mercredi 8 juin 2022

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

La police et l'usage des armes à feu: réflexions dans un débat pollué et donc politicien

La police nationale, qui exerce un métier difficile et dangereux, est armée. Historiquement, l'usage des armes par les policiers devait être "absolument nécessaire, strictement nécessaire et absolument proportionnelle aux dangers encourus", comme le souligne Fabien Jobard, directeur de recherche au CNRS sur France Info. le 7 juin 2022. Or, a été votée, sous Hollande président socialiste, la loi du 28 février 2017 sur la légitime défense des policiers.

Depuis cette loi, comme les gendarmes, en vertu de  l'article 435-1 du Code de la sécurité intérieure, tout policier peut tirer sur un véhicule quand un conducteur n'obtempère pas et quand il est susceptible de porter atteinte à sa vie ou à celle d'autrui. A tort ou à raison. Mais seule la Justice, prononcée "au nom du peuple français", peut sanctionner ou pas. Et en tout cas, depuis l'application de cette loi, les tirs des policiers et gendarmes ont augmenté de 50%, révèle une note interne de l'IGPN qui est dite la police de la police.

L'intervention des trois policiers samedi à Paris entraînant la mort d'une passagère a pris un tournant politicien, Jean-Luc Mélenchon tweete: "La police tue ! Et le groupe factieux Alliance, le syndicat de police, justifie les tirs et la mort du conducteur pour 'refus d'obtempérer'. La honte c'est quand ?". Réponse non moins politicienne de la première ministre et du ministre de la police de Macron bis. Le syndicat Alliance, qui a micro ouvert sur les chaines d'infos, dit porter plainte contre JL Mélenchon.

Des lors, la droite et leurs extrêmes, sur revendication expresse de syndicats de policiers dont Alliance très à droite, désirent une loi pour les policiers de "présomption de légitime défense". En clair, et peu importe la situation du terrain, un policier qui tire est présumé en légitime défense. A mon avis, bonjour au Far West dans la libre Amérique.!

L'avocat des trois policiers, qui a également micros ouverts sur les chaines d'infos,  met en avant le jeune âge de ses clients, entre 25 et 30 ans et que "c'était la première fois qu'ils utilisaient leurs armes".

Anthony Caillé, de la CGT Police, pratiquement absent sur les chaînes d'infos, et ce n'est pas un hasard, met en exergue la formation déficiente: "d'un an, ce qui était insuffisant, elle a été ramené à huit mois. Suivis de 12 mois de stage. Avant, on se retrouvait n°4 ou n°5 dans un équipage.  aujourd'hui, on arrive directement adjoint au chef. On envoie des gamins au casse-pipe!"

Le maniement des armes est également déficient:"En Île-de-France, il manque 120 à 150 moniteurs de tirs. Résultat: le minimum d'entrainement prévu, soit 3 tirs de deux fois 15 cartouches par an". Sans compter de plus en plus de policiers contractuels...

Dites, Manu bis, c'est encore loin le Far West?


 

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