jeudi 8 septembre 2022

Leçon de la chose capitaliste. Et avez-vous mis votre thermostat sur 19° en attendant les mauvais jours?

Parce que c'est la fin de l'abondance. La faute à qui? Surtout pas aux dirigeants d'EDF et aux gouvernements successifs qui, sous le diktat de l'UE du capital, en sont arrivés à ce que nous vivons aujourd'hui.

Bon, ont dit les commis gouvernementaux français des Marchés internationaux. Faut être patriote et baisser votre thermostat et sans doute vous éclairer à la bougie. A moins qu'elle ne soit produite en Russie ou en Ukraine. Alors là, c'est vraiment la fin des carottes cuites. Non?

En attendant, côté entreprise patriote, le Psg-Qatar s'est envolé en avion pour taper dans le ballon rond à Nantes. En TGV, il faut moins de 2 heures. Par les airs,  c'est 58 minutes. Certes, il y a l'empreinte carbone en avion, mais on touche sa prime de match plus vite.

Bon, comme dirait le Qatar, au sujet des conditions inhumaines de travail des salariés qui construisent chez lui en plein désert la coupe du monde 2022 de foot-fric, l'écologie c'est du détail. Comme les droits de l'Homme, surtout celui des femmes.

 Blog le Mantois et partout ailleurs

 

vendredi 2 septembre 2022

L'extrême-gauche, encore et toujours,

 contre les ouvriers

2 Septembre 2022 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #Qu'est-ce que la "gauche", #GQ, #Front historique, #Positions

 

La maladie infantile du communisme (une suite à Lénine) :

Il y a une grande différence entre l’activité révolutionnaire dont le centre et la raison d’être se trouve au final dans l’intérêt et dans l’action du prolétariat et l’activité politique d’extrême-gauche qui volontiers prêche la révolution, mais pas de manière à la rendre populaire parmi les masses !

Cette tendance politique n’est en effet pas du tout une expression du prolétariat, ni même de la petite bourgeoisie, mais plutôt une expression de secteurs ou d’individus déclassés de la bourgeoisie proprement dite, et de son intelligentsia. Il faut rechercher le sens et la fonction sociopolitiques de l’extrême-gauche dans les contradictions internes de la bourgeoise : fractions montantes, ou au contraire groupes fragilisés à le recherche de rentes, problèmes d’affectation des héritiers, des cadets, des parents pauvres, ou parfois comme ce fut le cas autour de mai 1968, une dynamique de transformation inhérente au capital lui-même, et à son besoin d'un panel à qui proposer le renouvellement des marchandises à offrir sur le marché.

On voit que l'origine sociologique de l'extrême-gauche est presque la même que celle de l’extrême-droite internationale classique, avant qu’elle ait reçu la correction de 1945 administrée par l’Armée Rouge.

Extrême-gauche et extrême-droite ont en commun le culte de Nietzsche et la haine de l’URSS - et souvent aujourd'hui, rancunier comme ils sont, de la Russie.

La gauche et l’extrême gauche dans le système cohérent de la vie politique bourgeoise, sont formées de ceux qui veulent changer l’ordre capitaliste pour l’améliorer, le modérer, le rendre plus humain, et les plus extrêmes dans cette direction sont ceux qui pensent avoir quelque chose à gagner directement dans la dramatisation de l’agitation politique notamment en attirant l’attention sur leur personne.

Il y a dans tous les partis des professionnels de la politique, et sans eux, pas de continuité ni d’action cohérente possible, mais ces professionnels peuvent rester au service du prolétariat, ou se servir de sa cause, pour se servir eux-mêmes, et entre les deux comportements plutôt qu’une frontière bien délimitées par des grands principes (mais la moralité individuelle joue aussi son rôle) il y a plutôt une zone grise de transition. On trouve rarement dans la biographie d’un militant 100 % d’abnégation, ou 100 % d'opportunisme.

Le critère de distinction entre le groupe révolutionnaire prolétarien et le groupe d’extrême-gauche à l’agitation spectaculaire, mais politiquement passif ou même nocif, est donc non pas le radicalisme verbal mais le réalisme politique, et la volonté d’exercer le pouvoir au nom du prolétariat.

Bien entendu, nous considérons ici comme « d’extrême-gauche » ceux qui se désignent eux-mêmes ainsi, ou qui se satisfont de cette étiquette quand elle leur est accolée par les autres et par les médias. Nous les désignons plus généralement comme les « gauchistes », comme le faisait Lénine, qui visait dans sa brochure de 1922, La maladie infantile du communisme, le courant conseilliste ou « soviétiste » qui se revendiquait exagérément de Rosa Luxembourg et qui interprétait littéralement le slogan « tout le pouvoir aux soviets » comme un appel à l’autogestion généralisée. Et dont Socialisme ou Barbarie et les situationnistes sont des continuateurs, deux générations plus tard (l’Internationale Situationniste fut fondée par Debord et ses acolytes en 1957). Mais le gauchisme comme tradition politique bourgeoise relève plutôt d’autres courants, moins innocents, aux financements plus opaques, dont les développements principaux sont d’ailleurs bien postérieurs à Lénine, ce sont le communisme libertaire anarchiste individualiste, le trotskysme, et le maoïsme de salon.

Ce qui caractérise tous ces courants, c’est le refus des étapes intermédiaires entre la situation présente et le communisme, et le refus des compromis et des alliances provisoires nécessaires pour y parvenir. C'est l'incompréhension de la dialectique (on ne comprenait pas, par exemple, qu'il faille faire la guerre à Hitler pour préserver la paix). Et donc le refus, théorisé ou non, de l’État socialiste et de sa politique machiavélienne, et de sa stratégie qui pour en être une ne peut pas être à tout moment transparente.

Ce critère de la pratique peut être parfois difficile à utiliser : si un gauchiste comme Mélenchon en arrive à briguer réellement le pouvoir, il devient du même coup relativement plus légitime qu’un parti prolétarien trop faible pour envisager ce but. Parfois des politiciens douteux se retrouvent à leur propre étonnement dans un costume trop grand pour eux. En général ils ne le restent pas très longtemps.

D’autre part il s’est développé, de concert avec l’écologisme (qui a beaucoup de liens à son origine avec le courant anarchiste - mais aussi avec la réaction antidémocratique), un nouvel esprit gauchiste non seulement sectaire comme il l’a toujours été, mais sectoriel, communautaire, séparatif, « intersectionnel » qui met l’accent sur les luttes de minorités considérées à tort ou à raison comme particulièrement opprimées.

Ce faisant il n’aide en rien les membres des dites minorités qui sont réellement opprimés, c’est à dire ceux qui font partie du prolétariat. Et quant aux autres, ils n’ont pas vraiment besoin d'aide !

Ce gauchisme est la continuation, mais aussi la métamorphose et dans bien des cas l’inversion des combats pour les droits civiques qui ont marqués les années 1960 et 1970 dans les métropoles occidentales. Pour l’essentiel, ces combats ont gagné la partie à l’époque et les discriminations institutionnelles ont disparu : les dates charnières étant la promulgation de l’amendement des droits civiques en 1964 aux États-Unis, et la fin du type de société qualifiée par Foucault (parangon intellectuel du gauchisme libéralisant) de « société disciplinaire », à la suite des mouvements qui comme mai 68 terminent l’histoire du mouvement ouvrier traditionnel, tout en écrivant les premières pages des « révolutions colorées » libérales. Le laissez-faire des mœurs et le laissez-faire économique sont les deux expressions du même slogan des années-fric, « chacun fait ce qui lui plait-plait-plait », comme on dit dans la chanson Chagrin d’Amour (1980).

Or la situation générale des minorités dans le nouvel âge du capitalisme post 68 – et on inclura pour la commodité de la démonstration les femmes qui ne sont pas une minorité – c’est la réalité de leur émancipation. Cette émancipation, qui concerne aussi bien les Noirs américain que les Français d’origine maghrébine, les femmes que les homosexuels, les indigènes américains et les minorités ethnolinguistiques un peu partout dans le monde, et même les groupes religieux dissidents, se caractérise par la recomposition à la faveur du mouvement dans leurs rangs d’une bourgeoisie et d’une petite bourgeoisie interne qui prétend au droit de représenter l’ensemble de la communauté sur des bases inter-classistes, et qui s’accapare tout le fruit matériel de la lutte émancipatrice. Les Afro-Américains ou les français d’origine maghrébine sont invités à se sentir libres parce qu’ils peuvent s’identifier à des présentateurs de télévision, des vedettes du sport ou du show-biz, des ministres, ou à de grandes fortunes, et qu’ils peuvent s’ils le souhaitent suivre exclusivement des canaux de diffusion culturels animés à leur intention où ils ne verront que des gens qui leur ressemblent.

Le capitalisme va flatter ces représentants (qui ne sont jamais démocratiquement désignés) et même leur accorder le bénéfice d’une discrimination positive, qui consiste non pas à leur faire une place parmi la bourgeoise déjà nantie et bien installée (d’où chez eux le maintien d’un sourd ressentiment), mais à leur réserver un quota favorable parmi ceux qui sortent des classes exploitées et qui réussissent leur promotion dans la bourgeoisie. La discrimination positive des minorités pour favoriser l’ascension sociale de quelques individus est donc en fait une discrimination tout court à l’encontre des prolétaires sans qualité, c’est à dire n’appartenant pas à une minorité.

Le discours bourgeois est à peu près celui-ci : enrichissez vous comme l’ont fait les plus méritants ou les plus valeureux de vos représentants, et le discours victimaire qui n’en continue pas moins ne porte finalement plus que sur ce point : contrairement aux promesses, il n’est pas possible d'enrichir tout le monde, ni de s’enrichir autant qu’on le voudrait. Et comme on sait, le désir est sans limite.

Pour la grande majorité, qui ne change pas de classe sociale au cours de sa vie, cette politique n’a aucune autre effet que celui de rendre invisible ses revendications. Pour prendre un exemple comme un autre, un ouvrier d’industrie n’a rien à perdre objectivement à une extension des droits des groupes estampillés LGTB (etc.) mais il va quand même bien souvent en prendre ombrage, non pas tant parce qu’il serait un homophobe irrécupérable mais parce qu’il aura le sentiment hélas justifié que cette cause n’est en fait mise en avant dans les médias et les partis politiques que pour prendre la place de la sienne, qu’il estimera, et je pense justement, bien plus universelle bien que trivialement matérialiste. A terme, ce sentiment de frustration, et cette jalousie de la bonne place accordée dans les médias aux surenchères permanentes des représentants des minoritaires peut finalement contribuer à diffuser massivement une sorte de racisme secondaire qui s’appuiera sur le constat que ces néo-bourgeois sont effectivement favorisés, et particulièrement pour l’accès au quart d’heure de célébrité à laquelle se résume l’idée du bonheur post-moderne.

Minoritaire ou non minoritaires doivent pourtant tous les deux se préoccuper de leur beefsteak, même s’il est préparé à base de tofu. Mais le porte-parole minoritaire qui milite en tant que tel a déjà résolu ce problème et vise plutôt à obtenir de tous les autres non plus un droit à l’indifférence qui est acquis depuis longtemps, mais une reconnaissance spéciale qui ressemble beaucoup à une résurrection en plein XXIème siècle de la notion de privilège. Et on remarquera que les minoritaires entre eux n’ont pas particulièrement de tolérance pour les privilèges de reconnaissance revendiqués par une autre minorité.

Par réaction, la majorité sans qualité en vient à réclamer le privilège de l'antériorité, et à se « minoriser » en se réfugiant dans le roman historique et les clichés scolaires de l’histoire de France, et la boucle est bouclée.

Par contre, le beefsteak, (et le fromage, le vin, et le couscous) ils l’ont tous en commun, et pendant qu’ils se disputent entre eux sur leurs identités respectives, ils sont tous en train de se le faire rogner à l’âge du capitalisme hyper tolérant, mais encore plus hyper exploiteur.

Et donc n’en déplaise à Frédéric Lordon, les femmes de chambre de l’hôtel Ibis des Batignoles sont des ouvrières qui ne sont pas prêtes à lâcher le beefsteack, et non des « noires », ou des « femmes », bien qu’elles soient presque toutes des femmes noires. Ce ne sont pas des filles à papa qui revendiquent un coupe-file pour passer à la télé et servir de faire-valoir à Zemmour, mais des travailleuses qui luttent contre l’exploitation, pour le bien de tous !

GQ 8 juin 2021, relu le 2 septembre 2022

 

PS : Je critique les gauchistes dans leur concept, mais je suis conscient du fait que des personnes dont l'engagement de fait pas de doute peuvent se retrouver dans leurs rangs, comme ce fut d'ailleurs mon cas, par erreur de jeunesse, ou par les hasards de l'existence. L'erreur est humaine; persévérer dans l'erreur est diabolique.

 

 

 

Trois entreprises américaines contrôlent plus d’un tiers des terres agricoles ukrainiennes

En 2021, une loi sur la vente des terres agricoles est entrée en vigueur en Ukraine. D’après le média Australian national review, des firmes américaines ont profité de cette législation pour investir massivement dans le pays. 40% des terres cultivables en Ukraine est désormais contrôlé par des capitaux américains. Cela projette un jour nouveau sur le récent accord entre les belligérants ukrainien et russe concernant l'exportation du blé récolté en Ukraine. Kiev a négocié sous la pression d'intérêts financiers américains. Plus fondamentalement, la question de la répartition de la propriété est fondamentale car elle permet de suivre l'échec de la démocratie dans l'Ukraine indépendante.

Les agriculteurs ukrainiens profitent-ils du fait que l’Ukraine dispose des terres agricoles les plus fertiles d’Europe? Avec l’entrée en vigueur le 1er juillet 2021 de la loi « modifiant certaines lois concernant les conditions de renouvellement des terres agricoles » (loi 552-IX), le président Zelensky et le FMI ont souhaité  “rendre le secteur plus attractif pour les investisseurs internationaux“. On ne sera pas étonner de constater que de nombreux Ukrainiens ont contesté cette loi, qui ne ferait que renforcer la corruption dans le pays et la mainmise de quelques grands propriétaires sur le secteur agricole. En effet, suite à l’entrée en vigueur de cette loi, selon le site Australian national review , l’Ukraine aurait vendu un tiers de ses terres agricoles à 3 grandes entreprises transnationales américaines. D’après l’agence australienne, ces firmes américaines seraient désormais propriétaires de 1.7 millions sur 42 millions d’hectares de terres agricoles, acquis en moins d’une année

Mainmise américaine sur 40% des terres arables ukrainiennes

Les trois enseignes Cargill, Monsanto (société germano-australienne à l’origine, mais aujourd’hui à majorité américaine) et Dupont sont bien connues aux États-Unis détiennent désormais environ  40% des terres arables ukrainiennes.

Cette réalité récente relie la guerre en Ukraine aux initiatives des décideurs financiers stratégiques occidentaux puisque des sociétés comme  Vanguard, Blackrock  et Blackstone figurent parmi les plus gros actionnaires de ces entreprises.

Désormais, lorsqu’on parle de blé ukrainien, on se demande si l’usage de ce terme est encore approprié. Si on tient compte des informations fournies par la revue australienne, le blé exporté par l’Ukraine provient de terres agricoles appartenant à des firmes américaines. (Il faudrait ajouter des investissements chinois récents, représentant à peu près 5% du total des terres arables du pays. 

 Les inspecteurs qui ont contrôlé le transit des cargaisons de blé ukrainien depuis le 03 août dernier, connaissent l’identité des propriétaires de ces céréales puisqu’ils ont à leur disposition les documents officiels liés aux échanges.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait qualifié le voyage du Razoni, le premier navire ukrainien transportant des céréales  à avoir quitté Odessa depuis l’invasion de l’Ukraine, « d’étape importante”. Mais on est amené à voir l’accord sur les exportations de blé à travers le couloir établi en Mer Noire sous un autre jour, si l’on considère qu’il s’est agi, pour les Etats-Unis, à travers leurs hommes de paille ukrainiens, de défendre les intérêts d’entreprises américaines. 

Une réforme renforçant la corruption et la mise à l’écart des agriculteurs ukrainiens

La propriété des terres cultivables constitue un sujet à controverses en Ukraine depuis la fin de l’URSS et la décollectivisation des terres qui s’en est suivie. Faut-il abolir la loi qui a autorisé la vente de ces terrains donnant à des investisseurs étrangers le droit de les acheter ? En Ukraine, ce n’est pas seulement un sujet de “conversations de comptoir”, c’est une question cruciale. 

Les terres agricoles en Ukraine étaient des propriétés de l’Etat à l’époque de l’Union soviétique. Les agriculteurs travaillaient dans des exploitations collectives et publiques. Suite à la création d’une Ukraine indépendante,  le gouvernement a décidé de privatiser la plupart des terres agricoles. Des coupons étaient distribués aux occupants, qui leur permettaient de devenir propriétaires d’une parcelle agricole délimitée. Mais dans un contexte de récession économique , beaucoup ont revendu leurs coupons. Il s’est ainsi constitué un groupe de grands propriétaires terriens, membres d’ une nouvelle oligarchie. Tout cela avait été encouragé par le Fonds Monétaire International, juge auto-proclamé des procédures adéquates de privatisation. 

En 2001, un moratoire a été décrété pour faire le bilan de ces transactions, suspendant la privatisation des terres publiques, et bloquant jusqu’à inventaire les transactions portant sur des terres privées.  Ce moratoire concernerait 41 millions d’hectares de surface agricoles, soit environ 96 % des terres agricoles ukrainiennes. Environ 10 millions d’hectares étaient à cette époque encore la propriété de l’Etat ou des communes; et 28 millions d’hectares appartenaient à des “petits et moyens propriétaires” privés au nombre de 7 millions. Pourtant, même renouvelé régulièrement jusqu’en 2019, le moratoire n’a pas joué son rôle de stabilisation. Il a certes été régulièrement renouvelé jusqu’en 2019. Cependant, les difficultés économiques de la population ont conduit beaucoup de petits propriétaires à louer leurs terres à des opérateurs qui étaient en fait membres de l’oligarchie terrienne en voie de constitution. La concentration des terres a continué sous une fome déguisée.  

Ce sujet est passionnant dans la mesure où il est bien vrai qu’une démocratie repose sur une classe moyenne nombreuse de propriétaires.  Or l’Ukraine s’est, avec les années, toujours plus éloignée de cet objectif. Et, dans ce domaine comme dans tous les autres, le président Zelensky a trahi l’espoir que les électeurs avaient mis en lui. 

Le candidat Volodimir Zelensky avait proposé l’organisation d’un référendum pour pouvoir remédier aux défauts du moratoire de 2005, mais il n’a pas eu lieu après qu’il avait été élu.

Pire, Zelensky a fait préparer une loi qui ouvrait largement la terre ukrainienne à des acquisitions étrangères. Pourtant, selon des sondages d’opinion 64% des participants des Ukrainiens se déclaraient contre la vente des terres aux étrangers. Par ailleurs, deux tiers des personnes sondées réclamaient l’organisation du référendum. promis par le Président.

La Verkhovna Rada, parlement ukrainien à chambre unique, a fini, en mars 2020, par voter un texte,  sous la pression du Président et celle du Fond Monétaire International, le principal créditeur du pays. La nouvelle  loi 552-IX a mis fin au moratoire et autorisé les particuliers à acheter jusqu’à 100 hectares de terres à partir du 1er juillet 2021. Dans le même temps, la loi, apparemment restrictive en ce qui concernait l’acquisition de terres par des étrangers (personnes physiques ou morales): elle permet l’acquisition de terres par des sociétés enregistrées en Ukraine; et elle n’a pas régulé le mécanisme de location des terres pour leur exploitation. C’est ainsi que les entreprises et les fonds dont nous parlons ont pu contourner la loi. 

Second pays plus vaste d’Europe, la superficie totale de l’Ukraine atteint 600 000 km², dont 170 000 km² ont été acquis indirectement (prête-noms ukrainiens ou baux de longue durée) par des sociétés étrangères, en grande majorité occidentale, notamment américaines.

Zelenski et les institutions internationales ont toujours présenté cette réforme agricole comme une condition nécessaire pour attirer les investissements étrangers, permettant de « libérer » le plein potentiel des terres agricoles ukrainiennes.

Cette loi était également la condition d’obtention d’un prêt de 5 milliards de dollars accordé par le Fonds monétaire international (FMI).Mais nombreux Ukrainiens contestent la loi qui , selon eux, ne fera que renforcer la corruption (devenu un fléau dans le pays) et l’accaparement des terres par les grandes multinationales étrangères.

Le Réseau ukrainien de développement rural dénonce le fait  que « la plupart des terres privatisées sont louées par de grandes exploitations commerciales agricoles…la terre ne sera même plus disponible à la vente au profit des agriculteurs indépendants ».

C’est ainsi que les investisseurs américains seraient devenus, de manière déguisée, propriétaires de terres agricoles en Ukraine. Pour rappel, avant l’adoption de cette loi, des manifestations pro-Zelenski proclamait que « la terre appartenait aux Ukrainiens » tout en stigmatisant « les Chinois et les Arabes » qui s’apprêtaient, selon les manifestants « à emporter notre terre par wagons ». Deux ans et demi plus tard, il s’avère que ce sont des capitaux américains qui contrôlent un tiers des terres ukrainiennes – contre seulement 5% pour des capitaux chinois. 

Le lobbying, 

l’arme des oligarques kazakhs en fuite

Plusieurs hommes d'affaires originaires du Kazakhstan ont fui leur pays où ils sont suspectés d'avoir détourné des sommes importantes à leur profit. Exilés en Occident, ces oligarques usent de leur fortune pour tenter de convaincre responsables politiques et opinions publiques de leur innocence, tout en finançant des campagnes hostiles au pays qui les a enrichis.


Après l'ombre de Vladimir Poutine planant sur les élections américaines, celle des oligarques kazakhs s'étendrait-elle au-dessus de Washington ? La presse locale spécialisée dans les arcanes du Capitole s'est ainsi récemment faite l'écho d'informations préoccupantes sur la manière dont des sociétés de lobbying, agences de communications et autres ONG « pop-up », rémunérées à prix d'or pour défendre les intérêts de grandes fortunes originaires des pays de l'ex-bloc soviétique, fondent sur le centre névralgique des États-Unis en déployant des méthodes pour le moins douteuses. Au premier rang desquelles la présentation de leurs clients, pour la plupart des oligarques s'étant enrichis de manière indue en pillant les ressources de leurs pays d'origine, comme d'honnêtes et respectables militants anti-corruption, voire comme d'infatigables défenseurs de la liberté et des droits de l'homme...

C’est ainsi le cas d'Akezhan Kazhegeldin, un ancien premier ministre du Kazakhstan qui vient de faire l'objet d'une minutieuse enquête du magazine Townhall. Avant de fuir son pays d'origine pour les rives de la Tamise, l'oligarque aurait empoché l'équivalent de 200 000 dollars en revendant, à la va-vite, une centrale électrique kazakhe dont la valeur dépassait pourtant les 50 millions de livres sterling. Condamné à contumace par la Cour suprême du Kazakhstan à dix ans de prison, Kazhegeldin, par ailleurs ancien agent du KGB, se présente désormais en Occident comme un dissident injustement poursuivi par les autorités de son pays. Et même un fervent avocat des droits humains, si l'on en croit la campagne de communication orchestrée ces derniers temps à Washington par ses lobbyistes attitrés, visant à convaincre les politiques et le public américains de la sincérité du combat anti-corruption d'un Kazhegeldin lui-même suspecté d'être corrompu jusqu'à la moelle. Un retournement de situation digne d'un véritable « artiste de la propagande », comme le qualifie l'éditorialiste américain Duggan Flanakin.

 

Moukhtar Abliazov, le « sans-papier milliardaire » dont ne sait que faire la France

Passé maître dans l'art de dissimuler un exil forcé sous les atours d'une croisade contre des pratiques dont il a lui-même largement bénéficié, Akezhan Kazhegeldin n'est pas le seul ni le premier ressortissant kazakhstanais sur ce registre. S'il est un oligarque kazakhstanais qui mérite aussi le qualificatif d' « artiste », c'est bien Moukhtar Abliazov : comme son compatriote, Abliazov a patiemment fait son nid dans les réseaux de pouvoir du Kazakhstan, avant de tomber en disgrâce à la faveur de la démocratisation du pays et de prendre la poudre d'escampette – non sans oublier de se remplir les poches au passage. Ancien ministre lui-même, Moukhtar Abliazov a pendant cinq ans dirigé la banque BTA, l'une des plus importantes de ce pays d'Asie centrale. Nationalisée en 2009, celle-ci l'accuse d'avoir à cette époque détourné quelque 7,5 milliards de dollars de ses caisses, un pactole disséminé et dissimulé dans le monde entier, via une constellation de sociétés-écrans.

Comme Akezhan Kazhegeldin, Moukhtar Abliazov fuit alors le Kazakhstan, où il écope d'une peine de prison à perpétuité. Direction Londres tout d'abord où, comme Akezhan Kazhegeldin toujours, notre homme espère démarrer une nouvelle vie dorée – tout en se payant le luxe de la bonne conscience, Abliazov se présentant volontiers comme la victime innocente et persécutée du régime de Noursoultan Nazarbayev, l'ancien président kazakh. Une stratégie de diversion qui rencontre rapidement ses limites, les autorités britanniques lui refusant le statut de réfugié politique et la justice de Sa Majesté le condamnant, en 2013, à 22 mois de prison pour « outrage ». Pas de quoi défriser notre « sans-papier milliardaire », comme le qualifie Paris Match, qui traverse alors la Manche... en autobus, avant de s'installer confortablement sur la Côte d'Azur. Il faudra attendre plusieurs mois pour que les policiers de la BRI forcent l'entrée de sa villa cossue et appréhendent un Moukhtar Abliazov en short, qui tentera tout de même de se faire passer pour un autre en tendant aux forces de l'ordre un faux passeport diplomatique – en vain.

 

A Bruxelles, les réseaux « tentaculaires » de Moukhtar Abliazov

Depuis presque une dizaine d'années maintenant, l'oligarque kazakhstanais fait l'objet d'un véritable imbroglio politico-administratif dont seule la France a le secret : alors que l'extradition d'Abliazov est exigée tant par l'Ukraine que par la Russie, les divers services de l'État (tribunaux, Ofpra, Cour nationale du Droit d'Asile, Conseil d'Etat) se renvoient la patate chaude et annulent systématiquement les décisions des juridictions précédentes. Un délai à rallonge que le principal intéressé, toujours libre de ses mouvements dans l'Hexagone, a mis à profit pour défendre sa cause en déployant de considérables moyens de lobbying. A Bruxelles sévit ainsi la très opaque ONG « Open Dialogue Foundation » (ODF), une organisation de protection des droits l'homme créée en Pologne en 2009 et qui s'est fait une spécialité de défendre, «  aux côtés de véritables militants exposés à une incontestable répression, quelques figures fort peu recommandables ». Des figures comme Moukhtar Abliazov, suspecté d'arroser de généreux subsides l'organisation à but non lucratif en échange de la défense de ses intérêts personnels.

Hasard ou coïncidence, « l'ODF, dont les lobbyistes hantent les couloirs du parlement (européen), joue un rôle ''important'' dès que l'honorable assemblée débat du Kazakhstan », révèle aussi le site Atlantico. Jusqu'à glisser des amendements et résolutions « clé en main » aux députés européens pour condamner, bien opportunément, la politique interne du Kazakhstan. Trouvant des relais parfois inattendus dans l'ensemble des forces politiques représentées au Parlement européen, les « tentaculaires réseaux de Moukhtar Abliazov  » à Bruxelles permettent ainsi à ce dernier de renforcer sa posture victimaire de martyr du pouvoir kazakhstanais – tout en contribuant à minimiser ou passer sous silence les accusations qui pèsent contre l'oligarque. Un joli tour de passe-passe qui n'est pas sans interroger les fondements démocratiques sur lesquels reposent nos sociétés de l'information.

 

 

Révolution socialiste ou barbarie capitaliste

Le capitalisme mondialisé et financiarisé menace aujourd'hui plus que jamais la survie de l'humanité. Il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle crise grave du système, mais aussi d'une menace réelle pour l'avenir des hommes sur cette terre. La population assiste impuissante à sa lente destruction ainsi que celle de son environnement. Elle constate effarée les ravages du capitalisme : saccage systématique de la planète, réchauffement climatique, exploitation de la force de travail de plus en plus violente, misère sociale exacerbée, menace constante d'une guerre nucléaire, épidémies à répétition, marchandisation et déshumanisation des rapports sociaux etc.etc. Mais les hommes qui ont produit ce système sont également capables de se dresser contre lui et le dépasser, mettant ainsi un terme à la "préhistoire" de l'humanité.

La classe dirigeante, la bourgeoisie est non seulement dans l'incapacité de faire face à cette situation sans précédent, mais elle amplifie cet état de fait. Son système, le capitalisme avec sa logique d'accumulation, transforme ces ravages et ces catastrophes en autant d'opportunités de profit, lui permettant ainsi de poursuivre son oeuvre de destruction. De par sa nature, le capitalisme tend à envahir et à conquérir toutes les sphères pour en faire un marché.

Le capital non seulement produit du profit, mais le profit à son tour engendre le capital qui croît et se multiplie d'une manière irrationnelle et sans fin. Le processus peut donc se répéter à l'infini. Or les ressources naturelles, ou tout du moins une partie d'entre elles, sont finies. Le capitalisme est une machine qui est en train de dévorer l'homme et la planète qui ne sont pour lui que des moyens pour son extension et son développement. Il va sans dire que le système qui méprise l'homme ne peut respecter la nature.

Engels, cité par Rosa Luxemburg, disait "La société bourgeoise est placée devant un dilemme : ou bien passage au socialisme ou rechute dans la barbarie" (1). Si le socialisme n'est toujours pas là, la barbarie capitaliste et sa violence sur l'homme et la nature, par contre, se poursuivent toujours. Mais ce triomphe pourrait tout simplement mener à l'anéantissement de la vie sur terre. Les classes dirigeantes ne font que préserver et renforcer par leurs mesures dérisoires le système en donnant l'illusion qu'il est "réformable". Toutes les demi-mesures et toutes les réformes, si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes ne font, en dernière analyse, que perpétuer l'asservissement général engendré par le système.

Que faire alors contre cette marche suicidaire vers l'abîme ? Continuer sur cette voie tracée par une minorité d'exploiteurs qui mène au chaos, à la barbarie et à la destruction de l'homme et de la nature ou, au contraire, renverser l'ordre établi. Contrairement aux affirmations de l'idéologie dominante qui nie toute possibilité de transformation qualitative de la société, la révolution sociale et socialiste reste une alternative qui pourrait changer radicalement les relations entre l'homme et l'homme, entre l'homme et la nature.

Mais la marche en avant vers le socialisme ne peut résulter de la perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes etc. L'entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits. La bourgeoisie qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs n'est absolument pas prête à la "concertation" au " dialogue" etc. Elle ne reculera devant rien pour perpétuer son système de production et d'exploitation sur lequel elle repose. Et si la lutte des classes s'intensifie, s'aiguise et dure dans le temps, elle n'hésitera parecourir à la violence sous toutes ses formes y compris la plus abjecte, la guerre.Toute l'histoire des classes dominantes n'est que cruauté et férocité exercées sur les dominés pour se maintenir au pouvoir. Seule la révolution socialiste est en mesure d'enfanter une nouvelle société en mettant un terme à la résistance de la minorité d'exploiteurs.

Mais la révolution ne se décrète pas comme disait Engels une fois encore "(...) les révolutions ne se font pas arbitrairement et par décret, mais qu'elles furent partout et toujours la conséquence nécessaire de circonstances absolument indépendantes de la volonté et de la direction de partis déterminés et de classes entières" (2).

Mais si la révolution ne se décrète pas, elle se prépare. Et qui sont les mieux disposés à la préparer que celles et ceux qui subissent au quotidien l'exploitation et le despotisme du capital ? Les travailleurs, et d'une manière générale les salariés, non seulement sont le produit le plus authentique de la bourgeoisie, mais possèdent aussi les moyens de paralyser le pouvoir économique et partant politique de la minorité dominante. Les prolétaires d'aujourd'hui comme ceux d'hier n'ont aucun intérêt, aucun privilège dans la société bourgeoise. Ils y sont ravalés et traités en bêtes de somme. Il ont donc tout intérêt à renverser le régime bourgeois. Mais il ne suffit pas que les oppimés prennent conscience de leur situation d'exploités pour que la révolution se produise ; il faut aussi et surtout que " "ceux d’en bas” ne veulent plus et que “ceux d’en haut”ne peuvent plus continuer de vivre à l’ancienne manière " (3).

Malheureusement "ceux d'en bas" sont affaiblis et se livrent de surcroît une concurrence fratricide sur le marché du travail qui brise leur unité et les empêche de construire des organisations et des directions capables d'affronter efficacement la minorité exploiteuse. Ajoutons à cela l'omniprésence de l'idéologie dominante qui, à travers les grands médias, les programmes scolaires et universitaires, les institutions religieuses, les industries culturelles etc., trompe, démoralise et prive la classe des travailleurs des instruments idéologiques nécessaires au renversement de l'ordre établi. Sans solidarité fraternelle des travailleurs et sans théorie révolutionnaire, "ceux d'en haut" continueront à vivre à " l'ancienne manière" et poursuivront leur œuvre de destruction.

 

Mohamed Belaali

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