mercredi 26 avril 2023

 

ENTRETIEN. Sophie Binet, à la tête de la CGT: « On peut perdre des batailles sans perdre la guerre »

La première femme à la tête de la CGT entend poursuivre la mobilisation pour obtenir le retrait de la réforme des retraites. En interne, elle doit jouer la carte du rassemblement dans un syndicat qui s’est déchiré lors du dernier congrès. « On n’est pas dans la logique du grand soir », dit-elle.

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, prévient : « La CGT va continuer à se battre pour que la réforme des retraites ne s’applique pas. »
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, prévient : « La CGT va continuer à se battre pour que la réforme des retraites ne s’applique pas. » | THOMAS BRÉGARDIS/ OUEST-FRANCE

Élue au terme d’un congrès houleux dans un contexte marqué par la lutte contre la réforme des retraites, Sophie Binet est la première femme à diriger la CGT. Elle aura la rude tâche de diriger un syndicat où réformistes et partisans d’une ligne dure s’affrontent à intervalles réguliers. « Faire du syndicalisme, c’est être très concret. En partant de la mobilisation et de la volonté de gagner, on arrive à trouver des points de convergence en s’appuyant sur la diversité des regards et des analyses », explique-t-elle dans le premier entretien qu’elle accorde à Ouest-France.

La réforme des retraites a été promulguée. Pourquoi continuer ce combat ?

Sophie Binet : Quand on ne gagne pas par la porte, il faut se battre pour passer par la fenêtre. On peut perdre des batailles sans perdre la guerre. La CGT va continuer à se battre pour que la réforme ne s’applique pas.

Qu’allez-vous faire ?

Le Président peut décider de suspendre l’application de cette loi comme Jacques Chirac l’avait fait avec le CPE (Contrat première embauche). On ne peut pas gouverner contre le peuple. Aujourd’hui, il ne peut plus faire un déplacement sans être rattrapé par des manifestations. Il y a par ailleurs une proposition de loi d’abrogation qui sera examinée le 8 juin. Le hold-up du gouvernement a empêché les députés de voter. Ils peuvent jouer leur rôle et offrir une sortie de crise.

Est-ce que vous avez été déçue par la conduite des débats à l’Assemblée nationale ?

J’ai surtout été déçue par le comportement du gouvernement. Il y a eu un scandaleux verrouillage institutionnel qui n’a pas permis de débat démocratique.

Et la dimension chaotique des échanges ?

Nous sommes dans des institutions républicaines. L’Assemblée nationale n’est pas une assemblée générale. Mais je n’ai pas à juger des stratégies déployées dans l’hémicycle.

Quel est le rôle des syndicats et des partis dans ce débat sur les retraites ?

Le travail avec les organisations politiques progressistes nécessite aussi le maintien de contre-pouvoirs forts. On voit la nécessité de conserver un syndicalisme indépendant. Les rôles sont complémentaires. C’est aux organisations syndicales d’animer la mobilisation et de la rythmer et aux partis de conduire cette bataille au Parlement. C’est aussi à ces derniers d’élargir l’horizon politique et d’offrir des alternatives.

Publié par El Diablo

 

Les patients qui décèdent sur des brancards dans les services d’urgence s’accumulent. L’association professionnelle Samu-Urgences de France, présidée par François Braun avant qu’il ne devienne ministre de la Santé, avait même lancé fin 2022 un recensement et avait comptabilisé uniquement par voie déclarative 38 décès dits « évitables ». Depuis la situation s’aggrave. Les urgences du CHU de Grenoble annoncent un troisième décès en quelques mois et le service des urgences de Metz, dirigé auparavant par le même François Braun, a également été concerné avec la mort d’une jeune femme de 19 ans.

Mais le gouvernement reste impassible avec un président de la République qui annonce du haut de son Olympe qu’il va « désengorger » les urgences. Sa crédibilité est nulle car il n’a pas répondu à nos demandes lorsque nous étions dans la rue en 2019 pour dénoncer cette situation. Depuis il a continué à fermer des lits – plus de 20 000 depuis son arrivée au pouvoir – alors que justement la sortie des urgences est « engorgée » par les malades qui doivent être hospitalisés.

En ce qui concerne la médecine de ville, rien n’est fait pour donner une priorité aux visites à domicile, pour qu’il y ait des médecins dans les EHPAD et – autre promesse de Gascon du président – que les 700 000 personnes souffrant d’une affection de longue durée disposent d’un médecin traitant très rapidement. Dans le même temps, le ministre de la Santé applique de manière brutale la limitation de l’intérim à l’hôpital sans donner les moyens à ce dernier de s’organiser, ce qui entraîne des fermetures de service de manière quotidienne depuis début avril.

Ainsi, l’hôpital de Langon en Gironde dans lequel le ministre s’est déplacé cette semaine voit son service d’urgence fermer ce dernier week-end. Dans le département où je travaille, ce sont les urgences de l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois qui sont fermées aux patients arrivant par leurs propres moyens jusqu’au 2 mai. Or ce service est un des plus importants d’Ile-de-France et est l’hôpital support pour l’aéroport de Roissy. Cette situation était prévisible car ce même hôpital avait fermé ses urgences en septembre dernier à la suite de l’arrêt de travail de la plupart des personnels soignants pour cause d’épuisement.

Fatigue, conditions de travail dégradées, sous-effectifs sont le lot quotidien des soignants. Ils n’en peuvent plus et sont très nombreux, médecins et non-médecins, à préférer quitter le bateau qui est en train de couler avant de se noyer. Car il s’agit bien de cela, partir avant de craquer. Alors oui, la colère peut aider à tenir mais elle épuise et sans perspectives d’améliorations, elle est stérile. Mais comment de pas être touché au plus profond de soi-même quand dans son service survient un décès car le manque de personnel n’a pas permis d’assurer une surveillance et des soins optimaux.

Combien rentrent chez eux le soir en culpabilisant et parfois en pleurant. La catastrophe est déjà là et il y aura d’autres morts qui pourraient être évitées. Des morts dont la responsabilité morale est celle de ceux qui font tout pour que la santé devienne une activité marchande comme les autres et nous mènent tout droit à un système à l’américaine, où le business est très florissant avec des dépenses de santé 50 % supérieures aux nôtres mais avec une espérance de vie qui chute et qui est passée en-dessous de celle de tous les pays développés.

Docteur Christophe Prudhomme

Praticien hospitalier – SAMU 93

 

mardi 25 avril 2023

LE FAIT DU PRINCE

En raison de la venue de Macron dans le Loir et Cher, un arrêté préfectoral y interdit "les rassemblements revendicatifs et les dispositifs sonores portatifs amplificateurs de sons".
Depuis quand un préfet a-t-il le pouvoir d'interdire "les rassemblements revendicatifs" qui sont le B A BA des droits d'expression démocratique ?
L'interdiction d'une manifestation ne peut se justifier que par "un risque manifeste de trouble à l'ordre public".
En l'occurrence, le seul risque est un risque manifeste "de troubler le plan de communication du prince" et que le divorce entre la population et le président "qui va à la rencontre des français" (en tenant à distance ceux qui le contestent) s'exprime.
Outre qu'il est ridicule, cet arrêté est tout simplement illégal (en plus d'être illégitime).
Une fois de plus, ils s'assoient allègrement sur cet "État de droit" dont ils nous rebattent les oreilles à tout bout de champ.

 Note de Pedrito

Jusqu'à où, jusqu'à quand, cette dérive , qui voit la liberté traditionnelle de manifester inscrite dans la constitution de notre République être corsetée, interdite, par un président qui s'arroge les droits d'un monarque venu du Moyen Âge?

Il nous méprise, il nous écrase de son arrogance, il nous bâillonne..... 

Jusqu'à où? 

Jusqu'à quand?



 

 

 

LA CHAINE YANKEE CNwes: AU SECOURS, LE PÉRIL ROUGE EST À NOS PORTES. 

"Doit on craindre le retour du communisme?"

Ce bandeau barrait l'écran de la chaine CNwes pendant les premières manifestations de mars contre la soi-disant "réforme" scélérate imposée, au moyen des pires manœuvres, les plus brutales, antidémocratiques, par le nain narcissique qui s'est imposé à l'Élysée avec les méthodes malhonnêtes de roublard vicieux que l'on sait, - moi ou le fascisme- pour cacher le recul de civilisation qu'il nous préparait, dans le seul but d'enrichir toujours plus les milliardaires qui le manipulent, au détriment du peuple Français qu'il méprise ouvertement, sans honte ni regret. Il ne connait que l'orgueil de soi, tel un gosse immature et odieusement gâté, et semble fier du mépris de tous qui subissent sa folie destructrice, même de ceux qui lui ont fait confiance. 

Monstrueux!! 

Car : "moi ou la fasciste", qui est le plus facho des deux? La plus ou le moins dangereux?

Voici le texte qu'en écrit P.R. sur le "Monde Diplomatique" d'Avril, sous le titre "Bonheur" que j'ai voulu vous faire partager. Il est bref, net, circoncis, tellement facile à lire....et à comprendre. Un traité clair et succin sur la transparence cristalline de la politique économique capitaliste, qui atteint son paroxysme inhumain,  et qu'il faudra bien se résoudre un jour à remplacer par autre chose qu'un emplâtre sur une jambe de bois pourri.

"En attendant le "retour " du communisme,et l'instauration de la Terreur mélenchonienne, les actionnaires des grandes entreprises mondiales ont récolté en 2022 plus de 1500 milliards d'euros de dividendes, soit plus que la richesse produite au cours de la même année par l'Espagne. Selon les économistes Isabella Weber et Evan Wasner, le taux de profit des entreprises américaines  ( 16% de la valeur ajoutée brute ) a battu un record datant de 1945. En France, les propriétaires ont touché plus de 80 milliards d'euros au titre de l'exercice 2022, soit 3% du produit intérieur brut: c'est trente fois le déficit des caisse de retraite attendu cette année et 4,5 fois le montant des "économies" escomptées dans la version initiale de la réforme.

A eux seuls, les actionnaires de TotalEnergies, LVMH, Sanofi, BNP Paribas, Stellantis, Axa et Crédit Agricole raflent la moitié du pactole. En théorie, les dividendes rémunèrent le risque encouru par les apporteurs de capitaux. En pratique, ces derniers n'ont rien à redouter puisque l'État néolibéral renfloue avec l'argent du contribuable ces groupes " trop gros pour couler " s'ils viennent à tanguer.

La magie de la politique économique apparait alors dans sa transparence cristalline: la réforme des retraites - imposée de l'aveu même du Président de la République pour rassurer les marchés sur sa détermination à continuer de prendre aux pauvres pour donner aux riches obligera les salariés à financer par leur travail deux années supplémentaires de profits dont une partie disparaitra en rachats d'actions exonérés d'impôts et l'autre dans des paradis fiscaux.

Le péril rouge est à nos portes". (°)

Note de P.

(°) Dixit la chaine de matraquage permanent  CNwes, qui, sous le fallacieux prétexte de nous "informer", s'acharne quotidiennement " en boucles " à  nous abrutir, nous endormir, nous assommer, nous anesthésier, et tenter de faire des citoyens que nous sommes des  imbéciles prêts à accepter sans broncher le pire des reculs de civilisation imposé par les banques par le truchement du minable voyou qui a réussi à se faire élire deux fois afin de neutraliser toute velléité d'opposition et accomplir son sale boulot de démolir les conquêtes sociales arrachées par la gauche à la Libération. 

Heureusement, le front syndical semble ne pas se fissurer. Il faut continuer de se mobiliser et faire grossir la résistance jusqu'à battre les prétentions imbéciles de ce gouvernement.  L'incroyable, l'insupportable, c'est qu'il va jusqu'à provoquer les Français où quelques idiots lui tendent encore la main, et puis il fait arrêter des citoyens qui ont l'outrecuidance de lui dire ses quatre vérités. Sa majesté provoque et punit. 

Un jour, bientôt, il faudra peut-être qu'il rende des comptes, il aura trop joué avec l'argent et la patience des citoyens. Beaucoup de consciences se sont éveillées. Et non des moindres. Elles s'expriment. Elles en ont marre d'être à ce point méprisées et ne craignent pas de déclarer publiquement  que cela suffit. Que le petit  mec qui prend le peuple Français en otage, et de plus ses élites, doit partir. La colère n'en finit pas de gronder, sans que le psychopathe imbécile comme il est qualifié de partout ne veuille rien entendre. Quand va-t-il comprendre qu'il est en train de se ridiculiser en martyrisant la France et ses citoyens?

 

lundi 24 avril 2023

La loi  sur les retraites est passée, le Conseil constitutionnel l’a validée, elle a été promulguée, Emmanuel Macron a parlé, en espérant tourner la page.

Mais Macron sort affaibli de la séquence : ses mensonges ont été révélés, il a été contraint de contourner le vote de l’Assemblée nationale, il fait face à un mouvement social massif et tenace, et le président de la République comme ses ministres ne peuvent plus se déplacer sans provoquer un concert de casseroles.

La gauche parlementaire  aura bientôt épuisé son stock de recours légaux pour éviter la  réforme.  Il ne reste que la perspective d'un référendum.

La NUPES est désormais au pied du mur

En réalité elle y est depuis longtemps. Ce n'est pas la NUPES qui est à l'origine du mouvement social.  Au début Mélenchon a  cru le précéder avec une manifestation artificielle. Les Français et Françaises ont préféré l'union syndicale et ils avaient raison.  Et l'analyse de TOUS les scrutins législatifs partiels est sans appel. Les Français ne ressentent pas la NUPES comme le débouché des luttes.

Pourquoi ?

 L'actuelle division  entre droite et gauche  limitée à la NUPES  ne correspond pas aux attentes des manifestants. Mélenchon  en cherchant désespérément à rassembler autour de sa personne  a fait ce qu'il n'aurait jamais dû faire : il a divisé , voulant écraser les communistes  et choisi une alliance privilégiée avec les verts indispensable  mais  porteuse de grands dangers. Il a rabougri au lieu de développer.

La manifestation contre l'autoroute castraise  en est une preuve supplémentaire    Arracher des arbres n'est pas souhaitable, mais empêcher de remédier à l' isolement  relatif de Castres  n'est pas ressenti par une majorité de notre pays  comme  compatible avec l'exercice du pouvoir.  L'écologie punitive, la question du nucléaire,  la mise en avant de la planète en oubliant les  difficultés de la partie la plus défavorisée de la population deviennent un frein et non un moteur.   Nous devons être AUSSI une force de progrès social.

Le renforcement  du  PCF devient un enjeu stratégique

Non comme force hégémonique mais comme force garantissant à celui qui ne peut payer sa facture d'électricité que ce n'est pas la voie allemande du doublement  des prix  qui sera suivie.   

Comme une force qui veut non chasser les usines polluantes mais obliger les pollueurs à dépolluer.

 Comme une force qui n'interdira pas la circulation des vieilles voitures mais donnera  au plus pauvres les moyens de les remplacer.

Comme une force qui saura aider les agriculteurs  à sortir du productivisme  en leur permettant en même temps de vivre confortablement.

C'est le sens de la stratégie des jours heureux.  Nous ne sommes pas là pour désespérer et proposer un   repli passéiste dont la majorité des Français et Françaises ne veulent pas. Ce n'est pas nier le réchauffement , c'est le mettre à sa place .

D'autres forces doivent s'ajouter au rassemblement

Les quartiers populaires  qui ne votent plus, les couches sociales déboussolées , les petits et moyens patrons, doivent être gagnés si nous voulons rassembler majoritairement. Pleurer sur les progrès du RN ne suffira pas.

Tel est l'enjeu et non un rabibochage entre dirigeants des partis constitutifs de la NUPES. Et cela ne peut se faire sans vous.

 Henri Ausseil