mardi 3 mai 2022

Les sanctions occidentales et les contre sanctions russes  ont eu d'étranges effets sur l'économie mondiale.

Le prix du charbon augmente

La demande de charbon en Europe a considérablement augmenté, entraînant une hausse des prix du charbon. L'Europe  orientale essaie de fournir à ses centrales l'énergie produite par le charbon. On peut parler d'alternative au gaz russe, mais le développement des réserves et l'achat massif de charbon provoquent la hausse des prix . En même temps l'Europe annonce des mesures pour le climat à l'inverse de cette réalité.

L'Inde et la Chine réagissent différemment

 La société indienne qui craint les sanctions US  Tata Steel cessera d'importer du charbon russe.  Pourtant l'Inde souffre de pénurie de charbon. . Fin mars 2022, le ministre indien de l'industrie sidérurgique Ramchandra Prasad Singh a déclaré que l'Inde prévoyait de doubler l'approvisionnement en charbon russe du pays, car il s'agit d'une ressource importante utilisée dans l'industrie sidérurgique indienne. On a du mal à suivre.

La Chine s'appuiera très probablement sur le gaz russe au lieu du charbon devenu trop cher. Gazprom a signalé une augmentation des approvisionnements en gaz vers la Chine et une diminution des approvisionnements vers les pays non membres de la CEI.

La moitié des centrales électriques du Pakistan   fonctionnent au charbon. Elles sont arrêtées  et  les Pakistanais ont  commencé à importer du charbon d'Afghanistan !

Ce qui est certain c'est que dans une économie mondialisée  une décision peut avoir  des conséquences  non prévues.   Les pays émergents le supportent mal. Et l'occident recevra en pleine figure  la hausse des prix provoquée par les sanctions.

 blog pcf littoral

 
MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

2021-2027: chronique d’une austérité programmée

Tribune

Par Frédéric Farah Blog Marianne

A écouter les déclarations de l’exécutif, à lire les rapports rendus au pouvoir, le retour de la rigueur budgétaire se profile. Même à quelques mois des élections.

La fin du confinement, des couvre-feu successifs ont placé les français dans une situation d’étrange attente. L’été à venir sera-t il à l’image du précédent, une pause avant un nouveau tour de vis à la rentrée ? Des élections se sont aussi tenues et ont rappelé une évidence si présente depuis la décennie 1980, celle de l’éloignement des citoyens du pouvoir. Au milieu de ce temps flottant et d’une vie politique largement vidée de toute substance, l’après crise économique se prépare même si les conséquences de la pandémie ne sont pas encore derrière nous. L’après pandémie prend tranquillement la forme de l’austérité.

Différents éléments l’indiquent et mis bout à bout donnent à la voir de manière indiscutable : le rapport Arthuis sur l’avenir des finances publiques, les déclarations des représentants de la majorité indiquant la fin « du quoi qu’il en coûte », le rapport de la Cour des comptes, la réforme de l’assurance chômage et surtout le programme de stabilisation 2021-2027 envoyé à l’Union européenne au printemps. Ce document, dont toutes les citations qui suivent sont extraites, est souvent peu évoqué dans la presse. Il ne fait pourtant pas de mystère sur la politique économique à conduire comme les suggère les morceaux suivants.

Transformations structurelles

« La situation nécessite de soutenir la croissance potentielle, notamment par le plan de relance, et de maîtriser l’évolution des dépenses publiques, en contenant leur progression à +0,7 % par an en volume entre 2022 et 2027 (…). Ce rythme, qu’il convient d’inscrire dans la durée, est ambitieux. Il suppose de réitérer les résultats atteints en 2018 et 2019 à la faveur de transformations structurelles de politiques publiques ciblées, avec un taux de croissance annuel moyen sous-jacent de 0,7 % sur les deux années, soit moins que la moyenne de 1,0 % par an réalisée sur la période 2012-2017, ou que la moyenne de 1,4 % sur la période 2007-2012. »

Le rythme de progression de la dépense publique sera le plus faible au regard des périodes précédentes. La violence du choc économique à prévoir risque de rendre impossible toute sortie de crise. Des réformes dites structurelles sont attendues de la part des Etats pour accompagner ce mouvement. La sphère sociale est visée.

Efficacité de la dépense publique

« Cette stratégie doit reposer sur la poursuite des réformes structurelles favorables à l’activité, ainsi que l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique. Les réformes structurelles ont concerné des pans importants de la dépense depuis 2017 : formation professionnelle, logement, audiovisuel public, ferroviaire, indemnisation du chômage, accompagnement des plus éloignés de l’emploi. »

Cette novlangue européenne requiert une traduction. Les réformes structurelles sont le maitre mot de la stratégie de croissance européenne depuis les années 1990. En résumé, le champ de la protection sociale, le marché du travail, et le marché des biens et services doivent être placés sous le signe de la concurrence, de la flexibilité. Le social est aussi perçu comme un poids à réduire et les mécanismes de marché sont encouragés.

L’effort que la France propose de réaliser va se faire sur la sphère sociale et particulièrement sur les retraites, l’assurance maladie, et l’assurance chômage.

Transformation du système de santé

« Les administrations de sécurité sociale, qui représentent la moitié de la dépense publique, devront également participer à la modération des dépenses, avec la poursuite de la transformation du système de santé, engagée avec le Ségur de la santé, et au-delà des facteurs exceptionnels liés à la crise »

L’assurance chômage sera source d’économies « Les prestations d’assurance chômage diminueraient en 2021 (-9,3%), dans un contexte de rebond de l’activité permettant une réduction progressive des dépenses d’activité partielle à 3,7 Md€ en 2021. Les dispositions de la réforme de l'assurance chômage concernant le calcul de l’indemnisation et le salaire journalier de référence entrent en vigueur le 1er juillet 2021. »

Le gouvernement indique simplement la modification  du calcul de l’indemnisation du salaire journalier de référence sans autre explication. Le gouvernement entend clairement que ces nouvelles modalités vont entrainer une baisse du montant distribué. L’addition de la crise sera encore une fois de plus payé par les plus vulnérables.

Système universel de retraite

« Concernant le système de retraite, un projet de réforme vers un système universel de retraite a été présenté au Parlement mais il a été suspendu avec la crise sanitaire en mars 2020. Le diagnostic sous-jacent à la préparation de ce projet de réforme demeure, et a même été renforcé par la crise sanitaire : le système actuel de retraite est trop fragmenté et porteur d’inégalités (comme en témoigne l’impact de la crise sur les indépendants) ; il n’incite pas assez à l’emploi des seniors, alors que la France pâtit d’un taux d’emploi des seniors parmi les plus faibles des pays avancés, ce qui freine la prospérité collective du pays ; enfin, la soutenabilité financière du système n’est pas assurée avec les paramètres actuels »

Le Conseil d’orientation des retraites pourtant dans son dernier rapport de juin 2021 affirme le contraire et n’indique pas de menace sur l’équilibre financier des retraites.

La crise pandémique n’a rien changé des orientations idéologiques qui prévalaient. La logique déflationniste est toujours à l’œuvre. Il serait possible d’ajouter bon nombre d’éléments présents dans le programme de stabilisation qui requerraient de longs développements sur la transformation de la fonction publique, le recours excessif à l’externalisation, la pression sur les personnels, la propagation des techniques du nouveau management public dont toute la nocivité a été perçue lors de la pandémie.

La sortie de crise laisse entrevoir le retour à l’austérité qui sera une nouvelle fois assumée par les plus vulnérables. La lutte des classes vous dis-je.

 

LA VICTOIRE DU DESPOTE ?

Blog PRCF
 

Mélenchon, l’opium du peuple, le soupir des opprimés... Réponse à Buffet-Peu-Faucillon


« Besoin d’union », « écoutons la population », « rassemblons-nous » ... les formules se succèdent à la direction du PCF pour un accord gauche et écologistes derrière Jean- Luc Mélenchon pour les élections législatives. La formule « élisez-moi premier ministre » a fonctionné médiatiquement et tout est fait pour que des électeurs de gauche croient à un miracle le 12 juin, une gauche majoritaire à l’assemblée.

Mais si cet espoir fou est, comme une religion, "le soupir de la créature opprimée", elle est aussi "l’opium du peuple". Elle lui laisse croire que son bulletin de vote va casser à lui tout seul le mur du système capitaliste auquel il se heurte dans la précarité, les inégalités, le chômage, le recul des services publics. Au lieu de l’aider à comprendre les causes de ses difficultés et les conditions nécessaires de rassemblement majoritaire pour les surmonter, elle l’enferme dans l’illusion d’une bulletin de vote magique, dans l’électoralisme, ce crétinisme parlementaire dénoncé par Marx.

Car tout le monde sait que la gauche n’a jamais été aussi faible en France après le premier tour présidentiel. Les trois gagnants sont dans l’ordre l’extrême-droite, l’abstention, et même cette droite du centre mobilisée avec Macron pour défendre son gouvernement des riches. Le léger progrès de Mélenchon se fait en écrasant le reste de la gauche.

Dans ce contexte, le spectacle des négociations de la gauche depuis plus d’une semaine est terrible et détourne les militants de l’urgence, la bataille contre l’abstention et l’extrême-droite, et même la bataille pour gagner le maximum de députés de gauche face à Macron ! Macron aura beau jeu de dénoncer une coalition de gauche politicienne et électoraliste !

Car tout pousse à un accord purement électoral cachant les profonds désaccords qui divisent la gauche depuis des décennies. Si ces calculs politiciens peuvent satisfaire des directions nationales préoccupées d’abord par les places et les moyens financiers, elles peuvent avoir une conséquence terrible pour des militants engagés sur le terrain, et contribuer à de nouveaux progrès de l’abstention le 12 juin prochain.
- Qui dans le monde du travail peut croire un seul instant que le parti socialiste s’est converti par miracle à la retraite à 60 ans ? à la critique des directives européennes ?
- Qui peut croire que les écologistes se sont convertis par miracle aux nationalisations et au respect du droit de tous à l’énergie, à l’automobile, au logement ? Rappelons que le scénario énergétique défendu par EELV implique pratiquement l’arrêt des constructions de logement !

Le bal des réunions sans fin, des petits mots et des grandes déclarations qui se succèdent est le pire de la politique que la gauche a produit depuis des décennies. Jean-Luc Mélenchon répète qu’il est le gentil qui pourrait faire tout seul mais accepte de discuter avec ceux qu’il traitait de tous les noms il y a quelques semaines, mais il ne veut voir qu’une tête, et refuse tout nouveau député PCF dans les villes communistes, ne conservant que les sortants dont plusieurs sont en pratique déjà associés à la France Insoumise. Il a sa longue expérience des pratiques politiciennes des congrès du parti socialiste.

Mais dans ces "négociations", personne ne veut dire la vérité à notre peuple, aux électeurs du monde du travail et des quartiers populaires qui n’en peuvent plus de Macron, mais qui n’en pouvaient plus de Hollande, et n’en pouvaient plus de Sarkozy... ainsi de suite.

Oui, des électeurs de gauche croient qu’un miracle peut avoir lieu, que le rapport des forces peut se renverser par une seule journée de vote. Mais ceux qui ont l’expérience d’une lutte, d’une action syndicale ou associative, savent à quel point il est difficile d’unir une majorité de notre peuple, de s’organiser pour être capable d’agir efficacement, de se mettre d’accord sur des propositions de rupture. Les discussions de la campagne présidentielle le montrent bien sur l’énergie, les nationalisations, la sécurité sociale, les salaires et les cotisations, la police et la sécurité, l’Europe et le monde. Notre peuple est profondément divisé sur de nombreux sujets et il n’y a pas de majorité populaire pour une politique de transformation.

Dire cela, c’est dire la vérité à notre peuple, ce n’est pas démobilisateur, c’est au contraire faire le pari de l’éducation populaire pour gagner des forces qui ne croient pas au miracle, mais à l’action, à l’organisation, au rassemblement populaire réel.

Dire cela, c’est parler avec franchise aux abstentionnistes, notamment ouvriers, aux invisibles du travail coupés des organisations syndicales ou politiques, aux zones rurales qui regardent avec inquiétude les débats sociétaux des urbains, aux électeurs "fâchés mais pas fachos" qui utilisent le vote d’extrême-droite pour dire leur colère noire.

C’est la condition pour marquer de premiers points les 12 et 19 juin prochain, en gagnant le maximum de députés de gauche, et parmi eux, le maximum de députés communistes pour porter une rupture radicale avec ce capitalisme destructeur, pour faire grandir l’exigence d’une autre société, celle des jours heureux.

 

Ukraine : Comment l’empire américain utilise la propagande pour rendre monstrueuse leur cible

L’impérialisme américain qui partout viole la légalité internationale et les souverainetés pour piller les peuples et leur imposer par la violence sa loi, invente une morale à ses actes. Il crée un “narratif” , une légende de crimes et de monstruosité pour provoquer la haine contre sa cible et dans les faits attribue à son adversaire ses propre crimes alors qu’il ne fait que se défendre. L’Ukraine est un cas de figure et un peuple qui accepte de croire cette propagande ne peut pas être libre. (note et traduction de DANIELLE BLEITRACH pour histoireetsociete)

Posté par INTERNATIONALIST 360° sur 

Rainer SheaLa
bombe atomique n’est pas l’arme la plus puissante que les impérialistes américains aient jamais utilisée. Il y a un outil encore plus puissant qu’il utilise constamment pour infliger de la violence, et cet outil est la propagande. Il ne fait pas que nuire aux personnes qu’il cible, il les transforme en monstres. Des monstres qui sont prêts à tuer leurs semblables au profit du capital américain, et croient qu’ils le font pour une cause juste.

En Ukraine, les impérialistes ont agi ainsi en endoctrinant leur groupe ethnique préféré pour qu’il haïsse les Russes. Ce qui est un projet absurde à première vue, car les « Ukrainiens » ne sont pas vraiment un groupe ethnique distinct des Russes, et « l’Ukraine » n’est pas vraiment une nation séparée de la Russie. L’Ukraine est inextricablement liée à la Russie, avec leur lien qui remonte à des siècles. L’Ukraine est l’endroit où le concept de Russie a été forgé , avec les trois identités des Ukrainiens, des Biélorusses et des Russes ayant pris naissance dans la Rus de Kiev il y a un millénaire. C’est ce qu’indique la conclusion de Serhii Plokhy dans Cambridge University Press : « Il ne fait guère de doute dans mon esprit que le projet de l’ère de Kiev impliquant la construction d’une identité unique a eu un impact profond sur les identités ultérieures de tous les groupes ethniques qui ont constitué l’État de Kiev. » Quelles que soient les différences culturelles entre les deux pays, ils font partie du même arbre généalogique et ils sont relativement jeunes en ce qui concerne les lignées culturelles. Les frontières qui composent l’Ukraine telle que nous la connaissons aujourd’hui sont historiquement récentes et ne reflètent pas cette réalité de la façon dont les Russes en tant que nation sont indigènes aux terres à l’intérieur de ces frontières. Quand Poutine dit que les Russes et les Ukrainiens sont un seul peuple, il a raison.

La vision du monde que les impérialistes ont imposée aux Ukrainiens dit que cette histoire n’a pas d’importance. Que les Russes ne sont pas seulement étrangers à la notion excluante de ce que le gouvernement ukrainien moderne prétend que « Ukraine » signifie, mais sont des menaces historiques pour la survie du pays. Après que les frontières de l’Ukraine aient été tracées au milieu de la révolution russe, les impérialistes ont commencé à chercher à fabriquer des fissures entre ces deux identités arbitrairement différentes de russe et d’ukrainien. Ils ont dépeint les nuances régionales dans leurs langues et leurs cultures comme un fossé infranchissable, comme un écart fondamental dans les valeurs et le caractère où le groupe ukrainien favorisé par les États-Unis était dépeint comme supérieur. C’est ainsi qu’a commencé la campagne de balkanisation de la Russie, fondée sur l’idée que l’Ukraine ne fait pas partie de la Russie.

Cela dépendait de la fabrication d’une histoire d’atrocité, où la Russie était accusée de commettre un génocide contre les Ukrainiens. Après la famine de 1932 – qui faisait partie d’un cycle historique de famines qui, par la suite, a été brisé par la collectivisation agricole de Staline – les propagandistes nazis ont inventé un récit de Staline ayant délibérément cherché à affamer les Ukrainiens. Même si en réalité ce sont les koulaks petits-bourgeois qui avaient créé la famine en réagissant à la lutte des classes en détruisant la nourriture par pure cupidité, une faille supposée amorphe dans la politique de collectivisation de Staline a été désignée comme la cause. Le mensonge a été repris par William Randolph Hearst, le magnat des médias américains qui avait joué un rôle déterminant dans la fabrication du consentement pour les premiers projets impérialistes mondiaux de Washington au cours des trois décennies précédentes. À partir de là, il est devenu une partie de l’orthodoxie anticommuniste mondiale le fait que les Russes auraient organisé une famine en Ukraine.

Il suffit de regarder les sources derrière ce mensonge pour connaître l’ordre du jour qui le sous-tend : la projection. En plus de l’Allemagne nazie ayant bien sûr été une puissance génocidaire, les États-Unis avaient alors utilisé le sabotage des cultures comme une arme cruciale pour vaincre les peuples autochtones du continent, et ils maintenaient un programme d’eugénisme et de camps de concentration qui inspirerait directement les atrocités d’Hitler. Depuis lors, Washington a continué à utiliser la famine de masse et d’autres crimes de guerre pour soumettre les nations qui lui désobéissent, les sanctions américaines créant actuellement une famine en Afghanistan. Pourtant, la petite bourgeoisie ukrainienne a été désireuse de s’accrocher à ce récit sur la façon dont les communistes sont ceux qui commettent le génocide. Et avec la dissolution de l’Union soviétique, ce récit a évolué en une haine générale envers les Russes, qui fournit le mythe fondateur du projet fasciste ukrainien moderne pour lequel ces koulaks modernes ont agi comme base sociale.

L’« Holodomor » est le grand mensonge qui a servi de fondement à tous les autres mensonges que les dirigeants de Kiev ont imposé après le coup d’État pour justifier leur guerre par procuration contre la Russie : l’idée que Poutine a annexé la Crimée par une certaine poussée impérialiste plutôt que par realpolitik en réponse à l’expansion de l’OTAN ; les crimes de guerre dans tout le Donbass et les conflits ukrainiens plus larges qui ont été imputés à Poutine, mais qui manquent de preuves réelles de la culpabilité russe; le récit selon lequel la Russie est intervenue cette année sans provocation, alors que Kiev prévoyait clairement d’envahir les républiques du Donbass nouvellement indépendantes. (Kiev n’a même pas reconnu leur légitimité, et il avait utilisé une violence extrême pour essayer de les maîtriser à l’avance.) Les gouvernements post-coup d’État se préparent à la campagne de propagande de guerre actuelle à partir de 2014, promouvant agressivement l’Holodomor et d’autres récits antisoviétiques tout en censurant le discours communiste qui contesterait ces mensonges.

Le régime est allé jusqu’à dépeindre les collaborateurs nazis ukrainiens de la Seconde Guerre mondiale comme des héros qui ont « libéré » l’Ukraine du communisme, et a criminalisé la remise en question de cette perception envers les « pères fondateurs » du pays. Ce qui s’est passé en Ukraine au cours de la dernière décennie est un projet d’édification de la nation, où l’empire américain purge toute trace de l’héritage russe de l’Ukraine et construit une nouvelle « Ukraine » artificielle qui existe dans le vide dans le temps. Les mille dernières années de liens profonds avec la Russie n’existent plus dans cette perspective, la seule chose qui ait jamais existé est « l’Ukraine » telle que les fascistes veulent que nous la comprenions. Avec chaque nouvelle histoire d’atrocité, une autre facette s’ajoute à la mythologie que les nationalistes ukrainiens ont construite autour de la Russie. Et plus il existe une justification pour les atrocités que ces nationalistes eux-mêmes commettent.

Les pogroms, les passages à tabac de dissidents politiques, les fusillades d’individus défavorisés ethniquement ou politiquement, et d’autres actes d’autodéfense ou de violence paramilitaire au sein de l’Ukraine post-coup d’État ne seraient pas possibles sans le gouvernement, ou le récit historique fasciste que le gouvernement met en avant. La structure politique et militaire de l’Ukraine, infiltrée à tous les niveaux par les néo-nazis, a favorisé un environnement ressemblant de plus en plus à l’Allemagne nazie. Une dystopie dans laquelle l’armée elle-même en est venue à utiliser le slogan « Gloire à l’Ukraine », le cri de ralliement du collaborateur nazi Stepan Bandera. « Il existe des documents montrant que lors des audiences contre le dirigeant de l’OUN, Stepan Bandera, en 1936, ses partisans accompagnaient le slogan ‘Gloire à l’Ukraine’ d’un salut de style fasciste », a déclaré Oleksandr Zaitsev, historien de l’Université catholique ukrainienne de Lviv, lorsque l’armée a commencé à utiliser le slogan en 2018. Même si les médias libéraux occidentaux insistent sur le fait que « Slava Ukraini » est une chose innocente à scander, et que soutenir l’Ukraine dans le conflit est une question moralement simple de soutien à la « souveraineté », la sinistre réalité de la situation devient de plus en plus évidente.

Selon toute vraisemblance, l’Ukraine perdra la guerre et le régime ne sera pas en mesure d’attaquer les républiques de l’Est qui se sont battues avec succès pour se libérer de ce nouveau fascisme. Mais le mythe d’une victimisation russe centenaire des Ukrainiens demeurera, et les impérialistes essaieront de l’utiliser pour favoriser une résurgence néonazie dans le pays. Espérons que le processus de dénazification soit extrêmement approfondi