Les sanctions occidentales et les contre sanctions russes ont eu d'étranges effets sur l'économie mondiale.
Le prix du charbon augmente
La
demande de charbon en Europe a considérablement augmenté, entraînant
une hausse des prix du charbon. L'Europe orientale essaie de fournir à
ses centrales l'énergie produite par le charbon. On peut parler
d'alternative au gaz russe, mais le développement des réserves et
l'achat massif de charbon provoquent la hausse des prix . En même temps
l'Europe annonce des mesures pour le climat à l'inverse de cette
réalité.
L'Inde et la Chine réagissent différemment
La
société indienne qui craint les sanctions US Tata Steel cessera
d'importer du charbon russe. Pourtant l'Inde souffre de pénurie de
charbon. .
Fin mars 2022, le ministre indien de l'industrie sidérurgique
Ramchandra Prasad Singh a déclaré que l'Inde prévoyait de doubler
l'approvisionnement en charbon russe du pays, car il s'agit d'une
ressource importante utilisée dans l'industrie sidérurgique indienne. On
a du mal à suivre.
La
Chine s'appuiera très probablement sur le gaz russe au lieu du charbon
devenu trop cher. Gazprom a signalé une augmentation des
approvisionnements en gaz vers la Chine et une diminution des
approvisionnements vers les pays non membres de la CEI.
La
moitié des centrales électriques du Pakistan fonctionnent au charbon.
Elles sont arrêtées et les Pakistanais ont commencé à importer du
charbon d'Afghanistan !
Ce
qui est certain c'est que dans une économie mondialisée une décision
peut avoir des conséquences non prévues. Les pays émergents le
supportent mal. Et l'occident recevra en pleine figure la hausse des
prix provoquée par les sanctions.
blog pcf littoral
MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
2021-2027: chronique d’une austérité programmée
Tribune
Par
Frédéric Farah Blog Marianne
A écouter les déclarations de l’exécutif, à lire les rapports
rendus au pouvoir, le retour de la rigueur budgétaire se profile. Même à
quelques mois des élections.
La
fin du confinement, des couvre-feu successifs ont placé les français
dans une situation d’étrange attente. L’été à venir sera-t il à l’image
du précédent, une pause avant un nouveau tour de vis à la rentrée ? Des
élections se sont aussi tenues et ont rappelé une évidence si présente
depuis la décennie 1980, celle de l’éloignement des citoyens du pouvoir.
Au milieu de ce temps flottant et d’une vie politique largement vidée
de toute substance, l’après crise économique se prépare même si les
conséquences de la pandémie ne sont pas encore derrière nous. L’après
pandémie prend tranquillement la forme de l’austérité.
Différents
éléments l’indiquent et mis bout à bout donnent à la voir de manière
indiscutable : le rapport Arthuis sur l’avenir des finances publiques,
les déclarations des représentants de la majorité indiquant la fin « du
quoi qu’il en coûte », le rapport de la Cour des comptes, la réforme de
l’assurance chômage et surtout le programme de stabilisation 2021-2027
envoyé à l’Union européenne au printemps. Ce document, dont toutes les
citations qui suivent sont extraites, est souvent peu évoqué dans la
presse. Il ne fait pourtant pas de mystère sur la politique économique à
conduire comme les suggère les morceaux suivants.
Transformations structurelles
« La situation nécessite de soutenir la croissance potentielle,
notamment par le plan de relance, et de maîtriser l’évolution des
dépenses publiques, en contenant leur progression à +0,7 % par an en
volume entre 2022 et 2027 (…). Ce rythme, qu’il convient d’inscrire dans
la durée, est ambitieux. Il suppose de réitérer les résultats atteints
en 2018 et 2019 à la faveur de transformations structurelles de
politiques publiques ciblées, avec un taux de croissance annuel moyen
sous-jacent de 0,7 % sur les deux années, soit moins que la moyenne de
1,0 % par an réalisée sur la période 2012-2017, ou que la moyenne de 1,4
% sur la période 2007-2012. »
Le rythme de
progression de la dépense publique sera le plus faible au regard des
périodes précédentes. La violence du choc économique à prévoir risque de
rendre impossible toute sortie de crise. Des réformes dites
structurelles sont attendues de la part des Etats pour accompagner ce
mouvement. La sphère sociale est visée.
Efficacité de la dépense publique
« Cette stratégie doit reposer sur la poursuite des réformes
structurelles favorables à l’activité, ainsi que l’amélioration de
l’efficacité de la dépense publique. Les réformes structurelles ont
concerné des pans importants de la dépense depuis 2017 : formation
professionnelle, logement, audiovisuel public, ferroviaire,
indemnisation du chômage, accompagnement des plus éloignés de l’emploi. »
Cette novlangue
européenne requiert une traduction. Les réformes structurelles sont le
maitre mot de la stratégie de croissance européenne depuis les années
1990. En résumé, le champ de la protection sociale, le marché du
travail, et le marché des biens et services doivent être placés sous le
signe de la concurrence, de la flexibilité. Le social est aussi perçu
comme un poids à réduire et les mécanismes de marché sont encouragés.
L’effort
que la France propose de réaliser va se faire sur la sphère sociale et
particulièrement sur les retraites, l’assurance maladie, et l’assurance
chômage.
Transformation du système de santé
« Les administrations de sécurité sociale, qui représentent la moitié
de la dépense publique, devront également participer à la modération des
dépenses, avec la poursuite de la transformation du système de santé,
engagée avec le Ségur de la santé, et au-delà des facteurs exceptionnels
liés à la crise »
L’assurance chômage
sera source d’économies « Les prestations d’assurance chômage
diminueraient en 2021 (-9,3%), dans un contexte de rebond de l’activité
permettant une réduction progressive des dépenses d’activité partielle à
3,7 Md€ en 2021. Les dispositions de la réforme de l'assurance chômage
concernant le calcul de l’indemnisation et le salaire journalier de
référence entrent en vigueur le 1er juillet 2021. »
Le
gouvernement indique simplement la modification du calcul de
l’indemnisation du salaire journalier de référence sans autre
explication. Le gouvernement entend clairement que ces nouvelles
modalités vont entrainer une baisse du montant distribué. L’addition de
la crise sera encore une fois de plus payé par les plus vulnérables.
Système universel de retraite
« Concernant le système de retraite, un projet de réforme vers un
système universel de retraite a été présenté au Parlement mais il a été
suspendu avec la crise sanitaire en mars 2020. Le diagnostic sous-jacent
à la préparation de ce projet de réforme demeure, et a même été
renforcé par la crise sanitaire : le système actuel de retraite est trop
fragmenté et porteur d’inégalités (comme en témoigne l’impact de la
crise sur les indépendants) ; il n’incite pas assez à l’emploi des
seniors, alors que la France pâtit d’un taux d’emploi des seniors parmi
les plus faibles des pays avancés, ce qui freine la prospérité
collective du pays ; enfin, la soutenabilité financière du système n’est
pas assurée avec les paramètres actuels »
Le Conseil
d’orientation des retraites pourtant dans son dernier rapport de juin
2021 affirme le contraire et n’indique pas de menace sur l’équilibre
financier des retraites.
La
crise pandémique n’a rien changé des orientations idéologiques qui
prévalaient. La logique déflationniste est toujours à l’œuvre. Il serait
possible d’ajouter bon nombre d’éléments présents dans le programme de
stabilisation qui requerraient de longs développements sur la
transformation de la fonction publique, le recours excessif à
l’externalisation, la pression sur les personnels, la propagation des
techniques du nouveau management public dont toute la nocivité a été
perçue lors de la pandémie.
La
sortie de crise laisse entrevoir le retour à l’austérité qui sera une
nouvelle fois assumée par les plus vulnérables. La lutte des classes
vous dis-je.
Mélenchon, l’opium du peuple, le soupir des opprimés...
Réponse à Buffet-Peu-Faucillon
« Besoin d’union », « écoutons la population »,
« rassemblons-nous » ... les formules se succèdent à la direction du PCF
pour un accord gauche et écologistes derrière Jean- Luc Mélenchon pour
les élections législatives. La formule « élisez-moi premier ministre »
a fonctionné médiatiquement et tout est fait pour que des électeurs de
gauche croient à un miracle le 12 juin, une gauche majoritaire à
l’assemblée.
Mais si cet espoir fou est, comme une religion, "le soupir de la
créature opprimée", elle est aussi "l’opium du peuple". Elle lui laisse
croire que son bulletin de vote va casser à lui tout seul le mur du
système capitaliste auquel il se heurte dans la précarité, les
inégalités, le chômage, le recul des services publics. Au lieu de
l’aider à comprendre les causes de ses difficultés et les conditions
nécessaires de rassemblement majoritaire pour les surmonter, elle
l’enferme dans l’illusion d’une bulletin de vote magique, dans
l’électoralisme, ce crétinisme parlementaire dénoncé par Marx.
Car tout le monde sait que la gauche n’a jamais été aussi faible en
France après le premier tour présidentiel. Les trois gagnants sont dans
l’ordre l’extrême-droite, l’abstention, et même cette droite du centre
mobilisée avec Macron pour défendre son gouvernement des riches. Le
léger progrès de Mélenchon se fait en écrasant le reste de la gauche.
Dans ce contexte, le spectacle des négociations de la gauche depuis
plus d’une semaine est terrible et détourne les militants de l’urgence,
la bataille contre l’abstention et l’extrême-droite, et même la bataille
pour gagner le maximum de députés de gauche face à Macron ! Macron aura
beau jeu de dénoncer une coalition de gauche politicienne et
électoraliste !
Car tout pousse à un accord purement électoral
cachant les profonds désaccords qui divisent la gauche depuis des
décennies. Si ces calculs politiciens peuvent satisfaire des directions
nationales préoccupées d’abord par les places et les moyens financiers,
elles peuvent avoir une conséquence terrible pour des militants engagés
sur le terrain, et contribuer à de nouveaux progrès de l’abstention le
12 juin prochain.
Qui
dans le monde du travail peut croire un seul instant que le parti
socialiste s’est converti par miracle à la retraite à 60 ans ? à la
critique des directives européennes ?
Qui
peut croire que les écologistes se sont convertis par miracle aux
nationalisations et au respect du droit de tous à l’énergie, à
l’automobile, au logement ? Rappelons que le scénario énergétique
défendu par EELV implique pratiquement l’arrêt des constructions de
logement !
Le bal des réunions sans fin, des petits mots et des grandes
déclarations qui se succèdent est le pire de la politique que la gauche a
produit depuis des décennies. Jean-Luc Mélenchon répète qu’il est le
gentil qui pourrait faire tout seul mais accepte de discuter avec ceux
qu’il traitait de tous les noms il y a quelques semaines, mais il ne
veut voir qu’une tête, et refuse tout nouveau député PCF dans les villes
communistes, ne conservant que les sortants dont plusieurs sont en
pratique déjà associés à la France Insoumise. Il a sa longue expérience
des pratiques politiciennes des congrès du parti socialiste.
Mais dans ces "négociations", personne ne veut dire la vérité à notre
peuple, aux électeurs du monde du travail et des quartiers populaires
qui n’en peuvent plus de Macron, mais qui n’en pouvaient plus de
Hollande, et n’en pouvaient plus de Sarkozy... ainsi de suite.
Oui, des électeurs de gauche croient qu’un miracle peut avoir lieu,
que le rapport des forces peut se renverser par une seule journée de
vote. Mais ceux qui ont l’expérience d’une lutte, d’une action syndicale
ou associative, savent à quel point il est difficile d’unir une
majorité de notre peuple, de s’organiser pour être capable d’agir
efficacement, de se mettre d’accord sur des propositions de rupture. Les
discussions de la campagne présidentielle le montrent bien sur
l’énergie, les nationalisations, la sécurité sociale, les salaires et
les cotisations, la police et la sécurité, l’Europe et le monde. Notre
peuple est profondément divisé sur de nombreux sujets et il n’y a pas de
majorité populaire pour une politique de transformation.
Dire cela, c’est dire la vérité à notre peuple, ce n’est pas
démobilisateur, c’est au contraire faire le pari de l’éducation
populaire pour gagner des forces qui ne croient pas au miracle, mais à
l’action, à l’organisation, au rassemblement populaire réel.
Dire cela, c’est parler avec franchise aux abstentionnistes,
notamment ouvriers, aux invisibles du travail coupés des organisations
syndicales ou politiques, aux zones rurales qui regardent avec
inquiétude les débats sociétaux des urbains, aux électeurs "fâchés mais
pas fachos" qui utilisent le vote d’extrême-droite pour dire leur colère
noire.
C’est la condition pour marquer de premiers points les 12 et 19 juin
prochain, en gagnant le maximum de députés de gauche, et parmi eux, le
maximum de députés communistes pour porter une rupture radicale avec ce
capitalisme destructeur, pour faire grandir l’exigence d’une autre
société, celle des jours heureux.
Ukraine : Comment l’empire américain utilise la propagande pour rendre monstrueuse leur cible
L’impérialisme américain qui partout viole la légalité
internationale et les souverainetés pour piller les peuples et leur
imposer par la violence sa loi, invente une morale à ses actes. Il crée
un “narratif” , une légende de crimes et de monstruosité pour provoquer
la haine contre sa cible et dans les faits attribue à son adversaire ses
propre crimes alors qu’il ne fait que se défendre. L’Ukraine est un cas
de figure et un peuple qui accepte de croire cette propagande ne peut
pas être libre. (note et traduction de DANIELLE BLEITRACH pour
histoireetsociete)
Rainer SheaLa bombe
atomique n’est pas l’arme la plus puissante que les impérialistes
américains aient jamais utilisée. Il y a un outil encore plus puissant
qu’il utilise constamment pour infliger de la violence, et cet outil est
la propagande. Il ne fait pas que nuire aux personnes qu’il cible, il
les transforme en monstres. Des monstres qui sont prêts à tuer leurs
semblables au profit du capital américain, et croient qu’ils le font
pour une cause juste.
En Ukraine, les impérialistes ont agi ainsi en endoctrinant leur
groupe ethnique préféré pour qu’il haïsse les Russes. Ce qui est un
projet absurde à première vue, car les « Ukrainiens » ne sont pas
vraiment un groupe ethnique distinct des Russes, et « l’Ukraine » n’est
pas vraiment une nation séparée de la Russie. L’Ukraine est
inextricablement liée à la Russie, avec leur lien qui remonte à des
siècles. L’Ukraine est l’endroit où le concept de Russie a été forgé ,
avec les trois identités des Ukrainiens, des Biélorusses et des Russes
ayant pris naissance dans la Rus de Kiev il y a un millénaire. C’est ce
qu’indique la conclusion de Serhii Plokhy dans Cambridge University Press : « Il
ne fait guère de doute dans mon esprit que le projet de l’ère de Kiev
impliquant la construction d’une identité unique a eu un impact profond
sur les identités ultérieures de tous les groupes ethniques qui ont
constitué l’État de Kiev. » Quelles que soient les différences
culturelles entre les deux pays, ils font partie du même arbre
généalogique et ils sont relativement jeunes en ce qui concerne les
lignées culturelles. Les frontières qui composent l’Ukraine telle que
nous la connaissons aujourd’hui sont historiquement récentes et ne
reflètent pas cette réalité de la façon dont les Russes en tant que
nation sont indigènes aux terres à l’intérieur de ces frontières. Quand
Poutine dit que les Russes et les Ukrainiens sont un seul peuple, il a
raison.
La vision du monde que les impérialistes ont imposée aux Ukrainiens
dit que cette histoire n’a pas d’importance. Que les Russes ne sont pas
seulement étrangers à la notion excluante de ce que le gouvernement
ukrainien moderne prétend que « Ukraine » signifie, mais sont des
menaces historiques pour la survie du pays. Après que les frontières de
l’Ukraine aient été tracées au milieu de la révolution russe, les
impérialistes ont commencé à chercher à fabriquer des fissures entre ces
deux identités arbitrairement différentes de russe et d’ukrainien. Ils
ont dépeint les nuances régionales dans leurs langues et leurs cultures
comme un fossé infranchissable, comme un écart fondamental dans les
valeurs et le caractère où le groupe ukrainien favorisé par les
États-Unis était dépeint comme supérieur. C’est ainsi qu’a commencé la
campagne de balkanisation de la Russie, fondée sur l’idée que l’Ukraine
ne fait pas partie de la Russie.
Cela dépendait de la fabrication d’une histoire d’atrocité, où la
Russie était accusée de commettre un génocide contre les Ukrainiens.
Après la famine de 1932 – qui faisait partie d’un cycle historique de
famines qui, par la suite, a été brisé par la collectivisation agricole
de Staline – les propagandistes nazis ont inventé un
récit de Staline ayant délibérément cherché à affamer les Ukrainiens.
Même si en réalité ce sont les koulaks petits-bourgeois qui avaient créé
la famine en réagissant à la lutte des classes en détruisant la
nourriture par pure cupidité, une faille supposée amorphe dans la
politique de collectivisation de Staline a été désignée comme la cause.
Le mensonge a été repris par William Randolph Hearst, le magnat des
médias américains qui avait joué un rôle déterminant dans la fabrication
du consentement pour les premiers projets impérialistes mondiaux de
Washington au cours des trois décennies précédentes. À partir de là, il
est devenu une partie de l’orthodoxie anticommuniste mondiale le fait
que les Russes auraient organisé une famine en Ukraine.
Il suffit de regarder les sources derrière ce mensonge pour connaître
l’ordre du jour qui le sous-tend : la projection. En plus de
l’Allemagne nazie ayant bien sûr été une puissance génocidaire, les
États-Unis avaient alors utilisé le sabotage des cultures comme une arme
cruciale pour vaincre les peuples autochtones du continent, et ils
maintenaient un programme d’eugénisme et de camps de concentration qui
inspirerait directement les atrocités d’Hitler. Depuis lors, Washington a
continué à utiliser la famine de masse et d’autres crimes de guerre
pour soumettre les nations qui lui désobéissent, les sanctions
américaines créant actuellement une famine en Afghanistan. Pourtant, la
petite bourgeoisie ukrainienne a été désireuse de s’accrocher à ce récit
sur la façon dont les communistes sont ceux qui commettent le génocide.
Et avec la dissolution de l’Union soviétique, ce récit a évolué en une
haine générale envers les Russes, qui fournit le mythe fondateur du
projet fasciste ukrainien moderne pour lequel ces koulaks modernes ont
agi comme base sociale.
L’« Holodomor » est le grand mensonge qui a servi de fondement à tous
les autres mensonges que les dirigeants de Kiev ont imposé après le
coup d’État pour justifier leur guerre par procuration contre la Russie :
l’idée que Poutine a annexé la Crimée par une certaine poussée
impérialiste plutôt que par realpolitik en
réponse à l’expansion de l’OTAN ; les crimes de guerre dans tout le
Donbass et les conflits ukrainiens plus larges qui ont été imputés à
Poutine, mais qui manquent de
preuves réelles de la culpabilité russe; le récit selon lequel la
Russie est intervenue cette année sans provocation, alors que Kiev
prévoyait clairement d’envahir les républiques du Donbass nouvellement
indépendantes. (Kiev n’a même pas reconnu leur légitimité, et il avait
utilisé une violence extrême pour essayer de les maîtriser à l’avance.)
Les gouvernements post-coup d’État se préparent à la campagne de
propagande de guerre actuelle à partir de 2014, promouvant agressivement
l’Holodomor et d’autres récits antisoviétiques tout en censurant le
discours communiste qui contesterait ces mensonges.
Le régime est allé jusqu’à dépeindre les collaborateurs nazis
ukrainiens de la Seconde Guerre mondiale comme des héros qui ont «
libéré » l’Ukraine du communisme, et a criminalisé la remise en question
de cette perception envers les « pères fondateurs » du pays. Ce qui
s’est passé en Ukraine au cours de la dernière décennie est un projet
d’édification de la nation, où l’empire américain purge toute trace de
l’héritage russe de l’Ukraine et construit une nouvelle « Ukraine »
artificielle qui existe dans le vide dans le temps. Les mille dernières
années de liens profonds avec la Russie n’existent plus dans cette
perspective, la seule chose qui ait jamais existé est « l’Ukraine »
telle que les fascistes veulent que nous la comprenions. Avec chaque
nouvelle histoire d’atrocité, une autre facette s’ajoute à la mythologie
que les nationalistes ukrainiens ont construite autour de la Russie. Et
plus il existe une justification pour les atrocités que ces nationalistes eux-mêmes commettent.
Les pogroms, les passages à tabac de dissidents politiques, les
fusillades d’individus défavorisés ethniquement ou politiquement, et
d’autres actes d’autodéfense ou de violence paramilitaire au sein de
l’Ukraine post-coup d’État ne seraient pas possibles sans le
gouvernement, ou le récit historique fasciste que le gouvernement met en
avant. La structure politique et militaire de l’Ukraine, infiltrée à
tous les niveaux par les néo-nazis, a favorisé un environnement
ressemblant de plus en plus à l’Allemagne nazie. Une dystopie dans
laquelle l’armée elle-même en est venue à utiliser le slogan « Gloire à
l’Ukraine », le cri de ralliement du collaborateur nazi Stepan Bandera. «
Il existe des documents montrant que lors des audiences contre le
dirigeant de l’OUN, Stepan Bandera, en 1936, ses partisans
accompagnaient le slogan ‘Gloire à l’Ukraine’ d’un salut de style
fasciste », a déclaré Oleksandr
Zaitsev, historien de l’Université catholique ukrainienne de Lviv,
lorsque l’armée a commencé à utiliser le slogan en 2018. Même si les
médias libéraux occidentaux insistent sur le fait que « Slava Ukraini »
est une chose innocente à scander, et que soutenir l’Ukraine dans le
conflit est une question moralement simple de soutien à la «
souveraineté », la sinistre réalité de la situation devient de plus en
plus évidente.
Selon toute vraisemblance, l’Ukraine perdra la guerre et le régime ne
sera pas en mesure d’attaquer les républiques de l’Est qui se sont
battues avec succès pour se libérer de ce nouveau fascisme. Mais le
mythe d’une victimisation russe centenaire des Ukrainiens demeurera, et
les impérialistes essaieront de l’utiliser pour favoriser une résurgence
néonazie dans le pays. Espérons que le processus de dénazification soit
extrêmement approfondi