mercredi 6 avril 2022

Des gouvernements complices d’un faux charnier comme à Timisoara ? Britanniques et Français…

Le ministère britannique des Affaires étrangères a repris des fausses informations sur les “atrocités” commises par l’armée russe près de Kiev ;
L’auteur de l’article pourrait ajouter à la liste des responsables politiques occidentaux qui ont repris à leur compte cette mise en scène dans une “guerre de l’information” et ceci sans le minimum de vérifications indispensables, Macron et le Drian. Peut-être ceux-ci tentent-ils de détourner leur opinion publique de la présence d’instructeurs français auprès des bataillons nazis de MARIOUPOL ? Le fait est que la manière dont le public français n’a aucune connaissance d’affaires comme les laboratoires d’armes biologiques, et la manière dont on le berce de fausse ironie sur des faits avérés est une véritable honte, on ne peut pas voter pour des gens pareils qui sont à ce point inféodés aux USA, de MACKENZY à l’OTAN. A ce titre, le public français est gorgé de justifications concernant l’existence de véritables escadrons de la mort entretenus par des oligarques. Ceux-ci, bien qu’intégrés à l’armée ukrainienne sont des néo-nazis convaincus, les symboles de la division das Reich, celle qui a accompli le massacre d’Oradour-sur-Glane, sont minimisés. Et pour créer un rideau de fumée on met en scène un faux charnier à la manière de Timisoara où des cadavres sortis de la morgue prétendaient non seulement justifier l’assassinat d’un chef d’ETAT mais faire ignorer qu’au même moment l’opération “juste cause” menée par l’aviation US au PANAMA faisait 3000 morts réels dans la population civile dont personne ne parlait. (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/news/2022/4/3/1151818.html

3 avril 2022, 13:28

Photo : Ministère russe des affaires étrangères/Global Look Press
Texte : Rafael Fakhrutdinov

Les médias et les politiciens occidentaux et ukrainiens diffusent une nouvelle fausse histoire concernant le meurtre présumé de civils par l’armée russe dans la ville de Boutcha, près de Kiev. Moscou a qualifié cela de véritable guerre d’information militaire contre la Russie.

L’Occident a commencé à reproduire une nouvelle vague de faux sur de prétendues “atrocités russes” en Ukraine. Les rapports concernent en particulier la ville de Boutcha, un centre de district dans la région de Kiev.

Tôt dimanche matin, plusieurs médias étrangers, dont Reuters, le Wall Street Journal et le service russe de la BBC, ont publié de manière synchronisée des notes sur Boutcha, d’où les troupes russes se sont retirées le 30 mars, selon le canal Telegram Readovka.

Les correspondants des médias occidentaux se sont entretenus avec les habitants et ont filmé les destructions laissées après les combats entre les troupes russes et les forces armées ukrainiennes et les bataillons nationaux.

Se déplaçant le long de la rue, ils ont examiné les squelettes de véhicules blindés incendiés, des maisons endommagées et ont parlé avec les habitants de la ville. Et des cadavres gisant sur la route, et ce depuis longtemps.

“Certains sont clairement morts depuis des jours, voire des semaines. On ne sait pas pourquoi ils n’ont pas encore été enterrés », notent les auteurs de l’article.

Le maire de la ville, Anatoly Fedoruk, a déclaré aux journalistes qu ‘«ils ont été tués par centaines», et a parlé d’une fosse commune. Mais Fedoruk n’a pas mentionné qu’à Boutcha, dans des circonstances étranges, toute une colonne de véhicules blindés avait brûlé en même temps que les immeubles environnants.

Il n’a pas dit que la destruction causée par les explosions rappelle beaucoup les dégâts causés avec des munitions au phosphore, avec lesquelles les forces armées ukrainiennes ont tiré sur des colonnes russes ici et à Gostomel.

Après avoir rédigé un rapport et complété pour “l’objectivité” avec les histoires des citadins que les Russes “ont forcés à s’asseoir dans le sous-sol” pour ne pas touchés par des éclats d’obus, que les Russes “les ont forcés à porter des rubans blancs sur leur vêtements” pour ne pas être accidentellement confondus avec l’ennemi, et que certains des citadins ont entendu des coups de feu et des sifflements de balles, les correspondants sont partis.

“L’odeur des explosifs flottait encore dans l’air froid et humide, se mêlant à la puanteur de la mort”, a ajouté l’un des auteurs occidentaux à son rapport. Dans le même temps, on ne sait pas pourquoi l’odeur d’explosifs ne s’est pas dissipée en trois jours.

La presse et la télévision occidentales sont pleines de gros titres sur les “crimes de guerre de l’armée russe”: sur les civils aux mains liées dans les fosses communes, les meurtres et la torture.

Mikhail Podolyak, conseiller du chef de cabinet du président ukrainien, a également publié une photo des personnes “tuées” et a immédiatement appelé l’Occident à imposer un embargo sur les importations d’énergie en provenance de Russie, ou à fermer les ports.

“Région de Kiev. L’enfer du 21ème siècle. Corps d’hommes et de femmes exécutés, les mains liées. Les pires crimes du nazisme sont à nouveau en Europe. Cela a été délibérément fait par la Russie. Imposez un embargo sur les ressources énergétiques, fermez les ports. Arrêtez de tuer maintenant !” dit Podoliak.

La nouvelle a été reprise par la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. « Indignée par les atrocités commises à Boutcha et dans d’autres villes d’Ukraine. Les informations faisant état de troupes russes attaquant des civils innocents sont révoltantes. Le Royaume-Uni travaille avec ses alliés pour recueillir des preuves et soutenir les enquêtes sur les crimes de guerre. Les responsables seront tenus responsables », a-t-elle tweeté .

Dans le même temps, même en prenant pour argent comptant les paroles de Truss et les reportages des médias occidentaux, nombre de ses abonnés ont critiqué l’attitude britannique face à ce qui se passe en Ukraine. Un utilisateur avec le nom d’utilisateur Leyline a fait remarquer : « Et si au lieu de collecter des preuves, vous essayiez d’empêcher que cela ne se reproduise ? Ou allons-nous simplement attendre la prochaine atrocité, recueillir à nouveau des preuves, pour tweeter plus tard ? »

Des notes sur Boutcha sont apparues dans plusieurs publications étrangères à la fois, ce qui ressemble à une campagne médiatique planifiée. De plus, étant donné que les forces armées russes ont quitté la ville le 30 mars, on ne comprend pas pourquoi ces cadres ont été rendus publics quatre jours plus tard, écrit la chaîne War on Fake Telegram.

« La vidéo avec les corps laisse perplexe : ici, à la 12e seconde, le « cadavre » de droite bouge sa main. A la 30ème seconde dans le rétroviseur, le “cadavre” s’assied. Les corps de la vidéo semblent avoir été délibérément disposés afin de créer une image plus dramatique. Ceci est clairement visible si la vidéo est lue à une vitesse de 0,25 de la normale », indique le message.

La chaîne indique qu’après le retrait des troupes russes de Boutcha, les forces armées ukrainiennes ont soumis la ville à des tirs d’artillerie. Ce qui pouvait également faire des victimes civiles.

La « fosse commune » avec les corps a été faite par les militaires des Forces armées ukrainiennes, car il y a plus d’un mois, ils ont bloqué la ville en faisant sauter un pont près d’Irpen, et le maire a confirmé que des combats de rue avaient lieu. Il y a également eu des victimes civiles à ce moment-là.

Les commentaires sous la vidéo YouTube montrent également que les utilisateurs ordinaires, y compris les anglophones, sont loin de croire à la réalité de la vidéo de propagande.

Les téléspectateurs se demandent pourquoi les Russes n’ont pas supprimé les preuves de leurs atrocités présumées ? Pourquoi les cadavres sont-ils bien rangés le long des bords de la route – échelonnés à intervalles réguliers ?

“Les Morts vivants, saison 12”, “Le quartier 95 après la kermesse”, “Pourquoi dans un pays où le président est un clown et un acteur, ils ne peuvent pas trouver des acteurs normaux. D’autant plus que tout le rôle est de jouer un homme mort », « Gloire à l’Ukraine ! Félicitations aux acteurs!” peut-on lire dans d’autres commentaires.

La chaîne Telegram “Yulia Vityazeva”, à son tour, a rappelé comment le 31 mars, le maire de Boutcha a rapporté tout joyeux que la localité avait été “libérée” de l’armée russe, et il n’a pas parlé de cadavres sur les routes ou d’horribles destructions.

Dans ce contexte, le chef du groupe de travail sur la lutte contre la propagation de fausses informations, le contrôle public et la sécurité sur Internet, Alexander Malkevich, a rappelé : l’Occident mène des attaques d’informations militaires en bonne et due forme contre la Russie.

“Nous devons comprendre que la ligne de contact n’est plus dans le Donbass, c’est à Londres et à Washington. Et c’est le résultat de la guerre de l’information menée par l’Occident contre la Russie. Une vraie guerre, qui est menée par tous les moyens disponibles et, comme on dit, sur le long terme », a noté l’expert.

Il a averti qu’après les reportages dans les médias, ainsi que les déclarations des politiciens ukrainiens et occidentaux, le travail de désinformation sera poursuivi par “des institutions internationales contrôlées par l’Occident – des pseudo-tribunaux internationaux de poche, leur propre réseau d’influence à l’Assemblée générale des Nations Unies, etc.”, a déclaré Malkevich.

La Russie a lancé une opération militaire spéciale en Ukraine le 24 février. Le dirigeant russe Vladimir Poutine a noté que les plans de Moscou n’incluent pas l’occupation des territoires de l’Ukraine, l’objectif est la dénazification et la démilitarisation du pays. En outre, un certain nombre de conditions politiques ont été posées aux autorités de Kiev – la consolidation législative du statut hors bloc de l’Ukraine avec une interdiction complète du déploiement de bases militaires de l’OTAN et de systèmes d’armes de frappe sur son territoire, le procès de criminels nazis qui ont commis des crimes contre des citoyens de l’Ukraine et du Donbass ces dernières années, la reconnaissance de la Crimée comme russe, et la RPD et la RPL comme États indépendants.

Selon le ministère russe de la Défense, les troupes ukrainiennes prévoyaient d’attaquer le Donbass en mars 2022. Le département militaire souligne que l’opération spéciale menée par l’armée russe a anticipé et perturbé l’offensive à grande échelle des groupes de frappe des troupes ukrainiennes en RPL et en RPD.

 Note de Pedrito

Très sûr de lui, comme de coutume, battant l'estrade où rien ne peut l'atteindre, Macron président nous abreuve d'accusations mensongères sur les massacres en Ukraine " par l'armée russe" , mensonges qui vont évidemment servir à la réélection du candidat Macron, un des candidats des riches et des milliardaires de la planète, alors qu'il suffit de réfléchir quelques secondes pour savoir à qui profite le crime.

A part cela, cette élection démocratique présidentielle n'est pas truquée.....Ou si peu.....

Comment j’ai vécu entre la Tunisie et la Libye, l’affaire du faux charnier de Timisoara et celle du vrai à Panama…

Les 8 et le 9 septembre 2013, j’écrivais ces textes sur l’ancien blog, je ne sais quelle folie m’a toujours poussée à dénoncer les leurres avec lesquels on manipule les sots qui croient savoir, les scénarios ne sont que des remakes mais comme le désert nous confrontent à l’infini… celui de la bêtise humaine… Mais qui est réellement bête? Ou du moins qui l’est assez pour prendre au sérieux ces scénarios de l’indignation des occidentaux qui en général cherchent à masquer sous les pseudos crimes de l’adversaire, la cible désignée, ses propres turpitudes… (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

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Comment voulez-vous croire à ce qu’on vous raconte quand vous avez vécu certaines situations. Par exemple il y a eu le faux charnier de Timisoara dont certains se souviennent mais pour moi cette énorme manipulation en couvrait une autre qui inaugurait des temps « nouveaux », l’opération Juste Cause au Panama. Cela se passait pendant les fêtes de la Noël et du jour de l’an, le 30 décembre 1989. J’étais partie traverser le désert entre la Tunisie et la Libye dans une jeep, nous étions six dans le véhicule, avec mon fils et deux autres touristes italiens, plus le chauffeur et un accompagnateur.

Il s’est rapidement avéré que les deux Italiens étaient communistes. Quand nous avons quitté l’Europe aux alentours du 20 décembre nous savions qu’il se préparait quelque chose du côté du Panama. Tout le long du séjour dans le désert, périple qui a duré huit jours, nous réclamions donc à nos accompagnateurs qui écoutaient une radio arabe des nouvelles du Panama et il nous répondaient : « on ne parle que de la Roumanie et de Ceaucescu, »… Mais nous découvrions l’or du désert et les nuits glacées dans les oasis misérables… Toujours nous demandions « Et le Panama? » Nous étions les seuls, la radio, notre seul lien avec le reste du monde ne parlait que d’un terrible charnier en Roumanie, on a en peu de jours atteint les 70.000 cadavres…

Pourquoi le Panama ?

Depuis pas mal de temps se multipliaient les articles contre Noriega, je me souviens la presse underground s’était déchaînée contre celui qu’elle appelait tête d’ananas et nous avions l’habitude à cette époque-là de savoir ce que signifiaient ces articles produits dans quelques officines de la CIA. Mais l’extraordinaire dans cette affaire fut non seulement l’invention d’un faux charnier mais le silence de tous les médias sur un vrai charnier qui avait lieu au même moment au Panama.

L’opération Juste cause

Sous le nom de code Operation Just Cause, on reconnaîtra bien là déjà ce mélange de servilité médiatique, de crapulerie et de meurtre légitimé par la bonne conscience des Etats-Unis, a eu lieu l’invasion du Panama par les États-Unis. En décembre 1989, sous l’administration du président des États-Unis George H. W. Bush. Au cours de cette invasion le dirigeant panaméen Manuel Noriega a été déposé et la Force de défense panaméenne (FDP) dissoute. Noriega était connu à la fois pour être un trafiquant de drogue et un agent de la CIA, et à ce titre en liaison directe avec Bush père dont on savait du moins à Cuba que sous son administration la CIA n’avait pas craint de distribuer la drogue dans les ghettos noirs. Mais quand Noriega voulut manifester une certaine indépendance autour du canal, il a été décidé qu’il « avait déclaré la guerre aux Etats-Unis.

Le coût de l’opération fut estimé à 163 millions de dollars américains de l’époque soit 213 millions de dollars valeur 2010. L’US Army, l’US Air Force, l’US Navy et les US Marines ont participé à l’opération « Just Cause ».

L’incursion militaire en Panama a commencé le 20 décembre 1989, à 01 h 00 heure locale. L’opération a impliqué 57 684 soldats américains, surarmés. L’opération a commencé par une attaque des installations stratégiques telles que l’aéroport civil de Punta Paitilla (opération « Nifty Package ») dans Panama, la garnison de la Force de Défense Panaméenne et le terrain d’aviation de Rio Hato, où Noriega possédait une résidence, et d’autres centres de commandement militaire dans tout le pays. L’attaque contre le quartier général de la FDP (dénommé la Comandancia) a déclenché plusieurs incendies, dont l’un a détruit une partie du quartier El Chorrillo au centre-ville de Panama (zone à forte densité de population). Selon des témoins oculaires, les maisons dans ce quartier ont été délibérément incendiées par les soldats américains dans le but d’arrêter les soldats de la FDP qui se cachaient dans la région.

On a estimé les pertes humaines autour de 3000 minimum.

Les opérations militaires ont continué pendant plusieurs semaines, essentiellement contre les unités militaires de l’armée du Panama. Noriega resta en liberté pendant plusieurs jours, mais il réalisa qu’il avait peu d’options à envisager face à une grande chasse à l’homme, avec un million de dollars de récompense pour sa capture. Il obtint refuge dans la mission diplomatique du Vatican dans la ville de Panama. Noriega se rendit finalement aux militaires américains le 3 janvier 1990. Il fut immédiatement mis dans un avion de transport militaire et extradé aux États-Unis.

Des unités militaires firent des patrouilles de « police » dans la ville de Panama et les zones à l’ouest du canal, pour rétablir la loi et l’ordre ainsi que pour assurer le soutien du nouveau gouvernement (dans le cadre de l’opération « Promote Liberty »).

Comment a-t-on pu déplacer une telle armada dans le silence total de la presse qui se déchaînait sur le faux charnier de Timisoara en expliquant que Dracula était communiste…

Le fait est que quand je suis revenue de mon périple dans le désert, j’ai téléphoné à ma mère. Cette brave maman m’a supplié de ne pas dire que j’étais communiste parce que j’allais être lynchée.

Le fait est que lors de mon premier cours de janvier, c’était dans le grand amphi, trois cent étudiants me fixaient dans un silence total, mon cours portait sur Marx.

Un élève s’est levé et m’a interrogée : « Comment pouvez-vous faire un cours sur Marx après un tel crime des communistes, m’a-t-il demandé! »

Je lui ai répondu je crois que Marx n’avait pas grand chose à voir avec « le vampire des Carpathes » puisqu’il avait été affirmé par TF1 entre autres que Ceaucescu atteint de leucémie avait besoin de changer son sang et ces gens étaient les victimes de cette médecine,… Et j’ai bravement commencé à expliquer la relation entre l’accumulation du capital et l’exclusion, soit le livre II du Capital.

Nous étions dans un temps de retournement de l’histoire et je l’avais déjà compris quand j’avais été envoyée assister à la rencontre Bush-Gorbatchev, la même année, au cours de laquelle ce dernier avait vendu la RDA… Et je me souviens de ce luthérien foudroyé qui m’avait regardée en me disant : « Nous sommes un peuple que l’on peut vendre ». Ce qui est sûr est que les Américains qui jusque-là avaient utilisé Ceaucescu contre l’URSS n’en avaient plus besoin. Par contre débutait une nouvelle période d’impunité avec des invasions qui allaient se succéder, peu de temps après c’était la Yougoslavie (1), puis l’Irak…

A PROPOS DU VAMPIRE DES CARPATHES : était-il communiste ?

Le faux charnier de Timisoara et le vampire des Carpathes : souvenez-vous…

08SEP

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L’affaire a lieu en décembre 1989, lors de la chute du régime Ceaușescu. Les médias occidentaux, et en particulier français, annoncent quelques centaines de morts, puis jusqu’à 70 000 morts quelques jours plus tard. On parle de « charniers ». Les témoignages, les chiffres et les explications les plus absurdes sont avancés sans aucun contrôle:
TF1: « Ceaucescu, atteint de leucémie, aurait eu besoin de changer son sang tous les mois. Des jeunes gens vidés de leur sang auraient été découverts dans la forêt des Carpates. Ceaucescu vampire ? Comment y croire ? La rumeur avait annoncé des charniers. On les a trouvés à Timisora. Et ce ne sont pas les derniers ».
Le magazine L’Événement du jeudi du 28 décembre 1989 titre même : « Dracula était communiste ».
Gérard Carreyrou lance un appel à la formation de brigades internationales prêtes à « Mourir à Bucarest ».
Le quotidien Libération avec Serge July titre « Boucherie ». On y lit: « Timisoara libéré découvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhumés, terreux et mutilés, prix insupportable de son insurrection. »
Le Monde félicite La Cinq d’avoir « révélé l’horrible charnier des victimes des manifestations du dimanche précédent »

Ces mêmes allégations et graves approximations sont également reprises par les médias étrangers:
Le renommé journal espagnol El País avance qu’« à Timisoara, l’armée a découvert des chambres de torture où, systématiquement, on défigurait à l’acide les visages des dissidents et des leaders ouvriers pour éviter que leurs cadavres ne soient identifiés. »
Le New York Times, tout en soulignant que ces chiffres n’ont pas été confirmées par des sources indépendantes, avance que 4.500 personnes auraient été massacrées en trois jours.

C’est le journal Le Figaro qui, dans son édition du 30 janvier, annonce qu’il s’agissait d’un faux, que les morts montrés à la télévision avaient été déterrés du cimetière de la ville.

Pendant ce temps-là, les mêmes jours, la même semaine, sous le nom de code Operation Just Cause, eut lieu l’invasion du Panama par les États-Unis, en décembre 1989, sous l’administration du président des États-Unis George H. W. Bush. Ceci dix ans après que le contrôle du canal de Panama fut rendu par les États-Unis au Panama. Au cours de cette invasion le dirigeant panaméen Manuel Noriega a été déposé et la Force de défense panaméenne (FDP) dissoute. Il y a eu une controverse sur le nombre de victimes parmi la population civile panaméenne résultant de l’invasion. Selon les chiffres officiels du Pentagone 516 Panaméens ont été tués durant l’invasion, une note interne de l’armée de terre des États-Unis estime le nombre à 1 000. Mais d’autres enquêtes menées au niveau international par des commissions indépendantes ont abouti au chiffre de 3000 plus 15.000 personnes déplacés parce que leur habitation a été détruite…
Et bien il n’y a eu dans les médias précités pas la moindre allusion à ces événements qui faisaient de vrais morts au Panama… Qui a vécu ce genre de situations en conserve une suspicion légitime sur les médias… et ne s’étonne pas du silence total fait sur les snipers du maïdan…

Je suis un peu lasse de tenter de vous convaincre… Et surtout je ne vois plus très bien l’intérêt que mon malheureux pays et ses sordides “élites” peuvent représenter au point de continuer ainsi à mobiliser le peu d’énergie qui me reste…

RAJOUT LE 5 AVRIL 2022 et le faux charnier d’Ukraine…

La Libye (2) et il m’arrive de retrouver des textes de l’époque et d’être frappée par leur lucidité et avant même ma rencontre avec Cuba. Je vous présente ces quelques textes mais tout ce que j’ai écrit est du même tonneau et m’a valu non seulement la censure mais la diffamation pendant que je m’obstinais à croire que quelque chose pouvait être sauvé… Ma rencontre avec Marianne et ses compétences linguistiques n’a fait qu’aggraver mon cas…

Chaque fois, avec une bravoure pleine d’espoir, je faisais face. Pouvais-je agir autrement ? cela tenait à mon ancrage communiste mais plus encore à une exigence intellectuelle minimale, celle qui animait un Diderot et que Marx désignait comme la clarté gauloise… Il y avait un tel fatras dans la preuve apportée et de telles contradictions dans les démonstrations qu’il m’était impossible d’y adhérer, le doute me saisissait.

On m’a tant de fois accusée de soutenir les despotes ! Je me suis tant de fois faite convaincre de stalinisme au point de finir par m’interroger sur ce qui était réellement reproché à Staline alors que les vrais staliniens, sont ceux qui suivent les idées reçues et sont sur la ligne d’arrivée pour y attendre le vainqueur…

Aujourd’hui les mêmes y ajoutent l’infamie suprême : mon âge… Sans le moindre argument, ils répètent ce qu’on leur met dans la tête et le disent sur le ton monocorde et répétitif des chaînes dites d’information… Jamais il ne leur viendrait le souvenir de la manière dont ils ont été dupés, ils ont semble-t-il oublié Timisoara, ce qu’on faisait au même moment au PANAMA, au nom d’une “juste cause”… Pourtant tout y était déjà, le vampire des Carpathes se baignait dans le sang comme Poutine dans celui des cerfs, tous les deux pour se sauver de la leucémie… Il y a un scénario qui se déroule comme un tapis pour faire passer une élection présidentielle qui ressemble à la nef des fous…

DANIELLE BLEITRACH

(1) c’est à partir de ce texte sur la Yougoslavie que j’ai été interdite dans la presse communiste, s’il se trouve un lecteur pour le lire je crois qu’il sera édifié par les conditions de la censure dans cette presse, surtout si vous ajoutez à ce texte le fait que je me suis rangée aux côtés de Cuba, quand Patrick le Hyaric et tous les bien pensants d’aujourd’hui faisaient la courte échelle à Robert Ménard et à l’opération Cuba si, CASTRO NON et déjà réclamaient les sanctions de l’UE contre Cuba asphyxié en 1995; voici donc le texte sur la Yougoslavie : La troisième guerre mondiale a-t-elle commencé au Kosovo, par Danielle Bleitrach* et Jacques Jedwab** | Histoire et société (histoireetsociete.com)

(2) à propos de Kadhafi entre autres ce texte qui résume ma position face aux interventions de l’OTAN sous des prétextes humanitaires…

https://histoireetsociete.com/2020/02/13/kadhafi-spinoza-les-derniers-barbares-par-danielle-bleitrach/


 


L’ignoble provocation des nazis banderistes doit faire l’objet d’une enquête. Déclaration du Président du Comité Central du KPRF

En Occident, l’hystérie a éclaté à la suite des “atrocités” présumées de l’armée russe dans la ville de Boutcha, près de Kiev. Les victimes de ces “atrocités” auraient été découvertes après le départ de nos unités militaires. La Russie a déclaré qu’une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies était nécessaire pour exiger que l’Ukraine fournisse des preuves. Le ministère russe de la défense a déjà officiellement démenti ces accusations, affirmant que pas un seul civil n’a été blessé pendant le séjour des militaires russes dans la ville. Les photos des personnes prétendument tuées ne sont apparues que le quatrième jour après l’arrivée des militaires ukrainiens sur place. D’autres faits suggèrent que cette provocation n’est qu’une mise en scène.

https://kprf.ru/party-live/cknews/209632.html

Il est bien connu que la ligne directrice des dirigeants politiques et militaires russes est de minimiser les pertes civiles et la destruction des objets civils. Et en général, l’armée russe/soviétique est étrangère aux massacres de civils. Même après l’invasion de l’Allemagne nazie en 1944-45, après ces atrocités monstrueuses commises par les nazis en URSS, l’Armée rouge a reçu l’ordre strict de ne pas se venger sur la population civile. Et cet ordre a été strictement exécuté.

Mais les armées des États-Unis et des autres pays de l’OTAN étaient connues pour leurs atrocités. Il suffit de rappeler Hiroshima et Nagasaki – des villes pacifiques où les États-Unis ont détruit des centaines de milliers de Japonais avec des armes nucléaires. La traînée de sang court après les Américains et plus loin encore : la Corée, le Vietnam, la Yougoslavie, l’Irak, la Syrie, la Libye ne sont que quelques-uns des pays où les Américains se sont rendus coupables de massacres ou où de tels crimes ont été commis par les mains de leurs employés locaux.

Les provocations sanglantes sont une marque de fabrique de l’impérialisme américain. Il suffit de rappeler l'”incident de Racak” au Kosovo, lorsque les 34 combattants morts de l’UCK terroriste ont été présentés comme des civils tués par l’armée yougoslave. Plus tard, des experts finlandais indépendants ont fait le jour sur cette affaire. Mais le mal était fait. L’incident de Racak est devenu la justification de l’intervention de l’OTAN contre la Yougoslavie. Pendant 78 jours de bombardements incessants de villes pacifiques, des milliers de personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées, et les dégâts ont atteint plus de 100 milliards de dollars.

Il est clair que les déclarations sur les “atrocités” de l’armée russe font partie de la guerre de l’information que les États-Unis et leurs alliés mènent contre la Russie, leur donnant ainsi une excuse pour soutenir les néonazis. Les dirigeants actuels pro-OTAN en Ukraine sont capables de plus de provocations que cela. Le monde entier regarde avec horreur les néo-nazis en Ukraine utiliser des civils comme boucliers humains. La prise de plusieurs otages par des terroristes est toujours présentée en Occident comme un crime terrible. En Ukraine, cependant, des dizaines de villes et de villages ont été transformés en otages, dont les habitants ne sont pas autorisés à quitter le champ de bataille par les nazis locaux. Non seulement les autorités ukrainiennes officielles ne facilitent pas la création de couloirs humanitaires, mais elles empêchent par tous les moyens les citoyens de quitter les zones de combat.

Il s’agit notamment de la tragédie de Marioupol, où les combattants du régiment nazi Azov ont créé des postes de tir dans des immeubles, tout en interdisant aux habitants de ces immeubles de quitter la ville. Il ne s’agit que d’un seul exemple, bien que le pire, d’un génocide délibéré, sur lequel l’Occident “civilisé” ferme les yeux.

Le KPRF condamne fermement l’ignoble provocation conjointe des politiciens ukrainiens et occidentaux et exige une enquête complète et approfondie, non pas sur les faux montages, mais sur les nombreux crimes réels commis par les nazis banderistes, y compris la torture brutale à laquelle sont soumis les militaires russes.

Président du Comité central du KPRF

G.A. Ziouganov.

 


Les USA, le plus grand pourrisseur de la situation en Ukraine, danger pour la sécurité européenne…

C’est ainsi que Global Times décrit le rôle des Etats-Unis et sans parler directement de l’affaire du faux charnier, ils expliquent le contexte qui est celui d’un fort mécontentement de voir la paix intervenir entre Ukraine et Russie avec un statut de neutralité qui risque de se multiplier et ne fera pas leur affaire qui est de mettre sous leur coupe des “alliés” européens mais aussi asiatiques. L’article a le mérite de poser effectivement la seule question qui vaille : qui a intérêt à la paix et qui a intérêt à la guerre ? Publié: Mar 31, 2022 09:23 PM   

Traitement de la crise Illustration : Liu Rui/GT


Après le dernier cycle de pourparlers entre la Russie et l’Ukraine en Turquie mardi, les deux parties ont déclaré que les négociations avaient libéré des signaux positifs. L’Ukraine a proposé d’adopter un statut neutre en échange de garanties de sécurité de la part de la communauté internationale. La Russie a déclaré que le pays réduirait fortement l’activité militaire autour de Kiev et de Tchernigov.

Mais de tels signaux positifs n’étaient clairement pas ce que les États-Unis voulaient.

Mercredi, lors d’un point de presse à la Maison Blanche, la directrice de la communication Kate Bedingfield, lorsqu’on lui a demandé: « Les États-Unis sont-ils prêts à devenir un garant de la sécurité de l’Ukraine ou envisagent-ils cette option? » Bedingfield a déclaré: « Nous sommes en discussion constante avec les Ukrainiens sur les moyens de les aider à s’assurer qu’ils sont souverains et en sécurité. Mais il n’y a rien de spécifique à propos d’une garantie de sécurité de laquelle je peux parler pour le moment. »

Certains internautes chinois se sont moqués du fait que les remarques de Bedingfield étaient du genre : «Nous ne donnerons aucune garantie de sécurité sans que vous tombiez dans notre escarcelle. » Cela reflète le fait que les États-Unis ne veulent pas voir l’Ukraine et la Russie s’entendre pacifiquement. Li Haidong, professeur à l’Institut des relations internationales de l’Université des affaires étrangères de Chine, estime que les États-Unis prennent l’Ukraine comme un instrument pour faire saigner la Russie, de sorte que Washington maintiendra son soutien à Kiev. « Si l’Ukraine et la Russie se réconcilient, les États-Unis ne seraient pas en mesure de faire saigner la Russie jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré M. Li au Global Times.

En plus de s’abstenir d’une garantie de sécurité, ce qui conduirait à une désescalade de la situation, les États-Unis ont également appelé à la prudence sur l’engagement russe de réduire les opérations militaires. Selon des rapports, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a informé le président américain Joe Biden de l’avancement des pourparlers de paix mercredi lors d’un appel téléphonique, au cours duquel Biden a déclaré à Zelensky que les États-Unis enverraient 500 millions de dollars supplémentaires d’aide à l’Ukraine. Il a également été rapporté que Zelensky a publié une adresse vidéo après l’appel, disant que la Russie a réduit les opérations militaires autour de Kiev parce que la défense des troupes ukrainiennes a forcé la Russie à le faire.

Le conflit a resserré les liens de l’Ukraine avec les États-Unis, et Kiev agira plus en accord avec Washington à l’avenir. L’intervention vidéo de Zelensky était déjà un indice. Si nous le voyons sous un autre angle, c’était comme si les États-Unis leur avaient dit: « Ukraine, vous devez continuer l’impasse avec la Russie afin que je puisse vous aider », et l’Ukraine a répondu: « OK, je vais faire quelque chose.

M. Li a déclaré qu’une autre raison pour laquelle les Etats-Unis ne veulent pas régler la crise russo-ukrainienne le plus tôt possible est qu’ils veulent utiliser la crise pour contrôler efficacement l’Europe et marginaliser la Russie tout en consommant davantage de sa force. Compte tenu des récents événements menés par les États-Unis, Washington a au moins réalisé une partie de ses objectifs. Par exemple, les États-Unis et l’UE ont signé un accord historique sur le gaz – superficiellement, l’accord vise à aider l’Europe à réduire sa dépendance à l’égard de la Russie, mais il rendra essentiellement l’Europe plus dépendante des États-Unis.

Le 24 mars, l’OTAN a réaffirmé qu’elle « continuera à fournir un soutien politique et pratique supplémentaire à l’Ukraine » et que « les alliés augmentent considérablement leurs dépenses de défense ». En renforçant le rôle de l’OTAN, les États-Unis lient plus fermement l’Europe à leur char ; et par leur position dominante, les États-Unis ont forcé l’Europe à prendre son parti en intensifiant la crise et même la guerre. Le but ultime est de mettre définitivement l’Europe sous leur contrôle.

Tout en versant de l’eau froide sur les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine, les États-Unis intensifient leurs efforts pour attiser les conflits. Cela correspond aux besoins stratégiques des États-Unis. Si l’appel de l’Ukraine pour une garantie de sécurité est satisfait, un nouveau modèle de garantie de sécurité internationale sera ouvert, ce qui signifiera un affaiblissement du rôle des États-Unis et de l’OTAN. Les États-Unis ne veulent clairement pas voir intervenir ce résultat. On peut dire que les États-Unis sont le plus grand perturbateur de la sécurité dans toute l’Europe. Les États-Unis sont les plus réticents à voir un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine.

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Le Saker Francophone

 

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Le 9 mars 2022 − Source Oriental Review

L’opération militaire lancée par la Russie en Ukraine a inopinément révélé une crevasse aux proportions historiques aux Amériques. Les pays d’Amérique latine se dégagent de l’influence de la Maison-Blanche et gagnent en autonomie politique. Comment Washington a-t-elle perdue son « arrière-cour » qui lui obéissait sans sourciller il y a encore peu de temps ?

À première vue, il apparaît que l’équilibre du pouvoir à l’Assemblée générale de l’ONU est défavorable à la Russie : 141 pays se sont exprimés pour la résolution qui condamne les actions de l’armée russe en Ukraine, 35 pays se sont abstenus, et un total de cinq pays, dont la Russie, ont voté contre. Mais il faut aller sous la surface.

Le fait est que la controverse autour de l’opération russe est allée bien plus loin que les déclarations oratoires. En 2008, avec la Géorgie, et dans une bien moindre mesure, en 2014 avec la Crimée, la manière dont tel ou tel pays réagissait aux actions de la Russie pouvait paraître importante ; une certaine demande de compréhension internationale se faisait sentir. Désormais, il ne s’agit plus d’opinions, mais de faire pression sur Moscou au moyen de sanctions et d’infliger le maximum de dégâts à l’État russe. Peut désormais être considéré comme allié de la Russie quiconque n’est tout bonnement pas impliqué dans ces sanctions, ou quiconque refuse d’entrer dans la guerre économique que Washington exige en réalité de la part de la planète toute entière.

 

Linda Thomas-Greenfield (à gauche), ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Sergiy Kyslytsya (second en partant de la droite), représentant permanent de l’Ukraine auprès des Nations Unies, et Barbara Woodward (troisième en partant de la gauche), ambassadeur permanent du Royaume-Uni auprès des Nations Unis, à New York, avant un vote, le 25 février 2022.

L’Occident obéit — à la fois directement, en votant pour les sanctions, et indirectement, au travers d’initiatives individuelles décidées en résultante du chantage moral qui se produit dans l’espace informationnel. À une ère où IKEA ferme ses magasins en Russie, où l’équipe de football russe se voit interdite de compétition, et où les chats russes se voient interdire les concours internationaux, nous parlons d’une tentative de « bannir l’existence » [Cancel, NdT] d’un pays tout entier.

C’est jusqu’au chêne de Turgeniev qui se voit exclu de la compétition de l’arbre européen de l’année, en raison de la situation en Ukraine.

La non-participation de nombreux gouvernements à ce « bannissement » est une véritable rébellion, car Washington a œuvré des mois durant à « rallier des alliés » et à « développer une réponse unie à l’agression russe » — ces mêmes « sanctions infernales » promises par Joe Biden. Et nombreux sont les gouvernements à refuser de s’y associer.

Dans le même temps, la résolution de l’Assemblée générale reste sans aucune conséquence légale, et n’engage la Russie à rien — il s’agit d’une action purement formelle. Divers pays voient leurs actions condamnées régulièrement par la majorité des membres de l’ONU, sans que cela n’ait le moindre effet sur leurs politiques. Israël, par exemple.

Regardons de près la liste des votants. Ceux qui se sont exprimés contre la résolution sont des pays qui, d’une manière ou d’une autre, ont été écrasés par des sanctions — le Bélarus, la Syrie, la Corée du Nord et l’Érythrée. Des sanctions russes, parmi d’autres, ont été imposées à la Corée du Nord, et l’Érythrée a subi des sanctions jusqu’en 2019.

 

Résultat du vote sur une résolution contre l’agression russe en Ukraine, à l’Assemblée générale de l’ONU, le 02/03/2022 – Source : euronews

On pourrait penser que la Russie ne dispose que d’un cercle très restreint d’amis malheureux, par opposition à ses 141 accusateurs. Mais parmi ceux qui ont voté pour cette résolution, on trouve des pays qui entretiennent d’excellentes relations avec la Russie, y compris dans le contexte de la crise que nous vivons. L’exemple le plus frappant est la Serbie. Le gouvernement de cette république des Balkans tient résolument tête à ses mentors occidentaux, en refusant d’infliger le moindre coup à la Russie, et en faisant référence au peuple de manière répétée : apparemment, le peuple serbe aime inconditionnellement la Russie.

Par ailleurs, savoir quelle trajectoire de la Serbie serait la plus favorable à la Russie revient à tirer à pile ou face : voter « contre », ou puisque cela n’a pas véritablement de sens, voter « pour », mais laisser savoir au monde entier que vous avez exprimé ce vote sous la contrainte, et que votre cœur penche en réalité du côté des Russes.

 

Jair Bolsonaro, président du Brésil (à gauche) lors d’une cérémonie de dépose de gerbe sur la tombe du soldat inconnu, au Jardin Alexandre, à Moscou, le 16 février 2022

Le Brésil également a voté pour la résolution, mais son président, Jair Bolsonaro, maintient qu’il n’a pas de problème avec Moscou et accorde une haute valeur à la coopération entre le Brésil et la Russie. Et ce, en dépit du fait qu’il a préféré aligner sa politique étrangère avec les États-Unis — il n’est simplement pas en mesure de trouver des points communs avec Joe Biden à l’heure actuelle.

Quant aux « abstentions » elles ont été votées par certains des pays les plus grands du monde (la Chine, l’Inde), des alliés militaires de la Russie (Kazakhstan, Arménie), et des pays qui ont déjà reconnu l’indépendance des Républiques indépendantes de Donetsk et Lougansk (Cuba, Nicaragua). Leur indépendance a également été reconnue par le Venezuela, mais ce pays était absent du vote de l’Assemblée Générale — le pays est tellement appauvri en ce moment qu’il ne peut pas verser sa contribution annuelle à l’ONU.

En bref, la division globale sur le sujet Russie-Ukraine est bien plus compliquée que les résultats du vote ne le laissent entendre. La chose la plus remarquable est que cette ligne de faille inattendue traverse le continent-même de Biden. Le sujet de s’opposer ou non à la Russie au nom de l’Ukraine — qui est le point central de l’affaire pour Washington, et qui constitue purement un sujet de principe — a soudainement révélé que l’Amérique latine a quitté la tutelle géopolitique des États-Unis et vit désormais sa propre vie, une vie basée sur ses propres intérêts nationaux.

Après avoir persuadé presque toute l’Europe [Autant qu’un éleveur a besoin de persuader ses caniches, NdT…], les États-Unis ont perdu leur continent voisin. Même le président du Mexique voisin, López Obrador, qui, contrairement à Bolsonaro, est issu d’une famille idéologique proche des Démocrates de Biden, a émis clairement son point de vue sans la moindre ambiguïté : « Nous n’imposerons pas de sanctions à la Russie, ni n’adopterons la moindre mesure économique punitive, car nous tenons à maintenir de bonnes relations. »

Tous les pays d’Amérique latine ont pris la même décision. La tonalité de leurs déclarations après le début de l’opération en Ukraine présente des déclinaisons différentes — entre le soutien enthousiaste prononcé par Maduro, le président du Venezuela, jusqu’aux réactions neutres de la Bolivie et du Paraguay et, en fin de compte, la condamnation prononcée par la Colombie, l’Argentine et le Chili — mais quasiment aucune décision n’a été prise de nature à provoquer des dégâts à la Russie, ni dans les faits, ni symboliquement.

Et l’on ne peut pas affirmer que Washington n’a pas essayé d’exhorter ses voisins principalement hispanophones à se montrer plus réfléchis. De fait, Washington s’y est employée et continue d’y œuvrer. Dès que Moscou a reconnu l’indépendance des Républiques de Donetsk et de Lougansk, l’Organisation des États Américains (OEA) s’est empressée d’émettre une déclaration condamnant la Russie. Mais la Maison-Blanche ne peut plus guère compter que sur des mots, et l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, l’Uruguay et le Salvador ont refusé de signer cette déclaration. Nayib Bukele, président du Salvador, se fait troller en ce moment en Occident pour avoir accusé l’Occident de créer une théorie du complot autour de la crise ukrainienne. « La véritable guerre n’est pas en Ukraine, elle se trouve au Canada, en Australie, en France, à Bruxelles, en Angleterre, en Allemagne, en Italie… », a-t-il affirmé entre autres choses.

Certains observateurs estiment que les raisons de cette foire à la désobéissance sont à rechercher dans les profondeurs du passé des États-Unis, à commencer par la doctrine Monroe, qui porte le nom du cinquième président des États-Unis. Sa substance est simple : l’Amérique appartient aux Américains, les puissances européennes ne s’ingéreront pas dans les affaires du continent double ni n’essaieront de récupérer leurs colonies perdues, et les États-Unis, en retour, ne s’ingéreront pas dans les affaires de l’Europe.

Cette doctrine avait éloigné les prédateurs européens des Amériques, mais a également transformé l’Amérique latine en arrière-cour des États-Unis. Les États-Unis ont découpé le Mexique, augmentant de ce fait considérablement leurs territoires, et les autres États de la région ont appris à obéir, par le fer et le feu s’il le fallait.

En 1912, les États-Unis ont occupé le Nicaragua pour une durée de 21 ans ; en 1915, ils ont en fait autant en Haïti pour une durée de 19 ans ; et en 1916, ce fut la République dominicaine pour huit années, et une année supplémentaire en 1965. Cuba a également été occupée par deux fois, sans compter les tentatives d’intervention militaire au cours de l’ère Castro. En 1983, les États-Unis ont envahi la Grenade, en 1989 ce fut le tour du Panama, et en 1994, Haïti une nouvelle fois. De toutes ces opérations, la seule qui a été approuvée par le Conseil de Sécurité de l’ONU fut la dernière.

Les opérations de la CIA contre des États souverains d’Amérique latine sont innombrables ; chacun connaît les activités de la CIA contre Salvador Allende au Chili, mais il en existe de nombreuses autres qui ne sont pas bien connues. Durant la Guerre Froide, les États-Unis ne firent presque jamais mention de la doctrine Monroe comme document de travail, mais fondamentalement, ses principes ont été tenus pour sacrés : les deux Amériques devaient conserver un seul maître, un « gendarme » [En français dans le texte, NdT].

 

Les interventions militaires étasuniennes en Amérique latine

Outre ceci, il faut mentionner l’exploitation de diverses populations par les industriels, criminels et industriels-criminels étasuniens au travers de la corruption des élites (le régime de Batista à Cuba en est un exemple académique). Si l’on considère cela, on obtient une image complète : le passé colonial de l’Amérique latine est lié à l’Europe, en tant qu’« ancien » colonisateur, mais aussi directement aux États-Unis, comme nouvelle sorte de colonisateur.

Il est naturel pour tout patriote d’Amérique latine de détester Washington, tout aussi naturel que pour un nationaliste de Galicie de haïr Moscou.

À présent, et à son propre détriment, Washington demande que l’Amérique latine déteste Moscou et agisse contre elle, et les latino-américains voient bien qu’on essaye de les attirer dans un conflit entre la Russie et l’une de ses anciennes colonies, et que ce sont les États-Unis qui essayent de les y attirer — les mêmes États-Unis pour lesquels envahir des colonies constitue une manière traditionnelle de mener leur politique étrangère — et leur réponse est desaparecer, ou pour le Brésil, ir embora.

Le monde unipolaire n’est plus, et il n’est plus non plus d’Amérique unipolaire. Ni leur argent, ni leur armée, ni leur influence politique ne suffisent désormais aux États-Unis pour conserver l’emprise sur leur arrière-cour, et l’incorporer dans un système de pressions économiques contre la Russie. C’est à cela que ressemble la fin de la décolonisation et la défaite du racisme — l’obtention de la liberté par des pays jusqu’alors opprimés et encore en retard économiquement, qui constituent pas moins d’un continent et demi.

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone