mercredi 27 octobre 2021

Depuis l’assassinat horrible de Mouammar Kadhafi, il y a dix ans déjà, la Libye n’a cessé de s’enfoncer dans un chaos indescriptible.

mardi 26 octobre 2021 par F. Jamet Blog A.N.C.

On peut penser que Kadhafi a commis des erreurs, voire des graves injustices, mais le bilan décrit ici ne peut pour autant être ignoré, en particulier par ceux qui ont foncé tête baissée dans les fables de la propagande otano-ottomano-pétromonarchiste takfiro-islamisto-libérale.(BD-ANC)

Ce crime odieux, perpétré par des nervis du mondialisme ayant tous agi de concert : rebelles libyens du sinistre CNT, forces de l’OTAN, services spéciaux dévoyés, français, britanniques, américains et qatari, mercenaires de tous poils, criminels locaux, régionaux et internationaux, a été ordonné - comble de l’ingratitude et de la scélératesse ! – par un individu aussi cupide que belliqueux dont le Guide Frère de la Révolution libyenne avait imprudemment financé la campagne présidentielle, flanqué pour accomplir cette sale besogne préparant la destruction, l’anéantissement d’une nation, d’un écrivaillon sioniste haineux et infatué.

Partout, dans un pays disloqué, au Fezzan, en Tripolitaine, en Cyrénaïque, des milices "islamistes" criminelles, financées et armées d’abord par la France de Sarkozy puis par l’OTAN et d’autres officines mondialistes, composées d’une majorité d’étrangers et de droits communs libyens, font régner la terreur sans répit.

À la paix et l’ordre social que garantissait la Jamahiriya arabe socialiste libyenne, cette forme originale de démocratie directe, sociale, solidaire et autogestionnaire, instaurée par le colonel Kadhafi, a succédé un état de guerre civile perpétuelle, une épouvantable barbarie faite au quotidien de viols, de pillages, d’esclavagisme.

(La milice tribale et takfiriste de Misrata notamment, issue d’une tribu traditionnellement esclavagiste et ayant ensuite collaboré avec le parti fasciste italien, avec la complicité et l’ingérence d’autorités italiennes inféodées au "nouvel ordre mondial", massacre, torture, réduit en esclavage des milliers de travailleurs immigrés africains, qui vivaient en sécurité du temps du Guide !).

A toutes ces exactions s’ajoute une corruption tous azimuts, une mise sous contrôle par des compagnies américaines du pétrole et du gaz libyens, un détournement des matières premières (C’est près de la moitié du pétrole libyen qui est actuellement vendue en offshore !), et puis des attentats incessants, la contrebande d’armes et de drogues, le trafic de migrants d’Afrique subsaharienne

C’est tout cela la triste réalité de la Libye d’aujourd’hui !

Kadhafi avait fait de son pays, qui était l’un des plus pauvres du monde sous le règne de son prédécesseur, le plus prospère du continent africain. Oui, il faisait bon vivre dans la Libye de Kadhafi ! Elle était le pays le moins endetté du monde ; les soins y étaient gratuits, de même que l’eau, l’électricité à usage domestique, ou le téléphone ; une politique éducative ambitieuse avait permis d’alphabétiser la population et de former en son sein un encadrement de qualité sans lequel n’eût pas été possible le miracle économique libyen.

Le gouvernement libyen allouait à chaque étudiant désirant poursuivre ses études à l’étranger une bourse de quelque 1 600 euros par mois ! Quant à l’accès à la propriété foncière des citoyens libyens, il était facilité par l’absence d’imposition, notamment de TVA, par une aide de 300 euros par mois à chaque famille libyenne sur présentation d’un livret de famille et par des prêts sans intérêt accordés par les banques. Les banques libyennes, bien sûr !

En Libye, le prix d’un litre d’essence s’élevait à 8 centimes d’euro ! La manne pétrolière et gazière profitait non seulement au peuple libyen tout entier, mais aussi au continent africain, surtout à ses pays les plus pauvres dans les économies desquels Kadhafi le Généreux investissait sans lésiner.

Kadhafi le Généreux aimait et aidait l’Afrique ! Pour ce continent dont il arborait fièrement le contour brodé sur son poitrail, il nourrissait un projet grandiose, tout à la fois humanitaire, économique et politique. Il s’apprêtait à réaliser l’émancipation financière de l’Afrique et cela, la mafia mondialiste des « banksters » et des bonzes ne pouvait le souffrir.

Le régime de Kadhafi, par ailleurs, était un rempart efficace face à l’émigration clandestine africaine vers le Vieux Continent. Kadhafi avait passé des accords avec l’Union européenne pour surveiller ses frontières et faire lever, par la même occasion l’embargo insupportable qui pesait sur son pays. Mais depuis la chute de la Jamahiriya, l’anarchie est telle en Libye que les milices chargées par les autorités de transition du contrôle des frontières s’adonnent elles-mêmes au trafic de « migrants » !

Le déracinement des populations africaines qui sont en train de déferler sur l’Europe proie est un crime de l’humanité dont devront répondre un jour les criminels qui l’orchestrent. Ces canailles sont les mêmes qui ont renversé et assassiné Mouammar Kadhafi ! Ils sont les négriers d’aujourd’hui, serviteurs zélés du complexe militaro-industriel, du Grand Capital avide de main d’œuvre bon marché et adepte de dumping social.

C’est pour tout cela que nous nous devons de rendre un hommage vibrant au grand résistant contre l’impérialisme mondialiste que fut jusqu’à son dernier souffle Mouammar Kadhafi, dans notre attachement aux valeurs que le Guide Frère de la révolution libyenne a toujours défendues, comme la justice, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la liberté et la démocratie directe.

Nous réaffirmons notre soutien au Comité Révolutionnaire International dans son œuvre de libération du peuple libyen opprimé et dans son combat opiniâtre aux côtés de Saïf al Islam Kadhafi ! Gloire éternelle à Kadhafi ! Vive la Jamahiriya ! Vive la Libye libre et souveraine ! Et vive la justice !

 

Colombine : de l’Amérique à la Russie.

Publié le par Boyer Jakline

Le 18 octobre 2014, j’écrivais un article sur Vladimir Pozner, figure incontournable du journalisme russe. Il a 3 passeports : français,  par sa mère,  russe ( soviétique) par son père  et américain où il a grandi et travaillé. Une bonne connaissance,  intime,  de ces sociétés. Il a carte blanche pour son émission sur Rossia 1, et n’est absolument pas un béni oui-oui du système.  Je ne partage pas toujours son analyse et ses conclusions. Voir, dans le blog ce qu'il écrit sur la victoire de 1945, par exemple.

Il est cependant une bonne "entrée" dans la société russe actuelle,  très loin de la caricature permanente ici, d’autant plus cynique au regard de ce que sont devenus nos médias publics et privés. 

Il réagit le 20 octobre dernier à la proposition du patriarche Kirill, chef de la très puissante église orthodoxe russe: introduire à l’école des cours de religions. 

Cette proposition permettrait, argumente le responsable religieux de lutter contre un phénomène relativement récent et très traumatisant : les meurtres de masse dans établissements scolaires et universitaires. Il y en a eu 3: à  Kazan, dans une école,  à  Perm dans une université,  ainsi qu'à Kertch.

Interrogé sur  Info24, Vladimir Pozner déclarait :

"Le patriarche Kirill se trompe complètement. Aux États-Unis,  l’enseignement de la religion est obligatoire dans les écoles. Cela n’empêche pas ces tueries de masse. C'est une réponse simple à une question complexe. Ou bien c’est une tentative pour obtenir l’enseignement de l’orthodoxie dans les écoles.  Mais nous sommes un état laïque.

Il faut, continue-t-il, comprendre les causes, poussant ces jeunes gens à de tels crimes. Il est indispensable de rassembler psychologues et experts qui analysent le pourquoi d’une telle conduite.  Étape indispensable avant toute action concrète. 

Il note également que " les débats incessants autour de ces actes peuvent susciter l’envie d’imiter chez d’autres adolescents. Il ne  faut pas certes les cacher,  je ne suis pas pour la censure,  mais il faut de la retenue. Cela peut donner et pas seulement aux adolescents l’envie de répéter,  être célèbre."

Quant à moi, je pense que ces comportements et ces crimes sont des symptômes lourds de l’échec de nos modes de vie, devenus pour trop de jeunes gens des modes de mort, meurtres ou suicides: comment pour " devenir célèbre" peut-on avoir envie de prendre un fusil et tirer sur des jeunes gens avec lesquels on étudie ?

Ils ont été pendant des siècles,  et le XXe ne fait pas exception,  la "chair à canon" des conquêtes. Jusqu'à retourner leurs armes contre eux ?

 

Xi « Aucune civilisation n’est supérieure ou meilleure que les autres »

Le président chinois exhorte à empêcher une puissance de dominer les normes et l’ordre internationaux, son discours est certes marqué par l’actualité des tensions autour de Taiwan et le rappel du droit international à ce propos, mais il propose également une conception plus égalitaire et souveraine de l’ordre international et déjà le refus de la Chine d’accepter l’hégémonie impérialiste (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Publié:25 Oct 2021 12:53 GMT

Xi Jinping a prononcé un discours à Pékin lundi à l’occasion du 50e anniversaire de l’adhésion du pays à l’ONU.

La Chine prône la coexistence pacifique dans le monde et s’oppose aux « confrontations à somme nulle » et à toutes les formes d’« hégémonie et de politique de force », a déclaré lundi le président Xi Jinping lors d’un événement à Pékin à l’occasion du 50e anniversaire de l’adhésion de la République populaire à l’ONU.

Depuis que le « siège légitime » de la Chine aux Nations Unies a été rétabli en 1971, le pays « s’est acquitté de ses responsabilités en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, est resté fidèle aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, et a soutenu le rôle central de l’organisation dans les affaires internationales » a dit le président.

Au cours de l’événement, auquel ont participé des représentants d’organisations internationales en Chine et, virtuellement, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le président chinois a évoqué les tentatives de domination mondiale menées par certains pays.

« Aucune civilisation n’est supérieure ou meilleure que les autres » a défendu le président, en affirmant que les règles internationales doivent être élaborées ensemble par tous les 193 membres de l’ONU et non par décision unilatérales de certains pays ou blocs.

« Les règles internationales aussi doivent être respectées par les 193 membres de l’ONU, sans exception aucune », a-t-il ajouté, cité par Xinhua.

Le président chinois a souligné l’importance dans le monde d’aujourd’hui de « choisir la coopération plutôt que la confrontation, l’ouverture plutôt que l’isolement et l’avantage mutuel plutôt que les jeux à somme nulle ».

« Nous nous opposerons fermement à toutes les formes d’hégémonie et de politique de force, ainsi qu’à toutes les formes d’unilatéralisme et de protectionnisme », a-t-il déclaré.

Xi Jinping a également déclaré que son concept d’une « communauté de destin commun » ne signifie pas remplacer un système par un autre ou une civilisation par une autre, mais partager les responsabilités et les droits entre tous les pays.

Depuis que le gouvernement nationaliste chinois s’est retiré à Taïwan face au triomphe des communistes en Chine continentale en 1949 dans la guerre civile, le siège de la Chine au Conseil de sécurité de l’ONU a été occupé jusqu’en 1971 par un représentant taïwanais. En octobre de cette même année 1971, la résolution 2758 de l’Assemblée générale a reconnu la République populaire de Chine comme « le seul représentant légitime de la Chine auprès des Nations Unies ».

 

mardi 26 octobre 2021

Le vote tactique pour Mélenchon, ce qu’il a été, ce qu’il n’est plus

par Gilles Questiaux

Voici dans le cadre des multiples débats menés dans ce site, la contribution de Gilles Questiaux à la réflexion d’un vote communiste qui conserve son indépendance et ne renonce pas à marquer ses accords mais aussi ce qui lui parait être des insuffisances. Nous pensons en effet majoritairement dans ce site que le candidat communiste devrait s’adresser à toute une partie de son électorat naturel qui a déserté non seulement le pcf mais même le vote en sa faveur. Nous pensons également qu’au nom de l’unité de sommet dans le parti et dans le dialogue à gauche ignorer ce potentiel limite de plus en plus l’audience et le combat courageux de Fabien Roussel. C’est pourquoi nous nous félicitons que malgré ce silence, nombreux soient ceux qui se rallient, grâce à une analyse politique sur le fond, à cette candidature et nous leur donnons la parole. (note de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

Sera-t-il un bon choix tactique d’appeler au vote Mélenchon en 2022, comme en 2012 et en 2017 ?

Mélenchon n’est pas un candidat de témoignage. Il pourrait comme Mitterrand l’a été, être élu président à sa troisième tentative, la persévérance de cette ambition apportant une notoriété populaire et un capital politique à la personne d’un homme politique et lui donne une sorte de dimension supplémentaire. De ce seul fait, les électeurs s’étant habitué à lui en quelque sorte, sa victoire n’est pas impossible. Mais je crois que pour d’autres facteurs, elle est bien moins possible et beaucoup plus improbable qu’en 2017, l’année où il a raté sa chance.

En 2012, il était encore auréolé de son rôle qui paraissait majeur dans la victoire du « non » au TCE. Le PCF encore sous le coup de la déconfiture de Marie-Georges Buffet en 2007 ne pouvait guère faire autre chose que de s’aligner, et JLM a obtenu un excellent 11 %, du jamais vu pour un candidat « gauche de gauche » depuis longtemps, bien que des sondages hyperboliques qui le plaçaient encore plus haut aient un peu gâché la fête.

De ce succès absolument rien n’a été fait, comme rien n’avait été fait non plus de la victoire du « non » en 2005, les deux partenaires étant parfaitement d’accord pour ne pas s’entendre et pour ne rien entreprendre pour reconquérir le vote des classes populaires. Les résultats de toutes les élections intermédiaires entre les deux présidentielles sanctionnèrent cruellement le PG comme le PCF.

Malgré ces déboires, Mélenchon refit surface pendant l’été 2016, en liquidant son organisation, le PG, et en lançant la FI, entièrement organisée autour de sa personne, mais qui semblait transcender le clivage droite-gauche en visant le vote populaire, tout en infléchissant sérieusement son langage dans un sens « dégagiste », populiste et anti-impérialiste. Il partait d’un seuil solide d’intentions de vote d’environ 12 %, sans même avoir fait campagne, ce qui lui permettait à sa propre surprise d’envisager le second tour, le seul à gauche dans ce cas, et il rompait la glace avec des déclarations très fermes sur l’OTAN, un peu moins fermes mais bonnes aussi sur l’UE. Or la politique étrangère est la pierre de touche pour juger si un candidat à l’intention ou non de réaliser son programme, dans un pays à la souveraineté limitée comme la France.

Cela me parut suffisant pour militer dans le PCF, au grand scandale de mes amis politiques purs et durs, pour la candidature Mélenchon, comme le firent alors d’autres communistes hors du parti (le PRCF, le RCC) etc.

Le résultat inespéré de 7 millions de voix (19,6% des suffrages exprimés) le mettait à 700 000 voix du second tour, qu’il n’aurait sans doute pas gagné contre Macron. Cependant, dès le soir du premier tour (et même dès la dernière semaine de campagne) Mélenchon avait commencé à se débarrasser de ce capital politique tout nouvellement acquis comme d’une patate chaude. Les candidats présentés par la FI , six semaines après le second tour, ne récoltaient que 35 % des voix qui s’étaient portées sur Mélenchon. Cette déroute, à peine le succès enregistré s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, JLM a commencé à retropédaler sur les aspects « populistes » de son programme avant le premier tour, et il a choisi symboliquement de finir une campagne tonitruante, de façon inoffensive, en allant rendre visite en péniche sur le canal Saint-Martin avec son copain Iglesias à la foule clairsemée des bobos de l’Est parisien. Il s’est soudain affiché pro-européen dans son dernier grand meeting, et il a refusé de soutenir clairement le Venezuela bolivarien, lorsqu’il a été attaqué sur le sujet, rappelant son lamentable vote impérialiste au parlement européen en 2011, sur l’invasion de la Libye. Anti-impérialiste, oui, à condition que ça ne lui coûte rien!

Son attitude de mauvais perdant bien peu « présidentielle » le soir du premier tour a pu aussi le décrédibiliser, attitude aggravée par sa réaction ridicule aux perquisitions politiques de ses locaux, l’année suivante. Enfin, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a fait aucun effort pour se coordonner avec le PCF, qui était pourtant la seule formation importante qui le soutenait, ni pour préparer des candidatures communes au législatives. Un vieux relent d’anticommunisme lambertiste a du jouer son rôle (« vous êtes le néant, vous êtes la mort ») ; il n’y avait pas à l’époque que Trump pour produire des tweets agressifs et débiles.

Pour résumer, la campagne de Mélenchon n’a pas gagné parce qu’il y avait pour la mettre en œuvre trop de bobos, pas assez de prolos.

En 2022, sachant cela la question se pose à nouveau, faut-il encore voter Mélenchon, pour réaliser un résultat honorable (qui sans servir à grand-chose vaut quand même beaucoup mieux qu’une veste comme celles, méritées, reçues par Hue et MGB)) comme en 2012, ou même pour viser le deuxième tour comme en 2017 ?

La question étant aussi de savoir s’il peut atteindre le second tour et être élu en 2022 ; Mais cette question porte non sur le fond ou le programme mais sur une simple évaluation des probabilités de succès. Dans l’absolu, bien entendu, il le « peut », tout le monde le peut, sauf ceux qui ne le veulent pas.

Et justement j’ai certains doutes sur la volonté de vaincre de l’ami Jean Luc.

De plus atteindre le second tour et être élu sont deux choses différentes. Ce qui rendait le pari sur ce candidat si intéressant en 2017, c’était l’hypothèse fort possible qu’il se retrouverait au second tour contre Marine le Pen, en position de gagner en exploitant le rejet de cette dernière (un peu comme Pedro Castillo a gagné contre Keiko Fujimori cette année au Pérou).

Mais aujourd’hui, il est de plus en plus clair que JLM au second tour ne doit pas s’attendre à des cadeaux de la part du centre-gauche soi-disant républicain dans un éventuel duel avec l’extrême droite. Son positionnement compris à tort ou à raison comme « islamo-gauchiste » risque aussi de couper l’apport d’un vote dégagiste venu de l’extrême droite dans une configuration qui le placerait contre Macron (celui là ou un autre représentant du marais). Et il est bien clair aujourd’hui qu’aucun candidat de la gauche réelle (celle qui s’en prend au capital) ne peut être élu dans aucune élection si tacitement des électeurs d’extrême-droite ne se reportent pas sur lui. Tout candidat qui construit un discours de campagne incompatible avec ce report doit être écarté.

Bref, pour un JLM qui a choisi de se positionner à gauche de la gauche, la gauche est tout simplement trop faible pour le porter à la victoire. Il ne pourrait arriver, avec de la chance, au second tour qu’en siphonnant toutes ses réserves dès le premier tour. Fabien Roussel a donc raison de souligner, pour justifier l’existence de sa candidature, que le problème de la gauche n’est pas tant qu’elle est divisée, que le fait qu’elle est beaucoup trop faible, aux alentours d’un quart de l’électorat, un sixième si on compte les abstentionnistes !

La gauche à laquelle ne s’identifient positivement guère plus de 10 % des sondés dans les enquêtes d’opinion ne représente plus qu’une fraction de la bourgeoisie, moralisatrice et obsédée de conformisme éthique, et les malheureux qu’elle influence via ses relais communautaristes.

Je considère donc que Mélenchon n’est plus le porteur d’un espoir conjoncturel, ce qu’il a été en 2012, et bien plus en 2017. Il a purgé son organisation de tous les souverainistes, les accablant d’insultes au passage. Gauchistes communautaristes et écologistes timbrés tiennent le haut du pavé parmi ses conseillers, qu’il n’écoute d’ailleurs même pas mais qui saturent la communication. Les aléas de ses positionnements, de ses attitudes et de ses déclarations depuis 2017 ont révélé ce qu’on savait, qu’il était essentiellement motivé par un ego surdimensionné, mais ils ont surtout prouvé qu’il n’est motivé que par cela.

Sanders, Corbyn, Iglesias, Tsipras, et enfin Mélenchon, une génération de la gauche politique occidentale s’éclipse, faute de courage politique, mais faute surtout d’ancrage dans les classes populaires.

Dans ces conditions je voterai sans espoir excessif mais sans regrets pour Fabien Roussel, qui est certainement le meilleur candidat qui pouvait sortir des rangs du PCF. Et pour preuve, les difficultés qu’il éprouve à mobiliser un corps de militants défaitistes sélectionnés par les directions issues de la mutation du PCF, et la dissidence ouverte ou larvée d’une partie des cadres, dont MGB comme par hasard, scandalisés d’un discours qui s’adresse véritablement, bien que timidement, à la classe ouvrière dans son unité, indifféremment à ses divisions de genre, de religion, etc.

Un résultat honorable de ce candidat renforcerait les idées du socialisme en France et l’influence des défenseurs de la classe ouvrière dans le PCF et dans la CGT (on peut envisager au moins les 8% du PTB en Belgique !).

Arriver au second tour est très improbable, mais comme pour tout autre candidat de gauche, et sans doute même un peu moins, car la campagne de Roussel est potentiellement entendable par les électeurs des classes populaires de toutes tendances, et encore plus par ceux qui sont depuis longtemps abstentionnistes.

Mais sachant que cette perspective du second tour s’est éloignée, essentiellement par la faute des incohérences, des reculs, et des foucades inconsidérée du principal candidat de ce coté, il faut voter sur les programmes et sur la confiance qu’ils peuvent inspirer et je préfère un programme avec énergie nucléaire et sans quinoa, simple question de goût.

GQ, 20 octobre 2021

 

samedi 23 octobre 2021


Le pape François appelle à la fin des blocus et des sanctions contre tous les pays lors d’une réunion mondiale des mouvements populaires

Le pape a lancé un appel aux principaux responsables du drame vécus par les plus pauvres et il a désigné le capitalisme. On pourrait ajouter à cet appel le fait que les défis auxquels l’humanité est en train de devoir faire face rend totalement stupide et criminel toutes les prévisions de guerre et de surarmement parce que bientôt les armées vont devoir faire face à des survies humaines de grande ampleur. Ceux qui ont la moindre conscience de cette situation devraient s’unir au-delà des idéologies et néanmoins comme l’a fait le pape désigner les véritables protagonistes de ce drame humain, qu’il s’agisse des épidémies, des crises climatiques, de la faim. (note et traduction de danielle bleitrach)

Papa Francisco pide cese de bloqueos y sanciones contra cualquier país en encuentro mundial de movimientos populares | Cubadebate

Pape François. Photo : EFE.

Le pape François a appelé samedi à la fin des agressions, des blocus et des sanctions de la part de pays puissants contre n’importe quelle nation n’importe où sur Terre.

Dans un message vidéo adressé aux participants à la deuxième session de la quatrième Rencontre mondiale des mouvements populaires, le Souverain Pontife a dit non au néocolonialisme et a ajouté que les conflits doivent être résolus dans des organes multilatéraux tels que les Nations Unies.

Nous avons déjà vu comment les interventions, lesinvasions et les occupations unilatérales se terminent même si elles se font selon ous les motifs et les déguisements les plus nobles, a-t-il déclaré en faisant référence à la « résistance aux changements dont nous avons besoin et auxquels nous adhérons ».

« Des résistances profondes, enracinées, qui vont au-delà de nos forces et de nos décisions », a-t-il souligné.

Le changement individuel, a-t-il dit, est nécessaire, mais il est également essentiel d’ajuster nos modèles socio-économiques pour qu’ils prennent un visage humain, car bien des modèles l’ont perdu.

En ce sens, le Pape a exprimé qu’en pensant à ces situations, cela devient un mode d’être et il a ensuite exposé, au nom de Dieu, une liste de demandes adressées à différents secteurs.

Il a demandé aux grands laboratoires de libérer les brevets et de permettre à chaque pays, chaque peuple, chaque être humain d’avoir accès aux vaccins.

Il a demandé aux groupes financiers et aux agences de crédit internationales d’annuler les dettes « si souvent contractées contre les intérêts » des peuples des pays pauvres.

François a également fait d’autres demandes, avec un sens profond de l’humanité et de la défense de l’environnement,aux grandes entreprises extractives et alimentaires, aux fabricants d’armes, aux géants de la technologie et des télécommunications et aux médias.

Ce système avec sa logique implacable de profit échappe à toute domination humaine. Il est temps d’arrêter la locomotive, une locomotive incontrôlée qui nous emmène dans l’abîme. Nous sommes toujours à l’heure, a souligné François.