mercredi 26 juillet 2023

Les Etats-Unis mettent en place le piège qui les conduit à la guerre avec la Chine.

Les États-Unis creusent leur propre piège de guerre en incitant à la confrontation. Si nous plaçons cette photo du voyage de Kissinger pour illustrer cette mise en garde de Global Times c’est pour bien marquer le sens de ce qui se joue aujourd’hui. La véritable dette qui menace le monde d’un monstrueux écroulement c’est celle des Etats-Unis et la guerre y compris nucléaire est leur fuite en avant. Ce vieillard proche de l’écroulement comme son pays est venu sans doute tenter d’obtenir de la Chine la survie qu’il a eue jadis, celle de 2008 également, un mélange de mise en garde et de propositions ultimes. L’UE a choisi son camp, n’y a pas que la réunion de l’OTAN, l’UE lors du sommet du G7 en mai, a accepté ce que l’on appelle le « derisking » de la Chine, sans pour autant approuver le « decoupling », c’est-à-dire un arrêt plus ou moins progressif des échanges commerciaux. Or selon la Chine, « la réduction des risques n’est qu’un découplage déguisé » et elle a conscience que la guerre est commencée et qu’il faut transformer les dangers en opportunité. Donc elle doit faire face à la tentative de bloquer son développement scientifique et technique auquel elle répond déjà par le contrôle des nombreuses terres rares nécessaires à la production non seulement de batteries de véhicules électriques, mais aussi de panneaux solaires. Ce mois-ci, la Chine a annoncé de nouvelles restrictions à l’importation de ces matériaux, une étape encore de ce qui est en train de devenir une guerre commerciale au cœur de l’écroulement du dollar sous le poids de la dette. Les BRICS vont tenter une parade monétaire, et les Etats-Unis et leurs vassaux de l’OTAN sont assez fous pour recourir à l’arme nucléaire et multiplient les provocations en mer de Chine. Donc face à ce vieillard, la Chine répond qu’il est trop tard, elle et le monde ont pénétré dans le détroit des tempêtes et cela depuis longtemps, il est impossible de retourner en arrière, il ne lui reste plus (il ne nous reste plus) qu’à apprendre très vite… La ceinture et la route, l’internationalisation de la Chine est entamée, la guerre d’Ukraine n’est vraiment pas le problème principal… Ce qui est fascinant et inquiétant c’est le niveau du débat français…(note et traduction de Danielle Bleitrach histoireetsociete) Publié: Jul 23, 2023 08:16 PM    



Être, ou ne pas être, telle est la question. Utiliser cette célèbre phrase de Hamlet de Shakespeare pour décrire la mentalité de certaines personnes à Washington envers la Chine ne pourrait pas être plus approprié.

S’il faut faire la guerre ou rester en paix avec la Chine est une question qui, bien que la plupart soient d’accord sur la réponse, semble rendre les Américains de plus en plus anxieux.

Jeudi, Raja Krishnamoorthi, le plus haut démocrate du comité spécial de la Chambre sur la Chine, a déclaré lors d’une audience que l’une des questions souvent soulevées par ses électeurs est de savoir comment les États-Unis peuvent éviter un conflit ouvert avec la Chine : « La majorité des Américains voient la Chine comme un concurrent, mais ils craignent que cette concurrence ne se transforme en guerre. » Il a cité un sondage de fin 2021 qui indiquait que 71% des Américains s’inquiétaient d’une guerre potentielle avec la Chine au cours des cinq prochaines années.

Pourquoi les Américains ont-ils de telles craintes ?

Il est facile de répondre si l’on regarde les politiques successives que Washington a introduites envers la Chine. Lors de cette audience, il y a également eu des appels à des sanctions complètes contre le géant chinois de la technologie Huawei et à des mesures de contrôle élargies à d’autres entreprises chinoises.

Il y a quelques jours, au Capitole, certains législateurs ont proposé une législation pour la République démocratique du Congo dans la lointaine Afrique parce que la Chine « contrôle » les ressources minérales du pays. Des projets de loi semblables se succèdent. Plus de 1 300 entreprises chinoises ont été sanctionnées par les États-Unis sous divers prétextes.

Dans le voisinage de la Chine, les troupes américaines sont intensivement mobilisées. Les diverses alliances que Washington est en train de mettre en place, dont on dit qu’elles sont dans l’intérêt de l’équilibre de la sécurité, ont toutes une cible tacite, la Chine.

Même le New York Times sent l’odeur de la guerre. Le titre de l’article publié dans l’édition en ligne du 13 juillet écrivait : « ‘Un acte de guerre’ : à l’intérieur du blocus du silicium américain contre la Chine ».

L’ancien président américain Ronald Reagan a dit : « La paix n’est pas l’absence de conflit, mais la capacité de faire face aux conflits par des moyens pacifiques. » Il suffit de changer un mot et il s’adaptera aux circonstances d’aujourd’hui : la paix n’est pas l’absence de concurrence, mais la capacité de faire face à la concurrence par des moyens pacifiques.

En surface, l’administration Biden a reconnu que la confrontation avec la Chine n’est ni dans l’intérêt de la Chine et des États-Unis, ni dans celui du monde en général.

Vendredi, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, a déclaré qu’il y avait une « réelle possibilité » de relations stables entre les Etats-Unis et la Chine, malgré la concurrence inhérente et les tensions persistantes entre les deux puissances.

Néanmoins, Washington a adopté un jeu d’endiguement à somme nulle et vise à « vaincre la Chine ». En fait, il réduit constamment l’espace pour une gestion pacifique et réduit sa capacité à gérer la concurrence par des moyens pacifiques.

La contradiction entre ce que dit la Maison Blanche et ce qu’elle fait est une réponse typique d’anxiété psychologique.

Le Dr Henry Kissinger, qui s’est récemment rendu en Chine, a mis en garde en 2020 contre le danger d’un conflit sino-américain qui pourrait conduire à la guerre, affirmant que « s’il n’y a pas de base pour une action coopérative [entre la Chine et les États-Unis], le monde glissera vers une catastrophe comparable à la Première Guerre mondiale ».

L’avertissement sous-estime également le concept de prophéties auto-réalisatrices, où les attentes ou les croyances sur une situation peuvent influencer le comportement qui confirme finalement ces attentes.

À Washington, il y a une forte conviction que la Chine envisage de remplacer les États-Unis en tant que puissance mondiale dominante et que ces derniers doivent réprimer les premiers d’une manière beaucoup plus sévère. Et il est peu probable que la Chine continue à se retenir sur ce point. Un nombre croissant de Chinois pensent que les États-Unis visent à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour entraver le développement de la Chine.

L’histoire nous dit que l’anxiété du pouvoir hégémonique est toujours liée à son malaise envers les challengers, et que la peur perpétuelle pourrait éventuellement conduire à des guerres contre les challengers. Nous craignons que l’administration Biden soit confrontée à une situation de plus en plus complexe lorsqu’il s’agit d’ajuster sa politique à l’égard de la Chine, ce qui l’empêche d’adopter une approche plus durable et plus souple pour gérer la concurrence avec la Chine. Washington peut-il gérer ou non sa politique hors de contrôle à l’égard de la Chine, telle est la question.

 

lundi 24 juillet 2023

Article de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, «En mémoire de toutes les victimes de l’Holocauste» pour le journal «Rossiyskaya Gazeta»

Ce que révèle cette déclaration est saisissant et effrayant. Nous avons grandi et avons été élevés dans la mémoire des crimes nazis et du sacrifice de millions de personnes pour venir à bout de cette ignominie.

Parmi les victimes du nazisme, comme parmi ceux qui l’ont combattu, il y a toutes sortes de gens, de tous âges, des hommes et des femmes, des gens de toutes nationalités, même des apatrides.

Les juifs ont, parmi les victimes, mais aussi parmi les combattants et les résistants une place particulière, centrale, celle de l’odieux génocide, de la volonté d’exterminer pour exterminer, du massacre planifié et industrialisé. Pour autant, le nazisme ne peut être absous d’aucun de ses crimes et c’est précisément ce que ceux qui sont revenus des camps, ceux qui ont vécu et résisté nous ont toujours enseigné. D’Oradour à Ascq, combien de villages martyrs en France, mais aussi dans tous les pays. Que pourrions-nous dissocier ? Et comme le souligne Maria Zakhkarova, comment oublierions-nous le sacrifice et l’héroïsme des habitants de Leningrad, unis dans un seul et unique combat ?

Aucune description de photo disponible.

La réécriture de l’histoire de la seconde guerre mondiale a commencé avec l’effacement du rôle central de l’Union Soviétique. Aujourd’hui, c’est comme si on nous préparait à faire un sordide tri dans les crimes nazis, à l’idée que, bon, tuer 6 millions de juifs, ce n’était vraiment pas bien et il y a repentance et indemnisation, mais que pour le reste, les plans d’Hitler pour l’Europe étaient tout à fait bien. Et que, d’ailleurs, on peut les mettre en œuvre plus puissamment par l’alliance entre l’Allemagne et les USA et plus habilement grâce aux techniques de manipulation moderne.

Quels sont les résultats de l’évolution de l’Europe (et du monde) sur les 30 dernières années ?
URSS : démembrée en 1991
Tchécoslovaquie : démembrée en 1992
Yougoslavie : démembrée de 1992 à 2003
Serbie : Démembrement en cours
Russie : Démembrement envisagé
Grèce : Humilié et rétrogradée

Relisez cette listes et pensez aux pays qui ont résisté aux plans d’Hitler en Europe …


Il y a aussi, dans de nombreux pays, l’interdiction progressive du communisme et réhabilitation du nazisme (particulièrement en Ukraine, avec la réhabilitation du collabo Bandera). Nous avons aussi comme signe frappant le réarmement accepté de l’Allemagne et du Japon.

Ne voyez-vous rien venir ? (note de Franck Marsal)

En mémoire de toutes les victimes de l’Holocauste

Le refus obstiné de voir la nature nazie du régime de Kiev a des raisons profondes qui sont alimentées par un nationalisme bien ancré en Occident, prenant sa racine dans des idées de supériorité et d’exclusivité.

Permettez-moi de donner un exemple concret.

Des décennies après l’une des pires tragédies de la Seconde Guerre mondiale – le siège de Leningrad – l’Allemagne décide, en 2021, de verser des indemnités aux habitants de la ville.

Comment arrêter le prix de près de 900 jours et nuits, qui ont coûté la vie à un million de personnes, militaires et civils, sachant que la grande majorité des habitants sont morts de faim ? Quelle est la valeur de l’exploit d’une ville entière par rapport à l’exploit d’une nation entière ? Comment payer pour le crime de guerre le plus grave de l’histoire non seulement de la Grande Guerre patriotique, mais de l’humanité tout entière ?

Il semblerait que toutes ces questions pâlissent devant la volonté de repentance affichée par Berlin.

Mais ce n’est pas le cas.

Du point de vue allemand, tout le monde n’a pas droit à une indemnisation. Seuls ceux qui peuvent prouver leur ascendance juive y sont admissibles. Une classification abominable et inexplicable sur la base de l’appartenance ethnique. C’est de la ségrégation, de la nourriture pour le néonazisme.

La Russie a soulevé cette question à plusieurs reprises auprès de l’Allemagne. Près de deux ans se sont déjà écoulés et cette règle “du sang” est toujours en vigueur, malgré nos critiques à l’égard de cet acte de discrimination raciale.

Au cours de ces années terribles, les habitants de Leningrad n’ont pas regardé les pièces d’identité des uns et des autres, ni la coupe des yeux des uns et des autres. Ils ont travaillé ensemble, se sont défendus ensemble, ont partagé des miettes de pain ensemble, ont survécu ensemble. Ils sont morts ensemble aussi.

Mais près de 80 ans plus tard, le gouvernement allemand a décidé que certains des rares vétérans survivants, témoins de ces terribles événements, sont plus dignes que d’autres, parce qu’ils ont dans leurs veines du sang présentant des caractéristiques génétiques différentes. Cela ne vous rappelle rien ? C’est justement le terrain propice à la réincarnation du nazisme et du fascisme.

En établissant une hiérarchie des survivants du siège de Leningrad basée sur leur ethnie, l’Allemagne rémunère en même temps les vétérans de la Wehrmacht et même, dans certains cas, ceux qui ont servi dans les unités punitives de la SS. Ainsi, le cas de Heinz Barth, un ancien officier SS nazi âgé de 80 ans qui purge une peine de prison à vie dans un pénitencier allemand pour sa participation au massacre de centaines de civils dans la ville française d’Oradour-sur-Glane en juin 1944, est bien connu. Il a été condamné par un tribunal de la RDA, mais après la réunification allemande en 1990, il a eu droit à un paiement mensuel de 450 dollars parce qu’il avait perdu une jambe pendant la guerre. En fonction du grade et du mérite, les pensions des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale se chiffrent en centaines et en milliers d’euros. Il s’est avéré récemment que Berlin paie aussi officiellement les anciens combattants-collaborateurs, c’est-à-dire ceux qui ont volontairement collaboré avec le Troisième Reich et les autorités d’occupation. Selon les informations obtenues par l’AFP, en Europe, les bénéficiaires de ces pensions se chiffrent à 1532 personnes, dont 573 en Pologne, 184 en Slovénie, 101 en Autriche, 94 en République tchèque, 71 en Croatie, 54 en France, 48 en Hongrie, 34 en Grande-Bretagne, autant aux Pays-Bas, 18 en Belgique.

Une fois de plus : l’Allemagne du XXIe siècle paie les collaborateurs qui ont livré des Juifs et des partisans à la police des forces d’occupation, mais ne veut pas payer les survivants du siège de Leningrad.

Il est d’autant plus effrayant de lire une nouvelle interview de Michael Brodsky, l’ambassadeur d’Israël en Ukraine, dans laquelle il disculpe une fois de plus le régime néonazi de Kiev.

Savez-vous ce qui rend cette interview particulièrement effrayante ? Le fait que les mots concernant les “héros Bandera et Choukhevitch” sont prononcés non seulement par un Juif, mais aussi par un habitant de Leningrad.

Oui, Michael Brodsky est né et a grandi à Leningrad.

Et voici ce qu’il dit : “Personne n’a le droit de m’enseigner, à moi ou à d’autres responsables israéliens, la meilleure façon de préserver la mémoire de l’Holocauste et de traiter les questions de mémoire historique. Nous votons à 90 % en faveur de l’Ukraine aux Nations Unies et dans d’autres organisations internationales. Nous envisageons de rejoindre la plate-forme de Crimée. Je n’exclus pas qu’à un moment donné, Israël décide de rejoindre la plateforme de Crimée. A l’heure qu’il est, Israël participe activement au transfert d’un système d’alerte précoce à l’Ukraine, qui, je l’espère, sera opérationnel dans un avenir proche. En septembre, une partie au moins de ce système devrait fonctionner”.

Mais pourquoi personne ne devrait-il pas osé enseigner à d’autres comment garder vivante la mémoire de l’Holocauste ? L’Holocauste est la persécution et l’extermination massive de membres de divers groupes ethniques et sociaux par les nazis.

C’est ainsi qu’il est consigné dans les documents internationaux les plus importants.

Résolution A/RES/60/7 de l’Assemblée générale des Nations Unies : “L’Holocauste, qui s’est traduit par l’extermination d’un tiers du peuple juif et d’innombrables membres d’autres minorités, demeurera à jamais pour tous les peuples un rappel des dangers de la haine, de l’intolérance, du racisme et des préjugés”.

Résolution 34C/61 de l’UNESCO : “La Conférence générale rappelle que l’Holocauste, qui s’est  traduit par l’extermination d’un tiers du peuple juif et d’innombrables membres d’autres minorités, demeurera à jamais pour tous les peuples un rappel des dangers de la haine, de l’intolérance, du racisme et des préjugés”.

Déclaration de Berlin de l’OSCE : “Les États participants s’engagent à promouvoir la mémoire de l’Holocauste et, le cas échéant, faire connaître cette tragédie ainsi que l’importance du respect de tous les groupes ethniques et religieux”.

Bien entendu, il y a des pays qui restent sans réaction face à de nombreuses résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ces documents ne sont pas contraignants et ceux qui ne sont pas d’accord avec eux ne sont pas obligés de les respecter. Mais en l’occurrence, Israël et la Russie figuraient parmi les principaux initiateurs de la résolution. Plus de 100 États l’ont coparrainée. De plus, la résolution a été adoptée par consensus, c’est-à-dire par tous les pays, sans vote. Ainsi, personne ne remet en cause la définition de l’Holocauste telle qu’elle est énoncée dans le texte.

Ces dispositions universelles et approuvées à l’unanimité nous guident face aux manifestations évidentes de haine ethnique, de ségrégation et de xénophobie en Ukraine, avec le soutien de l’Occident.

Par ailleurs, dans notre pays, nous ne divisons pas la victoire sur le fascisme ou la tragédie de l’extermination de personnes par les nazis sur la base de l’ethnie. Tout comme notre victoire est “une pour tous”, nous commémorons, lors de la Journée du souvenir et du deuil, tous ceux qui ont été torturés à mort par les nazis, indépendamment de leur ethnie, de leur religion ou de toute autre appartenance. Après tout, les monuments aux libérateurs de l’Europe du nazisme, érigés sur les tombes des soldats de l’Armée rouge dans les pays de l’UE, ne sont défendus que par la Russie et par des activistes individuels d’autres pays, sans que leur mémoire ne soit découpée en morceaux ethniques, géographiques ou religieux.

Par ailleurs, le terme “Holocauste” a une signification bien établie dans l’historiographie mondiale et son contenu ne se réduit pas à la caractérisation des atrocités commises par les nazis à l’encontre de la population juive exclusivement.

Prenons, par exemple, la définition de Britannica :

Holocaust, Hebrew Shoʾah (“Catastrophe”), Yiddish and Hebrew Ḥurban (“Destruction”), the systematic state-sponsored killing of six million Jewish men, women, and children and millions of others by Nazi Germany and its collaborators during World War II.

C’est-à-dire l’assassinat systématique, parrainé par l’État, de six millions d’hommes, de femmes et d’enfants juifs et de millions d’autres personnes par l’Allemagne nazie et ses collaborateurs au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Ou celle du dictionnaire de Cambridge :

The Holocaust was the systematic murder of many people, esp. Jews, by the Nazis during World War II.

L’Holocauste est donc le meurtre systématique de nombreuses personnes, en particulier (mais pas exclusivement) des Juifs, par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Et voici la définition du dictionnaire américain Webster :

usually the Holocaust : the mass slaughter of European civilians and especially Jews by the Nazis during World War II.

Holocauste : le massacre en masse des civils européens et en particulier des Juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Maintenant, quelles étaient ces “innombrables membres d’autres minorités” ? Rien n’est à inventer. Tout est dans les documents du Tribunal de Nuremberg. Ne considérons qu’un seul groupe : les Slaves.

Le concept du Generalplan Ost (1942) prévoyait la “réinstallation” de plus de 30 millions de Slaves et la “germanisation” de l’Est européen jusqu’à l’Oural. Ce plan est associé à la “solution finale de la question juive” : à la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942, il est question de l’extermination de 11 millions de Juifs européens.

Voici le contenu d’un des documents clés de Nuremberg – un mémorandum d’un fonctionnaire du ministère des Territoires de l’Est datée du 19 août 1942, contenant des instructions de Martin Bormann (document de Nuremberg R-36, US-699) : “Les Slaves doivent travailler pour nous, si nous n’avons plus besoin d’eux, qu’ils meurent. Les vaccinations et les soins de santé allemands sont donc inutiles. La fertilité des Slaves n’est pas souhaitable, qu’ils utilisent des préservatifs ou se fassent avorter, plus il y en a, mieux c’est. L’éducation est dangereuse. Il suffit qu’ils sachent compter jusqu’à cent. Le maximum autorisé est une éducation qui nous donne des mercenaires utiles”.

L’Allemand Heinrich Himmler, dont l’Allemagne moderne ne veut apparemment pas être tenue pour responsable des paroles et des actes, a également tenu des propos révélateurs sur les Slaves : “On sait ce que sont les Slaves. Un Slave n’a jamais été capable de construire quoi que ce soit. Les Slaves sont un peuple mixte basé sur une race inférieure avec des gouttes de notre sang, incapable d’ordre et d’autonomie. Ce matériel humain inférieur est tout aussi incapable de maintenir l’ordre aujourd’hui qu’il l’était il y a 700 ou 800 ans lorsque ces gens avaient convié des Varègues, lorsqu’ils avaient invité les Riourikides. Nous serons corrects avec ces animaux humains. Mais ce serait un crime devant notre propre sang que de les soigner et de les endoctriner avec un quelconque idéal et de rendre ainsi encore plus difficile leur traitement par nos enfants et petits-enfants” (Ce discours de Posen de Himmler est également inclus dans le corpus des documents de Nuremberg).

Je voudrais rappeler les paroles du grand écrivain soviétique Daniil Granine, habitant de Leningrad, prononcées d’ailleurs à la tribune du Bundestag allemand : “Sur les murs du Reichstag, on pouvait encore lire les inscriptions de nos soldats, parmi lesquelles je me souviens d’une inscription remarquable : “Allemagne, nous sommes venus à toi pour que tu ne viennes pas à nous”. La haine est un sentiment sans issue, sans avenir. Il faut savoir pardonner, mais il faut aussi savoir se souvenir. Il est pénible de se souvenir des années de guerre, toute guerre est faite de sang et de boue. Mais la mémoire des millions, des dizaines de millions de nos soldats qui sont morts est nécessaire. Presque tous mes compagnons d’armes et mes amis sont morts à la guerre, ils ont perdu la vie sans savoir si nous serions capables de défendre le pays, si Leningrad tiendrait, beaucoup sont partis avec un sentiment de défaite. Je voudrais leur dire que nous avons gagné et qu’ils ne sont pas morts en vain. A la fin, c’est toujours la justice et la vérité qui triomphent, pas la force”.

Tant Michael Brodsky que les Allemands, qui ont une fois de plus décidé de diviser les gens en fonction de leur ethnie, se verront demander, si ce n’est par leurs contemporains, du moins par leurs descendants : comment ont-ils pu trahir la mémoire du passé ?

Comprenez-vous pourquoi nous devons nous souvenir de l’Holocauste ? Non pas parce que les nazis ont tué une ou plusieurs ethnies spécifiques, mais parce que, en principe, il n’est pas permis de discriminer des personnes sur la base de leur ethnie, qu’il s’agisse de violence psychologique à l’encontre d’une seule personne ou de meurtres en masse de millions de d’hommes.

D’ailleurs, cela est également écrit dans la résolution A/RES/60/7 de l’Assemblée générale des Nations Unies : “L’Holocauste demeurera à jamais pour tous les peuples un rappel des dangers de la haine, de l’intolérance, du racisme et des préjugés”. Par conséquent, partout où l’on glorifie les nazis, où l’on assassine des personnes sur la base de leur appartenance ethnique, où l’on interdit l’identité nationale, il faut se souvenir de l’Holocauste. Il est nécessaire de s’en souvenir, car il a été inscrit dans le droit international à cette fin… Mais de plus en plus souvent, on ne s’en souvient pas. L’Holocauste n’est pas seulement une date par an. C’est notre code culturel commun, conçu pour nous rappeler le danger de la déshumanisation.

Malheureusement, aucun génocide n’a rien appris à l’humanité. Mais le plus horrible, c’est qu’aujourd’hui, les descendants des victimes eux-mêmes se font les avocats des bourreaux de leurs ancêtres. Et ce n’est qu’une étape avant l’apocalypse.

Et pour en revenir à la réticence de l’Allemagne à indemniser les survivants du siège de Leningrad non juifs, je voudrais souligner qu’en humiliant les victimes de l’Holocauste par la ségrégation, Berlin s’enfonce rapidement dans un nouveau gouffre de l’enfer nationaliste.


 

samedi 22 juillet 2023

RELENTS DE COLONIALISME

 

 RELENTS DE COLONIALISME

 

 

Un haut diplomate de l’Union européenne a déclaré la semaine dernière à Euronews : 

 

« Il semble que les gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes veuillent être perçus comme des partenaires égaux. » 

Le monde unipolaire dominé par les USA se meurt: les  politiques de l'ancien monde dominateur n'en ont pas encore pris conscience, semble-t-il.

De partout dans le monde les signes de l'avènement d'une cette nouvelle donne se multiplient. L'Occident continue de faire la sourde oreille. 

Pire: non seulement Biden continue de distribuer ses ordres aux chefs d'états européens, qui continuent de lui obéir le petit doigt sur la couture du pantalon, sans qu'ils aient encore compris, pauvres esclaves, que c'est  sa guerre que l'américain sénile exporte, alimente, et commande loin des USA. Son pays restera ainsi - lui semble-t-il- loin des dangers qui affecteront seulement L'Europe en cas de guerre mondiale qu'il prépare comme le grand malade qu'il est. Car la marionnette Zelinski se révèle de plus en plus clairement pour ce qu'elle a été conçue: le joujou des américains et de Biden surtout pour éliminer la Russie et continuer d'accroitre la puissance des USA dans ces temps de crise et de récession où ils ont bien besoin de se refaire la cerise.

Mais nos politiciens européens sont tellement serviles, non seulement ils nous imposent cette guerre sans nous demander notre avis, mais en plus ils méprisent jusqu'à l'humiliation  les pays qui osent vouloir se débarrasser du joug du dollar, et parce qu'ils refusent cet engrenage guerrier et de dépendance économique mortifère, ils "veulent être perçus comme des partenaires égaux" !!

Ils ont le culot de dire NON au diktat et aux manigances guerrières de l'empire économique US.

Çà ne marche plus: ce vieux monde unipolaire US est dépassé par la Chine dans de nombreux domaines. Partout on rabat les cartes.

Du coup, l'OTAN, ce dangereux outil de guerre de l'ancienne "Grande Amérique",  vit il ses dernières heures?

CUBA n'est plus seul face à l'ogre. Mais pas seulement: ils sont nombreux les pays qui subissent blocus et diktats américains. Et qui se rebiffent. De partout le front impérialiste se fissure, et craque. Et si les forces de Paix se rassemblent sur la planète, le danger de guerre s'éloignera d'autant plus sûrement.

Tous les pays libérés de la peur n'auront plus bientôt à craindre les foudres du capitalisme et de l'impérialisme. 

Une page se tourne: il serait temps que nos apprentis sorciers chefs d'états de notre petit continent alignés sur le dollar chaussent enfin des lunettes adéquates pour apprécier les changements qui s'opèrent partout autour de nous et malgré eux: ils se prenaient jusqu'ici pour le nombril du monde, il faut qu'ils se réveillent.

Ce qui aidera à faire enfin disparaitre ces relents du colonialisme qui empoisonnent la vie de notre planète depuis si longtemps....


 


 

 

Publié par El Diablo

 

RAPPEL :Nous devons préciser, à nouveau, la règle qui s'applique à ce blog depuis sa création à savoir que « publication ne vaut pas automatiquement approbation ». En effet, El Diablo n'est pas le blog d'un parti ou d'un syndicat, il se veut simplement espace d'information en direction, plus particulièrement, d'un lectorat militant progressiste en capacité de faire la part des choses et à qui certains éclairages peuvent être utiles.

******

Christelle Néant, rédactrice en chef du site Donbass Insider, est revenue le 19 juillet 2023 au micro de RT sur son expérience depuis 2016 en zone de guerre, après avoir été félicitée par Vladimir Poutine pour son travail d'information.

Le 19 juillet 2023, RT a reçu Christelle Néant, rédactrice en chef du site Donbass Insider, expatriée à Donetsk depuis 2016Elle nous a fait part de sa rencontre le jour même avec Vladimir Poutine, qui présidait la quatrième réunion du conseil de surveillance de la plateforme d'échanges «La Russie, pays d'opportunités». Elle a évoqué aussi ses activités dans le Donbass et l'attitude des autorités et médias français à son égard.

RT en français : Cet après-midi, vous avez participé à la rencontre de la plateforme «La Russie, pays d'opportunités» présidée par le président russe. Quelle impression en retenez-vous ?

Christelle Néant : J'étais assez impressionnée au début, c'était la première fois que je le rencontrais. J'étais très contente de voir qu'il soutient énormément l'importance de la vérité. Surtout quand on voit un certain nombre d'hommes politiques occidentaux qui passent leur temps à mentir, ça fait du bien de voir un homme d'Etat qui estime que c'est très important de dire les choses telles qu'elles sont.

RT en français : Comment vous êtes-vous sentie au Kremlin lorsque tous les regards étaient dirigés vers vous ?

Christelle Néant : J'étais très impressionnée, j'avais aussi très peur de faire des fautes car le russe n'est pas ma langue maternelle, donc je devais être très attentive pour ne pas faire trop de fautes pour être compréhensible. Mais je suis très contente d'avoir pu venir même si mon arrivée s'est passée dans des conditions un peu épiques : au départ je devais intervenir en visioconférence depuis Lougansk et on m'a annoncé hier qu'il fallait que je vienne à Moscou. J'ai donc passé la nuit sur la route.

RT en français : Vladimir Poutine a salué le travail de notre chaîne de télévision RT dans des conditions parfois très difficiles, en particulier en France, avec des annulations de licences, des interdictions de diffusion, etc. Mais il a surtout fait l'éloge de votre travail en tant que journaliste et de votre projet Donbass Insider. Pouvez-vous s'il vous plaît nous en parler ?

Christelle Néant : Le projet Donbass Insider est né en 2018, après la fermeture de l'agence d'information dans laquelle je travaillais à Donetsk. J'étais consciente qu'il fallait une plateforme pour pouvoir continuer à partager mes articles et mes reportages. Donc j'ai décidé de créer mon propre site. Je suis ancien webmaster donc j'ai tout fait moi-même. On a commencé à deux personnes puis on a agrégé autour de nous des auteurs et chroniqueurs, notamment Faïna Savenkova, une jeune auteure qui vit à Lougansk. Maintenant, elle a sa propre émission sur le site qui s'appelle «Labyrinthe». Elle y interviewe des politiciens, des journalistes, des géopolitiques, parfois en russe, parfois avec traduction en anglais ou en français, et elle rencontre un certain succès.

 

Si tout le monde disait la vérité, nous ne serions pas dans la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Maintenant, notre idée est de réunir un certain nombre de journalistes occidentaux qui sont dans la même situation que moi, c'est-à-dire des journalistes indépendants, et de créer une véritable agence de presse internationale, dont le leitmotiv sera «dire la vérité, absolument toute la vérité». Je crois que c'est très important parce que si tout le monde disait la vérité, nous ne serions pas dans la situation dans laquelle nous nous trouvons maintenant.

RT en français : Quel a été le déclic pour démarrer ce projet ? 

Christelle Néant : D'abord quand il y a eu Maidan, puis la Crimée et le début de la guerre dans le Donbass, j'ai beaucoup partagé de contenus de Russia Today et d'un certain nombre de journalistes indépendants comme Patrick Lancaster ou Graham Phillips qui étaient sur place. Puis en 2015 une agence a été créée, que j'ai commencé à aider. Et quand le dernier journaliste français est parti, j'ai réalisé qu'il n'y avait plus personne pour dire [en français] ce qui se passait réellement. J'ai été accusée de relayer de la «propagande du Kremlin».

Puis j'ai commencé à réfléchir au type de reportages que je voulais faire, en étant au maximum sur le terrain avec des sources primaires, c'est-à-dire des témoignages de civils. J'ai commencé à raconter tout ce qui se passait d'une manière très simple et sobre. J'ai essayé de faire tous les reportages à la première personne, en allant à la rencontre de la population. Et puis j'ai rejoint l'agence de presse à partir de 2016.

RT en français : Vous êtes venue dans le Donbass en 2016. Quel est votre travail maintenant ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Christelle Néant : La première difficulté était la langue car je ne parlais pas le russe à mon arrivée. Heureusement, j'avais une collègue qui parlait très bien anglais et m'a servi de traductrice au début. Puis elle m'a appris le travail de journaliste de guerre : comment filmer, quelles questions poser. Pour le reste, je me suis formée sur le tas.

Je fais très attention, surtout après [l’attentat]

de Daria Douguina.

RT en français : Lorsque vous avez subi des pressions, quels ont été vos soutiens ?

Christelle Néant : J'ai reçu du soutien de la part de mes lecteurs, d'abord sur Telegram, puis sur le site. Les gens pouvaient laisser des commentaires, discuter avec moi, je répondais à leurs messages. Ils m'écrivaient beaucoup de mots d'encouragement. J'ai eu le soutien de mes proches aussi. Des menaces, j'en reçois régulièrement, beaucoup d'insultes, glissées dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux. Mais je n'en tiens pas compte et je me concentre sur le positif.

RT en français : Vous vivez sur place, êtes-vous protégée au quotidien lorsque vous travaillez ?

Christelle Néant : Je fais très attention, surtout après ce qui est arrivé à Daria Douguina et Vladlen Tatarski. De plus, depuis 2016, je suis dans la base de données du site «Mirovtorets», qui est une Gestapo 2.0. J'ai toujours fait attention et je gère moi-même ma sécurité.

RT en français : Quelque chose a changé dans votre travail après le début de l'opération spéciale ?

Christelle Néant : Il est devenu très difficile de recevoir un soutien financier de la part de mes lecteurs car, dès le début de l'opération, toutes les plateformes de financement que j'utilisais ont été fermées. Mais, depuis, nous avons trouvé des solutions.

RT en français : Êtes-vous rentrée en France?

Christelle Néant : Non, et je ne reviendrai pas tant que les autorités seront aussi russophobes. L'année dernière, un confrère a été arrêté à son retour du Donbass. En Allemagne, une consœur encourt trois ans de prison pour avoir simplement rapporté le fait que les gens du Donbass soutenaient l'opération spéciale. On en arrive au niveau des pires dictatures.

RT en français : Vous êtes une Française, vous avez un passeport français. Si vous rentrez en France aujourd'hui, vous serez arrêtée à la frontière ?

Christelle Néant : Oui, je pense que oui. J'ai déjà reçu des menaces du ministère français des Affaires étrangères en 2016. Nous organisions un voyage dans le Donbass de gens ordinaires, pas de politiciens ni de journalistes. Juste des gens qui voulaient voir la situation de leurs propres yeux. C'est à ce moment que j'ai reçu une lettre du ministère des Affaires étrangères me menaçant de poursuites judiciaires.

Les statistiques sont univoques : entre avant et après l'opération spéciale, mon audience a été multipliée par 40.

RT en français : Votre travail en France est régulièrement discrédité. Comment l'Etat français traite-t-il votre travail ? Quelles sont les conséquences de dire la vérité au public européen sur les événements dans le Donbass et en Ukraine?

Christelle Néant : Le gouvernement français ne se mouille pas et agit via des médias et des think tanks qui pondent régulièrement des rapports sur la désinformation russe. C'est assez caractéristique car à chaque fois ils nous dénient le statut de journaliste, nous désignent comme des blogueurs, les influenceurs, etc., mais jamais comme des journalistes, malgré le fait que nous ayons des cartes de presse.

Mais leurs tentatives de nous discréditer ne changent rien. Les gens qui voient les faits que nous relayons comprennent où se situe la vérité. De plus en plus de gens ouvrent les yeux sur ce qui se passe. Les statistiques sont univoques : entre avant et après l'opération spéciale, mon audience a été multipliée par 40.

Cela est dû au fait que les médias français donnent des explications tellement improbables sur les raisons pour lesquelles l'opération spéciale a commencé, que les gens ne comprennent pas l'origine du conflit. Et comme ils ne trouvaient pas de réponse claire à leurs questions, ils ont été les chercher chez moi entre autres. Alors ils ont trouvé des réponses claires, un historique, où je fais de la pédagogie et je leur explique l'histoire du Donbass et de l'Ukraine.

 

On a raconté que les soldats russes se battaient avec des pelles…

RT en français : Donc de plus en plus de gens veulent connaître la vérité, savoir ce qui se passe réellement et se tournent vers vous. 

Christelle Néant : Oui, et ce phénomène s'est accentué avec les arguments de plus en plus absurdes de la propagande occidentale. Par exemple, on a raconté que les soldats russes se battaient avec des pelles... à tel point que même des personnes intoxiquées par la propagande se rendent compte que le discours est devenu absurde.

RT en français : Vous avez analysé les médias français. Selon vous, la propagande est «digne de Goebbels». Pouvez-vous nous en parler ?

Christelle Néant : Mes collègues et moi avons créé un groupe de bénévoles qui ont suivi pendant trois mois les publications de médias français et occidentaux (norvégiens notamment) pour étudier les articles consacrés au conflit en Ukraine et les classer en trois catégories : neutres, positifs pour la Russie ou russophobes. On a constaté que la grande majorité des articles était russophobe.

Et surtout, on s'est aperçus qu'un certain nombre de termes étaient répétés ad nauseam. Par exemple, dans le moindre article dont le contenu n'a qu'un rapport très éloigné avec l'Ukraine, on vous glisse un petit paragraphe sur «l'invasion ignoble de l'Ukraine par la Russie».

On a donc remarqué qu'il y avait des éléments de langage qui se répétaient non seulement au sein d'un même média, mais au sein de tous les médias français, du Figaro à Libération en passant par Le Point. Cela implique qu'il existe une concertation. Cela est assez inquiétant, car cela signifie que ces journaux sont aux ordres, qu'ils ne font plus leur travail. Nous avons ainsi effectué une analyse assez objective et le schéma qui se dessine est assez inquiétant.

RT en français : Vladimir Poutine a déclaré que, malgré ce qu'on nous fait croire, la Russie a «beaucoup d'amis», y compris en France. Avez-vous le sentiment que plus le conflit dure dans le temps, plus les gens changent d'avis sur ce qui se passe en Ukraine ?

Christelle Néant : Avant tout, les gens voient leur niveau de vie baisser. Pas seulement en France, mais aussi dans d'autres pays européens, ce qui est une conséquence des sanctions adoptées contre la Russie. Et les gens disent qu'ils veulent soutenir l'Ukraine, mais si cela signifie que le prix de leur essence va être multiplié par trois, ils ne sont pas si d'accord. C'est la première faille de soutien.

La seconde est, comme je le disais, la propagande absurde des médias et les gens y croient de moins en moins. Chaque mois, nous constatons l'arrivée d'environ un millier de nouveaux abonnés à notre chaîne. La plupart viennent de France, de Belgique, de Suisse, mais aussi de pays africains. Ces derniers ont souvent une bien meilleure compréhension de la situation car ils ne sont pas l'objet de ce matraquage que nous connaissons en France, en Allemagne ou en Angleterre.

Nous voyons de plus en plus de lecteurs du Moyen-Orient, du Maghreb, d'Afrique, voire d'Asie. Il y a la naissance d'une conscience des différents pays qui sont en-dehors de l'Occident que quelque chose ne va pas avec cet Occident et qui cherchent à s'informer réellement sur ce qui se passe. Et je pense que cet auditoire va continuer à croître.

RT en français : Aujourd'hui, lors de la réunion dans le cadre de la plateforme «La Russie, pays d'opportunités», quelles nouvelles opportunités avez-vous vu pour vous personnellement, quels projets vous ont le plus touchée ?

Christelle Néant : Entre autres, des projets liés à la pédagogie, à l'enseignement des valeurs dès l'enfance. Je pense que c'est très important car un enfant construit sans valeurs solides sera fragilisé et beaucoup plus facile à manipuler par la propagande.

Je m'intéresse aussi beaucoup à tout ce qui concerne l'intelligence artificielle. J'étais ravie d'apprendre que la Russie investit beaucoup dans ce domaine, je pense que cela va amener à des changements positifs, y compris dans le cadre du journalisme.

Par exemple, il y a des intelligences artificielles qui créent des images. Elles permettront de créer une image sur mesure pour illustrer parfaitement certains articles. Mais cela implique d'être honnête car le risque existe que certains en usent pour tromper les lecteurs. Il faudra réfléchir à cet aspect.

Vu sur l'application RT News

 


Comme le souligne Franck Marsal, même si nos camarades grecs analysent le conflit en Ukraine comme l’affrontement de deux impérialismes, une thèse que, comme Franck, je ne partage pas, et qui va jusqu’à nier le caractère socialiste de la Chine, la tâche urgente reste pour un révolutionnaire la lutte contre l’OTAN. Nous mettons en œuvre dans ce blog un dialogue des anti-impérialistes, nous plaidons pour une Internationale apte à de tels échanges avec des perspectives et un langage commun et plutôt que la critique des positions, la mise en évidence des convergences. Comme les camarades du KKE et la plupart des partis communistes, le parti communiste de Grèce est resté marxiste, ce qui favorise le dialogue. La lutte des classes donne l’axe du combat et l’appréciation des politiques gouvernementales comme celles de l’UE. La paix qui est le but face à l’impérialisme, qui génère la guerre, doit être recherchée en attaquant en priorité son propre impérialisme, avec la lutte des classes comme moteur. C’est pourquoi pour des communistes, défendre la paix doit en France comme en Grèce dénoncer et agir contre l’OTAN, et le rôle joué par l’UE autrement on tombe dans la collaboration de classe et la trahison des intérêts populaires, ce qui fait le lit du fascisme. (note et traduction avec Deepl par Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Le 14 juillet, lors de la 32e réunion anti-impérialiste de la Jeunesse communiste de Grèce (KMG) à Nestorio, un événement a eu lieu sur le thème « Sommet de l’OTAN : un nouveau carburant pour le feu de la guerre et de la concurrence », au cours duquel Eliseos Vagenas, membre du Comité central du Parti communiste de Grèce (KKE), chef du département international du Comité central du KKE, a pris la parole.

Dans son discours, E. Vagenas s’est attardé sur les activités criminelles permanentes de l’OTAN contre les peuples et il a souligné que « le principal adversaire de l’OTAN à sa création était le premier État ouvrier, le premier État socialiste, l’Union soviétique, qui a émergé de la Seconde Guerre impérialiste mondiale avec d’énormes pertes, mais en vainqueur, qui a accru son autorité parmi les peuples qui ont lutté contre le fascisme, la chair de la chair du système capitaliste. Puis un bloc de pays est apparu autour de l’URSS, les Républiques populaires d’Europe centrale et orientale ont été formées.

Mais même lorsque le pouvoir ouvrier en Union soviétique et dans les républiques populaires a été renversé, l’OTAN a poursuivi son travail, […] il était dans l’intérêt des capitalistes américains et européens qui ont créé ce bras militaro-politique de ne pas le dissoudre. Ils ont choisi de renforcer davantage l’alliance, de l’adapter de manière à ce qu’elle poursuive leur travail, maintenant face aux intérêts concurrents des capitalistes d’autres pays, comme la Russie et la Chine, qui se bat aujourd’hui avec les États-Unis pour la primauté dans le monde capitaliste mondial.

Ils ne pouvaient pas faire autrement, car ses créateurs ne s’intéressaient qu’à une chose : le profit capitaliste. C’est la couronne et la pierre angulaire de la société dans laquelle nous vivons. Donc, pour le sécuriser, pour obtenir autant de parts que possible du gâteau énergétique, des ressources naturelles, de la base de production et de la part de marché, ils ont besoin de l’OTAN et d’autres « outils » similaires pour les aider à avoir des soutiens géopolitiques, des bases militaires, des troupes bien organisées prêtes à intervenir. Et là où leurs paroles ne fonctionnent pas, ils utilisent le bâton, c’est-à-dire l’opération militaire impérialiste et la guerre.

Lénine disait que la guerre est « une étape inévitable du capitalisme, une forme aussi légitime de vie capitaliste que la paix ».

Telle est la guerre en Ukraine, depuis le début officiel de laquelle 506 jours se sont écoulés. Les conditions préalables à cette guerre ont été créées au cours d’un recul historique, au cours de la contre-révolution en 1989-1991, lorsque le processus contre-révolutionnaire de renversement du socialisme a été achevé, que l’URSS s’est effondrée, que les moyens de production, les usines, les minéraux, le travail sont redevenus une marchandise et que le capitalisme et l’exploitation de classe ont pris le dessus.

Nous parlons d’une guerre où, d’une part, la bourgeoisie d’Ukraine, dont les alliés sont l’OTAN, l’UE, les États-Unis, et de l’autre, la bourgeoisie russe avec ses alliés, entrent en collision. Cette guerre est injuste des deux côtés, à la fois de la part de l’OTAN, qui utilise l’Ukraine comme « fer de lance », et de la part de la Russie capitaliste, qui sert objectivement de « coussin de sécurité » pour la Chine dans la confrontation majeure que nous avons mentionnée ci-dessus. Cette guerre est menée par les classes bourgeoises des pays belligérants pour les matières premières, les soutiens géopolitiques, la possibilité d’exploiter la force de travail, les moyens de transport des marchandises, les parts de marché, etc.

Bien sûr, chaque partie justifie sa position sous des prétextes différents. Si on vous dit aujourd’hui que vous ou vos enfants devrez mourir pour le profit de quelques-uns exploiteurs, alors vous vous sentirez mal à l’aise. Par conséquent, un côté – l’OTAN – vous dit que la guerre est censée être menée pour la « patrie » et la « démocratie », et l’autre côté – la Russie capitaliste – dit qu’elle mène une guerre « antifasciste », et de plus pour le « salut du monde russe »…

E. Vagenas a évoqué l’évaluation faite par le KKE du récent sommet de l’OTAN, qui a décidé d’ajouter de l’huile sur le feu de la guerre en Ukraine, ainsi qu’en général les plans militaires de ce mécanisme militaro-politique agressif pour l’avenir. Dans son discours, il a dénoncé le gouvernement, soulignant que « le gouvernement ND, avec le soutien de SYRIZA et du PASOK, d’autres partis de l’euro-atlantisme, a souscrit aux décisions susmentionnées, il entraîne de plus en plus la Grèce dans la guerre impérialiste en Ukraine, mettant en danger notre peuple ».

L’orateur a noté que « dans ces conditions, il est très important que le peuple et les jeunes ne tombent pas dans l’appât de la propagande euro-atlantique cultivée par tous les autres partis. Les membres du KKE et du KKE ont mené diverses activités tout ce temps, révélant les véritables causes de la guerre impérialiste afin que notre peuple ne donne aucune « carte blanche » au gouvernement ND, qui, avec la social-démocratie corrompue de SYRIZA-PASOK et la pourriture du monde entier, manifestée par des forces nationalistes et d’extrême droite, l’entraîne dans le carnage de la guerre.

Les résultats des récentes élections, le renforcement significatif de la position du KKE, le fait que des centaines de milliers de personnes ont voté pour notre parti, et beaucoup y ont même pensé, mais n’ont pas encore pris les mesures appropriées, montrent que les états-majors bourgeois sont confrontés à certaines difficultés pour laver le cerveau du peuple et de la jeunesse à cause de nos activités.

Aujourd’hui, de plus en plus de travailleurs peuvent comprendre que l’OTAN n’est pas une organisation éprise de paix, pas une force pour la paix et la démocratie, mais un instrument militaire contre les peuples, le bras armé de l’impérialisme euro-atlantique face au camp impérialiste opposé.

Les événements anti-impérialistes de deux jours organisés par KMG dans toute la Grèce, les grandes manifestations organisées par les organisations du parti KKE dans les zones où se trouvent les bases militaires, qui sont le tremplin de la guerre et aussi la cible de frappes de représailles, contribuent à la préservation et au renforcement dans l’esprit du peuple des germes de résistance au capitalisme, aux monopoles, aux associations impérialistes et aux alliances telles que l’OTAN.

  • Parce que le KKE n’a pas fait de compromis, contrairement aux forces de « gauche », qui ont voté pour la poursuite de l’expansion de l’OTAN avec la Finlande et la Suède, comme Syriza, par exemple.
  • Parce que le KKE ne parle pas en termes généraux de la « dissolution » de l’OTAN, comme le font un certain nombre d’autres forces en Europe, mais se bat pour le retrait de notre pays et de chaque pays de celui-ci, et en même temps souligne que le retrait des alliances impérialistes telles que l’OTAN et l’UE peut devenir une réalité, avoir lieu irrévocablement et pour le bénéfice du peuple, lorsque les clés de l’économie et du pouvoir sont entre leurs mains.

La lutte contre l’organisation impérialiste de l’OTAN, ses armements, ses armes nucléaires, ses guerres injustes et ses plans est une tâche très importante de notre lutte actuelle.

Ceci, si vous voulez, est une tâche révolutionnaire, intimement liée à notre lutte pour la Grèce, où le peuple sera le maître du pays et les moyens de production travailleront au profit de tout le peuple, qui, s’appuyant sur le contrôle ouvrier et la science, sera capable de gérer l’économie pour satisfaire les besoins modernes du peuple, et non les intérêts de la bourgeoisie parasitaire. Dans une telle Grèce, il n’y aura pas de place pour les bases militaires et les troupes étrangères ! Il n’y aura certainement pas besoin de participer à des alliances bourgeoises telles que l’UE et l’OTAN, puisque la bourgeoisie, avec le système d’exploitation capitaliste, sera entrée dans l’histoire.

C’est pourquoi notre lutte contre l’OTAN n’est pas seulement une ligne dans notre programme, mais une tâche révolutionnaire moderne, urgente et nécessaire qui concerne toutes les couches populaires de notre pays, ainsi que les peuples des pays membres de l’OTAN.

C’est notre tâche révolutionnaire, et elle est au-delà du pouvoir de Ben Laden, ou de diverses organisations réactionnaires telles que les talibans, qui étaient liés aux impérialistes par des milliers de fils, ou des régimes bourgeois qui ont émergé à la suite de processus contre-révolutionnaires similaires à ceux de Poutine dans la Russie d’aujourd’hui, et certainement pas de l’ex-président milliardaire américain D. Trump.

C’est, si vous voulez, ce qui nous distingue des forces dites « anti-impérialistes », qui déforment l’impérialisme en tant que politique étrangère agressive et non en tant que stade monopolistique actuel du capitalisme, et donc elles sont obligées de choisir en ces matières ce qui leur semble être le « moindre mal ».

Parce que notre lutte contre l’OTAN a pour point de départ la résistance populaire et la rupture avec l’OTAN, une vision révolutionnaire du monde et la confiance dans la force de la lutte des classes en Grèce et dans le monde.

Parce que l’histoire est écrite par la lutte des classes !

C’est cette force qui renversera le système d’exploitation, le monde de la concurrence et des interventions impérialistes, des guerres et mettra fin au problème de la migration forcée, et à sa place surgira une autre société où régneront la paix et la fraternité des peuples, une société socialiste-communiste, comme celle dans laquelle les peuples de Russie et d’Ukraine vivaient avant la restauration capitaliste et pour laquelle nous nous battrons (maintenant nous sommes mieux préparés), afin qu’il soit exempt des faiblesses et des erreurs qui ont conduit à sa désintégration.

Parce que l’avenir de l’humanité, notre avenir, ce n’est pas le capitalisme, mais un monde nouveau, le socialisme ! »

20.07.2023