vendredi 15 mars 2024

 

Où il est dit qu’il vaut mieux être musulman au Xinjiang qu’en France et journaliste au Grand Soir qu’à Libération.

Ouïghours, l’horreur était dans nos médias

L’illustration de « Ouïghours, l’horreur était dans nos médias » n’est pas une photo de propagande du « régime » chinois. C’est moi qui l’ai prise (en 2016) lors de mon premier voyage au Xinjiang. Bien que sa qualité soit moyenne pour une couverture de livre, on l’a choisie parce qu’elle montre des femmes libres, buvant du thé (?) et mangeant des gâteaux, entre copines, coiffées et vêtues comme elles veulent.

Si l’on regarde bien, elles sont cinq, chacune a un Smartphone (le cinquième est en charge sous une affiche de jeune beauté aguicheuse). Elles sont rieuses (gentiment moqueuses) devant l’étranger avec qui elles ont eu envie d’échanger, nonobstant l’obstacle de la langue.

Et le Xinjiang, c’est ça.

Au mois d’août 2023, mon éditeur, Aymeric Monville, qui venait pour la première fois au Xinjiang, a été surpris de l’ambiance dans le bazar (souk) d’Urumqi où les habitants viennent déambuler jusqu’à tard dans la nuit. Lors de ma première visite, en 2016, la visite du bazar n’était pas possible la nuit en raison des risques d’attentat. Nous ne pouvions nous y déplacer, le jour, sans être accompagnés par un policier en civil, le pistolet dissimulé sous la veste. Je raconte tout ça dans mon premier livre sur le Xinjiang (« Ouïghours, pour en finir avec les fake news », décembre 2020, éditions La Route de la Soie).

C’était six mois après le carnage de la mine de Baicheng où des fanatiques islamistes avaient attaqué des ouvriers à la machette, faisant 16 morts et 18 blessés. La correspondante de l’Obs en Chine osa écrire : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée. » En effet, « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïghours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation… » Traduire « s’en était pris » par « ont massacré ». Comprendre dans le « probablement » que la journaliste n’en sait rien, mais qu’il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure dont il nous semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient « probablement » pas responsables.

Les mesures gouvernementales pour annihiler dans l’œuf tout nouvel attentat étaient alors impressionnantes : multiplications des caméras de surveillance, des caméras de reconnaissance faciale, abondance des contrôles de police, check-points sur les routes, apposition de codes QR sur les maisons de suspects, enregistrement des cartes SIM, neutralisation des trottoirs et contre-allées devant les restaurants où nous déjeunions, présence policière peu discrète, policiers en civil à nos côtés, masquage des plaques d’immatriculation des véhicules dans lesquels nous voyagions et bien d’autres sans doute qui n’étaient pas visibles et qui ne devaient rien envier aux mesures en vigueur dans la France de « l’état d’urgence ».

En août 2023, la tension due aux craintes d’attentats avait notablement diminué et la visite touristique et sans escorte était possible la nuit. Les badauds, en famille, souvent des couples avec enfants déambulaient en se prêtant volontiers à des séances de photos que nous sollicitions.

Pour ma part, en ce troisième voyage, sept ans après le premier qui s’était donc déroulé dans une atmosphère tendue, j’ai été surpris surtout par la liberté tranquillement affiché par les jeunes filles : robes chatoyantes de mille couleurs, shorts effrangés, jupes parfois à peine plus longues que les minijupes du temps où j’avais depuis peu cessé d’être un jouvenceau boutonneux. Il m’est impossible de parler du Xinjiang (trois fois la France pour sa superficie) sans penser aux femmes afghanes, de l’autre côté de la frontière, encagées sous une burqa noire, condamnées à l’analphabétisme, serrées de près par leur oncle ou par leur mari (parfois un oncle, épousé quand elles avaient neuf ans) ou par leur frère, ou leur fils aîné, qu’importe, pourvu qu’il soit un mâle.

Nos féministes républicaines devraient s’alarmer d’une possible « afghanisation » du Xinjiang, à moins que le sort de leurs sœurs ouïghoures les indiffère, le Xinjiang n’étant qu’un prétexte à bien se positionner politiquement en jouant sur l’émotion provoquée par la vague de menteries états-uniennes relayées par notre presse. C’est ce que je crois.

Et je pense à la quasi totalité des partis politiques français qui ont voté en janvier 2022 une résolution pour condamner le « génocide » ouïghour. Les députés de LFI se sont abstenus. La résolution était portée par Olivier Faure, du Parti Socialiste. Le nom même de ce parti est une escroquerie : « Parti socialiste ». Ainsi, il fait croire que des Hollande, Valls, Cazeneuve, Castaner, El Khomri, Faure, Delga, Cahuzac, Fabius, Dray, Le Foll, peuvent être rangés sous la bannière de Jaurès.

Mon livre « Ouïghours, pour en finir avec les fake news » a fait fondre sur moi, avec une violence, une mauvaise foi, une ignorance époustouflantes, une nuée de journalistes dont la connaissance du Xinjiang est née de discussions autour de la machine à café du bout du couloir ou de la lecture d’articles de confrères pantouflards instruits par des dépêches venues de Washington.

 Les journalistes qui s’en sont pris à moi n’ont jamais mis les pieds au Xinjiang. Sauf une (au siècle dernier). Celle-là se désole de mes « oeillères ». Or, de tous ceux qui écrivent sur le Xinjiang, de tous ceux que vous avez entendus ou lus ou vus parler des Ouïghours, je suis le seul à m’être rendu trois fois sur place, à avoir pris connaissance en grande partie de l’argumentaire chinois, à avoir à peu près tout entendu, lu, venant des antichinois.

Quand les coups se sont abattus sur moi, plusieurs de mes détracteurs n’avaient pas lu mon livre, demandant à recevoir un « service de presse » (exemplaire gratuit) APRES en avoir fait une sévère critique ou puisant dans des recensions de confrères ou consœurs au risque de citer par copié-collé des passages tronqués ou truqués.

La vérité est que, pour beaucoup, le titre suffisait à condamner l’ouvrage et l’auteur.


Le pire est l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) organisme français, public, officiel et pro-états-unien, qui, à l’occasion d’une enquête sur la Chine, me livre à l’OTAN et au Pentagone. Dans la version anglaise de leur enquête, mon nom apparaît 61 fois et ma photo 8 fois. Si j’étais craintif, parano ou complotiste, si je ne savais pas que le Pentagone et la CIA (surtout la CIA) sont des organisations morales, pacifistes, non violentes, légalistes, incapables de mauvais coups dans l’ombre, je dirais qu’une branche de l’armée de mon pays m’a désigné à des tueurs étrangers.

Gageons que les chiens de garde (Cf. Paul Nizan) vont encore se déchaîner avec mon second livre, accablant pour notre classe politico-médiatique. Ils vont se ruer sur moi de concert, comme quand s’ouvre la porte du chenil de la meute dressée à la chasse à courre, les aboiements des uns renforçant les jappements des autres, tous confortés par leur nombre, la course des premiers traçant l’itinéraire des suivants, les cous pareillement tendus, les oreilles couchées, les crocs luisants sous les babines retroussées, les baves se mélangeant par frottement sur les flancs en sueur, l’ensemble étant enivré par le cor sonnant l’hallali assez fort pour que je sois inaudible, voire intellectuellement aphone, tandis que des plus grands qu’eux, des plus honnêtes, des plus internationalement respectés, se sont mis à écrire, comme sous ma dictée (1).

Voici le préambule de mon livre :


« MESSAGE À NOS MÉDIAS


Vous affirmez que je suis « un idiot utile » (Frédéric Lemaître, Le Monde), « d’extrême gauche » (Nathalie Guibert, Le Monde), tandis que je suis d’extrême droite (Éric Simon, Charlie Hebdo) et un « dingo » qui nie l’existence de « camps de rééducation pour les Ouïghours » (Laure Daussy, Charlie Hebdo). Vous essayez de me faire dire qu’« il ne se passe rien de particulier au Xinjiang » (Elhia Pascal-Heilmann, Arrêt sur images), que « tout ce qui est dit sur le Xinjiang est faux » (Antoine Bondaz, Fondation pour la recherche stratégique). Vous certifiez que, porteur d’« œillères », j’épouse « sans réserve le récit colonialiste de Pékin » (Laurence Defranoux, Libération), que je suis un « négationniste » quant au Xinjiang (Nathalie Loiseau, ancienne ministre, tweet), un « confusionniste et propagandiste chinois » (Léa Polverini, Slate.fr), un nazi (« rouge-brun ») qui « nie les attentats contre les twin towers » (Tristan Mendès France, Twitter, France Inter, Conspiracy Watch). Vous avez contraint un hebdomadaire littéraire à me censurer, vous soutenez que « je suis bien payé » par le Parti communiste chinois et vous hésitez à me traîner devant les tribunaux « pour l’instant » (Dilnur Reyhan, Institut ouïghour d’Europe). Vous me refusez un droit de réponse après m’avoir mis en cause, vous prétendez que « le martyre des Ouïghours » est une « réalité maintes fois démontrée » et que, pour la nier, j’ai bénéficié d’un « droit de suite sur nombre de canaux, notamment chinois... » (Thibault Sans, Le Média). Vous me rangez dans un « cheptel » qui diffuse « les éléments de langage de Xi Jinping » (Benjamin Jung, Blast). À vous et à d’autres, je vais rappeler ci-après ce que j’ai vraiment écrit sur le Xinjiang dans mon livre « Ouïghours. Pour en finir avec les fake news » et je le compare à vos divagations que contredisent, depuis des années, des intellectuels étrangers mondialement reconnus, et même le « rapport » publié le 31 août 2022 par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU après son enquête au Xinjiang, où l’on cherchera vainement les mots « génocide, esclavage dans les champs de coton, camps de concentration, prélèvements d’organes, persécution de la religion, éradication de la culture et de la langue ouïghoures », accusations terribles qui sont votre fonds de commerce pro-atlantiste et un prétexte à aboyer en bande organisée contre la Chine et à me dire traître à mon pays... Avec mon voisin gascon Cyrano de Bergerac, je vous préviens, perce-bedaines, coupe-jarrets, trotte-menu et pisse-copie, que je « n’abdique pas l’honneur d’être une cible ». Mieux : je vais rappeler ce que vous avez écrit et dit sur le « génocide » et sur moi ; je vais révéler comment vous caillassez la vérité et ceux qui la protègent. À mon tour, j’ai enquêté sur vous. J’ai découvert que vous êtes montés au mât sans avoir le derrière du pantalon propre.


Vous n’allez pas aimer ».

Le livre est découpé en quatre parties  :


Première partie : Où de prestigieux intellectuels démontrent méticuleusement qu’il n’y a pas de génocide.


Deuxième partie : Comment lutter contre le terrorisme en France, en Chine, partout ailleurs ?


Troisième partie : Le constat du Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU au Xinjiang.


Quatrième partie : Le Vivas bashing.

Et l’ONU, dans tout ça ?


Le 31 août 2022, dans un document de 45 pages, le Haut Commissariat des Droits de l’Homme de l’ONU produit les résultats de son enquête du mois de mai au Xinjiang. Il ne reprend aucune des accusations antichinoises de notre classe politico-médiatique : « génocide des Ouïghours, persécution de la religion et de la culture musulmanes, interdiction de parler ouïghour, camps de concentration, prélèvements d’organes, récolte de coton par 500 000 esclaves ». Le livre en fait une analyse détaillée que nos médias ont oublié de faire. Il livre aussi un scoop sidérant sur la visite de Michelle Bachelet, qui est à l’ONU la Haute-Commissaire aux Droits de l’Homme.

Maxime VIVAS

Note (1) Aucun français ! La honte sur nous

« Ouïghours, l’horreur était dans nos médias », mars 2024, 266 pages, 22 euros.
En librairie ou commandes à editionsdelga@yahoo.fr

jeudi 14 mars 2024

 QUI REFERMERA LA BOÎTE DE PANDORE EUROPÉENNE ?

 

C'est la conclusion de l'article que publie Frank MARSAL  sur le blog Histoire et Société., suite à la déclaration de guerre de notre petit Mac Macrotte concernant l'aide militaire à l'Ukraine. Tout indique en effet que ce type pas tout à fait sain d'esprit est manipulé par l'OTAN. Nous sommes une colonie des USA impérialistes par le seul voeu de notre méprisant va-t-en guerre. La France dégringole à vue d'oeil sans que personne ne réagisse. Même les verts et les socialistes font allégeance.... Comme toujours.
La France n'a aucune raison de faire la guerre à la Russie, ce  serait la pire des folies, pas plus que la Russie n'a jamais déclaré la guerre à la France. Et pourtant ils sont absents ceux qui devraient donner le signal de la résistance à l'impérialisme .
 
Franck Marsal

"Une intervention très courageuse.

Je disais l’autre jour que, pour moi, Macron n’avait pas agi seul, sur un “coup de tête” comme on essaye de nous le faire croire, mais qu’il était en”service commandé” de l’OTAN. Je crains que cela ne se confirme prochainement.

L’enjeu n’est pas d’envoyer les soldats français en Ukraine. D’une part parce qu’en petit nombre il y en a déjà, et qu’en grand nombre, nous n’en avons guère. D’autre part, parce que l’enjeu, c’est de préparer une entrée en guerre officielle et directe de l’OTAN. Les accords signés entre l’Ukraine et la France se situent dans une soudaine série similaire liant les principaux pays de l’OTAN à l’Ukraine. Et l’OTAN, déjà présent dans les principales décisions militaires de Kiev, s’est effectivement préparé à intervenir. 

Mais l’Otan ne compte pas sur l’armée française, plutôt sur l’armée polonaise, qui s’est considérablement renforcée depuis deux ans. C’est là l’appui décisif sur lequel peut compter l’OTAN. Et ce n’est peut-être pas sans lien avec le limogeage de Zalouzhny, intervenu il y a peu …

Car, faire entrer la Pologne en Ukraine, c’est historiquement un peu compliqué. Tout comme officialiser que la guerre est bien une guerre opposant l’OTAN à la Russie. C’est là, je crains, que l’intervention de Macron a été utile et ce pourquoi elle a été organisée. Pour servir de couverture à l’entrée de la Pologne comme protecteur du régime de Kiev et comme deuxième ligne face à la Russie. La boite de Pandore européenne n’en finit plus de s’ouvrir. Qui la refermera cette fois ?"

 

 

Vérifions l’état de nos forces avant d’aller tirer les moustaches de l’ours !

Au moment où, à la suite des déclarations alarmistes de nos dirigeants, nos députés sont appelés à débattre sur la situation, l’heure sonne de réfléchir à l’état de nos forces.

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A première vue, si nous faisons, par un plissement de la mappemonde glisser la carte du monde pour rendre Avdiivka en bordure de Strasbourg l’affaire semble pliée et la communication de monsieur Macron toujours portée sur les concepts et l’imagination le projette très bien.

Nous allons voir pourquoi, vouloir affronter la Russie est irréaliste dans le domaine des armes stratégiques puis conventionnelles et enfin, pourquoi ce scénario est irréaliste.

 

Au plan stratégique la comparaison de fait dans le domaine des armes défensives et des armes offensives.

Sur le plan défensif, le match est pour ainsi dire plié d’avance : La Russie possède la défense AA la plus dense du monde. La France 8 batteries de Samba, système équivalent à un S400 même si sa portée est plus faible en raison de vecteurs plus légers. Mais bon, pour cette discussion à haut niveau, nous accepterons cette quasi-équivalence des armes individuelles : Elles servent à couvrir un point sur la carte.

Côté russe, la couverture est limitée. Pour nous français, trop courte est une aimable fiction, notre défense relève, pardonnez-moi cette image du slip kangourou au Groenland.

Les Ukrainiens avec un mélange de S300, patriotes et autres systèmes fournit en quantités échantillonnaires par d’autres pays d’Europe interceptent des missiles de croisière au prix d'une dépenses considérable de munitions AA. Cet effort est hors de portée des moyens français, car cette stratégie met à sec, l'ensemble des stocks OTAN. On constate alors, que nos armes sont trop chères, produites en quantités insuffisantes et cette grave faute de conception de nos défenses mettra du temps à être corrigée.

Au plan stratégique, les Américains ont développé un système anti-missiles adapté pour intercepter les Missiles Balistiques Intercontinentaux (IBCM). Cette capacité, certes apparemment limitée à contraints les russes à moderniser leurs armes offensives.

Cette modernisation est incarnée par les Satan 2 Sarmat.

 

Sur le plan des armes offensives, les arsenaux russes et américains s’équilibrent plus ou moins. Les Sarmat ont été explicitement conçus comme une solution pour percer le système ABM (Antibalistic Missile) US. On peut gloser sur les prétentions de Moscou, mais jusqu'ici, elles ont à peu près tenu sur le terrain et la menace doit être considérée comme valide.

D’ailleurs, peut-être devrions-nous nous montrer un peu prudent sur nos performances fantasmées, car les Anglais ont récemment eu une série de mécomptes lors de leurs essais de missiles tridents.

Glissons et puisque Monsieur Macron s’interdit les lignes rouges ramenons le à la puissance brute. Les mots ont cet avantage que les scénarios ne tuent que les arbres. Alors quelle est la comparaison des facteurs de feu bruts ? La Russie peut survivre à une salve française, l’inverse face à un tir russe relève de l’impossibilité physique.

Notre défense était taillée pour rendre non rentable l'entrée d'un adversaire sur le territoire français. Si nous allons provoquer, surtout sur un sujet considéré comme vital par les Russes, alors les hypothèses de départ s'effondrent.

Je trouve un peu dommage de devoir rappeler ces faits qui pour moi, relevaient de l'évidence.

Avons-nous si peu conscience de notre situation militaire et des fondements de notre dissuasion ?

 

Alors, bien sûr monsieur Macron n’a peut-être pas conscience de ce fait, puisse cet article l’aider à le réaliser.

Pour lui, occupé à découvrir les petits soldats, l’idée de "jouer" avec des troupes dans une vraie guerre, l’idée peut-être tentante de se faire passer pour un homme d’État. Mais permettez-moi de rappeler un détail : Le général de Gaulle avait, pardonnez mon ironie, une légère, expérience militaire. Jacques Chirac avait été en Algérie. Même Mitterrand avait fait son service et savait de quel côté du fusil sortait la balle. Ils avaient donc une certaine compréhension des rapports de forces basée sur leur vécu, notre actuel dirigeant ne saurait prétendre à cette finesse.

On parle beaucoup des dividendes de la paix comme cause de la faillite constatée de la doctrine OTAN. Permettez-moi de nuancer. Certes, la comparaison de l’armée de 1989 et de 2021 est cruelle :

En 1989, l'Armée de terre est composée de trois « piliers » : la 1re armée et ses trois corps d'armée, la force d'action rapide et la défense opérationnelle du territoire. Ses effectifs atteignent 296 000 hommes[1].

En 2021 l’armée de terre compte 114 818 personnels[2], soit une baisse de 62% des effectifs.

Cette armée a été construite pour chasser du Djihadiste à des milliers de KM. Pour monter une opération commando, elle est très adaptée, et nos soldats maîtrisent nombre de compétences.

Pourtant, je vais me permettre de poser une autre comparaison. L’occident, faute de véritable adversaire s’est laissé dériver conceptuellement. Nous avons une approche fondée sur la chevalerie et le duel. En l’absence d’adversaire capable de nous menacer nous nous sommes laissé entraîner dans une logique de supériorité individuelle. Autrefois, celle-ci s’établissait par la cadence de tir des armes, ou par le recours à une source d’énergie plus dense (Comme le moteur de char qui permet à trois bonhommes d’emmener un canon lourd et du blindage). Seulement, (faillite des élites ?) L’occident n’est pas vraiment parvenu à générer un avantage de puissance. Alors, nous nous sommes réfugiés dans l’électronique promise à conférer un gain individuel.

Cette logique du duel et du preux chevalier appelé à dominer de son bras vaillant ses adversaires à échoué en Ukraine contre la doctrine militaire russe. Telle fut la conception de l’offensive de Robotnye ou les supers soldats formés par l’OTAN armés de merveilleux chars occidentaux ont redécouvert cette vérité immortelle : Le feu tue[3] !

Le plus grave est l’incapacité des chefs militaires de l’OTAN a réaliser cette faiblesse doctrinale grave !

La doctrine russe, héritière pour le coup de communisme revient à une approche beaucoup plus roturière. Combattre le nez dans la terre, pendant que les obus tirés de loin accablent les adversaires comme les flèches des archers anglais ont annihilés les preux chevaliers français pendant la guerre de cent ans.

Et sur ce plan, je dois donner raison à monsieur Macron : Vladimir Poutine les attaque, car le système russe justement est une vision populaire, roturière qui met à bas l’illusion d’une élite détentrice d’une suprématie quasi biologique ou divine. Dans la boue de Robotnye gît le premier de cordée rappelé à sa condition mortelle.

Seulement, permettez-moi, humble moujik, déplorable devant Marx (Eh oui, je ne crois pas), de me poser la question : Pourquoi dois-je sauver les illusions du pouvoir macroniste ?

Voila ce qui se joue, voulons-nous contribuer à notre propre servitude ou non ?

 

Alors, bien sûr, impossible de l’avouer et le macronisme, pour inciter le troupeau à le servir et l’enrôler dans sa croisade se met à agiter des peurs. Y croient-ils ? Avec Macron rien ne saurait-être exclu, mais comme toujours l’enjeu est de déminer les mensonges du narratif pour ceux qui souffrent d’une information insuffisante.

Nous avons vu que nos armées sont formées pour affronter du fort au faible des adversaires peu puissants au bout du monde. Malheureusement pour elles, la guerre d'Ukraine s’effectue sur un tout autre scénario :

Envoyer des soldats dans des tranchés, des avancées lentes et brutale préparées par des déluges d'Obus, pour tuer, ou assommer les défenseurs sous le feu.

Pour cela, il faut des tubes de canons, des munitions en quantités pléthoriques, tous scénarios dont l'armée française a oublié jusqu'à l'existence. Nous sommes équipés pour livrer une poignée d’obus par avions au milieu du sahel, les Russes livrent eux des munitions par trains entiers sur le front.

Au passage, cela vous montre que l’idée de voir les Russes envahir l’Europe est un non sens.

Ils ont eu besoin de tirer dix millions d’obus par an durant deux années de suite pour tuer un demi-million d’ukrainiens et probablement en mettre autant hors de combat.

L’OTAN est elle donnée pour trois millions de soldats[4], si on admet un million de soldats US, il reste deux millions d’hommes hors réservistes.

La Russie serait alors contrainte mobiliser trente millions d’obus et en dehors de les produire, elle devrait les conduire sur les champs de bataille européens. Imaginez le simple défi logistique représenté par un tel volume de matériel ? Surtout si vous considérez que les écartements sont différents : L’écartement soviétique est de 1524mm, l’européen est de 1435mm et au moment où les Baltes ont voulu se connecter, ils ont dû reconstruire un nouveau réseau[5]. Avant, ils devaient transborder les marchandises.

Imaginez-vous transporter trente millions d’obus de la frontière de Biélorussie au cœur de l’Europe ? Tout transborder, protéger ces milliers de kilomètres de lignes contre les attaques aériennes de l’OTAN dont c’est l’un des rares facteurs de forces encore valable.

Il suffirait pour mettre les Russes à l’arrêt de les empêcher de nous prendre les trains à l’écartement européen et tout serait pour ainsi dire terminé. La Russie peut déployer sa force en Ukraine car elle, pardonnez cette métaphore sportive, joue à domicile. A l’extérieur le niveau de difficulté augmenterais.

L’armée russe sera sûrement capable de déployer des brigades, mêmes des corps d’armée, mais son soutient limité dans le territoire européen la conduirait à se retrouver en grave infériorité numérique face au force de l’OTAN dont le potentiel humain est supérieur.

Le plus terrifiant est que ces faits sont de notoriété publique et que les militaires ont dû les expliquer aux décideurs, où alors, la lâcheté intellectuelle dans les cercles dirigeants de nos forces est grave. Je préfère croire nos responsables politiques incapable de comprendre les hommes en uniforme.

Les amateurs étudient la tactique, les professionnels la logistique et comme l’avait dit monsieur Macron : Soyez fier d’être des amateurs ! Au moins cette promesse fut tenue.

 

Donc quelles conclusions tirer : Oui, l’OTAN commandée par des imbéciles davantage engagées dans l’Idéologie. Je présente mes excuses aux imbéciles non employés par l’OTAN, je ne voulais pas les insulter, ses armées sont largement inadaptées, pourtant, les lourdeurs intrinsèques de l’outil militaire russes l’empêchent de nourrir l’espoir de conquérir l’Europe dans un délai raisonnable.

Cette puissance qui broie l’armée ukrainienne, de par son empreinte logistique qui la rend irrésistible là, où elle peut se déployer, elle ne peut se projeter.

Alors, sachons raison garder et arrêtons l’hystérie.

 

 

Agora Vox

 

Scandale au Parlement français : Macron a officiellement ouvert la voie à la guerre avec la Russie 

Les députés français ont voté en faveur de la poursuite du soutien à l'Ukraine dans le conflit qui l'oppose à la Russie. Au total, 372 députés ont voté en faveur de la poursuite du soutien, principalement des membres de la coalition présidentielle.

Cependant, l'accord bilatéral avec Kiev sur la coopération en matière de sécurité signé par le président français Emmanuel Macron et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a été vivement critiqué par l'opposition.

Le Premier ministre français, Gabriel Attal, a conclu son discours sur la stratégie d'aide à l'Ukraine lors d'un débat et d'un vote symbolique par « Gloire à l'Ukraine ! » en ukrainien. Ce débat a été un simulacre, suivi d’un vote indicatif qui n’engage à rien, surtout que ce soutien a été décidé par le président français en amont. 

« Gloire à l'Ukraine ! », scandé par Gabriel Attal dans l’Assemblée nationale à moitié vide est « le salut national ukrainien » pointe le HuffPost. « Vladimir Poutine a attaqué l'Ukraine, mais c'est bien plus largement à toutes nos valeurs [LGBT, bandérisme (nazisme), mondialisme] qu'il a déclaré la guerre. Par cette attaque, il a voulu changer l'ordre du monde. La République est aux côtés de l'Ukraine. Nous l'aiderons autant qu'il le faudra », a martelé le premier ministre français.

Gabriel Attal a reconnu que « nous sommes à un moment de bascule dans ce conflit ». Les renseignements US annoncent l’avancée du rouleau compresseur russe. Le Premier ministre montre l’inquiétude du pouvoir français en place avec les élections aux États-Unis : « Pour la Russie, le temps est désormais un allié. Elle compte sur la lassitude des alliés de l'Ukraine. Elle compte sur des échéances électorales prochaines aux États-Unis comme en Europe ». Observateur Continental a fait savoir que Viktor Orban prévient que Donald Trump « ne donnera pas un centime » à l’Ukraine. Le temps est compté pour les va-t-en guerre de France et d’Europe, car sans les États-Unis, l’UE ne peut pas faire face à l’armée russe. 

Pour ceux qui s'opposent à l'orientation actuelle des autorités, l'un des principaux sujets de critique a été l'absence de contrôle du parlement sur les actes du président, qui a signé un accord bilatéral avec un pays en conflit sans avoir été consulté.

La présidente du groupe Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a rappelé que « la guerre en Ukraine a aggravé un choc inflationniste sans équivalent depuis des décennies » pour les Français. « Il n'existe aucun besoin sauf à affaiblir ce nécessaire et régulier contrôle démocratique de votre action d'inscrire en une seule fois et pour plusieurs années l'ensemble de ces mesures dans un traité bilatéral », souligne-t-elle, signalant que « le contrôle périodique est d'autant plus indispensable que les mesures de soutien à l'Ukraine lorsqu'elles passent par des cessions de matériel militaire se font inévitablement au détriment du potentiel de nos propres forces armées alors que les rapports parlementaires soulignent depuis des années l'insuffisance de leur stock ». « La poursuite de nos différents objectifs de soutien à l'Ukraine, la préservation de la vie de nos soldats et l'organisation de la défense nationale vaut sans doute qu'un contrôle parlementaire soit exercé à intervalles réguliers sur les cessions de matériel militaire », a-t-elle insisté. 

« Je conteste la proportionnalité de cet accord. Il inclut également des dispositions qui constituent des lignes rouges pour le Rassemblement national et pour les Français et elles font courir le risque d'une aggravation du conflit. En soutenant l'adhésion de l'Ukraine à l'UE et à l'OTAN, vous déstabiliserez gravement non seulement l'intégralité des politiques communautaires agricoles en premier lieu, mais aussi la sécurité de l'Europe puisque l'adhésion à l'OTAN entretiendra un état de guerre permanent aux frontières des 2 pays avec le risque d'un conflit mondial entre une Russie nucléaire et une Alliance atlantique également nucléaire. À ce propos en évoquant dans l'accord une dissuasion active, vous semblez être prêt à mettre en œuvre la dissuasion nucléaire française elle-même », dénonce Marine Le Pen. 

« Qu'entendez vous, donc, par cet engagement ? Est-ce le pré-positionnement de Rafale armés du missile nucléaire sur le territoire d'un pays balte de l'OTAN ? », questionne-t-elle, continuant : « Si tel est le cas, alors vous brisez la doctrine française selon laquelle l'arme nucléaire n'est pas une arme tactique, mais stratégique utilisée en cas de violation flagrante caractérisée de nos intérêts vitaux, sinon n'est-ce pas galvauder le terme même de dissuasion que de l'utiliser à tout bout de champ alors que l'intention n'y est pas ? Monsieur le Premier ministre manifestement ce terme de dissuasion active et déraisonnable et il devrait être retiré de cet accord du catalogue des promesses de cet accord de défense. Cela apparaît intenable militairement, financièrement et industriellement et n'apporte aucune garantie à une amélioration de la situation de l'Ukraine ». 

Marine Le Pen a dénoncé les « déclarations bellicistes d'Emmanuel Macron », et l’invite à « réfléchir dès à présent au moyen de mettre autour de la table des négociations les acteurs de cet épouvantable conflit devenu le Verdun du 21e siècle qui n'a que trop duré ». « Cette guerre se terminera inévitablement par une négociation et vous le savez et l'objectif de la France et de ses alliés doit être quand l'heure de celle-ci sera venue que l'Ukraine s'y présente dans la situation la plus favorable afin de restaurer son intégrité territoriale. C'est à cela et non à un bellicisme verbal dépourvu de tout dessein stratégique clair que notre soutien à l'Ukraine dont la poursuite est légitime et nécessaire doit servir au lieu d'une politique chaotique. Je plaide pour une politique réaliste. Pour rendre la paix possible, il faut d'abord définir les conditions d'un cessez-le-feu et garantir la sécurité de la région », a-t-elle invité. « Votre discours dans lequel il n'y avait rien de précis, ni rien de structuré. Alors pour la sécurité des Français, nous ne pouvons adhérer aux conditions que vous posez dans cet accord, mais pour manifester notre soutien à l'Ukraine et uniquement pour cela nous nous contenterons d'une abstention », a conclu Marine Le Pen. 

Arnaud Le Gall, membre de la France insoumise, a qualifié ce qui se passait à l'Assemblée nationale de parodie de débat, notant que l'accord avait déjà été signé et qu'il était entré en vigueur.

« Ce débat est un simulacre. Vous avez choisi le débat suivi d'un vote indicatif qui ne vous engage à rien. Ce n'est pas à la hauteur de la situation. Non, nous ne décidons pas aujourd'hui réellement d'un accord de sécurité avec l'Ukraine. Vous l'avez déjà signé sans rien demander à personne. Vous nous demandez de signer un chèque en blanc après les déclarations va-t-en-guerre irresponsables du chef de l'État, chef des armées. Nous ne pouvons l'accepter », a martelé Arnaud Le Gall de LFI.

Il a dénoncé le fait que « le 16 février l'accord de sécurité entre la France et l'Ukraine a été signé sans débat parlementaire ni information préalable ». Arnaud Le Gall a rappelé que « nous avons approuvé (LFI) à ce titre les initiatives de soutien au peuple ukrainien et notamment les cessions d'armement pour autant qu'elles n’affaiblissent pas nos propres capacités de défense, qu'elle n’entraîne pas un risque d'escalade en permettant de frapper dans le territoire russe ». Et, le député LFI souligne le danger de faire un accord avec un pays déjà en guerre : « Je signale que signer un accord avec un pays déjà en guerre est une nouveauté dans notre histoire et s'il s'agissait seulement de défense et de sécurité le débat aurait lieu sur d'autres bases. Or, l'accord assume le soutien de principe à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE sans vote ni du peuple, ni de ses représentants », s’indigne-t-il. 

« Pour le soutien de principe à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, ce genre d'annonce ferme d'emblée toute discussion en vue d'un règlement durable du conflit, nous votons contre », a-t-il averti. « Je l'ai dit. Ce débat est un simulacre. Le texte de l'accord lui-même n'a plus de sens depuis que le président de la République a évoqué la possibilité d'envoyer des troupes au sol en Ukraine. Il nous a, alors, fait passer dans une autre dimension. La France doit être une puissance facilitatrice pour la paix. La surenchère militaire n’est pas conforme ni à l'histoire ni au principe de notre patrie. De de Gaulle à Mitterrand et Chirac, la France a été une puissance non alignée décidant souverainement de ses alliances et de ses combats au Conseil de sécurité. Elle fut longtemps le membre permanent le plus à même de parler avec tout le monde car il ne faut pas confondre diplomatie et posture morale. Le principe même d'une action internationale au service de la paix et de s'autoriser à parler à ceux qui ne sont pas nos amis », a conclu Arnaud Le Gall.

L’Assemblée a largement approuvé l’accord de sécurité entre Paris et Kiev. Après de longs débats, 372 députés ont voté pour et 99 contre, a annoncé la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à l'issue du scrutin.

La France continue, donc, sur le chemin de la guerre contre la Russie avec un premier ministre français, Gabriel Attal, scandant dans l’hémicycle « Gloire à l’Ukraine » en ukrainien, ce qui empêche une voie diplomatique de la France avec la Russie, tout en montrant un soutien total à l’idéologie bandériste. Le texte, déjà décidé par Emmanuel Macron, passe maintenant au Sénat pour continuer le théâtre démocratique. 

Pierre Duval

 

Le droit international en quatre articles

14 Mars 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme, #Théorie immédiate, #États-Unis, #L'Europe impérialiste et capitaliste, #Russie, #GQ

Qui tient le marteau, voilà la question !

Qui tient le marteau, voilà la question !

Entre la chute de l'URSS en 1991 et l'entrée de troupes russes en Ukraine en 2022 le droit international se résumait ainsi :

Article premier : les États souverains ne se mêlent pas des affaires intérieures des autres États souverains.

Article deux : les frontières entre États souverains sont intangibles.

Article trois : les États souverains ne doivent pas recourir à la guerre pour régler leurs différents.

Article quatre : les trois articles précédents ne s'appliquent pas aux États-Unis, à ses vassaux de l'OTAN, et à Israël.

GQ, 14 mars 2024