur les réseaux sociaux. Mais je n'en tiens pas compte
et je me concentre sur le positif.
RT en français :Vous vivez sur place, êtes-vous protégée au quotidien lorsque vous travaillez ?
Christelle Néant : Je
fais très attention, surtout après ce qui est arrivé à Daria Douguina
et Vladlen Tatarski. De plus, depuis 2016, je suis dans la base de
données du site «Mirovtorets», qui est une Gestapo 2.0. J'ai toujours
fait attention et je gère moi-même ma sécurité.
RT en français :Quelque chose a changé dans votre travail après le début de l'opération spéciale ?
Christelle Néant : Il
est devenu très difficile de recevoir un soutien financier de la part
de mes lecteurs car, dès le début de l'opération, toutes les plateformes
de financement que j'utilisais ont été fermées. Mais, depuis, nous
avons trouvé des solutions.
RT en français :Êtes-vous rentrée en France?
Christelle Néant : Non,
et je ne reviendrai pas tant que les autorités seront
aussi russophobes. L'année dernière, un confrère a été arrêté à son
retour du Donbass. En Allemagne, une consœur encourt trois ans de prison
pour avoir simplement rapporté le fait que les gens du Donbass
soutenaient l'opération spéciale. On en arrive au niveau des pires
dictatures.
RT en français :Vous
êtes une Française, vous avez un passeport français. Si vous rentrez en
France aujourd'hui, vous serez arrêtée à la frontière ?
Christelle Néant : Oui,
je pense que oui. J'ai déjà reçu des menaces du ministère français des
Affaires étrangères en 2016. Nous organisions un voyage dans le Donbass
de gens ordinaires, pas de politiciens ni de journalistes. Juste des
gens qui voulaient voir la situation de leurs propres yeux. C'est à ce
moment que j'ai reçu une lettre du ministère des Affaires étrangères me
menaçant de poursuites judiciaires.
Les statistiques sont univoques : entre avant et après l'opération spéciale, mon audience a été multipliée par 40.
RT en français :Votre
travail en France est régulièrement discrédité. Comment l'Etat
français traite-t-il votre travail ? Quelles sont les conséquences de
dire la vérité au public européen sur les événements dans le Donbass et
en Ukraine?
Christelle Néant : Le
gouvernement français ne se mouille pas et agit via des médias et des
think tanks qui pondent régulièrement des rapports sur la désinformation
russe. C'est assez caractéristique car à chaque fois ils nous dénient
le statut de journaliste, nous désignent comme des blogueurs, les
influenceurs, etc., mais jamais comme des journalistes, malgré le fait
que nous ayons des cartes de presse.
Mais
leurs tentatives de nous discréditer ne changent rien. Les gens qui
voient les faits que nous relayons comprennent où se situe la vérité. De
plus en plus de gens ouvrent les yeux sur ce qui se passe. Les
statistiques sont univoques : entre avant et après l'opération spéciale,
mon audience a été multipliée par 40.
Cela
est dû au fait que les médias français donnent des explications
tellement improbables sur les raisons pour lesquelles l'opération
spéciale a commencé, que les gens ne comprennent pas l'origine du
conflit. Et comme ils ne trouvaient pas de réponse claire à leurs
questions, ils ont été les chercher chez moi entre autres. Alors ils ont
trouvé des réponses claires, un historique, où je fais de la pédagogie
et je leur explique l'histoire du Donbass et de l'Ukraine.
On a raconté que les soldats russes se battaient avec des pelles…
RT en français :Donc de plus en plus de gens veulent connaître la vérité, savoir ce qui se passe réellement et se tournent vers vous.
Christelle Néant : Oui,
et ce phénomène s'est accentué avec les arguments de plus en plus
absurdes de la propagande occidentale. Par exemple, on a raconté que les
soldats russes se battaient avec des pelles... à tel point que même des
personnes intoxiquées par la propagande se rendent compte que le
discours est devenu absurde.
RT en français :Vous avez analysé les médias français. Selon vous, la propagande est «digne de Goebbels». Pouvez-vous nous en parler ?
Christelle Néant : Mes
collègues et moi avons créé un groupe de bénévoles qui ont suivi
pendant trois mois les publications de médias français et occidentaux
(norvégiens notamment) pour étudier les articles consacrés au conflit en
Ukraine et les classer en trois catégories : neutres, positifs pour la
Russie ou russophobes. On a constaté que la grande majorité des articles
était russophobe.
Et surtout, on s'est aperçus qu'un certain nombre de termes étaient répétés ad nauseam.
Par exemple, dans le moindre article dont le contenu n'a qu'un rapport
très éloigné avec l'Ukraine, on vous glisse un petit paragraphe
sur «l'invasion ignoble de l'Ukraine par la Russie».
On
a donc remarqué qu'il y avait des éléments de langage qui se répétaient
non seulement au sein d'un même média, mais au sein de tous les médias
français, du Figaro à Libération en passant par Le Point.
Cela implique qu'il existe une concertation. Cela est assez inquiétant,
car cela signifie que ces journaux sont aux ordres, qu'ils ne font plus
leur travail. Nous avons ainsi effectué une analyse assez objective et
le schéma qui se dessine est assez inquiétant.
RT en français :Vladimir
Poutine a déclaré que, malgré ce qu'on nous fait croire, la Russie
a «beaucoup d'amis», y compris en France. Avez-vous le sentiment que
plus le conflit dure dans le temps, plus les gens changent d'avis sur ce
qui se passe en Ukraine ?
Christelle Néant : Avant
tout, les gens voient leur niveau de vie baisser. Pas seulement en
France, mais aussi dans d'autres pays européens, ce qui est une
conséquence des sanctions adoptées contre la Russie. Et les gens disent
qu'ils veulent soutenir l'Ukraine, mais si cela signifie que le prix de
leur essence va être multiplié par trois, ils ne sont pas si d'accord.
C'est la première faille de soutien.
La seconde
est, comme je le disais, la propagande absurde des médias et les gens y
croient de moins en moins. Chaque mois, nous constatons l'arrivée
d'environ un millier de nouveaux abonnés à notre chaîne. La plupart
viennent de France, de Belgique, de Suisse, mais aussi de pays
africains. Ces derniers ont souvent une bien meilleure compréhension de
la situation car ils ne sont pas l'objet de ce matraquage que nous
connaissons en France, en Allemagne ou en Angleterre.
Nous
voyons de plus en plus de lecteurs du Moyen-Orient, du Maghreb,
d'Afrique, voire d'Asie. Il y a la naissance d'une conscience des
différents pays qui sont en-dehors de l'Occident que quelque chose ne va
pas avec cet Occident et qui cherchent à s'informer réellement sur ce
qui se passe. Et je pense que cet auditoire va continuer à croître.
RT en français :
Aujourd'hui, lors de la réunion dans le cadre de la plateforme «La
Russie, pays d'opportunités», quelles nouvelles opportunités
avez-vous vu pour vous personnellement, quels projets vous ont le plus
touchée ?
Christelle Néant : Entre
autres, des projets liés à la pédagogie, à l'enseignement des valeurs
dès l'enfance. Je pense que c'est très important car un enfant construit
sans valeurs solides sera fragilisé et beaucoup plus facile à manipuler
par la propagande.
Je
m'intéresse aussi beaucoup à tout ce qui concerne l'intelligence
artificielle. J'étais ravie d'apprendre que la Russie investit beaucoup
dans ce domaine, je pense que cela va amener à des changements positifs,
y compris dans le cadre du journalisme.
Par
exemple, il y a des intelligences artificielles qui créent des images.
Elles permettront de créer une image sur mesure pour illustrer
parfaitement certains articles. Mais cela implique d'être honnête car le
risque existe que certains en usent pour tromper les lecteurs. Il
faudra réfléchir à cet aspect.
Vu sur l'application RT News
ontre l’OTAN est liée à une vision révolutionnaire du monde, à la
confiance dans la force de la lutte des classes.
Comme le souligne Franck Marsal, même si nos camarades grecs
analysent le conflit en Ukraine comme l’affrontement de deux
impérialismes, une thèse que, comme Franck, je ne partage pas, et qui va
jusqu’à nier le caractère socialiste de la Chine, la tâche urgente
reste pour un révolutionnaire la lutte contre l’OTAN. Nous mettons en
œuvre dans ce blog un dialogue des anti-impérialistes, nous plaidons
pour une Internationale apte à de tels échanges avec des perspectives et
un langage commun et plutôt que la critique des positions, la mise en
évidence des convergences. Comme les camarades du KKE et la plupart des
partis communistes, le parti communiste de Grèce est resté marxiste, ce
qui favorise le dialogue. La lutte des classes donne l’axe du combat et
l’appréciation des politiques gouvernementales comme celles de l’UE. La
paix qui est le but face à l’impérialisme, qui génère la guerre, doit
être recherchée en attaquant en priorité son propre impérialisme, avec
la lutte des classes comme moteur. C’est pourquoi pour des communistes,
défendre la paix doit en France comme en Grèce dénoncer et agir contre
l’OTAN, et le rôle joué par l’UE autrement on tombe dans la
collaboration de classe et la trahison des intérêts populaires, ce qui
fait le lit du fascisme. (note et traduction avec Deepl par Danielle
Bleitrach pour histoireetsociete)
Le 14 juillet, lors de la 32e réunion anti-impérialistede la Jeunesse communiste de Grèce (KMG)
à Nestorio, un événement a eu lieu sur le thème « Sommet de l’OTAN : un
nouveau carburant pour le feu de la guerre et de la concurrence », au
cours duquel Eliseos Vagenas, membre du Comité central du Parti
communiste de Grèce (KKE), chef du département international du Comité
central du KKE, a pris la parole.
Dans son discours, E. Vagenas s’est attardé sur les activités
criminelles permanentes de l’OTAN contre les peuples et il a souligné
que « le principal adversaire de l’OTAN à sa création était le premier
État ouvrier, le premier État socialiste, l’Union soviétique, qui a
émergé de la Seconde Guerre impérialiste mondiale avec d’énormes pertes,
mais en vainqueur, qui a accru son autorité parmi les peuples qui ont
lutté contre le fascisme, la chair de la chair du système capitaliste.
Puis un bloc de pays est apparu autour de l’URSS, les Républiques
populaires d’Europe centrale et orientale ont été formées.
Mais même lorsque le pouvoir ouvrier en Union soviétique et dans les
républiques populaires a été renversé, l’OTAN a poursuivi son travail,
[…] il était dans l’intérêt des capitalistes américains et européens qui
ont créé ce bras militaro-politique de ne pas le dissoudre. Ils ont
choisi de renforcer davantage l’alliance, de l’adapter de manière à ce
qu’elle poursuive leur travail, maintenant face aux intérêts concurrents
des capitalistes d’autres pays, comme la Russie et la Chine, qui se bat
aujourd’hui avec les États-Unis pour la primauté dans le monde
capitaliste mondial.
Ils ne pouvaient pas faire autrement, car ses créateurs ne
s’intéressaient qu’à une chose : le profit capitaliste. C’est la
couronne et la pierre angulaire de la société dans laquelle nous vivons.
Donc, pour le sécuriser, pour obtenir autant de parts que possible du
gâteau énergétique, des ressources naturelles, de la base de production
et de la part de marché, ils ont besoin de l’OTAN et d’autres « outils »
similaires pour les aider à avoir des soutiens géopolitiques, des bases
militaires, des troupes bien organisées prêtes à intervenir. Et là où
leurs paroles ne fonctionnent pas, ils utilisent le bâton, c’est-à-dire
l’opération militaire impérialiste et la guerre.
Lénine disait que la guerre est « une étape inévitable du
capitalisme, une forme aussi légitime de vie capitaliste que la paix ».
Telle est la guerre en Ukraine, depuis le début officiel de laquelle
506 jours se sont écoulés. Les conditions préalables à cette guerre ont
été créées au cours d’un recul historique, au cours de la
contre-révolution en 1989-1991, lorsque le processus
contre-révolutionnaire de renversement du socialisme a été achevé, que
l’URSS s’est effondrée, que les moyens de production, les usines, les
minéraux, le travail sont redevenus une marchandise et que le
capitalisme et l’exploitation de classe ont pris le dessus.
Nous parlons d’une guerre où, d’une part, la bourgeoisie d’Ukraine,
dont les alliés sont l’OTAN, l’UE, les États-Unis, et de l’autre, la
bourgeoisie russe avec ses alliés, entrent en collision. Cette guerre
est injuste des deux côtés, à la fois de la part de l’OTAN, qui utilise
l’Ukraine comme « fer de lance », et de la part de la Russie
capitaliste, qui sert objectivement de « coussin de sécurité » pour la
Chine dans la confrontation majeure que nous avons mentionnée ci-dessus.
Cette guerre est menée par les classes bourgeoises des pays
belligérants pour les matières premières, les soutiens géopolitiques, la
possibilité d’exploiter la force de travail, les moyens de transport
des marchandises, les parts de marché, etc.
Bien sûr, chaque partie justifie sa position sous des prétextes
différents. Si on vous dit aujourd’hui que vous ou vos enfants devrez
mourir pour le profit de quelques-uns exploiteurs, alors vous vous
sentirez mal à l’aise. Par conséquent, un côté – l’OTAN – vous dit que
la guerre est censée être menée pour la « patrie » et la « démocratie »,
et l’autre côté – la Russie capitaliste – dit qu’elle mène une guerre «
antifasciste », et de plus pour le « salut du monde russe »…
E. Vagenas a évoqué l’évaluation faite par le KKE du récent sommet de l’OTAN,
qui a décidé d’ajouter de l’huile sur le feu de la guerre en Ukraine,
ainsi qu’en général les plans militaires de ce mécanisme
militaro-politique agressif pour l’avenir. Dans son discours, il a
dénoncé le gouvernement, soulignant que « le gouvernement ND, avec le
soutien de SYRIZA et du PASOK, d’autres partis de l’euro-atlantisme, a
souscrit aux décisions susmentionnées, il entraîne de plus en plus la
Grèce dans la guerre impérialiste en Ukraine, mettant en danger notre
peuple ».
L’orateur a noté que « dans ces conditions, il est très important que
le peuple et les jeunes ne tombent pas dans l’appât de la propagande
euro-atlantique cultivée par tous les autres partis. Les membres du KKE
et du KKE ont mené diverses activités tout ce temps, révélant les
véritables causes de la guerre impérialiste afin que notre peuple ne
donne aucune « carte blanche » au gouvernement ND, qui, avec la
social-démocratie corrompue de SYRIZA-PASOK et la pourriture du monde
entier, manifestée par des forces nationalistes et d’extrême droite,
l’entraîne dans le carnage de la guerre.
Les résultats des récentes élections, le renforcement significatif de
la position du KKE, le fait que des centaines de milliers de personnes
ont voté pour notre parti, et beaucoup y ont même pensé, mais n’ont pas
encore pris les mesures appropriées, montrent que les états-majors
bourgeois sont confrontés à certaines difficultés pour laver le cerveau
du peuple et de la jeunesse à cause de nos activités.
Aujourd’hui, de plusen plus de travailleurs
peuvent comprendre que l’OTAN n’est pas une organisation éprise de paix,
pas une force pour la paix et la démocratie, mais un instrument
militaire contre les peuples, le bras armé de l’impérialisme
euro-atlantique face au camp impérialiste opposé.
Les événements anti-impérialistes de deux jours organisés par KMG
dans toute la Grèce, les grandes manifestations organisées par les
organisations du parti KKE dans les zones où se trouvent les bases
militaires, qui sont le tremplin de la guerre et aussi la cible de
frappes de représailles, contribuent à la préservation et au
renforcement dans l’esprit du peuple des germes de résistance au
capitalisme, aux monopoles, aux associations impérialistes et aux
alliances telles que l’OTAN.
Parce que le KKE n’a pas fait de compromis, contrairement aux
forces de « gauche », qui ont voté pour la poursuite de l’expansion de
l’OTAN avec la Finlande et la Suède, comme Syriza, par exemple.
Parce
que le KKE ne parle pas en termes généraux de la « dissolution » de
l’OTAN, comme le font un certain nombre d’autres forces en Europe, mais
se bat pour le retrait de notre pays et de chaque pays de celui-ci, et
en même temps souligne que le retrait des alliances impérialistes telles
que l’OTAN et l’UE peut devenir une réalité, avoir lieu irrévocablement
et pour le bénéfice du peuple, lorsque les clés de l’économie et du
pouvoir sont entre leurs mains.
La lutte contre l’organisation impérialiste de l’OTAN, ses armements,
ses armes nucléaires, ses guerres injustes et ses plans est une tâche
très importante de notre lutte actuelle.
Ceci, si vous voulez, est une tâche révolutionnaire, intimement liée à
notre lutte pour la Grèce, où le peuple sera le maître du pays et les
moyens de production travailleront au profit de tout le peuple, qui,
s’appuyant sur le contrôle ouvrier et la science, sera capable de gérer
l’économie pour satisfaire les besoins modernes du peuple, et non les
intérêts de la bourgeoisie parasitaire. Dans une telle Grèce, il n’y
aura pas de place pour les bases militaires et les troupes étrangères !
Il n’y aura certainement pas besoin de participer à des alliances
bourgeoises telles que l’UE et l’OTAN, puisque la bourgeoisie, avec le
système d’exploitation capitaliste, sera entrée dans l’histoire.
C’est pourquoi notre lutte contre l’OTAN n’est pas seulement une
ligne dans notre programme, mais une tâche révolutionnaire moderne,
urgente et nécessaire qui concerne toutes les couches populaires de
notre pays, ainsi que les peuples des pays membres de l’OTAN.
C’est notre tâche révolutionnaire, et elle est au-delà du pouvoir de
Ben Laden, ou de diverses organisations réactionnaires telles que les
talibans, qui étaient liés aux impérialistes par des milliers de fils,
ou des régimes bourgeois qui ont émergé à la suite de processus
contre-révolutionnaires similaires à ceux de Poutine dans la Russie
d’aujourd’hui, et certainement pas de l’ex-président milliardaire
américain D. Trump.
C’est, si vous voulez, ce qui nous distingue des forces dites «
anti-impérialistes », qui déforment l’impérialisme en tant que politique
étrangère agressive et non en tant que stade monopolistique actuel du
capitalisme, et donc elles sont obligées de choisir en ces matières ce
qui leur semble être le « moindre mal ».
Parce que notre lutte contre l’OTAN a pour point de départ la
résistance populaire et la rupture avec l’OTAN, une vision
révolutionnaire du monde et la confiance dans la force de la lutte des
classes en Grèce et dans le monde.
Parce que l’histoire est écrite par la lutte des classes !
C’est cette force qui renversera le système d’exploitation, le monde
de la concurrence et des interventions impérialistes, des guerres et
mettra fin au problème de la migration forcée, et à sa place surgira une
autre société où régneront la paix et la fraternité des peuples, une
société socialiste-communiste, comme celle dans laquelle les peuples de
Russie et d’Ukraine vivaient avant la restauration capitaliste et pour
laquelle nous nous battrons (maintenant nous sommes mieux préparés),
afin qu’il soit exempt des faiblesses et des erreurs qui ont conduit à
sa désintégration.
Parce que l’avenir de l’humanité, notre avenir, ce n’est pas le capitalisme, mais un monde nouveau, le socialisme ! »