lundi 16 août 2021

Les loups sont entrés dans Kaboul

Quelle va être la forme du pire à venir ?

Les loups sont entrés dans Kaboul

Sur leurs 225 ans d’existence les USA ont quasiment toujours été en guerre. Sur les 150 dernières années toujours hors de ses frontières exportant le fer, le feu, le sang puis la radioactivité et la chimie orange. 

A part durant la période 1941-1945 et leur participation à l’écrasement de l’axe fasciste Germano-italo-nippon, ce sera toujours pour porter la mort contre les peuples pour défendre par tous les moyens les intérêts du capital font ils sont le symbole accompli.

Durant les 150 dernières années toujours, l’Afghanistan aura eu le triste privilège d’avoir subi la conjugaison de toutes les manœuvres des USA avec dès les années 80 l’assistance le financement et l’armement des Talibans pour aider l’ultraréaction portée par Massoud à renverser le régimes laïque et républicain en place parce que trop lié à l’URSS. 

Et toujours , symbole des pratiques dictatoriales la place de plus en plus réduite des femmes, allant jusqu’à leur négation comme membre de l’humanité, leur transformation en propriété privée dans un cadre théocratique qui aurait pu faire passer le régime iranien pour progressiste.

Ici en France, durant des années, les exactions des Talibans ont été plus ou moins tolérées ou ont servi de justifications par tous les BHL disponibles pour soutenir Massoud et justifier la « guerre sainte » au nom du combat contre l’URSS. Nos droits de l’hommistes germanopratin s’indignant plus du dynamitage scélérat des Bouddah de Bâmiyân que des lapidations des jeunes filles assassinées pour avoir exprimé leur exigence de liberté. Quiconque argumentait pour comparer la situation des femmes, de la santé, de la culture, de l’école, avant l’intervention impérialiste était cloué au pilori.

On a vu des collectivités territoriales dites de gauche soutenir Massoud et ses successeurs, refusant de voir que Talibans et pro US jouaient la même partition contre les peuples , soutenir l’interventionnisme impérialiste. Des gouvernements dit de Gauche, à la remorque de l’impérialisme ont participé au désossement d’un pays à la culture millénaire et créé les conditions de la situation d’aujourd’hui.

Ce qui se passe à Kaboul en 2021 est un revers majeur des peuples. Un recul des droits humains au premier rang ceux des femmes vers une préhistoire sillonnée de barbarie.

Cette Barbarie est le résultat de presque un demi siècle de l’action des USA, de choix délibérés pour un but géostratégique impérialiste nés de la peur de la conférence de Bandung de 1955.

Vingt-neuf pays se rendent à la conférence : quinze pays d’Asie (Afghanistan, Birmanie, Royaume du Cambodge, Ceylan, République populaire de Chine, Inde, Indonésie, Japon, Royaume du Laos, Népal, Pakistan, Philippines, Thaïlande, République démocratique du Viêt Nam, État du Viêt Nam), neuf du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Égypte, Iran, Royaume d’Irak, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie et Yémen) et six pays africains (Côte-de l’Or -l’actuel Ghana), Éthiopie, Liberia, Soudan, Somalie et Libye) ce qui reflète le fait que la plus grande partie de ce continent est encore colonisée. un front anticolonial et anti impérialiste.

Intolérable pour le capital qui s’organise: l’Indonésie ouvrira un cycle de massacres génocidaire Toujours soutenu par Wall street et le Pentagone. Le vietnam au prix d’une lutte héroique les fera plier, mais Chili, Ethiopie, Somalie, (avec Kouchner et BHL avec leurs sacs de « kalashnikov basmati ») Sarko et la Lybie, la tyrannie confortée à Riyad, les dictatures des émirats et maintenant l’Afghanistan.

Regardez la liste et regardez les foyers de guerre alimentés par les puissances impérialistes. Dans cette sinistre partie de domino, l’Afghanistan (en fait principalement les Afghanes) paie le tribu à l’hydre capitaliste mondialisé.

 

 

L’enchevêtrement en Afghanistan ?

Ce texte paru à Cuba a des échos en Russie, en Chine et chez tous ceux qui connaissent bien les USA. Le retrait des USA d’Afghanistan en fait laisse à ceux qui partout restent leurs alliés, les fondamentalistes talibans. Il s’agit de constituer là un foyer capable de déstabiliser durablement la Chine, la Russie, du type de ceux installés en Syrie. Les Talibans sont et toujours été les alliés de l’impérialisme US, qui aujourd’hui comme hier vise à créer des foyers de fascisation. La proposition de la Russie que nous publions par ailleurs tient compte de ce possible tout à fait vraisemblable.. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Il serait très étonnant que les troupes américaines sortent, alors que les talibans balayent le pays…

NESTOR NUNEZ15/08/2021EXCLUSIF


L’enchevêtrement en Afghanistan ?
Les talibans semblent destinés à nouveau à prendre le pouvoir sur le territoire afghan après le controversé « retrait » militaire gringo. (Prise de dw.com).

Les événements de ces dernières heures et de ces derniers jours en Afghanistan n’ont cessé, et encore moins en ce moment, d’éveiller le soupçon parmi pas mal de gens qui connaissent ou du moins s’intéressent aux péripéties de cette nation d’Asie centrale, épicentre évident d’importants conflits géopolitiques tout au long de son histoire compliquée.

Comme on le sait, dans un accord sans consultation avec les autorités officielles de Kaboul, l’ancien président égocentrique Donald Trump a décidé, aux côtés du mouvement taliban, le retrait des troupes américaines qui, pendant vingt ans, se sont enracinés dans une géographie mouvementée au nom de la lutte contre le terrorisme. En effet, ce qui s’est passé lors de telles négociations constitue un moment suspect et controversé parce que l’Afghanistan qui pourtant avait un gouvernement national constitué et reconnu, se retrouve avec un traité qui n’implique que le groupe armé que, dans les années 90 du siècle dernier, Washington a privilégié comme celui destiné à « unifier » l’État afghan avec l’aide d’Al-Qaïda et de son chef, le prétendument « malheureux » par les commandos gringos Oussama ben Laden.

Il ne faut pas oublier que les talibans ne pouvaient pas en près de cinq ans de guerre remplir le cahier des charges de stabiliser le pays selon les desiderata des monopoles de l’énergie américaine en embuscade derrière tout l’ébauche locale, et quand ils ont été piégés par la Maison Blanche forcé à un règlement multilatéral ils ont mordu avec Al Qaïda la main de leur ancien maître .

Mais on dit que « là où il reste des cendres, l’amour est possible », et pour les observateurs plus audacieux, il semble une vérité plausible que la sortie militaire de Washington soit une préméditée et consensuelle « solution » le retour de l’extrémisme islamique à la tête de l’Afghanistan, soutenu en outre par la concentration de terroristes de l’État islamique déplacés à la hâte dans ce pays par les États-Unis après leur défaite en Syrie.

ça vous étonne ?Pourtant généraliser le chaos et le terrorisme à proximité des frontières de la Russie, de la Chine, de l’Iran et d’autres nations de la région considérées par les « États défaillants d’Amérique » comme les grands opposants à leur rêve pervers de tenter le contrôle de l’Eurasie, en phase avec le vieil axiome impérial qui est : qui s’empare de cette région « sera propriétaire absolu de la planète ».

Et ce ne sont pas des visions fantaisistes. Il s’avère qu’il y a des semaines, en s’adressant au site canadien Global Research, M. Lawrence Wilkerson, ancien chef de cabinet du secrétaire d’État entre 2001 et 2005, le général Colin Powell, a clairement et catégoriquement affirmé que ce qui se passe en Afghanistan avec le prétendu retrait militaire nord-américain n’est qu’un changement dans la direction de la guerre, qui va maintenant pointer « vers la Chine, la Russie, le Pakistan, l’Iran, la Syrie, l’Irak et le Kurdistan ».

C’est, a précisé Wilkerson, « une lutte pour le pétrole brut, l’eau et l’énergie en général. La présence américaine en Afghanistan ne va donc pas disparaître en ce moment, mais s’étendra jusqu’à un demi-siècle… et elle va grandir, elle ne va pas diminuer.

Une conclusion qui, soit dit en passant, ne s’écarte en rien des affirmations du ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, qui a conclu que le mouvement des troupes américaines déployées jusqu’ici en Afghanistan indique qu’il ne s’agit pas d’un « acte ferme », mais d’une tentative de « s’enraciner » dans la région de l’Asie centrale.

On sait en outre qu’après l’annonce de l’instrumentation du « plan de paix » de Trump avec les talibans, des responsables américains ont tenté de convaincre les pays frontaliers de l’Afghanistan et les anciennes républiques soviétiques asiatiques d’autoriser la présence de contingents militaires américains sur leurs territoires respectifs.

Le fait est qu’après deux décennies d’occupation en Afghanistan, les États-Unis et leurs alliés ne laisseront dans ce pays que des centaines de milliers de morts, mutilés et déplacés, des destructions matérielles massives et la même fragmentation et des confrontations violentes il y a vingt ans, ainsi que la prévalence possible des tendances terroristes que Washington a toujours promues et encouragées.

Et juste au cas où les mouches, déjà en provenance du département d’État, il a été recommandé à ses citoyens de quitter le sol afghan immédiatement, comme celui qui sait à l’avance que ce n’est pas exactement les roses qu’il laisse derrière son dos coupable.

 

vendredi 13 août 2021

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« La Chine sans œillères » : recension

Maxime Vivas et Jean-Pierre Page ont réussi ce tour de force de réunir dix-sept intellectuel(le)s majoritairement chinois et français, mais aussi du Luxembourg, d’Australie, du Sri-Lanka, du Canada et de Cuba, pour nous offrir, à l’occasion du centenaire du Parti communiste chinois, une vision de la Chine réelle, loin des préjugés antichinois (1) sans pour autant verser dans une admiration béate (2). Le titre est clair : "La Chine sans œillères". Le sous-titre également : "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…" Il suffit de lire le sommaire pour comprendre que nous sommes en présence d’une petite encyclopédie à entrées multiples.

Les articles sont de longueur variable : de 4 à 20 pages. Mais ce qui ne varie pas, c’est leur valeur et leur intérêt.

La Préface sous la plume de Mobo Gao, professeur de civilisation chinoise en Australie donne le ton de l’ouvrage : ce n’est pas un panégyrique de la Chine dont à plusieurs reprises l’auteur reconnaît que tout n’y est pas parfait ; on est en droit de critiquer la Chine, à condition toutefois que l’on fasse preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle et qu’on n’oublie pas la parabole de la paille et de la poutre.

Il y a d’abord les sujets d’actualité assez généralement présentés en Occident comme autant d’actes d’accusation à l’encontre de la Chine.

Pour parler en connaissance de cause du coronavirus, les directeurs de l’ouvrage ont eu la bonne idée de demander l’avis de Badia Benjelloun, une allergologue réputée. Elle démontre clairement que les accusations de retard à informer l’OMS, de virus échappé d’un laboratoire, voire de virus fabriqué, ne tiennent pas la route et qu’il y aurait même lieu d’enquêter en dehors de la Chine sur l’origine de la pandémie.

Il faut lire l’article de l’Algéro-Canadien Ahmed Bensaada sur Hong Kong. Pour ceux qui l’ignoraient encore, la « révolution des parapluies » est une variante des « révolutions oranges » : l’implication des États-Unis dans le financement et le déclenchement des troubles « démocratiques » y est minutieusement établie et mise en lumière : nombre de meneurs de la révolution des parapluies avaient leurs entrées au Congrès de Washington et même à la Maison Blanche. Plutôt que de réprimer brutalement les émeutes, la Chine a réagi calmement et a promulgué en juin 2020 la « loi sur la sécurité nationale de Hong Kong », interdisant l’ingérence étrangère sur son sol, comme l’avaient fait ... les États-Unis en 1938 en adoptant le « Foreign Agents Registration Act ».

Sur ce même sujet, il faut aussi lire l’article particulièrement dérangeant de Jean-Pierre Page. On y apprend que, pour les Démocrates revenus au pouvoir aux États-Unis, il ne s’agit même plus de contenir l’influence de la Chine, mais d’en finir avec le Parti communiste chinois. Pour eux, Trump a fait preuve de mollesse ; Biden et Blinken pensent que ce sont les Chinois qui bloquent l’économie états-unienne. Pour Susan Rice, la nouvelle conseillère de la Présidence, la politique intérieure se confond désormais avec la politique étrangère ! Avec de telles visions, Washington se croit autorisé à créer des troubles à Hong Kong (et ailleurs). En bon syndicaliste, Page n’oublie toutefois pas que Hong Kong est une des villes les plus inégalitaires du monde et il fait remarquer que ceux qui se présentent comme des « pro-démocratie » sont aussi ceux qui ont le plus à craindre de réformes « communistes » destinées à réduire les tensions sociales.

Sur les Ouïghours, Maxime Vivas, avec la plume qu’on lui connaît, réussit à condenser sur 11 pages son maître-livre Ouïghours, pour en finir avec les fake news, en précisant que certains journalistes, incapables d’y trouver une information fausse, se sont essayés à de minables arguments ad hominem. Il égratigne en passant Antoine Bondaz, un « chercheur » très médiatisé, qui s’était même permis de nier l’existence d’une journaliste dont le reportage sur le Xinjiang ne collait pas avec ses a priori.


À propos des Tibétains, le chercheur luxembourgeois Albert Ettinger démonte, témoignages à l’appui, les mensonges d’un ancien Tibet, qui aurait vécu « dans la paix et l’harmonie » alors qu’en fait y régnaient la misère, le servage, l’analphabétisme, les meurtres politiques, le brigandage et la corruption. Mensonges aussi sur le Tibet moderne, fabriqués à Washington ou Dharamsala (comme le canular d’ « un million deux cent mille morts ») et parfois repris dans des publications prestigieuses du style Encyclopédie Larousse pour qui les Tibétains seraient devenus minoritaires sans leur propres pays (alors qu’ils constituent 92,8 % de la population de la Région autonome du Tibet).

Plus encore que par le passé, la Chine, (re)devenue une puissance mondiale, suscite la méfiance et on l’accuse de visées impérialistes, à commencer en Mer de Chine où elle menacerait la liberté de navigation. En réalité, comme les autres États côtiers, elle se borne, écrit l’économiste et ancienne diplomate Tamara Kunayakam, à exiger, comme les autres États riverains, une autorisation préalable au passage de navires de guerre dans ses eaux territoriales. Mais c’en est trop pour les États-Unis, qui ne reculent devant aucun moyen, y compris la provocation et l’intimidation. Pour Biden et son Administration, il s’agit d’isoler la Chine, même au risque d’une « nouvelle guerre froide », voire d’un véritable affrontement armé.

Il va sans dire pourtant que les accords gagnant-gagnant entre la Chine et l’Amérique latine, le jardin traditionnel de l’Oncle Sam, sont en plein essor et ouvrent de larges perspectives. Comme le note Romain Migus, fondateur du site « Les 2 rives », la Chine possède un avantage important sur les États-Unis : ces derniers ont l’habitude de s’ingérer dans la vie politique des pays latino en conditionnant leur prêts à des mesures d’austérité, destructrices des États et aux conséquences dramatiques pour les peuples. La Chine, elle, s’accommode avec des gouvernements de passage, même des adversaires idéologiques, comme le Brésil de Bolsonaro (3).

Le cas de Cuba est particulier. Pendant la « période spéciale » qui a résulté de la disparition de l’URSS, l’île a pu compter sur le soutien sans réserve de la Chine. Une solidarité manifestée par les visites des Présidents Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping. Pour sa part, Fidel Castro s’était rendu en Chine en 1995 et 2003. Et Cuba, en 1960 avait été le premier pays d’Amérique latine et de l’hémisphère occidental à établir des relations diplomatiques avec la RPC. Les liens historiques qui unissent ces deux pays sont à découvrir dans l’intéressante contribution du chercheur Eduardo Regalado Florido.

Le livre fait la part belle à la politique étrangère de la Chine : plusieurs chercheurs s’emploient à démontrer que la peur du « péril jaune » n’a aucun sens.

Le professeur émérite Tony Andréani fait remarquer que la perspective d’une hégémonie chinoise sur le monde relève du fantasme. C’est exactement le contraire : en signant des accords commerciaux avec 124 pays – dont onze membres de l’Union européenne – la Chine va les aider à se développer à leur rythme et ainsi contribuer à la démondialisation de l’économie.

La Chine est un partisan et un acteur du multilatéralisme dans la gouvernance mondiale, comme le montre Ding Yifan, directeur adjoint du centre de recherche du développement de la Chine. Il rappelle opportunément le rôle capital joué par la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment par son aide financière substantielle aux agences onusiennes actives dans la réduction de la pauvreté et le développement de l’éducation fondamentale.

De plus, comme le fait remarquer avec à-propos Bruno Guigue, observateur pointu de la vie internationale, dans sa contribution au titre éponyme du livre, les Chinois savent que leur système est unique : ils ne cherchent à convertir personne. Pour eux, les droits de l’homme, c’est de développer leur pays tout en laissant les autres choisir leur destin. Les Chinois n’ont-ils pas quelques raisons de trouver absurde l’indignation des médias occidentaux concernant le manque de liberté d’expression en Chine alors que dix milliardaires leur dictent une ligne éditoriale monolithique ? La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient...

En quoi consiste précisément le caractère unique du système chinois ?

Pour foudroyants qu’ils soient, les succès économiques de la Chine ne sont pas ... tombés du ciel et avaient commencé avant Deng Xiaoping, comme le mettent en lumière deux économistes, le Français Rémy Herrera et le Chinois Zhiming Long, dans une analyse qui en étonnera plus d’un. S’il est vrai que la croissance économique de la Chine s’est accélérée à partir des années 1980, on ignore généralement que, de 1963 à 1978, le taux de croissance annuel moyen du PIB chinois était de 8,2 %, ce qui reflète une croissance très rapide, alors que cette période comprend pourtant la Révolution culturelle.

De son côté, le chercheur à l’INALCO Bruno Drweski remonte plus haut encore dans l’histoire révolutionnaire de la Chine qui a commencé avec l’insurrection des Taïpings sous la dynastie Qing, avec ses ruptures et ses continuités, jusqu’à l’établissement d’un compromis entre les objectifs communistes à long terme et les nécessités d’un développement économique laissant une place au marché d’un type nouveau, une « économie de marché socialiste ». Un système pluraliste construit à partir de l’héritage de l’antique patrimoine chinois et de l’apport critique de la Révolution soviétique.

Le professeur honoraire vivant en Chine, Jean-Claude Delaunay montre bien que, si en Chine le marché est important pour le développement du pays, le marché n’y est qu’un moyen pour produire des services collectifs puissants, ce qui le distingue radicalement d’une économie de marché capitaliste. Ce faisant, le socialisme chinois n’est pas seulement une façon de développer la Chine ; c’est aussi une façon de comprendre le monde et d’agir sur lui pour le transformer.

Si, comme toute institution humaine, l’État chinois n’est pas sans tache, que dire alors des sept péchés capitaux américains contre la Chine que le journaliste chinois Jiaqi Hou a beau jeu de dénoncer : calomnies, ingérences, unilatéralisme, provocations, inefficacité, double standard, violation du droit international ? Juste une phrase pour donner envie d’en lire plus : « Lorsque l’épidémie de coronavirus a commencé en Chine, le pays s’est installé dans sa chaise de spectateur, mangeant du pop-corn, pour mieux assister à la débâche de l’économie chinoise. »

Moins polémique, mais peut-être plus parlant encore, le Chinois Ruolin Zheng qui a vécu une vingtaine d’années en France, se demande comment il se fait que les lecteurs occidentaux, dont la plupart n’ont jamais mis les pieds en Chine, s’imaginent mieux connaître la Chine que lui et que les Chinois eux-mêmes.


La faute en incombe aux médias français et surtout à certains « sinologues » comme Valérie Niquet, Claire Holzman et beaucoup d’autres qui font flèche de tout bois pour créer volontairement une image imaginaire de la Chine dans la tête des français, en racontant n’importe quoi. Exemples de ces fantasmes : le nombre de victimes chinoises du Covid-19 serait bien plus important que le chiffre officiel, les Chinois ne bénéficieraient d’aucun régime de retraite, la lutte contre la corruption ne serait qu’un camouflage de disputes internes au sein du PCC, la pollution à Pékin serait telle qu’il y règne une « airpocalypse », l’économie chinoise serait minée par la bureaucratie et l’immobilisme, etc.

Ruolin Zheng le constate : comprendre la Chine, c’est vrai, n’est pas chose facile. Bien que respectant les cultes divers (avec 14 millions de chrétiens et 18 millions de musulmans), la civilisation chinoise millénaire est clairement athée et tranche avec les trois monothéismes (juif, chrétien et musulman) dominant plus de la moitié de l’humanité. Le peuple chinois a une façon de penser, de vivre, de s’organiser différente. Raison de plus pour essayer de le connaître au lieu de le condamner sur base de préjugés.

Pour terminer cette recension de La Chine sans œillères, je ne pourrais pas mieux faire que de reproduire ... l’introduction rédigée par les deux initiateurs du projet, Maxime Vivas et Jean-Pierre Page :

« Ce livre vise un public que nos médias maintiennent dans une grave ignorance de la Chine.


Ce que beaucoup de Français croient, c’est que le ‘régime’ communiste chinois, dont LA langue est le mandarin, fait travailler les enfants, opprime les minorités, éradique les cultures, persécute les croyants. Sur fond d’un racisme implicite s’est construite une image négative de ce pays et d’un peuple qui font peur (‘le péril jaune’), alors même que la politique étrangère de la Chine, telle que la définit le président Xi Jinping n’est pas basée sur une volonté de domination du monde (contrairement à celle affichée par les États-Unis d’Amérique), mais sur la notion de ‘communauté de destins’.


Il ne s’agit pas ici de faire un éloge béat de la Chine, de suggérer que la France ferait bien de s’inspirer de son système politique, économique, médiatique, policier, militaire, juridique, syndical. Nous avons notre propre système, perfectible. La Chine a le sien, sur lequel nous avons peu de prises, dirigé par un parti communiste désormais centenaire (né le 23 juillet 1921) et fort de 90 millions d’adhérents. Il ne s’agit donc pas de se positionner en ‘pro-chinois’, mais en ‘pro-vérité’ en invalidant des mensonges, en apportant des informations sur ce qui se passe en Chine et qui explique son dynamisme. »

André LACROIX0. Blog Le Grand Soir

 

jeudi 12 août 2021

QUI NOUS GOUVERNE?

Les "copains" du Président ? La firme privée McKinsey américaine de conseil ?

Emmanuel Macron dans un colloque co-organisé par le cabinet McKinsey, à Paris, le 23 juin 2016.

Emmanuel Macron dans un colloque co-organisé par le cabinet McKinsey, à Paris,

le 23 juin 2016. alors que le futur président était déjà ministre de l'Economie

 

      franceinfo

Covid 19 on vous résume la polémique autour de McKinsey, le cabinet qui conseille le gouvernement sur la stratégie vaccinale.

 

L'influente firme de conseil américaine entretient des liens étroits avec le chef de l'Etat. Mais elle n'est pas seule à intervenir dans la campagne de vaccination mise en place par l'exécutif.

Qui a vraiment eu la main sur la gestion de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France ? Certains domaines de la stratégie vaccinale mise en place par le gouvernement ont été confiés au cabinet de conseil américain McKinsey, ainsi qu'à plusieurs autres cabinets (Accenture, Citwell et JLL), selon les révélations faites par Le Canard Enchaîné et le site Politico (en anglais) début janvier.

Ces prestations extérieures s'éleveraient à 2 millions d'euros par mois pour McKinsey, selon Le Point, et 1,2 million d'euros pour Accenture, d'après Mediapart. D'autres cabinets sont également sollicités, comme JLL Consulting, Roland Berger, ou Deloitte. On vous résume cette polémique et le rôle joué par ce très mystérieux cabinet Mckinsey qui murmurerait à l'oreille du président Emmanuel Macron.

Une "firme" très secrète et très influente

Le cabinet de conseil américain McKinsey, surnommé "la Firme", a été créé par James McKinsey dans les années 1920. Sa clientèle rassemble aujourd'hui tout le gotha : "des PDG, des ministres, des chefs d'Etat", énumère Le Monde (article abonnés), qui a publié une longue enquête sur "la Firme", vendredi 5 février. "Quand on fait appel à eux, il y a une part de snobisme, on achète aussi une réputation", explique un concurrent au quotidien du soir. Et la tarification des services s'en ressent. Grâce à son influence, le puissant cabinet affichait, en 2019, un chiffre d'affaires de 8,3 milliards d'euros, selon le magazine américain Forbes (en anglais).

Le siège social de McKinsey & Company France Inc. se trouve à Wilmington, dans l'Etat du Delaware (Etats-Unis) – qui est aussi le fief du nouveau président américain, Joe Biden. L'avantage de cette adresse, située bien loin de ses bureaux parisiens sur les Champs-Elysées ? Une société qui détient une boîte aux lettres dans cet Etat, sans y exercer d'activité réelle, est dispensée d'impôt sur les bénéfices. McKinsey ne paierait ainsi, selon les informations du Monde, qu'un forfait fiscal symbolique de 175 dollars par an. 

"McKinsey est établi en France depuis 1964, et emploie ses salariés en contrat de travail de droit français. Le cabinet respecte l’ensemble des règles fiscales et sociales françaises applicables aux sociétés. Il déclare ses activités en France, et paie la fiscalité directe et indirecte due chaque année. Il s’acquitte des charges sociales au titre de ses salariés en France", précise de son côté à franceinfo la filiale française de McKinsey.

 

Des liens étroits avec Emmanuel Macron

La première rencontre entre Emmanuel Macron et McKinsey remonte à 2007. Le jeune énarque de 29 ans est alors inspecteur des finances et rapporteur général adjoint de la commission Attali, rappelle Le Monde. Emmanuel Macron "impressionne" l'assistance – composée de grands patrons, d'économistes ou d'intellectuels – durant les travaux de cette commission chargée de formuler des propositions pour "libérer" la croissance française, à la demande du président Nicolas Sarkozy. Parmi eux, se trouvent Eric Labaye et Pierre Nanterme, respectivement patrons de McKinsey France et d'Accenture, détaille le quotidien. Emmanuel Macron fait aussi la rencontre de Karim Tadjeddine, alors chef des consultants de McKinsey.

Avec ce dernier, Emmanuel Macron – qui a entre-temps intégré la banque d'affaires Rothschild & Cie – intègre en 2010 le conseil d'administration du think tank En temps réel. Ils y rencontrent Thierry Cazenave, avec lequel ils collaboreront quelques années plus tard sur son livre L'Etat en mode start-up (Eyrolles, 2016).

Aujourd'hui, Emmanuel Macron est chef de l'Etat. Il a créé après son élection, en novembre 2017, une direction interministérielle à la transformation publique (DITP) et placé à sa tête un certain Thierry Cazenave, qui supervise toutes les missions commandées aux cabinets de conseil privés, comme McKinsey. Quant à Karim Tadjeddine, il est justement chargé de ces missions pour l'Etat au sein du cabinet américain. Un "entre-soi qui dérange", écrit Le Monde. Selon le journal, la DITP, qui dispose d'un budget global de 100 millions d'euros sur le quinquennat, a pour l'instant dépensé 30,2 millions pour les seules prestations de consultants privés.

 

Durant la campagne présidentielle de 2017, les "MacronLeaks" ont également révélé la collaboration entre des membres de McKinsey et la République en marche, le parti lancé par le candidat Macron, rapporte Le Monde. Mais aucune trace d'une facture du cabinet dans les comptes de campagne du parti, consultés par le quotidien à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). LREM a assuré au quotidien qu'il ne faisait pas appel à des cabinets de conseil en stratégie "ni pour des missions facturées, car nous n'en avons pas les moyens, ni pour des missions 'pro bono' [pour le bien public], car ce serait considéré comme un don d'une personne morale à un parti politique et c'est interdit par la loi".

 

Un rôle important dans la campagne de vaccination

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Le 12 janvier, quelques jours après les révélations du Canard enchaîné et de Politico sur la sous-traitance de la logistique du plan de vaccination à McKinsey, Olivier Véran a été auditionné en commission à l'Assemblée pour justement détailler la stratégie vaccinale française. Et il a évidemment été interrogé sur le cabinet de conseil américain. Réponse laconique du ministre : "Il est tout à fait classique et cohérent de s'appuyer sur l'expertise du secteur privé." Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, avait été plus loquace en conférence de presse une semaine plus tôt, comme le note Politico.

L'embauche de consultants externes fournit "un soutien du secteur privé en plus de l'expertise de nos fonctionnaires, a-t-il expliqué. C'est dans ce contexte que nous avons utilisé (McKinsey). Comme vous le savez, la logistique est au cœur de la campagne de vaccination." Gabriel Attal a ajouté que "les cabinets de conseil sont utilisés depuis plusieurs années par plusieurs gouvernements lorsqu'ils élaborent et mettent en œuvre de grands projets nécessitant un soutien et des conseils stratégiques ou logistiques". De son côté, la direction générale de la santé a expliqué au Monde que McKinsey était chargé "du cadrage logistique, du benchmarking et de la coordination opérationnelle", sans donner davantage de détails.

Le Monde raconte que le 23 décembre lors d'une visioconférence organisée par Olivier Véran avec les directeurs d'hôpitaux choisis pour lancer le plan de vaccination, Maël de Calan, élu du Finistère embauché en 2018 par McKinsey, détaille la stratégie logistique retenue et dresse un état des lieux de la vaccination chez les voisins européens. Une présence qui étonne, alors que "pour le H1N1, en 2010, nous n'avons pas eu besoin d'autres compétences, on a tout géré en interne", remarque une personne haut placée au sein du ministère de la Santé.

Ce recours à McKinsey et à d'autres cabinets s'expliquent aussi par rapport à l'urgence de la situation. "On peut avoir le sentiment qu'il y a eu une sorte d'effet de panique", souffle à Politico la députée Les Républicains Véronique Louwagie, rapporteure du budget sur plusieurs sujets santé. "Au moins deux associés et sept consultants de McKinsey travaillent sur la campagne de vaccination", avance l'article, qui pointe la dureté de la situation. "Une personne sur deux est en burnout", clame auprès du site d'informations un fonctionnaire du ministère de la Santé sous couvert d'anonymat. "Vous avez une crise, un confinement, plus le vaccin à gérer... Il est évident que nous avons besoin d'une aide extérieure."

"D'une manière générale, le recours à des cabinets de conseil ne me choque pas trop", observe Véronique Louwagie auprès de Politico. Mais "la fréquence me gêne, l'accélération (de ces derniers mois) aussi". Elle ajoute : "La question aujourd'hui est de savoir : est-ce qu'il est normal qu'une administration comme celle de la santé ne soit plus en capacité d'assurer un certain nombre de missions ?"

Une influence qui dépasse le cadre de la santé

Aujourd'hui, selon Le Monde, le cabinet McKinsey "rend quelques services à la présidence de la République, mais gratuitement". En 2018, il était intervenu au sommet intitulé "Tech for Good" dans lequel Emmanuel Macron avait invité les patrons de Facebook, Google ou Uber. Le cabinet de conseil était chargé de préparer les débats et suivre le respect des engagements. Une autre mission "pro bono", une de ses spécialités. McKinsey intervient aussi auprès du ministère des Armées, qui échappe au contrôle de la DITP et dispose de sa propre enveloppe de 87 millions d'euros pour acheter des conseils, assure le quotidien. Le cabinet conseille le ministère sur sa transformation. 

McKinsey agissait déjà pour le compte de l'Etat à l'époque de Nicolas Sarkozy. Il avait conseillé le ministère de l'Identité nationale sur une "optimisation du processus de naturalisation". Cette question migratoire est une des marottes du cabinet américain puisqu'en 2017, le député Aurélien Taché, alors membre de LREM, est chargé par le gouvernement d'un rapport sur la politique de l'immigration. Il auditionne le cabinet pour son "approche comparée avec l'Allemagne", explique aujourd'hui au Monde le coprésident du parti Les Nouveaux démocrates. A l'époque, outre-Rhin, le cabinet avait travaillé avec le gouvernement d'Angela Merkel sur l'accueil des migrants.

 

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