mercredi 4 août 2021

Douce France, pass sanitaire: enfermés dehors ?

Publié le par Boyer Jakline  Blog Bordeaux Moscou

Le pays de Pasteur met des vaccins américains dans des fioles

Le pays de Pasteur met des vaccins américains dans des fioles

Il y a la France qui écoute le président et se plie à  ses ordres et  contre-ordres, sorte de Jacques a dit...

Il y a la France qui ne décolère pas. Toujours les mêmes et pour cause : leur vie ne s’améliore pas, au contraire se dégrade et ce sont eux qui paient le plus lourd tribut à la pandémie : nombre de morts dans la première phase, printemps 2020, les moins vaccinés aujourd'hui,  car l’accès au vaccin est inégalement réparti... comme le reste,  service public hospitalier,  écoles,  postes de police  etc... De nombreux analystes soulignent désormais le parallèle entre les inégalités sociales et les inégalités devant la pandémie et la politique sanitaire. 

Et puis,  il y a les inquiets sur la nature du vaccin et les antivax par principe. 

Tout ce petit monde se retrouve massivement,  très massivement dans la rue en plein été pour refuser le pass sanitaire sorti du chapeau présidentiel un 12 juillet. 160.000 personnes disent sans rire les médias,  tous  évidemment.  C'est le ministère de l’intérieur qui communique.  À  la  louche... 160.000. 200.000 au 31 juillet, 204000 s’amuse le ministre de l'intérieur... La construction permanente d’une autre réalité. Jusqu'à ce qu’elle soit démontée par la réalité vraie,  forcément violemment en réponse à la violence du mensonge permanent. 

Les quasiment 10.000 à  Bordeaux viennent démentir dé- mentir. Miracle de la langue française.

Entre 5000 et 10.000 le 31 juillet,  chiffres de la Préfecture. Foule diverse, calme. Plus de banderoles habituelles des cortèges : santé publique,  chômage.  Et soudain,  entre 2 Marseillaise,  sort,  massif le " tous ensemble" bien connu. Visiblement, la mouvance " de gauche" s’est préparée.

Je m’inscris en faux contre une lecture raciste, obscurantiste, d’extrême droite de ces manifestants.  Il y en a. Mais  très très  minoritaires. C’est faire un sacré cadeau  aux "Patriotes" que de leur attribuer tous ces gens dans la rue ! Et pour que le " cadeau" se poursuive, ils ne quittent pas les plateaux télé, après un traitement de faveur,  sans intervention brutale de la police à Paris. ( Voir la place de la Bastille, pour comparer...).

Or, s’il fallait tenter de les identifier politiquement  je dirais qu'il y a là  beaucoup d’abstentionnistes qui ne voient plus que la rue pour exister politiquement. 

Notre société est dans un état de confusion total. Difficile de ne pas penser que nous, à gauche,  récoltons aussi ce que nous avons semé.

Macron par ses décisions entretient et nourrit la confusion.  "En même temps"sous perfusion... . Car tout de même,  le coup de massue du 12 juillet,  quelle est son utilité pour lutter contre la propagation du virus puisque c’est l’objectif annoncé ?

 La totalité de la population est pour vaincre le virus.

Quand le premier ministre déclare que Pasteur doit se retourner dans sa tombe,  il a raison.  Mais pas pour les raisons qu’il invoque : la soi-disant victoire de l’obscurantisme. (1français sur 2 deja vacciné au 27 juillet). Mais bien plutôt car "le pays de Pasteur" met en flacon les vaccins des autres et n’a pas été capable d’en produire un... Que bien des citoyens attendaient et attendent...

Tel est le but annoncé, et tant pis si pendant des mois, il a été déclaré qu'il n’y aurait pas de pass sanitaire. Et tant pis,  si en fin de déclaration,  il annonce  la mise en place de la réforme de l’assurance chômage  au 1er octobre. Réforme suspendue par le Conseil Constitutionnel,  ce qui le président tout puissant a très mal vécu. Tant pis s’il reparle de la réforme des retraites....

Vous trouverez en lien la loi du 31 mai dernier qui fixe un cadre juridique déjà contraignant.  Quel besoin y avait il de venir prendre à la gorge ? Toujours seul, pouvoir exorbitant que ne supportent plus bien des manifestants et d’autres.

"Enfermés dehors " cette magnifique métaphore dit bien la réalité de la vie de millions de concitoyens. C’est ceux-là d’abord que les nouvelles dispositions vont frapper. 

Au lieu  d’organiser très concrètement sur le terrain la vaccination : on sait qu’une très grande majorité sont pour cette vaccination.  On sait également où elle ne progresse pas, non par défiance idéologique mais par difficultés diverses d’accès. C'est à l’état, au  ministère de la santé  d’organiser au plus près, en mobilisant les médecins généralistes, appui essentiel pour une politique de santé publique.  Or, on se souvient qu'ils furent écartés dès les premières mesures gouvernementales au printemps 2020. Ce qui a pour moi immédiatement disqualifié les mesures préconisées et n’ont pas manqué de m’interroger sur les objectifs réels recherchés.

Au passage, notons que c'est une marque de fabrique : réforme du lycée et du bac sans les enseignants,  voire contre eux, lutte contre le virus sans les médecins...Faut le faire...

Une fois de plus,  Macron et Véran préfèrent manier le gourdin.

Au 27 juillet plus de 50% de la population est vaccinée. Ce n’est pas un record européen.  Angela Merkel s’est prononcée contre le pass sanitaire.  L’ Angleterre à retrouvé une vie quasi normale.  Et s’adaptera... si nécessaire. Chez nous,  le gourdin. Les politiques d’austérité à l’hôpital public se poursuivent : de nombreux petits hôpitaux ferment des services entiers par manque de personnel. Et ce n'est pas nouveau. 

Couvre-feu,  confinement dans certains départements d’Outre-mer : un cauchemar qui recommence. 

Auquel s’ajouterait la possibilité de licencier. 

Un virus toujours présent,  des mesures qui ciblent des populations plutôt que le virus... Bref, un cauchemar. Et je ne parle même pas des dispositifs envisagés pour les collégiens et lycéens. Ou vers une éducation NON nationale !

En lien,  la loi du 31 mai dernier. 

Le reportage diffusé sur Arte, remarquable. 

 

 

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L'Orient rouge : Chine, Viêt Nam et Asie du Sud-Est

Les marchés financiers chinois supportent mal la nouvelle politique gouvernementale de mise sous tutelle de secteurs entiers de l'économie chinoise. Le gouvernement chinois a décidé de fait passer le socialisme avant les intérêts des actionnaires.
La Chine engage une prise de contrôle des entreprises, des technologies et de l'immobilier, une rupture avec l'ancienne ligne politique issue de l'ère initiée par Deng Xiaoping il y a plus de 40 ans.


Article et traduction Nico Maury



Le Parti communiste reprend le contrôle des secteurs de la technologie, de l'éducation et de l'immobilier pour agir contre les effets néfastes du capitalisme sur les gens ordinaires et réorienter ces entreprises pour le bénéfice de ces derniers. Le nouveau modèle économique place désormais la prospérité commune avant la croissance tout azimut. L'état s'attaque de manière agressive aux activités des spéculateurs.

"Le spectre d'une intervention de l'État dans le contrôle du secteur privé a créé une panique", selon les analystes de la banque d'investissement Jefferies dans une note. "Les autorités tentent de réduire les inégalités sociales tout en réprimant les hausses de prix excessives qui dégradent le coût de la vie."

Zhaopeng Xing, stratège principal chez ANZ, explique que c'est une volonté politique de renforcer les racines du Parti. "Ces politiques annoncées lors du centenaire du PCC envoient le message que la Chine n'est pas un pays capitaliste, mais qu'il embrasse le socialisme."

Les coûts du logement, des soins médicaux et de l'éducation sont les "trois grandes montagnes" qui étouffant les familles chinoises explique Yuan Yuwei, gestionnaire de fonds chez Olympus Hedge Fund Investments. "C'est la réforme la plus énergique que j'ai vue depuis de nombreuses années, et la plus populaire" déclare Yuan. "Cela profite aux masses au détriment des groupes les plus riches et les élites."

Le Parti communiste est déterminé à mettre l' accent sur ses racines socialistes et d'agir sur les problèmes sociaux dans les centres capitalistes comme à Hong Kong.

L'ancienne ère est terminée et une nouvelle ère a commencé en Chine.

 

mardi 3 août 2021

Pas bien belle par G. Garcia

 

Campagne de dénigrement politique des produits chinois en Belgique

31 Juillet 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Chine, #Impérialisme, #Economie

Campagne de dénigrement politique des produits chinois en Belgique

Fort du fait que selon les statistiques, 80% des lecteurs ne lisent que les titres, la presse belge, se lâche en titrant « La Sûreté de l'État met en garde contre les smartphones chinois ».

 

Que se passe-t-il avec les smartphones chinois ?

 

D’emblée, la presse belge attaque : Il existerait une "interaction systématique et profonde" entre les entreprises Xiaomi, Oppo, OnePlus et l'État chinois. Les smartphones de ces marques chinoises sont très populaires auprès des consommateurs belges et, je crois, aussi dans le monde entier. Mais, soulignent les quotidiens, la Sûreté de l'État met en garde contre des risques d'espionnage. Si l'on en croit les services de renseignement, il existe une "interaction systématique et profonde entre ces entreprises et le gouvernement chinois". C'est du moins ce que révèle une réponse donnée par le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), au parlementaire N-VA Michael Freilich.

 

On peut supposer que cette mise en garde ministérielle repose sur de sérieux témoignages et de preuves intangibles. Et notre journaliste accusateur de poursuivre : « Les services de renseignement souhaitent attirer l'attention des consommateurs sur la menace potentielle d'espionnage en cas d'utilisation de ces appareils, même si aucun cas concret n'a pu être identifié, explique la porte-parole de la Sûreté de l'État, Ingrid Van Daele : 'Nous leur conseillons donc d'être vigilants'", indique-t-elle.

 

Donc ce ministre, relayé par une presse flagorneuse, émet un jugement péremptoire, uniquement sur base de menaces potentielles, c’est-à-dire que de simples suppositions, le ministre et la Sûreté de l’Etat tirent des conclusions remettant en cause l’intégrité et l’honnêteté de ces firmes chinoises. La porte–parole de la Sûreté qui finit son acte d’accusation en avouant, en toute fin d’article, qu’aucun cas n’a été identifié nous prouve, une fois de plus, à quel degré de bassesse descendent les adeptes du « chinabashing ».

 

Depuis quelques temps, les attaques gratuites contre la Chine redoublent. Samedi 24 juillet, le journal Le Soir avait révélé qu'une entreprise belge de la "high tech" faisait partie des cibles de deux présumés pirates informatiques recherchés par le FBI, qui auraient espionné de nombreuses entreprises et associations pour le compte de Pékin durant une dizaine d'années.

 

Sachant très bien d’où provenaient ces révélations relevant de la fake news, l’Ambassade de Chine en Belgique a immédiatement rétorqué : "Le gouvernement chinois défend fermement la cybersécurité et combat depuis toujours toute forme de cyberattaque et de cybercriminalité (...) L'Ambassade de Chine en Belgique tient à réitérer que les discours accusant la Chine d'utiliser des cybercriminels, des ressortissants ou des établissements chinois d'outre-mer pour espionnage relèvent d'un pur mensonge."

 

 

Les États-Unis sont les fautifs, martèle l'ambassade: eux-mêmes auteurs d'"espionnage de grande envergure", ils nourrissent de "sinistres desseins", voulant "endiguer la Chine" et "entraver son développement" via des "mensonges calomnieux".

 

En effet, selon une tactique chère aux différents services et ministères américains, les Etats-Unis sont de grands spécialistes des attaques mensongères et diffamatoires faisant porter leurs propres vices et turpitudes sur des pays cibles. En d’autres termes, comme l’a encore rappelé, non sans une dose d’ironie, Vladimir Poutine, parlant de discussions de bacs à sable.

 

Les Etats-Unis ont tout intérêt à distraire les observateurs étrangers, depuis qu’une enquête de la télévision publique danoise Danmarks Radio (DR) a révélé que Washington s'est servi du réseau de câbles sous-marins danois pour écouter des personnalités de quatre pays (Allemagne, Suède, Norvège, France), parmi lesquelles Angela Merkel.

 

Ces révélations ne faisaient que corroborer, tout en apportant quelques détails, des affirmations que nous connaissions depuis les divulgations du dossier Snowden dès 2013.

 

Nous ne pouvons que souhaiter que les utilisateurs belges et d’autres pays voisins, ainsi que les clients potentiels, de ces firmes chinoises de smartphones gardent toute leur confiance dans des marques qui sont connues et reconnues dans le monde entier, tant pour leurs qualités technologiques, toujours à la pointe de l’innovation, que pour la qualité de leurs services.

 

Roland Delcourt

 

Eric Vuillard - Prix Goncourt 2017 - Ernest Mag - Romans

Hitler au milieu des grands industriels et financiers allemands qui l'ont fait roi

Non Hitler et les nazis ne sont pas un accident de l'Histoire, mais le produit des konzerns allemands qui voulaient dominer l'Europe

UN PRIX GONCOURT

ignoré des médias

QUI RACONTE COMMENT LES GRANDS PATRONS ALLEMANDS
 

ONT FAIT LA COURTE ECHELLE A HITLER
 

POUR LUTTER CONTRE LE COMMUNISME

ET DOMINER L'EUROPE

Autour de la table dressée par Vuillard, 24 grands patrons allemands du secteur industriel (Siemens, Krupp, Opel) vont rallier la cause d'un Adolf Hitler fraîchement élu, qui par opportunisme, qui par conviction.

Vuillard travaille sur la crête de ce qui meut des hommes en coulisses.

De l'autre côté de la Manche, une autre antichambre du pouvoir, on déjeune avec Churchill, Chamberlain, Ribbentrop, les Alliés qui ne le sont pas encore. Et comme dans La Bataille d'Occident et Congo, la narration tourne autour d'un moment précis, l'instant qui fait le point de bascule vers l'histoire à venir, dont nous savons, nous, les conséquences.

Et c'est ce jeu qui fait le suc de Vuillard.

Le récit historique, bref, percutant, jongle avec les alliances politiques et économiques certes, mais les narre surtout avec une impertinence virtuose qui va chercher du côté du cocasse, de l'absurde, pour rendre, enfin, toutes les diableries qui se cachent sous les képis.

Autour de la table dressée par Vuillard, 24 grands patrons allemands du secteur industriel (Siemens, Krupp, Opel) vont rallier la cause d'un Adolf Hitler fraîchement élu, qui par opportunisme, qui par conviction.

Vuillard travaille sur la crête de ce qui meut des hommes en coulisses.

De l'autre côté de la Manche, une autre antichambre du pouvoir, on déjeune avec Churchill, Chamberlain, Ribbentrop, les Alliés qui ne le sont pas encore. Et comme dans La Bataille d'Occident et Congo, la narration tourne autour d'un moment précis, l'instant qui fait le point de bascule vers l'histoire à venir, dont nous savons, nous, les conséquences.

Et c'est ce jeu qui fait le suc de Vuillard.

Le récit historique, bref, percutant, jongle avec les alliances politiques et économiques certes, mais les narre surtout avec une impertinence virtuose qui va chercher du côté du cocasse, de l'absurde, pour rendre, enfin, toutes les diableries qui se cachent sous les képis.

 

Extrait 

UNE RÉUNION SECRÈTE 

Le soleil est un astre froid. Son cœur, des épines de glace. Sa lumière, sans pardon. En février, les arbres sont morts, la rivière pétrifiée, comme si la source ne vomissait plus d'eau et que la mer ne pouvait en avaler davantage. Le temps se fige. Le matin, pas un bruit, pas un chant d'oiseau, rien. Puis, une automobile, une autre, et soudain des pas, des silhouettes qu'on ne peut pas voir. Le régisseur a frappé trois coups, mais le rideau ne s'est pas levé.                    
Nous sommes un lundi, la ville remue derrière son écran de brouillard. Les gens se rendent au travail comme les autres jours, ils prennent le tram, l'autobus, se faufilent vers l'impériale, puis rêvassent dans le grand froid. Mais le 20 février de cette année-là ne fut pas une date comme les autres. Pour – tant, la plupart passèrent leur matinée à bûcher, plongés dans ce grand mensonge décent du travail, avec ces petits gestes où se concentre une vérité muette, convenable, et où toute l'épopée de notre existence se résume en une pantomime diligente. 
La journée s'écoula ainsi, paisible, normale. Et pendant que chacun faisait la navette entre la maison et l'usine, entre le marché et la petite cour où l'on pend le linge, puis, le soir, entre le bureau et le troquet, et enfin rentrait chez soi, bien loin du travail décent, bien loin de la vie familière, au bord de la Spree, des messieurs sortaient de voiture devant un palais. On leur ouvrit obséquieusement la portière, ils descendirent de leurs grosses berlines noires et défilèrent l'un après l'autre sous les lourdes colonnes de grès.

L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.

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Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

 

É. V.

L'Ordre du jour, d'Éric Vuillard 

(Actes Sud, 160 pages, 16 euros).

 Blog de Jean Lévy "çà n'empêche pas Nicolas"