mardi 26 mai 2020


Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La première journée laisse carrément de côté les revendications cruellement d'actualité et exprimées par les personnels de la santé publique, qu'ils travaillent à l'hôpital, dans les ehpad et dans l'accompagnement des personnes âgées à domicile.
300 participants et après la belle chanson du premier chambellan du palais de l'Elysée, les yeux dans les yeux à la télé, la parole a été donnée à 15 participants. Pour les syndicats, ce ne fut que la Cfdt, troisième syndicat et loin derrière la première: la CGT. Ce qui nie la représentativité syndicale légale et légitime. Mais le pilote de ce "Ségur" de la santé n'est-il pas Nicole Notat, ex-dirigeante nationale de la Cfdt et soutien de Macron président?
Et parmi les 15 intervenants, choisis par le gouvernement dans cette première journée, en plus de la Cfdt, la parole fut offerte aux directeurs d'établissements de soins et aux médecins. Bon prince toutefois, dans ce raout d'interlocutrices et interlocuteurs ne remettant pas en cause les choix politiques en matière de santé, on a laissé s'exprimer deux représentants des usagers.
"Ces manœuvres traduisent bien l’état d’esprit pour la suite : mettre en avant les moins représentatifs pourvu qu’ils aient la bonne étiquette de « réformiste ». C’est regrettable, car ce sont justement les validations et accompagnements de toutes les réformes destructrices par eux, qui ont conduit l’Hôpital dans l’état où il se trouve", dit la CGT-Santé-Action sociale dans son communiqué de ce lundi et qui titre: "Un bien mauvais lancement du Ségur de la Santé."
Oui, sans le combat de classes et le rapport de forces qui va avec, on est donc à des années lumières des revendications principales, à savoir:
- L’arrêt immédiat de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits.
- Un plan urgent de formation pluridisciplinaire de professionnel.le.s et un plan de recrutement pluridisciplinaire.
- La revalorisation générale des salaires passant notamment par l’augmentation du point d’indice et la reconnaissance des qualifications des professionnel.le.s pour un meilleur déroulement de carrière, l’égalité professionnelle pour nos métiers à prédominance féminine.
- L’amélioration des conditions de travail, de vie des salariés et la reconnaissance de la pénibilité des métiers.
- L’abandon de la tarification à l’activité, l’augmentation des budgets des établissements ainsi qu’un projet de loi de Financement de la Sécurité Sociale qui réponde aux besoins.
- La garantie d’un accès de qualité, égalitaire et de proximité de soins et d’accompagnement social pour tous.
Mais le dialogue social à la sauce Macron a-t-il été bénéficiaire une seule fois au vrai monde du travail depuis qu'un ex-banquier d'affaires, chouchouté par Hollande président, loge dans le palais présidentiel de la République?
Le "Ségur" de la Santé à la sauce Macron: prendre les mêmes et recommencer

lundi 25 mai 2020


Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Comme alors les Accords de Matignon signés dans la nuit du 7 au 8 juin 1936 et du Constat de Grenelle du 27 mai 1968, confirmant une hausse remarquable des salaires et la réduction du temps de travail, entre autres droits conquis par les travailleurs en grève?
Mais voilà, ironie de l'histoire, le ministère de la Santé se niche avenue de Ségur, non pour commémorer la célèbre comtesse, mais en souvenir du maréchal de Ségur, ministre de la Guerre de Louis XIV. Et pour en revenir à juin 1936 ou à juin 1968, c'est finalisé en une journée pour 1936 et en deux pour 1968.
Aujourd'hui, ledit "Ségur" rassemble pas moins de 300 participants et pas uniquement les organisations syndicales représentatives dans la santé publique, en vidéo-conférence connectés avec Olivier Véran qui, avant d'être ministre, ne s'illustra aucunement dans la défense de la santé publique comme député socialiste, puis macroniste, ou comme toubib hospitalier au CHU de Grenoble dans les luttes présentes avant son adoubement.
Ensuite, pour le dialogue social à la sauce du capital, 7 semaines de "groupes de travail et de partages d'expériences". Conclusions: après le 14 juillet. Le premier grain à moudre dans le budget de la Sécu -que l'Elysée veut toujours torpiller- fin septembre. Vous suivez ou pas?
Le tout piloté par Nicole Notat, ex-patronne de la CFDT favorable au plan Juppé, premier ministre de Jacques Chirac président, et signataire de tous les accords avec le Medef, jusqu'à être soutien inconditionnelle de Macron président. Vous suivez toujours?
A moins que le combat de classes renverse la table. En tout cas, la CGT-Santé-Action sociale lance des mobilisations des personnels jusqu'au 16 juin.
Une dizaine d’organisations syndicales ou professionnelles appellent à se mobiliser le 16 juin 2020 : CGT, SUD, UNSA, CGC, Association des médecins urgentistes de France, Action praticiens hôpital, collectifs Inter-blocs, Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences, Printemps de la psychiatrie et Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité. Les syndicats des toubibs de ville dits libéraux, tout comme la Cfdt ou la Cftc, y sont absents.
Ce 16 juin, vous applaudirez de chez vous ou vous descendrez dans la rue?
Parce que la santé publique, comme
Le "Ségur de la Santé" s'ouvre ce lundi, du nom de l'avenue où se situe le ministère de  la Santé à Paris

ON A DU PAIN SUR LA PLANCHE.

Le capitalisme ne va pas s’effondrer tout seul, il faut s’en préoccuper !


La crise sanitaire actuelle pousse à interroger la régulation capitaliste du monde, par quelque bout qu’on la prenne. La soi-disant « main invisible du marché », selon laquelle les actes de chacun, guidés par son seul intérêt personnel, conduisent au bien commun, apparaît comme une triste fable. En réalité, cette « main invisible » n’est qu’un artifice idéologique qui masque les intérêts d’une classe dominante qui ne cesse d’étendre son emprise sur le monde, d’une manière qui devient chaque jour plus mortifère.
De quelque bout qu’on la prenne : l’origine de la crise actuelle est liée à l’irruption dans la communauté humaine d’un virus jusqu’à présent hébergé par un animal, le pangolin. Cette épidémie, comme d’autres qui l’ont précédée, est liée à la raréfaction des ressources sauvages, au rapprochement des humains et d’espèces animales. Ceci impose une gestion rationnelle et solidaire des ressources naturelles, aux antipodes de la « main invisible » qui conduit aux grands chantiers, aux grandes exploitations qui doivent satisfaire les exigences de rentabilité sans se préoccuper de considérations écologiques.
Au niveau de ses conséquences, on ne peut encore prévoir l’impact des ondes de choc qui vont bouleverser toutes les fragilités des constructions économiques et politiques qui assurent jusqu’à présent la marche du monde. Tout ce que les pouvoirs en place envoient comme message la poursuite de la même logique, en profitant de la désorganisation généralisée, du confinement, pour en accélérer le cours.
A l’étage de la vie quotidienne, la réponse aux besoins des citoyens et de l’économie du pays requerrait une intervention forte de l’Etat, pour faire face à l’immédiat et repartir. En pleine acceptation des règles du jeu libérales, l’Etat a depuis longtemps réduit ses ressources propres, s’est désengagé des services publics, du soutien des citoyens, et d’une façon générale de la conduite de politiques cohérentes avec la poursuite du bien commun. Depuis longtemps cette cohérence est mise au service de la classe dominante, dont il exécute soigneusement les tâches à l’agenda de « libéralisation » du monde. Plus crispée que jamais, l’équipe politique au pouvoir continue sans concession sa trajectoire antérieure, en se préparant à faire payer la crise aux mêmes et à faire face à la colère sociale qu’il anticipe par les méthodes musclées que l’on connaît.
Descendre dans la rue ne suffira pas. Outre que nous pouvons anticiper une violence d’Etat qui n’aura rien à envier à celle qui a précédé et accompagné le confinement, ne servira à rien si les manifestations ne portent pas un projet global, à opposer à la course folle du capitalisme.
Il ne s’agit plus de revendiquer. Revendiquer, c’est placer un autre pouvoir, au-dessus de soi, qui possède les moyens et qui pourra céder, sous la pression, des concessions plus ou moins importantes sur lesquelles il n’aura de cesse de revenir. Le capitalisme n’existe que traversé par une pulsion prédatrice ; il s’arrête devant l’obstacle, recule parfois, mais pour mieux reprendre la main.
Le dernier recul important du capital date des lendemains de la Deuxième Guerre mondiale. Un ensemble de facteurs historiques, au centre duquel la rivalité Est-Ouest a joué un rôle, a conduit à l’instauration d’un compromis entre le capital et travail. La mise en place d’une protection sociale qui garantit à chacun la sécurité de ses moyens d’existence tout au long de la vie, un meilleur partage de la plus-value procurant de meilleurs salaires, l’avenir ouvert grâce à « l’ascenseur social » ont formé la base de ce compromis. Mais le capital gardait en main ses armes essentielles : la propriété du capital, d’une part ; et de l’autre, découlant de cette propriété, les finalités et l’organisation de la production.
Ce compromis a tenu tant que le capital y a trouvé son compte : l’augmentation des salaires soutenait l’expansion économique et les profits. Mais le mécanisme s’est grippé progressivement au cours des années soixante-dix, et la « révolution libérale » s’est mise en marche. Elle s’est mise en place concrètement grâce à des mesures mises en place par les différents gouvernements, Etats-Unis et Grande-Bretagne en tête, bientôt suivi de nombreux autres. La chute de l’URSS a accéléré le processus. La Chine s’ouvre au monde capitaliste dès 1978 et intègre l’OMC en 2001 devenant depuis une pièce maitresse de la mondialisation capitaliste.
Cette mise en place de la révolution libérale s’est accompagnée d’un intense discours idéologique destiné à faire accepter tous les reculs sociaux et l’austérité pour les classes populaires. Ce discours tend à faire de la réaction capitaliste une évolution en quelque sorte naturelle de l’économie, face à laquelle on ne pourrait rien faire que de s’adapter, au prix bien sûr de sacrifices imposés par la concurrence. Ceux qui tirent leur épingle du jeu dans le monde actuel le sont parce qu’ils sont les meilleurs, et les autres n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.
Cette idéologie a d’autant mieux été intériorisée qu’elle ne s’est pas heurtée à un autre discours qui aurait remis le monde sur ses pieds et démonté les mécanismes de la domination capitaliste. La gauche de « gouvernement », celle qui se prétend réaliste et raisonnable, a enfourché tous les thèmes de l’idéologie libérale et l’a très largement mise en œuvre. Les autres forces de gauche et les syndicats combatifs ont certes mené une salutaire ligne de résistance, mais en prenant comme repère les acquis (ou conquis) de la période du compromis historique, compromis répudié depuis belle lurette par le capital qui s’est acharné à détruire méthodiquement les bases de la force de résistance du monde du travail.
Il est temps de prendre conscience de la façon dont le capital a construit son emprise sur le monde, parce que c’est là que nous devons porter notre attention pour construire notre offensive. Cette emprise du capital repose sur des mesures politiques, prises par des gouvernements, élus démocratiquement ou non, et qui ont sacrifié l’intérêt de leurs peuples aux intérêts de la classe capitaliste. Le mouvement du monde n’a rien d’inéluctable ou de naturel : il est dû à des décisions conscientes de politiques un peu trop liés à la classe des possédants.
Et ce que des hommes ont fait, d’autres hommes et femmes peuvent le défaire. Les dénonciations des diktats du capitalisme existent déjà dans la globalité et dans l’abstrait ; ou bien de manière concrète mais éparpillée et sectorisée dans les différents domaines où ils s’exercent, sans être reliée à tout l’échafaudage de pouvoir qui les rendent possibles.
Entre la dénonciation globale et abstraite du capitalisme, qui ne donne prise sur rien, et les luttes spécifiques qui ne permettent pas d’aborder la cohérence d’ensemble et la racine des problèmes, il faut dégager le cœur du pouvoir capitaliste.
Une des mesures initiales du libéralisme concerne la liberté de circulation des capitaux. Les gros détenteurs de capitaux acquièrent de ce fait la liberté de se désengager de l’activité économique dans les pays où ils sont implantés et celle de s’installer là où ils veulent, en fonction des profits escomptés. Donc une pression importante (pour ne pas dire un chantage...) est exercée sur les gouvernements, qui n’ont aucun intérêt à voir leurs entreprises mettre la clef sous la porte en contrariant « les investisseurs » ; et de fait, dans le discours des politiques, il n’est question que « d’attractivité » des territoires, c’est-à-dire de dérouler le tapis rouge pour les multinationales qui voudraient bien s’implanter. La libéralisation des échanges, qui ne met aucune condition ni sociale ni écologique à la libre circulation des marchandises, complète cette mise en concurrence.
Un autre angle d’attaque majeur du capitalisme est l’appauvrissement de l’Etat, en le privant de ressources fiscales : il n’a qu’à se dégager des politiques sociales et du financement des services publics, pour laisser place à une marchandisation accessible à ceux qui auront les moyens de payer.
La limitation du déficit des Etats et l’obligation de faire re-financer ces déficits publics par des capitaux privés crée pour les détenteurs de ces capitaux l’occasion de prélever une rente sur des fonds publics déjà anémiés par l’évasion fiscale organisée. Mais elle met ces mêmes Etats dans la dépendance de ces détenteurs de capitaux, qui peuvent faire varier les taux de leurs prêts au gré de leurs intérêts. A cet égard tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne : les Etats-Unis profitent du statut de monnaie internationale du dollar pour accumuler leurs déficits de manière vertigineuse.
Dépendance des Etats vis-à-vis de la finance et mise en concurrence des travailleurs et des pays sur la base de leurs politiques plus ou moins conciliantes sont les deux principales armes du capital pour exercer sa domination, exploiter sans limites les hommes et la nature. La crise sanitaire rend cette situation intenable et aiguise la confrontation : l’heure est moins que jamais à la recherche d’accommodements mais de faire face à un choix décisif : prendre les problèmes à bras le corps en visant les causes du désordre actuel du monde ou bien le voir étendre ses ravages : dans un premier temps, un recul grave de nos droits économiques, sociaux, démocratiques ; et à plus ou moins brève échéance subir les effets imprévisibles dans leurs modalités mais certains dans leur survenue des futurs bouleversements écologiques, accompagnés de drames humains qui mettront la sécurité de la planète en péril.
Face à cette situation, des propositions sont émises, par le biais d’articles, de pétitions... dont il importe de voir leur portée, et de comparer afin de voir jusqu’à quel point elles se recoupent (ce qui fera l’objet d’un autre article). La fameuse « convergence des luttes » davantage prônée de manière incantatoire que mise en pratique, a besoin d’un socle solide, qui ne peut se constituer qu’en s’attaquant aux fondements de la domination capitaliste sur le monde. Cette convergence passe au moins autant par la confrontation des analyses que par le regroupement dans les mêmes cortèges.

 On a du pain sur la planche...

dimanche 24 mai 2020

PAROLES....PAROLES....PAROLES.....(°)


Emmanuel Macron va faire "d'importantes annonces" mardi dans le cadre d'un plan de soutien de la filière automobile plombée par la crise du coronavirus, a déclaré samedi à l'AFP une source proche de l'exécutif. "C'est le président qui portera le plan de filière à son niveau". Mais l'éloge appuyé  au "gros travail préparatoire fait par les ministres de l'Economie et des Finances ainsi que de la Transition écologique et solidaire", Bruno Le Maire et Elisabeth Borne" n'est pas anodin. Comme Philippe n'est pas cité le blog croit comprendre que la transition vers un nouveau gouvernement prend corps sous prétexte d'automobile.
Mais le sauvetage de 4 usines Renault et de milliers d'emplois  est une question subalterne et marginale qui n'est pas à l'ordre du jour. Une prime pour l'achat d'un véhicule hybride et une hausse de celle en faveur des voitures électriques et de la prime à la conversion d'un vieux diesel  seront le fer de lance de cette "vigoureuse" action de notre président et de ses exécutants.   Le tunnel promet d'être long qui débouchera sur des résultats concrets. Bruno Le Maire a "réclamé" en échange une relocalisation des productions "propres"  en France ce qui ne remplace pas une action d'aide à la transition  pour les usines qui existent déjà.   On sait ce qu'il en est des promesses qui n'engagent que ceux qui y croient.
 "Bruno Le Maire a soumis jeudi son feu vert pour un prêt de 5 milliards d'euros à des engagements, alors que le groupe Renault doit dévoiler le 29 mai les contours d'un plan d'économies de deux milliards d'euros."  On est loin des  premières déclarations d'Edouard Philippe qui avait prévenu mercredi que le gouvernement serait "intransigeant" sur la "préservation" des sites de Renault en France.  Désormais c’est à Renault de "faire des efforts", c'est à dire à ses personnels qui doivent se sacrifier sur l'autel de la transition écologique
L'opération politique qui veut répondre à l'"Après" par un "capitalisme vert" est en marche. Elle n'est en aucune façon  ce que les Français et Françaises attendent, du moins les couches populaires en détresse. La gauche doit donner sa réponse sans attendre à ce piège grossier.
(°) Ancien succès de Dalida, maintes fois repris depuis par la "gôche" socialiste et sa sœur jumelle de droite 

Covid-19 : une aubaine pour les multinationales !

Publié le par MS21
manifestations des personnels soignants
manifestations des personnels soignants
Des crises avant la Covid-19

Rappelons d’emblée une vérité indéniable : le coronavirus est arrivé dans notre pays dans un climat de crise sociale déjà nettement affirmée. Le mouvement des Gilets jaunes durait depuis plus d‘un an et depuis des mois le personnel soignant tirait la sonnette d'alarme sous la forme de grèves des urgences et de démissions administratives de nombreux chefs de services. Point d’orgue de ce malaise social, la contre-réforme des retraites avait occasionné des manifestations et grèves largement soutenues par la population durant plusieurs mois. Plus inquiétant encore, alors que le suicide de nombreux policiers prouvait que ce profond malaise avait gagné aussi les forces de l'ordre, le gouvernement et la classe dirigeante semblaient être sourds et aveugles...

Le coronavirus, un révélateur

Il faut reconnaître à ce virus une vertu cruelle : il a révélé à toute la population les conséquences réelles de la logique néolibérale. Comment ne pas constater en effet, à l’occasion de cette crise, l'état désastreux de notre système de santé suite aux coupes drastiques dans les budgets depuis des décennies : les soignants ont manqué du matériel le plus élémentaire – lits de réanimation, masques, sur-blouses, médicaments, tests -, le personnel en nombre notoirement insuffisant s’est vite épuisé et il a fallu faire appel à des étudiants, des médecins et des infirmiers retraités… Comment ne pas constater aussi dans cette période l'état catastrophique de désindustrialisation de la France : la grande majorité de nos médicaments est dorénavant fabriquée en Inde, en Chine, en Israël et les masques aussi doivent être importés car l'usine de Plaintel dans les Côtes d'Armor qui en fabriquait a été fermée en 2018 et le gouvernement n’a rien fait pour qu'elle puisse redémarrer. Même constat désolant avec les respirateurs, les tests, les sur-blouses....plus rien n'est fabriqué en France ce qui entraîne des ruptures de stocks et des délais importants de réapprovisionnements même pour des produits dont l’utilité est vitale. C’est dans ce contexte que, confrontées à une pandémie qui renforçait les inégalités sociales et en l'absence de traitement efficace, les autorités n’ont eu d’autres solutions que le « confinement ».

Le tout numérique !

Confinés, quasiment réduits à l'impuissance, les Gilets Jaunes se sont tus, les syndicats ont rangé leurs banderoles, les contestataires ont rongé leur frein en silence. Internet est alors devenu le seul moyen de communiquer et on a assisté à une montée en puissance des plates-formes numériques avec l’explosion du chiffre d'affaire de « Amazon », la banalisation du télétravail et le développement des consultations médicales à distance. Dans l’éducation nationale les élèves - du plus petit au plus grand – ont étudié devant leur écran. Bref, l'ère du tout numérique s'est installée et on peut penser que ces dispositions vont perdurer au-delà de la période de confinement.

Ce basculement n'est pas sans risque. L'employé qui pratique le télétravail compte-t-il ses heures de travail ? Peut-il faire valoir ses heures supplémentaires ? Isolé, quasiment sans lien avec ses collègues en dehors des échanges professionnels, lui sera-t-il possible de revendiquer, de se syndiquer ? Des questions du même ordre traversent d'autres domaines. On conçoit que des consultations médicales à distance puissent pallier les déserts médicaux et que l'enseignement supérieur aurait intérêt à multiplier les cours en ligne afin de voir disparaître les vétustes et désormais inutiles amphis surchargés. Mais ne perdons pas de vue que, si ces dispositions sont certainement une aubaine pour les multinationales du numérique, elles ne tiennent pas compte des « zones blanches », des populations âgées peu familiarisées avec ces techniques, des populations non pourvues de matériel ni de celles qui les refusent.

Autre risque : le gouvernement, après une période de sidération, va probablement se livrer à une surenchère technologique et sécuritaire au prétexte de protéger la population de la contagion. De façon insidieuse la protection deviendra surveillance avec son lot de confinements coercitifs, d’attestations de déplacement limité dans le temps et dans l'espace, de contrôles policiers suivis parfois d'amendes abusives, de couvre-feux, de surveillances par des drones et des caméras « intelligentes ». Cerise sur le gâteau on nous prépare l'application STOP-COVID ! Si une personne s'est déclarée positive au Covid-19 sur cette application, celles qui auront été en contact avec elle seront prévenues de manière automatique. Cette technique permettrait – selon les explications officielles - de sortir du confinement et de maîtriser l'épidémie en brisant la chaîne de transmission. Mais cette technologie pose de nombreux problèmes pratiques et déontologiques loin d'être résolus et suscite de fortes oppositions. Son lancement est prévu le 2 juin. Ne serait-il pas plus simple et plus efficace de distribuer gratuitement des masques à tout le monde et de suivre la recommandation de l'OMS : « Testez, testez, testez ! » ?

Crise sanitaire, crise économique

La fermeture des commerces et des usines, la baisse ou l'arrêt total de la production vont certainement provoquer l'augmentation du chômage et des faillites surtout chez les PME / TPE . Le MEDEF est en embuscade, il avance ses pions : pour compenser les pertes de profit, il a obtenu la possibilité d'allonger le temps de travail jusqu'à 60 heures par semaine, de supprimer les RTT et/ou des jours fériés, d'amputer les congés payés de quelques jours dès la fin du confinement qu'il espère pour le plus tôt possible....Tous en appellent à l'Etat pour des aides, des exonérations de taxes et d'impôts, des garanties, des subventions... L'Etat que ces grands capitalistes vilipendaient hier est vu aujourd'hui comme le Sauveur.

Une remise en question ?

Rappelons les paroles de Nicolas Sarkozy en 2008 : « Cette crise financière marque la fin d'un monde. Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation ». Ces belles paroles ne furent suivies d'aucun effet. De même E. Macron, dans son allocution du 13 avril, s’est interrogé : « Quand pourrons-nous renouer avec la vie d'avant ? » et a insisté sur la nécessité de préparer
« l'Après », de rebâtir une indépendance financière, agricole, industrielle et technologique. Il a conclu en affirmant que nous retrouverons « les Jours heureux ».

Notons d’abord que, de la part d’un président qui a consacré la première partie de son mandat à affaiblir le droit du travail, la retraite par répartition et l’ensemble des services publics, cette allusion au programme du CNR résonne comme une insulte envers les classes populaires. Mais toute cette hypocrisie de circonstance ne doit abuser personne. La réalité est que ces promesses ne servent qu’à camoufler la responsabilité écrasante de ce gouvernement dans le deuil qui a frappé des milliers de familles. Ajoutant le cynisme à l’incompétence nos dirigeants veulent maintenant restreindre les libertés publiques, renforcer le fichage des contestataires, augmenter la répression des opposants et surtout renouer avec « l'Avant » pour figer la domination sociale. Dans cette période tourmentée, le MS21 appelle l’ensemble des concitoyens à une vigilance républicaine et à une réaction forte pour contrer ces dérives.