vendredi 13 août 2021

« La Chine sans œillères » : recension

Maxime Vivas et Jean-Pierre Page ont réussi ce tour de force de réunir dix-sept intellectuel(le)s majoritairement chinois et français, mais aussi du Luxembourg, d’Australie, du Sri-Lanka, du Canada et de Cuba, pour nous offrir, à l’occasion du centenaire du Parti communiste chinois, une vision de la Chine réelle, loin des préjugés antichinois (1) sans pour autant verser dans une admiration béate (2). Le titre est clair : "La Chine sans œillères". Le sous-titre également : "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…" Il suffit de lire le sommaire pour comprendre que nous sommes en présence d’une petite encyclopédie à entrées multiples.

Les articles sont de longueur variable : de 4 à 20 pages. Mais ce qui ne varie pas, c’est leur valeur et leur intérêt.

La Préface sous la plume de Mobo Gao, professeur de civilisation chinoise en Australie donne le ton de l’ouvrage : ce n’est pas un panégyrique de la Chine dont à plusieurs reprises l’auteur reconnaît que tout n’y est pas parfait ; on est en droit de critiquer la Chine, à condition toutefois que l’on fasse preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle et qu’on n’oublie pas la parabole de la paille et de la poutre.

Il y a d’abord les sujets d’actualité assez généralement présentés en Occident comme autant d’actes d’accusation à l’encontre de la Chine.

Pour parler en connaissance de cause du coronavirus, les directeurs de l’ouvrage ont eu la bonne idée de demander l’avis de Badia Benjelloun, une allergologue réputée. Elle démontre clairement que les accusations de retard à informer l’OMS, de virus échappé d’un laboratoire, voire de virus fabriqué, ne tiennent pas la route et qu’il y aurait même lieu d’enquêter en dehors de la Chine sur l’origine de la pandémie.

Il faut lire l’article de l’Algéro-Canadien Ahmed Bensaada sur Hong Kong. Pour ceux qui l’ignoraient encore, la « révolution des parapluies » est une variante des « révolutions oranges » : l’implication des États-Unis dans le financement et le déclenchement des troubles « démocratiques » y est minutieusement établie et mise en lumière : nombre de meneurs de la révolution des parapluies avaient leurs entrées au Congrès de Washington et même à la Maison Blanche. Plutôt que de réprimer brutalement les émeutes, la Chine a réagi calmement et a promulgué en juin 2020 la « loi sur la sécurité nationale de Hong Kong », interdisant l’ingérence étrangère sur son sol, comme l’avaient fait ... les États-Unis en 1938 en adoptant le « Foreign Agents Registration Act ».

Sur ce même sujet, il faut aussi lire l’article particulièrement dérangeant de Jean-Pierre Page. On y apprend que, pour les Démocrates revenus au pouvoir aux États-Unis, il ne s’agit même plus de contenir l’influence de la Chine, mais d’en finir avec le Parti communiste chinois. Pour eux, Trump a fait preuve de mollesse ; Biden et Blinken pensent que ce sont les Chinois qui bloquent l’économie états-unienne. Pour Susan Rice, la nouvelle conseillère de la Présidence, la politique intérieure se confond désormais avec la politique étrangère ! Avec de telles visions, Washington se croit autorisé à créer des troubles à Hong Kong (et ailleurs). En bon syndicaliste, Page n’oublie toutefois pas que Hong Kong est une des villes les plus inégalitaires du monde et il fait remarquer que ceux qui se présentent comme des « pro-démocratie » sont aussi ceux qui ont le plus à craindre de réformes « communistes » destinées à réduire les tensions sociales.

Sur les Ouïghours, Maxime Vivas, avec la plume qu’on lui connaît, réussit à condenser sur 11 pages son maître-livre Ouïghours, pour en finir avec les fake news, en précisant que certains journalistes, incapables d’y trouver une information fausse, se sont essayés à de minables arguments ad hominem. Il égratigne en passant Antoine Bondaz, un « chercheur » très médiatisé, qui s’était même permis de nier l’existence d’une journaliste dont le reportage sur le Xinjiang ne collait pas avec ses a priori.


À propos des Tibétains, le chercheur luxembourgeois Albert Ettinger démonte, témoignages à l’appui, les mensonges d’un ancien Tibet, qui aurait vécu « dans la paix et l’harmonie » alors qu’en fait y régnaient la misère, le servage, l’analphabétisme, les meurtres politiques, le brigandage et la corruption. Mensonges aussi sur le Tibet moderne, fabriqués à Washington ou Dharamsala (comme le canular d’ « un million deux cent mille morts ») et parfois repris dans des publications prestigieuses du style Encyclopédie Larousse pour qui les Tibétains seraient devenus minoritaires sans leur propres pays (alors qu’ils constituent 92,8 % de la population de la Région autonome du Tibet).

Plus encore que par le passé, la Chine, (re)devenue une puissance mondiale, suscite la méfiance et on l’accuse de visées impérialistes, à commencer en Mer de Chine où elle menacerait la liberté de navigation. En réalité, comme les autres États côtiers, elle se borne, écrit l’économiste et ancienne diplomate Tamara Kunayakam, à exiger, comme les autres États riverains, une autorisation préalable au passage de navires de guerre dans ses eaux territoriales. Mais c’en est trop pour les États-Unis, qui ne reculent devant aucun moyen, y compris la provocation et l’intimidation. Pour Biden et son Administration, il s’agit d’isoler la Chine, même au risque d’une « nouvelle guerre froide », voire d’un véritable affrontement armé.

Il va sans dire pourtant que les accords gagnant-gagnant entre la Chine et l’Amérique latine, le jardin traditionnel de l’Oncle Sam, sont en plein essor et ouvrent de larges perspectives. Comme le note Romain Migus, fondateur du site « Les 2 rives », la Chine possède un avantage important sur les États-Unis : ces derniers ont l’habitude de s’ingérer dans la vie politique des pays latino en conditionnant leur prêts à des mesures d’austérité, destructrices des États et aux conséquences dramatiques pour les peuples. La Chine, elle, s’accommode avec des gouvernements de passage, même des adversaires idéologiques, comme le Brésil de Bolsonaro (3).

Le cas de Cuba est particulier. Pendant la « période spéciale » qui a résulté de la disparition de l’URSS, l’île a pu compter sur le soutien sans réserve de la Chine. Une solidarité manifestée par les visites des Présidents Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping. Pour sa part, Fidel Castro s’était rendu en Chine en 1995 et 2003. Et Cuba, en 1960 avait été le premier pays d’Amérique latine et de l’hémisphère occidental à établir des relations diplomatiques avec la RPC. Les liens historiques qui unissent ces deux pays sont à découvrir dans l’intéressante contribution du chercheur Eduardo Regalado Florido.

Le livre fait la part belle à la politique étrangère de la Chine : plusieurs chercheurs s’emploient à démontrer que la peur du « péril jaune » n’a aucun sens.

Le professeur émérite Tony Andréani fait remarquer que la perspective d’une hégémonie chinoise sur le monde relève du fantasme. C’est exactement le contraire : en signant des accords commerciaux avec 124 pays – dont onze membres de l’Union européenne – la Chine va les aider à se développer à leur rythme et ainsi contribuer à la démondialisation de l’économie.

La Chine est un partisan et un acteur du multilatéralisme dans la gouvernance mondiale, comme le montre Ding Yifan, directeur adjoint du centre de recherche du développement de la Chine. Il rappelle opportunément le rôle capital joué par la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment par son aide financière substantielle aux agences onusiennes actives dans la réduction de la pauvreté et le développement de l’éducation fondamentale.

De plus, comme le fait remarquer avec à-propos Bruno Guigue, observateur pointu de la vie internationale, dans sa contribution au titre éponyme du livre, les Chinois savent que leur système est unique : ils ne cherchent à convertir personne. Pour eux, les droits de l’homme, c’est de développer leur pays tout en laissant les autres choisir leur destin. Les Chinois n’ont-ils pas quelques raisons de trouver absurde l’indignation des médias occidentaux concernant le manque de liberté d’expression en Chine alors que dix milliardaires leur dictent une ligne éditoriale monolithique ? La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient...

En quoi consiste précisément le caractère unique du système chinois ?

Pour foudroyants qu’ils soient, les succès économiques de la Chine ne sont pas ... tombés du ciel et avaient commencé avant Deng Xiaoping, comme le mettent en lumière deux économistes, le Français Rémy Herrera et le Chinois Zhiming Long, dans une analyse qui en étonnera plus d’un. S’il est vrai que la croissance économique de la Chine s’est accélérée à partir des années 1980, on ignore généralement que, de 1963 à 1978, le taux de croissance annuel moyen du PIB chinois était de 8,2 %, ce qui reflète une croissance très rapide, alors que cette période comprend pourtant la Révolution culturelle.

De son côté, le chercheur à l’INALCO Bruno Drweski remonte plus haut encore dans l’histoire révolutionnaire de la Chine qui a commencé avec l’insurrection des Taïpings sous la dynastie Qing, avec ses ruptures et ses continuités, jusqu’à l’établissement d’un compromis entre les objectifs communistes à long terme et les nécessités d’un développement économique laissant une place au marché d’un type nouveau, une « économie de marché socialiste ». Un système pluraliste construit à partir de l’héritage de l’antique patrimoine chinois et de l’apport critique de la Révolution soviétique.

Le professeur honoraire vivant en Chine, Jean-Claude Delaunay montre bien que, si en Chine le marché est important pour le développement du pays, le marché n’y est qu’un moyen pour produire des services collectifs puissants, ce qui le distingue radicalement d’une économie de marché capitaliste. Ce faisant, le socialisme chinois n’est pas seulement une façon de développer la Chine ; c’est aussi une façon de comprendre le monde et d’agir sur lui pour le transformer.

Si, comme toute institution humaine, l’État chinois n’est pas sans tache, que dire alors des sept péchés capitaux américains contre la Chine que le journaliste chinois Jiaqi Hou a beau jeu de dénoncer : calomnies, ingérences, unilatéralisme, provocations, inefficacité, double standard, violation du droit international ? Juste une phrase pour donner envie d’en lire plus : « Lorsque l’épidémie de coronavirus a commencé en Chine, le pays s’est installé dans sa chaise de spectateur, mangeant du pop-corn, pour mieux assister à la débâche de l’économie chinoise. »

Moins polémique, mais peut-être plus parlant encore, le Chinois Ruolin Zheng qui a vécu une vingtaine d’années en France, se demande comment il se fait que les lecteurs occidentaux, dont la plupart n’ont jamais mis les pieds en Chine, s’imaginent mieux connaître la Chine que lui et que les Chinois eux-mêmes.


La faute en incombe aux médias français et surtout à certains « sinologues » comme Valérie Niquet, Claire Holzman et beaucoup d’autres qui font flèche de tout bois pour créer volontairement une image imaginaire de la Chine dans la tête des français, en racontant n’importe quoi. Exemples de ces fantasmes : le nombre de victimes chinoises du Covid-19 serait bien plus important que le chiffre officiel, les Chinois ne bénéficieraient d’aucun régime de retraite, la lutte contre la corruption ne serait qu’un camouflage de disputes internes au sein du PCC, la pollution à Pékin serait telle qu’il y règne une « airpocalypse », l’économie chinoise serait minée par la bureaucratie et l’immobilisme, etc.

Ruolin Zheng le constate : comprendre la Chine, c’est vrai, n’est pas chose facile. Bien que respectant les cultes divers (avec 14 millions de chrétiens et 18 millions de musulmans), la civilisation chinoise millénaire est clairement athée et tranche avec les trois monothéismes (juif, chrétien et musulman) dominant plus de la moitié de l’humanité. Le peuple chinois a une façon de penser, de vivre, de s’organiser différente. Raison de plus pour essayer de le connaître au lieu de le condamner sur base de préjugés.

Pour terminer cette recension de La Chine sans œillères, je ne pourrais pas mieux faire que de reproduire ... l’introduction rédigée par les deux initiateurs du projet, Maxime Vivas et Jean-Pierre Page :

« Ce livre vise un public que nos médias maintiennent dans une grave ignorance de la Chine.


Ce que beaucoup de Français croient, c’est que le ‘régime’ communiste chinois, dont LA langue est le mandarin, fait travailler les enfants, opprime les minorités, éradique les cultures, persécute les croyants. Sur fond d’un racisme implicite s’est construite une image négative de ce pays et d’un peuple qui font peur (‘le péril jaune’), alors même que la politique étrangère de la Chine, telle que la définit le président Xi Jinping n’est pas basée sur une volonté de domination du monde (contrairement à celle affichée par les États-Unis d’Amérique), mais sur la notion de ‘communauté de destins’.


Il ne s’agit pas ici de faire un éloge béat de la Chine, de suggérer que la France ferait bien de s’inspirer de son système politique, économique, médiatique, policier, militaire, juridique, syndical. Nous avons notre propre système, perfectible. La Chine a le sien, sur lequel nous avons peu de prises, dirigé par un parti communiste désormais centenaire (né le 23 juillet 1921) et fort de 90 millions d’adhérents. Il ne s’agit donc pas de se positionner en ‘pro-chinois’, mais en ‘pro-vérité’ en invalidant des mensonges, en apportant des informations sur ce qui se passe en Chine et qui explique son dynamisme. »

André LACROIX0. Blog Le Grand Soir

 

jeudi 12 août 2021

QUI NOUS GOUVERNE?

Les "copains" du Président ? La firme privée McKinsey américaine de conseil ?

Emmanuel Macron dans un colloque co-organisé par le cabinet McKinsey, à Paris, le 23 juin 2016.

Emmanuel Macron dans un colloque co-organisé par le cabinet McKinsey, à Paris,

le 23 juin 2016. alors que le futur président était déjà ministre de l'Economie

 

      franceinfo

Covid 19 on vous résume la polémique autour de McKinsey, le cabinet qui conseille le gouvernement sur la stratégie vaccinale.

 

L'influente firme de conseil américaine entretient des liens étroits avec le chef de l'Etat. Mais elle n'est pas seule à intervenir dans la campagne de vaccination mise en place par l'exécutif.

Qui a vraiment eu la main sur la gestion de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France ? Certains domaines de la stratégie vaccinale mise en place par le gouvernement ont été confiés au cabinet de conseil américain McKinsey, ainsi qu'à plusieurs autres cabinets (Accenture, Citwell et JLL), selon les révélations faites par Le Canard Enchaîné et le site Politico (en anglais) début janvier.

Ces prestations extérieures s'éleveraient à 2 millions d'euros par mois pour McKinsey, selon Le Point, et 1,2 million d'euros pour Accenture, d'après Mediapart. D'autres cabinets sont également sollicités, comme JLL Consulting, Roland Berger, ou Deloitte. On vous résume cette polémique et le rôle joué par ce très mystérieux cabinet Mckinsey qui murmurerait à l'oreille du président Emmanuel Macron.

Une "firme" très secrète et très influente

Le cabinet de conseil américain McKinsey, surnommé "la Firme", a été créé par James McKinsey dans les années 1920. Sa clientèle rassemble aujourd'hui tout le gotha : "des PDG, des ministres, des chefs d'Etat", énumère Le Monde (article abonnés), qui a publié une longue enquête sur "la Firme", vendredi 5 février. "Quand on fait appel à eux, il y a une part de snobisme, on achète aussi une réputation", explique un concurrent au quotidien du soir. Et la tarification des services s'en ressent. Grâce à son influence, le puissant cabinet affichait, en 2019, un chiffre d'affaires de 8,3 milliards d'euros, selon le magazine américain Forbes (en anglais).

Le siège social de McKinsey & Company France Inc. se trouve à Wilmington, dans l'Etat du Delaware (Etats-Unis) – qui est aussi le fief du nouveau président américain, Joe Biden. L'avantage de cette adresse, située bien loin de ses bureaux parisiens sur les Champs-Elysées ? Une société qui détient une boîte aux lettres dans cet Etat, sans y exercer d'activité réelle, est dispensée d'impôt sur les bénéfices. McKinsey ne paierait ainsi, selon les informations du Monde, qu'un forfait fiscal symbolique de 175 dollars par an. 

"McKinsey est établi en France depuis 1964, et emploie ses salariés en contrat de travail de droit français. Le cabinet respecte l’ensemble des règles fiscales et sociales françaises applicables aux sociétés. Il déclare ses activités en France, et paie la fiscalité directe et indirecte due chaque année. Il s’acquitte des charges sociales au titre de ses salariés en France", précise de son côté à franceinfo la filiale française de McKinsey.

 

Des liens étroits avec Emmanuel Macron

La première rencontre entre Emmanuel Macron et McKinsey remonte à 2007. Le jeune énarque de 29 ans est alors inspecteur des finances et rapporteur général adjoint de la commission Attali, rappelle Le Monde. Emmanuel Macron "impressionne" l'assistance – composée de grands patrons, d'économistes ou d'intellectuels – durant les travaux de cette commission chargée de formuler des propositions pour "libérer" la croissance française, à la demande du président Nicolas Sarkozy. Parmi eux, se trouvent Eric Labaye et Pierre Nanterme, respectivement patrons de McKinsey France et d'Accenture, détaille le quotidien. Emmanuel Macron fait aussi la rencontre de Karim Tadjeddine, alors chef des consultants de McKinsey.

Avec ce dernier, Emmanuel Macron – qui a entre-temps intégré la banque d'affaires Rothschild & Cie – intègre en 2010 le conseil d'administration du think tank En temps réel. Ils y rencontrent Thierry Cazenave, avec lequel ils collaboreront quelques années plus tard sur son livre L'Etat en mode start-up (Eyrolles, 2016).

Aujourd'hui, Emmanuel Macron est chef de l'Etat. Il a créé après son élection, en novembre 2017, une direction interministérielle à la transformation publique (DITP) et placé à sa tête un certain Thierry Cazenave, qui supervise toutes les missions commandées aux cabinets de conseil privés, comme McKinsey. Quant à Karim Tadjeddine, il est justement chargé de ces missions pour l'Etat au sein du cabinet américain. Un "entre-soi qui dérange", écrit Le Monde. Selon le journal, la DITP, qui dispose d'un budget global de 100 millions d'euros sur le quinquennat, a pour l'instant dépensé 30,2 millions pour les seules prestations de consultants privés.

 

Durant la campagne présidentielle de 2017, les "MacronLeaks" ont également révélé la collaboration entre des membres de McKinsey et la République en marche, le parti lancé par le candidat Macron, rapporte Le Monde. Mais aucune trace d'une facture du cabinet dans les comptes de campagne du parti, consultés par le quotidien à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). LREM a assuré au quotidien qu'il ne faisait pas appel à des cabinets de conseil en stratégie "ni pour des missions facturées, car nous n'en avons pas les moyens, ni pour des missions 'pro bono' [pour le bien public], car ce serait considéré comme un don d'une personne morale à un parti politique et c'est interdit par la loi".

 

Un rôle important dans la campagne de vaccination

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Le 12 janvier, quelques jours après les révélations du Canard enchaîné et de Politico sur la sous-traitance de la logistique du plan de vaccination à McKinsey, Olivier Véran a été auditionné en commission à l'Assemblée pour justement détailler la stratégie vaccinale française. Et il a évidemment été interrogé sur le cabinet de conseil américain. Réponse laconique du ministre : "Il est tout à fait classique et cohérent de s'appuyer sur l'expertise du secteur privé." Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, avait été plus loquace en conférence de presse une semaine plus tôt, comme le note Politico.

L'embauche de consultants externes fournit "un soutien du secteur privé en plus de l'expertise de nos fonctionnaires, a-t-il expliqué. C'est dans ce contexte que nous avons utilisé (McKinsey). Comme vous le savez, la logistique est au cœur de la campagne de vaccination." Gabriel Attal a ajouté que "les cabinets de conseil sont utilisés depuis plusieurs années par plusieurs gouvernements lorsqu'ils élaborent et mettent en œuvre de grands projets nécessitant un soutien et des conseils stratégiques ou logistiques". De son côté, la direction générale de la santé a expliqué au Monde que McKinsey était chargé "du cadrage logistique, du benchmarking et de la coordination opérationnelle", sans donner davantage de détails.

Le Monde raconte que le 23 décembre lors d'une visioconférence organisée par Olivier Véran avec les directeurs d'hôpitaux choisis pour lancer le plan de vaccination, Maël de Calan, élu du Finistère embauché en 2018 par McKinsey, détaille la stratégie logistique retenue et dresse un état des lieux de la vaccination chez les voisins européens. Une présence qui étonne, alors que "pour le H1N1, en 2010, nous n'avons pas eu besoin d'autres compétences, on a tout géré en interne", remarque une personne haut placée au sein du ministère de la Santé.

Ce recours à McKinsey et à d'autres cabinets s'expliquent aussi par rapport à l'urgence de la situation. "On peut avoir le sentiment qu'il y a eu une sorte d'effet de panique", souffle à Politico la députée Les Républicains Véronique Louwagie, rapporteure du budget sur plusieurs sujets santé. "Au moins deux associés et sept consultants de McKinsey travaillent sur la campagne de vaccination", avance l'article, qui pointe la dureté de la situation. "Une personne sur deux est en burnout", clame auprès du site d'informations un fonctionnaire du ministère de la Santé sous couvert d'anonymat. "Vous avez une crise, un confinement, plus le vaccin à gérer... Il est évident que nous avons besoin d'une aide extérieure."

"D'une manière générale, le recours à des cabinets de conseil ne me choque pas trop", observe Véronique Louwagie auprès de Politico. Mais "la fréquence me gêne, l'accélération (de ces derniers mois) aussi". Elle ajoute : "La question aujourd'hui est de savoir : est-ce qu'il est normal qu'une administration comme celle de la santé ne soit plus en capacité d'assurer un certain nombre de missions ?"

Une influence qui dépasse le cadre de la santé

Aujourd'hui, selon Le Monde, le cabinet McKinsey "rend quelques services à la présidence de la République, mais gratuitement". En 2018, il était intervenu au sommet intitulé "Tech for Good" dans lequel Emmanuel Macron avait invité les patrons de Facebook, Google ou Uber. Le cabinet de conseil était chargé de préparer les débats et suivre le respect des engagements. Une autre mission "pro bono", une de ses spécialités. McKinsey intervient aussi auprès du ministère des Armées, qui échappe au contrôle de la DITP et dispose de sa propre enveloppe de 87 millions d'euros pour acheter des conseils, assure le quotidien. Le cabinet conseille le ministère sur sa transformation. 

McKinsey agissait déjà pour le compte de l'Etat à l'époque de Nicolas Sarkozy. Il avait conseillé le ministère de l'Identité nationale sur une "optimisation du processus de naturalisation". Cette question migratoire est une des marottes du cabinet américain puisqu'en 2017, le député Aurélien Taché, alors membre de LREM, est chargé par le gouvernement d'un rapport sur la politique de l'immigration. Il auditionne le cabinet pour son "approche comparée avec l'Allemagne", explique aujourd'hui au Monde le coprésident du parti Les Nouveaux démocrates. A l'époque, outre-Rhin, le cabinet avait travaillé avec le gouvernement d'Angela Merkel sur l'accueil des migrants.

 

Blog "çà n'empêche pas Nicolas"

 

mercredi 11 août 2021

Avis de décès d’une inconnue

Jorge Núñez Jiménez, voici ce qu’un cinéaste espagnol qui a choisi de restituer la mémoire des victimes du franquisme prononce comme oraison funèbre de cette vieille femme morte en silence comme elle a vécu. Certains diront qu’importe de leur conserver la vie, de s’occuper de leur fournir la dignité de pouvoir manger, voir, n’est-ce pas de l’argent perdu? C’est ce qu’ont pensé de toute sa vie les franquistes en lui refusant l’essentiel mais aussi le superflu, la poésie, la lecture, la culture. (note de Danielle Bleitrach)

29 octobre2020, 09:13  · 

Elle est morte ce matin, elle est partie comme elle a vécu, silencieusement. Entre tristesse, douleur et oubli.

Elle qui, en 1937, à 6 ans, a vu ses parents mourir assassinés ainsi que le viol et la disparition de sa sœur de 14 ans par le putschisme fasciste et génocide.

Elle qui a subi des abus sexuels, de la faim et des vexations dans un orphelinat franquiste. Là où malgré ses prières, ils ne lui ont jamais permis d’étudier, ni de peindre, ni de lire de la poésie.

Elle qui, depuis l’âge de 14 ans, a passé sa vie à servir dans les manoirs de messieurs catholiques et franquistes.

Elle a quitté ce monde à près de 90 ans, aussi lourds et durs que des dalles en marbre.

Elle est partie sans justice tandis que les héritiers des tueurs de sa famille, la maison royale, reçoit une augmentation de 6,9 % des budgets de l’État.

L’église parasite sombre et criminelle qui l’a humiliée, détruite et vendue, qui la dénigrait en l’appelant ′′ fille du péché “, reçoit 11.000 millions d’euros.

Aux retraités comme elle, aux enseignants et aux médecins une hausse honteuse qui atteint à peine 1 %.

Elle qui, bien qu’elle n’ait même pas d’argent pour se réparer la bouche, se nourrissait de cupcakes et de lait parce qu’elle ne pouvait pas mâcher, voulait donner 100 euros à ma société productrice “Mémoire Historique Films” de sa misérable pension.

Elle qui, avec une immense peine, la dernière chose qu’elle pouvait voir, était comme ce royaume en putréfaction jetait à la rue la famille d’Adoration Cano, composée de son fils, de sa belle-fille, et de ses quatre enfants entre 5 et un an.

Des milliers d’expulsions qui se produisent chaque année.

Elle qui a toujours voulu conserver son anonymat parce qu’elle a vécu effrayée jusqu’au dernier de ses jours, dans son immense humilité, elle n’a jamais voulu recevoir d’aide financière.

Elle ne m’a demandé qu’une seule chose : ′′ S’il vous plaît plus de culture, de mémoire et de sensibilité, que les générations futures ne nous oublient pas, que l’histoire ne se répète plus jamais, plus jamais le fascisme ′′

Elle était la DIGNITÉ que tous les canailles et misérables qui nous gouvernent ne connaîtront jamais.

 

mardi 10 août 2021

9 août 2021

C'est ce que dit avec raison Philippe Rio maire PCF de Grigny. Malgré le manque de moyens, les quartiers populaires ont fourni un contingent de sportifs de haut niveau (avec les immenses efforts que cela implique et qui répugnent trop souvent  aux plus favorisés) sans commune mesure avec leur  poids  démographique, et chez les filles encore plus que chez les garçons.  Il ne faudra pas les oublier dans la préparation  de 2024.  

Sans nos banlieues dites difficiles si méprisées, le bilan des médailles serait maigre.

 Blog pcf littoral

ar Le 10/08/2021

10 Août 2021

 Parti communiste d'Irlande : Socialisme ou Barbarie ! Capitalisme = Abîme climatique
8/10/21 1:35 PM
Nulle part où aller : Le rapport de l'ONU affirme que le réchauffement climatique est proche des limites

Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat publié le lundi 9 août 2021 expose la dure réalité de ce à quoi chacun d'entre nous doit réfléchir et, surtout, agir pour nous sauver, nous et notre planète.

Le capitalisme a amené notre planète à ce point critique de l'histoire de l'humanité par son impact destructeur sur l'environnement mondial.

La poursuite des profits et l'accumulation du capital détruisent notre planète et nous conduisent vers l'abîme climatique.

Le rapport expose la dure réalité de l'accélération de l'élévation du niveau de la mer, de la diminution des glaces et de l'aggravation des phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations et les tempêtes. 

En moins d'une décennie, les températures dépasseront le niveau de réchauffement que les dirigeants des principales économies capitalistes prétendaient vouloir empêcher.

Le rapport des Nations unies a qualifié la situation de "code rouge pour l'humanité".

Le rapport, qui s'appuie sur des preuves scientifiques claires, indique clairement que c'est l'action et l'activité humaines qui causent ces dommages catastrophiques à l'environnement mondial.

Le capitalisme est guidé par la nécessité de faire du profit et d'accumuler du capital par tous les moyens nécessaires. La poursuite de ce profit a entraîné le gaspillage de grandes quantités de ressources mondiales, la production de marchandises superflues dont nous n'avons pas besoin et que nous ne pouvons pas nous permettre, l'obsession, les guerres de conquête et l'oppression.

Le capital existe sur la base d'une croissance permanente. C'est un système qui, s'il ne croît pas, se contracte et s'enfonce dans la récession. 

La contradiction centrale du capitalisme est que vous ne pouvez pas avoir une croissance permanente et une consommation sans fin de ressources naturelles limitées.

Il a transformé nos mers, nos océans et nos rivières en égouts toxiques. Il a dressé les gens les uns contre les autres dans une compétition insensée pour l'accumulation de possessions et de styles de vie inconstants. 

Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre le capitalisme si nous voulons que la planète et nous-mêmes survivions.  Notre planète ne peut plus se permettre le capitalisme. Nous avons atteint le point du socialisme ou de la barbarie.


source : http://www.solidnet.org/article/CP-of-Ireland-Socialism-or-Barbarism-Capitalism-Climate-abyss/