vendredi 27 mai 2022

 

L’Union sacrée et Mélenchon ? INTERVIEW


Mélenchon apporte des garanties à l’alignement sur l’OTAN et donc à l’union sacrée d’une possible cohabitation. Il est remarquable que cet interview de Mélenchon date du 22 mai, soit deux jours après la libération d’Azovstal, et la mise en ligne de vidéos montrant à tous la nature néonazie du bataillon Azov. Ce jour-là Julien Bayou [secrétaire EELV] expliquait sur France-Inter que si la NUPES arrivait au gouvernement, elle continuerait certainement les livraisons françaises d’armes lourdes (canons César) à Kiev. Ces deux réactions font face à la fois à l’échec du fer de lance de l’armée ukrainienne, et à la révélation de sa nature. Car Mélenchon ne peut absolument pas dire qu’il ignore la nature d’Azov maintenant.

C’est une nouvelle Union Sacrée de celle qui a gracié l’assassin de Jaurès qui vient d’éclore, au moment où la bourgeoisie en a particulièrement besoin face au peuple, et alors que les sanctions, le vol des avoirs, l’exclusion de SWIFT, etc. l’envoi des armes et des instructeurs échouent.

Danielle Bleitrach

Que feront les USA, l’Europe et notre pays maintenant ?

Notre bourgeoisie est déjà assurée du soutien de Mélenchon à une escalade, j’ajouterai le fait qu’il soit devenu l’opposant officiel de Macron en quasi remplacement de Le Pen n’est peut-être pas étranger à ce ralliement à l’atlantisme. On sait les garanties qu’avait données Mitterrand aux ETATS-UNIS entre autres de réduire a quia le PCF.

Ce texte est issu d’un échange entre les lecteurs de notre blog, l’un d’eux ayant publié l’extrait de l’interview sous format texte, en rappelant à toutes fins utiles que l’intervention russe en Ukraine commence le 24 février, puisqu’il affirme qu’il ne savait rien le 1er mars. Sans autre commentaire, je crois qu’il démontre lui-même toute sa duplicité :

Interview de Mélenchon à RTL, 22 Mai 2025

… « Quant à l’international. La Constitution prévoit que le chef de l’Etat négocie et signe les traités. Si ça avait été moi j’aurais négocié et signé les traités, donc je sais aujourd’hui que je ne peux pas faire de traités ni négocier de traités sans son accord donc je suis obligé de m’entendre avec lui.

– Si le président de la République décide d’envoyer des armes en Ukraine, est-ce que vous premier ministre vous pourriez émettre un avis différent et vous opposer à cette décision ou ce souhait du président de la République ?

– M’y suis-je opposé quand on a envoyé les canons César ? Non. Alors pourquoi voudriez-vous que tout d’un coup je m’y oppose ?
Je sais ce que je sais, ce que je pense…

– A un moment donné vous aviez eu des réticences sur est-ce qu’il faut armer..

– Non mais ça c’est des trucs de média, on n’écoute pas ce que les gens disent et on fait des caricatures. Moi j’ai dit depuis le début faisons très attention pour ne pas apparaître comme des belligérants, c’est-à-dire comme ceux qui tout d’un coup entreraient en guerre contre la Russie. Le Président de la république a exactement la même préoccupation jusqu’à présent, il a toujours dit qu’il était pour la désescalade. Il y a peut-être des désaccords entre lui et moi parce qu’il se trouve qu’il est moins rigoureux que moi vis-à-vis de Poutine puisqu’il a dit qu’il ne fallait pas l’humilier. Si, moi je pense que ça ne me dérange pas de l’humilier parce que ce qu’il a fait est gravissime et que la Russie ne reviendra pas à la table de la société internationale normale tant que Monsieur Poutine, responsable de crimes de guerre, sera là. Voilà.

– Vous trouvez Emmanuel Macron trop conciliant avec Vladimir Poutine ?

– Non, c’est surtout que je trouve Monsieur Poutine plus violent que ce que beaucoup en ont dit jusque-là. Ce qu’il fait est d’une gravité exceptionnelle et pour nous Français spécialement, parce que nous nous étions juré, nous Français, que si quelqu’un recommençait la guerre sur le continent nous ne l’accepterions pas et nous ne l’accepterions pas, c’est-à-dire que nous interviendrions. Et nous avons l’arme nucléaire. Nous sommes pris à revers. Cet homme a passé la frontière, tout cassé autour de lui, persécuté des populations civiles sans aucune raison autre que de les terroriser. Et qu’avons-nous fait ? Eh bien pratiquement nous avons pas fait grand-chose. Voilà. Et donc je pense que militairement… je parle, bon on a fait des choses, la répression économique, les sanctions, tout ça, mais militairement nous avons été mis au pied du mur sans savoir quoi faire. Et je trouve que cette situation est tellement grave que ça mériterait qu’on rediscute de l’ensemble de nos outils de défense, et en particulier j’ai essayé de faire avancer le débat sur l’efficacité réelle de la dissuasion nucléaire. Je suis pour la dissuasion mais notre dissuasion nucléaire telle qu’elle fonctionne ne fonctionne plus parce qu’elle est repérable depuis l’espace. J’ai donc proposé qu’on transfère dans l’espace et par les moyens de l’espace les méthodes de dissuasion des Français, aussi bien sur la toile numérique que par rapport aux installations à terre.

– Mais est-ce que dans l’immédiat Jean-Luc Mélenchon vous iriez plus loin encore dans l’aide aux ukrainiens, comme les américains qui viennent de décider d’un plan d’aide de quarante milliards ?

– Mais eux ils ont la planche à billets alors évidemment ils appuient sur le bouton et ils donnent quarante milliards. Nous on ne peut pas donner quarante milliards, on n’imprime pas de la monnaie comme ça, les américains si, ils peuvent le faire, et vous verrez que ça va se retourner contre eux bientôt puisqu’une bonne partie de la planète commencent à dire qu’ils veulent échanger entre eux dans les monnaies nationales. C’est un autre sujet dont naturellement on ne parlera jamais parce que c’est un peu compliqué mais c’est juste la paix du monde qui est en cause dans cette affaire. Donc est-ce qu’il faut être plus dur ? Je pense que ce sont des discussions qu’on fait avec des informations dans les mains. C’est pas des choses qu’on déclenche sur les plateaux télé pour faire les nanars, allez on envoie des armes, on va faire ci, on va faire là…

– Non mais…

– Parce que la dernière fois que je me suis exprimé sur le sujet, de manière un peu décisive, je me suis trompé. Mais figurez-vous que je ne me suis pas trompé parce que j’étais mal levé ce jour-là, mais les services de renseignement français, les responsables politiques et militaires français avaient dit ah ben non ça craint pas, il ne passera pas la frontière. Et donc m’installant sur ce raisonnement et sur ces informations j’en avais déduis ni lui il passe la frontière ni les autres…

– Mais vous vous étiez trompé personnellement sur Vladimir Poutine, sur l’homme ? est-ce que vous pouvez dire aujourd’hui voilà, je ne pensais pas qu’il était aussi belliqueux et qu’il était dans ces intentions-là ?

– Je comprends pas il est responsable des actes qu’il pose

– Est-ce que vous avez pu évoluer ? Voilà le 1er mars à l’Assemblée Nationale la décision de l’Union Européenne de fournir des armes à l’Ukraine vous l’aviez critiquée le 1er mars. Aujourd’hui vous nous dites : je peux entendre qu’on en livre.

– Oui, mais c’était le 1er mars. Alors je sais bien que vous vous ne vous trompez jamais, et vous n’évoluez jamais dans vos raisonnements. Moi si. Le 1er mars et comme dans toute la période où j’ai cru les renseignements qu’on m’avait donnés, j’ai conclu que nous allions – d’abord qu’il ne rentrerait pas – sur la base des renseignements militaires, je vous signale que le responsable a été viré, hein, pour ça. Alors le malheureux il n’est peut-être pas si responsable que ça, mais en attendant, le responsable français du renseignement a été changé parce que ça fait la deuxième, que dis-je la troisième fois qu’on avance à l’aveugle. Par exemple les deux putschs qu’il y a eu au Mali, personne n’en savait rien avant, à part moi qui comprenait que la situation était dégradée. Là de même. Alors quand l’Union Européenne a dit on va fournir des armes, qui va fournir des armes ? Dans quelles conditions ? Jusqu’où on le fera ? Écoutez il s’agit de la paix et de la guerre avec quelqu’un dont tout le monde dit par ailleurs qu’il se comporte comme un psychopathe, et qui d’ailleurs n’a pas hésité à nous menacer de guerre nucléaire. Alors moi, les numéros sur les plateaux et puis les grands chefs en Europe qui décident qu’on va aller faire la guerre ça ne me convient pas, je suis pour des discussions raisonnées en pesant exactement ce qu’on fait quand on a affaire à un personnage pareil. Vous avez vu dans quel état il a mis l’Ukraine ? Et avant ça la Tchétchénie ? Donc c’est pas un personnage dont on peut plaisanter ou dire il va comprendre que c’est une blague. »…


Kadyrov a fait un clip sur la reddition des combattants d’Azovstal.

Le bourrage de crâne que nous subissons est tel que le tragique de la situation s’estompe et que le burlesque de la guerre s’impose à nous comme dans le célèbre ouvrage de Voltaire, Candide… L’obscénité du mensonge de ceux qui nous la vendent comme depuis tant d’années comme un droit démocratique et qui s’étonnent presque de la voir revenir en boomerang. Kadyrov, qui est tout sauf un tendre, devient l’affreux jojo qui interpelle ZELENSKY en lui proposant de l’exfiltrer parce que ceux qui l’entourent et lui font jouer un rôle, qu’il s’agisse des USA ou des néonazis quand ils ont bien pressé le citron ne le ménagent pas. Ogre et un peu bouffon agissant avec familiarité avec les grands de ce monde dont il sait les ressorts, ses vidéos sont toujours surprenantes. Il fait contrepoids au discours des amoureux de la démocratie et des avantages qu’offre le ralliement à l’occident et à ce titre il reflète de plus en plus l’opinion russe populaire pour qui les masques tombent (note de Danielle Bleitrach, traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/news/2022/5/23/1159672.html


Le leader tchétchène Ramzan Kadyrov a publié une vidéo dans laquelle il est assis au volant d’un bus rempli de militaires ukrainiens captifs d’Azovstal.

“Pourtant je vous avais prévenus”, est le titre de sa vidéo, qu’il a publiée sur sa chaîne Telegram.

La vidéo [précédée d’une image de Zelenski déclarant “s’il n’y a plus de Marioupol, il n’y aura plus d’Ukraine] est un montage où l’on voit les militaires ukrainiens qui s’étaient réfugiés dans l’usine Azovstal de Marioupol et qui se sont ensuite rendus, et d’images de Kadyrov conduisant un bus MAZ. Le clip est monté comme si le chef de la Tchétchénie conduisait les captifs sur un air de lezghinka [danse caucasienne], rapporte RIA Novosti.

Kadyrov s’adresse à ses “passagers” en disant “prochain arrêt : Grozny”.


 

COMAGUER : les horreurs néonazies en Ukraine et la guerre sans fin de l’OTAN

Nous avons choisi de traduire et de diffuser ce texte publié par le quotidien italien « Il fatto quotidiano » car il apporte nombre de données factuelles sur les pratiques fascistes des groupes néonazis ukrainiens, pratiques qui se sont intensifiées après le coup d’état du Maïdan en février 2014 et qui étaient évidemment connues de Zelinsky avant qu’il n’accède au pouvoir. Si son discours électoral de réconciliation nationale avait eu le quart d’un dixième de sincérité il aurait dû, dès son accession à la présidence, dissoudre tous ces groupements qui poursuivaient leurs exactions criminelles illégales depuis 5 ans. Il a fait l’inverse. Il doit donc être considéré sans aucune contestation comme un criminel de guerre.

Le fait qu’il ait nommé Alexei Arestovitch * comme « conseiller spécial et porte-parole du groupe de contact trilatéral de Minsk, créé en 2014 pour négocier avec Moscou sur le Donbass » montre qu’à aucun moment il n’a été question pour lui de respecter les accords de Minsk.

On déplorera que l’autrice ait respecté en parlant de « la brutale agression russe du 24 février » le code langagier occidental qui ignore la violation résolue par le gouvernement de Kiev sous Poroshenko comme sous Zelenski des dispositions du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies relatives à la protection de la partie de la population d’un Etat qui est agressée par son propre gouvernement.

***

Les horreurs néonazies en Ukraine et la guerre sans fin de l’OTAN

Barbara Spinelli | ilfattoquotidiano.it – 09/05/2022

Traduction Comaguer

Généalogie cachée – Azov, les services et les groupes paramilitaires depuis 2014.

Au fil des jours, les néonazis qui combattent aux côtés des troupes ukrainiennes régulières, et en particulier ceux qui sont barricadés dans l’aciérie d’Azovstal, sont désignés par des noms plus bienveillants : ils sont présentés comme des partisans héroïques, les ultimes défenseurs de l’indépendance ukrainienne. Zelensky, qui voulait initialement se débarrasser des néo-nazis, dépend désormais de leur résistance et les loue. Leur généalogie est systématiquement occultée et même les journalistes envoyés ont tendance à l’escamoter, rappelant rarement qu’au Donbass, cette guerre sanglante n’a pas commencé en 2022 mais en 2014, semant 14 000 morts en huit ans. Ou bien ils disent que le bataillon Azov est un groupe dissident, certes dangereux, mais qui n’est pas différent de Forza Nuova en Italie.(ndt : petit parti d’extrême droite en Italie)

Au lieu de cela, le bataillon Azov est tout autre chose : c’est un régiment structurellement intégré à la Garde nationale reconstituée en 2014 après les émeutes de l’Euromaïdan et qui a des liens organiques avec les services (SBU, successeur ukrainien du KGB soviétique). Il en va de même pour les formations ou partis néonazis proches du bataillon sont tout sauf des éclats : Secteur droit, Bratstvo, National Druzhina, la formation C14, le parti Svoboda, aujourd’hui en déclin, et divers groupes militarisés. Ce sont les partis sur lesquels Washington et l’OTAN ont compté lors de la révolution colorée de l’Euromaidan pour que Kiev rompe avec Moscou. Ils sont stratégiquement cruciaux pour que la guerre par procuration entre les États-Unis, l’OTAN et Moscou se poursuive sans relâche. S’il s’agissait réellement d’une guerre locale entre Kiev et Moscou, le secrétaire de l’OTAN, M. Stoltenberg, n’aurait pas rejeté aussi brutalement la renonciation à la Crimée, que M. Zelensky avait proposée quelques heures plus tôt comme première étape vers une trêve.

Alexei Arestovitch était un cadre important de Bratstvo et est l’un des conseillers politiques de Zelensky : acteur lui-même, expert en propagande, il est major dans l’armée et a rejoint les services secrets en 1990. En 2014, il a rejoint la guerre contre les séparatistes pro-russes dans les républiques de Donetsk et de Lugansk, participant à 33 missions militaires. Son plus grand succès, en tant que blogueur, est survenu lorsque, Poroshenko étant président, il a fait le maximum pour légitimer les droites russophobes et néonazies en les insérant dans le système militaire et administratif. Lorsque Zelensky a remporté les élections, Arestovitch a été nommé son conseiller spécial et porte-parole du groupe de contact trilatéral de Minsk, créé en 2014 pour négocier avec Moscou sur le Donbass. Le groupe comprenait la Russie, l’Ukraine et l’OSCE (l’Organisation des Nations unies pour la sécurité et la coopération en Europe).

En 2015, c’est à l’OSCE que la Fondation pour l’étude de la démocratie (une association civile russe) a envoyé un rapport sur les violences perpétrées par les services du Sbu et les paramilitaires néo-nazis non seulement contre les militants séparatistes mais aussi contre les non-combattants russophones du Donbass capturés avec les combattants. Le rapport cite et développe un premier compte rendu, publié le 24 novembre 2014. Le second mentionne les électrocutions, la torture avec des barres de fer et des couteaux, le waterboarding (simulation de noyade utilisée par les États-Unis en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo), la suffocation avec des sacs en plastique, la torture avec des clous, la strangulation au moyen du garrot (également appelé “garrot banderiste” en hommage à Stepan Bandera, collaborateur des nazis lors des guerres d’Hitler, héros national de l’extrême droite et parfois aussi des gouvernements ukrainiens).

Dans d’autres cas, les prisonniers ont été forcés de se rendre sur des champs de mines ou écrasés par des chars. Ajoutez à cela le broyage des os, les températures glaciales des prisons, la privation de nourriture et l’administration de médicaments psychotropes mortels. L’État a laissé impunis ces actes de torture et ces traitements inhumains, interdits par la Convention européenne des droits de l’homme. Il s’agissait d’actions délibérément nazies, s’il est vrai que de nombreux prisonniers avaient la croix gammée ou le mot “SEPR” (séparatiste) gravés sur leur peau avec des lames chaudes sur la poitrine ou les fesses. La Constitution ukrainienne, dans son article 37, interdit l’existence de groupes paramilitaires dans les partis et institutions publics.

La torture et les violences similaires sont également évoquées dans des documents ultérieurs, notamment celui de l’association ukrainienne “ Successful Guards ” (14 septembre 2018). Le rapport énumère les atrocités impliquant des partis d’extrême droite tels que National Druzhina, Bratstvo, Right Sector, et en particulier le groupe C14, connu pour avoir conclu un protocole de partenariat et de coopération avec de nombreuses administrations de district – dont celle de Kiev

Le C14 est responsable non seulement d’actions violentes dans le Donbass mais aussi de pogroms contre les Roms et de violences contre les commémorations annuelles de héros russes antinazis tels qu’Anastasia Baburova et Stanislav Markelov. Dans le Donbass, la C14 mène souvent des actions que le SBU ne peut légalement se permettre, écrit le rapport. La méthode est toujours la même : l’armée ou le SBU ou les ministères de l’intérieur et des anciens combattants confient les prisonniers soupçonnés de collaboration avec Moscou à leurs bras tortionnaires : bataillon Azov ou C14.

Cette violence devrait être commémorée le jour qui commémore la victoire soviétique de 45 et ce que Moscou appelle la “grande guerre patriotique”. C’est ainsi que les commentateurs occidentaux l’appellent aussi, pour masquer le fait qu’il s’agit d’une victoire qui a libéré toute l’Europe du nazisme, avec ses alliés occidentaux, et qui a coûté à la Russie au moins 30 millions de morts.

Depuis quelque temps, la contribution décisive de l’Armée rouge à la libération de l’Europe est relativisée, au point de disparaître. La contribution est oblitérée, comme si elle n’avait jamais existé, même par le Parlement européen (ainsi la résolution de septembre 2019 qui ne fait que blâmer le pacte Ribbentrop-Staline pour la guerre et ne fait aucune mention de la Résistance russe).

Le réarmement et l’élargissement de l’OTAN vers l’est, combinés à l’impudence des oublis historiques et des phrases de Stoltenberg, ont créé un fossé presque infranchissable entre la Russie et l’Europe, sur le plan politique mais aussi culturel. C’est à cela que servent les “aboiements occidentaux aux portes de la Russie” dénoncés par le pape, l’oubli de “l’esprit d’Helsinki” et la montée de la russophobie. Ce sont des méfaits qui ne justifient pas la brutale agression russe du 24 février, mais qui l’ont certainement facilitée. C’est ce qui poussera la Russie, pour longtemps, à prendre congé d’une Europe qui croit de plus en plus progresser en confondant ses propres intérêts avec ceux des Etats-Unis.

* Un portait d’Alexei Arestovitch qui est invité sur BFMTV pour des chroniques militaires a été publié par INVESTIG’ACTION

https://www.investigaction.net/fr/les-visages-du-pouvoir-kievien-un-metteur-en-scene-et-un-acteur/

 

 

jeudi 26 mai 2022

Le masochisme de l'Union Européenne démontré par des conseillers en investissement suisses ; 

 

La monnaie russe se renforce

à la veille des échéances fiscales.

Le 20 mai 2022

Le rouble russe a atteint un plus haut de quatre ans contre le dollar américain et un plus haut depuis sept ans contre l’euro vendredi. Le rouble est propulsé par le contrôle des capitaux, le nouveau système de paiement du gaz basé sur le rouble et l’imminence de l’impôt sur les sociétés, qui font grimper la demande intérieure pour la monnaie.  Atteindre 57,67 roubles contre le dollar à 08h13 GMT représente la position la plus forte du rouble depuis mars 2018, selon les données de la Bourse de Moscou. Le rouble a également gagné près de 5 % par rapport à l’euro, le taux de change atteignant moins de 60 roubles pour un euro.

Selon Bloomberg, la devise russe est devenue la devise la plus performante au monde cette année malgré sa forte baisse en avril provoquée par des sanctions économiques sans précédent imposées à la Russie.

Cependant, il s’est renforcé depuis grâce aux mesures introduites par la banque centrale et le gouvernement russes. Dans le cadre des contrôles de capitaux du régulateur, les citoyens et résidents russes sont autorisés à acheter des euros, des dollars américains ou d’autres devises européennes au taux de change officiel, mais ne peuvent pas retirer les fonds étrangers avant le 9 septembre.

Les personnes qui détenaient des comptes en dollars américains et en euros dans des banques russes avant le 9 mars sont autorisés à retirer 10 000 dollars ou son équivalent pour la période allant jusqu’au 9 septembre. Cependant, les citoyens russes peuvent acheter n’importe quelle autre devise étrangère et les retraits en roubles ne sont pas limités.

Le paiement de l’impôt à venir pousse également le rouble à la hausse, car il nécessite traditionnellement une conversion supplémentaire de devises étrangères en roubles.

Les indices boursiers russes ont également augmenté. L’indice de la Bourse de Moscou, libellé en dollars, a augmenté de 0,33%, jusqu’à 2 444,57 points, tandis que l’indice RTS libellé en roubles a légèrement augmenté de 0,72%, jusqu’à 1 254,69 points vers 07h04 GMT, selon les données de la salle des marchés.

SOURCE :

Le rouble atteint son plus haut niveauen quatre ans face au dollar américain

https://arretsurinfo.ch/le-rouble-atteint-son-plus-haut-niveau-en-quatre-ans-fac

 

La déconfiture de l’Europe.

mercredi 25 mai 2022 par Charles Gave blog A.N.C.

Il y a trois mois, la Russie envahit l’Ukraine et tout a été dit sur les origines du conflit et les responsabilités de chacun dans son déclenchement.
Mais ce qui a été assez peu analysé fût la réponse au conflit des autorités européennes proprement dite (Bruxelles), mais aussi de certains pays comme la France et l’Allemagne.
Ce sont ces réponses que je vais analyser, pour en tirer la conclusion que les effets de cette guerre seront graves, mais beaucoup moins sérieux que les conséquences des décisions imbéciles qui furent prises par nos autorités à l’occasion de ce conflit.

Par exemple .

  • 1 : Le ministre de l’économie française (si, si, il y en a un), annonce avec un très joli coup de menton que « Nous allons provoquer l’effondrement économique rapide de la Russie. », le « nous » signifiant sans doute les services de Bercy, qui ayant déjà foutu en l’air l’économie française dans les dernières décennies avaient reçu l’ordre de s’attaquer maintenant à l’économie de la Russie et de la mettre au tapis le plus rapidement possible.
  • A moins que ce « nous « ne signifie l’armée européenne partant en guerre contre la Russie, unie comme un seul homme sous le commandement de …(je cherche, mais le commandement de l’armée européenne n’est pas encore précisé, puisqu‘il n’y a pas d’armée européenne, à ma connaissance tout au moins ). Ou alors, il s’agissait d’un « nous » de majesté, Bruno Lemaire se prenant pour Louis XIV et parlant de lui à la première personne du pluriel ?
  • 2 : Le président Français pour confirmer les dires de son ministre de l’économie, nous informe que l’économie Russe est « en état de cessation de paiement » et qu’elle va s’effondrer très rapidement puisque l’Europe allait cesser tout achat de matières premières (gaz pétrole, charbon, métaux, etc..) à la Russie et que la Russie n’aurait plus accès au système de paiement international Swift.
  • Et le même président de nous annoncer que des mesures fortes allaient être prises contre la Russie et qu’elles avaient déjà commencé, puisque les réserves de change Russes en Euro ou en dollar étaient confisquées aussi bien à la BCE qu’à la banque centrale américaine. D’après le ministre des Finances Américain, madame Yellen, qui était auparavant la Présidente de la Fed, ces confiscations étaient parfaitement illégales puisqu’elles ne pouvaient avoir lieu qu’après une autorisation donnée par les Nations -unies. On attend toujours…
  • 3 : Et les mesures d’interdiction de tout commerce avec la Russie furent prises dans la foulée et entérinées dans des accords solennels passés à Bruxelles, ce centre de la démocratie mondiale, où seule règne la Loi et la recherche du bien commun.

Résultats.

Le rouble, au moment où le Président Français et son ministre disait que l’économie Russe allait s’effondrer était en forte baisse contre l’Euro étant passé de 75r/$ a 150r/$ et les journalistes français de nous décrire un Poutine, errant dans un palais solitaire et glacé comme le disait le poète, en parlant de quelqu’un d’autre sans doute…

Hélas, la réalité vint rapidement doucher toutes ces belles attentes.

D’abord, de nombreux pays, en Europe même, ne peuvent tout simplement pas se passer d’acheter du gaz, du pétrole ou du charbon à la Russie sans que leurs économies ne s’effondrent immédiatement. Sans énergie, pas d’économie, puisque l’économie n’est que de l’énergie transformée.

Et je ne parle pas de la Grèce, ou du Portugal, mais de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne, de la Hongrie… Et ces pays ne peuvent pas en acheter ailleurs puisqu’il n’y en a pas de disponible, personne n’ayant investi depuis quinze ans dans la recherche de combustible fossile, sauf en Russie.

Et donc, des dérogations « temporaires » à l’achat de produits russes furent instaurées, ces pays jurant, qu’avant l’aout, foi d’animal, ils cesseraient tout achat de gaz , de pétrole ou de charbon en Russie, promis, juré.

Mais là, coup de théâtre : le Président Russe exige que les acheteurs paient en roubles, puisqu’il est interdit de dollar et d’euro. On voit mal en effet pourquoi il vendrait ses matières premières en recevant des monnaies qu’il n’aurait pas le droit d’utiliser.

Fureur générale en Europe, qui refuse « cette rupture de contrat unilatérale », complètement attentatoire au droit international, ce qui n’empêche pas toutes les compagnies importatrices de gaz ou de pétrole de payer en roubles leurs achats, comme le demandaient les russes, faute de quoi les économies allemandes, hongroises, autrichiennes etc… et seraient déjà à l’arrêt.

De fait, toutes les grandes sociétés en Europe semblent se contrefoutre complètement des recommandations, des ordres ou des interdictions de madame Von der Leyen. Mais selon certaines informations que je n’ai pas pu vérifier, ceux qui achèteraient le plus en roubles, et de très loin, seraient les Italiens et personne ne comprend trés bien pourquoi.

Mais la rumeur qui court est que ces achats seraient pour le compte des clients allemands des sociétés de trading Italiennes. En quelque sorte, les Allemands qui ne veulent pas acheter aux Russes pour ne pas fâcher les écolos qui font partie de la coalition au pouvoir outre Rhin ne voient aucun inconvénients à acheter à des Italiens ou à des Suisses, ce qui montre un sens aigu de la solidarité que chaque européen ressent envers les Ukrainiens.

Résumons-nous :

L’idée de cesser d’acheter des matières premières énergétiques en Russie pour la mettre à genoux en quinze jours a échoué de façon grotesque et humiliante et pour l’Europe et pour chacune des Nations qui en fait partie.

En fait, l’Europe institutionnelle a géré cette crise aussi mal que celle du Covid , mais le pire est que ce n’est pas fini : non seulement, il va nous falloir acheter nos hydrocarbures en rouble, mais en plus il va falloir acheter, toujours avec des roubles, les matières premières alimentaires et les engrais pour que nous puissions nourrir nos populations. et ce d’ici à la fin de l’année.

Depuis la fin 2019, le cours du pétrole est monté de 81 %, mais le prix du blé a été multiplié par 2.6. Et les récoltes s’annoncent mauvaises en Inde, aux USA, au Canada, peut-être en France (sécheresse, inondations, manques d’engrais)…

Et c’est ici qu’il faut se souvenir que la Russie et l’Ukraine assurent environ 40 % des exportations mondiales de grain (3/4 Russie, ¼ Ukraine) et que seule la Russie pourra assurer ces contrats à l’exportation, tous les ports Ukrainiens étant fermés.

Et comme je sais que 100 % des importations de blé égyptiennes ou tunisiennes venaient d’Ukraine ou de Russie, je me dis que la machine migratoire d’Afrique du Nord va se remettre en route et que la Méditerranée va être encombrée cet automne.

Il me semble donc tout à fait évident que les Russes seront prêts à exporter vers les pays en Europe ou ailleurs, à condition bien sûr que le paiement ait lieu …en rouble encore une fois.

Les Russes ne verront aucun inconvénient à prêter des roubles aux Égyptiens ou aux Tunisiens, contre quelques menus services rendus en Libye, mais certainement pas aux Européens.

Et ce qui est en train d’émerger grâce à l’inénarrable incompétence de l’Europe institutionnelle est un monde où nous aurons besoin de roubles pour pouvoir acheter les matières premières dont nous aurons besoin dans le futur, et nous nous sommes interdits toutes les issues pour pouvoir acquérir ces roubles.

Par exemple, nous ne pouvons plus vendre de voitures et d’avions ou de machines-outils aux Russes, pas plus que je ne peux leur vendre ma maison à Avignon et les Russes cette année vont passer leurs vacances en Turquie et non pas à Saint Tropez.

La question essentielle qui se pose est donc : d’où vont venir les roubles pour acheter et notre énergie, et notre nourriture, et nos engrais et nos grains ?

La seule réponse est qu’il nous faudra livrer tout ou partie de nos réserves d’or et que le rouble n’a pas fini de monter tandis que l’euro, lui, n’a pas fini de baisser et avec lui notre niveau de vie.

Ce qui m’amène à ma conclusion.

Medvedev, dans une de ses dernières communications officielles, a dit que les autorités européennes avaient fait preuve « d’un crétinisme institutionnel » remarquable pendant toute la période, ce qui est surprenant dans une communication officielle, mais ne m’étonne pas, tant je suis d’accord.

Je dis que cette crise était parfaitement évitable, mais que le personnel européen dans la gestion des problèmes, a été d’une nullité comparable à celle du personnel politique français en 1939 , et que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Un tel désastre diplomatique, économique, politique devrait amener à des sanctions, madame Von der Leyen et ses deux acolytes devraient être virés toutes affaires cessantes, la commission ramenée à ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, un simple secrétariat, tandis que la BCE devrait cesser d’exister avec l’Euro, la cour de justice et la cour des droits de l’homme, ce qui permettrait à une nouvelle génération d’élus nationaux d’arriver au pouvoir partout en Europe.

Voilà qui permettrait de sauver ce qui peut encore être sauvé de la construction européenne, la tour de Babel ayant une fois de plus été détruite en temps utile.

Faute de quoi l’Allemagne et d’autres peuples européens, en particulier les Italiens (qui vont voter bientôt), les Hongrois et les Grecs, et qui sait les français tous habillés en jaune, vont vouloir sortir de la construction européenne comme l’ont fait les Britanniques pour pouvoir redevenir des nations « souveraines » dont les élus auront comme mission de défendre les peuples qui les ont élus et non pas les intérêts de l’OTAN.

Quant au Président nouvellement élu par les Français, on peut espérer qu’il cessera de nous parler de Souveraineté Européenne, qui n’a jamais existé et qu’ayant échoué dans tous les domaines, il fera ce que tout homme d’honneur ferait dans ce cas, démissionner et disparaître.

Mais en ce qui concerne ce dernier point, j’ai comme un doute.