La rue gronde... Pour nous d’aider a ce que
notre classe mugisse, agisse pour que grandisse l’idée qu’on peut GAGNER
et surtout qu’il nous FAUT vaincre !
lundi 6 février 2023
par Alain Chancogne (ANC)
Ne nous laissons pas enfermer dans la simple dénonciation de l’intolérable.
Le Capitalisme se contre fiche de la sévérité d’un"peuple procureur".
Si par malheur la Classe Ouvrière se contentait de se réjouir qu’une
majorité écrasante de français "rejette" ce projet "retraites" et
découvre a quel point Macron est un monarque arrogant et sa
collaboratrice Borne une comptable sans empathie...cela ne pourrait pas
être synonyme de victoire de notre camp.
C’est pourquoi tout en se servant de l’atout que constitue l’unité de
toutes les organisations syndicales, il me semble utile de re-insister
sur notre responsabilité révolutionnaire...
Tout d’abord faisons en sorte que l’exigence de départ en retraite avec un revenu décent soit exprimée positivement.
Oui ,"Retraite à 60 ans" cela sonne plus clair que le "Non a 64" !
Pour bien marteler que pour nous, il n’y a pas une soi-disant ligne
"rouge" franchie par Macron et les capitalistes sur cette unique notion
"d’âge pivot"...
C’est a partir de nos exigences de classe que nous pourrons mettre en débat de fonds la question des solutions
et de ce que cela implique comme nécessité d’une prise de conscience
que la Crise du système fait obligation de débat de masse, concernant le
fait de savoir si on peut mener ce combat violent sans la "boussole
marxiste".
Donc, y compris, désarmés politiquement de par l’absence d’une force révolutionnaire, un parti a construire.
Si du moins le terme "organisation" signifie le besoin de s’organiser
et si le mot de "Direction" implique d’avoir le courage de préciser ce
qui, a nos yeux, évitera que la classe ouvrière s’embourbe dans des
chemins sans issue.
Le Capital n’a rien a faire de l’impopularité de l’actualité majordome de ses intérêts.
Il prépare des relèves de soi disant "moins pire" moins arrogantes...
À nous la responsabilité de convaincre que nous ne sommes pas des
"anti-Macrons en colère" mais des femmes et des hommes de perspectives
réalistes, même si en l’instant elles peuvent sembler "impossible" a
atteindre.
Plus que jamais nous devons faire nôtre les mots de Lénine "La ou il y-a une volonté, il y a un chemin !"
La Russie, l’Ukraine et une guerre annoncée entre les Etats-Unis et la Chine
Les journalistes qui rient dans les cimetières
Maxime VIVAS
C’était
en juin 1922, le Président Poincaré arpentait un cimetière militaire et
eut un sourire capté par un photographe. Le quotidien l’Humanité
diffusa la photo à 100 000 exemplaires. Elle fut transformée en
carte-postale. Elle façonna l’image de « l’homme qui rit dans les
cimetières ». Il ne resta plus aux médias éhontés qu’à reprendre les
« éléments de langage » : il s’agissait d’un « rictus dû au soleil »
(qu’il n’avait pas en face).
Le 5 février 2023 à 20 h, dans
l’émission « C politique » la 5 nous donna à admirer sept Poincaré
probablement éblouis par les projecteurs, sept pauvres jouets de rires
purement nerveux.
Le titre de l’émission nous glace. D’emblée, un invité nous dit que nous sommes entrés « dans une guerre froide. On craint même une guerre chaude ». L’animateur précise que c’est une « question brûlante ».
Quelques
images de Joe Biden ouvrent l’émission. Il dit qu’il est content : un
avion de chasse a abattu un ballon chinois que l’animateur appelle « un ballon de surveillance ».
Ballon météo en dérive ? Ballon espion ? La question est donc tranchée
dans les premières secondes (0mn 11) : il surveillait les Etats-Unis.
Pas moyen de trouver un Chinois pour une émission télé
Parmi
les six invités : un états-unien, une états-unienne. Un tiers, donc.
Les six et l’animateur sont sympathiques, souriants, pas énervés du
tout. Genre marchands d’aspirateurs qui mettent leur pied dans la porte,
avenantes vendeuses de Tupperwares. Ils sont heu-reux ! Elles sont
heureuses !
Combien de Chinois ? D’amis de la Chine ?
De politologues neutres ? Zéro. C’est pour ça qu’ils sont heu-reux, les
sept mercenaires.
Insistons : dans ce débat sur la
Chine et les USA, on voit deux Etats-Uniens, cinq français critiques
envers la Chine, aucun Chinois, alors qu’on va surtout parler d’eux
(déblatérer sur). Personne pour faire grimacer les deux Etats-Uniens.
On
compte 1,4 milliard de Chinois. Et impossible d’en dénicher un pour une
émission dont le titre évoque la possibilité d’une guerre entre la
Chine et les Etats-Unis ! Pour les Yankees, c’est plus simple : sur les
Champs-Elysées, vous tapez du plat de la main contre un réverbère et il
vous en tombe deux douzaines, pas le peine de mettre des stagiaires en
chasse. Vous choisissez la plus jolie et celui qui parle bien français
et qu’on voit sur d’autres chaînes en tant que spécialiste de l’Ukraine,
de la Russie, de la démocratie, des canons Caesar, de Poutine et des
tartes Tatin (pour les tartes, j’imagine, mais je m’attends à le voir
dans l’émission « La persécution des pâtissiers ouïghours »).
Premier constat :
tout débat démocratique dans un pays démocratique (la France) sur une
télé démocratique peut réunir sept démocrates (dont deux Etats-Uniens)
du même avis (négatif) sur la Chine, démocratiquement exclue.
Second constat (amer) : le seul fait d’énoncer le premier constat fait de vous un prochinois.
En
effet, trouver à redire, c’est se voir délivrer par les médias la carte
du Parti Communiste Chinois. Vous n’avez pas lu Libé ?
Pas lu non plus le brûlot à 100% anti-chinois des militaires français
(l’IRSEM, organisme flanqué d’un lieutenant-colonel états-unien) où je
suis dénoncé 54 fois (+ 8 photos) au Pentagone et à l’OTAN, OTAN dont un
des deux rédacteurs du rapport fut membre jusqu’en 2019 ?
A quoi il fut répondu par ce livre :
L’émission
de la 5 dura cinquante-trois minutes. Inutile de la voir, sauf si vous
voulez absolument perdre presque une heure de votre vie. Contentez-vous
de cliquer au hasard pour glaner des moments où les invités
s’approuvent, s’écoutent religieusement, rient, ou éclatent de rire.
Tenez, pour vous aider : allez voir à 13mn48, à 18mn16, à 46mn56. Mais
vous en trouverez bien plus.
Coupez le son, fermez les yeux et
vous vous croyez sur C8 chez Hanouna quand Bigard fait rire les
chroniqueurs et les invités en contant l’histoire de la boulangère à qui
Toto a dit : « Vous avez de belles miches ».
Gardez le son et vous croyez écouter « La bande originale » de Naguy sur France Inter où fusent les rires si un invité à répondu « yau de poêle » à la question « Comment vas-tu ? ».
La guerre nous menace ? Rions ensemble sur la 5
Pourquoi cette jovialité alors qu’on parle de « l’autre guerre qui menace » ? Alors qu’on nous dit que nous sommes entrés « dans une guerre froide » et qu’on « craint même une guerre chaude » ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Parce que l’animateur et les six invités sont de la même obédience. Ils
boxent à sept sur un ring contre un adversaire qui n’est pas là et qui
ne les gratifiera pas d’un bourre-pif.
Mettez sur le plateau, face aux sept comparses, UN SEUL débatteur qui n’adhère pas à leur discours et la mayonnaise est ratée.
UN SEUL, et finis les sourires, les rires, les éclats de rire, les hochements de tête, les tranquilles « Je dirai même mieux », les « Vous avez raison », les « J’ajouterai », les « Ce que je crois, je pense, à mon avis... ».
Finis les petits désaccords à la marge, anodins, insignifiants, les
ersatz de réserves, les objections de pacotilles, les simulacres de
discussions : « Permettez que j’apporte une nuance ? » et « Ce n’est pas pour vous contredire... ».
Il
suffirait d’UN contradicteur et les gentils fronceront les sourcils. On
verra les grimaces, les coupures de parole, une tension jusqu’alors
inconnue. Les sept jetteront des cailloux au mal élevé, à l’imprécateur
qui brise le ronronnement harmonieux, qui tarit le dégoulinant baratin,
un baratin qui, habituellement, pour l’essentiel des téléspectateurs,
n’est que vérité, puisque 100% des personnes présentes le valident.
Donc, pas d’intrus et un choix très « politique »
des sujets. N’oublions pas que, pour les Etats-Unis, les ennemis
prioritaires sont la Chine et la Russie. Par conséquent, de la France
aussi. C’est donc de ces deux pays qu’on va parler, déparler, à satiété,
dans un confortable entre-soi. Le ministre Bruno Le maire avait donné
le la en annonçant que « nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie » et en fanfaronnant :. « Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe ».
Puis, dans un déferlement de propagande médiatique inouï, la gauche
français étant muette, les députés court-circuités (et soulagés ?), la
chaîne de télé RT interdite, ce furent les livraisons d’armes à
l’Ukraine, des militaires ukrainiens formés sur notre sol pour tuer des
soldats d’une armée qui nous délivra du nazisme, soldats d’un pays qui
portait la France dans son cœur jusqu’à considérer que parler notre
langue était classieux. Et voilà que le petit-fils de Tolstoï dit (dans
un français parfait), au nom de la Russie : « La France » est notre ennemie » Tiens, pourquoi ?
L’ARCOM (ex-CSA) ne regarde par la 5, la 5 se fiche de l’ARCOM.
Sud Radio vient d’être mise en garde par l’ARCOM sur une émission d’André Bercoff « Dans tous ses états ».
« L’Arcom
a été alertée au sujet des séquences consacrées à la guerre en Ukraine,
diffusée les 10 mai et 29 juin 2022 dans l’émission Bercoff dans tous
ses états sur Sud Radio et Sud Radio+.
Aux termes de
l’article 1er de la délibération du 18 avril 2018 relative à l’honnêteté
et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y
concourent : « (…) Il (l’éditeur) veille au respect d’une présentation
honnête des questions prêtant à controverse, en particulier en assurant
l’expression des différents points de vue par les journalistes,
présentateurs, animateurs ou collaborateurs d’antenne ».
Elle
a relevé que plusieurs déclarations orientées avaient été délivrées à
l’antenne, sans véritable contradiction, alors même que le sujet traité,
particulièrement sensible, nécessitait l’expression de points de vue
différents ou à tout le moins nuancés.
La diffusion de
cette séquence caractérise une méconnaissance des obligations précitées
issues de l’article 1er de la délibération du 18 avril 2018.
En conséquence, l’Autorité a mis en garde l’éditeur des services contre la répétition d’un tel manquement ».
Bis repetita placent : « Le
média veille au respect d’une présentation honnête des questions
prêtant à controverse, en particulier en assurant l’expression des
différents points de vue par les journalistes, présentateurs, animateurs
ou collaborateurs d’antenne ».
Les sujets dont on ne parle pas existent-ils ?
Les sujets dont on ne parle pas sont peu graves, voire inexistants. Pour un livre collectif « La troisième guerre mondiale a commencé » (titre possible), à paraître aux éditions Delga, j’ai écrit un texte sur les médias. En voici un extrait :
« En
France, la règle tacite est que la véracité d’une information qui sert
les intérêts des Etats-Unis n’a pas besoin d’être authentifiée avant
diffusion. Il suffit pour nos médias d’identifier le pays émetteur. Les
Etats-Unis ? On prend.
Comment doit-on, demandent-ils, qualifier des manifestants de Hong-Kong ? Manifestants « pro-démocratie ? » On prend. Il n’y a pas eu des dizaines d’éborgnés comme en France ? Passons.
Que
faut-il dire quand la Chine proteste si des navires de guerre
états-uniens patrouillent au large de ses côtes et à 10 000 kilomètres
de Washington ? Il faut dire, écrire et clamer que « Xi Jinping, furieux, menace et montre ses muscles ». On prend.
Que nous dit-on de Poutine. Il est « fou, cancéreux, parkinsonien, isolé, paranoïaque, mégalomane » ? On prend.
Pour
le public, la véracité d’une information qui sert les intérêts des
Etats-Unis est prouvée par sa répétition dans la quasi totalité de nos
médias transformés en vulgaires caisses de résonance. Inversement, un
fait non rapporté par nos médias n’existe pas, même s’il a une
importance mondiale.
Prenons l’exemple d’une information qui ne
sera pas exagérément offerte à notre émotion : celle de l’incendie de la
Maison des syndicats d’Odessa, le 2 mai 2014 où trente-deux Ukrainiens
pro-Russes ont péri (quarante-trois, par suite des affrontements dans la
ville).
Quant aux bombardements des provinces ukrainiennes
russophiles du Dombass depuis 2014 par l’armée de Zelinsky, ils seront
éludés afin de pouvoir dater le début de la guerre au 24 février 2022,
quand les troupes russes sont entrées en Ukraine, répondant à un
interminable appel au secours.
« L’omission est la forme la plus efficace du mensonge. » (George Orwell)
Du
2 au 4 juin de l’année 2005, s’est tenue à La Havane la première
rencontre internationale « Contre le Terrorisme, pour la Vérité et la
Justice ». Plus de 700 délégués venus du monde entier ont participé aux
trois jours de débats et de témoignages. Trois jours pendant lesquels
ont été dénoncées la nature et l’étendue d’un terrorisme qui sévit
depuis des décennies sur le continent latino-américain, d’un terrorisme
mis en œuvre dans le cadre d’une politique décidée à la Maison Blanche
et baptisée « Plan Condor »(1). Pendant trois jours ont été démontrés,
en direct et sans fioritures, les liens étroits qui existent entre les
autorités états-uniennes et le terrorisme de masse. Pendant trois jours
ont été exposées les archives du plan Condor, découvertes presque par
hasard dans un coin perdu du Paraguay. Trois jours pendant lesquels tous
ceux qui s’intéressent à l’Amérique latine ont pu, enfin, voir
s’énoncer quelques vérités, ailleurs que dans le cadre des cercles
d’initiés. Trois jours pendant lesquels, en pleine « guerre mondiale
contre le terrorisme », les sièges réservés à la presse riche des pays
riches sont restés désespérément vides. Aucune (insistons sur
« aucune ») information n’est passée dans la presse occidentale,
car…pendant ce temps, au procès du chanteur Mickael Jackson, mille-quatre-cents journalistes
(insistons sur « mille-quatre-cents ») piaffaient d’impatience pour
savoir si, oui ou non, un Mickael Jackson lubrique avait bien touché
dans son lit quelque chose qui n’était pas à lui ».
Finalement,
c’est mieux que des journalistes de la trempe de ceux qu’on a vu sur la
5 n’y soient pas allés. On a échappé à une émission de franche rigolade
entre amis assis sur des cadavres.
Maxime VIVAS
Note (1). L’opération Condor (ou « plan Condor)
est le nom d’une campagne d’assassinats et de lutte anti-guérilla
conduite conjointement par les services secrets du Chili, de
l’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay avec
le soutien des États-Unis au milieu des années 1970. Les régimes
dictatoriaux du Cône Sud ont torturé, tué et fait disparaître, non
seulement des dirigeants politiques reconnus, mais aussi des dizaines de
milliers de militants ou soupçonnés de l’être, ou susceptibles de
pouvoir le devenir. L’opération Condor, « dirigée et assistée par
Washington [fit], au moins 50 000 victimes, 35 000 « desaparecidos »
(disparus) et 40 000 prisonniers parmi les opposants en tout genre, des
religieux aux militants de gauche, des syndicalistes aux journalistes et
aux intellectuels. »
URL de cet article 38509
mercredi 1 février 2023
Non, nous ne sommes pas une bande de braqueurs qui veulent "faire les poches" aux milliardaires !
lundi 30 janvier 2023
par Alain Chancogne (ANC)
Méfions-nous de certains
slogans prêtant a confusion et permettant à l’adversaire de classe de
caricaturer le combat pour l’émancipation humaine.
Certes les fortunes en milliards de quelques personnages de la
planète parmi lesquels en " tête de gondole" le capitaliste Bernard
Arnault, constituent une véritable provocation scandaleuse lorsqu’on
évoque par ailleurs le sort de milliards d’individus sur la planète.
Mais la question n’est pas pour nous d’aller nous emparer de la cassette des milliardaires pour la distribuer au miséreux.
Nous rappelons simplement que si ces individus, ces famille vivent
dans un luxe insolent c’est uniquement parce que le capital accumulé
résulte de l’exploitation de la force de travail pendant deux siècles,
des seuls créateurs de richesse que nous nommons Classe Ouvrière.
Il ne s’agit pas d’avoir comme objectif je ne sais quelle" taxation punitive ".
Il s’agit tout simplement que nous soyons victorieux des prédateurs.
Oui il importe de déposséder les possédants !
C’est à dire de nous approprier les moyens de production le système
financier et bancaire afin de construire par la démocratisation de toute
la Sociéte un espace de cohabitation fraternel un "en commun" (racine
de Communisme) assurant la satisfaction des besoins essentiels des
populations dans tous les domaines de la vie.
je n’apprécie pas trop l’expression du" besoin de la France sans milliardaires".
Si du moins on ne rappelle pas ce que je viens d’écrire et qui de
façon simpliste résume ce que nous appelons le processus
révolutionnaire...
Note de Pedrito
Du même goût , nous entendons ces jours-ci des "économistes" et des "politologues" au service du système capitaliste, et que de lui, le cul bien calé sur leurs sièges confortables, sur les plateaux télé où les mêmes, les pitres au service des riches, sont constamment invités, eux, des gens qui n'ont jamais travaillé, mais qui cultivent le goût du mensonge et de la provocation, accuser les syndicats et le peuple qui revendique une société plus juste, plus égalitaire , - quel CRIME !!!- d'éprouver de la haine, rien que çà, envers les milliardaires.
Comme si la haine avait à voir avec le besoin exclusif et urgent de plus de justice sociale....
jeudi 26 janvier 2023
Jusqu’où ira l’OTAN ? C’est de plus en plus évident…
Ce texte émane des catholiques laïcs belges et il n’y a rien à
reprendre. Mais si on répond à la question posée, je crois qu’il faut
bien voir que les chars n’y suffiront pas, une prochaine réunion est
prévue en février à la base de Ramstein qui est directement le lieu de
la base US en Allemagne et ce qui sera exigé sera une intervention de
l’aviation (1). Est-ce qu’on a bien mesuré que la réunion des pays
européens membre de l’OTAN avait lieu dans cette base américaine, comme
la prochaine réunion? Cela signifie deux choses, un ce sont les USA qui
commandent et deux, l’aviation est directement sous leur ordre… Donc les
Ukrainiens de Zelensky vont faire monter les enjeux puisqu’ils ont le
feu vert des USA… Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour mesurer
vers quoi les pays européens sont dirigés et pourquoi la guerre y
compris nucléaire n’est même pas à exclure. Chars et dans peu de temps
avions cela signifie tout simplement que la guerre se déroulera avec
l’OTAN sur le territoire russe. L’annonce ce mercredi de la livraison de
chars lourds à Kiev par plusieurs pays occidentaux dont les États-Unis
et l’Allemagne sonne comme un tournant dans le conflit qui oppose
l’Ukraine à la Russie depuis onze mois. Et alors que le président
Volodymyr Zelensky a salué cette nouvelle aide militaire, l’un de ses
conseillers et proche Mykhaïlo Podoliak prévient que le conflit pourrait
bien ne plus seulement avoir lieu sur le territoire ukrainien, inutile
de se référer à Bandera, les dirigeants ukrainiens sont bien de la
trempe des SA. (note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Le régime de Zelenski est en difficulté : les choses vont mal sur le
front du Donbass à l’est. Après de très durs combats, les Russes ont
pris la ville de Solédar et menacent d’encercler Bakhmut (Artémivsk en
Russe). Une telle éventualité leur ouvrirait la route de Slaviansk,
ville conquise par les séparatistes en 2014 puis reprise par les
Ukrainiens. Tout un symbole.
Pour parer au plus pressé, les Ukrainiens ont dû dégarnir leur front
sud, du côté de Kherson et de Zaporojie, et envoyer des milliers
d’hommes tenter de colmater les brèches du Donbass. Cela retarde
d’autant la fameuse offensive ukrainienne tant annoncée qui devait
permettre de franchir le Dniepr au-delà de Kherson, de reprendre la
centrale nucléaire de Zaporojie puis de foncer vers la Crimée.
Ce joli plan devait parachever les succès antérieurs dans le nord et
l’évacuation de Kherson dans le sud. Le monde occidental était optimiste
et nos généraux de plateaux satisfaits : la Russie allait perdre la
guerre à cause de ses erreurs et grâce à la vaillance de l’armée
ukrainienne. Sans compter qu’elle n’aura bientôt plus de munitions…
La réalité est bien différente. Les revers russes étaient largement
dus à une insuffisance d’effectifs, trop étirés sur un immense front.
Lancée avec 150 000 hommes, « l’opération spéciale » ordonnée par
Poutine le 24 février 2022, devait, en quelques jours, provoquer
l’effondrement de l’armée ukrainienne et le départ de Zelenski. Les
Russes ont sans doute sous-estimé dix ans de présence américaine en
Ukraine : ils étaient attendus (espérés même) et l’ont payé cher.
Tirant la leçon de cet échec, le maître du Kremlin a décidé de
s’installer dans la durée en lançant une mobilisation de 300 000 hommes,
d’autres suivront peut-être. Les médias occidentaux, avec une touchante
discipline, ont relayé en boucle les images de Russes fuyant leur pays
pour ne pas avoir à se battre. Les plus riches sont à Courchevel,
d’autres en Géorgie ou au Kazakhstan. Mais ce mouvement eut une ampleur
bien moindre qu’annoncée. Rien à voir avec les millions d’Ukrainiens
partis en occident (et pas seulement les femmes et les enfants) et que
nous entretenons bien gentiment depuis. Il se murmure aussi que des
milliers de jeunes Polonais sont partis, tant l’implication militaire
croissante de leur pays les inquiète. Mais rassurez-vous, ce n’est pas à
la télévision française que de telles images seront diffusées :
l’information est sous contrôle.
Depuis cette mobilisation et la réduction du front, les Russes sont
repassés à l’offensive avec succès. Admirons au passage la rhétorique de
nos généraux pour qui chaque retrait russe s’effectue au prix de très
lourdes pertes (sauf pour Kherson soyons justes) et chaque succès a
provoqué une hécatombe dans ses rangs. On se demande avec qui ils ont
récemment gagné du terrain.
Les Américains sont maintenant inquiets, car si les Russes ne peuvent
pas se permettre de perdre cette guerre, l’OTAN non plus. Certes,
jusqu’à présent les bénéfices sont grands pour la puissance tutélaire de
l’Europe : cette dernière a remplacé le gaz russe par le GNL américain,
plus cher mais tellement plus moral. Les vieux stocks d’armes sont
gentiment écoulés et permettront une modernisation de toutes les armées
occidentales pour le plus grand bonheur de l’appareil
militaro-industriel américain.
Mais, contrairement à la légende, l’occident est plus isolée que la
Russie : le Proche-Orient, l’Afrique et même l’Amérique du Sud
n’emboitent pas le pas à l’Amérique dans sa croisade anti-russe. Le
fiasco de la visite de Biden en Arabie Saoudite est très frappant à cet
égard. L’Asie ne va guère mieux, hormis bien sûr la Corée du sud et le
Japon, fidèles au poste.
De plus, contrairement aux prédictions du ministre que le monde
entier nous envie, l’économie russe ne s’est pas effondrée. Le gaz et le
pétrole sont vendus à l’Inde et à la Chine qui en revend d’ailleurs une
partie à l’Europe, plus cher comme il se doit. Les réserves financières
sont intactes et le rouble se porte fort bien : la banqueroute annoncée
n’aura pas lieu.
Devant le risque d’échec qui se profile pour l’OTAN, les Atlantistes
se déchaînent. Aiguillonnés par Zelenski, ils poursuivent une course aux
armements qui prend un rythme effréné. Les chars lourds sont entrés
dans le débat, à quand les avions ?
Les voix dissonantes, ou seulement prudentes, sont rares et vite
marginalisées. On peut toujours critiquer le contrôle de l’information
en Russie, l’occident n’est pas en retard.
Il faudrait tout de même faire attention : les buts de guerre de
l’OTAN, donc de l’Amérique, sont inconnus et si les Russes estiment à un
moment donné que leurs intérêts vitaux sont en jeu, tout ceci pourrait
nous entraîner bien loin
(1) Après que j’ai eu écrit ces lignes, la confirmation est tombée
sans surprise: Le premier ministre ukrainien a fait la déclaration
suivante. S’adressant à CNN, M. Reznikov a déclaré qu’à Noël dernier, il
avait envoyé “une liste de souhaits au Père Noël” reflétant les
aspirations de l’Ukraine en matière d’avions de combat. Il a toutefois
reconnu que la principale priorité de Kiev était les systèmes de défense
aérienne, car ce sont eux qui empêcheront la Russie de continuer à
effectuer des frappes aériennes et des bombardements dans le cadre d’une
guerre qui fait maintenant rage depuis onze mois. “Nous devons fermer
nos cieux, défendre nos cieux (…) C’est la priorité numéro un. Après
cela, nous devons obtenir davantage de véhicules armés, de chars, de
systèmes d’artillerie, de drones et ainsi de suite”, a-t-il déclaré. Les
autorités ukrainiennes faisaient pression sur Berlin depuis des
semaines pour débloquer l’envoi de chars de combat Leopard. Cependant,
quelques heures seulement après le “feu vert” de l’Allemagne, Kiev a
commencé à s’intéresser aux avions de chasse. En fait, le ministre
ukrainien des affaires étrangères, Dmitro Kuleba, a déclaré mercredi que
la communauté internationale avait “de nouvelles tâches devant elle”,
notamment la fourniture d’avions de combat occidentaux, de nouvelles
sanctions et la mise en œuvre de la formule de paix de Kiev.
Tout n’était-il pas dit dans cette photo de la négociation à la suite
de laquelle l’oligarque qui – par intérêt personnel sans doute –
prenait au sérieux les négociations avec la Russie en Biélorussie a été
exécuté par ses petits copains fascistes dont le premier ministre
simples marionnettes extrémistes, hommes de main des USA. Inutile de
revenir à Bandera leur idole, ceux que nous avons devant nous sont des
tueurs dignes de la SA comme le constatent les Russes et qui nous mènent
tous vers l’horreur.
Bandera et le nazisme ukrainien champions de l’« Occident » – par Annie Lacroix-Riz – historienne
Cet article très complet d’une historienne dont nous connaissons les
travaux essentiels et le courage politique a été publié sur le site du
PRCF Initiative communiste, mais nous nous permettons de la reprendre
parce qu’il démontre sur quelle base a été construite la propagande en
faveur des fascistes, marionnettes des USA à Kiev, mais désormais ces
fascistes-là se découvrent pour ce qu’ils sont eux-mêmes des nazis qui
nous entrainent vers la mort. Nous en profitons pour signaler
l’initiative du PRCF et de l’ANC qui organisent un meeting pour le 80eme
anniversaire de Stalingrad qui aura lieu place de la bataille de
Stalingrad à Paris le 4 février à partir de 14 h 30 et qui sera
également une dénonciation de la politique de guerre derrière l’OTAN.
(note de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7
Texte soutenu par :
Léon Landini, président de l’Amicale
Carmagnole-Liberté (anciens FTP-MOI), président du PRCF, ancien officier
FTP-MOI, Grand Mutilé de Guerre, Médaille de la Résistance, Officier de
la Légion d’honneur, décoré par l’URSS pour faits de Résistance
Pierre Pranchère,
ancien Franc-Tireur et Partisan français des Maquis de Corrèze,
Combattant volontaire de la Résistance, ancien député de la Nation,
ancien député européen, ancien membre du Comité central du PCF,
vice-président du PRCF
Hermine Pulvermacher, ancien
agent de liaison des FTP-MOI, ancienne secrétaire générale du Groupe
communiste à l’Assemblée nationale, Chevalier de la Légion d’honneur au
titre de la Résistance, titulaire de l’Ordre national du Mérite
Eine deutsche Übersetzung ist unten verfügbar
Les illustrations ne sont pas le fait de l’auteur mais de la rédaction.
La guerre d’Ukraine a été lancée par la Russie après huit ans
d’agression ukraino-occidentale (2014-2022) contre les russophones de
l’Est ukrainien. Leurs 14 000 morts, en majorité des civils, avaient
intéressé nos grands médias aussi peu que ceux d’Irak, de Serbie,
d’Afghanistan et de Syrie, attaqués, depuis 1991, par les États-Unis en
quête mondiale de contrôle pétrolier et gazier et autres matières
premières, sous couvert de l’OTAN soumis à commandement unique américain
depuis sa fondation (1950). La coalition occidentale, qui a d’emblée
ridiculisé l’objectif officiel russe de « dénazification » annoncé en
février 2022 – conforme aux « principes politiques » inscrits dans le
Protocole de la Conférence de Potsdam (1er août 1945) [1] ‑‑,
affirme agir contre la Russie au nom de la « démocratie » (nouveau nom
du « Monde libre » de l’époque soviétique) ‑‑ . La guerre se
prolongeant, l’« Occident » fait évoluer le concept de « démocratie » et
« couvre » la vénération de l’État ukrainien « allié » pour ses
criminels de guerre et d’avant-guerre. Ainsi érige-t-il le nazi
ukrainien Stepan Bandera (1909-1959) en héraut de l’« indépendance
ukrainienne » : léger défaut qu’il lui pardonne autant qu’à la
« démocratie » ukrainienne post-Maïdan la promotion des groupements
nazis et les coups de gourdin que le multi-millionaire Zelenski, digne
successeur du milliardaire Porochenko, administre au peuple ukrainien :
destruction du code du travail, des horaires aux salaires, et
interdiction des partis et journaux d’opposition, requis par les
« investisseurs » états-uniens.
La « démocratie » ukraino-américaine depuis 2004 : « héros national » et majors pétrolières américaines
Bandera n’est devenu un « héros national » que depuis la « Révolution
orange » américaine de 2004, et surtout depuis le coup d’État de Maïdan
organisé en février 2014 par Washington contre un intolérable
gouvernement ukrainien, légal mais prorusse. Sa cheffe d’orchestre la
vice-secrétaire d’État aux affaires politiques, Victoria Nuland, madone
néo-conservatrice du National Endowment for Democracy (CIA) et
russophobe (et sinophobe) compulsive, assure son poste ukrainien depuis
1993, sous gestion démocrate ou républicaine (hors présidence Trump).
Elle a avoué le 13 décembre 2013 devant le National Press Club, dans une
conférence financée par le groupe pétrolier Chevron[2],
puis le 15 janvier 2014 devant le comité de politique extérieure du
Sénat, que le gouvernement américain avait, depuis la chute de l’URSS,
« dépensé cinq milliards de dollars » pour faire triompher la
« démocratie » en Ukraine ‑‑ et que Chevron avait signé le 5 novembre
précédent un accord pour dix milliards de dollars d’investissement en
vue de forages qui mettraient fin à la « dépendance du pays envers la
Russie »[3].
Mme Nuland, cantinière des putschistes de Maïdan, a depuis lors
fabriqué les gouvernements ukrainiens et présidé, avec le reste de
l’appareil d’État, au réarmement jusqu’aux dents de l’Ukraine, que
Washington a intégrée de fait aux opérations de l’OTAN depuis juillet
2021[4].
Le
chef d’état major de l’armée de Kiev posant avec les néo nazis de
Secteur Droit dans une pièce remplis de portraits et de statues des
leaders collaborateurs ukrainiens du IIIe ReichInventaire de quelques uns des monuments nazis en Ukraine : https://forward.com/news/462916/nazi-collaborator-monuments-in-ukraine/
L’intimité des États-Unis avec le nazisme ukrainien en général a
précédé la chute de l’URSS. Leur intérêt pour la caverne d’Ali Baba
ukrainienne, comme celui de tous les impérialismes, n’a jamais cessé
depuis l’« ouverture » de la Russie tsariste, qui leur avait cédé son
économie moderne et concentrée, de la banque aux matières premières.
Comme le Reich occupa longtemps le devant de la scène ukrainienne,
surtout depuis la Première Guerre mondiale, les banques américaines
accompagnèrent celles du Reich dans l’entre-deux-guerres. Mais au rôle
second que dictait alors le primat allemand.
L’ère allemande du nazisme ukrainien
Car le Reich, première puissance à reconnaître la Russie en 1922,
tint le haut du pavé dans la Russie soviétique traitée en paria par la
« communauté internationale » impérialiste. Même dans l’Ukraine qu’il
avait arrachée, en 1918 (jusqu’à sa défaite de novembre), à la Russie
assaillie de toutes parts par quatorze puissances impérialistes de 1918 à
1920[5],
et que les bolcheviques reconquirent depuis 1920. En reconnaissant
l’État soviétique, Berlin y récupéra sa capacité de nuisance,
« couvert » par le Vatican : auxiliaire du Reich depuis la fin du 19e siècle
et plus encore depuis 1914, la Curie mandata le clergé catholique
germanique à l’espionnage militaire préparatoire au nouvel assaut
projeté[6].
Les nazis bandéristes dans l’avant-guerre
C’est dans ce contexte que grandit Bandera, produit-type de
l’uniatisme de Galicie orientale (Ukraine occidentale), arme de guerre
de l’Église romaine contre l’orthodoxie depuis 1595-1596. Fils d’un
prêtre uniate, il fut élevé comme ses pareils dans la haine fanatique
des Polonais, des Russes, des juifs et des opposants, sous l’autorité
d’Andreï Szepticky évêque uniate de Lemberg (Lwow en polonais, Lvov en
russe, Lviv en ukrainien) nommé en 1900. Russophobe, polonophobe et
antisémite de choc, Szepticky devait comme tous ses prédécesseurs
convertir les orthodoxes de l’Est, mission liée à la conquête
germanique. Ce fut d’abord au service de Vienne, maîtresse de la Galicie
orientale, puis, Pie X préférant depuis 1907 les puissants Hohenzollern
aux Habsbourg moribonds, l’évêque accompagna jusqu’à sa mort (novembre
1944) le Drang nach Osten (« poussée vers l’Est ») du Reich, impérial,
« républicain » et hitlérien.
Le Reich, qui finançait avant 1914 « l’autonomisme
ukrainien » contre la Russie, transforma l’Ukraine en fief militaire
pendant la Première Guerre mondiale. Il accrut ensuite l’effort dans la
Galicie orientale, dévolue en 1921 par la France antisoviétique à la
Pologne réactionnaire Depuis 1929, Berlin entretenait l’« Organisation
des Ukrainiens nationalistes » (OUN) que Stefan Bandera (20 ans), « chef
de l’organisation terroriste ukrainienne en Pologne », avait fondée
avec ses fidèles lieutenants Mykola Lebed et Iaroslav Stetsko. Ils
participèrent, à la campagne antisoviétique sur « la famine génocidaire
en Ukraine » décrite dès 1987 par le photographe et militant
syndicaliste canadien Douglas Tottle, pionnier de l’étude du nazisme
ukrainien[7]. Lancée par le Reich et le Vatican, à l’été 1933, c’est-à-dire après que
l’excellente récolte de juillet eut mis fin à la disette ou à la
famine, répercutée avec zèle par tous leurs alliés, dont la Pologne,
avec pour centre Lwow, elle prépara idéologiquement la conquête de
l’Ukraine. Berlin et le Vatican s’étaient engagés par un des deux
articles secrets du Concordat du Reich de juillet 1933 à la mener
ensemble [8].
Les bandéristes rendirent en Pologne aussi de grands services, non
seulement contre les juifs mais aussi contre l’État. Bandera et Lebed
assassinèrent le 15 juin 1934, année faste des attentats allemands
contre les chefs d’État et ministres, le ministre de l’Intérieur
polonais, Bronisław Pieracki, pourtant en extase, comme ses chefs,
Pilsudski et Beck, devant « l’ami allemand ». Les nazis de l’OUN
jouaient en Galicie orientale, a écrit Grzegorz Rossolinski-Liebe en
2014 dans sa thèse de référence sur Bandera, le même rôle que les
oustachis croates d’Ante Pavelitch, les nazis slovaques du Parti Hlinka,
les Gardes de fer roumains et autres nazis d’Europe orientale : gavés
de marks, ils avaient tous « adopté le fascisme, l’antisémitisme, le
suprématisme racial, le culte de la guerre et toute une gamme de valeurs
d’extrême droite »[9].
Pour ne pas froisser ses « amis » allemands, Varsovie commua la peine
de mort de Bandera et Lebed édictée (seulement) en 1936 en prison à vie.
L’occupant allemand les en libéra dès l’invasion de septembre 1939.
Les nazis bandéristes dans la Deuxième Guerre mondiale
Depuis lors, l’OUN uniate, puissante en Ukraine slovaque et polonaise
(absente d’Ukraine soviétique), fut le laquais du Reich. Elle fut
subdivisée en 1939-1940 en OUN-M et OUN-B, respectivement dirigés par
Andrei Melnik et par le trio Bandera-Lebed-Stetsko, divisés seulement
par leur désaccord, de façade, sur « l’indépendance ukrainienne » :
Melnik n’en parlait plus, Bandera chérissait par le verbe
« l’indépendance » dont le Reich ne voulait à aucun prix.
Les deux OUN aidèrent le Sipo-SD (la Gestapo) et l’Abwehr à préparer
l’occupation de la Pologne, puis de l’URSS. Ses membres peuplèrent les
« académies [allemandes] de police » de Pologne occupée et accrurent
leurs ravages après Barbarossa : aux côtés de la Wehrmacht, ils
liquidèrent immédiatement 12 000 juifs en Galicie orientale, et ne
cessèrent plus. Supplétifs du Sipo-SD, ils torturèrent et exterminèrent
sans répit avec la bénédiction des clercs uniates, dont Szepticky,
bénisseur des bandéristes de la 14e Légion des Waffen SS
Galicia (1943-1944) et d’ailleurs. Dans les Einsatzkommandos, les
prisons, les camps de concentration et ailleurs, les deux OUN
massacraient les « ennemis de la nation ukrainienne » : Ukrainiens « non
loyaux », juifs de toute nationalité, Russes et Polonais non juifs,
dont les 100 000 de Volhynie, exploit de Bandera qui perturbe les
actuels rapports (faussement) idylliques Varsovie-Kiev. En Pologne et en
URSS, jusqu’à la libération soviétique complète de l’Ukraine (Lvov,
juillet 1944), ces champions du « nettoyage ethnique » jouèrent dans
« la destruction des juifs » le rôle des « États satellites [du Reich]
par excellence » (Croatie et Slovaquie)[10].
Le conflit officiel, très secondaire, entre Berlin et les bandéristes,
sur « l’indépendance » ukrainienne, valut en 1942 à Bandera et Stetsko
l’emprisonnement en « camp d’honneur » à Sachsenhausen (à 30 km de
Berlin). Lebed, en fuite, dirigea en leur nom l’« armée
insurrectionnelle ukrainienne » (UPA) : formée en 1942 de ces polices
auxiliaires de la Wehrmacht et de la SS, l’UPA liquidait les ennemis
communs.
Bandera et Stetsko auraient été libérés de leur « bunker d’honneur » hôtelier jusqu’en septembre 1944, contèrent-ils a posteriori à
la CIA. En juillet 1944, une grande partie des massacreurs avait quitté
l’Ukraine dans les fourgons allemands. Berlin fonda pour ses nazis
ukrainiens le « Conseil suprême ukrainien de libération » (UHVR), puis,
en novembre 1944 un « Comité national ukrainien » ‑‑ à majorité
bandériste.Haute preuve de « résistance nationale et
antinazie »! La prise soviétique de Berlin les précipita à Munich,
centre historique du nazisme intérieur et de l’expansion du Deutschtum depuis l’entre-deux-guerres[11],
devenu au printemps 1945 une des capitales de la zone d’occupation
américaine. Sur les « 250 000 Ukrainiens » établis en 1947 « en
Allemagne, en Autriche et en Italie », prétendues « personnes
déplacées », « un grand nombre étaient des membres avérés ou des
sympathisants de l’OUN »[12].
Le reste des criminels de l’OUN-UPA étaient restés en Galicie
orientale désormais soviétique où, clandestins, ils massacrèrent encore,
sous la houlette de leurs clercs uniates : « en Ukraine occidentale »,
des « dizaines de milliers » d’entre eux tuèrent « 35 000 cadres de
l’armée et du parti soviétiques entre 1945 et 1951 »[13], dirigés par leurs amis étrangers, non plus seulement allemands, mais aussi américains.
De la légende post-Stalingrad du combat pour l’indépendance nationale aux articles du Monde de janvier 2023
La défaite du Reich se profilant après Stalingrad, l’OUN-UPA commença
à s’inventer une histoire « résistante » : clé de la propagande
russophobe actuelle, cette légende fut diffusée dans tout l’« Occident »
quand la clique Bandera devint officiellement « alliée » contre l’URSS.
Ainsi se développa le mythe d’une « résistance des nationalistes
ukrainiens » aussi antinazie qu’antibolchevique, qu’entretient désormais
la grande presse « occidentale ». Le Monde a consacré les 7 et
8 janvier à Bandera, deux articles à ce héros naïf de l’indépendance
ukrainienne. Le premier, « Stepan Bandera, l’antihéros ukrainien
glorifié après l’agression russe » poussait l’indulgence à tel point
qu’il y en eut, peut-être devant des réactions nombreuses, un second. Le
titre fut plus engageant ‑‑ « Guerre en Ukraine : le mythe Bandera et
la réalité d’un collaborateur des nazis » ‑‑, pas le contenu : Bandera
« luttait par tous les moyens pour libérer l’Ukraine des jougs
successifs de la Pologne et de l’Union soviétique ». Il ne collabora
avec « l’Allemagne nazie » que pour ce noble objectif qui lui fit voir
en Hitler « un allié possible pour lancer la révolution nationale
ukrainienne contre l’oppresseur soviétique qui avait orchestré, entre
autres atrocités, la grande famine de 1932-1933, l’Holodomor, décimant
de 3 à 5 millions d’Ukrainiens. » Il avait donc bien des excuses.
Les deux articles, truffés de gros mensonges et de mensonges par
omission, font de Bandera « un symbole de résistance et d’unité
nationale », un héros complexe et « contesté ». Ce qualificatif a
indigné Arno Klarsfeld, qu’alarme désormais la glorification
« occidentale » des nazis ukrainiens : « Le Monde devient un
journal partial et mensonger : Bandera n’est pas une figure
“controversée”, il a activement participé à la Shoah. Comment Le Monde qualifierait
Goring ? “controversé” lui aussi ? honte pour un journal sérieux !!!
c’est réellement honteux. » Le 15 mars 2014, le journal admettait encore
que le coup d’État de Maïdan avait mis les nazis à la tête de
l’Ukraine. Certes, avec sa russophobie héritée de l’organe du Comité des
Forges, Le Temps, son prédécesseur : « L’extrême droite
ukrainienne, cible inespérée pour Moscou. La visibilité sur Maïdan des
groupuscules néonazis, ultra-minoritaires, nourrit la propagande russe
contre le nouveau pouvoir à Kiev ». Alors, fondée ou pas? La science
historique avait avancé dès 1987, avec Tottle sur la « famine
génocidaire », sur les massacres et sur les escroqueries de l’OUN-OPA
sur ses activités de 1929 à 1945[14].
Rossolinski-Liebe ‑‑ dont l’après-« révolution orange » en Ukraine a
menacé la sécurité personnelle et interdit les conférences ‑‑, a
complété le tableau sur le criminel absolu Bandera. L’article du Monde du 8 janvier mentionne sa thèse, sans mot dire, et pour cause, de son contenu.
La tutelle américaine sur le dossier ukrainien depuis 1944-1945
Les héros ukraino-nazis de « l’indépendance nationale » ont compté
beaucoup dans les longs préparatifs de la présente ère américaine de
l’Ukraine. Dans leur objectif de conquête mondiale, les États-Unis
incluaient la Russie en général, et l’Ukraine en particulier, mais
durent ici se contenter à l’ère allemande de « l’Europe » d’un rôle
mineur[15].
Le capital financier américain s’était, depuis 1919, associé aux
capitaux allemands en Europe orientale. Sa grande presse, dont Hearst,
porte-parole des milieux germano-américains, participa à la campagne sur
« la famine génocidaire en Ukraine » à partir de 1935 – cinquante ans
avant le tapage reaganien sur « l’Holodomor » (son nouveau nom)[16].
La fin de la Deuxième Guerre mondiale sonna l’heure, sinon de la relève
du Reich, de la collaboration avec les héritiers du Reich en vue,
notamment, de la conquête de l’Ukraine.
La stratégie américaine de conquête de l’Europe entière se dévoila
entre le compromis territorial de Yalta en février 1945, haï d’emblée,
et la décision définitive, en 1947-1948, de liquider, non seulement la
zone d’influence soviétique, mais l’État soviétique avec. La tâche fut
confiée à Frank Wisner et George Kennan. Wisner, avocat d’affaires de
Wall Street, avait été envoyé en 1944 en Roumanie par l’avocat
d’affaires Allen Dulles, chef de l’OSS-Europe depuis novembre 1942, à
Berne : il fallait éviter un avenir soviétique à ce pays champion des
massacres antisémites en négociant avec ses élites qui y avaient trempé[17]. Kennan, diplomate, avait passé sa carrière, depuis 1931 à Riga (Lettonie) puis dans divers postes, à combattre l’URSS[18].
Le Département d’État confia donc à ce tandem, dans le cadre de la CIA
(successeur officiel de l’OSS) fondée en juillet 1947, l’application de
la directive 10/2 du National Security Council du 18 juin 1948 qui prescrivait la liquidation générale du socialisme européen[19].
Vedette de la Guerre froide, Kennan, raisonnable depuis sa retraite,
mit, en vain, Washington en garde contre l’expansion de l’OTAN à l’Est,
contre la Russie, après 1991[20].
L’Ukraine occupait dans cette ligne un rôle central, et Washington
s’appuya sur l’expérience de l’Allemagne (occidentale) redevenue alliée à
peine vaincue (comme après la Grande Guerre). L’historien Christopher
Simpson a décrit dès 1988 l’incroyable sauvetage-recyclage par l’OSS et
ses successeurs (« Strategic Services Unit » puis CIA) des criminels de
guerre européens, Allemands et Ukrainiens en-tête. Harry Rositzke, chef
depuis 1945, à Munich, des « opérations secrètes à l’intérieur de
l’URSS » des nazis ukrainiens – et agent loyal qui ne cita aucun nom ‑‑,
fit cet aveu en 1985 : « Nous savions parfaitement ce que nous
faisions. La base du boulot était de se servir de n’importe quelle
ordure du moment qu’elle était anticommuniste »[21].
Les historiens américains Breitman et Goda, spécialistes de la
« Shoah » collaborateurs réguliers du Département d’État, ont complété
le dossier en 2010.
Washington eut grand besoin du Vatican qui, sauveteur de masse des
criminels de guerre via le clergé européen, maintint sa collaboration
avec les héritiers du Reich mais l’adapta à son alignement sur les
États-Unis maîtres de l’« Europe occidentale » et grands bailleurs de
fonds (à usage intérieur, italien, et international). La Curie continua à
gérer son vivier uniate de Lvov, via les prélats et les prêtres
clandestins. Avait succédé à Szepticky décédé en novembre 1944 le chef
bandériste Ivan Bucko, ancien « évêque auxiliaire de Lvov » (depuis
1929), associé aux préparatifs de Barbarossa puis à la
« rechristianisation » ratée des Russes. Washington agréa dès l’été 1945
cet « expert du Vatican sur les questions ukrainiennes [d’]opinions
radicalement antirusses », comme « visiteur apostolique des Ruthènes de
l’armée d’Ukraine » (l’OUN-UPA), chef, à Rome, jusqu’en 1971, « des
Ukrainiens en Europe occidentale »[22].
Dès juillet 1944, juste avant l’entrée de l’Armée rouge à Lvov, les
massacreurs du « Conseil suprême ukrainien de libération » (UHVR)
avaient, prélats compris, traité, sous l’aile romaine, « avec les
gouvernements occidentaux ». Les alliés-rivaux anglais et américains
collaborèrent avec les groupes dirigés, d’une part, par Bandera-Stetsko
(80% des effectifs ukrainiens des « camps de personnes déplacées en
Australie, au Canada, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et autres pays
occidentaux à la fin des années 1940 ») et, d’autre part, par Lebed et
le prélat uniate Ivan Hrinioch, agent de liaison avec le Vatican[23].
Les Américains avaient dès mai 1945 récupéré et installé, tout près
de Munich, comme espion en chef, le général nazi (membre du NSDAP) de la
Wehrmacht Reinhard Gehlen : chef du « renseignement militaire allemand
sur le front de l’Est » dans l’URSS occupée (Fremde Heere Ost,
FHO), Gehlen, responsable des « interrogatoires », avait dirigé les
collaborateurs soviétiques de toutes les régions occupées, dont
l’Ukraine et fabriqué depuis 1942 l’armée Vlassov. Ces soldats de
l’Armée rouge ralliés à la Wehrmacht pour ne pas périr formèrent des
bandes criminelles qui rendirent, en URSS et jusque contre les
résistants français en 1943-1944[24],
les mêmes services que les nazis uniates. Gehlen, grand criminel de
guerre, reçut en 1945 d’immenses responsabilités : l’espionnage de
renseignement et d’agression contre l’URSS, mais aussi l’action anticommuniste
en zone américaine. Adenauer, qui l’appréciait autant, lui confia, à la
fondation de la RFA, à l’automne 1949, ses services secrets : le grand
nazi Gehlen dirigea donc le Bundesnachrichtendienst (BND) jusqu’à sa retraite en 1968[25].
Vu l’expérience allemande acquise depuis la décennie 1930, son apport
en Ukraine fut décisif. Entouré exclusivement d’anciens nazis, dont ses
anciens adjoints en URSS occupée, Gehlen maintint donc sans rupture la
collaboration germano-ukrainienne.
Londres et Washington collaborèrent et rivalisèrent dans l’usage de
Bandera et de ses sbires. Washington fut plus discret mais laissa les
bandéristes (majoritaires) et autres membres de l’OUN se reconstituer à
Munich et alentour. Les alliés-rivaux refusèrent sous tous les prétextes
de livrer Bandera et autres criminels de guerre ukrainiens « réfugiés »
à l’URSS, qui les réclamait depuis le début de 1946 pour les juger. Les
Américains aidèrent Bandera à s’installer à Munich dès août 1945, lui
forgèrent des papiers d’identité (au nom de Stefan Popel) et autres faux
documents, dont l’un d’« interné dans les camps de concentration nazis
du 15 septembre 1941 au 6 mai 1945 [et] libéré du camp de concentration
de Mauthausen » ‑‑ une des légendes de la presse « occidentale »
actuelle. Ils le logèrent et lui procurèrent maintes facilités, dont un
lot de cartes de journaliste, y compris pour un journal « français ».
La CIA confia à Gehlen et à son BND le soin de « traiter » le
compromettant Bandera, au service des « opérations » militaires en
Ukraine – toujours classifiées. Bandera rapportait directement à Heinz
Danko Herre, ancien second de Gehlen à la Fremde Heere Ost affecté
entre autres à l’armée Vlassov et qui, « principal conseiller de
Gehlen » au BND, adorait Bandera : « nous le connaissons depuis à peu
près 20 ans, et, il dispose en Allemagne et en dehors, de plus d’un
demi-million de partisans. » Washington fit traîner la demande de visa
pour séjour aux États-Unis déposée par Bandera depuis 1955, mais le BND
voulait mettre en contact direct son cher Bandera et les nazis
ukrainiens d’Amérique, immigrés par dizaines de milliers depuis la fin
des années 1940 : la complicité entre CIA et ministère de la Justice
américain permit de violer la loi interdisant l’immigration aux nazis.
« Les responsables de la CIA de Munich » finirent par accepter
« l’octroi du[dit] visa en 1959 », mais Bandera ne put gagner les
États-Unis : un agent du KGB l’exécuta à Munich, le 15 octobre 1959,
« les Soviétiques ayant décidé qu’ils ne pouvaient se permettre la
résurrection de l’alliance entre l’espionnage allemand et les fanatiques
ukrainiens » (Breitman et Goda). Voilà pourquoi l’actuel « héros
national » de l’Ukraine « indépendante » n’étendit pas ses activités
outre-Atlantique.
Washington avait poursuivi, toujours en collaboration avec le BND,
ses œuvres en Ukraine et alentour, notamment en Tchécoslovaquie, « la
CIA fournissant l’argent, les approvisionnements, l’entraînement, les
facilités radio et les parachutages des agents entraînés » de l’UPA. Aux
États-Unis mêmes, la CIA promut d’autres alliés bandéristes en hérauts
de la « démocratie » ukrainienne, tel Mykola Lebed, « sadique notoire et
collaborateur des Allemands », qui avait début 1945 pris contact avec
Allen Dulles à Berne : elle fit immigrer ce « chef responsable
d’“assassinats de masse d’Ukrainiens, de Polonais et de juifs” »,
dénoncé par des immigrés d’Europe orientale, l’installa à New York en
« résident permanent », puis fit naturaliser ce chef de la propagande
« nationale ukrainienne » aux États-Unis. Depuis 1955, « des tracts
furent jetés par avion au-dessus de l’Ukraine, et des émissions de radio
intitulées Nova Ukraina furent diffusées depuis Athènes pour consommation ukrainienne ». Tous les pays de l’OTAN furent mobilisés à cet effet.
Quand le fiasco hongrois de novembre 1956 eut stoppé les actions
militaires en Europe orientale (et poussé l’obsessionnel Wisner à la
folie[26]),
fleurit une prétendue « association sans but lucratif » (financée,
comme le reste, par la CIA), dite Prolog, chargée d’inonder l’Ukraine de
propagande antisoviétique. Hrinioch, second de Lebed, en dirigea
l’antenne de Munich, l’« Ukrainische Gesellschaft für Auslandsstudien »
(Société ukrainienne pour les études sur l’étranger). En « 1957, Prolog
diffusa 1 200 programmes radiophoniques à raison de 70 heures par mois,
et distribua 200 000 journaux et 5 000 tracts. » Elle organisait la
distribution des « livres d’écrivains et poètes ukrainiens
nationalistes », y compris en Ukraine soviétique, « jusqu’à la fin de la
Guerre froide ». Elle « finançait le voyage des étudiants et des
universitaires ukrainiens aux conférences universitaires, aux festivals
internationaux de la jeunesse » et autres manifestations : à leur
retour, les subventionnés rendaient compte à la CIA. Prolog était le
seul « truchement des opérations de la CIA en direction de la République
soviétique d’Ukraine et de ses quarante millions de citoyens
ukrainiens. »
Dans les années 1960, les bandéristes américains, dont Lebed, firent
leur conversion publique au philosémitisme, dénonçant systématiquement
« les Soviétiques pour leur antisémitisme » ‑‑ thème très en vogue ces
temps-ci. L’aristocrate catholique polono-américain Zbigniew Brzezinski,
pilier depuis les années 1950 de la subversion permanente de l’URSS et
de la scission Ukraine-Russie[27],
préconisa en 1977, comme conseiller à la sécurité nationale de Jimmy
Carter, l’extension de ce magnifique programme. Dans les années 1980,
entre Carter et Ronald Reagan, Prolog se diversifia en direction des
« autres nationalités soviétiques, qui incluaient les dissidents
soviétiques juifs, suprême ironie », selon Breitman et Goda. Tactique
géniale, après des décennies d’hostilité ou d’indifférence aux juifs
européens[28], puisque la propagande « occidentale » transforma une URSS jadis haïe comme judéo-bolchevique en symbole de l’antisémitisme.
Les opérations américano-germano-ukraino-nazies contre l’URSS et
l’Europe orientale, nommées « Cartel » puis « Aerodynamic » puis, dans
les années 1980, « Qrdynamic », « Pddynamic » et « Qrplumb »[29] n’avaient
jamais cessé. L’étude de Breitman et Goda s’achève en 1990, « au seuil
de l’effondrement » de l’URSS : tout était alors prêt, en Ukraine, pour
la phase suivante, gérée par Mme Nuland et les siens.
[1]La Documentation français, n° 664, 10 juillet 1947, en ligne.
[5] Sauf
la Chine, désormais « populaire », s’y retrouvent es puissances
« démocratiques » de la coalition russophobe de l’OTAN de 2022, dont les
États-Unis, l’ex-Empire britannique (Canada et Australie inclus), la
France, le Japon, la Pologne, l’Italie (liste complète : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intervention_alli%C3%A9e_pendant_la_guerre_civile_russe )
[9]Stepan Bandera, The Life and Afterlife of a Ukrainian Nationalist.Fascism, Genocide and Cult, Stuttgart, ibidem Press, 2014, , pas traduite en français
[10] Raùl Hilberg, La destruction des juifs d’Europe, Paris, Gallimard, 1991, 2 vol., vol. 2, p. 612-642.
[12] Richard Breitman et Norman Goda, Hitler’s Shadow : Nazi War Criminals, US Intelligence and the Cold War, National Archives, 2010, http://www.archives.gov/iwg/reports/hitlers-shadow.pdf,
p. 76, et tout ce chapitre 5 « Collaborators : Allied intelligence and
the Organization of Ukrainian Nationalists », p. 73-97 (désormais
traduit, À l’ombre d’Hitler. Les services secrets américains et les criminels nazis pendant la Guerre froide,
Paris, J.-C. Godefroy, 2022, ce chapitre 5 : « Collaborateurs :
l’espionnage allié et l’organisation des nationalistes ukrainiens
(OUN) »).
[13] Geoffrey Roberts, Les guerres de Staline, Paris, Delga, 2014 p. 437 (1e édition, Stalin’s Wars, 2006).
[15] Roman Dmowski, L’avenir de la Pologne, chap.
« La question ukrainienne », traduction annexée à la lettre 396 de
Jules Laroche, Varsovie, 24 août 1930, URSS 1918-1940, vol. 678,
archives diplomatiques.
[16] « The Hearst press. The campaign continues »,Tottle, Fraud, Famine and Fascism, chapitre 2, p. 13-21.
[17] Burton Hersh, The American Elite and the origins of the CIA, New York, Scribners, 1992, index Wisner.
[20] Entretien
James Peck, professeur d’histoire adjoint, New York University,
collaborateur de Kennan pour ses ouvrages depuis les années 1980, avec
le journaliste chinois Xia Wenxin, Global Times (GT), 29 mars 2022, https://www.globaltimes.cn/page/202203/1257094.shtml
[21] Interview du 16 janvier 1985, citée in Simpson, Blowback, p. 159, ce chapitre 12, et index Bandera et Lebed ; Rositzke, The CIA’s Secret Operations : espionage, counterespionage, and covert action, New York, Routledge, 2019 (1e édition, 1977).
[22]Le Vatican, l’Europe et le Reich, chap. 10-11, sur l’Ukraine soviétique, p. 614-615 et index Bucko.
[23] Mêlés, Breitman et Goda, Hitler’s Shadow, p. 77, et Rossolinski-Liebe, Stepan Bandera, plus précis, p. 280.
[24] Lacroix-Riz, La Non-épuration en Francede 1943 aux années 1950, Paris, Dunod-Armand Colin, 2019, poche, 2022, p. 47, 82.
[25]Simpson, Blowback ; Naftali, « Reinhard Gehlen and the United States », in Breitman et al., U.S. Intelligence and the Nazis, p. 375-418. Pionnier, le journaliste E.H. Cookridge, agent de renseignements des Anglo-Américains pendant la guerre, Gehlen, spy of the century, London, Hodder and Stoughton, 1971.
[26] Puis au suicide (1965), Hersh, The old boys, et Simpson, Blowback, index Wisner.