C’est
le titre du journal satirique Catalan « EL JUEVES » ,
avec des mots qui en disent long :
« Vive
la paella au chorizo congelé »
« Vols
en pleine rue et sur la facture du restaurant »
« Fête
nationale : toros depuis le balcon »
« Plages
pleines à craquer et rues qui puent la pisse »
« Expériences
inoubliables si tu ne finis pas dans un coma éthylique »
« Placards
à balais loués à seulement 50 euros la nuit »
etc....etc....
C’est
certainement ce que ressentent beaucoup d'Espagnols fatigués de voir leur pays envahi par des millions de gens qui usent et abusent du tourisme dit "de masse", mais également certains habitants de Marciac, mon
village du Gers, squatté pendant un mois et demi par les marchands
du temple venus de partout pour les besoins du festival de jazz qui
attire chaque jour des milliers de «touristes », certes, mais
qui provoque immense colère et ras-le-bol chez bon nombre de Marciacais,
souvent les plus âgés, mais pas qu'eux seuls, des citoyens sans histoires, qui aimeraient pouvoir vivre
tranquilles, en paix, alors qu’on leur impose pendant 45 jours un
rythme et une pagaïe qui ne sont pas faits pour eux, comme je l’ai déjà évoqué
ici il y a quelques jours : rues barrées, sens uniques, sens
interdits, bruits, odeurs, on ne peut plus circuler librement dans
son village de 1200 âmes, confisqué pendant UN MOIS ET DEMI pour
l’orgueil d’un petit maharadjah, c’est le grand saccage
qu’évoquait Jean FERRAT dans sa chanson :
« Mon
pays était beau, d’une beauté sauvage,
Et
l’Homme, et le Cheval, et le Bois et l’Outil,
Vivaient
en harmonie, jusqu’à ce grand saccage,
Personne
ne peut plus simplement vivre ici. ».....
Certains,
donc, excédés sans doute par cette situation qui revient chaque année sans baisser de rythme, le supportent si mal qu’ils ont répandu des clous sur des
petites routes qui rayonnent vers les villages du canton. C’est la
presse locale de ce jour qui en fait état. Vu sur internet. Rien de
très intelligent, la bêtise à l’état brut, la même que celle
de ce maire qui se permet tout et même plus: il ne tolère aucune différence, aucun avis divergent des siens, il privatise ce village, le fait
squatter pendant beaucoup beaucoup trop longtemps, alors que 8 ou 10
jours de festival auraient satisfait les uns et les autres, d’abord
les groupies du dictateur, ainsi que ceux qui tirent un petit
bénéfice du festival, enfin les gens qui veulent vivre tranquilles, et
que l’on oblige à subir les excès démentiels d’un festival
devenu une épreuve très pénible. Assortie de mille excès qu'il serait fastidieux d'énumérer, mais dont n'ont pas conscience celles et ceux qui ne font que passer. Jusqu’à laisser
attaquer dans leur propriété privée par des rustres alcoolisés -dont un élu adjoint du petit despote qui adore pavaner devant les médias et écraser ce qui lui déplait- des citoyens dont le seul tort est de protester contre l'extrême longueur du squat,
les laisser vendre leur maison et quitter le village où ils sont nés sans un mot de regret ni excuse !!!!!!
Quand
cela cessera-t-il? Entre le tourisme de masse et le tourisme qui asphyxie, lequel est meilleur ou pire que l'autre? Quand Marciac se dotera-t-elle enfin d'un maire plus démocrate et humain que stalinien?
Le pont suspendu tombe ; la cote du concessionnaire reste
suspendue.
Publié le 14 Août 2018
Des morts, des blessés
vite des sauveteurs...
pour l’actionnariat d'Atlantia
Une longue portion d’un pont sur une autoroute s’est effondrée mardi 14 août à Gênes, dans le nord de l’Italie. Selon
les pompiers, l’accident s’est produit vers midi. Dans sa chute, le
viaduc, haut d’une cinquantaine de mètres, a emporté plusieurs voitures
et des camions. Bilan à 17h 00 La catastrophe a fait au moins 30 morts et des blessés graves, selon le ministère de l’intérieur italien. Construit
dans les années 1960, l’édifice avait connu d’importants travaux de
rénovation en 2016. On ne connaît pas encore les causes de l’accident.
"Propriété"
de Autostrade per l'Italia (une entreprise italienne, privatisée en
1999), chargée notamment de la gestion de 2 855 km d'autostrada en
Italie, l'équivalent des autoroutes en France. Côté
bourse, la société d'autoroutes Atlantia à plus de chance que son pont :
elle reste suspendue même avec -10% à la Bourse de Milan. Atlantia fait
partie du groupe italien Benetton. (les mêmes qui exploitent à travers
le monde les ouvrières et ouvriers du textile) via son actionnaire
principal, la société d'investissement Sintonia, basée à Luxembourg.). Elle possède 65,01 % du consortium Azzurra qui gère l'Aéroport de Nice-Côte d'Azur.
Donc,
dans cet espace de concurrence libre et non faussé, le pont s'est
effondré mais le cours de bourse de Benetton à tenu le coup. L'effondrement
du viaduc a fait des «dizaines de victimes», selon le directeur du
centre d'appel des urgences de Gênes, sans préciser s'il s'agissait de
morts ou de blessés. «Je confirme malheureusement qu'il y a 22 morts, et
ce bilan risque de s'alourdir» a annoncé à la télé Eduardo Rixi,
vice-ministre italien des Infrastructures.
Comme le signale de façon cynique la presse helvétique (24h00 en suisse) : "
Le titre d'Atlantia, maison mère d'Autostrade, a perdu jusqu'à 10% à la
Bourse de Milan après l'accident, avant d'effacer une partie de ses
pertes. "
Note de Pedrito. Bizarre, cette catastrophe, si peu de temps après les "travaux de rénovation" du viaduc, qui auraient théoriquement dû le rendre plus sûr, plus solide. Pour toujours plus engraisser les actionnaires, les entreprises capitalistes font le choix d'économiser sur la qualité de l'ouvrage et sur l'humain:pots de vin, corruption, profits et pertes.... Résultat? Le malheur pour des centaines de familles, qui vient alimenter la rubrique des "faits divers". Comme si le capitalisme, cette tare qui mine la société mondiale, pouvait être désigné de fait divers.
Les plus grands chefs cuisiniers français appellent
au boycott du géant Bayer-Monsanto
Publié le
par Front de Gauche Pierre Bénite
Suite
au rachat du groupe américain Monsanto par Bayer, plus de 200 grands
chefs de cuisine française se sont rassemblés pour montrer leur
mécontentement. Tous ensemble, ils ont signé une lettre ouverte pour
lutter contre la présence de l’agrochimie dans notre nourriture.
Yannick
Alléno, Cyril Lignac, Yves Camdeborde, Yannick Alléno ou encore
Christophe Michalak, sont des grands personnages de la gastronomie
française, et sont reconnus également à l’international. Et ce n’est pas
pour cuisiner que ces maitres de la restauration se sont rassemblés,
mais bien pour dénoncer les conséquences terribles de la fusion entre
les deux plus grandes multinationales de biotechnologie, Bayer et
Monsanto.
Publiée le 20 septembre 2016 sur le site spécialisé de l’actualité de la cuisine et de la gastronomique Atabula,
les grands chefs de la restauration française se sont regroupés avec la
même volonté de communiquer leur Lettre ouverte contre l’invasion de
l’agrochimie dans nos assiettes.
Ardents
défenseurs du mieux et du bien manger, de la qualité du produit et
des producteurs locaux, nos grands chefs de cuisine étoilés veulent
aussi rappeler leur soutien à la biodiversité, le respect de
l’environnement ainsi que la santé des consommateurs mais également à
leur profession :
“Sans
un produit sain et de qualité, sans diversité des cultures, le
cuisinier ne peut plus exprimer son talent créatif. Il n’est plus en
mesure de faire son métier comme il l’aime et de le transmettre avec
passion.”
L’instrumentalisation de l’environnement
Avec
beaucoup de sincérité, ils expriment leur inquiétude face à
cette alliance entre les géants des pesticides et des semences ainsi que
son terrible enjeu : contrôler toute la chaîne alimentaire, de la terre
où pousse la semence jusqu’à l’assiette du consommateur. Ils dénoncent
le risque pour les paysans et agriculteurs de se voir restreints à la
fonction de simples exploitants au service d’une machine infernale.
Les terres cultivables risquent, quant à elles, de perdre leur diversité de culture et d’être réduites à un “produit marketé”.
Ce
rapprochement agrochimique constitue un réel danger pour nos assiettes.
Selon un rapport des Nations Unies, la détérioration rapide des sols de
la planète due à l’érosion, à la perte de nutriments et de carbone
organique, à l’imperméabilisation et autres menaces peut être inversée,
pour autant que les pays prennent l’initiative de promouvoir des
pratiques de gestion durable et l’utilisation de technologies
appropriées.
Le Rapport sur l’Etat des ressources en sols du mondedu
Groupe technique intergouvernemental sur les sols de la FAO réunit les
travaux de quelque 200 scientifiques de 60 pays. Sa publication coïncide
avec la célébration de la Journée mondiale des sols, le 4 décembre, et
la conclusion de l’Année internationale des sols 2015 qui a servi à renforcer la prise de conscience sur ce qui a été décrit comme «l’allié silencieux de l’humanité».
L’agriculture
intensive et l’urbanisation détruisent toujours plus de surfaces
écologiquement précieuses. En France, une surface supérieure à
mille terrains de football est recouverte par des constructions chaque
jour. Un quart des champs est touché par l’érosion des sols qui les rend
stériles. Or, la préservation des sols est la préoccupation première
de la permaculture. A l’occasion de la « Global Soil Week » -la semaine
globale du sol- l’Institute for Advanced Sustainability Studies Potsdam a
créé une animation de sensibilisation à ce sujet.
Une
partie des sols s’érode et finit sa course dans les rivières et les
océans. La faute principalement à l’agriculture intensive qui laboure et
laisse les sols nus et donc sans défense une bonne partie de l’année.
Lettre ouverte contre l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes
Le
rachat du groupe américain Monsanto par l’allemand Bayer, en septembre
2016, ne peut pas laisser les professionnels de la restauration
indifférents. Avec cette acquisition, ce nouveau mastodonte des semences
et des pesticides a une ambition : contrôler toute la chaine
alimentaire, de la terre où pousse la semence jusqu’à l’assiette du
consommateur. Une telle entreprise n’a qu’une ambition : accroitre ses
activités, donc ses bénéfices, sur tous les continents, au mépris de la
biodiversité et de la santé des populations. Si l’Union européenne s’est
montrée inquiète suite à ce rapprochement, les citoyens ne peuvent se
contenter de regarder la chimie remplir leurs assiettes.
Ardents
défenseurs du bien manger, engagés quotidiennement dans la valorisation
du bon produit et des petits producteurs, les professionnels de la
restauration veulent rappeler leur attachement à quelques valeurs
fondamentales : le soutien à la biodiversité, le respect de
l’environnement et la santé des consommateurs. Ce rapprochement
agrochimique constitue un danger pour nos assiettes, mais il est
également une source d’inquiétude pour les paysans et les agriculteurs
qui voient se limiter leur liberté de planter et cultiver telle ou telle
semence. Demain, à cause des OGM, du Roundup et des différents produits
chimiques sortis des usines, les diversités culturale et culturelle
n’existeront plus. La nature vivante ne sera plus qu’un produit marketé,
transformé, muté au service d’un Léviathan.
Il
est nécessaire que les chefs et tous les acteurs de la restauration
prennent la parole et expriment publiquement leurs inquiétudes : sans un
produit sain et de qualité, sans diversité des cultures, le cuisinier
ne peut plus exprimer son talent créatif. Il n’est plus en mesure de
faire son métier comme il l’aime et de le transmettre avec passion.
Quant au paysan et à l’agriculteur, ils se transforment en simples
exécutants d’un grand tout agrochimique qui les dépasse : des ouvriers à
la solde d’une entreprise apatride, hors sol.
Cette
Lettre ouverte contre l’invasion de l‘agrochimie dans nos assiettes est
un appel à la responsabilité et à la prise de conscience collective.
Des enjeux majeurs pour notre alimentation se jouent actuellement. Non,
la nature, la diversité et la qualité de notre alimentation ne doivent
pas passer sous le rouleau compresseur liberticide du groupe
Bayer-Monsanto.
Note de Pedrito: suit une liste de plusieurs centaines de grands noms de la cuisine Française et de professionnels du monde de l'assiette saine et de la bonne bouffe
La faute de Benalla n'est pas qu'une défaillance
individuelle, elle est le symbole du système macronien
Publié le
par Front de Gauche Pierre Bénite
Le
journaliste François Bazin dresse le bilan de l'affaire Benalla et
analyse la communication d'Emmanuel Macron durant ces dernières
semaines. Il y voit la faillite d'une gouvernance fondée sur la promesse
d'une «République exemplaire».
Ancien
rédacteur en chef du service politique du Nouvel Observateur, François
Bazin est l'auteur d'une biographie de Jacques Pilhan intitulée Le sorcier de l'Élysée, l'histoire secrète de Jacques Pilhan (Plon, 2009). Son dernier ouvrage, Rien ne s'est passé comme prévu. Les cinq années qui ont fait Macron est paru le 1er juin chez Laffont. Il tient le blog Lirelasuite.fr.
L'affaire
Benalla est-elle désormais close ou, pour le moins sous contrôle, comme
le suggèrent les porte-parole d'Emmanuel Macron?
François BAZIN.- Si
tel était le cas, encore faudrait-il expliquer comment un pouvoir qui
se prétend jupitérien a failli se noyer «dans un verre d'eau». Ceux qui
prétendent par ailleurs qu'une «affaire d'été», par définition, doit
s'éteindre à la rentrée confondent la fin de l'acte et la fin de la
pièce. Cette affaire est à tiroirs, tout comme celui qui en est le
héros. Chaque jour qui passe apporte de nouveaux rebondissements. C'est
un vrai feuilleton, passionnant à ce titre. Les premiers épisodes ont
été détonnant. La suite, ce sont des mèches mal éteintes qui, à tout
instant, peuvent relancer l'incendie.
Avec une meilleure communication, cet incendie aurait-il pu être circonscrit d'emblée?
La
communication ne peut pas tout. Ça ne sera jamais le coup de baguette
d'un prestidigitateur. Dans ce genre d'affaire, une bonne communication
doit proposer un récit qui soit à la fois crédible et honorable pour
ceux qui sont mis en cause.
Cela
suppose de la rapidité, de la franchise et de la netteté, y compris
dans le sacrifice de quelques positions trop évidemment indéfendables.
L'objectif, ce n'est pas la recherche du fusible mais l'installation
d'un pare-feu ou d'un dérivatif pour que la lecture de l'événement s'en
trouve modifiée. Or dans l'affaire Benalla, tout a été fait à l'inverse
et à contretemps.
Si Benalla a été sanctionné, c'est qu'il n'était pas innocent mais alors pourquoi a-t-il été ménagé à ce point, en catimini ?
Pourquoi?
Si
l'on refait le film des premiers jours, on voit d'abord qu'à l'Élysée,
on n'imaginait pas que deux mois et demi après les dérapages du 1er mai,
la responsabilité de Benalla puisse être soudain établie dans la
presse. Pas vu pas pris! Rien n'avait été préparé pour le cas contraire.
Quand le directeur de cabinet du Président est interrogé par Le Monde,
il ne peut que reconnaître la faute, agrémentée d'une sanction a
minima. Ce qui est évidemment trop court pour qu'on en reste là. Si
Benalla a été sanctionné, c'est qu'il n'était pas innocent mais alors
pourquoi a-t-il été ménagé à ce point, en catimini? Il y a là dès le
départ une grande contradiction.
Alors
que la mèche du soupçon vient d'être ainsi allumée, intervient alors le
porte-parole de l'Élysée. Sa déclaration solennelle est proprement
extravagante puisqu'elle repose sur une contre-vérité évidente: le
caractère inédit de la mise à pied provisoire de Benalla. Pour éteindre
le feu, on vient ainsi de l'arroser d'essence. Chapeau!
Pour
compléter le tout, ce jour-là, manque de chance, le Président est sur
le terrain et ne peut échapper aux questions des journalistes. On le
cherche mais il se dérobe sous l'œil des caméras, ce qui n'est pas
glorieux et montre surtout une gêne qui, dès lors, signale une forme de
complicité.
Pour vous, à partir de là, la messe est donc dite?
Elle
l'est en tout cas suffisamment pour qu'enquêteurs, commentateurs et
autres procureurs s'engouffrent dans la brèche avec les effets que l'on
sait. L'accusation, à ce stade, repose sur des pièces reconnues et
vérifiables tandis que la défense n'a pas le début d'un argumentaire
élaboré.
J'en
tire deux conclusions. La première est qu'une fois encore dans ce genre
affaire - Fillon pourrait en témoigner - vouloir gagner du temps en
improvisant ou en biaisant, c'est prendre le risque d'être emporté par
la vague. La seconde, propre au système Macron, est que son
hyper-centralisation le rend terriblement fragile, dès lors que le
Président montre dans la tourmente, une étonnante absence de réactivité.
À quoi bon se vanter d'être maître des horloges quand on est, dans les
faits, constamment en retard sur l'événement?
Macron aurait dû selon vous s'expliquer beaucoup plus vite en public?
Je
pense surtout qu'il n'a pas fallu longtemps avant que les Français
comprennent tout seul les ressorts principaux de cette affaire. En ce
sens, ils n'avaient guère besoin d'explications. Ils attendaient plutôt
des mots et des actes qui prouvent une reconnaissance immédiate de la
faute.
Si
celle-ci découle d'un sentiment d'impunité au sommet de l'État, par
manque de contrôle, si le système élyséen tel qu'il s'est mis en place
depuis un an sécrète l'excès de pouvoir, alors n'est-ce pas tromper son
monde que de se proclamer «responsable de tout» tout en sachant très
bien que, constitutionnellement, on ne l'est en fait de rien.
Responsable mais pas coupable: cette ligne de défense a déjà servi, sans
grande efficacité, me semble-t-il.
Une République exemplaire n'est pas une République infaillible, dit-on à l'Élysée…
J'entends
bien. Le Code de la route n'a jamais empêché les chauffards. Mais une
République qui, au sommet, faillit, masque la vérité et tarde à ce point
à prendre les sanctions qui s'imposent, a-t-elle encore un caractère
d'exemplarité?
Une
République qui, au sommet, faillit, masque la vérité et tarde à ce
point à prendre les sanctions qui s'imposent, a-t-elle encore un
caractère d'exemplarité ?
Une défaillance individuelle, fut-ce d'un collaborateur du chef de l'État, permet-elle de condamner l'ensemble d'un système?
Plutôt
que de se contenter d'un JT sur TF1 où il apparaissait comme un gentil
garçon, poli et mesuré, Benalla a choisi de raconter par le détail, dans
deux autres interviews de presse écrite, son action et son rôle. Le
faire, soit dit en passant, sous la houlette d'un homme aussi
controversé que Marc Francelet, c'était comme aller chercher un brevet
de virginité chez Madame Claude.
La
caque, on le sait bien, sent toujours le hareng. Au-delà, ce qu'a
dessiné cette volée d'entretiens, c'est le portrait rêvé, non pas d'un
simple fantassin mais d'un jeune colonel de la macronie, sorte de Julien
Sorel bodybuildé, monté de sa province à force d'énergie et
d'hypocrisie, et qui aurait préféré au rouge et au noir le bleu de la
police en revoyant sans cesse Kevin Costner dans Bodyguard plutôt que de relire le Mémorial de Sainte Hélène.
Macron
aime Stendhal au point d'avoir posé un volume de son œuvre sur le
bureau de sa photo officielle. Benalla est plus qu'une pièce dans le
système présidentiel. C'est un personnage central dans le roman du
quinquennat.
Sa
faute, sur aucun plan, ne peut donc avoir le caractère d'une
défaillance individuelle. A mon sens, elle dit tout: le système, son
imaginaire, sa folie aussi.
Les
médias libres et non faussés de la pensée unique ont passé en boucle
cette déclaration tonitruante du businessman passé ministre de
l'écologie dans un gouvernement de droite et de droite.
Qui débarquerait par hasard d'une autre galaxie pour goûter aux plaisirs de la France régentée par Manu 1er,
pourrait croire que le grand soir est arrivé. Et qu'on allait enfin
laver plus blanc que blanc dans une société vouée au capitalisme.
Si
vous ne le saviez pas, la Justice américaine a condamné Monsanto-Bayer
d'avoir inoculé le cancer à un petit jardinier qui avait bossé dur en
utilisant son pesticide à profusions. L'Organisation mondiale de la
santé avait, elle depuis belle lurette, dit que le glyphosate était
cancérogène probable.
Mais
l'UE du capital, qui s'occupe du capital et pas du genre humain,
notamment des travailleurs, vient d'autoriser à nouveau la vente de
l’herbicide pour les 5 ans à venir, et de rejeter les demandes de fixer
des objectifs de réduction.
En
France, les députés macronistes ont rejeté l'inscription dans la Loi de
l’interdiction du glyphosate, dans la loi dite Agriculture et
Alimentation. Sans rire.
Et
la FNSEA, le syndicat patronat dans l'agriculture, qui fait la pluie et
le beau temps dans les ministères de l'Agriculture à gôche comme à
droite, est contre l'interdiction du pesticide. Avec plus de 9 000
tonnes de glyphosate vaporisées dans les champs chaque année, la France
est le premier utilisateur de pesticides en Europe.
Et
c'est ainsi, qu'entre deux plongeons dans sa piscine perso en son fort
perso de Brégançon, un ex-banquier d'affaires laisse son ministre de
l'écologie enfumer l'été 2018.
Bon,
les députés ex-écolos, passés dans le camp des forces de l'argent, sont
toujours bien dans leurs semelles plombées. Et le premier d'entre eux,
François de Rugy, ex-patron des députés écolos sous François Hollande,
n'échangerait surtout pas son fauteuil de patron de l'Assemblée
nationale contre un plat de lentilles bio.
Mais dormez bien braves gens. Comme l'a claironné Nicolas Hulot urbi et orbi:"A un moment donné, on doit se révolter".
Allez, comme c'est les vacances, une petite carte postale...