mercredi 22 février 2023

 
  • Socialisme et communisme en Amérique Latine 

 

et l'Église catholique est "une mafia"
 
Mercredi 22 Février 2023

[Note] Étant profondément athée, il ne s'agit pas de faire la promotion d'une religion, mais bien d'analyser le rôle que joue une religion dans les processus révolutionnaire et contre-révolutionnaire.

Il faut lire la note comme un antagonisme entre d'un côté un Christ révolutionnaire et de l'autre une institution (l'Église catholique) contre-révolutionnaire. Le socialisme au Nicaragua tire ses racines des luttes anticoloniales, anticapitalistes et du christianisme.

Article et traduction Nico Maury (Blog de Nicolas MAURY . Perspective Communiste)


"Le socialisme est le christianisme" et l'Église catholique est "une mafia"
Une déclaration du Président du Nicaragua, Daniel Ortega, a attiré mon attention, car elle porte sur la question du christianisme et de la révolution et donc de l'apport de la théologie dans les processus révolutionnaires en Amérique Latine.

Dans un contexte de fortes pressions internationales, visant à renverser, y compris par la violence, les sandinistes au pouvoir, l'Église Catholique est mise en procès au Nicaragua. Loin de la propagande dénonçant une persécution des catholiques dans le pays, le christianisme est mis en avant comme outil révolutionnaire, en opposition à l'Église Catholique, un outil antidémocratique, maffieux et réactionnaire.

Mardi, le Président du Nicaragua a qualifié l'Église catholique de "mafia" et l'a accusée d'être antidémocratique pour ne pas permettre aux catholiques d'élire directement le pape, les cardinaux, les évêques et les prêtres. Lors d'un hommage au héros nicaraguayen Augusto Sandino (1895-1934), le président déclare que Jésus-Christ est ressuscité des morts pour le peuple et "non pas à cause de l'exemple des prêtres, des évêques, des cardinaux et des papes, qui sont une mafia".

L'Église catholique, outil d'oppression au service du capitalisme

Dans son discours, Daniel ortega pointe les "crimes quotidiens commis" par les dirigeants de l'Église catholique, notamment financiers et politiques. Il ajoute qu'il ne respecte "ni les rois, ni les papes, ni les évêques nicaraguayens.

Daniel Ortega rappelle que l'Église Catholique et sa hiérarchie ont combattu tous les processus révolutionnaires et les révolutions au Nicaragua. Elle a joué un rôle essentiel pour maintenir le système d'exploitation capitaliste et colonial dans ce pays d'Amérique centrale.

"Quel respect puis-je avoir pour les évêques que j'ai rencontrés au Nicaragua, ils étaient tous somocistes ! (Partisans des dictateurs nicaraguayens - ndlr). Lorsque j'étais enfant, lors des funérailles d'Anastasio Somoza García en 1956, les évêques ont enterré Somoza comme prince de l'Église, c'est-à-dire comme s'il était un cardinal de l'Église catholique". Il démontre ainsi l'importance du lien entre l'infrastructure et la superstructure qui régit un État capitaliste. Les grands propriétaires terriens, les capitalistes s'appuient sur l'Église pour maintenir leurs privilèges de classes.

Enfin, il dénonce le fonctionnement de l'Église Catholique. "Qui élit le Pape ? Combien de votes le Pape obtient-il parmi le peuple chrétien ?"

"On va parler de démocratie (...), il faudrait d'abord que le peuple élise les prêtres, puis les évêques, les cardinaux, et il faudrait qu'il y ait un vote du peuple catholique partout, au suffrage universel direct, pour le pape. Laissons le peuple décider et non la mafia qui s'organise au Vatican !", souligne-t-il.

"Le socialisme est le christinaisme"

Pour Daniel Ortega, mais aussi de nombreux révolutionnaires latino-américains, Jésus-Christ est une inspiration révolutionnaire. Il "ne s'habillait pas comme les évêques, encore moins comme les cardinaux ou le pape, et ne vivait pas non plus dans des palais comme les cardinaux et le pape".

"Ils disent que je suis communiste, et je l'ai dit à d'autres occasions quand ils m'ont fait remarquer : je suis un révolutionnaire grâce au Christ. Par le Christ, je suis devenu un révolutionnaire et puis, en tant que révolutionnaire, j'ai rencontré Marx et Engels".

Il insiste sur le fait que "le Christ est celui que je porte toujours dans mon cœur" et que le socialisme, que son gouvernement promeut, "est le christianisme et c'est ce que défendent les Nicaraguayens et le Front sandiniste de libération nationale".

Au Nicaragua, l'Église Catholique joue un rôle de contre-révolution. Elle est un outil pour renverser les sandisnistes (coup d'État de 2018) et ses dirigeants n'échappent pas aux sanctions qui découlent de leurs activités politiques de déstabilisation. Le 12 février dernier, le pape François a déploré l'emprisonnement de l'évêque Mgr Rolando Álvarez et l’expulsion de 222 "opposants" vers les États-Unis.

 

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