....D'UN ARTICLE D'EMMANUEL TODD PUBLIÉ SUR LE BLOG AMI "EL DIABLO"
Emmanuel Todd : « La présidentielle 2022 s'annonce comme une comédie tragique »
Comment un historien pourrait-il décrire notre campagne
présidentielle ? Des évènements importants se sont produits ces
dernières années : la crise des gilets jaunes a mis en évidence la
baisse de niveau de vie d’une partie importante de la population ;
l’épidémie de coronavirus a révélé nos déficits de production
industrielle, l’incapacité de la France à produire ce dont elle a besoin
– en l’occurrence des masques, des respirateurs, des médicaments.
.....La gauche s’évanouit dans les intentions de vote. Aujourd’hui, tout
le monde est de droite. D’après les sondages, 75 % du corps électoral.
C’est un minimum puisqu‘il paraît difficile de considérer comme de
gauche, en un sens économique, Anne Hidalgo, maire anti-banlieusard de
Paris, ou Jean-Luc Mélenchon, identitaire d’un nouveau genre avec son
concept de créolisation. Quant à Christiane Taubira, qu’est-elle
exactement ? Aucune idée. La France semble hésiter entre
l’extrême-droite (Le Pen, Zemmour) et une droite très à droite (Valérie
Pécresse ciottisée et Emmanuel Macron législateur du séparatisme
musulman). Au pays de 1789, ce qui nous arrive est historiquement
stupéfiant.
....Le corps des citoyens est atomisé, privé de sentiments collectifs
globaux ou sectoriels. Il est vieux. Il est donc de droite et fantasme
sur l’Islam ou les Arabes. Avec cette précision que le vieillissement
mental touche toutes les tranches d’âge. On pourrait évoquer une
hégémonie gramscienne des retraités, dont nous avons vu s’épanouir la
toute-puissance pendant l’épidémie de Covid.
....On a enfermé les jeunes pour protéger les vieux, vieux eux-mêmes non
soumis à l’obligation vaccinale. On s’apprête à vacciner des enfants de 5
à 11 ans sans rendre la vaccination obligatoire pour les plus de 50
ans. Si nous ne nous ressaisissons pas, nous allons atteindre un sommet
du ridicule politique avec une élection présidentielle tenue pendant une
cinquième vague épidémique, mais qui ne parlera, au fond, que des
musulmans...
.....Mais désormais, le potentiel de décision
économique d’un président de la Ve république est nul.
L’exécutif a abandonné le pouvoir de création monétaire et de régulation
commerciale. Cet abandon rend toute action de réindustrialisation
sérieuse, au-delà du mot, impossible.
.......Les électeurs français – vieux, jeunes, actifs, chômeurs,
retraités, lorrains, bretons, charentais, savoyards ou rapatriés
d’Algérie, riches, médiocres ou pauvres, diplômés ou non diplômés -
doivent savoir que s’ils votent pour ceux qui bavassent sur la sécurité,
l’immigration et l’islam, ils seront punis, personnellement et en masse, par
une chute aggravée, accélérée, de leur niveau de vie dans les vingt ans
qui viennent. Le racisme, s’ils s’y abandonnent, et contrairement à ce
qu’ils pensent, va avoir pour eux un coût. Très élevé.
Si l’élection présidentielle qui vient est dans sa forme une comédie, elle est dans sa substance une tragédie.
Le capitalisme au 21e siècle, un plongeon dans le vide
Cette analyse qui vient de CUBA tombe à point nommé par rapport à
l’invraisemblable campagne électorale française. Un fait, la manière
dont le candidat communiste a fait le buzz malgré lui en proposant une
campagne alimentaire, les moyens de se nourrir correctement en
s’appuyant sur les circuits locaux. Il a suscité un délire dont le monde
politico-médiatique semble avoir le secret avec sa frivolité, ses
potins vulgaires, ses obscurantismes et ses combats de précieuses
ridicules avec des escrocs antivaccins comme élite intellectuelle … Tout
ce cirque présente la particularité de véhiculer des sous-produits de
valeurs venues des USA qui sont sensés justifier l’impérialisme mais
soutenant de fait un bellicisme et un pillage sans limites. Que la
campagne électorale française conçue sur le mode du divertissement
ignore à la fois les crimes que l’on commet au nom de la FRANCE, les
dangers de guerre, fasse la part belle aux escrocs et fasse avancer
racisme et xénophobie sous le masque d’un nouveau puritanisme pétainiste
est logique mais dramatique parce que c’est notre jeunesse qui est
visée et la gauche, ses valeurs sociales et de progrès minée de
l’intérieur. Les communistes sont là pour oser le dire et commencer à
agir, parce qu’il faut agir, on ne sort pas de l’idéologie par
l’idéologie même si la lutte idéologique est indispensable. (note de
Danielle BLEITRACH pour histoireetsociete)
La grande usine du « divertissement », l’industrie du spectacle
frivole qui duplique stars et célébrités sans essence, sans âme, est la
matrice de l’esclave assumé, qui pullule dans les villes surpeuplées et
de plus en plus violentes du capitalisme
Le
mensonge, la manipulation et la mystification mobilisent le colonisé
culturel, dont l’ambition ultime est de vivre dans les grands centres
consuméristes de l’empire.
• Mensonges, manipulations et tromperies mobilisent le colonisé
culturel, dont l’ambition ultime est de vivre dans les grands centres
consuméristes de l’empire. L’industrie culturelle étasunienne joue un
rôle important dans la reproduction symbolique du capitalisme et, par
conséquent, dans son maintien en tant que système, en garantissant le
triomphe des stéréotypes, les formes les plus élevées de l’idéologie. La
grande usine du « divertissement », l’industrie du spectacle frivole
qui duplique stars et célébrités sans essence, sans âme, est la matrice
de l’esclave assumé, qui pullule dans les villes surpeuplées et de plus
en plus violentes du capitalisme. Le produit culturel étasunien et
ses substituts, conçus scientifiquement, nous procurent du plaisir, nous
divertissent et décomplexifient nos processus de pensée et notre
analyse de la réalité. Des produits télévisuels créés en laboratoire,
des émissions de potins, des télé-réalités psychologiques, envahissent
nos maisons, notre espace familial, et ces êtres irréels, stupides,
frivoles partagent nos vies. La distance est de plus en plus courte.
Les téléviseurs sont plus grands et prennent plus de place, ils
conquièrent chaque pièce, chaque mur, et c’est de là qu’ils nous
parlent, qu’ils nous racontent des histoires, qu’ils nous divertissent. Cela
devient la « famille » souriante qui remplace le voisin, les dominos,
les échecs, le jeu de ballon, la longue fin de repas familiale, où l’on
boit le café en partageant le vécu de la journée. Une armée glamour,
sympathique et banale s’empare des esprits, des comportements et des
émotions, à partir des télévisions, des ordinateurs et des smartphones,
des appareils qui fusionnent rapidement. La volonté est accaparée par
de nouvelles forces d’occupation invisibles, sans que l’individu ne se
doute de rien. Les balles de cette guerre ne sont plus dirigées contre
le corps, mais contre les émotions, les contradictions et les
vulnérabilités. La saturation d’informations de pacotille, fabriquées
dans des laboratoires des groupes et des Task forces (forces
opérationnelles)des centres de guerre culturelle et psychologique), agit
sur l’esprit des individus soumis à ce bombardement, en les
surchargeant d’images et d’idées préconçues, capables de créer des
concepts triviaux sur la politique et la vie quotidienne. Le
mensonge, la manipulation et la mystification mobilisent le colonisé
culturel, dont l’ambition ultime est de vivre dans les grands centres
consuméristes de l’empire. Un individu qui renie son drapeau et son
histoire, habile à faire semblant et à imiter, incapable du moindre
sacrifice. Au 21e siècle, le capitalisme se caractérise par une
indifférence absolue à la vérité. L’homme postmoderne est devenu un
homme détaché de presque tout ce qui l’entoure, à l’exception de son
smartphone et d’une dizaine de produits qu’il consomme avec voracité. Immergé
dans sa bulle, esclave des gadgets, entouré de capteurs et de logiciels
qui en savent plus sur sa vie que sa famille. En d’autres termes, un
individu réduit à la catégorie de chose. Il ne vit que pour lui-même,
désireux d’un plaisir sans limite, trivial et éphémère. Un
encyclopédiste du savoir inutile, qui vit au milieu d’une avalanche
d’informations qui le déculturent et le désinforment. L’objectif est d’annihiler tout ce qui pourrait contredire, interpeller, déranger, le difficile, le profond et le social. Face
à ce scénario, il ne reste plus qu’à défendre les valeurs essentielles
de l’humanité, les valeurs du socialisme, de la solidarité et à opposer
l’Homme nouveau rêvé et représenté par Che Guevara à cet homme
consensuel et banal. Nous devons opposer la foi en l’être humain, la
foi en l’avenir, la croyance absolue en la possibilité d’un monde
meilleur, à la culture autodestructrice de l’exclusion néo-libérale. Il
s’agit de défendre la culture révolutionnaire, d’ouvrir la voie aux «
Lumières socialistes », au débat d’idées universel qui nous sauvera du
néant, de la chute dans le vide que nous offre le capitalisme au 21e
siècle.
jeudi 13 janvier 2022
Lutte de classes et grève contre un virus !
Par Canaille Lerouge
Sous réserve
de bien identifier le virus,
une hypothèse à explorer
♫ si l'école est par terre,
c'est la faute à Blanquer
les lycées sont sans l'rond
politique de Macron ♫
Le
variant version MBCV (Macron-Blanquer-Castex-Veran) fait des ravages
dans un espace scolaire et universitaire déjà bien affaibli par les
saignées et traitements administrés par leurs prédécesseurs et aggravés
par les Diafoirus en place.
La multiplication des
ordonnances qui servent à conduire le pays vers sa ruine n'apportent que
des régimes et diètes qui anémient le secteur public et le rendent
toujours plus vulnérable aux dégâts causés par la pandémie.
Tant que c'est public, comme
tout services publics, l'éducation comme la culture la santé sont des
coûts qui ne retrouvent vertu aux yeux de MBCV que dès lors qu'on peut
en faire un produit à lancer sur le marché.
Le
régime imposé, jumelé à l'inconséquence des coups de barre dans tous
les sens, est en train de faire chavirer ce qui malgré ses limites et
défauts que ses personnels s'acharnaient à compenser fut un des orgueils
de notre pays : son système éducatif.
Au moment ou nous préparons à
célébrer en 2023 le 80e anniversaire du Conseil National de la Résistance, il serait bon de ressortir
le plan Langevin Wallon qui servira de pas de tir à la fusée de l'université
et l'école républicaine dans une France à reconstruire.
Aujourd'hui, les néolibéraux aux
manettes n'ont qu'un credo : Gérer les établissements comme des
entreprises, rogner les budgets et moyens humains et chouchouter une
élite au chaud dans l'enseignement privé le plus souvent confessionnel
pour sélectionner les élites dont ils ont besoin pour pérenniser le
système.
C'est ce variant du virus néo
libéral qui déferle dans les écoles collèges lycées et universités. Il a
tant sapé l'édifice que la moindre attaque virale-médicale là- conduit à
la paralysie et à une casse humaine dont on ne sait comment le pays en
sortira.
La réaction massive dans toute la communauté scolaire et éducative face à l'agression du variant MBCV est salutaire.
Maintenant reste l'enjeu de fond
d'une convalescence guérison qui passe par des mesures immédiates de
prophylaxie nommées embauches, formations, rémunération motivante et
investissements, où le vaccin exclusif est de sortir l'éducation
nationale des adorateurs du marché. L'école n'est pas un temple, n'a pas
de lien à avoir avec lui et ses marchands n'y sont pas les bienvenus.
Mais là il faut s'en prendre
frontalement aux tables de la loi du capital, abattre le veau d'or et
donc une rupture profonde avec tous les critères qui président à notre
organisation économique et sociale, construire une
démocratie antinomique au mode de fonctionnement de cette monarchie qui
se pare de République pour masquer la montée en puissance des
autocrates en place ou embusqués.
Ce
n'est pas lors d'une campagne électorale contrainte dans un cadre fait pour
entretenir le système que nous y parviendrons. La réforme "E Faure de
1969" , n'est pas sortie des urnes mais d'un rapport de force établi par
les luttes
Post scriptum :
la presse nous apprend ce soir que Veran serait positif. mais qu'au
virus. Pour le reste, de ce qu'en dit le personnel hospitalier, il
reste négatif ; sur toute la ligne.
La maladie infantile du communisme (une suite à Lénine) :
Il y a une grande différence entre
l’activité révolutionnaire dont le centre et la raison d’être se trouve
au final dans l’intérêt et dans l’action du prolétariat et l’activité
politique d’extrême-gauche qui volontiers prêche la révolution, mais pas
de manière à la rendre populaire parmi les masses !
Cette tendance politique n’est en
effet pas du tout une expression du prolétariat, ni même de la petite
bourgeoisie, mais plutôt une expression de secteurs ou d’individus
déclassés de la bourgeoisie proprement dite, et de son intelligentsia.
Il faut rechercher le sens et la fonction sociopolitiques de
l’extrême-gauche dans les contradictions internes de la bourgeoise :
fractions montantes, ou au contraire groupes fragilisés à le recherche
de rentes, problèmes d’affectation des héritiers, des cadets, des
parents pauvres, ou parfois comme ce fut le cas autour de mai 1968, une
dynamique de transformation inhérente au capital lui-même, et à son
besoin d'un panel à qui proposer le renouvellement des marchandises à
offrir sur le marché.
On voit que la structure sociologique
de l'extrême-gauche est presque la même que celle de l’extrême-droite
internationale classique, avant qu’elle ait reçu la correction de 1945
administrée par l’Armée Rouge.
Extrême-gauche et extrême-droite ont en commun le culte de Nietzsche et la haine de l’URSS.
La gauche et l’extrême gauche dans le
système cohérent de la vie politique bourgeoise, sont formées de ceux
qui veulent changer l’ordre capitaliste pour l’améliorer, le modérer, le
rendre plus humain, et les plus extrêmes dans cette direction sont ceux
qui pensent avoir quelque chose à gagner directement dans la
dramatisation de l’agitation politique notamment en attirant l’attention
sur leur personne.
Il y a dans tous les partis des
professionnels de la politique, et sans eux, pas de continuité ni
d’action cohérente possible, mais ces professionnels peuvent rester au
service du prolétariat, ou se servir de sa cause, pour se servir
eux-mêmes, et entre les deux comportements plutôt qu’une frontière bien
délimitées par des grands principes (mais la moralité individuelle joue
aussi son rôle) il y a plutôt une zone grise de transition. On trouve
rarement dans la biographie d’un militant 100 % d’abnégation, ou 100 %
d'opportunisme.
Le critère de distinction entre le
groupe révolutionnaire prolétarien et le groupe d’extrême-gauche à
l’agitation spectaculaire, mais politiquement passif ou même nocif, est
donc non pas le radicalisme verbal mais le réalisme politique, et la
volonté d’exercer le pouvoir au nom du prolétariat.
Bien entendu, nous considérons ici
comme « d’extrême-gauche » ceux qui se désignent eux-mêmes ainsi, ou qui
se satisfont de cette étiquette quand elle leur est accolée par les
autres et par les médias. Nous les désignons plus généralement comme les
« gauchistes », comme le faisait Lénine, qui visait dans sa brochure de
1922, La maladie infantile du communisme, le
courant conseilliste ou « soviétiste » qui se revendiquait exagérément
de Rosa Luxembourg et qui interprétait le slogan « tout le pouvoir aux
soviets » comme un appel à l’autogestion généralisée. Et dont Socialisme ou Barbarie
et les situationnistes sont des continuateurs, deux générations plus
tard (l’Internationale Situationniste fut fondée par Debord et ses
acolytes en 1957). Mais le gauchisme comme tradition politique
bourgeoise relève plutôt d’autres courants, moins innocents, aux
financements plus opaques, dont les développements principaux sont
d’ailleurs bien postérieurs à Lénine, ce sont le communisme libertaire
anarchiste individualiste, le trotskysme, et le maoïsme de salon.
Ce qui caractérise tous ces courants,
c’est le refus des étapes intermédiaires entre la situation présente et
le communisme, et le refus des compromis et des alliances provisoires
nécessaires pour y parvenir. C'est l'incompréhension de la dialectique
(on ne comprenait pas, par exemple, qu'il faille faire la guerre à
Hitler pour préserver la paix). Et donc le refus, théorisé ou non, de
l’État socialiste et de sa politique machiavélienne, et de sa stratégie
qui pour en être une ne peut pas être à tout moment transparente.
Ce critère de la pratique peut être
parfois difficile à utiliser : si un gauchiste comme Mélenchon en arrive
à briguer réellement le pouvoir, il devient du même coup relativement
plus légitime qu’un parti prolétarien trop faible pour envisager ce but.
Parfois des politiciens douteux se retrouvent à leur propre étonnement
dans un costume trop grand pour eux. En général ils ne le restent pas
très longtemps.
D’autre part il s’est développé, de
concert avec l’écologisme (qui a beaucoup de liens à son origine avec le
courant anarchiste - mais aussi avec la réaction antidémocratique), un
nouvel esprit gauchiste non seulement sectaire comme il l’a toujours
été, mais sectoriel, communautaire, séparatif, « intersectionnel » qui
met l’accent sur les luttes de minorités considérées à tort ou à raison
comme particulièrement opprimées.
Ce faisant il n’aide en rien les
membres des dites minorités qui sont réellement opprimés, c’est à dire
ceux qui font partie du prolétariat. Et quant aux autres, ils n’ont pas
vraiment besoin d'aide !
Ce gauchisme est la continuation, mais
aussi la métamorphose et dans bien des cas l’inversion des combats pour
les droits civiques qui ont marqués les années 1960 et 1970 dans les
métropoles occidentales. Pour l’essentiel, ces combats ont gagné la
partie à l’époque et les discriminations institutionnelles ont disparu :
les dates charnières étant la promulgation de l’amendement des droits
civiques en 1964 aux États-Unis, et la fin du type de société qualifiée
par Foucault (parangon intellectuel du gauchisme libéralisant) de
« société disciplinaire », à la suite des mouvements qui comme mai 68
terminent l’histoire du mouvement ouvrier traditionnel, tout en écrivant
les premières pages des « révolutions colorées » libérales. Le
laissez-faire des mœurs et le laissez-faire économique sont les deux
expressions du même slogan des années-fric, « chacun fait ce qui lui
plait-plait-plait », comme on dit dans la chanson Chagrin d’Amour (1980).
Or la situation générale des minorités
dans le nouvel âge du capitalisme post 68 – et on inclura pour la
commodité de la démonstration les femmes qui ne sont pas une minorité –
c’est la réalité de leur émancipation. Cette émancipation, qui concerne
aussi bien les Noirs américain que les Français d’origine maghrébine,
les femmes que les homosexuels, les indigènes américains et les
minorités ethnolinguistiques un peu partout dans le monde, et même les
groupes religieux dissidents, se caractérise par la recomposition à la
faveur du mouvement dans leurs rangs d’une bourgeoisie et d’une petite
bourgeoisie interne qui prétend au droit de représenter l’ensemble de la
communauté sur des bases inter-classistes, et qui s’accapare tout le
fruit matériel de la lutte émancipatrice. Les Afro-Américains ou les
français d’origine maghrébine sont invités à se sentir libres parce
qu’ils peuvent s’identifier à des présentateurs de télévision, des
vedettes du sport ou du show-biz ou à de grandes fortunes, et qu’ils
peuvent s’ils le souhaitent suivre exclusivement des canaux de diffusion
culturels animés à leur intention où ils ne verront que des gens qui
leur ressemblent.
Le capitalisme va flatter ces
représentants (qui ne sont jamais démocratiquement désignés) et même
leur accorder le bénéfice d’une discrimination positive, qui consiste
non pas à leur faire une place parmi la bourgeoise déjà nantie et bien
installée (d’où chez eux le maintien d’un sourd ressentiment), mais à
leur réserver un quota favorable parmi ceux qui sortent des classes
exploitées et qui réussissent leur promotion dans la bourgeoisie. La
discrimination positive des minorités pour favoriser l’ascension sociale
de quelques individus est donc en fait une discrimination tout court à
l’encontre des prolétaires sans qualité, c’est à dire n’appartenant pas à
une minorité.
Le discours bourgeois est à peu près
celui-ci : enrichissez vous comme l’ont fait les plus méritants ou les
plus valeureux de vos représentants, et le discours victimaire qui n’en
continue pas moins ne porte finalement plus que sur ce point :
contrairement aux promesses, il n’est pas possible d'enrichir tout le
monde, ni de s’enrichir autant qu’on le voudrait. Et comme on sait, le
désir est sans limite.
Pour la grande majorité, qui ne change
pas de classe sociale au cours de sa vie, cette politique n’a aucune
autre effet que celui de rendre invisible ses revendications. Pour
prendre un exemple comme un autre, un ouvrier d’industrie n’a rien à
perdre objectivement à une extension des droits des groupes estampillés
LGTB (etc.) mais il va quand même bien souvent en prendre ombrage, non
pas tant parce qu’il serait un homophobe irrécupérable mais parce qu’il
aura le sentiment hélas justifié que cette cause n’est en fait mise en
avant dans les médias et les partis politiques que pour prendre la place
de la sienne, qu’il estimera, et je pense justement, bien plus
universelle bien que trivialement matérialiste. A terme, ce sentiment de
frustration, et cette jalousie de la bonne place accordée dans les
médias aux surenchères permanentes des représentants des minoritaires
peut finalement contribuer à diffuser massivement une sorte de racisme
secondaire qui s’appuiera sur le constat que ces néo-bourgeois sont
effectivement favorisés, et particulièrement pour l’accès au quart
d’heure de célébrité à laquelle se résume l’idée du bonheur
post-moderne.
Minoritaire ou non minoritaires
doivent pourtant tous les deux se préoccuper de leur beefsteak, même
s’il est préparé à base de tofu. Mais le porte-parole minoritaire qui
milite en tant que tel a déjà résolu ce problème et vise plutôt à
obtenir de tous les autres non plus un droit à l’indifférence qui est
acquis depuis longtemps, mais une reconnaissance spéciale qui ressemble
beaucoup à une résurrection en plein XXIème siècle de la notion de
privilège. Et on remarquera que les minoritaires entre eux n’ont pas
particulièrement de tolérance pour les privilèges de reconnaissance
revendiqués par une autre minorité.
Par réaction, la majorité sans qualité
en vient à réclamer le privilège de l'antériorité, et à se
« minoriser » en se réfugiant dans le roman historique et les clichés
scolaires de l’histoire de France, et la boucle est bouclée.
Par contre, le beefsteak, (et le
fromage, le vin, et le couscous) ils l’ont tous en commun, et pendant
qu’ils se disputent entre eux sur leurs identités respectives, ils sont
tous en train de se le faire rogner à l’âge du capitalisme hyper
tolérant, mais encore plus hyper exploiteur.
Et donc n’en déplaise à Frédéric
Lordon, les femmes de chambre de l’hôtel Ibis des Batignoles sont des
ouvrières qui ne sont pas prêtes à lâcher le beefsteack, et non des
« noires », ou des « femmes », bien qu’elles soient presque toutes des
femmes noires. Ce ne sont pas des filles à papa qui revendiquent un
coupe-file pour passer à la télé et servie de faire-valoir à Zemmour,
mais des travailleuses qui luttent contre l’exploitation, pour le bien
de tous !
GQ 8 juin 2021, relu le 13 janvier 2022
PS : Je critique les gauchistes dans leur concept, mais je suis
conscient du fait que des personnes dont l'engagement de fait pas de
doute peuvent se retrouver dans leurs rangs, comme ce fut d'ailleurs mon
cas, par erreur de jeunesse, ou par les hasards de l'existence.
L'erreur est humaine; persévérer dans l'erreur est diabolique.
"Zibig" et le "TITTYTAINEMENT" - ou "Quand les cons se mettent à penser".
jeudi 13 janvier 2022
par AMIFr Blog ANC
Les outils du mondialisme : le "tittytainment"...
Le tittytainment est un terme désignant la propagande destinée à
protéger les principes capitalistes et néolibéraux qui dirigent la
mondialisation.
C’est une forme qualifiée de censure, propagande et désinformation dont
l’objectif fondamental consiste à minimiser, aux yeux des citoyens des
pays démocratiques occidentaux, les effets nocifs que le type
particulier de mondialisation qui est développé dans le monde était en
train de causer, dans la majeure partie de la population mondiale, ainsi
que dans l’écosystème.
Le mot tittytainment fut
utilisé en 1995 par le désormais célèbre Zbigniew Brzezinski, membre de
la commission trilatérale et ex-conseiller du Président des États-Unis
Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier « State Of The World
Forum », dans l’Hôtel Fairmont de la ville de San Francisco.
L’objectif de la rencontre était de déterminer l’état du monde, de
suggérer des objectifs et des objectifs désirables et proposer des
principes d’activité pour les atteindre, et d’établir des politiques
globales pour obtenir sa mise en œuvre.
Les leaders réunis à San Francisco (Mikhaïl Gorbatchev, George Bush,
Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc..) sont
arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 est
inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population
mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil
économique de la planète. 80% de la population restante ainsi s’avérera
superflu, ne disposera pas de travail ni d’occasions d’aucun type et
nourrira une frustration croissante.
C’est ici qu’est entré en jeu le concept exposé par Brzezinski. Ce
dernier a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et
psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait sa frustration
et ses protestations prévisibles.
Le même Brzezinski explique l’origine du terme tittytainment, comme une
combinaison des mots anglais « tits » (« poitrines » en jargon
américain) et « entertainment » qui, dans aucun cas, ne doit être
compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme
allusif à l’effet endormant et léthargique que l’allaitement maternelle
produit chez le bébé quand il boit.
Voici un extrait du livre « Le piège de la mondialisation » expliquant clairement le processus :
« L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».
Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active
suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura
pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip.
Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les
marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur
que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la
population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la
consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce
chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs,
par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.
Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes
souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit
l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du
travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. »
Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de
son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera
« to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.
Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir
du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront
plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables
nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des
dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus
d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la
baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour le survie à
laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un
nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays
riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de
démenti.
L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard
de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a
été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès
du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux
questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une
combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain
pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en
l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui
allaite.Un cocktail de divertissement abrutissant et
d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne
humeur la population frustrée de la planète. »
(Hans-Peter Martin, Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Solin Actes Sud, page 12)
Ça fait plus de trente ans que ma télé me sert à regarder que du
scientifique, des concerts et de me fendre la gueule sur la mise en
scène des informations et de sa désinformation qui a pour but de vous
mettre dans la terreur et la peur en permanence.
Pendant ce temps d’autres sont devant le feuilleton de drames du
monde des riches, des soaps, des jeux de fortune, big brother ou sercret
story.
Brzezinski a bien raison quand il parle de tittytainment. On essaye
de dévier l’humain des problèmes réels de la vie et de la politique par
des imbécilités de la sorte.