dimanche 3 avril 2011

DERNIER ROUND: DIVISER, RÉGNER, ET PRENDRE LE PÉTROLE

Par Pepe ESCOBAR


Source Asia Times, 25 Mars 2011 traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société


Sans voir à travers le brouillard de la guerre, il est presque impossible de comprendre ce qui se passe vraiment en Libye.


L’Aube de l’Odyssée a lieu uniquement parce que les 22 membres de la Ligue Arabe ont voté l’imposition d’une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye. La Ligue Arabe- couramment ignorée des capitales occidentales parce que prétendument incapable de décisions pertinentes- n’est presque rien à part un instrument de la politique étrangère de la Maison Royale Saoudienne. Sa « décision » a été favorisée par la promesse de Washington de protéger les rois/cheikhs/oligarques du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) contre les aspirations démocratiques de leurs propres sujets- qui désirent les mêmes droits démocratiques que leurs « cousins » de l’Est de la Libye. C’est le même CCG qui se positionne pour l’invasion de Bahreïn par l’Arabie Saoudite, dans le but d’aider la dynastie sunnite al-Khalifa à écraser le mouvement pro-démocratie. L’Occident considère les membres du CCG comme étant « ses » salauds à lui, tandis que le Colonel Mouammar Kadhafi- d’après la version occidentale- est un terroriste qui s’est fait désintoxiquer et est devenu un escroc. Le CCG accueille des inconditionnels de l’égalité comme l’Arabie Saoudite, Bahreïn, le Koweït, le Qatar, Oman et les Emirats Arabes Unis (EAU). C’est le CCG qui, le premier, a voté la zone d’interdiction de survol ; ensuite le bras long et pervers de l’Arabie Saoudite a promis des pots-de-vins pour extorquer le consentement de la Ligue Arabe (la Syrie et l’Algérie, par exemple, y étaient sérieusement opposées).


Pour le secrétaire général opportuniste de la Ligue Arabe, Amr Moussa, qui est déjà candidat à la présidence de l’Egypte, c’était une affaire en or ; il a pris ses ordres à Riyad tout en améliorant son CV pour plaire à Washington.


Pour l’Arabie Saoudite, c’était une affaire en or ; l’occasion parfaite pour le roi Abdallah de se débarrasser de Kadhafi (l’animosité entre les deux hommes est de notoriété publique depuis 2002) et l’occasion parfaite pour la Maison Royale de tendre une main à Washington, qui s’inquiète. On n’est loin du dernier round de l’opération Aube de l’Odyssée. Le Président étasunien Barack Obama a été clair sur le fait que ce dernier round implique « que Kadhafi s’en aille ». On appelle ça le « changement de régime ». Ou, suivant la doctrine Obama du double-front, « l’aide étasunienne » (apportée aux opposants aux « mauvais régimes »). Des régimes pas si mauvais, comme à Bahreïn ou au Yémen, sont encouragés à la « transformation du régime ». Le problème, c’est que le « changement de régime » n’est pas prévu par le mandat de l’ONU et la résolution 1973. L’Aube de l’Odyssée est la première guerre africaine du nouveau commandement militaire outre-mer du Pentagone, Africom. Bientôt, elle deviendra la première guerre africaine de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Bien qu’on nous la vende comme une « mission limitée », l’Aube de l’Odyssée- qui vise juste à imposer une zone d’interdiction de survol- coûtera au moins 15 milliards de dollars par an. Les membres de la Ligue Arabe sont censés payer une partie substantielle de la facture- puisque le seul d’entre eux à avoir des force militaires impliquées est le Qatar (deux chasseurs Miarage).


Le cirque en cours tourne autour de la façon de « faire transiter » la guerre entre la succursale africaine du Pentagone- qui est basée à Stuttgart, en Allemagne, parce qu’aucun des 53 Etats Africains n’en a voulu- et la succursale européenne du Pentagone, connue également sous le nom d’OTAN. L’OTAN s’est déjà immiscée dans les affaires de la Somalie en 2010- transportant par les airs des centaines de soldats ougandais. Elle conduit en ce moment l’opération Ocean Shield au large de la Corne de l’Afrique. Et avant l’Aube de l’Odyssée elle avait placé la Libye sous la surveillance permanente de ses avions AWACS- qui font partie de l’Opération Active Endeavour, vieille de dix ans. Globalement, le rôle combiné des tentacules mondiaux du Pentagone tombe sous la doctrine de la Full-Spectrum Dominance [domination totale, articulant le contrôle sur la terre, l'air, la mer et l'espace, ndt], qui vise à empêcher tout pays en développement, ou groupe de pays, d’établir des alliances ou des relations privilégiées avec la Chine ou la Russie. La Chine et la Russie font partie des quatre principaux pays du BRIC, avec le Brésil et l’Inde. Les Quatre se sont abstenus lors du vote à l’ONU. Seulement 48 heures après ce vote précipité, Mouammar Khadafi avait menacé de transférer ses juteux contrats énergétiques à des entreprises de Russie, d’Inde ou de Chine, s’il était attaqué par l’Occident.


COMITÉ DE GUERRE


L’opposition libyenne est une masse hétéroclite où se mêlent des tribus mécontentes, le mouvement généreux de la jeunesse, des civils et des militaires ayant déserté le régime de Kadhafi, des agents sponsorisés par la CIA (tels que l’ancien ministre de la justice Mustafa Abdel-Jalil), des islamistes liés (ou non) aux Frères Musulmans, et les clans monarchistes de la confrérie Al-Sanussi. Les clan Al-Sanussi sont la principale tribu de la région de Benghazi ; la plupart des « rebelles » portant le keffieh et brandissant leurs Kalashnikov sont Al-Sanussi, comme l’était le roi Idris, renversé par Kadhafi en 1969. Le Conseil de Transition Libyen se nomme maintenant « gouvernement par interim »- bien qu’il se dise encore déterminé à conserver l’unité de la Libye. Mais la sécession ne peut pas être exclue- parce que, historiquement, la Cyrénaïque a toujours été en désaccord avec la Tripolitaine. Si Kadhafi peut rassembler une majorité des tribus, le régime ne s’effondrera pas. Tous les yeux se portent sur la « marche verte » annoncée maintenant par la tribu al-Warfalla, forte d’un million d’hommes, la principale tribu de Libye ; elle s’était ralliée à l’opposition mais se montre maintenant impatiente de ontrer sa loyauté à Kadhafi.


Il n’y a aucune garantie que le Mouvement du 17 février, la force politique à l’avant-garde de la révolte libyenne, avec une plate-forme démocratique favorable aux droits de l’homme, l’Etat de droit et des élections équitables, ait la main dans un environnement post-Kadhafi. L’Occident privilégiera une direction parlant anglais, et en bons termes avec Washington et les capitales européennes.


De préférence, une marionnette docile.


Le pétrole pourrait corrompre les nouveaux dirigeants jusqu’à la moelle. Ajoutez à cela les nouvelles encore fumantes affirmant qu’al-Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI)- probablement encore un autre front de la CIA- avec son maximum de 800 jihadistes, soutenait déjà les « rebelles ». Pas étonnant que les scénarios de fin du monde fusent de partout- la chute de Kadhafi ayant tout le potentiel pour produire un nouvel Afghanistan ou un deuxième Irak. L’accord obtenu par Obama, le premier ministre britannique David Cameron et le Président Français Nicolas Sarkozy veut que l’OTAN joue « un rôle clé » dans l’Aube de l’Odyssée. Traduction : pour toutes les questions pratiques, l’OTAN sera aux commandes. La direction politique se réduira à un « comité de pilotage » de ministres des affaires étrangères- un club franco-anglo-américain saupoudré de Ligue Arabe. Ils sont censés se rencontrer bientôt à Bruxelles, Londres ou Paris. Obama a téléphoné au premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et l’a apparemment convaincu au sujet de cet accord- bien que dans un discours tenu devant les membres de son parti, Justice et développement, au pouvoir, Erdogan ait dit qu’il « ne pointera jamais une arme sur le peuple libyen ». Le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a dit que tous les membres de la coalition militaire n’étaient pas membres de l’OTAN, « ce n’est donc pas une opération de l’OTAN ».


Ne vous méprenez pas : c’en est bien une. Cette guerre « tantôt OTAN tantôt non » est grosso modo ce que voulait Sarkozy- une plate-forme « héroïque » pour assurer sa réélection en 2012. Mais la motivation de l’Occident a surtout un goût de pétrole. Puisque l’Arabie Saoudite n’est plus sur le marché, la Libye est une pièce de choix pour un Occident affamé d’énergie : une station essence géante au milieu du désert avec très peu de monde aux alentours. La masse des réserves de pétrole et de gaz avérées de la Libye se situe dans la Cyrénaïque « rebelle ». Le pétrole et le gaz représentent 25% de l’économie, 97% des exportations et 90% des revenus de l’Etat. Sarkozy- de même que l’Occident- craint une guerre prolongée. La France veut qu’elle s’arrête tout de suite. Contrairement à l’Allemagne, à la Grande-Bretagne et à l’Italie- qui ont déjà leur part du gâteau- la France bave à l’idée de se tailler la part du lion en matière de pétrole.


Il n’y a absolument rien d’humanitaire à propos de l’actuel jeu de casino qui se joue à l’intérieur de l’UE et de l’OTAN. La seule chose qui compte c’est la bonne position relativement à l’ère post-Kadhafi- le pactole énergétique, la primauté géostratégique autour de la Méditerranée et dans l’espace du Sahara et du Sahel, les opportunités juteuses dans le business de la « reconstruction ».


CHANGEMENT DE RÉGIME OU BALKANISATION?


Donc la droiture morale occidentale peut se résumer ainsi : si vous vendez beaucoup de pétrole, achetez nos armes, et pétez la gueule d’Al Quaïda, ça ne nous pose pas de problème. Vous pouvez même tuer vos propres citoyens, dès lors que c’est par douzaines, et non par milliers. C’est ainsi que l’Arabie Saoudite peut s’en tirer avec n’importe quoi dans l’actuel climat de anti-insurrectionnel, avec la Maison Royale grillant tous les feux rouges pour écraser toute aspiration démocratique dans le Golfe Persique.


Quant à ces régimes qui tuent peut-être des milliers de leurs citoyens- et ont du pétrole, et menacent de le vendre aux Russes ou aux Chinois, leur destin est de combattre une résolution ONU/Tomahawk. Les forces de la contre-révolution sont en train de se rassembler sous la houlette de l’Occident. L’armée saoudienne restera à Bahreïn. Le CCG légitime la guerre occidentale en Libye. La stratégie favorite de l’Occident en Libye consiste à diviser pour mieux régner, et se tirer avec le pétrole. La grande révolte arabe de 2011 est-elle sur le point de s’écraser dans les sables du désert ?


Le problème, c’est que la » révolte » a été instrumentalisée, créée de toutes pièces par des puissances étrangères au pays. Il ne s’agit pas d’une révolte du peuple libyen qui est avant tout partagé en tribus. Les Américains ont tout simplement réussi à monter une tribu contre une autre tout comme ils ont réussi à diviser le peuple ivoirien grâce notamment à leurs mouvements religieux évangélistes. Cela prouve aussi qu’en haut lieu on ne tolère plus les » cas particuliers » au nouvel ordre mondial. La France pour l’instant ne représente plus rien de ce qui faisait sa force intellectuelle quand il s’agissait de chasser les tyrans du pouvoir et de promouvoir le bien être des peuples.

BERNARD HENRY LÉVY: APRÈS KADHAFI, LA GUERRE CONTRE CHAVEZ ET CASTRO?

AZNAR, BHL : EXTRÊME DROITE COMMUNE.


Il faut toujours faire attention à l’agitation des serpents venimeux.


Bernard Henri Levy provoque le mépris et le rire, mais il survit à tous les ridicules, parce que derrière lui il y a des forces, la CIA en particulier, la manière dont à travers les propriétaires de médias, dans l’ère Sarkozy elle règne en maître sur l’opinion et sur les réseaux de diffusion de l’information. Une étude sur les propriétaires de ces médias, Dassault, Lagardère mais aussi Arnaud éclaire sur la nature de la concentration de la presse et qui la dirige. Le fait est que Bernard henri Levy intervient là où des intérêts puissants le souhaitent et sous des allures désordonnées, il accompagne toutes les interventions militaires. Comment un tel personnage sans cela aurait-il pu parvenir à avoir un tel impact? C’est l’interrogation que pose novosti, l’agence russe, en s’étonnant d’avoir retrouvé BHL en Bosnie , en Tchétchénie, en Georgie et maintenant en Lybie. Et encore, ils ne l’ont pas suivi dans d’autres lieux… Toujours ce grand humaniste réclame une intervention militaire pour sauver un peuple « désarmé » menacé par un tyran, quitte à totalement inventer le peuple comme les indiens Mosquitos au Nicaragua…. On peut se demander comment quelqu’un connu comme le soutien de la politique d’extrême-droite sioniste peut avoir ses entrées chez les fondamentalistes musulmans, la seule réponse possible est la CIA et ses propres liens.

En matière de propagande, Bernard-Henri Levy représente l’union sacrée entre la gauche et la droite sur la base de l’atlantisme et son registre préféré est la dénonciation de dictatures vraies ou imaginaires. Le fond en est la priorité à l’anticommunisme, la dénonciation y compris complètement fallacieuse des exactions de qui résiste aux Etats-Unis. Ses informations sont aussi mensongères que le sont ses compétences universitaires mais c’est en se posant en conscience et en pilonnant qui résiste qu’il avance. Tablant sur le monopole médiatique autant que sur celui des armes de ceux qu’il précède. Au point que les présentatrices de certains J.T. adhèrent à la guerre avec un zèle aussi dangereux que démesuré.


Et tandis qu'Aznar - dont la campagne électorale fut financée par l'extrême droite de Miami, Aznar qui a oeuvré auprès des USA dans le coup d'état contre CHAVEZ, qui a créé une coalition européenne anti-cubaine, qui a livré l'Université d'Espagne à la "Légion du Christ" (°) dont le fondateur s'est avéré drogué et pédophile....- que ce franquiste réclame également de son côté une intervention contre CUBA, que les uns et les autres identifient CHAVEZ à KADHAFI, pourquoi ne prendrait-on pas CUBA sur sa gauche, puisque, comme certains l'avancent, Fidel et le CHE seraient, depuis l'origine, des créatures du franquisme?


Donc si après la Libye, vous voyez intervenir lui et ses obligés sur Chavez, sur Fidel, prêtez-y quelque attention.


Et inquiétons-nous: la peste brune gagne du terrain.


(°) La Fondation "Légion du Christ " a pris pied dans l'Université Française, grâce à Sarkozy et Pécresse, Université livrée elle-même au privé, et dans laquelle est encouragé le financement des fondations, et c'est dans le domaine des sciences humaines qu'Aznar diffuse chez nous sa propagande carrément fascisante.


Texte de Danielle Bleitrach, "Changement de société"

mardi 29 mars 2011

LES THÉS LIPTON ET L'ÉLÉPHANT DÉCRÉTÉS DANGEREUX .

Stéphane HESSEL, avec son dernier cri lancé dans "INDIGNEZ-VOUS", ferait-il des émules?



Je reçois de mon ami Christophe DISEUR, une information relative aux marques de thé "LIPTON" et "L'ÉLÉPHANT", que je m'empresse de publier, en invitant les amis et lecteurs de ce blog à le faire connaître à leur tour le plus efficacement et rapidement possible: la meilleure réponse du grand public à la goujaterie et à la cupidité des responsables de cette délocalisation et à leurs actionnaires étant de boycotter leur marque, et de porter un coup d'arrêt à leurs prétentions criminelles et à leur insatiable soif d'enrichissement, au mépris des droits au travail et aux salaires décents des travailleurs d'Aubagne.

Exprimons ainsi notre solidarité aux salariés dont le seul crime est de défendre leur outil de travail pour faire vivre dignement leurs familles.

Voici le texte du message:



"La société qui fabrique les thés et tisanes "LIPTON" et "L'éléphant" ferme son usine en France (Aubagne) pour l'installer en Roumanie.


Elle s'oppose à une reprise par les salariés, elle vire tous les travailleurs uniquement pour augmenter ses bénéfices. L'usine était parfaitement rentable, mais les actionnaires veulent gagner plus d'argent en délocalisant.


OK !!!


Mais soyons logiques, boycottons leurs produits:qu'ils aillent chercher des clients en Roumanie!


BOYCOTT !!!


Faites suivre ce message si vous adhérez à son contenu et agissez en conséquence !!!


Indignez vous !!! "

dimanche 20 mars 2011

LA GUERRE ET LA MORT PAR LA SOIF DU PÉTROLE

LYBIE : derrière l’« amour de la liberté », une soif de pétrole jusqu’à la guerre !

Ben Ali et Moubarak étaient des dictateurs féroces qui opprimaient leurs peuples et ça ne posait de problème à personne (bien au contraire !) à l’Élysée, à l’Union européenne, au FMI, à l’ONU ou à la Maison Blanche.
En ce moment même, les Saoudiens massacrent à tour de bras à Bahreïn un peuple qui veut vivre libre et souverain et ça ne pose toujours de problème à personne.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères proposait le savoir-faire des forces françaises en matière de sécurité pour mater la révolution du peuple tunisien... Aujourd’hui le gouvernement se découvre une soudaine passion pour la liberté et le soutien aux révolutions ?

Hélas, c’est une sinistre blague !
Après avoir armé, soutenu, défendu, vanté, caressé, gavé le colonel Kadhafi, les Occidentaux ne voient plus le vieux dictateur comme le meilleur cheval pour piller les énormes ressources en hydrocarbures (pétrole, gaz) du pays. Kadhafi ne tient plus son pays : l’extraction d’hydrocarbures est malmenée par cette révolution longue et difficile. Qui veut le pétrole veut au plus vite la fin de la révolution, quelle qu’en soit l’issue. Le plus facile leur semble sans doute d’en finir avec Kadhafi. Comment expliquer autrement qu’il ait fallu attendre si longtemps pour que l’ONU prenne position ? La situation n’est devenue un problème qu’à partir du moment où l’économie pétrolière a paru bloquée durablement.

La justification apportée par le porte-parole du gouvernement François Baroin sonne comme une sorte d’aveu. Il a précisé sur RTL qu’il ne s’agissait pas d’occuper la Libye mais d’aider le mouvement de révolte à prendre le dessus sur les forces de Mouammar Kadhafi.

S’il tient tant à se justifier, c’est bien pour dissimuler les véritables intentions de cet aventurisme guerrier.

Après « la guerre préventive », voici venu le temps de la « guerre solidaire ».
On nous rejoue l’interminable et horrible chansonnette de l’impérialisme que connaissait déjà Anatole France : on croit mourir pour la liberté, on meurt pour les industriels. La chanson du capitalisme tout simplement qui, comme disait Jaurès, porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. Les frappes ne sont jamais « chirurgicales » ni les dommages « collatéraux ». A la fin, c’est toujours le peuple qui meurt. Le peuple des innocents, car les politiciens qui décrètent les guerres ne les font JAMAIS!

Le choix guerrier de la France et ses alliés est le premier pas vers la logique du pire.

Où en sommes-nous de la paix et de la liberté, en Afghanistan, en Irak ? Quel prix devra-t-on payer pour cette guerre, où allons nous nous fourrer, pour quel résultat?
Alors que nous sommes surarmés et suréquipés, et que nous ne sommes même pas foutus de libérer nos deux journalistes emprisonnés depuis 15 mois ?


mercredi 16 mars 2011

SIGNES DU TORO: LE JEU DE LA CAPE ET DE LA MULETA.

J'ai reçu de mon ami aficionado Alésien Serge copie du courriel qu'il a adressé à Joël Jacobi, rédacteur de "Signes du toro", pour se plaindre du traitement que son media réserve aux placitas toristas, ô combien méritantes, - le SILENCE -, au profit des férias des seules "grandes arènes", fussent-elles médiocres, comme c'est de plus en plus souvent le cas. J'en publie le texte, et au-dessous, mon commentaire, que j'ai aussitôt adressé à J.Jacobi, pour appuyer celui de Serge. Est-ce que nos démarches peuvent-elles encore servir à quelque chose? Les aficionados, des deux côtés des Pyrénées, n'ont droit depuis toujours qu'à un bâillon appliqué sur la bouche, le temps des broncas sur les tendidos a laissé la place au délire pañuelisto des gogos: mais nous aurons au moins lutté jusqu'à la fin pour dénoncer ce qui doit l'être, nous aurons tenté jusqu'au bout de sauver l'objet respectable de notre passion, la CORRIDA de TOROS, et non le spectacle truqué, et superficiel, de jeunes milliardaires trucidant des chèvres sans défense.
Bravo encore à Serge, pour sa conscience d'aficionado militant averti, nous vivons le temps des dictatures, notamment du fric, de son pouvoir, de tous les pouvoirs: une muraille, que d'autres abattront sans doute, mais à quel prix!
Abrazos à toi et à ton copain d'Alès, arène chère à notre coeur.
Voici son texte, et le mien plus bas

Salut Pedrito
j’ai interpellé FR3 (signes du toro) au sujet de la feria d’Ales qui n’apparait pas dans leur programme (ainsi que le site Corrida)
Sommes nous des pestiférés ou derangeons nous le mondillo avec les choix de feria toriste à Ales
cette année, ça devrait etre pas mal avec les toros de baltasar Iban et le retour du Fundi et d’aguilar
peut etre nous croiserons nous au Tempéras
j’ai prévu d’aller à Ceret en juillet avec le C.T Le Prolé d’ales mais nous n’avons pour le moment que les toros, en particulier Escolar gil
pour le moment, tres occupé !!
salut et fraternité
serge sabran


Monsieur JACOBI

Vous ne couvrez que les ferias "importantes", d'après le courriel que vous venez d'adresser à mon ami Serge Sabran.
Et donc vous délaissez les arènes qui respectent l'authenticité de la corrida, du moins tentent-elles ainsi de défendre la corrida telle qu'elle doit se dérouler, avec des toros, et non des "animalitos flojos, afeitados, noblisimos y drogados," comme disent et écrivent des aficionados espagnols de plus en plus nombreux sur leurs blogs, et avec le respect de l'épreuve ESSENTIELLE de la pique, cette phase totalement occultée par les empresas, taurinos commerciaux, toreros, palcos de paons incultes, et tous les medias - dont VOUS êtes- en recherche de sensationnel au détriment de la vérité de la fiesta brava: c'est ainsi que la moindre des bestioles anovillada, sans jus, sans défense, qui passe dix minutes d'agonie, à se coucher sur le sable, après une piquette "symbolique" -mais de quoi , de quel symbole ?- et un simulacre de "lidia" à 60 passes en rond arrachées une à une par un infirmier sans scrupule, ce qui fait hurler les antis de par la pitoyable image qu'elle donne de la corrida, cette pauvre bestiole finit par être indultée par les callejons relayés par des publics de plus en plus gogos, niais, sans aficion, pour lesquels un spectacle n'a de valeur que si lafigurita pipolisée et déifiée malgré ses tricheries et ses tares, repart avec des oreilles, rabos, jusqu'à ces INDULTOS crapuleux à répétition.

Au point que, moins il y a de toros-toros, moins il y a d'encastes variés, et plus il y a de la merde qui ressemble à un toro, plus les gens n'y voient que du feu, plus ils exigent le faux et la médiocrité, ou s'en satisfont et même en redemandent.

Tout çà pour vous dire que cà n'est pas le fanion de la culture et des traditions qui va sauver ce que nous aimons, parce que la corrida est bel et bien en train de mourir, par la faute de ceux qui auraient un peu de pouvoir pour la défendre comme il le faudrait, avec tout le sérieux nécessaire, mais qui n'en usent pas, qui baîllonnent depuis toujours l'aficion, prisonniers qu'ils sont de leurs INTÈRÊTS et - ou - de la démagogie ambiante, à commencer par les "grandes" arènes qui continuent, comme TOUS les responsables, de scier la branche sur laquelle ils sont assis, sourds et aveugles à la maladie de la cupidité qui ronge la corrida.

Valence, Séville, Arles, Nîmes, Madrid, Zaragosa, Dax(desgarbé!!!!), Mont de M, les scandales, la triche, partout et chaque semaine.... Il fut un temps, des années durant, où vos émissions laissaient encore qqs illusions. Il y a belle lurette que le samedi où vous passez vos " jeu de la cape et de la muleta" n'intéressent peu ou pas du tout les aficionados, ces formules creuses et démago auraient dû depuis longtemps laisser la place à des phrases sobres et justes, un bref traité pédagogique mensuel sur un combat éminemment sérieux, avec des fauves braves et puissants, pour mieux faire admettre notre passion à ceux qui ne la partagent pas.

Les plus grands adversaires de la corrida sont aux commandes, avec leurs complices des callejons, belles plumes, excellents photographes, mais aussi piètres que dangereux aficionados, à n'encenser que la médiocrité.
Pedrito
http://puraficion.blogspot.com/