vendredi 23 février 2024

 



L’Mimi Onfray, un philosophe en coquille d’oeuf

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« Je suis allé dans les territoires occupés, en Israël, et j'ai vu ces jérémiades permanentes des palestiniens qui disent : On a rien, on ne peut pas acheter des violons pour que nos petites filles puissent apprendre, jouer du violon, on est miséreux ».[i] 

C’est dit sur CNews le 18/02. Quel humaniste ! C’est certain, la préoccupation première pour les gamines de Gaza est de pratiquer le violon, en interprétant, symphonie sous les bombes… Dire une telle horreur devrait disqualifier ce bozo, il n’en sera rien. Il fait comme le BHL, il va sur les points chauds de la planète faire voir sa binette de prof de philo de lycée pro et nous revient, cheveux au vent, le verbe haut : il nous sort ses phrases, dignes d’un buveur pet sec de p’tit blanc sec dès six heures du mat. Question pleurniche pourtant il est champion l’Mimi, il se dit être ostracisé par les médias. Cependant, à chaque parution d’un de ses ième bouquins, car il écrivasse des tomes le bougre-auteur, on le voit partout sortir ses grasses vérités en gros sabots de boa.

Il défend la police :

Pourtant, il se veut être comme un philosophe nietzschéen, un peu révolutionnaire et voila t’y pas qu’il se met à défendre la police au motif que ce serait un corps obéissant, composé d’individus qui ne pensent pas et exécutent. A Nuremberg, les dignitaires du moustachu en firent autant pour se défendre, bref… Sur une vidéo, [[ii] on lui pose la question : « admettez-vous l’existence de violences policières ? ». Sa réponse : « non-non, je ne crois pas qu’il y a de violences policières, la police dispose du monopole de la violence légale, ya un moment, il faut savoir que la police est aux ordres […] la police, c'est un instrument, etc. » D’accord, un « instrument » qui cogne, insulte, mutile sans état d’âme, ce ne sont pas des violences policières, juste des ordres bien suivis. En te suivant l’amer Michel, les brigades de la mort au Brésil peuvent être absoutes aussi pour cause d’instrumentalisation ; ça vole bas du front du côté de ton site qui porte si mal son nom : Front Populaire, rip Léon Blum.

Le Covid :

« Là, on est dans une urgence, alors on bricole. On se dit bon, covid19, c’est qu’il y en a eu 18 précédemment ».[iii]  Au lieu de balancer des âneries, cher philosophe de plateau et de micro, informe-toi : covid19 veut dire : « Co » pour « corona », « vi » pour « virus » et « d » pour « disease » (maladie en anglais). Le « 19 » renvoie à 2019, année d’apparition du virus. Après cette bourde : « On ne croit plus les médecins, on ne croit plus la science. (...) Je crois que la Terre est ronde, qu'elle tourne autour du soleil et qu'il y a des vérités scientifiques. Et comme l'expertise a disparu, tout le monde se trouve expert et tout le monde se met à dire des choses extravagantes : le vaccin, non seulement ne soigne pas, mais en plus, il tue. (...)[iv] Et oui, à cette époque des lumières éteintes, on était taxé de complotiste et voué au bucher médiatique lorsqu’on osait émettre le moindre doute. Les gardiens de la doxa, dont Onfray faisait partie, ne pouvaient admettre qu’il y eut une autre explication, qui d’ailleurs en prenant de la distance dans le temps s’avère de plus en plus vraie. Pourtant, des sommités telles le professeur Montagnier prix Nobel, le professeur Raoult, le professeur Henri Joyeux, la généticienne Alexandra Henrion Caude, le professeur Perrone, Toubiana, Fourtillan, et bien d’autres pourtant en minorité et fortement décriés, insultés par leurs « collègues » qui eux avaient l’air de travailler pour les labos et d’assurer l’après vente sur les plateaux TV. 

L’Onfray, lui, du haut de sa supériorité, nous faisait comprendre que ceux qui ne voulaient pas suivre la pensée dominante, n’était qu’une bande d’ignares incultes et manipulés. 

C’est court de vue pour un philosophe, ne trouvez pas ?

Onfray, l’écho du CRIF : 30/07/2022 dans le « Journal du Dimanche »,[v] Onfray, a fustigé le rôle de certains insoumis et communistes dans la résurgence de l’antisémitisme en France, il a estimé qu'une partie de la gauche « paraît son antisémitisme d'un antisionisme ». Ce même mois de juillet, une quarantaine de députés de gauche, en majorité communistes, avait signé une proposition de résolution condamnant le « régime d'apartheid institutionnalisé » par Israël contre les Palestiniens, s'attirant dans la foulée une condamnation du CRIF qui a parlé « d'antisémitisme » sous couvert « d'antisionisme »

  Il sait d’où le vent souffle et sait chanter la voix de son maitre pour complaire et rester adoubé. 

Un philosophe en papier mâché ! 

Sa dent contre Mélenchon : là, ça respire la petite haine bien recuite, car il ne manque jamais une occase de partir à la chasse au Méluche. Sur Europe1[vi] au micro de Sonia Mabrouk, (sionnista de 1ʳᵉ bourre) le philosophe a estimé que Jean-Luc Mélenchon ne représentait pas l'extrême, mais la gauche radicale. Et, selon lui, cette gauche radicale se distingue par « son antisémitisme et son islamophilie ». Tient, on revient au même refrain cité au-dessus, c’est une marotte de vouloir toute cette « gôche » antisémite ou serait-il en mission ? Mélenchon est depuis longtemps dans le collimateur des associations supposées représentées la communauté juive de France, mais sont surtout les porte-paroles du gouvernement israélien d’extrême droite. Toujours sur Europe1, il y va de sa pleurniche victimaire « La gauche a tous les droits et la droite n'en a aucun  »,[vii] pour un mec étiqueté de gauche, il est pas mal droitisé l’amer Michel. Allez un dernier pour la route ! « Mélenchon veut être le calife à la place du calife, mais il a 30 ans de retard  »,[viii] est-ce le coup de sabot de l’âne ?

Onfray, fait partie du club des philosophes en cour et des penseurs en rond à idées courbes : en tête de gondole (et qu’est-ce qu’on se marre) Lévy Bernard-Henri - Ferry Luc, celui qui voulait tirer au pistolet sur les gilets jaunes - Finkielkraut Alain, « mais taisez-vous ! » - Raphaël EinthovenHaut du formulaire, Monsieur Carla Bruni et pour fermer le quintette, Onfray Michel, le philosophe de gauche qui tire à droite. À eux cinq, ils ont dû publier de quoi remplir la bibliothèque nationale, avec toujours comme ligne conductrice : des théories enfumeuses d’un vide sidéral, dont la pensée fait banquette.

Bravo, messieurs, vous avez créé l’art de vous faire entendre sur tous les plateaux pour en faire un fromage…

 

Le mot de Pedrito

Si çà c'est pas de la gauche caviar, avec les socialistes qui ont rejoint Macron et ceux qui le restent parce qu'il faut bien occuper l'arc politique pour ne pas laisser le PC ramasser les miettes et se refaire un peu la cerise écrasée par l'homme de la Francisque et ami de Bousquet, si donc çà c'est pas du caviar ou des bobos qui tirent un peu trop sur la fumette, alors là, moi, je me fais sacrer archevêque.

Avec des soutiens politiques tels que ces philosophes déjantés, le détestable Jupiter doit avoir du souci à se faire pour son joujou politique qui lui glissera bientôt des doigts. Sa psychopathie risque d'en prendre un coup sur le casque.

 

Biden-Netanyahu : la nuit des morts vivant

S. Lampion  Blog Agora Vox

"De guerre en guerre

De guerre lasse

La mort nous veille La mort nous glace..."

Ce sont des paroles de la chanson de Jacques Brel  "La Chanson de Van Horst qui se termine par :

"Je suis un mort Encore vivant"

Ces mots pourraient s'appliquer aux deux protagonistes qui président aux destinées des habitants de Gaza : Biden et Netanyahu. Le premier a finalement mis en danger ses chances de réélection pour apporter son appui au second qui ne lui marque aucun signe de respect, voire le méprise.

Contrairement aux premiers ministres israéliens précédents, Netanyahu ne cherche pas à complaire aux dirigeants américains, et encore moins leurs demandes, d'ailleurs pour le moins hypocrites, d'épargner les civils dans la bande de Gaza. La coalition des groupes intégristes hétéroclites qui composent le gouvernement d'Israël semble croire que leur petit pays surarmé (par les amis de Biden) peut faire cavalier seul, sans aucun soutien international, mais en fait, Netanyahu est un homme mort qui marche. Il est condamné à poursuivre la guerre à Gaza pour conserver son poste de Premier ministre car, quand la guerre prendra fin, le règne de la bande de Netanyahu prendra également fin.

 

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Avec Netanyahu, la nation israélienne est en régression sur les plans juridique, moral et économique. Les actions de la Cour internationale de Justice reflètent le déclin juridique et moral. Les investissements étrangers sont en baisse et l'agence de notation Moody's a abaissé la note d'Israël en devises étrangères et en monnaie locale. Or, par effet boule de neige, la perte de confiance des électeurs et épargnants américains pourrait entraîner également la défaite politique de Biden lors des élections de novembre.

Le point de départ de cette régression n'est pas d'hier. Il se situe au moment où, pour se maintenir au pouvoir, le conservateur Netanyahu s'est allié avec des mouvements qui l'ont fait déraper sur des terrains rendus glissants par la saturation de théories racistes ségrégationnistes, il y a dix ans. L’image d’Israël en tant que nation progressiste et laïque a alors commencé se ternir pour finir par laisser la place à un état religieux sectaire.

Toujours pour des raisons d'électoralisme opportunistes (machiavéliques serait un euphémisme), Netanyahu a dû introduire au gouvernement des fanatiques en croisade menés par Bazalel Smotrich (ministre des Finances) et Itamar Ben-Gvir (ministre de la Sécurité nationale). Le cap du navire Israël s'avère de plus en plus à droite, et le capitaine à la dérive ne s'en tient qu'aux vents dominants.

Les deux ministres sus-nommés sont des partisans déclarés de feu Meir Kahane, dont le parti fasciste "Kach" a été interdit en Israël en 1994 par le gouvernement israélien en vertu des lois antiterroristes de 1948 suite à ses déclarations de soutien à Baruch Goldstein qui a massacré 29 Palestiniens au Caveau des Patriarches. Kahane lui-même a été banni de la politique israélienne en 1988, mais lors des dernières élections israéliennes, six extrémistes de sa mouvance ont remporté des sièges à la Knesset.

La mutation d’Israël au cours des dix dernières années signifie que les dirigeants israéliens ne cherchent même plus à donner à leur pays le label homologué de "démocratie" et s'en tiennent à d'autres valeurs, en particulier celle affichée par l'intitulé de leur pays sous le vocable d"État juif". Le gouvernement ne se préoccupe pas de protéger les droits civils des deux millions de citoyens arabes à l'intérieur des frontières israéliennes, qui représentent environ 20 pour cent de la population du pays. Netanyahu ne se préoccupe nullement du contrôle judiciaire de la Cour suprême israélienne. Sa campagne pour neutraliser la Cour suprême avait provoqué une campagne de protestation qui a été stoppée net par l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023.

Alors, pour en revenir aux relations israélo-américaines, il peut paraître étrange que les dirigeants américains continuent de souligner l’importance d’une solution à deux états, alors que Netanyahu et ses acolytes ont déclaré formellement qu’il n’y aurait pas de négociations en vue d’une telle solution. Au cours des dix dernières années, toujours avant la guerre de Gaza, Netanyahu s’est efforcé de rendre permanente l’occupation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. L’administration Trump a soutenu ces mesures, en déplaçant l’ambassade américaine à Jérusalem et soutenu la politique d’occupation d’Israël. Aujourd’hui, le gouvernement israélien est en train de rendre Gaza totalement inhabitable et de fait, au-delà des déclarations diplomatiques, l’administration Biden est complice des crimes de guerre de la campagne militaire israélienne.

Il n’y a aucune justification ni explication pour les horreurs que les Forces de défense israéliennes (FDI) ont provoquées à Gaza, qui ont notamment entraîné la mort de 12 000 enfants palestiniens. Le fait que les Juifs israéliens, qui se sont unis autour du principe du « plus jamais ça » au lendemain de l’Holocauste, soient responsables de cette tragédie est particulièrement affligeant.

Rien n’indique que l’assaut israélien contre les Palestiniens diminuera en intensité, et encore moins s’arrêtera, et l’affaiblissement de l’environnement sécuritaire finira par créer de plus grands risques pour la sécurité sur le territoire-même d’Israël. L’éventualité d’une reprise de la guerre à la frontière nord avec le Liban n'est pas à exclure, car l'équipe en place risque de se montrer de plus en plus agressive pour maintenir Netanyahu au pouvoir.

Biden s’est déclaré "profondément préoccupé" par le sort des otages. Les otages américains et même israéliens malgré l'ingratitude de leurs dirigeants, mais pas les 2 millions d'otages Palestiniens à Gaza. Netanyahu ne s’est jamais préoccupé des cinq millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, et son objectif est de vider Gaza de ses habitants. L’administration Biden fait semblant de ne pas le comprendre, ce qui rend surréalistes les missions du secrétaire d’État Antony Blinken et du directeur de la CIA William Burns, ainsi que les conversations que Biden continue d’avoir avec Netanyahu au risque de plus en plus évident de mécontenter son propre électorat.

La partie d'échecs entre les deux compères risque de se terminer par un "pat", et ce ne sont pas les "instances internationales" manifestement réduites à de vaines protestations balayées par les vétos américains successifs qui vont fournir la cartes de la nouvelle géopolitique.

À la fin du film "la nuit des morts vivants", les zombies envahissent la maison de Ben qui va se cacher dans sa la cave. Harry et Helen se réaniment, et il est forcé de les abattre.

 

Le monde doit imposer la paix à Israël

L’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, a été la seule à voter contre la résolution de l’Algérie sur le cessez-le-feu au Conseil de sécurité mardi. (UN Photo/Manuel Elías)

Le moment est venu pour les USA et dans leur sillage la communauté internationale, de prendre une décision : le cycle sans fin de la violence entre Israël et les Palestiniens va-t-il se poursuivre ou allons-nous tenter d’y mettre un terme ? Les USA vont-ils continuer à armer Israël et à déplorer ensuite l’usage excessif de ces armements, ou sont-ils enfin prêts à prendre des mesures concrètes, pour la première fois de leur histoire, afin de changer la réalité ? Et surtout, l’attaque israélienne la plus cruelle contre Gaza deviendra-t-elle la plus inutile de toutes, ou l’occasion qui s’est présentée à sa suite ne sera-t-elle pas ratée, pour une fois ?

Il ne sert à rien d’en appeler à Israël. Le gouvernement actuel, et celui qui le remplacera probablement, n’a pas et n’aura jamais l’intention, le courage ou la capacité de générer un changement. Lorsque le Premier ministre répond aux propos américains sur la création d’un État palestinien par des mots indiquant qu’il « s’oppose aux mouvements forcés » ou qu’ « un accord ne sera conclu que par le biais de négociations» tout ce que l’on peut faire, c’est rire et pleurer.

Rire, parce qu’au fil des ans, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a fait tout ce qu’il pouvait pour faire échouer les négociations ; pleurer, parce que c’est Israël qui emploie la coercition – la nature de sa politique à l’égard des Palestiniens est une coercition mise en œuvre dans une grande démarche unilatérale, violente, agressive et arrogante. Tout à coup, Israël est contre les actes de coercition ? L’ironie se cache la tête dans la honte.

Il est donc inutile d’attendre du gouvernement israélien actuel qu’il change de caractère. Il est tout aussi vain d’attendre d’un gouvernement dirigé par Benny Gantz, Gadi Eisenkot ou Yair Lapid qu’il le fasse. Aucun d’entre eux ne croit en l’existence d’un État palestinien dont le statut souverain et les droits seraient égaux à ceux d’Israël. Tous les trois, ensemble et chacun séparément, accepteront tout au plus, dans un très bon jour, la création d’un bantoustan sur une partie du territoire. Une véritable solution ne sera pas trouvée ici. Il vaut mieux laisser Israël se complaire dans son refus.

Mais le monde ne peut pas se permettre de laisser passer cette occasion. C’est le monde qui devra bientôt reconstruire, avec ses fonds, les ruines de la bande de Gaza, jusqu’à la prochaine démolition par Israël. C’est le monde dont la stabilité est compromise tant que l’occupation persiste, et qui l’est encore plus chaque fois qu’Israël se lance dans une nouvelle guerre. C’est le monde qui reconnaît que l’occupation est néfaste pour lui, mais qui n’a jamais levé le petit doigt pour y mettre fin. Aujourd’hui, l’occasion de le faire se présente. La faiblesse et la dépendance d’Israël à la suite de cette guerre doivent être exploitées, dans l’intérêt d’Israël également.

Assez de mots. Assez des cycles de négociations futiles organisés par le secrétaire d’État américain Antony Blinken et des mots durs prononcés par le président Joe Biden. Ils ne mènent nulle part. Le dernier président sioniste, peut-être le dernier à se soucier de ce qui se passe dans le monde, doit agir. En guise de prélude, on pourrait s’inspirer des paroles étonnamment simples et vraies du responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, qui a déclaré : « Eh bien, si vous pensez que trop de gens sont tués, peut-être devriez-vous fournir moins d’armes [à Israël] ».

Toutefois, la question n’est pas seulement de mettre fin à la guerre, mais surtout de savoir ce qui se passera une fois qu’elle sera terminée. Si cela dépendait d’Israël, sous n’importe quel gouvernement, nous retournerions dans le giron chaleureux de l’apartheid et nous reviendrions à la vie par le sabre. Le monde ne peut pas accepter cela plus longtemps et ne peut pas laisser le choix à Israël. Israël a parlé : c’est Non. Le temps est venu de trouver une solution semblable aux accords de Dayton. Il s’agit d’un accord forcé et imparfait conclu en Bosnie-Herzégovine qui a mis fin à l’une des guerres les plus cruelles et qui, contrairement à toutes les prévisions, a tenu pendant 29 ans. L’accord a été imposé par la coercition.

Un État palestinien n’est peut-être plus une solution viable en raison des centaines de milliers de colons qui ont ruiné les chances d’en créer un. Mais un monde déterminé à trouver une solution doit proposer un choix clair à Israël : des sanctions ou la fin de l’occupation ; des territoires ou des armes ; des colonies ou un soutien international ; un État démocratique ou un État juif ; l’apartheid ou la fin du sionisme. Lorsque le monde se montrera ferme, en posant ces options de cette manière, Israël devra prendre une décision. Le moment est venu de forcer Israël à prendre la décision la plus fatidique de sa vie.

Gideon Levy

 

Avec deux ans de recul, l'interminable guerre en Ukraine

23 Février 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine, #Russie, #États-Unis, #L'Europe impérialiste et capitaliste, #Royaume-Uni, #GQ

Potemkine, pas le cuirassé, l'autre

Potemkine, pas le cuirassé, l'autre

Article mis à jour, la première version ayant été rédigée le 11 novembre 2022, et qui reste d'actualité, la ligne de front ayant peu bougé depuis - bien que la Russie ait gagné plusieurs batailles d'attrition et que la situation militaire de l'Ukraine se dégrade de jour en jour - la Russie et l'OTAN redoutant les conséquences d'un engagement décisif, chacun pour ses raisons, chacun à sa façon. Au prix de la vie de centaines de milliers de soldats.

La guerre civile qui a lieu en Ukraine entre slaves historiquement et culturellement très proches a été provoquée par la prétention des autorités ukrainiennes fantoches de l'impérialisme occidental, issues du putsch du Maidan en 2014 d'effacer l’héritage russe dans le pays et d'interdire l'usage de la langue russe, qui est pourtant la langue maternelle d’une forte minorité de la population ukrainienne, si ce n’est la moitié, et la langue de communication et de culture de presque tous, pour la remplacer à cet effet d'ailleurs davantage par l’anglais que par l’ukrainien. Cette intolérance s'est étendue aussi  aux fidèles de la religion orthodoxe relevant du patriarcat de Moscou.

Les crimes et les actes de répression politique des néonazis qui ont infiltré le régime de Kiev n'expliquent pas à eux seuls la rébellion armée du Donbass de 2014 et sa résistance jusqu’en février 2022, c’est la volonté de génocide linguistique et culturel et d'épuration ethnique, appuyée sur la terreur, et exercée par les nostalgiques des génocidaires – au sens propre du terme - des bandes de Bandera des années 41- 44, qui a déclenché le soulèvement puis l'intervention russe. La cause de l’Ukraine est la plus mauvaise qui soit, quelques soient les préférences politiques, et les mauvaises causes, à force militaire comparable, finissent par perdre les guerres. L’Ukraine sera vaincue, et chaque retard signifie qu’elle le sera plus complètement. Des centaines de jeunes soldats seront sacrifiés tous les jours pour rien, ou plutôt pour l'OTAN, en attendant, par leurs chefs nazis et corrompus, dont les crimes sont protégés par l'omerta des médias occidentaux.

Ses défenseurs hystériques feraient bien de s'en aviser. Mais à vrai dire ils s’en fichent. Ce qui compte pour eux c’est la poursuite de la suprématie occidentale qui passe par une guerre par procuration prolongée pour affaiblir la Russie et intimider la Chine.

En attendant les fascistes ukrainiens savent qu’ils peuvent commettre n’importe quelle atrocité, et qu’ils seront couverts par les médias globaux et les ONG qui devraient les dénoncer et qui au lieu de cela les imputeront aux Russes. Ce qui  en fin de compte ne fera qu’aggraver leur cas et approfondir la catastrophe nationale qu’a déjà provoqué l’équipe de gangsters de leur clown-président.

 

Mais les objectifs de la Russie depuis le début de la guerre ouverte qu’elle a été contrainte de lancer avec une certaine improvisation le 24 février 2022 contre le pouvoir de Kiev, guerre qu'elle se refuse d’appeler par son nom, ne sont pas cohérents : dénazifier et démilitariser l’Ukraine signifierait s’emparer de Kiev pour y installer un gouvernement favorable à Moscou, comme Staline le fit en Pologne en 1944. Cela signifie qu’il fallait aider et organiser le parti ukrainien pro-russe au lieu de le laisser se désagréger en remettant en cause la légitimité même de la nation ukrainienne. Mais pour ce faire il aurait fallu favoriser la gauche ukrainienne qui dominait ce camp idéologique, et par ricochet la gauche en Russie, ce que les nostalgiques de Nicolas II - quelle référence ! - au pouvoir à Moscou ne voulaient pas faire – et qu’ils vont devoir faire finalement, forcés qu’ils sont par les difficultés militaires imprévues qu'ils ont rencontré.

Le fait est que la Russie de Poutine, contrairement à l’URSS de Staline n’a tout simplement pas de projet politique. Alors qu’en face, l’Ukraine est le nouveau laboratoire du néolibéralisme fascisé, le nouveau Chili de Pinochet.

La Russie - comme ses dirigeants le reconnaissent maintenant - paye les hésitations de 2014 où elle aurait pu occuper au moins les territoires qu’elle contrôle encore aujourd’hui, après l’évacuation de Kherson, à moindre perte, et où elle aurait pu aussi installer un gouvernement ukrainien contestant la légitimité de la clique de la CIA issue du Maidan, et elle paye aussi avec retard la facture de l’impardonnable dissolution de l’URSS en 1991, perpétrée de concert par les oligarques des deux pays dont les héritiers sont toujours au pouvoir - dans les deux pays. L'Union Soviétique était devenue en 70 ans d'histoire épique un État-nation légitime qui aurait dû persister au minimum sur la base d’une triple union Russie - Ukraine – Biélorussie, et sans doute d'autres républiques. La remplacer par un soi-disant "monde russe" ne mène à rien d'autre qu'à recréer les conditions de la débâcle des Romanov.

Annexer - quelques semaines après avoir solennellement reconnu leur indépendance - plusieurs provinces ukrainiennes, certes indubitablement ethniquement russes contredit le projet de dénazifier, démilitariser et neutraliser toute l’Ukraine, puisque cela affaiblit d'autant le parti ukrainien "pro-russe", en fait néo-soviétique. Il s’agit de la mise en œuvre précipitée d’un plan B dont la poursuite signifie le renoncement, non assumé mais de facto, du grand plan. Organiser des plébiscites pour le justifier est encore plus maladroit, car pour quelle raison des Russes à qui on empêche de parler leur langue voteraient-ils contre leur rattachement à la Russie ? Les plébiscites ne font que semer le doute, et on les fait avant une guerre, ou après, mais pas pendant.

L’échec du plan A provient d’avoir sous-estimé le nationalisme ukrainien, à avoir nié les Ukrainiens comme les Ukrainiens niaient leurs compatriotes russophones, et aussi d’avoir sous-estimé la capacité militaire d’une armée fortement réorganisée depuis 8 ans par l’OTAN. Mais cela il faut l’admettre ne pouvait pas être connu à l'avance. A la guerre, comme disait Napoléon, on s’engage, et puis on voit, et les Russes se sont engagés, et ils ont vu, on ne peut pas leur retirer ça.

Enfin la propagande russe fait fond sur les soi-disant « valeurs traditionnelles » dont la plupart se fichent éperdument, y compris en Russie, pour lesquelles en tout cas personne n’est prêt à mourir . Elle tente de se présenter comme un combat de la tradition contre la globalisation, au prix d’une « satanisation » caricaturale de l’adversaire (même Adolf Hitler ne pouvait pas être compris ni combattu en en faisant une incarnation du mal) alors que la vraie question n’est pas la globalisation, qui est un fait objectif économique et culturel du monde contemporain à laquelle on ne peut résister qu'à ses périls, mais de savoir si les États-Unis et leurs vassaux vont continuer à l’utiliser pour étendre leur Empire.

Ainsi les autorités russes n'avaient rien de mieux à faire pour préparer leur retraite de Kherson que de déterrer les ossements du Prince Potemkine? Ce qui soit dit en passant semble bien trahir leur intention de ne pas revenir de si tôt.

Certes tout ne se passe pas sur le champ de bataille. La guerre économique qui se développe en parallèle à la guerre tout court a tourné pour le moment beaucoup plus favorablement qu’on s’y attendait pour la Russie, mais il n’en reste pas moins que c’est sur le terrain militaire que les choses vont se jouer, et qu’il ne faut pas s’attendre à un mouvement populaire en Occident, à une insurrection des Gilets Jaunes ou des camionneurs canadiens pour empêcher l’escalade contre la Russie, ni à l'action d'une extrême droite vocale contre les migrants mais muette contre l'impérialisme quand il se montre dangereux, et qui est fondamentalement anti-russe parce que fondamentalement anticommuniste. Car ce que les "russophobes" reprochent à la Russie au bout du compte c'est principalement la Révolution d'Octobre et ses immenses conséquences. Il n'y a pas grand chose à attendre non plus d'une éventuelles réélection de Donald Trump qui n'est rien d'autre qu'un démagogue sans principes.

La Russie gagnera la guerre moins parce que sa cause est juste que parce qu'elle y sera contrainte par les jusqu'au-boutistes enragés qui dominent le camp occidental qui ne lui laisseront aucun autre choix.

Quant à l'OTAN, dirigée par des irresponsables et des idéologues dangereux, elle s'est engagée dans un combat qui risque bien de conduire à sa désagrégation, plus rapidement que prévu.

Avoir provoqué la Russie à la guerre est sans doute perçu par les plus cyniques des néo-conservateurs occidentaux comme un brillant succès car il est toujours très couteux sur le plan diplomatique et sur celui de la propagande de donner l'impression d'avoir pris l’initiative de la guerre. Mais ce n’est pas le cas : en sous-estimant l’économie russe qui est sortie renforcée du cycle de sanctions lancé en 2014, et sa capacité à approvisionner la population et à fournir des équipements militaires, elle a provoqué une crise artificielle mais profonde en Occident même et un engagement militaire à un degré imprévu dont ils se seraient bien passés. Les sanctions économiques basées sur la spoliation des avoirs russes, et les atteintes aux droits élémentaires de particuliers russes ont miné à terme le crédit occidental, le crédit d’un groupe de pays qui, justement, vit à crédit au dépens du reste du monde. Et elle a engagé un processus de radicalisation anti-impérialiste, de discrédit des partisans de l’Occident, et de réévaluation de l’héritage soviétique qui n’en est qu’à ses débuts, et qui aura de l’influence bien au-delà des frontières russes.

Les tentatives d'isoler la Russie se sont retournées contre leurs auteurs qui se retrouvent eux-mêmes isolés et comme ils contrôlent encore les médias les plus diffusés, ils tentent de se rassurer par la méthode Coué, mais ils ont réveillé le Dragon à leur grand dam. Le clivage colonial entre l'Occident et le reste de monde, qui remonte à l'époque des voyages de Christophe Colomb et de Magellan, touche à sa fin.

La guerre de Gaza, le rapprochement entre l'Iran et l’Arabie Saoudite, la débâcle de la Françafrique, la rupture du blocus de la RPD de Corée, l'expansion des BRICS, sont des signes parmi d'autres du déverrouillage général, gros d’opportunités et de risques, que l’initiative audacieuse de la Russie a déclenché partout dans le monde

La montée des enchères place soudain les sociétés occidentales en difficulté dans une guerre Imprévue à cette échelle, qui soumet ses forces armées à des stress matériels avant même leurs premiers combats. Il est probable maintenant que les troupes de l’OTAN vont devoir se résoudre à affronter directement l’armée russe dans les mois qui viennent sur le territoire ukrainien, pour éviter l’effondrement de leur protégé qui risquerait de décrédibiliser complètement l'alliance -  et dont les succès épisodiques sont illusoires - comme les États-Unis ont affronté la Chine sur le territoire coréen de 1950 à 1953 - en courant le risque d'une défaite encore plus retentissante, sans parler de celui considérable de l'escalade nucléaire.

Ils ne pensaient pas en être conduits si rapidement à une guerre décisive où la survie de l’Empire lui-même est en jeu, d’autant plus que dans leur schizophrénie certains parmi les impérialistes les plus fanatiques nient même qu’il existe un empire.

Il faut se rendre à l'évidence : si pas grand monde en Russie n’est prêt à mourir pour les "valeurs traditionnelles", c'est à dire pour empêcher la tenue de la Gay Pride ou les manifestations des Pussy Riot à Moscou, encore moins de gens seront prêts à mourir à Paris, à Londres ou à New York pour imposer les mœurs posts-modernes d'un Zelinsky aux Russes. Ou pour toute autre raison que le mercenariat et la corruption.

Le caractère impérialiste et les vrais responsabilités du conflit vont donc devenir de plus en plus claires, pour de plus en plus d’observateurs intéressés, et dans le monde entier, malgré le black-out total de la part des médias occidentaux, qui contribue finalement à les discréditer et à égarer ceux qui les contrôlent.

 

GQ 11 novembre 2022, relu le 15 février 2024

 



L’Occident a besoin d’une rampe de sortie de l’Ukraine

Le dilemme sans issue : doubler l’aide, accepter un accord de compromis considéré comme un apaisement ou faire face à l’humiliation de la victoire russe. Asia times le site des milieux d’affaire de Hong kong s’interroge sur la manière dont l’Occcident va pouvoir sortir de ce guépier dans lequel il s’est placé en choisissant de faire de l’Ukraine le bastion de l’OTAN avec comme idéologie la russophobie.

Par STEFAN WOLFF 21 FÉVRIER 2024


Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Joe Biden partagent un moment privé. Image : Capture d’écran X / CNN

Au cours de l’été et de l’automne 2022, il y a eu beaucoup de discussions sur la recherche d’une « bretelle de sortie » pour permettre au président russe, Vladimir Poutine, de sauver la face d’une guerre ingagnable. Aujourd’hui, alors que l’Ukraine entame sa troisième année de défense contre l’agression de la Russie, la suggestion persiste – mais de plus en plus, c’est l’Occident qui a besoin de la bretelle de sortie. Les perspectives de l’Ukraine après deux ans d’une guerre exténuante qui a coûté un lourd tribut humain sont incertaines. Ses pertes de population, à la fois en termes de pertes sur le champ de bataille et de vague d’émigration qui a suivi l’invasion, seront difficiles à réparer et pourraient avoir des conséquences paralysantes pour l’économie ukrainienne déjà en difficulté.

Non seulement cela, mais le coût de la guerre augmente à un rythme stupéfiant. Selon la dernière évaluation conjointe de l’UE, de la Banque mondiale et de l’ONU, les besoins de l’Ukraine en matière de redressement s’élèvent à 486 milliards de dollars, soit 75 milliards de dollars de plus que l’année dernière. Cela signifie que les besoins de l’Ukraine ont augmenté en 12 mois d’une fois et demie le montant total que l’UE a mis à disposition pour soutenir l’Ukraine au cours des quatre prochaines années.

Selon l’indice annuel des risques pour 2023 produit par la Conférence de Munich sur la sécurité, un forum mondial pour débattre de la politique de sécurité internationale, la Russie est perçue comme le principal risque par cinq des pays du G7. En 2024, cette perception n’est partagée que par deux membres du G7.

Compte tenu de la dépendance absolument critique de l’Ukraine à l’égard du soutien politique, économique et militaire du G7, c’est inquiétant. Cela n’augure rien de bon pour la capacité des dirigeants politiques européens à maintenir le soutien public nécessaire à la poursuite des transferts d’aide. Les électeurs en France et en Allemagne, par exemple, sont nettement plus préoccupés par l’immigration de masse et le terrorisme islamique radical que par les desseins de Poutine pour l’Ukraine.

De plus, l’Ukraine n’est pas la seule crise qui exige l’attention de l’Occident collectif. La guerre à Gaza et la conflagration plus large à travers le Moyen-Orient sont et resteront en tête de l’ordre du jour. Mais de nombreux autres points chauds ne parviennent souvent pas à faire la une des journaux mondiaux.

La guerre civile en cours au Soudan, l’intensification du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo et les tensions croissantes entre l’Éthiopie et la Somalie sont autant de facteurs susceptibles d’alimenter directement la peur des populations occidentales face à une nouvelle crise migratoire de masse.

Il est peu probable que les coups de sabre nucléaires de la Corée du Nord, le parrainage par l’Iran de mandataires terroristes à travers le Moyen-Orient et la consolidation apparente d’un nouvel « axe du mal » entre ces deux pays et la Russie soient de nature à calmer les nerfs des capitales occidentales.

Distraction coûteuse

Dans ce contexte, la guerre en Ukraine est devenue une distraction majeure et de plus en plus coûteuse.

De nombreux dirigeants – en Europe en particulier – s’inquiètent, peut-être de manière disproportionnée, d’un retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et de la fin possible d’une véritable alliance transatlantique. Si les États-Unis retirent leur soutien, on craint qu’une poursuite de la guerre en Ukraine n’expose l’Europe encore plus à l’agression russe que ce n’est déjà le cas

Le principal problème est que de simples engagements rhétoriques en faveur de l’Ukraine sont non seulement dénués de sens, mais contre-productifs. Ils entretiennent le mirage d’une guerre gagnable sans fournir les capacités requises.

Comme l’a déclaré le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le 17 février, les pénuries d’équipements militaires que l’Ukraine a connues au cours des derniers mois ont été un facteur clé dans la récente perte de la ville d’Avdiivka aux mains des forces russes.


Sans plus d’armes et d’argent occidentaux, l’Ukraine perdra la guerre, a déclaré le président Zelensky. Photo : X Capture d’écran / Nouvelle voix de l’Ukraine

La ligne de front ne s’est peut-être pas déplacée de plus de quelques centaines de mètres à la suite de cette perte, mais l’impact psychologique est significatif – y compris en Occident, où les doutes sur la volonté et la capacité de soutenir les efforts de l’Ukraine augmentent à nouveau.

Si le conflit continue sur sa trajectoire actuelle – et plus encore si le récit d’une guerre ingagnable gagne du terrain – il est peu probable que le soutien occidental empêche même l’Ukraine de perdre gravement, ce qui pourrait conduire au genre de défaite totale que Poutine a imaginée dans sa récente interview avec Tucker Carlson.

Une défaite ukrainienne serait une humiliation dangereuse pour l’Occident. À la lumière de la rhétorique persistante sur « l’engagement à toute épreuve » de l’Occident en faveur d’une paix juste pour l’Ukraine, une victoire russe accélérerait le déclin de l’ordre international actuel. Cela marquerait le début d’une longue période de transition vers quelque chose de beaucoup moins favorable – et pas seulement aux intérêts occidentaux.

Un retour à la confrontation de bloc de la guerre froide – mais avec une alliance probablement plus forte dirigée par la Chine avec la Russie, l’Iran et la Corée du Nord face à une alliance occidentale affaiblie et moins unie – laisserait peu de place pour résoudre des problèmes tels que le changement climatique et la sécurité alimentaire.

Cela devrait également être un avertissement pour ceux qui, dans les pays du Sud, pensent qu’ils n’ont pas grand-chose, voire rien, en jeu en Ukraine.


Solution de compromis

Chercher une porte de sortie ne signifie pas laisser Poutine gagner. Il s’agit de permettre à l’Ukraine de défendre les zones actuellement encore sous son contrôle. Cela nécessitera plus d’aide occidentale, mais aussi une réflexion sérieuse sur la négociation d’un cessez-le-feu. La fin des combats donnerait à l’Europe occidentale et à l’Ukraine le temps de renforcer leurs capacités de défense nationale.

L’Ukraine a conclu des accords bilatéraux de sécurité avec le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – et des accords avec d’autres membres du G7 suivront probablement. Ces accords constitueraient davantage une garantie pour la démocratie et la souveraineté de l’Ukraine que la tentative actuellement futile de restaurer l’intégrité territoriale du pays dans son intégralité – ou ses espoirs d’adhésion imminente à l’OTAN qui ont peu de chances d’être réalisés.

Réévaluer ainsi les réalités actuelles sur le champ de bataille sera sans aucun doute perçu comme un apaisement par certains. Mais une analogie plus appropriée pourrait être celle de l’Allemagne de l’Ouest en 1949 et, plus encore, de la Corée du Sud en 1953, qui avaient toutes deux besoin d’établir des frontières internationalement reconnues afin d’établir leur souveraineté face à des puissances voisines hostiles. Le défi pour l’Ukraine et ses partenaires occidentaux est d’établir l’équivalent du 38e parallèle de la péninsule coréenne.

L’alternative, à moins que l’Occident ne redouble sérieusement de soutien militaire à Kiev, est une défaite lente et douloureuse sur le champ de bataille, avec des conséquences d’une grande portée au-delà de l’Ukraine.

Stefan Wolff est professeur de sécurité internationale à l’Université de Birmingham

Cet article est republié à partir de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l’article original.