mardi 2 janvier 2024

 

Amis et camarades, frères et sœurs de combat, le pire n’est jamais sûr
L’avenir appartient à celles et ceux qui luttent
Bonne année de lutte, de justice et de fraternité pour la terre entière

ILS N'AURONT PAS NOTRE ESPOIR

lundi 1er janvier 2024 par Charles Hoareau (ANC)

A l’heure où les bombes tombent sur la Palestine, où des centaines de milliers de réfugiés agonisent au Soudan, où la guerre sévit en Europe et dans tant de pays du monde où l’impérialisme dans un regain de violence inouï veut imposer partout sa loi,

A l’heure où en France un gouvernement majoritairement constitué de repris de justice remplis d’argent et de privilèges piétine son peuple,

A l’heure où le « méprisant de la République » parle pour ne rien dire assuré qu’il est de ne pas avoir d’opposition capable de le renverser

A l’heure où la droite extrême triomphe non seulement à l’assemblée mais aussi dans les têtes de nos voisins que nous n’arrivons plus à entendre

A l’heure où tous les droits conquis de haute lutte après des années de durs combats de celles et ceux qui nous ont précédés sont grignotés méthodiquement un à un sans que nous ne sachions comment l’empêcher

A l’heure où ce qui reste de forces progressistes semble condamné à l’inefficacité, à s’écharper, à perdre ses repères pour finir par se déliter.

A ce moment où nous nous pensons impuissantes et impuissants face à un basculement du monde qui nous accable

A cette heure-là

A ce moment précis et à ceux qui vont le suivre, la plus grande menace qui pèse sur nous,

Ce ne sont pas les folies meurtrières dans lesquelles le capitalisme agressif, parce que moribond, veut nous entrainer,

Ce n’est pas la perte de nos derniers conquis sociaux,

Ce n’est pas la montée inexorable du racisme qui de fait n’a jamais cessé d’être systémique,

Ce n’est pas l’égoïsme qu’il nous semble voir grandir chez nos voisins de bureau, d’atelier ou de palier,

Ce n’est pas l’effondrement tant numérique qu’idéologique de forces que nous appelions encore naguère forces de progrès

Non, ce n’est pas tout ça même si tous ces dangers existent

|A cette heure-là, la plus grande menace qui pèse sur nos épaules c’est de cesser d’espérer[

C’est au lendemain du massacre de la Commune que naquit le syndicalisme en France

C’est en pleine guerre de 14-19 [1] qu’eut lieu la révolution d’Octobre qui fit se lever l’espoir sur la terre entière

C’est juste après que les ligues factieuses eurent cru vaincre qu’eut lieu le grand mouvement de 1936

C’est au cœur de l’hiver nazi que fut écrit le programme des « Jours heureux »

C’est malgré les massacres du 17 octobre 1961 et de Charonne, venant après 132 ans de domination sans partage, qu’eut lieu la libération de l’Algérie

C’est malgré l’infâme blocus que Cuba est toujours debout

C’est malgré les dizaines de milliers de soldats français sur leurs terres, que peu à peu les peuples se libèrent du joug colonial en Afrique de l’Ouest

C’est malgré l’innommable qui le touche que Georges Ibrahim Abdallah continue de lancer au monde son message de lutte derrière les murs de sa prison

C’est malgré les bombes en Palestine et le déluge médiatique en Occident, que la jeunesse du monde se mobilise semaine après semaine et cette nuit encore pour un passage à l’année nouvelle totalement inédit, émouvant et mu par l’espoir...

C’est dans cette année terrible que les dons humanitaires, viennent d’atteindre en France un niveau historique...


samedi 30 décembre 2023

 

L'Occident déboussolé     pcf littoral

Les États-Unis auraient proposé  au G7 de  confisquer 300 milliards de dollars d'actifs de Moscou, gelés après le lancement de l'invasion de l'Ukraine.

le Financial Times  fait semblant de s'intéresser à la"légalité" de l'opération comme s'il pouvait être légal de geler  l'avoir d'un pays avec lequel on n'est pas en guerre.Au temps de l'unilatéralisme, lorsque les Etats-Unis faisaient ce qu'ils voulaient, la question ne se posait pas. Ils ont par exemple confisqué l'or que le Venezuela avait malencontreusement confié à la Banque Fédérale.

 Désormais, au temps de la dédollarisation,  les ministres des Finances du G7 et leurs adjoints, ont "tenté d'évaluer les risques encourus." L’Europe, où est détenue la majorité des actifs, se montre plutôt prudente. Elle craint les représailles de la Russie. Cette dernière a averti qu’elle mettrait fin à ses relations diplomatiques avec les pays qui confisqueraient ses actifs.

L’UE, le Royaume-Uni et la France ont également souligné "que l’argent ne serait pas facilement disponible et insuffisant pour couvrir les besoins de reconstruction de l’Ukraine." C'est avouer le coût gigantesque de la guerre.

Derrière cette rodomontade, autre chose apparaît, la tentation de ne rien verser pour la reconstruction de l'Ukraine . "La Russie paiera" suppose pourtant la victoire. On est donc en plein délire.

 

 

Les communistes et l'immigration : quels principes adopter?

29 Décembre 2023 Publié dans #GQ, #Réseaux communistes, #Théorie immédiate, #Economie, #Qu'est-ce que la "gauche", #élection 17

Georges Marchais, calomnié sur la question de l'immigration par la gauche petite bourgeoise. Un des articles les plus consultés sur RC

Georges Marchais, calomnié sur la question de l'immigration par la gauche petite bourgeoise. Un des articles les plus consultés sur RC

Texte publié en 2016, toujours actuel, bien que le vent ait commencé à tourner sur la question avec le début de la démondialisation, et qu'elle ait perdu de son importance devant la marche vers la guerre dans le monde.

Il n'y a pas de différence aux yeux des communistes entre travailleurs français et immigrés. Mais les communistes ne devraient pas pour autant défendre la liberté de l'immigration, s'ils veulent renouer avec les masses. La solidarité des militants de gauche avec les réfugiés est louable, mais elle tend à accréditer l'idée qu'ils sont partisans d'ouvrir totalement les frontières à la main d'œuvre de provenance extérieure. Certains militants de la sphère NPA - refondateurs du PCF ont d'ailleurs allègrement franchi le pas depuis longtemps. Or à l'intérieur du système capitaliste, et on ne va pas changer ce système demain matin, ce sont les frontières qui préservent en dernière analyse le niveau des salaires et les acquis sociaux.

Une campagne implicite pour libéraliser les migrations internationales se développe, en exploitant les images terribles des naufragés de la Méditerranée et des migrants maltraités par la police aux frontières de l'espace de Schengen. On veut faire passer les migrations à l'heure de la "mondialisation" pour une nécessité inévitable et en définitive positive de la modernité, et faire apparaître du même coup toute opposition à leur développement comme un signe de sclérose et d'inhumanité. On sait que les militants se laissent facilement prendre par les sentiments de nos jours, depuis qu'ils ont perdu l'intelligence du marxisme. En cédant à la pression morale des médias mainstream, ils font cependant directement le lit de l'extrême droite.

Quelques thèses évidentes pour commencer :

1) Les migrations et les migrants ne sont en soi ni bons ni mauvais. On peut les critiquer sans être considéré automatiquement comme raciste.

2) Voyager et changer de pays sont des libertés individuelles dont jouissent tous les riches, partout dans le monde. Les mesures de limitation de l'immigration ne s'appliquent donc qu'aux pauvres. Il faut tendre à terme à un monde où chacun pourrait choisir librement son pays. Mais ce n'est pas notre monde capitaliste d'aujourd'hui dans lequel il nous faudra vivre encore assez longtemps.

3) La migration d'un pays à un autre peut être revendiquée comme un droit de l'individu, mais dans la limite des possibilités concrètes de l'exercer. Il faut se souvenir que les fameux Droits de l'Homme de la bourgeoisie, auxquels on en revient toujours dans ce débat comme si c'étaient les Dix Commandements, stipulent que chacun est libre de quitter son pays et d'y revenir. Mais ils n'affirment pas le droit de se rendre et de s'installer dans le pays de son choix.

4) L'exercice de ce droit suppose que l'immigrant adopte les usages du pays où il choisit de vivre et en quelque sorte s'y fonde dans la masse. En général il migre justement dans ce but. Sinon au moins qu'il fasse suffisamment de compromis pour pouvoir s'y adapter. Pour les immigrés et leurs enfants, revendiquer une fierté identitaire séparatiste ne peut aboutir qu'au rejet et à la marginalisation. Le racisme plus ou moins prononcé de populations autochtones ne peut pas servir d'argument pour l'affirmation identitaire des groupes qui en sont victimes car le séparatisme en retour agresse l'ensemble des autochtones qui se sentent dépouillés peu à peu de la jouissance de leur territoire et réagissent par la xénophobie (le cas des populations afro-américaines est particulier à cause de l'expérience de l'esclavage et de la ségrégation et ne peut pas servir de paradigme, d'autant qu'elles sont présentes en Amérique depuis Christophe Colomb, et ne peuvent pas être considérées comme des immigrés aux États-Unis).

5) En régime capitaliste les immigrants sont utilisés comme main d'œuvre bon marché, pour faire pression à la baisse sur les salaires et les revenus indirects. Ils sont aussi utilisés comme un capital humain, dérobé par les pays impérialistes aux pays plus faibles, qui perdent ainsi leur investissement en formation dont ils récupèrent une petite partie sous forme de retours financiers au pays natal. L'organisation de l'immigration massive en Europe de réfugiés syriens a également eu pour but de provoquer l'effondrement de la Syrie, sur le modèle de celui de la RDA en 1989. Une politique socialiste réaliste limiterait donc dans les faits le droit à l'immigration (et encore plus, comme il lui a été reproché pendant la guerre froide, à l'émigration).

6) La concurrence entre travailleurs engendre du ressentiment, et chez beaucoup le rejet de l'immigration et des immigrés. Ce rejet est un produit objectif de la situation, et les prêches moralisateurs sont sans effets contre lui.

7) Il faut affirmer clairement qu'être "contre l'immigration" et être "contre les immigrés"  ce n'est pas la même chose. Dans le premier cas on prône un changement de politique économique et démographique qui peut être justifié ou non, qui souvent ne l'est pas, mais qui est une opinion dont l'expression est légitime; dans le deuxième cas on prend des boucs émissaires, attitude qui doit être combattue par les communistes par l'éducation, sauf dans le cas où on a affaire à un raciste idéologique endurci, du genre de ceux qui croient en la suprématie biologique de l'homme blanc [et qui dominent en ce moment le régime ukrainien issu du coup d'État de 2014]. Mais il est totalement abusif et honteux d'amalgamer toutes les critiques de l'immigration à ce type de positions néonazies.

8) Les questions de savoir si l'immigration est bonne ou mauvaise pour la classe ouvrière du pays d'accueil, pour les pays d'origine des migrants, et pour les migrants eux-mêmes sont des questions de sociologie et d'économie scientifique, dont les réponses peuvent varier selon la situation réelle. On doit donc pouvoir en discuter sans préjugés et sans tabou.

9) La France est un pays traditionnel de l'immigration politique et cette tradition d'accueil fait partie de son identité. Mais il n'y a pas de raison ni de mérite à y accueillir des oligarques kleptocrates russes, des terroristes islamistes (ou d'autres causes), des fondamentalistes, ou des pseudo-dissidents cubains ou chinois stipendiés par l'Occident.

10) La revendication de la régularisation automatique de tous les sans-papiers est un mot d'ordre irresponsable, gauchiste, d'essence ultralibérale. Il joue son rôle dans la conjoncture sinistre qui pousse les migrants à risquer leur vie en masse en cherchant à passer en Europe à n'importe quel prix.

11) L'idée, fréquemment défendue à la CGT, qu'il suffirait de régulariser tous les travailleurs sans-papiers pour mettre fin à leur surexploitation et à la pression à la baisse qu'ils exercent sur le marché du travail ne résiste pas à l'analyse : une telle régularisation globale déclencherait une nouvelle arrivée massive, et la situation sur le marché du travail serait encore aggravée pour les travailleurs.

Faut-il dire que "l'immigration est une chance pour la France" ? Elle l'est dans le sens où elle a toujours lieu dans l'intérêt de l'économie du pays d'accueil (sinon elle cesse immédiatement comme on a pu voir en 2009 avec la crise). Mais l'intérêt de l'économie pilotée par la bourgeoisie et celui de la classe ouvrière n'est pas le même. Ce n'est pas par bêtise ou par racisme que les prolétaires français ou étrangers installés depuis longtemps en France sont réticents à l'égard des sans-papiers. Ils sont souvent excédés par des campagnes bien intentionnées mais irréfléchies et pensent que "j'ai bien mes papiers, ils n'ont qu'à en avoir eux aussi avant de venir en France". Il faudrait changer de ton à leur égard pour commencer, si on veut combler la fracture entre "la gauche" et le peuple et s'opposer vraiment, et pas qu'en intention, à l'influence du FN et à la désertion des urnes.

La régularisation des sans-papiers ne va pas de soi, ceux qui la défendent doivent convaincre qu'elle est justifiée au cas par cas.

Les communistes pourraient, s'ils avaient un tant soit peu de courage politique [on peut toujours rêver], défendre un programme demandant la limitation ou l’arrêt de l’immigration, sans être confondu aux yeux du peuple (qui voit juste, disait Mao) avec l'extrême droite. Mais pour ceux qui ne comprendraient pas bien, voici explicitement la différence entre une politique restrictive de l’immigration émanant de l’extrême droite, et une telle politique émanant de communistes.

Sans doute d'aucuns vont m'objecter ici avec la mauvaise foi candide que donne la bonne conscience que l'on ne peut pas lutter contre l'extrême droite en reprenant son programme. Mais l'extrême droite n'est pas contre l'immigration mais contre les immigrés, et ce n'est pas une simple affaire de mots.

L'extrême droite veut non pas arrêter l’afflux d’immigrants, mais chasser ou persécuter les immigrants déjà installés et leurs enfants et descendants, et principalement les Noirs et les musulmans. Elle n'est pas opposée, loin de là, à l'immigration de chrétiens et de blancs. Peu lui importe le fait que l’immigration au départ soit une politique destinée à comprimer les salaires par la concurrence entre exploités, ce qui devrait lui plaire, car elle pense parvenir au même résultat par la simple force de la répression, dont elle est fétichiste, et par la persécution du mouvement ouvrier. En fait elle veut détruire la nation française réelle, fondée en 1789, pour revenir à un fantasme de la nation traditionnelle de l'Ancien Régime. Des guerres de la Révolution à la Commune et à la seconde guerre mondiale c'est elle est le parti de la trahison et des puissances étrangères. Aucune réconciliation possible avec cela.

Mais même si certains néonazis sont obsédés par la purification de la soi-disant race blanche, son but réel est la création d’un prolétariat discriminé et d’une société d’apartheid. Si elle avait réalisé son rêve de garder l’Algérie française, il y aurait maintenant 45 millions de citoyens de seconde zone en France. Dans les conditions actuelles, elle est prête à importer des millions d'Ukrainiens encadrés par des groupes néo-nazis. Elle le fait déjà en Espagne. Historiquement, on constate que les militants d'extrême droite, symptomatiquement, se recrutent très souvent parmi les cadres expatriés en Afrique, et dans les directions du personnel de l'industrie, sans parler des syndicats jaunes, qui sont en contact direct avec la main d'œuvre immigrée et organisent son exploitation.

Les communistes devraient défendre la politique migratoire qui permettrait l’intégration la meilleure des immigrés déjà présents et de leurs enfants à la nation française, et plus précisément concernant les ouvriers qui sont largement majoritaires dans l’immigration, leur intégration à la classe ouvrière française, ce qui ne peut se faire que dans la lutte commune pour les intérêts communs de tous les travailleurs.

Ralentir ou faire cesser provisoirement l’immigration est nécessaire pour améliorer l’intégration. Aux États-Unis, ce sont précisément les lois contre l'immigration de 1919, pourtant destinées à préserver le pays de la contagion révolutionnaire, qui ont relancé involontairement le processus d'intégration des Noirs américains au monde du travail industriel et des grandes métropoles, préalable à leur émancipation relative des années 1960.

Une mauvaise intégration massive, avec son corolaire de pauvreté, d’échec scolaire, de chômage, de ghettoïsation, condamne une part importante des immigrés à devenir un nouveau lumpenprolétariat sans espoir, qui remplit les prisons et nourrit des réactions de racisme ordinaire parmi les français sans autre identité particulière qui restent largement majoritaires (plus de 90% de la population).

Les communistes dignes de ce nom devraient s’opposer explicitement à la théorie libérale de la libre migration internationale dans les conditions du capitalisme, qui considère d'ailleurs la nation comme dépassée dans l’ensemble euro-atlantique, et donc l’intégration inutile. Or on finit toujours par s'intégrer à quelque chose. Les groupes gauchistes qui considèrent l'intégration à la culture française des immigrés résidant en France comme une forme de colonialisme moral défendent objectivement à la place l'intégration à la culture de la marchandise et du spectacle, à l'Occident sous la conduites des État-Unis, la patrie globale du capital, ou sinon le repli identitaire-religieux. Bref, à l'empire américain-européen-chrétien-blanc, ou à DAESH.

Enfin des immigrés explicitement antifrançais faisant obstacle à l’intégration de leurs compatriotes ou coreligionnaires n’ont évidemment pas leur place dans le pays. Prendre leur défense aboutirait uniquement à susciter un mépris populaire bien mérité.

Dans l’application de leur politique restrictive de l’immigration, la droite, l’extrême droite, et les "socialistes" proposent essentiellement des pratiques de discrimination et de harcèlement des immigrés, qui sont fondamentalement racistes. Les communistes frapperaient sans merci les employeurs de main d'œuvre étrangère illégale, français ou étrangers, y compris les particuliers, et leurs donneurs d'ordres (surtout français, et parfois même relevant de l'État!). Les communistes lanceraient des politiques de codéveloppement ambitieuses avec les pays d'origine des migrants, qui ne sont possibles qu'en quittant le cadre européen. Lequel cadre introduit, comment ne le voit-on pas, une discrimination intolérable entre les étrangers selon leur origine, leur religion et leur couleur de peau.

Il faut remarquer qu’à part les gauchistes de tendance libertaire et les partisans idéologiques du libéralisme économique cohérents avec leurs idées, personne ne défend réellement la liberté de l’immigration, et donc tous (gauche comprise) doivent aussi assumer la nécessité de procéder à des expulsions.

Mais les travailleurs immigrés ne peuvent pas s'intégrer à une nation sans patriotisme, où la petite bourgeoisie mondialisée et décervelée par les médias mainstream dénigre sans cesse son propre pays, et déstructure son propre langage, dans l'espoir de complaire à l'impérialisme.

Le nationalisme tant reproché aux communistes réels (ceux qui ont réellement agi) est un nationalisme défensif et de libération, et non le chauvinisme impudent et grotesque qui accompagne les tendances impérialistes. On ne peut les confondre que par ignorance crasse, ou en usant de la plus complète mauvaise foi. En fin de compte, la différence est claire entre le pseudo-nationalisme raciste prompt à la trahison et le patriotisme, entre Vichy et la Résistance de l’Affiche Rouge.

Les politiques libérales de migration, qui aident à la dissolution des nations et la suppression des frontières qu’exige la bourgeoisie transatlantique, développent dialectiquement une opposition radicale, parfaitement légitime, mais tout est fait, en particulier par la promotion médiatique des porte-paroles de l'extrême droite, pour que la colère des masses soit récupérée par les mouvements racistes et xénophobes, et ainsi stérilisée, et diabolisée. Le piège est grossier. Certains militants de gauche et d’extrême gauche semblent pourtant bien prompts à y donner. C'est qu'ils sont plus intéressés par la posture morale que par l'action, ou bien qu'ils confondent militantisme politique et aide humanitaire. Ou, tout simplement, qu'ils ne sont pas les révolutionnaires qu'ils prétendent être.

La liberté des migrations est une idée bourgeoise, une idée stratégique de la bourgeoisie, et ne peut pas figurer au programme d'une organisation prolétarienne !

 

GQ, 18 juin 2015, mis à jour 5 septembre 2016, relu le 27 décembre 2023

 

 

Général de division israélien sur la situation réelle à Gaza

vendredi 29 décembre 2023 par Al Manar (Liban)

Informations en provenance de l’autre côté du miroir comme le dit BD de l’ANC. Ce général est-il antisémite ? En tout cas il n’aurait pas été publié en France ! (JP-ANC)

Le journal israélien Haaretz a publié un article d’opinion de l’ancien général de l’armée israélienne Yitzhak Brick, dans lequel il affirme que « l’armée israélienne et certains analystes présentent une fausse image de l’assassinat de milliers de combattants du Hamas cachés dans les tunnels ».

Le général de réserve Brick a déclaré « qu’il était parvenu à cette conclusion, sur la base d’informations recueillies auprès des soldats et des officiers combattant dans la bande de Gaza ».

« La plupart des batailles ne se déroulent pas frontalement, comme le prétendent le porte-parole militaire ou les analystes, et la plupart des morts et des blessés ont été touchés à la suite des tactiques militaires du Hamas, dont les combattants sortent des ouvertures des tunnels pour affronter les soldats et les blindés israéliens, puis retournent dans les tunnels », a-t-il ajouté.

L’article indique que « l’armée israélienne ne dispose pas de solutions rapides pour faire face à ce problème ». Selon le général israélien, « de nombreux officiers combattant à Gaza lui ont avoué qu’il serait très difficile, voire impossible, d’empêcher le Hamas de se reconstruire, même après toutes les destructions que l’armée israélienne a infligées à ses bases ».

Selon Brick, « les hauts responsables de l’establishment sécuritaire et militaire veulent présenter la guerre comme une victoire majeure avant que le paysage ne devienne clair ».

Il a noté « qu’Israël coopère avec d’importantes chaînes de télévision pour obtenir une image de victoire », et a souligné que « cette guerre pourrait être la guerre la plus documentée au monde par des enregistrements vidéo ».

Brick a écrit « qu’il aurait été préférable que les objectifs militaires soient plus modestes, car la destruction du réseau de tunnels souterrains du Hamas pourrait prendre des années et coûterait de nombreux morts à l’État israélien, car les tunnels du Hamas sont reliés à la péninsule du Sinaï sous la ville de Rafah ».

L’auteur souligne que l’armée sera obligée de quitter les zones urbaines surpeuplées et de recourir à un mécanisme de « chirurgie militaire » à travers des incursions terrestres et de frappes aériennes précisément dirigées par les services de renseignement.

À la fin de son article, l’écrivain s’interroge sur la capacité des politiques et des hauts responsables de sécurité à envisager « des solutions originales » pour se créer une meilleure image que celle des "plus grands perdants".

Photo  : Il parait que les israéliens connaissaient parfaitement l’existence de ce fameux "plus grand tunnel" construit par le Hamas ??? Apparemment, ils n’ont pas l’air d’en trouver beaucoup d’autres !!!(JP-ANC)

 

Les crypto-sionistes

Autour du sionisme, il y a cette zone grise de ceux qui soutiennent Israël mais se défendent avec vigueur d'être sionistes. Ce sont les crypto-sionistes.

Le crypto-sioniste n’est pas sioniste. Il n’est pas non plus antisioniste. Mais il n’existerait pas sans l’existence du sionisme. L’un ne va pas sans l’autre. Le crypto-sioniste est indéfinissable. On ne peut le saisir qu’à travers la description de ses comportements.

Le crypto- sioniste n’est pas juif, par définition. Mais il peut l’être. Le crypto-sioniste est un être rationnel. Il ne recourt pas à un droit de propriété biblique, messianique, religieux sur la terre. S’il parle de la Shoah, c’est pour souligner la nécessité d’un État pour protéger les juifs, d’un refuge national. Il est toujours laïc mais il est bien plus indulgent envers l’extrémisme religieux juif qu’envers l’islamisme. Que l’État d’Israël soit un État juif ne le gêne pas. Mais que l’État palestinien soit un État islamiste l’incommoderait au plus haut point, et même déclenche son indignation laïque.

Le crypto-sioniste et l’islamisme

Le thème récurrent du crypto-sioniste est le danger de l’islamisme. Il veut englober la question palestinienne dans un conflit contre l’islamisme mondial. II fait le pont entre le 11 septembre, l’attentat du " Bataclan" à Paris, le 7 octobre récent, bref entre ce qui se passe en Palestine et la lutte globale contre le "terrorisme islamiste" Il dissout la question palestinienne dans un grand complot islamiste, une guerre de civilisation.

Il le répète, il n’est pas anti palestinien, il est anti islamiste. Il peut se prononcer, à certains moments, pour un Etat palestinien mais il n’acceptera jamais un État islamiste palestinien. Le crypto sioniste ne mène pas la lutte contre le peuple palestinien mais contre Hamas. Vous me direz que cela revient en pratique au même puisque les palestiniens soutiennent aujourd’hui Hamas. Mais cela, il le nie.

Le crypto-sioniste est donc devenu, à posteriori, un admirateur de l’organisation palestinienne Fatah, "martyrisée" à son sens, par Hamas. Il ne tarit pas d’éloges pour "la tendance laïque de l’OLP" qu’il qualifiait naguère de "dangereux terroriste".

Le crypto-sioniste est plutôt de gauche mais il peut être de "droite" et même d’extrême droite, ces notions étant tout à fait relatives et évoluant suivant le lieu et le temps. Bref, on en trouve dans toutes les familles politiques occidentales. Mais il est dans tous les cas occidentaliste et aussi atlantiste. C’est le corpus idéologique du crypto-sioniste, l’idée maitresse, chez lu i : qu’Israël est un" bastion avancé de l’occident".

Étant avant tout occidentaliste, et dans la mesure où l’Occident a dominé ou influencé à des degrés divers tous les pays du monde, le crypto-sioniste, peut se manifester à travers toute appartenance culturelle ou religieuse, chrétienne ou autre. On peut donc, tout aussi bien le retrouver, parfois, dans les élites occidentalistes des pays arabo-musulmans. Celles-ci partagent certains traits du crypto- sioniste européen, notamment l’hostilité épidermique à tout islamisme. On reconnait le crypto-sioniste, dans les pays arabo-musulmans, à ce qu’il se distingue notamment par une réserve et un silence prudents sur le génocide de Gaza, et à la sympathie qu’il trouve dans des milieux occidentaux pro-israéliens influents ainsi qu’ en Israël. L’Occident et les États arabes affiliés savent récompenser et entretenir ces élites par des récompenses et une notoriété factice. C’est l’histoire du Faust de Goethe qui ne cesse de se répéter à travers les âges.

Le crypto-sioniste est plutôt un intellectuel. Il a un haut niveau culturel. Son idéologie demande, en effet, l’élaboration d’un argumentaire culturellement assez compliqué. Elle nécessite de manier le paradoxe comme par exemple qu’Israël libère les palestiniens du Hamas en les bombardant, que "c’est Hamas qui est responsable du carnage de Gaza et de tout ce qui se passe" etc.

Le crypto-sioniste se réclame, avant tout, d’un humanisme. Il se rattache souvent à des traditions de la gauche européenne. Ainsi, il a par exemple ses références dans les "kibboutz socialistes". Il verse des larmes de tendresse sur ces kibboutz, autour de Gaza , qui ont été, pourtant, déplore-t-il, "les premières cibles" des habitants de Gaza. "Les ouvriers palestiniens de Gaza venaient y travailler, ils y étaient soignés", soupire le crypto-sioniste de gauche, déçu par tant d’ingratitude. Mais le même ne supportera pas que ces Palestiniens, qu’il aime tant, lui rappellent que les Kibboutz sont sur leurs terres.

Le palestinien errant depuis des décennies de la Palestine, à la Jordanie, et de la Jordanie à Beyrouth, et de Beyrouth à Tunis, et puis dans le monde entier, a remplacé le mythe du juif errant. Mais cela n’attire aucune compassion chez le crypto-sioniste. Il est d’ailleurs contre le retour de la diaspora palestinienne pour des raisons "objectives", car cela renverserait, dit-il, l’équilibre démographique.

Le crypto-sioniste est un démocrate

Preuve que le crypto-sioniste est plein de bons sentiments envers les Palestiniens, il est contre l’extrême droite israélienne contre laquelle il n’a pas de mots assez durs. Le crypto-sioniste est toujours un démocrate.

Il s’évertue à voir en Israël une droite et une gauche. Il dénonce l’extrême droite, le gouvernement de Netanyahou comme seul responsable de la situation. Cela lui permet, du coup, de dépeindre Israël comme un État "normal" et de cacher ses problèmes structurels en tant qu’État en fait colonialiste, ce qui y rend impossible toute démocratie, sauf celle au bénéfice de la population coloniale. Un tour de passe-passe. Dans le discours crypto-sioniste, il ne s’agit donc, au fond, que d’attendre simplement que la gauche et la démocratie triomphent en Israël pour que le conflit israélo-palestinien soit réglé. Cela fait 75 ans.

Mais dès que l’affaire devient sérieuse, dès qu’Israël entre en situation de crise, comme ce fut le cas le 7 Octobre et en bien d’autres occasions, lorsqu’on en arrive au concret, au crucial, au passage à l’acte, c’est l’union sacrée, le crypto sioniste fait front avec la droite et l’extrême droite israéliennes, car Israël, clame-t-il, a "le droit de se défendre". Il n’est plus question alors pour lui que des Israéliens et de l’existence d’Israël. On s’aperçoit alors que le crypto sionisme n’est que le visage soft du sionisme. Il en est le versant gauche. Tout son rôle est de faire accepter, par sa présence, l’autre versant, celui de la droite et de l’extrême droite, et convaincre qu’il les contrebalance. Dès lors son existence apparait, comme la justification de la droite sioniste, voire comme son alibi. Le sionisme ne devient plus alors qu’une opinion, un courant, une tendance, dans "un État de droit, où se fait le débat démocratique, dans la seule démocratie de la région".

L’idéologie victimaire

La posture victimaire est le point de rencontre entre le sioniste et le crypto-sioniste. Le crypto-sioniste est très sensible à l’argument du sionisme du Juif éternellement persécuté. Le crypto-sioniste fonde l’existence de l’État d’Israël sur les persécutions dont ont été victimes les Juifs. Le sionisme a largement utilisé cette idée d’un État juif, protecteur des Juifs, victimes de tous temps de discriminations. C’est donc un point très fort de rencontre, de convergence, notamment dans les périodes de crise où cet esprit victimaire s’exacerbe, comme cela a été le cas le 7 Octobre, où il a été exploité intensément dans la propagande sioniste et crypto-sioniste.

Les choses en effet ne sont pas simples. Cette idéologie victimaire est restée très vivante chez les Juifs malgré la création de l’État israélien. Son armée est la plus forte de la région et, en principe, ce danger n’existe pas. Cela n’empêche pas les sionistes de crier à la volonté d’effacer Israël. La propagande décrit de nouveaux pogroms fantastiques et bat le rassemblement autour d’un point de sensibilité extrême, une sorte de blessure historique jamais fermée car entretenue. L’inversion est totale car s’il y a victimes et danger existentiel pour un peuple, c’est bien du côté du peuple palestinien.

Cela n’empêche pas cette idéologie victimaire, non seulement d’exister, mais de justifier les pires massacres des Palestiniens, dans une pathologie évidente de délire paranoïaque collectif, où le paranoïaque, comme c’est connu, passe à la violence parce qu’il se sent menacé, et qu’il vit dans un sentiment permanent de persécution.
Le crypto-sioniste croira dur comme fer à la version officielle israélienne sur les évènements du 7 Octobre, bien qu’elle soit de plus en plus mise en doute. C’est d’ailleurs un indice aussi pour le reconnaitre. On croit à ce qu’on veut croire.
Le crypto-sioniste, bien dans son rôle, ajoutera à ce récit, des détails de psychologie de masse, "la sidération qu’aurait ressentie Israël". Il y puisera des excuses aux bombardements et au carnage qui va suivre, voire leur légitimation. Il dira bien sûr quelques généralités sur les victimes palestiniennes, mais il ne désavouera jamais les tueries massives à Gaza, oubliant que c’est la population de Gaza qu’Israël élimine, et pas le Hamas comme il feint de le croire. "Il faut bien d’abord éradiquer le Hamas", l’éliminer, ou alors comment faire pour que le 7 Octobre ne recommence pas ?", dira le crypto- sioniste l’air désolé, sans même songer une seconde à l’habit de paix et d’une solution politique qu’il revêt les autres jours de l’année.

Quand donc Israël estimera-t-il que le Hamas est éliminé et quand arrêtera-t-i cette tuerie de masse ? Un objectif aussi imprécis donne évidemment tout loisir à Israël aussi bien de continuer le massacre que de l’arrêter, comme il le veut. Mais surtout, de masquer le véritable objectif, celui d’éliminer, d’une façon ou d’une autre, physiquement ou par l’exil, la population de Gaza, et, pourquoi pas, de proche en proche, tous les Palestiniens.

Il n’y a plus alors qu’un seul point de différence entre le sioniste et le crypto-sioniste : le sioniste assume, cyniquement, son projet d’effacer le peuple palestinien de la Palestine, le crypto-sioniste en fait porter la responsabilité aux "extrémistes" palestiniens. Dans les situations de crise aigüe, le crypto-sioniste n’est même plus la version soft du sionisme.

Le juif anti-sioniste versus le crypto-sioniste

Le crypto-sioniste se reconnait aussi à cela qu’il ne parlera jamais, ou rarement, des causes du conflit israélo-palestinien, de ses causes profondes historiques et actuelles, mais préfèrera toujours centrer le débat sur la question de la violence. C’est ce qu’il fait en permanence dans sa propagande, comme, dernièrement, en faisant commencer la tragédie actuelle à ce qu’il appelle "le pogrom du 7 Octobre".
Le crypto-sioniste est l’antithèse du juif antisioniste. Celui-ci se manifeste actuellement de plus en plus dans le monde au fur et à mesure de l’escalade de la violence israélienne. Le Juif antisioniste refuse cette propension sioniste de considérer le martyre du peuple palestinien comme une réparation du martyre juif. Il refuse de considérer l’État d’Israël comme une solution à l’identité juive. Il refuse de relier l’existence de la religion juive à un État, et il veut qu’elle soit comme toutes les religions, à vocation universelle.

Enfin, le crypto-sioniste voit l’antisémitisme partout. Il le décèle là où personne ne le voit. Il recherche avec obsession tous les masques derrière lesquels se cache l’antisémite. Et pour terminer, voici à ce sujet, une perle de l’argumentaire crypto-sioniste. C’était le 20 décembre dernier, sur le plateau de la chaine d’information française LCI, un intellectuel et journaliste français bien connu qui expliquait, dans un raisonnement laborieux que : "dire qu’Israël commet un génocide à Gaza est une affirmation antisémite car elle fait référence sans le dire au fait que les Juifs ont été victimes d’un génocide et que donc ils en commettent à leur tour un.".

Il faut le faire !