dimanche 30 juillet 2023

 

Entretien Violences policières : "La violence est grandissante dans la gestion du maintien de l'ordre", juge le secrétaire général de la CGT-Intérieur-Police

Publié
Article rédigé par France Info
Radio France
Anthony Caillé estime notamment que "la façon dont le gouvernement répond aux maux de la société et aux revendications des citoyens pose aujourd'hui problème".

Si une trentaine d'enquêtes sont ouvertes à ce jour à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des soupçons de violences policières, c'est "la faute aux armes utilisées" qui font que la "violence est grandissante dans la gestion du maintien de l'ordre", juge le secrétaire général de la CGT-Intérieur-Police jeudi au micro de franceinfo.

>> Policier incarcéré à Marseille : le gouvernement "doit prendre ses responsabilités", estime le secrétaire général de la CGT-Intérieur-Police

Anthony Caillé estime que "l'institution policière est en crise". Il a publié une tribune dans les colonnes du journal Le Monde mercredi 26 juillet pour appeler à réformer la formation, l'usage des armes et les instances qui contrôlent les écarts de la police, comme l'IGPN.

franceinfo : À quoi sont dues toutes ces enquêtes pour des soupçons de violences policières ?

Anthony Caillé : Notre institution traverse une crise et pas que l'institution policière d'ailleurs, les institutions de la République, et notamment celle de faire en sorte que tout citoyen soit en sécurité. On le voit bien depuis les manifestations pour la loi Travail, les retraites, le mouvement des "gilets jaunes"... La violence est grandissante dans la gestion du maintien de l'ordre. La faute à quoi ? Je pense aux armes utilisées, c'est une certitude.

"Ensuite, quand on a un gouvernement qui a un discours guerrier et un discours martial à longueur de journées, ça crée des tensions."

Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur-Police

sur franceinfo

C'est la faute des armes et du gouvernement ?

Je pense qu'il y a aujourd'hui un mésusage de l'armement dans la police nationale, ça c'est sûr. Utiliser un LBD [lanceur de balles de défense, type "Flash Ball"] dans une manifestation, pour moi, c'est à proscrire. C'est une arme qui a été destinée aux violences urbaines et non pas au maintien de l'ordre.

D'ailleurs, les Compagnies républicaines de sécurité (CRS) et les gardes mobiles, qui sont des professionnels du maintien de l'ordre, s'en servent très peu. Ce sont essentiellement les Brigades anticriminalité (BAC) et les Compagnies de sécurisation et d'intervention (CSI) qui utilisent ce type d'armes. Et puis surtout, la doctrine et le cap fixés par le gouvernement, la façon dont le gouvernement répond aux maux de la société et aux revendications des citoyens posent aujourd'hui problème.

Est-ce que Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale, s'est placé au-dessus de la justice quand, dans les colonnes du Parisien / Aujourd'hui en France dimanche 23 juillet, il a affirmé qu'avant "un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison" ?

Au-delà de l'aspect réglementaire qui impose à tout policier, et aussi bien au premier policier de France, une obligation de neutralité, je pense que ses paroles ne sont pas de nature à apaiser ce qui est en train de se passer dans le pays.

Est-ce qu'une partie du problème dans le traitement des violences policières vient du fonctionnement de l'IGPN ?

Je ne dis pas forcément qu'il y a un dysfonctionnement dans le travail de l'IGPN. Je dis qu'il y a un problème de transparence de cette entité. On peut la réformer de plusieurs manières.

"La réforme que je propose me semble être une solution acceptable par tout le monde : garder l'IGPN comme elle existe, mais la mettre sous contrôle d'une commission nationale."

Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur-Police

sur franceinfo

Pour qu'on puisse rendre des comptes régulièrement et de la situation des affaires qui sont en cours. Ça existe déjà. Je prends l'exemple de la CNCTR, la commission nationale qui contrôle les écoutes administratives. En fait, moi je n'invente rien, je reprends ce qui existe dans certains cas et je pense que ça permettrait plus de transparence.

Il y a matière à inspiration chez nos voisins aussi en Europe ?

Oui, il y a matière à inspiration avec les pays nordiques, scandinaves, l'Allemagne… L'Angleterre a fait un choix totalement différent qui est radical : confier ses enquêtes à des personnes non-policières, et si vous avez été policier un jour, vous ne pouvez pas faire partie de cette commission d'enquête. Je ne pense pas que la méthode anglaise soit la bonne solution. Le droit est tellement compliqué, le métier de policier aussi. Je pense que se passer de policiers et de gendarmes dans un organe de contrôle, ça serait courir à l'échec.

Il y a un problème aujourd'hui entre la police et la justice ?

Non, il n'y a pas de problème. Il y a une méconnaissance du monde judiciaire de la part des policiers. Les jeunes policiers ne sont pas formés au monde judiciaire. Il y a un manque de transparence, il y a un manque de connaissances, il y a un manque de formation. Ces gens-là ne se parlent pas, mis à part les enquêteurs qui font de la police judiciaire (PJ).

"C'est un monde complètement différent et il n'y a pas de contact entre le policier de terrain qui bosse dans les commissariats et qui représente le gros des troupes et le monde judiciaire. Donc il y a une méconnaissance et une crainte de l'autre."

Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur-Police

sur franceinfo

C'est donc la formation qu'il faut changer aussi ? Comment ?

Oui, je pense que la formation chez nous n'est pas assez longue. Elle n'est pas assez pertinente. Il faut absolument ouvrir les écoles au monde de la société civile. Il faut faire rentrer des gens dans les écoles, des représentants de la société civile, des avocats, des magistrats notamment, pour développer tout ce volet judiciaire, juridique et savoir ce qu'est le travail d'un magistrat. Parce que là, aujourd'hui, on fait peser la faute sur les épaules d'un juge d'instruction.

Mais le juge d'instruction, il n'est pas tout seul. D'ailleurs, il prend cette décision sur quel fondement et sur quel socle ? Sur une enquête de police, sur un dossier, sur des éléments de policiers qui lui ont été donnés. Et son jugement, il ne le fait pas tout seul. Il a ses pairs autour de lui. Il demande ou en tout cas, il amène de la réflexion auprès de ses collègues. Il a une hiérarchie et surtout, aujourd'hui, il y a un juge des libertés et de la détention qui est là pour contrôler justement la légalité des faits.

 

Burkina Faso - 2e Sommet « Russie-Afrique » : L’intervention du Président de la Transition, chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré

blog ANC

dimanche 30 juillet 2023 par Capitaine Ibrahim Traoré

Camarade Président Vlamidir POUTINE ;

Camarades Présidents et chefs d’Etat africains ;
Camarades Chefs de délégation ;

Bonjour,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole ici et de vous passer le salut fraternel du peuple du Pays des Hommes intègres. C’est aussi le lieu pour moi, avant tout propos de rendre à grâce à Dieu, Dieu tout puissant qui nous a permis de nous réunir ici ce matin en bonne santé pour parler de l’avenir et du bien-être de nos peuples.
Je voudrais m’excuser auprès des ainés que je pourrai vexer dans mes propos à venir.
Africanité, oblige, le droit d’ainesse, je me dois de m’excuser.

Camarades,
J’ai quelques questions de ma génération. Mille et une questions qu’on se pose. Mais nous n’avons pas de réponse. Il se trouve qu’ici nous pouvons laver notre linge sale parce qu’on se sent en famille. On se sent en famille en ce sens que la Russie est aussi une famille pour l’Afrique. C’est une famille parce que nous avons la même histoire.

La Russie a consenti d’énormes sacrifices pour libérer le monde du nazisme pendant la seconde guerre mondiale. Les peuples africains, nos grands-pères ont été déportés de force aussi pour aider l’Europe à se débarrasser du nazisme. Nous partageons la même histoire en ce sens que nous sommes les peuples oubliés du monde.
Que çe soit dans les livres d’histoire, dans les documentaires ou films, on tend à balayer le rôle prépondérant qu’ont joué la Russie et l’Afrique dans cette lutte contre le nazisme. Nous sommes ensemble parce qu’actuellement nous sommes là pour parler de l’avenir de nos peuples, de ce qui va advenir demain, de ce monde libre auquel nous aspirons, de ce monde sans ingérence dans nos affaires internes.

Nous avons les mêmes perspectives, et je souhaite que ce sommet soit l’occasion de pouvoir tisser de très bonnes relations en vue d’un meilleur avenir pour nos peuples.

Les questions que ma génération se pose sont les suivantes, si je peux me résumer, c’est de ne pas comprendre comment l’Afrique avec autant de richesses sur son sol, avec une nature généreuse, de l’eau, du soleil en abondance, l’Afrique est aujourd’hui le continent le plus pauvre ?
L’Afrique est un continent affamé ?
Et comment se fait-il que nos chefs d’État traversent le monde pour mendier ?

Voici des questions que nous nous posons et que nous n’avons pas de réponse jusque-là. Nous avons l’occasion de tisser de nouvelles relations et j’espère que ces relations puissent être les meilleures pour donner un meilleur avenir à nos peuples.

Ma génération me charge aussi de dire que c’est par le fait de la pauvreté qu’elle est obligée de traverser l’océan pour essayer de rallier l’Europe. Elle meurt dans l’océan.
Mais que prochainement, elle n’ira pas vers l’océan parce qu’elle viendra devant nos palais pour chercher leur pitance quotidienne.

Pour ce qui concerne le Burkina Faso, aujourd’hui nous sommes confrontés depuis plus de huit ans à la forme de manifestation la plus barbare, la plus violente du néocolonialisme, de l’impérialisme ; l’esclavage qu’on tend à nous imposer.
Nos devanciers nous ont appris une chose ; « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». Nous ne nous apitoyons pas sur notre sort, on ne demande pas que quelqu’un s’apitoie sur notre sort.

Le peuple burkinabè a décidé de lutter : de lutter contre l’hydre terroriste pour relancer son développement. Dans cette lutte, de vaillantes populations se sont engagées à prendre des armes face au terrorisme. Ceux que nous avons affectueusement appelé les VDP, les Volontaires pour la défense de la patrie.

Nous sommes surpris de voir des impérialistes traiter ces VDP de milices de tout type. C’est décevant parce qu’en Europe lorsque des peuples prennent des armes pour défendre leur patrie, on les appelle des patriotes.
Nos grands-pères ont été déportés pour sauver l’Europe. Ce n’était pas avec leur consentement, c’était contre leur gré. Mais au retour, on se rappelle bien qu’à Thiaroye lorsqu’ils ont voulu revendiquer leurs droits élémentaires, ils ont été massacrés.
Cela ne fait rien.
Lorsque nous, peuples, décidons de nous défendre, on nous traite de milices. Mais là, n’est pas le problème. Le problème, c’est de voir des chefs d’État africains qui n’apportent rien à ces peuples qui se battent mais qui chantent les mêmes choses que les impérialistes en nous traitant de milices, en nous traitant d’hommes qui ne respectent pas les droits de l’Homme.
De quels droits de l’Homme parle-t-on ?
Nous nous offusquons contre cela et c’est honteux. Il faut que nous les chefs d’État africains arrêtions de nous comporter en marionnettes qui dansent à chaque fois que les impérialistes tirent sur les ficelles.

Hier le Président Vladimir Poutine a annoncé l’envoi de céréales en Afrique. Nous sommes bien contents et nous lui disons merci pour cela. Mais aussi un message passé à nous chefs d’État africains parce qu’au prochain sommet, nous ne devrons pas venir ici sans avoir assuré pour ceux qui ne connaissent pas la guerre l’autosuffisance alimentaire à nos peuples.

Nous devons prendre l’expérience de ceux qui ont pu atteindre cet objectif en Afrique, tisser de bonnes relations ici, tisser de meilleures relations avec la Fédération de Russie pour pouvoir répondre aux besoins de nos populations.

Je ne serai pas très long, le temps imparti étant court, mais je voudrais terminer en disant que nous devons rendre hommage à nos peuples, à nos peuples qui se battent.
Gloire à nos peuples
Dignité à nos peuples
Victoire à nos peuples
La patrie ou la mort, nous vaincrons !
Merci camarades.

Réchauffement climatique. Le capitalisme complice

Marx disait le capitalisme détruit l'homme et la nature. Cela se vérifie aujourd'hui car les politiques ultra-libérales des pays industrialisés traînent des pieds devant les alertes et les recommandations du GIEC.

La crise climatique est là devant nous, des canicules de plus en plus fortes et rapprochées se produisent. Le dérèglement entraîne sécheresses, pluies torrentielles, orages, tornades… des phénomènes de plus en plus extrêmes se déclenchent. Le pourtour méditerranéen est en proie aux flammes comme plusieurs régions du monde.

Si tous souffrent de la chaleur, il y a des inégalités profondes selon les catégories sociales. Vivre dans un petit logement surchauffé et exercer un métier pénible aggravent les effets de la canicule. Les villes enclenchent leur plan canicule mais c’est pour soigner les symptômes. Elles n'ont pas les moyens de s'attaquer aux causes.

Les premières victimes sont toujours les peuples du sud et les plus précaires. Ils paient cash les inconséquences des politiques ultra-libérales des grands pays industriels qui n'ont que faire de lutter contre le changement climatique. Cela ne leur rapporte aucun profit financier.

Un chantier énorme

Pourtant les diagnostics sont posés depuis longtemps par les experts du GIEC. De nombreux scientifiques ont pris la parole pour dire leur forte inquiétude mais aussi lancer un message d’espoir. Car rien n’est encore perdu disent ils mais le temps de l’action est impératif.

« Il est beaucoup plus rationnel de limiter le changement climatique que de ne rien faire ou d’en affronter les conséquences. La bonne nouvelle, c’est que nous disposons de moyens économiquement et techniquement intéressants pour limiter le réchauffement à 1,5 °C », développe le GIEC dans son 6e rapport publié en mars 2023 et qui synthétise 33 ans d’études.

La lutte contre le réchauffement climatique est aussi une lutte pour les droits humains. Les solutions doivent être communes car plus de la moitié de l’humanité est frappée de plein fouet par les bouleversements du climat. Et ce ne sont pas eux qui émettent l’essentiel des gaz à effet de serre.

Se battre pour un avenir climatique soutenable c’est donc se battre contre les inégalités abyssales et les politiques de rejet. Les politiques ultra-libérales ne font que renforcer la crise climatiques. Le capitalisme mène la planète dans le mur.

Dominique Gerbault    Blog fédé du PCF des P.O. "Au fil de l'actu"

 

samedi 29 juillet 2023

INÉVITABLE, LA GUERRE MONDIALE ?

INFO  et IMAGE reprises sur

POURQUOI UN HOMME DE 100 ANS AYANT DE GRAVES PROBLÈMES DE SANTÉ DEVRAIT-IL FAIRE UN VOYAGE D'AVENTURE EN CHINE ?

Le voyage de Kissinger en Chine

comme précurseur de la troisième guerre mondiale ?

Henry Kissinger, âgé de 100 ans, s'est rendu en Chine. Pourquoi un centenaire ayant de graves problèmes de santé ferait-il un voyage aussi dangereux [...] Kissinger et Xi, derrière des portes closes, ont discuté de quelque chose qui nous affectera tous. 

Le prix des obligations américaines s'effondrera inévitablement, ce qui portera un coup nucléaire à l'économie de nombreux pays.

Des centaines de millions d'emplois et des milliers de milliards de dollars de retraites disparaîtront.

La chose la plus évidente à faire est donc que Kissinger demande à la Chine de l'aider à prévenir une telle éventualité.

Lorsque Xi Jinping a entamé son premier mandat, on lui a dit que l'économie chinoise ne pourrait pas résister à un éventuel krach des obligations étasuniennes.

La campagne visant à désendetter la Chine des obligations étasuniennes a commencé en 2013 et constitue la priorité absolue du dirigeant chinois.

Xi Jinping est tellement acquis à cette cause qu'il n'a pas hésité à pousser les deux plus grands promoteurs immobiliers chinois à la faillite en 2021.

Certains ont soutenu à l'époque que Xi avait commis une erreur fatale.

Il y a quelques années, quelques mois avant que la pandémie n'éclate, vers la fin de l'année 2018, tout le monde en Chine était dans un état d'euphorie. Une euphorie qui rappelle 1999 et la bourse en Grèce...

Les entreprises empruntaient comme des fous pour se développer. Les prix des logements étaient exorbitants.

C'était un désastre qui allait inévitablement se produire à une échelle ingérable.

C'est là qu'est apparu le génie du dirigeant chinois qui, contrairement aux actions malencontreuses du gouvernement chinois en 2008, a pris une mesure magistrale :

Il a fait éclater les « bulles » financières et immobilières chinoises de manière contrôlée ! Ainsi, le gouvernement chinois a neutralisé une bombe financière à retardement qui aurait causé des destructions incalculables à un moment géopolitique extrêmement critique.

Et pourtant, les analystes occidentaux ont insisté sur le fait que le pourquoi chinois conduisait la Chine à l'effondrement économique !

Revenons au voyage de Kissinger.

Si un homme de 100 ans doit rester dans un avion pendant 14 heures, il aura besoin d'une équipe médicale complète avec lui.

Kissinger a mis sa santé en danger, Il a littéralement mis sa propre vie en danger pour se rendre en Chine. Surtout nous, les Grecs, qui avons été victimes d'un homme impitoyable comme Kissinger, nous payons encore aujourd'hui les conséquences de ses actes avec la Chypre ensanglantée, nous savons que ses actions sont très calculées.

La Chine a passé la dernière décennie à s'isoler de l'inévitable krach des obligations étasuniennes.

La Chine ne va donc pas relancer l'économie étasunienne pour éviter un effondrement des obligations, comme elle l'a fait en 2008.

Mais si l'économie étasunienne risque de s'effondrer, la seule issue sera la guerre.

Kissinger s'est donc rendu à Pékin pour discuter de la possibilité d'une guerre mondiale.

Le voyage de Kissinger à Pékin n'avait qu'un seul but : discuter de la façon de minimiser les dégâts lorsque (et non si) une guerre éclatera entre la Chine et les États-Unis.

Kissinger, après tout, connaît l'ancien proverbe chinois .

Là où le danger guette, l'opportunité guette.

La menace d'une guerre en Chine ne pouvait être brandie que par un homme comme Kissinger, que les Chinois respectent. Aucun responsable étasunien n'oserait menacer la Chine d'une guerre mondiale si la pression sur les obligations étasuniennes se poursuivait. L'époque où les États-Unis pouvaient faire chanter la Chine est révolue.

Mais Kissinger a pu faire passer cette menace particulière pour une admonestation et un conseil amical, qui n'engagent d'ailleurs pas l'État officiel étasunien.

Ce que l'on ignore probablement en Occident, en revanche, c'est que les forces armées chinoises, de 1999 à aujourd'hui, ont été déployées selon un seul scénario. Un conflit avec les États-Unis !

La guerre mondiale pour la Chine n'est donc pas une menace, mais la conclusion organisée d'une lutte longuement préparée.

C'est précisément la raison pour laquelle Xi a répondu avec condescendance au maître chanteur trop enthousiaste, Henry Kissinger.

Giorgos Lexouritis

SOURCE : article transmis par Alex Moumbaris

COMMENTAIRES DE JEAN LEVY

Ainsi la menace se précise : la guerre des Etats-Unis contre la Chine serait évoquée comme une éventualité probable. La dette colossale américaine peut faire exploser l'économie US...

La plus grande menace pour le monde aujourd'hui n'est pas la Chine, mais la dette étasunienne. Une dette colossale de 31,4 trillions de dollars.

Et si l'économie étasunienne s'effondrait, la seule issue serait la guerre.

Kissinger aurait demandé à la Chine, pour éviter cette perspective, de prendre les mesures économiques pour que ce scénario catastrophique ne se produise pas...Le Président chinois Xi ne pouvait pas, pour l'économie chinoise, accepter ce marché. 

Dans ces conditions, la crise d'abord aux USA, ensuite étendue dans le monde entier, peut générer un chômage de masse et mettre à bas la société américaine. Face  à cela, pour les dirigeants une seule solution, c'est la guerre mondiale !

Marx l'avait annoncé : l'impérialisme n'a d'autre issue du fait de la logique économique, que de précipiter la terre entière dans la guerre, pour tenter de surmonter ses crises.

Restent les peuples du monde à mettre le haut-là...

JEAN LEVY

 

 

Thonny s’en va en guerre, par Daniel Arias

La mobilisation en faveur de l’Ukraine disons de l’OTAN en France est désormais sans limite (seuls les Britanniques paraissent capables de plus de surenchère). Si les médias français en matière de presse ont atteint un niveau de propagande digne de Goebbels, il existe d’autres médias qui dans ce qui devrait être considéré comme relevant de la laïcité sont désormais le lieu de cette invasion belliciste et partisane. Daniel Arias, nous décrit comment un logiciel d’apprentissage des mathématiques largement utilisé par l’Education Nationale Française est désormais par l’initiative d’un seul individu un outil de propagande imposé avec le programme de mathématiques à des lycéens, voire collégiens, français. (note de Danielle Bleitrach)

Thonny est un Environnement de Développement Intégré (IDE) pour l’apprentissage de la programmation Python.

C’est outil est un logiciel qui s’installe sur les PC, il est référencé dans certains sites des académies de l’Éducation Nationale Française.

L’étude du langage de programmation python est au programme de mathématiques au Lycée qui gagne en popularité dans l’enseignement et chez les professionnels.

Un enseignant en mathématiques a rapporté que la page d’accueil du site de ce logiciel appelle au soutien de l’Ukraine dans la guerre actuelle.

Le développeur assume le fait de choisir son camp et donner à voir son opinion aux enfants qui utilisent ce logiciel à des fins éducatives en programmation informatique.

L’analyse des liens de cette page pose un problème de neutralité : son auteur, la société qui parraine le logiciel Thonny et les liens proposés pour le soutien de l’Ukraine révèle un activisme aux conséquences très graves.

L’auteur du programme est un Estonien qui travaille pour l’Université estonienne de Tartu, jusque là pas de problèmes. Depuis 2018, le logiciel est soutenu et en partie développé par une entreprise estonienne Cybernetica AS qui a pour principales activités la cybersécurité, la surveillance des frontières, l’aide à la mobilité des troupes militaires et d’autres domaines de la sécurité en plus des systèmes de vote. Cette société a en particulier travaillé pour la numérisation de très nombreux services publics ukrainiens y compris le service anti-corruption, ils proposent des solutions de portail administratifs unique dont en fin de compte ils auront la maîtrise technique. Ils font également de la recherche pour un réseau électrique européen unifié. Pour résumer, cette entreprise cible des domaines hautement stratégiques et menace la souveraineté.

La présence d’experts en cybersécurité dans le soutien à un logiciel gratuit présente aussi un risque potentiel d’utiliser ce logiciel comme cheval de Troie. Cette pratique est souvent utilisée pour attaquer des serveurs informatiques par saturation: attaques DDOS.

Le code du logiciel est hébergé comme de très nombreux logiciels en Open Source sur le site appartenant à Microsoft: github très populaire chez les programmeurs. Sur la page d’accueil du logiciel (et aussi ici https://github.com/thonny/thonny/releases/tag/v4.0.0) il y a un lien “support ukraine” où l’on y découvre des liens fort intrigants.

Le premier est un appel au don explicite sur un site qui imite celui de la Croix Rouge ; le blog officiel de la Croix Rouge en Ukraine n’a pas la même adresse Internet, de plus ce lien ne pointe vers aucune autre page d’un site de la Croix rouge d’Ukraine ou la Croix Rouge Internationale ce qui est plus que suspect. Le blog officiel de la Croix Rouge ukrainienne est https://blogs.icrc.org/ua/.

Le second lien vers Comme Back Alive est plus explicite, il appelle directement à soutenir l’armée ukrainienne en finançant du matériel de qualité militaire. Depuis 2014 ils prétendent avoir récolté 140 millions de dollars US. Le matériel acheté peut même concerner du matériel létal des armes de guerre depuis juin 2022; ils revendiquent avoir acheté un drone de combat turc TB2. Cette organisation se dit transparente mais lorsque l’on clique sur le lien vers le rapport il y a une erreur 404: page non trouvée, c’est certainement une erreur d’inattention.

Le troisième lien vers euromaidanpress ici aussi on appelle à la générosité pour l’achat de lunettes thermiques de qualité militaire, des drones avec vision nocturne, des radios cryptées, des stations mobiles de pilotage de drones, de gros accumulateurs électriques, des détecteurs de métaux,…; les lieux de destination sont précisés Kherson, Bakhmut,.. Une fois votre don fait ce blog a une abondante littérature anti soviétique, anti communiste et quelques éloges à Stepan Bandera.

Qu’en est-il des potentiels donateurs ? Si l’on compare avec le cas syriens certaines personnes en France ont été condamnées pour avoir envoyé de l’argent à un enfant djihadiste en Syrie ; le même traitement sera-t-il réservé à ceux qui financent de l’armement en Ukraine où des mercenaires opèrent ; la destination de ces dons ne passe par aucun organisme officiel et dans deux liens l’appel aux dons concerne explicitement du matériel militaire. Aurons-nous affaire ici aussi à un double standard Syrie-Ukraine ? Deux ans de prison ferme pour une mère qui a envoyé de l’argent à son fils combattant en Syrie.

Comment sont contrôlés les pratiques des enseignants en France ?

La liberté pédagogique permet à chaque enseignant de choisir les logiciels qu’il va faire utiliser aux élèves. La production gratuite, logiciels libres, open source ou même sponsorisée par les GAFAM offre un large choix. L’enseignant n’a pas forcément le temps et la formation pour surveiller ces logiciels. L’utilisation se fait plus ou moins au petit bonheur la chance, parfois avec des recommandations sur des sites académiques, c’est le cas de ce logiciel Thonny.

Il y a bien des initiatives réfléchies d’enseignants comme le groupe amienspython qui proposent des solutions complètes mais si Internet facilite la mise à disposition d’informations et de logiciels il génère aussi énormément de bruit ce qui nuit à l’efficacité, ce phénomène est le data smog, brouillard informationnel. Cette pratique est parfois volontaire pour noyer une information importante.

Comment en sortir ?

Les entreprises ont souvent des listes de fournisseurs imposés ; ils choisissent les grands noms parmi les éditeurs de logiciels, ils payent le prix fort pour la “sécurité”, illusoire en fait ; mais c’est un autre sujet.

Il pourrait être mis en place un système de labellisation ou certification par un collège d’experts en informatique et d’enseignants sélectionnant peu de produits mais bien connus. Hier les manuels scolaires peu nombreux étaient faciles à contrôler, aujourd’hui Internet offre de très nombreuses possibilités.

La France pourrait aussi produire les logiciels destinés à l’apprentissage si besoin ; nos universités ont les compétences et les périodes de stage des étudiants en informatique pourraient être utiles au service public. Aux États-Unis le MIT l’a fait avec par exemple SCRATCH.

Est-on face à un cas d’atteinte à la laïcité ?

Ce logiciel est proposé lors d’activité scolaires, sa page d’accueil propose une opinion dans un conflit avec des liens vers des sites négationnistes et appelant à l’armement d’une partie en guerre. La page d’accueil présente les principales fonctionnalités du logiciel et une vidéo d’introduction ce qui rend cette page attractive juste au dessous de l’appel à soutien ; l’encart du soutien occupe un quart de la page et est bien mis en avant.

Cette opinion est elle le fait de l’auteur du logiciel ou de l’entreprise qui soutient actuellement le développement ? En tout cas il y a une opération de propagande en cours et de forts liens ou intérêts avec le coup d’État du Maïdan.

Cette propagande va toucher directement une jeunesse en formation qui par ailleurs n’est pas sérieusement formée à la critique et quand elle le serait ne prendrait pas le temps de vérifier les informations.

Ce soutien en apparence anodin est aussi efficace que les boutonnières, les drapeaux aux frontons des mairies, les petites icônes jaunes et bleus qui fleurissent sur les sites et fait du matraquage pro guerre. Peu d’élèves iront jusqu’à visiter les liens en question mais ils sont là et mis à disposition, malgré eux, par les enseignants de notre République.

Propagande

Dans tous les cas de cette propagande subie en France il y a complicité de ceux qui savent et stupidité de ceux qui rejoignent l’Union Sacrée, mais surtout un manquement grave de la plupart de nos intellectuels incapables d’allumer le contre feu nécessaire à la guerre. Les moyens de communication modernes et la connexion permanente aux réseaux de nos plus jeunes mérite réflexion: un simple lien bien conçu peut devenir rapidement viral.

Le Ministre de l’Éducation Nationale, les Recteurs, les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves, les députés soulèveront-ils ce problème ?

La guerre civile entre Russes en Ukraine est un drame international qui rappelle une autre tragédie.

“Les travailleurs de l’Union soviétique ne font que remplir leur devoir en apportant toute l’aide en leur pouvoir aux masses révolutionnaires d’Espagne. Ils se rendent compte que la libération de l’Espagne de l’oppression des réactionnaires fascistes n’est pas l’affaire privée des Espagnols, mais la cause commune de toute l’humanité avancée et progressiste.” Josep Stalin Octobre 1936.

https://thonny.org/

https://eduscol.education.fr/1621/le-formulaire-atteinte-la-laicite

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/deux-de-prison-ferme-pour-une-mere-qui-a-envoye-de-l-argent-a-son-fils-en-syrie-150660207