mercredi 31 janvier 2024

 

Oudéa-Castera : une farce en 4 actes...

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Comment bien rater son entrée dans un gouvernement ? Fraichement nommée à la tête d’un super-ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Amélie Oudéa-Castera s’est livrée en quelques jours à une véritable démonstration de plantage, entre communication ratée et mensonges éhontés. Retour sur ces quelques naufrages. 

 

Acte 1 : Une nomination qui a fait grincer des dents

 

Soyons honnête, les premiers jours ne s’annonçaient déjà pas sous les meilleurs auspices pour la Ministre. Alors que Gabriel Attal tout nouvellement nommé Premier ministre annonçait vouloir faire de l’école la priorité de son gouvernement, celui-ci ne consentait même pas à lui octroyer un Ministère de plein droits.

 

En effet, Amélie Oudéa-Castera hérite d’un Ministère au champ de compétences immenses : éducation nationale, jeunesse, sports et Jeux Olympiques. Pas nouvelle pour un gouvernement sous Emmanuel Macron, cette architecture gouvernementale a le don d’agacer les syndicats enseignants, tous comme les dirigeants sportifs. 

 

A quelques mois des Jeux Olympiques, difficile d’imaginer que la Ministre pourra mener de front tous ces sujets. D’autant plus que si celle-ci peut se targuer d’un lien avec le monde sportif, sa maîtrise des sujets d’éducation demeure plus incertaine.

 

Rapporteur de la Cour des comptes, chargée de mission chez AXA, administratrice du groupe Carrefour, élue “Femme du digital 2020” … Difficile d’identifier dans cet impressionnant CV une quelconque appétence pour l’Éducation nationale. Si la relation avec le monde éducatif partait donc déjà d’un mauvais pied, celle-ci a complètement dérapé en un jour.  

 

Acte 2 : Une Ministre croyante en l’école publique… mais pas pratiquante 

 

En effet, sa méconnaissance de l’Éducation nationale n’apparaît pas que sur son CV, mais aussi dans ces choix personnels. Il n’aura fallu que quelques heures après sa nomination pour que l’on apprenne que les enfants de la Ministre étaient scolarisés dans le très élitiste et très conservateur collège Stanislas de Paris. Tout un symbole, pour la Ministre d’un gouvernement qui s’est attelé à démolir méthodiquement le système scolaire public. La polémique aurait pu s’en arrêter là, mais c’était sans compter sur les piteuses tentatives d’explications de la nouvelle locataire de la rue de Grenelle. 

Plutôt que d’assumer pleinement son choix, celle-ci a revendiqué faire partie de ces familles qui, excédées des carences de l’école publique françaises, font le choix de se rabattre dans le privé. Ce discours cache déjà bien souvent une volonté non assumée de la part de familles de contourner la carte scolaire afin d’assurer un entre-soi de classe. Mais il apparaît comme d’autant plus inentendable de la part d’une fidèle d’Emmanuel Macron, qui a entrepris une démolition méthodique de l’Éducation nationale. Conséquence logique, nombre d’enseignants se sont sentis insultés par ses déclarations, y voyant – comment le voir autrement ? – un mépris pour l’enseignement public.

 

Acte 3 : La non maitrise des dossiers comme excuse ? 

 

Nous ne sommes alors qu’au jour 2 de sa nomination, et la Ministre semble avoir réussi l’exploit de perdre quasi immédiatement la confiance des acteurs du système éducatif. Mais comme souvent, dans ces moments-là, chaque parole de la personne au cœur de la tempête se transforme en arme contre elle. 

 

Accusée d’être responsable, elle et sa famille politique, de l’état du système éducatif, la Ministre a voulu répliquer en montrant les actions du gouvernement pour lutter contre le non-remplacement des professeurs qui l’aurait conduite à mettre ses enfants dans l’école privée à travers le PACTE enseignant. Problème, celui-ci, au-delà du danger qu’il suscite pour la profession, ne vise absolument pas à remplacer des professeurs absents dans le premier degré.

 

Une information que n’avait visiblement pas Mme Oudéa Castera, pour qui le monde de l’enseignement public semble décidément bien mystérieux. Il n’en fallait pas plus pour que les craintes d’une Ministre qui ne maîtrise pas ses dossiers soient confirmées pour les syndicats. 

 

Acte 4 : Quand le mensonge éclate 

 

C’est au jour 4 de sa nomination que la farce semble avoir trouvé sa résolution, virant à la tragédie pour la Ministre. Lundi matin, le journal “Libération” révélait un témoignage d’une enseignante de l’école publique fréquentée par les enfants de la Ministre avant que celle-ci ne décide de les envoyer dans le privé. Elle y explique que ses enfants n’auraient été scolarisés que… 6 mois, en petite section de maternelle. 

 

Quelques heures plus tard, c’est au tour d’un chauffeur de taxi, se présentant comme parent d’élève de ladite école, de révéler que cet établissement n’avait connu aucun soucis de non-remplacement de professeurs… De quoi achever d’abimer la faible défense de la Ministre et avec elle son peu de crédibilité à son poste.

 

On pourrait se contenter de rire d’une affaire qui aura vu une Ministre faire part de toute sa déconnexion et de ses réflexes de classe en un temps record. Mais ce serait oublier que les choix personnels d’Amélie Oudéa Castera ne sont que l’arbre qui cache la forêt d’un désinvestissement massif de l’État dans l’enseignement public. 

 

Dès lundi, les syndicats enseignants ont ainsi mis un terme à leur rencontre avec la Ministre, car celle-ci refusait de s’engager sur des créations de postes et sur des revalorisations salariales.

 

Léo Garcia   Le 20 janvier

 

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Grand oral à l'Assemblée national: Gabriel Attal ou Gabriel Ara

Dans son discours de politique générale devant les députés, le premier ministre n'a fait que répéter ce que le monarque élu à l'Elysée avait tout dit en matière de régressions sociales, lors de sa conférence de presse.

Dès lors, avec Gabriel Attal, comme on n'entendait rien de lui , on ne fut pas déçu. C'est de la sorte que fonctionne le pouvoir exécutif en France depuis que le général de Gaulle en a ficelé la Constitution en 1958: le premier ministre n'est qu'un chambellan aux ordres du palais

D'où le dessin capturé sur le Club de Médiapart ci-dessus.

Concernant l'ornithologie, l'ara est capable de vous imiter et de prononcer des mots sans difficultés. Son plumage est essentiellement écarlate, avec du bleu sur la queue et du jaune sur les ailes.

En revanche, Gabriel Attal revêtait à la tribune un costume des plus sombres, à l'image de la politique édictée par un ex-banquier d'affaires réélu dans le palais présidentiel de la République française, dite "démocratique et sociale" toujours selon la Constitution de 1958. Mais est-ce que vous suivez vraiment?

 

Discours de Gabriel Attal : un Premier Ministre en guerre sociale

mercredi 31 janvier 2024 par Contre Attaque     ANC


Gabriel Attal de Couriss est un rejeton d’une lignée aristocratique, dont la maman est productrice de films d’entreprises et son papa avocat et producteur de cinéma. Il est Premier Ministre à 34 ans seulement.
(C’est dire s’il s’y connait en comédie ! -JP-ANC)

Premier Ministre en ayant réussi l’exploit de ne jamais travailler de sa vie, il n’a jamais mis non plus un pied à l’école publique. Élève dans un établissement privé parisien, l’école Alsacienne, il fait un tour à Science Po avant d’entrer en politique. Pistonné par son compagnon Stéphane Séjourné, macroniste hardcore, proche conseiller du président, il avait été propulsé Ministre de l’Éducation en 2023, puis chef du gouvernement.

Millionnaire depuis l’âge de 25 ans sans être jamais sorti des beaux quartiers parisiens, il est l’incarnation même de la richesse et de la domination sans aucun mérite. Au printemps 2023, il déclare à propos des manifestants contre la réforme des retraites : « ce ne sont pas les Français qui travaillent ».

Ce 30 janvier, Gabriel Attal, nouveau chouchou des médias des milliardaires, qui répètent quotidiennement à quel point il serait génial, brillant orateur et qu’il ne dormirait jamais, a fait son petit discours à l’Assemblée Nationale. C’est un plan de bataille encore plus violent et réactionnaire que tout ce qu’on avait vu auparavant.


Parmi les annonces :

Travail

Gabriel Attal annonce la généralisation du travail forcé pour les plus pauvres. Le RSA sera conditionné à « 15h d’activité pour l’insertion » par semaine dans tous les départements de France alors que la mesure était pour l’instant en « expérimentation ». C’est donc la généralisation du travail gratuit pour les précaires, contre 500€ qui ne permettent déjà pas de vivre.

Dans la même veine, il veut supprimer l’allocation de solidarité spécifique (ASS) perçue par les chômeurs en fin de droits qui vont se retrouver au RSA, à la charge des départements et… devront travailler gratuitement.

Ces deux annonces font suite aux attaques sans précédent de l’allocation chômage, qui a été massivement réduite. Tout cela est du vol pur et simple : les travailleurs paient pour toucher le chômage en cas de perte d’emploi. Et tous les français paient quotidiennement de lourdes taxes pour être protégés, percevoir des minima sociaux. Il s’agit donc d’une pure guerre de classe, cela vise à plonger les pauvres dans la misère extrême et à les forcer à accepter les pires boulots. Tout en redistribuant l’argent public “économisé” sur leur dos vers la police, l’armée et les aides au patronat.

Logement

Gabriel Attal menace gravement le droit au logement. Il existe en France une loi dite SRU, qui fixe un seuil minimum de 25% de logements sociaux dans chaque commune. Cela permet de lutter contre les ghettos de riches qui refusent la mixité sociale.

Attal veut en finir avec ce principe, déjà minimal, alors que des centaines de milliers de personnes attendent d’avoir accès à un logement social. Il veut ajouter les « logements intermédiaires » aux logements sociaux dans le décompte du quota de 25%. Sauf que contrairement à un « Habitat à Loyer Modéré », un logement intermédiaire peut atteindre 20€ le m², soit 400€ pour un petit studio de 20 m².

Les maires des communes riches qui refusaient d’appliquer le SRU, par exemple Neuilly-sur-Seine, Versailles ou Nice, vont voir leur situation « régularisée » par magie. Ils étaient dans l’illégalité, et passeront ainsi dans la légalité.

Les maires auront aussi la main sur l’attribution d’un logement social, ce qui donnera tout pouvoir aux mairies et pénalisera les personnes extérieures à la commune qui veulent s’y installer. Ces annonces font suite à une loi votée précédemment qui pénalise fortement les locataires et redonne beaucoup de pouvoir aux propriétaires, notamment en facilitant l’expulsion d’un locataire.

Jeunesse

C’est officiel, le Service national universel – SNU – sera généralisé pour les jeunes de seconde à la rentrée de 2026. Un projet qui coûte des milliards d’euros pour endoctriner les adolescents dans des stages militaristes pendant que l’Éducation Nationale n’est plus capable d’aligner un professeur dans chaque classe.

Gabriel Attal veut aussi pouvoir réprimer la jeunesse dès le plus jeune âge. Regrettant qu’on ne puisse pas punir un enfant avant 16 ans, il annonce des « travaux d’intérêt éducatifs » pour les mineurs de moins de 16 ans et explique : « Dès le plus jeunes âge : tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies, tu défies l’autorité, on t’apprends à la respecter ».

À mettre en parallèle avec le port de l’uniforme ou la traque aux élèves musulmanes à la dernière rentrée : c’est tout un projet de dressage et d’encadrement de la jeunesse qui se met en place.

Ce discours d’entrée en fonction d’un Premier Ministre est l’un des plus réactionnaires de la Cinquième République.
Humiliation des pauvres, destruction du droit au logement, mise au pas de la jeunesse, le tout avec l’emploi répété du terme « réarmement » : l’extrême droite est au pouvoir.

 

Révolution ?

mercredi 31 janvier 2024 par Alain Chancogne (ANC)


Personne ne détient de "Vérité".
Échangeons davantage, Camarades !
Je partage l’essentiel( selon moi). du contenu du récent papier rédigé par le PCRF.

  • Notamment
  • Extrait
    " Les enjeux militent en faveur d’un changement de politique agricole et de mode de production alimentaire, débarrassés du système d’exploitation capitaliste pour la préservation de la santé humaine et de la biodiversité."

Plus loin

"La nécessité d’un plan de bataille s’impose avec la mobilisation de millions de travailleurs, de paysans, de jeunes permettant la lutte liant les attaques qui se préparent au seuil de l’année 2024, le retrait de la loi immigration la hausse des salaires…
La lutte économique et sociale de plus en plus forte, partout, la lutte tous ensemble, convergente, des grèves reconductibles.
La situation montre encore davantage l’exigence d’un véritable changement de politique et de société."

D’accord

Le débat d’IMPOSE
- Convergence ?
- Formes de Luttes tous terrains ?
Qu’elle visée ?
Avec quels OUTILS ?
Je persiste à affirmer quelques unes de mes" certitudes "....

A/
On ne décrétera pas la Grève générale reconductible et il n’est au pouvoir d’aucun parti, Asso groupe, site, qui se réclament du COMMUNISME, de se comporter en GPS de processus révolutionnaire.

B/
Il n’y a plus de Parti Communiste de masse, outil Indispensable pour une Révolution.
Nous devons le CONSTRUIRE.
Faut il ou non, "faire Vite." .tout en "prenant le temps "d’ éviter les précipitations de type "Refondazione" et autres sauces espagnoles, qui n’ont été que d’éphémères créations groupusculaires, concoctées par quelques camarades ayant lu, selon moi, "Que FAIRE", sans véritable analyse de fond sur la question centrale que pose l’exigence de bien intégrer à la réflexion et à l’action que "les MASSES doivent FAIRE. ’Histoire....?!

Pas seulement avec menu concocté par tels ou tels" cuistots" 3 ou quatre étoiles 1970, pas à partirde "BP," de "CC" ...

Les jours semaines, les mois qui viennent, je m’ exprimerai sur ces questions
En toute liberté, fraternité militante communiste.

Je pense que nous devons TOUS faire beaucoup plus d’ efforts pour une EXPRESSION plurielle, diversifiée, sans crainte de "déranger".

Pourquoi pas, à l’automne, une initiative de l’ANC en lien avec d’autres groupes, un peu comme nous avons en 2013, réussi les Assises du Communisme ?

Ce sont là quelques questions qui peuvent sembler d’"enfonçage de portes ouvertes", de redite lassante.
On voudra bien m’en excuser.

Je n’ai pas un cerveau qui fonctionne comme ceux d’ex-compagnons de militantisme de classe, qui prétendent que "seuls les imbéciles ne changent pas d’avis".

Leur "intelligence" d’opportunisme de liquidation de repères de Classe est un terrible cadeau fait aux Capitalistes
A. C

 

La Russie ouvre un troisième front dans la confrontation avec les États-Unis : le front oriental. Séoul et Tokyo doivent se tenir prêts

M. K. Bhadrakumar est un personnage des plus suspects, un de ceux qui sous couvert d’être antiimpérialiste sont purement et simplement des fascistes qui de fait a toujours soutenu des fascistes comme Modi ou les dictatures de Singapour. Cette interprétation immonde et fantaisiste non seulement des objectifs de Poutine mais ceux supposés de Staline dit tout sur le personnage et des confusions que l’on peut trouver dans ce site qui publie souvent des analyses “très à gauche”, très admiratrices de la Chine mais qui ne craint pas d’avoir en France un Philippot comme correspondant. Il est clair qu’en matière d’analyse politique, la seule référence qui n’ait pas des adhérences immondes ci et là demeure le KPRF, mais nous avons l’habitude ici de vous présenter des analyses qui dans leur confusion idéologique en arrivent à énoncer quelques vérités, et il est clair que des choses sont en train de bouger en Corée du Nord. Ne nous embarquons pas derrière le sieur Bhadrakunmar pas plus que derrière Philippot mais attendons la suite et surtout ce qui surgit en Chine. (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)

https://svpressa.ru/politic/article/402530/

Poutine se souvient que Staline voulait entraîner les États-Unis dans la guerre de Corée pour qu’ils oublient l’Europe.

M K Bhadrakumar

Illustration : Sur la photo : le président russe Vladimir Poutine, à droite, et le président des affaires d’État de la RPDC, Kim Jong-un, lors d’un entretien au cosmodrome de Vostochny. (Photo : Vladimir Smirnov/TASS)

L’Agence centrale de presse coréenne a rapporté une déclaration du ministère des affaires étrangères du pays selon laquelle la Corée du Nord “souhaite chaleureusement la bienvenue au président Poutine lors de sa visite à Pyongyang et est prête à saluer l’ami le plus proche du peuple coréen avec la plus grande sincérité”.

Kim Jong-un, expert géopolitique avisé, cherche à créer une synergie grâce à une fusion stratégique qui remonte en fait à Joseph Staline, qui cherchait délibérément à entraîner les États-Unis dans un conflit militaire sur la péninsule coréenne et à empêcher le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale.

Le calcul de Staline était que les États-Unis, épuisés par l’intervention chinoise dans la guerre de Corée, seraient incapables de déclencher la troisième guerre mondiale dans un avenir proche. Il s’est avéré qu’il avait raison.

Le 27 août 1950, Staline a écrit une lettre hautement confidentielle au président de la Tchécoslovaquie de l’époque, Clement Gottwald, pour expliquer sa décision. Cette lettre a été retrouvée en 2005 dans d’anciennes archives soviétiques et publiée dans la revue historique Histoire moderne et contemporaine.

Apparemment, Staline a soutenu le plan de Kim Il Sung lors du voyage secret du dirigeant nord-coréen à Moscou en avril 1950, non pas parce qu’il avait mal calculé que les États-Unis ne s’impliqueraient pas dans la guerre (comme l’ont suggéré les historiens occidentaux), mais précisément parce qu’il voulait entraîner les États-Unis dans un conflit limité en Asie.

Staline rassure Gottwald, un allié nerveux, sur la situation internationale et la décision de Moscou de se retirer du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) en janvier 1950, sur les raisons de l’absence de l’Union soviétique au CSNU en juillet de la même année lors de l’examen de la question coréenne, ainsi que sur le fait que l’Union soviétique s’est abstenue et n’a pas opposé son veto à la résolution américaine visant à stationner une force de l’ONU en Corée.

Staline écrit : “Il est évident que les États-Unis sont actuellement distraits de l’Europe par l’Extrême-Orient. Cela ne nous donne-t-il pas un avantage dans l’équilibre mondial des forces ? Sans aucun doute”.

En d’autres termes, l’Europe était la priorité absolue de la stratégie internationale de l’Union soviétique, et la guerre de Corée était considérée comme une occasion de renforcer le socialisme en Europe tout en détournant les intérêts et les ressources américains de ce continent.

Ce qui distingue les grandes puissances comme la Russie, c’est la profondeur apparente de leur conscience historique, qui leur permet de relier le passé au temps présent et de réaliser que les germes pertinents du temps futur se trouvent en grande partie dans le passé.

Après tout, le temps ne peut être considéré dans l’abstrait, mais comme une base vitale de la réalité humaine. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis se livrent aujourd’hui à des spéculations aussi angoissantes sur la récente flambée des relations entre la Russie et la République populaire démocratique de Corée.

Le directeur principal de la Maison Blanche pour le contrôle des armements, Pranay Waddy, a déclaré l’autre jour que la nature de la menace sécuritaire posée par la Corée du Nord pourrait changer radicalement au cours de la prochaine décennie en raison de sa coopération avec la Russie. “Ce que nous voyons entre la Russie et la Corée du Nord est un niveau de coopération militaire sans précédent”, a déclaré M. Waddy au Centre for Strategic and International Studies, un groupe de réflexion basé à Washington, “Nous n’avons jamais vu cela auparavant”.

Selon lui, il convient d’accorder une attention particulière non seulement à l’aide apportée par la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, aux combats menés par la Russie en Ukraine, principalement sous la forme de systèmes de missiles, mais aussi à “ce qui pourrait se passer dans l’autre sens”.

Il pose la question suivante : “En quoi cela améliore-t-il les capacités de la Corée du Nord ? Et qu’est-ce que cela signifie pour notre propre politique de dissuasion élargie dans la région avec la Corée et le Japon ?” Les États-Unis ont bien compris le message de la Russie.

Les remarques de Waddy, qui n’étaient pas du tout spontanées, faisaient suite à une visite officielle de cinq jours du ministre nord-coréen des Affaires étrangères Choi Son-hee à Moscou, au cours de laquelle Poutine a reçu l’invité de haut rang au Kremlin.

Les Russes se sont littéralement moqués des Américains, qualifiant de manière énigmatique les entretiens du ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov avec M. Chou d'”échange de vues significatif sur des questions d’actualité concernant le développement des relations bilatérales, l’accent étant mis sur les questions pratiques et l’amélioration du traité et du cadre juridique”. Bien qu’il serait étrange d’attendre le contraire des rapports officiels.

D’une manière ou d’une autre, il est clair que le point de référence était la mise en œuvre des accords conclus entre Poutine et Kim lors de leur rencontre en septembre au cosmodrome de Vostochny, dans la région de l’Amour.

Commentant la rencontre entre le ministre Choi et M. Poutine, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la Corée du Nord “est notre partenaire le plus important et nous souhaitons développer nos relations dans tous les domaines, y compris les plus sensibles”.

En fait, comme le note le rapport de Reuters, “Moscou affirme qu’elle développera des liens avec tous les pays qu’elle souhaite… La Russie s’efforce de promouvoir la relance de ses relations, y compris militaires, avec la Corée du Nord… Pour Poutine, sa relation avec Kim lui permet de narguer Washington et ses alliés asiatiques.”

En effet, Kim veut aussi jouer un rôle. La semaine dernière, la Corée du Nord a testé son système d’armes nucléaires sous-marines et Kim a déclaré que l’unification avec la Corée du Sud n’était plus possible. Il a également déclaré que le Nord “ne veut pas la guerre, mais nous n’avons pas l’intention de nous en préserver”.

Il ne fait aucun doute que la Russie a décidé d’étendre son alliance avec la Corée du Nord. Kim a d’ailleurs exprimé publiquement son intérêt pour l’approfondissement des liens avec Moscou en effectuant une visite personnelle en Russie en septembre. Le moment de ce voyage a été audacieusement choisi, compte tenu des récentes mesures prises par les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon pour intensifier les efforts trilatéraux visant à contenir la RPDC.

Un “bloc” trilatéral de facto avec la Russie et la Chine, s’opposant à l’alliance trilatérale des États-Unis, de la Corée du Sud et du Japon, est en train de se former.

Le soutien de Pyongyang à la Russie en Ukraine sert les intérêts de la Chine, car il permet de contenir la puissance américaine. Et la Corée du Nord gagne inévitablement en profondeur stratégique grâce au soutien de deux membres du Conseil de sécurité des Nations unies disposant d’un droit de veto.

Un communiqué de presse du ministère des affaires étrangères de Pyongyang, publié à la suite des entretiens du ministre Choi à Moscou, indique que “la RPDC a hautement apprécié la mission et le rôle importants de la puissante Fédération de Russie dans le maintien de la stabilité et de l’équilibre stratégiques dans le monde, et a exprimé l’espoir que la Fédération de Russie continuera à l’avenir à mener des politiques et des lignes indépendantes dans tous les domaines, apportant ainsi de grandes contributions à la paix et à la sécurité internationales ainsi qu’à l’établissement d’un ordre international juste et équitable”.

En fait, un nouveau vecteur géopolitique émerge en Extrême-Orient, qui, contrairement à l’Ukraine ou à la bande de Gaza, est un point chaud nucléaire. La géopolitique s’oriente enfin vers la Corée du Nord, un pays qui, il y a sept ans, rêvait déjà de couler “d’un seul coup” un porte-avions américain à propulsion nucléaire. Le fait est que ce fantasme n’a pas encore été concrétisé.

Le voyage de Poutine à Pyongyang sera suivi de près par l’administration Biden. La tâche de la Russie consistera à établir un réseau de relations avec des États partageant les mêmes idées, qui pourrait même inclure certains Occidentaux. La stratégie américaine consiste à détruire violemment les points d’autonomie stratégique, ce que Washington a réussi à faire en Europe occidentale dans la première phase de la crise ukrainienne, mais ce mouvement a été l’un de ses derniers succès à cet égard.

En tout état de cause, un front oriental s’ouvre dans la confrontation entre les États-Unis et la Russie, complétant les fronts occidental et méridional, respectivement en Eurasie et en Asie occidentale.

L’auteur, M.K. Bhadrakumar est un ambassadeur à la retraite ; il est chroniqueur pour les journaux indiens Hindu et Deccan Herald, Asia Times, Rediff.com, Russia & India Report et le site web de la Strategic Culture Foundation (Moscou).

L’article [en russe] est publié en version abrégée