mardi 28 mars 2023

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Méga-bassines et élection du nouveau patron de la Fnsea

N'en déplaise à certains, la Fnsea fait partie des organisations patronales françaises et donc défend les intérêts de cette catégorie dont  justice sociale et progrès environnemental sont encore moins épais que du papier à cigarette.

Pour s'en convaincre davantage, pris sur le site internet de la Fnsea pour les intentions de vote de ses adhérents au premier tour de la présidentielle de 2022 : 30% Macron, 13% Pécresse, 12% Zemmour, 11% Le Pen, 9% Mélenchon, 8% Lassalle, 7% Jadot, 3% Dupont Aignan, 1% Philippe Poutou, Fabien Roussel et Anne Hidalgo. Je vous laisse faire les calculs.

Ce mardi, se tient le congrès de la Fnsea et Arnaud Rousseau va en être le prochain Taulier. Important céréalier, il cumule plusieurs mandats de direction dans l'agrobusiness. Son programme: méga-bassines ou comment capter gratos l'eau de pluie pour l'agriculture industrielle; retour aux pesticides et agenda pro-OGM. Deux ministres seront au congrès de la Fnsea: celui de l'Agriculture à la sauce Macron et celui de l'écologie à la sauce du capital. Peut-être une redondance, non?

Le ministre de la police sera lui absent. Le sieur Darmanin a toujours plus de chats à fouetter ailleurs que sur Sainte-Soline, cette méga-bassine qui plait beaucoup à la Fnsea et au capital. Là aussi, peut-être  encore une redondance...

Pour le ministre de la Police, j'allais écrire qu'il a d'autres chats à bombarder.

Mais non, on est dans la patrie des droits de l'Homme, pas d'usage intempestif des forces de l'ordre. Qu'est qu'ils ont donc à nous enquiquiner le Conseil européen des droits de l'homme, l'Onu, la Défenseuse des droits de l'homme en France et la Ligue des droits de l'homme sur ce qui se passe en ce moment dans les manifs. Ils en voudraient du bâton à la fin?

D'ailleurs, la photo ci-dessus, piquée dans Médiapart, montre bien des adhérents du syndicat patronal agricole en train de bosser, tout simplement. NON?

Note de P.

Dire qu on paye un pognon de dingue avec nos impôts pour que les flics s'entrainent et fassent joujou sur leurs engins "agricoles" pour taper sur les citoyens imposés !!!! 

Aux ordres du pyromane de l'Elysée élu  par des naïfs pour gouverner  la France et qui se prend depuis pour Louis XVI.....Au fait, qu'est ce qui lui est arrivé, à celui-là?

FASCISTE DONNEUR DE LEÇON


Contre "le régime algérien en place"

Le préfet Nunez, matraqueur à Paris, trouve le temps d’insulter l’Algérie.

Les paris sont ouverts, qui sera le champion de la répression entre l'exécrable Lallemand, qui a quitté sa place de premier flic de la capitale pour la laisser à Nunez qui vise à son tour la plus haute marche du podium ? Partage de la peur, angoisse communiquée par le tremblant de l’Élysée : c'est le feu vert : "on peut cogner chef". Entre deux coups de matraques, Nunez a trouvé le temps d'insulter la République d'Algérie. Il est fort ce protégé de Macron.

Le 13 févier 1991 j’étais à Bagdad quand un bombardier furtif américain – en opération humanitaire – a largué une bombe – forcément démocratique – sur un abri du quartier d’Amiriya. A l’intérieur plus de 400 femmes et enfants sont morts. Et il a été difficile de faire le compte exact de corps brûlés et broyés. Puisque le pilote n’était pas un barbare, mais un soldat du bien semant les graines d’un meilleur avenir, personne n’a imaginé traduire ce criminel contre l’humanité devant un tribunal. Une Cour Pénale Internationale quelconque.

Quelque temps plus tard Madeleine Albright, Secrétaire d’Etat des USA dira, un sourire de vipère accroché aux lèvres, qu’en Irak : « 500 000 enfants morts valaient bien le prix de la démocratie » ! Avoir vécu les moments de ces infamies m’a définitivement éloigné d’un droit-de-l’hommisme qui n’est qu’une Arme de Destruction Massive où le poison des mots remplace la poudre. J’écris ces quelques mots de préambule alors que j’entends évoquer le dernier avatar opposant la France à l’Algérie. Et vous me direz « Quel rapport entre les missiles de Bagdad et les relations entre l’Algérie et une France si hautement civilisée ? ».
Je vous affirme qu’il existe. La nécessité intime qu’ont les français, et leur cortège d’ONG si généreuses, de faire plier l’Algérie relève d’un post impérialisme imposé par le « bien », celui qu’on pouvait lire dans le ciel irakien noir de ferraille et de fureur. J’exagère ? Oui j’exagère.

Les oukases du camp des maîtres, ceux qui continuent de faire la leçon, ont l’avantage insigne de ne pas expédier des innocents à la morgue. Pourtant ce post colonialisme continue de provoquer des blessures cent quatre-vingt-seize ans après la prise d’Abd el Kader et sa smalah. Vous trouverez trop peu de français qui n’aient pas une saloperie à lancer sur le dos de l’Algérie. Un pays qui, dans leur imaginaire, continue d’être un chez-soi occupé par des squatteurs arabes et berbères. Qui donnera la moindre excuse à un pays vieux de soixante ans, jadis grandi sous le canon colonial, puis libéré par lui-même dans l’atrocité de la guerre ? Il y a quelques jours j’ai pris un taxi algérien qui m’a raconté, sa maison étant détruite par l’armée française, son enfance dans un « camp de transit » entre les barbelés et des murs en terre. Comment oublier, effacer une telle histoire ?

Le sommet du mépris étant atteint quand l’Algérie est devenue la première cible des fous d’Allah baptisés GIA. A cet instant le si généreux Occident, plutôt que de venir en aide aux assiégés, a laissé faire et même parfois protégé les terroristes. Le mensonge qu’il fallait propager dans les médias était « Le qui tue qui ? » Une sale baliverne qui voulait faire croire que les militaires algériens entretenaient cette guerre pour mieux tenir le pouvoir... Une infamie. Ai-je dit que l’Algérie était un Eden, le monde en idéal ? Non. Mais je me tais puisque la parole et les actes « français » ont ici commis tous les crimes et que ne prévalent que le silence et le recueillement des cimetières.

L’Algérie fait l’objet d’attaques continuelles au nom des droits de l’homme de la part d’ONG fantoches financées par la CIA et le capitalisme, la seule internationale existant aujourd’hui. Les bouches et les écrits des « bombardeurs » de Bagdad ont pris le manche des pilotes : on flingue mais en douceur. Un exemple me vient. Lors de la dernière réunion du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU la France a sommé l’Algérie d’adopter une législation qui protège mieux les femmes des violence familiales. C’est parfait. Mais au même moment un certain Emmanuel Macron, réputé être président de la République Française, part en goguette avec son frère Kamel Daoud. Un ami et conseiller intime pourtant condamné par un tribunal d’Oran pour avoir frappé son ex-femme ! On tire l’oreille de l’Algérie mais on laisse la sienne intacte pour mettre en valeur la rouflaquette. Après cela, allez vous étonner que les Algériens soient « paranoïaques », mal embouchés, méfiants et toujours à se plaindre. Et qu’ils se méfient des « influences étrangères »...

L’origine de ma colère du jour me vient d’une lettre scandaleuse écrite par le préfet de police de Paris Laurent Nunez à un groupe de citoyens algériens ou franco-algériens, vivant en France et soucieux, par une manifestation symbolique, de montrer leur « désapprobation de cette diffamation » dont souffre leur pays d’origine. Le 14 mars le « Collectif unitaire Franco-Algérien » dépose à la préfecture de Paris une demande afin de manifester le 19 mars place de la République. Rien que de très banal puisque cette même place sert d’open bar à des groupes qui, eux, manifestent contre le gouvernement algérien, ce qui est leur droit. Pouvait-on croire.

Car la réponse est non. Il est bien vu, par la France, de venir secouer des oriflammes sous la statue de la République pour réclamer la mort de la république algérienne. Mais interdit de la soutenir. Pire, dans son courrier le préfet Nunez, il est vrai élevé dans la nostalgie d’une Algérie pays perdu, ose écrire les mots suivants : « Considérant que plusieurs rassemblements contre le régime algérien en place se dérouleront quant à eux également le 19 mars... ». C’est « non » car on ne peut soutenir « le régime algérien ». Vous avez bien lu : le « régime », comme celui de Vichy... Abdelmadjid Tebboune aurait-il quelque chose de Pétain ? Tout cela sous la signature d’un préfet qui fût un temps, heureusement court, ministre de la République Française.
Pour conclure, il est enrichissant d’apprendre que l’Algérie n’est pas une République mais un « régime en place », dont on attend qu’il la perde. Visiblement, trop occupé à danser la lambada à Kinshasa, à reconstruire le Liban, à envahir la Russie, Emmanuel Macron a autre chose à faire que contrôler l’insulte faite à un pays souverain. Après tout, il en a l’habitude.

Jacques-Marie BOURGET

PHOTO : interdits de manifestation Place de la République, des Algériens patriotes et solidaires de leur pays, se sont rassemblés ce dimanche 19 mars 2023 Place Colonel-Fabien. Photo Brahim MADACI

 


La présence d’armes nucléaires au Belarus détruira l’un des principaux mythes de l’Occident

Voici un article tout à fait fondamental pour permettre de comprendre ce qui se joue désormais y compris en matière nucléaire en Europe, nous devons exiger la paix face à nos gouvernants dont nous mesurons bien la manière comment dans ce domaine comme d’autres ils se sont enfermés dans leur propre impuissance et n’ont pas la moindre idée de la manière d’arrêter ce qu’ils ont eux-même déclenché. “Le déploiement d’armes nucléaires russes au Belarus signifierait une escalade et une menace pour la sécurité européenne, a déclaré le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell. Il est intéressant de noter qu’il ne considère pas la présence d’armes nucléaires américaines en Europe comme une escalade” dit l’article, comme les mêmes feignent de s’indigner de la manière dont les Russes ont mis des enfants à l’abri des combats, mais n’ont aucun problème à l’idée que la Grande-Bretagne livre des munitions à l’uranium appauvri empoisonnant durablement les zones dans lesquelles vivent ces enfants… (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://vz.ru/politics/2023/3/26/1204783.html

26 mars 2023, 19:20
Photo : MOD Russia/Twitter.com/Global Look Press
Texte : Rafael Fakhrutdinov

La Pologne sera désormais beaucoup plus prudente dans ses décisions de déployer des forces près de la frontière avec le Belarus”. C’est en ces termes que les experts expliquent la déclaration sensationnelle de Vladimir Poutine, qui s’est dit prêt à déployer des armes nucléaires russes au Belarus. La réaction de l’Europe est paradoxale : pour une raison ou une autre, l’Europe ne se soucie pas de la présence d’armes nucléaires américaines sur son territoire.

Moscou et Minsk ont convenu de déployer des armes nucléaires tactiques (TNW) sur le territoire de la Biélorussie, a déclaré le président russe Vladimir Poutine. “Nous avons déjà aidé les Bélarussiens : nous avons rééquipé des avions, 10 avions sont prêts à utiliser des armes nucléaires, nous leur avons remis l’Iskander. Le 3 avril, nous commencerons à former les équipages et à construire une installation de stockage pour les armes nucléaires. Nous ne transférons pas nos armes nucléaires au Belarus, mais nous les déployons et formons les militaires comme les États-Unis l’ont fait en Europe”, a-t-il déclaré dans une interview accordée à Russia 24.

M. Poutine a précisé que les armes seraient déployées sans violer les obligations internationales en la matière. Selon le président, la raison d’une telle mesure est la déclaration du Royaume-Uni concernant la fourniture de munitions à l’uranium appauvri à l’Ukraine.

Le chef d’État a indiqué que le Belarus demandait depuis longtemps à accueillir des armes nucléaires russes. Il a ajouté que Moscou faisait ce que les États-Unis font depuis des décennies. “Ils ont des alliés dans certains pays et préparent leurs porte-avions et leurs équipages”, a déclaré M. Poutine, cité par RIA Novosti.

Les États-Unis ont déjà réagi à la décision de Moscou, selon Reuters. “Nous ne voyons aucune raison d’ajuster notre propre position nucléaire stratégique, ni aucune indication que la Russie se prépare à utiliser des armes nucléaires”, a déclaré un haut fonctionnaire de l’administration présidentielle américaine.

Cette évolution a suscité des critiques à Kiev. “Le Kremlin a pris le Belarus en otage nucléaire”, a déclaré Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité nationale et de défense. L’Ukraine a demandé une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies à ce sujet.

L’OTAN a qualifié la décision de Moscou de “dangereuse et irresponsable”. La vice-présidente bulgare, Iliana Yotova, a appelé à des négociations urgentes entre la Russie et l’Ukraine, soulignant que la situation devenait “de plus en plus dangereuse et effrayante”. Le ministère allemand des affaires étrangères a qualifié les actions de la Russie de “nouvelle tentative d’intimidation nucléaire”, selon Welt.

Le journal VZGLYAD a écrit que les avions d’attaque Su-25 sont susceptibles d’être modernisés pour les TNW au Belarus, ainsi que les chasseurs MiG-29. Il pourrait également être question de réviser un petit nombre de bombardiers de première ligne Su-24M qui, à la fin de l’Union soviétique, constituaient le principal vecteur des armes nucléaires aéroportées.

En outre, Vladimir Poutine a mentionné les complexes Iskander. Les missiles de ce complexe peuvent également être équipés d’ogives nucléaires. La portée des missiles Iskander est de plusieurs centaines de kilomètres et ces missiles ne peuvent pas être interceptés par les systèmes de défense aérienne modernes.

Le déploiement d’armes nucléaires russes au Belarus signifierait une escalade et une menace pour la sécurité européenne, a déclaré le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell. Il est intéressant de noter qu’il ne considère pas la présence d’armes nucléaires américaines en Europe comme une escalade.

Cette présence est largement connue. Elle est présente en Europe depuis la guerre froide. En particulier, en 2019, une commission de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a publié un rapport révélant où les États-Unis déploient leurs bombes nucléaires B61. 20 bombes sont déployées sur la base aérienne de Büchel, près de Kochem, en Allemagne, dont le 702e escadron de l’US Air Force est responsable.

Vingt-deux autres bombes se trouvent sur la base de Klein Brogel, où est stationnée la 10e escadre aérienne tactique de l’armée de l’air belge. 20 bombes se trouvent sur la base de Volkel, aux Pays-Bas. 35 bombes sont placées dans le nord-est de l’Italie, à 50 kilomètres à l’ouest de la ville d’Udine. L’Italie dispose également d’un autre site de stockage d’armes nucléaires : 40 bombes se trouvent sur la base de Gedi-Torre, dans le nord du pays, à 15 kilomètres de Brescia.

Enfin, la base la plus orientale du commandement de l’armée de l’air américaine en Europe est celle d’Incirlik, où sont stationnés la 39e escadre d’aviation de l’armée de l’air américaine, la 10e escadre de l’armée de l’air et le 2e commandement de l’armée de l’air turque. La base stocke 50 bombes atomiques, selon la Military Review («Военное обозрение»).

Mais après l’effondrement de l’URSS, la Russie a retiré toutes ses armes nucléaires des anciennes républiques soviétiques. D’importants arsenaux se trouvaient en Ukraine, au Kazakhstan et même au Belarus. En fait, dans une certaine mesure, la situation est revenue à ce qu’elle était à l’époque soviétique – après tout, les États-Unis n’ont jamais retiré leurs armes nucléaires d’Europe.

“D’un point de vue militaire, le déploiement de TNW au Belarus n’est pas essentiel. Tous les pays essaient de placer leurs armes nucléaires loin de leurs frontières afin qu’elles ne soient pas rapidement détruites lors d’un éventuel conflit militaire de grande ampleur”, a déclaré l’académicien Alexei Arbatov, de l’Académie des sciences de Russie.

“Les États-Unis ont de nombreuses possibilités de déployer des armes nucléaires non conventionnelles plus près de la Russie, en Pologne, dans les pays baltes, en Roumanie et en Bulgarie. Mais ils ne le font pas pour ne pas mettre ces armes en situation de grande vulnérabilité.

En outre, d’un point de vue militaire, le fait de placer des TNW sur le territoire d’un allié ne signifie pas que l’on est prêt à les utiliser, a souligné l’expert.

“Ni la Russie ni les États-Unis n’ont le droit de transférer des armes nucléaires à d’autres pays, ce qui est interdit par les articles 1 et 2 du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires”, a rappelé l’interlocuteur. – Les TNW au Belarus seront à la disposition des forces techniques nucléaires de la 12e direction principale du ministère russe de la défense. Il s’agit d’un service distinct qui ne peut transférer des TNW aux troupes que sur ordre du commandant en chef des forces armées russes, c’est-à-dire du président. Et ce service n’est subordonné qu’à lui, directement.

Le président du Belarus a effectivement fait part de son souhait de voir les armes nucléaires russes sur le territoire de son pays. “Je proposerai à Poutine de ramener les armes nucléaires en Biélorussie”, a déclaré le dirigeant biélorusse en 2021. Quelle est sa motivation ?

“Pourquoi Loukachenko en a-t-il besoin ? Cela confirme la force de l’alliance entre Minsk et Moscou. Désormais, la sécurité du Belarus est assurée non seulement par des forces polyvalentes, mais aussi par des armes nucléaires. En outre, cela renforce le poids politique du dirigeant biélorusse sur la scène internationale, en Europe en premier lieu”, a conclu M. Arbatov.

Toutefois, pour la Russie également, ce qui se passe est tout à fait logique d’un point de vue politique. “Le déploiement de TNW au Belarus est un signal que Moscou envoie aux États-Unis et à l’UE : la création d’une force anti-russe par procuration à partir de Kiev, l’approvisionnement de l’Ukraine en armes et l’extension de la présence militaire américaine en Europe de l’Est augmentent les risques d’un conflit direct entre la Russie et l’OTAN, d’une confrontation prolongée et d’une course aux armements”, explique Dmitri Souslov, directeur adjoint du Centre d’études européennes et internationales intégrées de la Haute école d’économie.

“Les États-Unis et l’Union européenne tentent de se convaincre et de convaincre le monde entier que leur politique en Ukraine n’entraîne pas de risques stratégiques accrus. La Russie souhaite détruire ce mythe. C’est pourquoi Moscou prend de telles mesures : suspension de la participation au traité de réduction des armes stratégiques, déploiement d’armes nucléaires dans un État voisin”, a expliqué l’interlocuteur.

“Une tâche extrêmement importante pour la Russie est d’inspirer aux élites des États-Unis et de l’UE la crainte d’une véritable guerre à grande échelle, si l’on peut dire – la troisième guerre mondiale. La même peur que celle qui régnait à l’Ouest pendant la guerre froide. C’est la seule chose qui puisse stabiliser la situation aujourd’hui. Lorsque l’Europe et les États-Unis commenceront à parler d’abris antiatomiques et de pansements faits maison, leurs autorités s’engageront dans la voie de la désescalade et du dialogue avec Moscou”, explique l’expert.

“Pour Minsk, en revanche, il s’agit d’une dissuasion accrue envers des pays européens face à un conflit potentiel. La Pologne, par exemple, sera désormais beaucoup plus prudente dans ses décisions de déployer des forces près de la frontière avec le Belarus”, a conclu l’analyste.

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Témoignage de Jacques Texier, présent à Sainte-Soline

Un samedi à Sainte-Soline !

Je tiens à vous faire partager ma journée du 25 mars 2023 à Sainte-Soline, car le matraquage effectué par les chaînes d’info en continu n’est que tissus de mensonges, relais du ministre de l’Intérieur Darmanin ?

Départ de Limoges le samedi 25 à 5h30.

Arrivée au point de ralliement à Vanzay à 7h45, sans aucun contrôle par le groupe de gendarmes posté à la sortie de Chanzay. Seraient-ils en grève pour les retraites ?

A 10h départ des milliers de manifestants pour la bassine de Sainte-Soline, située à quelques kilomètres. Arrivés en vue de la bassine, on a pu assister à la plantation de 300m de haie en bordure du champ et du chemin par des manifestants(es) et des membres de la Confédération Paysanne dont Nicolas Girot, le secrétaire national. Notre énorme cortège progresse vers la bassine et on distingue maintenant nettement un cordon continu de fourgons de gendarmerie stationnés à touche-touche autour de cette gigantesque bassine de 16ha d’emprise au sol (vous pourrez comparer sur les images diffusées par les médias la hauteur d’un fourgon et la hauteur de la digue située à l’arrière. Impressionnant !). Ces véhicules sont accompagnés de véhicules militaires et d’un gros véhicule équipé d’un canon à eau. On voit aussi arriver les quads de la BRAV-M, qui attaquent les manifestants.

Pour mémoire : cette unité spécialisée dans des opérations spéciales est la suite, avec un nouveau nom, des "Voltigeurs motorisés" créés en 1969 par le ministre Raymond Marcellin, un pétainiste décoré de l’ordre de la Francisque. Sous le ministère de Charles Pasqua et son ministre délégué Robert Pandraud, c’est à cette unité spéciale, que l’on doit la mort de Malik Oussekine le 6 décembre 1986 (président : Miterrand, 1er ministre : Chirac).

On voit alors le canon à eau entrer en action. Les manifestants s’approchent de la bassine se tenant par la main, en ligne. Derrière les grilles de clôture se tiennent les gendarmes mobiles, devant leur véhicule, face aux manifestants. Ils distribuent à tout-va des grenades lacrymogènes. Je suis content d’avoir prévu lunettes de piscine, masque FFP2 et sérum physiologique. Une fumée noire et épaisse s’élève alors. D’où nous sommes, nous ne pouvons en distinguer la cause, et nous verrons après plusieurs véhicules de gendarmerie en feu. Les grenades lacrymogènes tombent sans discontinuer. Il faut alors se précipiter pour les couvrir de terre dans ce champ labouré et en éviter la diffusion du gaz. Un véhicule blindé arrive en appui aux gendarmes. Un autre type de grenade est ensuite utilisé, qui explose en l’air en dispersant plusieurs sous-grenades lacrymogènes. Enfin, cerise sur le gâteau, arrive le temps des grenades de désencerclement. J’apprécie alors les bouchons d’oreille dont je me suis muni.

Pour info, ce type de grenade a mutilé un cheminot à Paris (éborgné) et une femme à Rouen (pouce arraché)

Après 2 à 3 heures d’affrontements, les manifestants se replient dans le champ qui fait face à la bassine. Pour rejoindre ce lieu de rassemblement, je dois traverser une route sur laquelle gît un blessé auquel le "médic" fait un bandage serré sur la cuisse. Il ne peut plus marcher mais semble transportable, il est donc évacué vers le lieu de regroupement sur une civière. A quelques mètres de là, un attroupement est stationné sur la même route. Il y a un blessé gravement atteint à la tête semble-t-il. Le SAMU est appelé ; il tarde. Nous nous regroupons sur un grand champ face à la bassine ; les "gardiens de bassine" sont à un centaine de mètres. Le calme règne, beaucoup d’entre nous en profitent pour manger un casse-croûte ; la foule est compacte et paisible. C’est alors que les grenades de désencerclement pleuvent en quantité au milieu de la foule, dans un vacarme assourdissant. J’apprécie les bouchons d’oreille dont je me suis muni. Le danger est énorme : si une grenade tombe dans la capuche d’un manifestant, c’est le carnage. Si c’est à proximité d’un enfant, il perd à jamais l’audition. Les explosions font des blessés en nombre conséquent. L’ambulance n’est toujours pas là ; elle arrivera longtemps après, des ordres ayant été donnés de l’empêcher de rejoindre la zone pour prendre en charge le blessé qui gît toujours sur la route.

Nous rejoignons alors notre point de départ ; je rencontre un élu muni de son écharpe tricolore qui m’indique que les élus(es) présents(es) ont fait une chaîne humaine pour protéger les blessés dont un certain nombre sont allongés à terre et qu’ils ont à ce moment été attaqués par les forces du maintien de l’Ordre (ou plutôt du désordre) à coups de grenades lacrymogènes qui les ont contraints à reculer.

Voilà ce que j’ai vu et ce qui est confirmé, et complété par le communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme que vous trouverez avec ce lien.

Communiqué de l’interobservatoires, dont la LDH est membre, publié à titre de première synthèse.

Vous noterez aussi que la préfète des Deux-Sèvres, Emmanuelle Dubée a refusé la protection aux délégués de la LDH, les considérant comme de simples manifestants, "leur déniant la protection que leur reconnaît le droit international et en contradiction avec la jurisprudence du Conseil d’État. Le matériel d’observation d’une équipe a été confisqué." (extrait du rapport de la LDH).

Enfin, au retour, à l’entrée de Chanzay, donc à 6km du rassemblement, un barrage d’une trentaine de gendarmes contrôlait les véhicules, scannant les papiers d’identité. Pas de contrôle à l’arrivée, contrôle systématique avec prise des coordonnées au retour, dans quel but ? Á chacun d’y réfléchir.

Il est essentiel de faire connaître le communiqué de la LDH, pour combattre l’intox du ministre Gérald Darmanin sur les chaînes des milliardaires, en particulier CNEWS, celle qui a enfanté le candidat Eric Zemmour, et qui distille à l’envi son fiel sur La France Insoumise et les autres groupes de la NUPES.

Cette journée a été pour moi décisive. Nous avons basculé dans un autre type de régime. Lorsque les forces de l’Ordre utilisent du matériel de guerre, lorsqu’elles gazent les représentants du peuple présents avec leur écharpe, lorsqu’on empêche de porter secours aux blessés graves, lorsqu’on confisque aux organisation des Droits de l’Homme leur matériel d’observation, on ne peut pas se prévaloir de la République et on ne peut donc pas demander aux citoyens de respecter le pacte républicain.


Dans son allocution du 22 mars, Macron a dit à la minute 11 : "ni les factieux ni les factions dans la République"


Répondons lui : " Ni le fascisme ni les fascistes dans la République"

Ma participation à cette manifestation a été salutaire. Je suis plus déterminé que jamais


Hasta la victoria siempre !

J.T.

PS : Les journalistes de bureau, ceux qui se bornent à faire du commentaire d’images diffusées en boucle, n’arrêtent pas de demander aux élus ou responsables NUPES, la gauche que Renaud Muselier qualifie de "sale et débraillée", de condamner les violences des manifestants. J’espère bien qu’aucun ni aucune d’entre eux ne s’abaissera à y répondre positivement.

Remarque : A voir la manière dont sont rapportés ces faits dans la plupart des médias, il convient de s’interroger sur l’impartialité des informations concernant la guerre en Ukraine.

Note de Pedrito

Une nouvelle preuve, si c'était encore nécessaire, que les "infos" en boucle des chaines  spécialisées sont une entreprise de bourrage de crâne, de matraquage, par conséquent de désinformation, au pays du Macronistan, notre république bananière aux ordres du petit dictateur


jeudi 23 mars 2023

 par Jean Lévy

Le président russe Vladimir Poutine (g) et son homologue chinois Xi Jinping, le 16 septembre 2022 à Samarkand (Ouzbékistan)

Les médias occidentaux, ceux de France en particulier, veulent nous faire croire à l'isolement de la Russie sur la scène mondiale.

Le président chinois, Xi Jinping, en visite d'Etat à Moscou pour trois jours vient de déclarer : "La Chine considère la Russie comme son coéquipier", ce qui devrait éclairer l'opinion sur le degré de coopération qui existe entre les deux pays et qui va encore se renforcer.

Regardons sur une carte ce que cela représente cette  mise en commun de puissance et de richesses au niveau du globe :

Le dessous des cartes - Chine-Russie : amis pour la vie ? | TV5MONDE Europe

Ces deux Etats sont complémentaires au niveau des matières premières et de leur implication dans les industries de haute technicité : pétrole, minerais en tous genres, dont les terres rares fameuses si recherchées. De même, du point de vue céréales, la Russie peut nourrir la Chine, si pauvre en terres cultivables.

Et ce bloc n'est pas isolé dans un monde multipolaire.

Russie et Chine sont toutes deux impliquées, dans le reste du monde, par des accords de coopération et d'échanges au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) :

 

Organisation de coopération de Shanghai carte pays membres

Et pour compléter le tout, Chine et Russie font partie des BRICS, (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) auxquels frappent à porte pour y entrer l'Algérie et le Mexique.

Une Carte Schématique Des états Membres Du Brics (brésil ...

La Russie isolée ? 

Comment croire ce bobard-là ?

En fait, ce que le clan des financiers appellent l'Occident, ce sont les Etats-Unis, qui regroupent sous leur drapeau étoilé les membres de l'Union européenne, Israël, les nations anglophones d'Amérique et d'Asie, et quelques pays en relation  financière et gazière.

Tous communient encore au dieu Dollar, mais pour combien de temps ?

Quant à l'Afrique, hier colonie bénie de l'Occident, elle se détache doucement de l'Occident, ouvrant la porte aux Chinois négociants et aux Russes, militairement.

Et même parmi ces derniers, il y a des défections, telle l'Arabie saoudite qui se rabiboche avec l'Iran sous l'oeil de Pékin, bienveillant.

Revenons trente ans en arrière.

En 1992 avec la chute  de l'URSS, l’économiste américain Francis Fukuyama annonçait "la fin de l'Histoire", et la domination sans partage des Etats-Unis sur le monde.

Les peuples ne lui ont pas donné raison.

JEAN LEVY