Extraite de l'article publié par Histoire et Société :
" OÙ VA L'ÉCONOMIE CHINOISE "?
Elle m'a paru mériter qu'on s'y arrête, et qu'on l'analyse même brièvement, depuis notre vision occidentale déformée par notre chauvinisme forcené, tout au moins celui de nos politiciens pro- capitalistes, hérité du colonialisme et de l'impérialisme, très loin de la réalité d'un monde qui bouge très vite, trop vite même pour nos guignols incultes, ministres compris, qui n'y voient que du feu. Et inquiétude pour leurs maîtres les milliardaires qui possèdent tout, même le droit de nous écraser si on les laisse faire.
Des
lecteurs malicieux nous font remarquer que nous publions souvent des
articles écrits par des États-Uniens, mais rarement des articles écrits
par des Chinois. En voici un qui nous arrive sans avoir à le traduire.
L’auteur, Yi Da, est un spécialiste en relations internationales basé à Beijing. Il répond aux Occidentaux qui ne cessent de nous annoncer la fin de la croissance chinoise. LGS
Le pessimisme est une maladie sénile, tandis que
l’optimisme, une maladie infantile.
Les exportations chinoises dans les pays du Sud ont bondi au cours des deux premiers mois
Alors que les économistes sont obsédés par la chute des
investissements directs étrangers en Chine, ils risquent de passer à
côté d’une tendance bien plus importante : les vagues géantes de
capitaux qui foncent dans l’autre direction.Rien qu’en 2023, les
investissements directs chinois à l’étranger dans la région
Asie-Pacifique ont bondi de 37 % pour atteindre près de 20 milliards de
dollars. Cette sortie de capitaux témoigne de la façon dont les
entreprises chinoises en quête de croissance à l’étranger modifient la
dynamique financière de l’Asie à l’Occident en passant par l’Amérique
latine. Ce mouvement des capitaux est d’autant plus structurel qu’il
correspond à une hausse des exportations chinoises dans les pays du sud,
la hausse a plus que compensé la forte baisse des expéditions vers les
marchés développés, notamment les États-Unis, l’UE et le Japon mais dans
le même temps les investissements directs chinois tentent de créer les
conditions de liquidités nécessaires. De surcroit quand les États-Unis
et leurs alliés tentent de réorganiser leurs fournisseurs, ils se
trouvent devant des chaînes de production complètement imbriquées dans
les chinoises. C’est une expérimentation qui n’a pas de modèle. .Par DAVID P. GOLDMAN13 MARS 2024
Photo : Xinhua
(Remarque : ce rapport est un aperçu du numéro de l’Asia Times Global Risk/Reward Monitor du 13 mars 2024.)
Les exportations chinoises ont augmenté de 10,3 % en RMB en
glissement annuel, grâce à des hausses de 20 % à 40 % des exportations
vers l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, le Vietnam, l’Afrique du Sud et
d’autres pays du Sud. Cela a plus que compensé les fortes baisses des
expéditions vers les marchés développés, notamment les États-Unis (-7
%), l’Union européenne (-6,8 %) et le Japon (-2,5 %).
Les gains les plus importants ont été enregistrés en Inde (+16 %), au
Brésil (+37,1 %) et en Afrique du Sud (14,8 %), membres des BRICS,
ainsi qu’au Vietnam (+28,4 %) et en Indonésie (+22,2 %).
Les exportations de la Chine vers les pays du Sud ont dépassé les
exportations vers tous les marchés développés à la fin de 2022 et en
2023, comme nous l’avons souligné dans des rapports précédents.
Les données préliminaires de janvier-février montrent que cette tendance s’accélère.
Les investissements chinois dans les pays du Sud par le biais de
l’initiative « la Ceinture et la Route » ainsi que par des canaux privés
expliquent en partie ce succès. Les investissements chinois à
l’étranger vers l’Asie-Pacifique ont bondi de 37 % pour atteindre 20
milliards de dollars en 2023 – « remodelant l’économie mondiale »,
comme l’a écrit William Pesek dans Asia Times le 11 mars 2024.
La Chine domine les chaînes d’approvisionnement dans des industries
clés, notamment les équipements de télécommunications, les panneaux
solaires et, surtout, l’électronique. La « relocalisation » et la «
délocalisation amicale » ont acheminé des quantités croissantes de
commerce chinois par l’intermédiaire de tiers, notamment le Mexique,
l’Inde et le Vietnam.
Les Chinois ont expédié des produits semi-finis et des composants
vers des pays tiers pour l’assemblage final et la réexportation vers les
États-Unis. Comme l’a écrit la BRI :
Des entreprises d’autres pays se
sont interposées dans les chaînes d’approvisionnement, de la Chine aux
États-Unis. L’identité des entreprises qui se sont ainsi interposées
peut être déduite du fait que les entreprises de la région
Asie-Pacifique représentent une plus grande part des fournisseurs des clients américains qu’en décembre 2021, ainsi qu’une plus grande part des clients des fournisseurs chinois.
Les économistes de la Banque mondiale l’expriment ainsi :
Les importations américaines en
provenance de Chine sont remplacées par des importations en provenance
de grands pays en développement dont l’avantage comparatif est révélé
dans un produit. Les pays qui remplacent la Chine ont tendance à être
profondément intégrés dans les chaînes d’approvisionnement chinoises et
connaissent une croissance plus rapide des importations en provenance de
Chine, en particulier dans les industries stratégiques. En d’autres
termes, pour supplanter la Chine du côté des exportations, les pays
doivent adopter les chaînes d’approvisionnement chinoises.
Où va l’économie chinoise ? blog le Grand Soir
YI DA
Des
lecteurs malicieux nous font remarquer que nous publions souvent des
articles écrits par des Etats-Uniens, mais rarement des articles écrits
par des Chinois. En voici un qui nous arrive sans avoir à le traduire. L’auteur, Yi Da, est un spécialiste en relations internationales basé à Beijing. Il répond aux Occidentaux qui ne cessent de nous annoncer la fin de la croissance chinoise. LGS
Trois points pour décoder les « Deux sessions »
Où
va l’économie chinoise ? La question est remise sous les feux de la
rampe avec la tenue concomitante en Chine des sessions plénières de
l’Assemblée populaire nationale (APN) et du Comité national de la
Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), connues
sous le nom des « Deux sessions ». Rendez-vous politique le plus
important de l’année, elles offrent l’un des points de repère les plus
décisifs pour comprendre les dynamiques profondes qui sont à l’œuvre
dans le pays.
Encore faut-il qu’on comprenne le parler qui s’y
pratique et qui peut paraître obscur à première vue. Que signifie une
croissance d’environ 5% ? Qu’est-ce qu’on entend par les « forces
productives de nouvelle qualité » ? Quel est le « nouveau trio » qui
fait florès dans les médias ? Il n’est pas sans intérêt de répondre à
ces questions pour décrypter la situation réelle de l’économie chinoise,
surtout au moment où elle fait l’objet de toute sorte de spéculations
allant du « plafond de verre » qu’elle aurait atteint jusqu’à la « fin
du miracle économique chinois ».
Environ 5% : un objectif de croissance ambitieux
Comme
de coutume, après avoir affirmé, dans le rapport d’activité du
gouvernement soumis à l’examen le 5 mars, que l’économie chinoise avait
progressé de 5,2% en 2023, le Premier ministre chinois Li Qiang a
annoncé viser cette année une croissance d’environ 5%. Objectif jugé
ambitieux par de nombreux économistes, surtout si l’on considère « la
complexité et les incertitudes croissantes de l’environnement externe ».
Objectif qui pourrait aussi faire des sceptiques, si l’on en croit la
lenteur de la reprise post-covid, le risque d’une « spirale
déflationniste » ou la baisse de la confiance que ces derniers
n’hésiteraient pas à évoquer.
Tout prouve le contraire. Il est à
constater qu’aujourd’hui en Chine, une croissance de 5,2% est capable de
créer une richesse de plus de 6 000 milliards de yuans RMB, alors qu’il
y a 10 ans, il aurait fallu une croissance de plus de 10% pour y
parvenir. Un progrès qui ne s’invente pas.
Sur la déflation qui
« plombe la croissance chinoise », elle a été démentie par le Groupe ING
qui conclut dans un rapport que le débat sur ce sujet a été exagéré, de
même que par le premier vice-président du FMI qui ne s’attend pas à
« une tendance déflationniste globale en Chine ».
Quant au
potentiel de l’économie chinoise à moyen et long terme qui semble
préoccuper plus les entreprises étrangères que la croissance à court
terme, la confiance est toujours là. Une enquête de la Chambre de
commerce américaine en Chine montre que la moitié des entreprises
sondées maintiendront leur niveau d’investissement en Chine en 2024, et
que près de 40% d’entre elles prévoient d’accroître leur engagement.
« Forces productives de nouvelle qualité » : nouveau mot d’ordre
On
ne parviendra pas à comprendre ce concept stratégique, qui occupera une
place importante dans l’élaboration des politiques chinoises à
l’avenir, sans le contextualiser. En effet, selon le président
Xi Jinping, le développement de ces forces productives dans lesquelles
« l’innovation jouera un rôle de premier plan » constitue « une exigence
intrinsèque au développement de qualité ». En d’autres termes, c’est
une exigence commandée par les défis économiques que la Chine a à
relever, aussi bien du côté de l’offre que de la demande, sur le plan
national qu’international, des défis incarnés par ce qu’on appelle le
« dilemme de sandwich » des économies à revenu intermédiaire.
Rien
n’est jamais écrit. Si les « forces productives de nouvelle qualité »
réussissent à stimuler la productivité totale des facteurs en augmentant
la valeur ajoutée du capital et du travail, la Chine sera en mesure de
résoudre par le haut des équations difficiles sur la démographie, les
risques liés à l’immobilier et à la dette locale, ou les défis posés par
les restrictions occidentales en matière de commerce, d’investissement
et de technologie.
Il est à préciser toutefois qu’il ne s’agit pas
de reconstruire un navire flambant neuf en mettant à la casse celui
d’origine. Au contraire, cela suggère davantage d’investissement et de
soutien à la modernisation des anciennes industries en même temps qu’à
la construction d’industries nouvelles, d’où le sens de la stratégie
« IA + ». S’y ajoutent entre autres la fabrication de pointe, le
numérique, l’aviation commerciale, la biotechnologie, les sciences de la
vie, l’informatique quantique...autant de secteurs du futur qui seront
particulièrement ouverts aux investissements étrangers. Et il est dans
la nature des choses que des efforts supplémentaires seront faits par le
gouvernement chinois pour continuer d’améliorer le climat d’affaires et
mieux protéger les droits de propriété intellectuelle.
« Développement de qualité » : faire le bonheur du peuple
Le
rapport d’activité du gouvernement a été clair sur la finalité du
« développement de qualité » : faire le bonheur du peuple, qui est le
« premier critère pour évaluer le bilan du gouvernement ». Cela s’est
traduit lors des « Deux sessions » par de nouvelles mesures profitant à
la fois aux consommateurs et aux entreprises, une façon d’assurer la
bonne santé de l’économie et les fondamentaux de l’emploi.
Lors de
la conférence conjointe de ministres consacrée à l’économie, première
du genre, des explications détaillées ont été données sur l’« Année de
la consommation », la campagne « Consommer sans souci » ou bien le
programme visant à encourager les ménages à moderniser leurs voitures,
appareils électroniques et électroménagers, un peu à l’instar de « la
prime à la casse » dans des pays occidentaux pour la conversion des
voitures polluantes. Des mesures d’appui aux entreprises privées ont
également été dévoilées pour les aider à sortir des séquelles de la
crise sanitaire et à s’adapter aux besoins futurs de la concurrence.
Le
« développement de qualité » de la Chine ne profite pas qu’à elle
seule. Le « nouveau trio », référence aux secteurs des voitures
électriques, des batteries et des panneaux solaires, dont les
exportations ont progressé de 30 % en un an, illustre bien la
détermination de la Chine à se tourner vers une économie
éco-responsable. La puissance installée de production d’énergies de
source renouvelable a d’ailleurs pour la première fois dépassé celle des
centrales thermiques, et représente plus de la moitié des capacités
renouvelables installées dans le monde sur l’année 2023. Un fait à ne
pas négliger.
Le pessimisme est une maladie sénile tandis que
l’optimisme, une maladie infantile. Ce que la Chine fait est ni plus ni
moins d’affronter la tête haute les défis actuels, contrepartie
douloureuse mais nécessaire à court terme pour le gain d’une économie
plus sûre et plus autonome à long terme. Elle ne perdra jamais la
confiance, car la victoire aime les cœurs ardents.
YI DA
L’opération spéciale a déclenché une fracture géopolitique au centre de l’Europe, par Kirill Averianov
Cette description des fractures géopolitiques entre les capitales
officielles – ici la Tchéquie et la Slovaquie – mériterait d’être
complétée par les fractures (parfois liées à des régions entières comme
en Moldavie) entre le gouvernement du pays et une large partie de son
opinion publique. Même la Pologne de Donald Tusk est loin d’être unanime
derrière le très interventionniste Donald Tusk. Que dire des Balkans,
de l’ex-Yougoslavie ou de la Bulgarie ? La situation française et le
vote du Parlement (grâce à l’abstention du RN qui veut ratisser large
mais cherche des financements du grand patronat comme toutes les
extrêmes-doites) et la pseudo majorité dont Macron feint de bénéficier
est assez caractéristique du fait que ce ne sont pas seulement les
anciens pays du pacte de Varsovie qui sont “fracturés”, nous assistons
bien à un séisme qui porte sur une UE de plus en plus confondue avec
l’OTAN et nous n’en sommes qu’aux prémisses. On ne peut que se féliciter
de la manière dont les communistes français ont su prendre date. (note
de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)
L’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine a provoqué des
changements tectoniques dans la politique internationale, et des lignes
de fracture géopolitiques apparaissent maintenant dans les endroits les
plus inattendus. Fin février, lors d’une réunion des premiers ministres
des pays du groupe de Visegrad, il est apparu clairement que
l’existence de cette alliance très importante pour l’Europe centrale et
orientale était compromise. En effet, la Hongrie et la Slovaquie n’ont
pas accepté l’intention des deux autres membres de l’alliance – la
République tchèque et la Pologne – de fournir une aide militaire à
l’Ukraine.
Le premier ministre polonais Donald Tusk a exprimé sa perplexité à ce
sujet : “Il est paradoxal que Budapest et Bratislava nous envoient
aujourd’hui des signaux aussi contradictoires à l’égard de Poutine et de
la Russie. Après tout, nous avons vécu la même expérience avec l’Union
soviétique. Leurs chars étaient à Budapest, Varsovie et Bratislava. Je
ne vois pas pourquoi les pays de la région ne pourraient pas être
extrêmement unis pour résister et soutenir ceux qui luttent contre un
régime qui n’accepte pas nos valeurs communes”.
Les dirigeants tchèques ont également fait semblant de ne pas
comprendre comment on pouvait ne pas soutenir l’Ukraine. Début mars,
Prague a annulé une réunion conjointe régulière des cabinets tchèque et
slovaque en raison des démarches amicales de la diplomatie slovaque à
l’égard de la Russie.
Les Tchèques ont notamment été irrités par la rencontre du ministre
slovaque des affaires étrangères, Juraj Blanar, avec le ministre russe
des affaires étrangères, Sergei Lavrov, en marge d’un sommet
diplomatique à Antalya. “Il est impossible de cacher qu’il existe des
désaccords importants sur certains sujets clés de la politique
étrangère”, a déclaré le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, pour
expliquer l’annulation des consultations intergouvernementales avec le
cabinet du pays voisin.
Les Slovaques n’ont pas tardé à réagir. Le Premier ministre slovaque
Robert Fico a critiqué la décision de Prague dans une vidéo publiée sur
son compte de médias sociaux. “Le gouvernement tchèque a décidé de nous
menacer uniquement parce qu’il souhaite soutenir la guerre en Ukraine,
alors que le gouvernement slovaque souhaite parler ouvertement de paix”,
a déclaré M. Fitzo.
Auparavant, M. Fitzo avait déclaré que le conflit armé en Ukraine
avait commencé en 2014 avec les agissements des “néonazis ukrainiens”.
Selon lui, il n’y a pas de solution militaire à ce conflit et il est
nécessaire de chercher des moyens de résoudre pacifiquement la
situation, car la poursuite de la confrontation est un chemin direct
vers la Troisième Guerre mondiale.
La Prague officielle, au contraire, fait tout ce qui est en son
pouvoir pour intensifier le conflit. La République tchèque a été le
premier pays à fournir des chars à l’Ukraine, avant même la
Grande-Bretagne et la Pologne. Le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, a
initié l’achat urgent de 800 000 obus pour Kiev auprès de sources
extérieures à l’Union européenne, et ce plan a déjà commencé à être mis
en œuvre.
Comme nous pouvons le constater, les gouvernements tchèque et
slovaque ont des positions diamétralement opposées sur la confrontation
russo-ukrainienne, ce qui devait tôt ou tard conduire à une crise dans
les relations entre les anciennes parties de la Tchécoslovaquie.
Cependant, l’aggravation actuelle, avec un haut degré de probabilité,
est liée à l’élection présidentielle slovaque, dont le premier tour aura
lieu le 23 mars. À ce jour, selon les sondages d’opinion, le collègue
de la coalition gouvernementale de M. Fitzo, Peter Pellegrini, et le
politicien libéral Ivan Korchok sont au coude à coude.
Les journalistes tchèques se demandent maintenant si le gouvernement
libéral tchèque n’est pas en train soutenir la candidature de M.
Korczok. C’est une hypothèse raisonnable, étant donné que les relations
entre Prague et Bratislava se sont détériorées depuis que le
gouvernement slovaque est dirigé par Robert Fitzo.
Si un collaborateur de l’actuel premier ministre accède à la
présidence slovaque, la crise des relations tchéco-slovaques s’aggravera
encore. En tant que “grand frère”, Prague envoie un message aux
électeurs du pays voisin : si les Slovaques veulent une amitié avec les
Tchèques, ils doivent voter pour un candidat que Kiev qualifie de
“pro-ukrainien”.
La présidente slovaque sortante, Zuzana Chaputova, qui a soutenu M.
Korczok lors de l’élection, a “renvoyé l’ascenseur” à ses collègues
tchèques en écrivant sur les médias sociaux : “Lorsque nous
affaiblissons les valeurs de la politique étrangère, nous perdons des
amis. Je serais désolée que cela se produise. À mon poste, je
continuerai à essayer de renforcer les relations entre la Slovaquie et
la République tchèque.” Mme Chaputova a ensuite développé son offensive
contre M. Fico, affirmant que les réformes proposées par le premier
ministre mettaient la démocratie à rude épreuve et faisaient courir le
risque à la Slovaquie de perdre ses subventions européennes.
La position de Prague aura-t-elle un impact sur la volonté des Slovaques ? On peut en douter.
Tout d’abord, il existe de sérieuses différences mentales entre les
citoyens tchèques et slovaques : la société slovaque est historiquement
plus russophile que la société tchèque.
Ce n’est pas un hasard si, après la Seconde Guerre mondiale, le
dirigeant communiste slovaque Gustav Husak a suggéré à Joseph Staline
que la Slovaquie rejoigne l’Union soviétique. Le soutien à la Russie
dans le conflit avec l’Ukraine est principalement dû aux sympathies
profondément ancrées des Slovaques pour Moscou.
Deuxièmement, les libéraux slovaques, qui étaient au pouvoir avant le
retour de Robert Fitzo au poste de premier ministre, se sont
discrédités aux yeux d’une grande partie des citoyens par des mesures
économiques et politiques impopulaires. Le social-démocrate Pellegrini a
donc de meilleures chances de l’emporter.
Enfin, troisièmement, la pression exercée par Prague peut aboutir au
résultat inverse, à savoir une augmentation du soutien au candidat qui
ne danse pas au son des tambours tchèques. Bien que les Tchèques et les
Slovaques ne soient pas aussi antagonistes que, par exemple, les Serbes
et les Croates, personne n’aime qu’un voisin joue le rôle de “grand
frère”.
Vers
un troisième conflit mondial ? Pourquoi le vote au parlement français
est malgré tout un rendez-vous avec l’histoire ? par Danielle Bleitrach
Ou quand Macron se prend pour Sun Zu, la Chine a déjà entamé la
partie depuis longtemps… à un autre niveau que les tristes pitreries de
certains politiciens français et mêmes européens…
Le vote du parlement français, approuvant de fait la très dangereuse
orientation de Macron n’avait de toute façon aucune incidence sur ce
qu’avait déjà été mis en marche par le “Président” et son petit
état-major de clones irresponsables. Pourtant il s’agit là ni plus ni
moins de la plus dérisoire des manœuvres de “politicaillerie” locale
combinée avec la tentative d’embraser le continent européen. Ceux qui
l’ont approuvée ou on feint de ne pas prendre position portent une
lourde responsabilité, ils sont à la fois grotesques et criminels, mais
toutes les guerres mondiales ont présenté ce cocktail puéril et
effrayent à juste titre. Ce que nous décrivons aujourd’hui est non
seulement le risque dans lequel sciemment, par alignement sur les USA,
Macron a choisi d’entrainer les pays européens de l’OTAN (avec son
complice polonais Tusk qui a toujours pris ses ordres directement des
USA), mais la manière dont la Chine et un certain nombre de pays du sud
tentent de circonscrire la guerre sur le seul territoire européen dont
l’explosion et l’autodestruction économique est jugée assez inévitable
ou à tout le moins l’entretien d’une guerre de haute intensité. En
attendant, voyons le contexte immédiat européen en reprenant le rôle
joué par les révélations de la présence sur le terrain de l’Allemagne,
ce qui a créé les conditions d’une implication grandissante de ce pays
mais aussi des services secrets britanniques et de tous ceux de l’OTAN.
Macron a “assumé” et proposé un pas de géant en avant. Le vote au
parlement français est donc tout sauf une formalité, c’est la révélation
de l’état politique d’une France qui pourtant ne veut pas de la guerre
mais a perdu les moyens politiques de l’intervention citoyenne.
La révélation de l’implication directe de l’OTAN en Ukraine alors
que ce pays est en pleine débâcle et que se multiplient de plus en plus
de manière ouverte les actions terroristes contre les civils russes…
par The Daily Digest Depuis février 2022, le conflit ukrainien oppose la Russie
à une Ukraine soutenue par l’Union européenne et l’OTAN. Nombreux sont
ceux qui craignent aujourd’hui qu’un affrontement direct entre les
nations occidentales et Vladimir Poutine ne conduise à une troisième
guerre mondiale. Une hypothèse de plus en plus probable. Une fuite
provenant de l’armée allemande a révélé que des soldats britanniques
sont “sur le terrain” en Ukraine pour aider les troupes de Kyiv. Selon
le journal britannique ‘The Guardian’, les médias russes ont diffusé un
enregistrement audio d’un appel top secret entre des officiers de
l’armée de l’air allemande évoquant la présence de militaires
britanniques en Ukraine. Capables d’atteindre des cibles situées à 240
kilomètres derrière les lignes russes, selon ‘The Guardian’, ces
missiles ont fait l’objet d’échanges quant à leur utilisation pour faire
sauter le Pont de Crimée reliant la Russie à la péninsule occupée. La
‘BBC’ a indiqué que le gouvernement allemand avait confirmé
l’authenticité de l’appel qui a fuité. Le ministre de la Défense, Boris
Pistorius, a déclaré que la discussion avait été enregistrée par l’un
des participants qui utilisait une ligne non sécurisée. Le chancelier
allemand, Olaf Scholz, avait précédemment exclu la possibilité que son
pays fournisse des missiles Taurus à l’armée ukrainienne. La chaîne de
télévision allemande ‘DW’ note que, selon Olaf Scholz, la livraison de
missiles Taurus nécessiterait un appui et une formation réalisés par des
troupes allemandes, alors qu’il est opposé à l’implication directe de
son pays dans la guerre en Ukraine. ‘The Guardian’ a rappelé que les
médias d’État russes avaient utilisé l’enregistrement comme preuve
supposée de l’existence d’un front occidental uni contre la Russie.
L’audiovisuel public britannique a cité le porte-parole du Kremlin,
Dmitri Peskov, selon lequel l’enregistrement divulgué “suggère que les
militaires allemands discutent de manière substantielle et spécifique de
plans visant à frapper le territoire russe”. Bien que l’OTAN se targue
d’être la plus vaste alliance militaire au monde, la situation n’est pas
au beau fixe parmi ses principaux États-membres, en particulier entre
l’Allemagne et la France, les deux premières économies de l’UE. Selon
‘Le Monde’, le président français, Emmanuel Macron, a déclaré qu’il
n’écartait plus aucune option pour vaincre la Russie, y compris l’envoi
de troupes au sol. Loin de revenir sur ses propos, le président français
a campé sur ses positions en exhortant les alliés occidentaux de
l’Ukraine à “ne pas faire preuve de lâcheté” à un moment aussi critique
pour l’Europe. “Est-ce, oui ou non, notre guerre ? Pouvons-nous
détourner le regard en pensant que nous pouvons laisser les choses
suivre leur cours ?”, a déclaré l’hôte de l’Élysée, cité par ‘Le Monde’.
“Nous ne voulons pas d’escalade, nous n’avons jamais été belliqueux”,
a-t-il ajouté.
Face à ces révélations et tandis que le monde entier, le pape
compris invite aux négociations, Macron assume et pousse à aller plus
loin probablement sur ordre des USA qui ne veulent pas avant les
élections d’une nouvelle débâcle type l’Afghanistan et qui de toute
façon poursuivront leur guerre tous azimuts contre la Chine.
Macron se prend pour Sun Tzu
L’ambiguïté stratégique ou comment masquer une connerie atlantiste souus une référence chinoise ? Héritée
des théories du général chinois Sun Tzu exposées dans L’Art de la
guerre au VIe siècle avant notre ère, “l’ambiguïté stratégique” est un
principe de base de toute confrontation avec une puissance étrangère.
Elle consiste à entretenir le flou sur la nature de la riposte.
“Concrètement, cela veut dire qu’on n’exclut rien, qu’on ne s’interdit
pas d’utiliser certaines cartes”, explique à franceinfo Michel Goya,
historien militaire et ancien colonel des troupes de marine qui ne cesse
de s’illustrer sur le plateau de LCI pour paraitre donner du “corps”aux
pires âneries du pouvoir et de l’otan.
Face à la stupéfaction générée par les propos du président de la
République le 26 février, lors d’une conférence internationale
réunissant des alliés de Kiev, qu’un envoi de troupes occidentales dans
le pays en guerre contre la Russie ne pouvait “être exclu”, comme il est
difficile de dire que non seulement cette imbécilité était l’invention,
une de plus de la CIA… Et que de fait il s’est trouvé des partis de
droite, du centre, et cerise sur le gâteau du PS et des verts pour
approuver pareil délire avec la béndiction du RN, l’expert en réduit à
faire référence à la Chine et à son art de la guerre.
Héritée des théories du général chinois Sun Tzu exposées dans L’Art
de la guerre au VIe siècle avant notre ère, “l’ambiguïté stratégique”
est un principe de base de toute confrontation avec une puissance
étrangère. Elle consiste à entretenir le flou sur la nature de la
riposte. “Concrètement, cela veut dire qu’on n’exclut rien, qu’on ne
s’interdit pas d’utiliser certaines cartes”, explique à franceinfo
Michel Goya, historien militaire et ancien colonel des troupes de
marine. “Cela ressemble à une partie de poker. Il s’agit de faire
plier son adversaire, sans avoir besoin d’abattre ses cartes, de montrer
ses as.”
Michel Goya, historien militaire à franceinfo
Concernant la France, “l’ambiguïté stratégique” est étroitement liée
au principe de dissuasion nucléaire. “Il s’agit de laisser un flou sur
le moment où l’on peut utiliser l’arme nucléaire, car si on dessine une
ligne précise, cela laisse le champ libre à l’adversaire”, poursuit
Michel Goya. Pour l’historien, “la vraie question concerne l’usage en
premier de l’arme nucléaire, car si l’emploi intervient en second, tout
le monde comprend la logique de riposte. En premier, c’est beaucoup plus
difficile, car cela peut entraîner une riposte d’une puissance
nucléaire ou une forte réprobation de la communauté internationale.”
Quand il s’agit d’appliquer l’art de la guerre de Sun Tzu rien ne vaut les Chinois eux-mêmes…
Outre le fait que trasformer Sun Tzu en joueur de poker dit qui est
en réalité à la manoeuvre, il semble que la Chine n’ait pas attendu
Macron pour entamer la partie…
En fait, ce que tentent de créer sur ordre des Etats-Unis, Macron et
ses complices c’est une mise à feu continentale : est-ce que l’Europe et
les Etats-Unis sont – comme ils l’ont été dans les précédentes guerres
mondiales- en capacité d”étendre ce conflt européen à la planète avec in
fine la cible chinoise dansle viseur? Le faire, tout en conservaant
pour les USA cette position privilégiée de non belligérant le plus
longtemps possible, tout en bénéficiant du boom économique d’une guerre
généralisée dont ils deviendraient les principaux bénéfciaires ?
Les USA ont des marionnettes pour agir en ce sens, des gens
ukrainisés à la Zelensky, Netanayoun en Israél, le Japon, et Macron… Et
comme la quasi totalité de “démocraties occidentales, tous ces
politiques à commencer par l’élection présidentielle aux USA, présentent
ce mélange typique de “politicailleries” dérisoires, de jeux à la
petite semaines entre partis et individus défendant bec et ongle leurs
intérêts immédiats. Ce qui doit avoir lie dans le repect des
fondamentaux, ceux des marchés financiarisés parmi lesquels les
marchands d’armes sont au premier rang.
Comment se protéger de ce cocktail de puérilité et
d’irresponsabilité criminelle ? la dépossession des parlements et une
politique qui devient celles des services de renseignement et de leurs
“coups” en liaison plus ou moins directs avec un prrésident et quelques
“décideurs” qui se prennent pour les maitres du monde en jouant au
“poker menteur” créent un abime entre l’opinion publique et sa capacité
d’intervention politique…
Comment des nations que l’on veut prendre dans ce piège-là peuvent-elles y échapper?
Un des enjeux est donc la capacité de la Chine de tenter de ne pas
entrer en guerre tout en baalisant des liges rouges infranchissables,
sans pour autant de créer “un camp” de provoquer une volonté de paix et
de développement et ce y compris au coeur même des nations intégrées au
coer du dispositif le plus belligerant (le cas du japon et de la plupart
des nations asiatiques doit être analysé dans ces cotradictions).
C’est dans un tel contexte totalement inusité que doit être jugé la
prise de responsabilté de nos “élites politco-médiatiques”. Nous pouvons
tous éprouver un certain soulagement devant la prise de position du
PCF. En effet, si le rassemblement National a fait la démonstration de
ce qu’est l’extrême-droite : un pseudo patrotisme à la recerche des
financements du capital et qui s’aligera sur ses intérêts, la FI s’est
également relativement marginalisée : un mouvement derrière l’ambition
d’un chef, en train de se déchirer et de plus en plus coupée de sa base,
le PCF qui est lui-même réduit à sa pls simpe expression miltante
demeure la grande chance d’une force organisée à partir de la classe
ouvrière, des couches populaires colonne vertébrale de la gauche.
C’est un pari dont chacun perçoit la fragilté mais qui a pour lui un
mouvement géopolitique de grande ampleur dont il semble que le PCF
commence à prendre conscience et des fractures de plus en plus
explosives dans l’UE dont nous faisons également état aujurd’hui