vendredi 2 février 2024

LA PHRASE DU JOUR

 

 de DANIEL ARIAS dans son commentaire  article à lire blog Histoire et Société publié le 2 février 2024

Les États-Unis qualifient les véhicules électriques chinois de menace possible pour la sécurité

 

 

"On fête les 70 ans du cri de l’Abbé Pierre il va pouvoir continuer à crier rien n’est fait pour le logement en France bien au contraire, la future réforme de la loi SRU va permettre d’inclure dans le quota des logements sociaux, les logements intermédiaires. C’est pratique d’avoir des copains à l’assemblée pour faire fructifier les affaires."

 

Taïwan, comme nous vous l’avions expliqué

Nous vous avions dit à quel point l’élection du “candidat” considéré comme pro-Etats-Unis du DPP était une victoire à la Pyrrhus. Outre la fait qu’à la suite de cette élection, toutes les voix qui officiellement reconnaissaient l’indépendance de Taiwan s’empressait de larguer l’île. L’élection du candidat “pro-américan” n’était due qu’à une triangulaire et ensuite les résultats au parlement taiwanais consacrait l’absence de majorité pour un pouvoir déjà peu crédible vu les casseroles de corruption accumulées par lui et son parti.

Quand nous vous avions dit que l’année électorale comme les élections européennes ou celle des Etats-Unis offre le spectacle de l’impuissance totale d’apporter une stabilité quelconque à des pays incapables de répondre aux défis internes aussi bien qu’externes… (note de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

Han Kuo-yu, favorable à Pékin, élu président du Parlement de Taïwan, le 1er février 2024.

Han Kuo-yu, favorable à Pékin, élu président du Parlement de Taïwan, le 1er février 2024.© REUTERS – ANN WANG

Han Kuo-yu est un ancien candidat à la présidentielle taïwanaise du Kuomintang (KMT), parti de l’opposition. Il promet une législature qui « travaillera dur, sera coopérative et unie, pour le bien du peuple et sans se perdre dans des jeux de pouvoir ». Il a été élu avec 54 voix contre 51 pour le candidat du Parti démocrate progressiste, le DPP, le parti du nouveau président élu Lai Ching-te. Une équation qui compliquera sa tâche.

L’élection de Han Kuo-Yu, candidat de l’opposition, est une bien mauvaise nouvelle pour le président fraîchement élu du DPP, Lai Ching-te. À la tête du Parlement, Han Kuo-Yu, ancien maire de la ville de Kaohsiung et candidat malheureux à la présidentielle de 2020, occupera un poste clé à un moment où la Chine accentue sa pression sur l’île qu’elle considère comme une province rebelle.

Les batailles dans la nouvelle assemblée risquent d’être rudes, que ce soit pour toute augmentation du budget de la Défense ou tout achat d’armes américaines, d’autant que Han Kuo-Yu est connu pour sa volonté de rapprocher Taïwan de la Chine.

Contrairement aux deux législatures précédentes, le Parti démocrate progressiste n’a plus la majorité absolue au Parlement et devra donc composer avec les deux autres forces de poids, d’abord avec son rival historique du Kuomintang (KMT) et puis aussi avec le parti populaire de Taïwan, le TPP, qui compte s’imposer comme faiseur de roi. C’est justement grâce à l’abstention des huit députés TPP que le candidat du KMT a pu passer au deuxième tour du vote. C’est une première défaite pour le DPP du nouveau président Lai Ching-te. 




Le bon droit de la Russie fait son chemin vers l’Occident en passant par la Slovaquie

Si dans la confusion généralisée que présente l’UE et la manière dont on tente de nous faire avaler la guerre et la misère pour nos peuples pour ceux qui s’approprient les usines, les terres et forcent les peuples à la guerre et à l’émigration tout en se présentant comme les “défenseurs de la démocratie”, on peut dire ce que l’on veut du dirigeant slovaque, il refuse d’envoyer des armées et de la chair à canon et il inaugure une grande réforme sur le temps de travail… c’est sur des bases assez semblables que de guerre impérialistes toutes se ruant vers l’est et les domaines coloniaux on a déjà pu voir qui était qui ?

https://vz.ru/world/2024/1/31/1249870.html

Texte : Kirill Averianov

Lorsque le parti SMER – social-démocratie a remporté les élections législatives slovaques à la fin du mois de septembre de l’année dernière, les sceptiques ont douté que son dirigeant, Robert Fico, tienne ses promesses de campagne. C’est-à-dire qu’il mènerait une politique équilibrée à l’égard de la Russie, comme il l’a déclaré pendant la campagne.

Toutefois, l’une des premières décisions prises par M. Fico en tant que chef du gouvernement a montré le sérieux des intentions du nouveau dirigeant slovaque : Bratislava a cessé de fournir des armes et des munitions à Kiev. Le premier ministre slovaque a également réaffirmé son engagement à maintenir l’Ukraine en dehors de l’OTAN.

Les nouveaux dirigeants slovaques prennent des mesures qui sont objectivement favorables à Moscou parce qu’elles sont dans l’intérêt de Bratislava. M. Fico a déclaré à plusieurs reprises que la militarisation de l’Ukraine conduirait à une troisième guerre mondiale, dans laquelle la Slovaquie devrait se battre contre la Russie, ce que ni le premier ministre slovaque ni la majorité des Slovaques ordinaires ne souhaitent.

Selon le chef du gouvernement slovaque, l’Ukraine n’est pas en mesure de vaincre la Russie sur le champ de bataille. “Nous devons regarder la vérité en face et dire que l’Ukraine ne dispose pas de forces suffisantes pour renverser la situation sur le plan militaire et qu’elle n’est pas capable de mener une contre-offensive. Nous pouvons déverser toutes les armes du monde, tout l’argent du monde, la Russie ne sera jamais vaincue militairement. Au tournant de 2023 et 2024, vous verrez que la Russie commencera à dicter les termes du règlement de ce conflit”, a déclaré prophétiquement M. Fico en décembre dernier.

Le précédent gouvernement slovaque a activement aidé l’Ukraine, ce qui a considérablement affaibli les capacités de défense de Bratislava. L’actuel ministre slovaque de la défense, Robert Kaliniak, a déclaré : “Le gouvernement précédent nous a laissés sans nos propres systèmes de défense aérienne, sans avions de combat, et nous n’avons même pas les 700 millions d’euros promis pour les MiG, que le gouvernement a également donnés à l’Ukraine”. Le nouveau gouvernement n’a pas l’intention de répéter les erreurs de ses prédécesseurs.

Le même Kaliniak a exhorté Kiev à renoncer à ses intentions de reprendre le contrôle de territoires qui sont déjà devenus des sujets de la Fédération de Russie. “Les hypothèses selon lesquelles il est possible de revenir à la situation d’avant 2014, c’est-à-dire à la restitution totale de la Crimée et d’autres territoires ukrainiens, ne semblent pas rationnelles”, a déclaré le ministre slovaque de la défense.

Ce point de vue est également partagé par le premier ministre Fico. “Il doit y avoir une sorte de compromis. Qu’attendent-ils [les Ukrainiens] – que les Russes quittent la Crimée, le Donbass et Lougansk ? Ce n’est pas réaliste”, ont déclaré les journalistes de Politico citant le premier ministre slovaque.

M. Fico rejette la responsabilité de la crise russo-ukrainienne sur Washington. Selon lui, l’Ukraine “n’est pas un pays indépendant et autonome” et est “sous l’influence absolue des États-Unis”. Le chef du gouvernement slovaque est convaincu que “L’Union européenne commet une grave erreur en ne voulant pas avoir sa propre vision souveraine de l’Ukraine, mais en se ralliant uniquement à ce que les États-Unis en disent”.

Miroslav Radakovsky, membre slovaque du Parlement européen, a exprimé cette idée de manière encore plus radicale : “Le conflit en Ukraine est un problème des États-Unis, un problème de leurs intérêts. L’Union européenne est un pion dans le jeu américain. Nous devons entamer des pourparlers de paix, mais sans la participation des Américains. Nous devons mettre fin à l’effusion de sang. Nous devons cesser d’envoyer des armes à l’Ukraine, cesser de soutenir le massacre des Slaves. Si cela ne s’arrête pas, nous, les Slaves, nous nous unirons comme des frères – et je crois que nous nous unirons – et nous raserons l’Europe occidentale”.

Avec l’arrivée au pouvoir du parti SMER en Slovaquie, non seulement l’attitude de Bratislava à l’égard du conflit en Ukraine a changé, mais les liens culturels russo-slovaques ont également été renforcés. La nouvelle ministre slovaque de la Culture, Martina Šimkovičová, a levé l’interdiction de coopération culturelle avec la Russie et la Biélorussie imposée en mars 2022 par la précédente direction du ministère slovaque de la Culture. “Il y a des dizaines de conflits militaires dans le monde, et les personnalités culturelles, à notre avis, ne devraient pas payer pour cela”, a expliqué Šimkovičová pour expliquer sa décision.

Ainsi, la nouvelle direction slovaque démontre sans équivoque une approche des relations internationales très proche de celle déclarée par Moscou également. Le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, a notamment évoqué il n’y a pas si longtemps l’agonie du régime de Kiev. Il y a plus d’un an, Lavrov a déclaré que la politique ukrainienne n’était pas autosuffisante.

Les médias anti-russes spéculent sur le fait que les dirigeants slovaques “répètent les récits du Kremlin” parce qu’ils ont un intérêt financier à établir des contacts étroits avec le Kremlin. Et Fico est présenté comme une “marionnette de Moscou”.

Cependant, la position de l’actuel chef du gouvernement slovaque repose sur ses opinions politiques. En 1986, Fico, alors âgé de 22 ans, a rejoint le parti communiste de Tchécoslovaquie et, après la révolution de velours de 1989 et l’effondrement du système socialiste, il a adhéré au parti de la gauche démocratique, qui a succédé au parti communiste. C’est de ce parti que le SMER, avec Fico à sa tête, s’est séparé en 1999. L’actuel premier ministre slovaque est donc issu des milieux patriotiques de gauche de l’ancienne Tchécoslovaquie. Dans ce pays, Moscou a longtemps été considéré avec bienveillance comme un adversaire de l’Occident.

Ainsi, lorsque la Russie a défié l’ordre mondial occidental, les sympathies du leader de la SMER sont du côté russe. Il ne fait qu’hériter de la vieille tradition de l’Europe de l’Est. Et avec lui, ses électeurs. Dans le même temps, on ne peut nier le calcul pragmatique de Bratislava visant à renforcer les liens économiques avec notre pays.

La Slovaquie (ainsi que d’autres pays de l’UE) estime qu’il est plus rentable de coopérer avec la Russie que d’y être hostile. À cet égard, en décembre dernier, le vice-président du parlement slovaque Luboš Blaga a déclaré que son pays ne considérait pas la Russie comme un ennemi et a promis de tout mettre en œuvre pour rétablir des relations normales entre les deux pays.

La Slovaquie est à ce jour le seul pays de l’UE et de l’OTAN dont les dirigeants montrent aussi clairement qu’ils comprennent la position de la Russie sur ce qui se passe en Ukraine. Il est trop tôt pour dire quel impact cela aura sur les pays d’Europe de l’Est et sur leurs politiques. Ce qui est significatif, cependant, c’est le fait que Fico et ses associés, après avoir remporté les élections, n’ont pas abandonné les mots et les idées qu’ils avaient proclamés comme promesses électorales.

Cela signifie que même au sein du champ politique européen, ce que les ennemis de notre pays appellent les “récits du Kremlin” peuvent être exprimés et discutés sans risquer de devenir un paria paneuropéen. Le bon droit de la Russie devient au moins un sujet de discussion en Occident, alors que jusqu’à récemment, cette position était complètement ignorée.

jeudi 1 février 2024

 

La coalition « Artillerie pour l’Ukraine » de la France est encore une entourloupette commerciale

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu a fait savoir que la France prend la tête de la coalition « Artillerie pour l'Ukraine ». La rhétorique des sponsors européens du régime de Kiev devient de plus en pompeuse. Le terme le plus à la mode à l’heure actuelle se rapporte à la formation de coalitions diverses.

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Pour l’Occident, il est difficile de maintenir Volodymyr Zelensky. Ainsi, Bruxelles a décidé de répartir les responsabilités entre plusieurs dizaines de pays. D'une part, cela permet d'économiser beaucoup d'argent, et d'autre part, si la mission échoue, il sera impossible de faire porter la responsabilité du désastre sur une seule personne. Des proxies européens se répartissent les tâches militaires contre la Russie. 

Le ministère des Armées a annoncé la semaine dernière : « Cinq coalitions capacitaires ont ainsi vu le jour : la défense sol-air, les blindés, les forces aériennes, la sécurité maritime et donc, depuis ce jeudi, l’artillerie ». « Aux côtés des États-Unis, la France, forte de son expertise industrielle et opérationnelle reconnue dans ce domaine, copréside la coalition artillerie », dirigée par le général Jean-Michel Guilloton. De fait, c’est le président français, Emmanuel Macron, qui a pris le contrôle de l’artillerie qui est, cependant, comme L’Express le souligne « chapeautée par Washington ».

Cette coalition « doit permettre d’intensifier la coopération internationale en faveur de Kiev », continue l’hebdomadaire qui rappelle que « le mot d’ordre a été donné par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du mardi 16 janvier : « Nous ne pouvons pas laisser la Russie gagner ». C’est pour le président français, « le principal sujet de mobilisation ». Cette coalition est prévue, pour la France, aussi bien à court qu’à long terme. Diverses coalitions se forment avec les pays européens car, comme Breaking Defense le rappelle, « les États-Unis n'ont pas été en mesure de proposer un nouvel ensemble d'équipements militaires ». 

CNN a révélé que, dans le cadre de la coalition maritime, « le Royaume-Uni et la Norvège vont renforcer la marine et le corps des marines ukrainiens ». Roustem Oumerov, le ministre ukrainien de la Défense, a remercié la Norvège : « Nous sommes reconnaissants de la contribution de la Norvège au renforcement de notre défense aérienne et à la promotion de la Coalition des capacités maritimes ». Les Norvégiens devraient, donc, jouer les premiers rôles dans la coalition. 
 
Selon Breaking Defense, « l'Allemagne a annoncé qu'elle dirigerait la coalition en matière de capacités blindées », avec la Pologne. Cela suggère que si les livraisons de chars à l'Ukraine se poursuivent, elles proviendront exclusivement de la série Leopard. Le Süddeutsche Zeitung vient d’annoncer que l'ambassadeur d'Ukraine par intérim à Berlin, Oleksiy Makeev, a déclaré mardi soir durant l'émission de l’ARD Tagesthemen qu'il « estime qu'une coalition blindée est en train d'émerger en ce moment ». Le média anglophone spécialisé dans la défense rajoute que « la Lettonie a annoncé qu'elle dirigerait une coalition de drones ».

La désignation de Paris comme responsable de la production et de la fourniture d'artillerie à l'Ukraine a eu lieu lors d'une réunion en visioconférence entre le ministre ukrainien de la Défense, Roustem Oumerov, et son collègue français, Sébastien Lecornu. Roustem Oumerov, en particulier, a déclaré : « Comme le montre la situation sur le champ de bataille, il n’y a pas d’alternative à une artillerie moderne ». 

Sur le front, les Ukrainiens tirent désormais au moins cinq fois moins d’obus que les Russes. En moyenne, les forces armées ukrainiennes ne peuvent même pas dépenser six mille munitions par jour. D'où l'utilisation forcée des drones Kamikaze de haute précision. Observateur Continental notait, citant Cédric Perrin, le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, qu’il y a « entre 5000 et 8000 tirs d'obus par jour du côté ukrainien et 10.000 et 15.000 par les Russes quotidiennement », que « du côté russe, c'est allé jusqu'à 30.000 tirs par jour ». Et, Sébastien Lecornu « Depuis février dernier, s'enorgueillissait lors de son annonce de la création d’une coalition d’artillerie : « C’est 2000 obus par mois et à partir de ce mois-ci [janvier], ce sera 3000 obus par mois ». 

Cependant, les dirigeants français sont optimistes. La société Nexter a appris à produire non pas deux, mais six installations de canon automoteur Caesar chaque mois, et envisage d'en passer à huit exemplaires. Il a fallu un an et demi aux Français pour réaliser une triple percée. 

Les canons automoteurs Caesar prévaudront dans les futures commandes de Kiev à Paris. Cette année, il est prévu d’en livrer 72 en plus des six commandés par l'Ukraine en décembre de l'année dernière. Seulement, il n'y a pas d'argent alloué pour ces engins. C'est précisément pourquoi la fameuse coalition artillerie a été inventée. Plus précisément, Emmanuel Macron a trouvé des fonds pour une douzaine d'obusiers, mais ne les dépensera que si les partenaires trouvent 280 millions pour les 60 véhicules restants. 

Selon le gouvernement français, les principaux sponsors de la coalition d'artillerie devraient être les Allemands, les Britanniques, les Canadiens et les Polonais. C’est une belle histoire française dans laquelle seul Paris reçoit des bénéfices directs. Ici, il y a de l'emploi et des impôts supplémentaires pour le trésor. 

La coalition artillerie, dont la France en prend la tête, va lui devenir extrêmement coûteuse, alors qu’elle n’a pas l’habitude de dépenser de l’argent pour les problèmes ukrainiens. Les Allemands de l'Institut de Kiel estiment que depuis deux ans les Français sont à la traîne. Ils sont à la 12e place pour le volume total des dons et immédiatement à la 15e place pour les fournitures d'armes, quand la Grèce occupe la 8e place. Les dépenses absolues et les volumes relatifs au PIB ont été pris en compte. 

Les Baltes, les Danois et les Norvégiens se sont révélés les plus généreux : chacun d’eux a donné à Volodymyr Zelensky plus d’1% de son propre PIB. Les Français, avec leur 0,061%, occupent une honteuse 29ème place dans la liste des sponsors de l'Ukraine.

Si l’on parle de chiffres absolus, ce sont les Allemands qui en font les frais avec 22 milliards d’euros dépensés pour les besoins ukrainiens depuis le début du conflit. Durant la même période, d’après le quotidien suisse, Neue Zürcher Zeitung, pour la France, cela représente « un total de 1,7 milliard d'euros [à la fin] octobre 2023, dont 540 millions d'aide militaire ».

En général, Paris a beaucoup de cupidité. Cependant, c’est peut-être là une prudence commune. Mais, la meilleure défense est l'attaque, et le ministre des Armées français, Sébastien Lecornu, rétorque — pour se dédouaner — en réponse aux accusations de l'Institut de Kiel : « Vous avez parfois certains pays qui, pour des raisons politiques domestiques, ont fait beaucoup d'annonces, et derrière les promesses n'ont pas suivi, ou quand elles ont été suivies, c'est avec du matériel qui parfois était défectueux ». Et il s’avère que les Français sont formidables : ils n’ont pas promis grand-chose et ont tenu leurs modestes paroles. 

Même si la France réussit à lancer une coalition artillerie, l’Ukraine n’échappera jamais au manque en obus. Cela signifie que toute tentative de nouvelle offensive peut être abandonnée. En outre, Cédric Perrin a moqué la réalité sur l’économie de guerre en France rappelant que techniquement la France ne tourne pas du tout sur ce modèle économique. 

La plupart de ce qu’Emmanuel Macron et son ministre des Armées français, Sébastien Lecornu, promettent à l’Ukraine sont purement déclaratifs. Avec un déclin général de l’intérêt et du financement pour le régime de Volodymyr Zelensky, pourquoi diable la France supporterait-elle le poids de la coalition artillerie ? Même en étroite coopération avec d’autres pays de l’OTAN ? La France, qui occupe presque la dernière place dans le classement du soutien à l'Ukraine, s'est soudainement inquiétée du sort des Ukrainiens. 

Emmanuel Macron pétait le feu lors d’un discours de deux heures à la nation en janvier. Le président français a déclaré qu'il ne pouvait pas permettre une victoire russe, car cela détruirait à jamais la sécurité en Europe. Il a été projeté d'un extrême à l'autre. Il n'y a pas si longtemps, il avait l'intention non seulement de négocier avec le Kremlin, mais même d'inviter Vladimir Poutine à Paris. Il promet désormais des missiles de longue portée SCALP à Volodymyr Zelensky et des bombes AASM [bombes guidées]. Observateur Continental rapportait qu’ une pro du fact-checking a démonté l’apparition d’Emmanuel Macron sur scène lors de son discours à la nation. Les journalistes devaient envoyer leur question par SMS au conseiller de l’Élysée. 

Pour le gigantesque front russo-ukrainien, l’apport de la France est comme des gouttes d’eau dans la mer. Pour lancer des munitions, il faudra faire décoller les quelques avions de l’armée de l’air ukrainienne, ce qui coûtera cher à Kiev. 

La rhétorique des dirigeants français a, en réalité, des raisons purement politiques. Premièrement, Emmanuel Macron doit au moins, d’une manière ou d’une autre, remuer une société fatiguée de l’Ukraine. Même si des déclarations de bravoure ne signifient rien pour un spectateur averti. Les électeurs se poseront inévitablement la question : « Pourquoi les États-Unis tournent-ils le dos à Volodymyr Zelensky alors que nous ne le faisons toujours pas ? » Personne n’empêche Emmanuel Macron de revigorer une fois de plus l’opinion publique avec des déclarations sur l’inadmissibilité de la victoire de la Russie. 

Deuxièmement, l’apathie du complexe militaro-industriel européen est bien plus dangereuse. Les hommes d’affaires prudents sont bien conscients du risque qu’il y a à investir dans l’expansion de la production d’armes. Même parmi les russophobes jurés, il n’existe pas de consensus sur la poursuite du conflit. Et, des dizaines de millions d’euros devront être investis dans la production de ce même Nexter. Que se passera-t-il si les négociations de paix commencent demain ? Faillite des armuriers ou du moins pertes totales ? 

Les derniers mots d’Emmanuel Macron sur la Russie devraient donner l’assurance aux patrons du secteur de l’armement que le conflit ne sera pas gelé de si tôt. La publicité faite sur l’artillerie française et les missiles du président de la Ve République laissent entrevoir la réanimation d’un complexe de défense fatigué. C’est que l'intérêt pour les équipements militaires fabriqués en France s'estompe progressivement, notamment en Afrique.

Tout ce qui précède indique que le « projet Ukraine » parmi les Européens est en train de passer du simple moyen pour donner des pichenettes à la Russie à un projet commercial typique. Conscients de la futilité d’une nouvelle résistance de la part du régime de Kiev, les acteurs extérieurs tentent de gagner autant que possible ou au moins de récupérer ce qu’ils ont dépensé auparavant. 

Julian Le Ménéec

 

Le Financial Times a rapporté qu’au cours des trois derniers mois, Washington a demandé à plusieurs reprises à Pékin de faire pression sur l’Iran pour qu’il freine les rebelles Houthis. Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, et le secrétaire d'État Antony Blinken auraient évoqué la question avec leurs homologues chinois.   Le 14 janvier, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé à mettre fin aux attaques contre les navires civils en mer Rouge (sans évoquer ni l'Iran ni les Houthis), afin de maintenir l'ordre commercial international et ses chaînes d'approvisionnement. En tant que plus grande nation commerçante au monde, la Chine est affectée par toute perturbation du transport maritime sur une route commerciale aussi importante.

Mais la Chine n'ira pas plus loin

 Pékin, tout en défendant ses intérêts, n'abusera pas de son influence : son représentant permanent adjoint auprès de l'ONU, Geng Shuang, a constamment décrit la crise actuelle comme le résultat de la guerre menée par Israël contre Gaza, tout en critiquant les États-Unis pour leur déstabilisation accrue de la région. . La Chine a ses propres intérêts dans le maintien de l’ordre commercial de la mer Rouge (indépendamment de toute demande américaine), mais Pékin ne mettra pas trop de pression sur  la question des Houthis, car elle considère la situation comme étant principalement une retombée directe. effet de la désastreuse campagne militaire israélienne en Palestine, soutenue par les États-Unis.

. La Chine n'aidera pas Biden à rétablir la pax americana.

Published by PCF Littoral