L’usage de la chloroquine aurait permis d'«éviter 25.000 morts» en France, affirme le Pr. Christian Perronne
S'alignant
sur Didier Raoult, fervent défenseur de la chloroquine, le Professeur
Christian Perronne a estimé que près de 25.000 morts liées au Covid-19
auraient pu être évitées si la France «avait utilisé la chloroquine pour
tous». Sur BFM TV, il s'en est pris au gouvernement, qualifiant
d'«ahurissante» sa gestion de la crise.
Invité
sur le plateau de BFM TV le 15 juin, le professeur Christian Perronne,
chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré,
a annoncé que la généralisation de l’utilisation de la chloroquine en
France aurait pu sauver la vie à près de 25.000 patients touchés par le
Covid-19. Il a ainsi salué «l’étude impeccable» de Didier Raoult.
«Les
Français découvriront dans mon livre des choses qui leur ont été
cachées», a lancé M.Perronne. Le titre: «Y a-t-il une erreur qu’ils
n’ont pas commise? Covid-19: l'union sacrée de l'incompétence et de
l’arrogance».
Ce
livre venant de sortir, a été qualifié de «coup de gueule» par le
journaliste Olivier Truchot qui a accueilli le professeur sur BFM TV. Ce
dernier a poursuivi:
«On
a eu près de 30.000 morts en France. Si on avait utilisé la chloroquine
pour tous, peut-être que 25.000 morts auraient été évitées.»
D’après
lui, son utilisation systématique dans d’autres pays «a été masqué[e]
pour des intérêts de laboratoires pharmaceutiques, qui voulaient
promouvoir d’autres molécules»:
«Malheureusement,
beaucoup de mes collègues ont touché beaucoup d’argent de ces
laboratoires, ça me désole, ces collègues c’étaient des amis», a-t-il
estimé en affirmant qu’il ne parlait que des données publiques.
Selon lui, «une énorme histoire de corruption» est derrière les études «complètement bidons» sur la chloroquine.
Gestion de crise «ahurissante»
Le
professeur, qui a présidé pendant 15 ans la commission aidant le
gouvernement à gérer les crises sanitaires, a donc qualifié
d’«ahurissante» la manière avec laquelle cette crise avait été gérée dans l’Hexagone. M.Perronne a notamment dénoncé la gestion des masques et tests.
«Je pense qu'il y a beaucoup de mensonges d’État. […] C’est la première fois de ma vie que j’ai honte de mon pays.»
Médicament controversé
Trois
des quatre auteurs de l'étude publiée dans le Lancet sur l'utilisation
de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 ont demandé le 4 juin la
rétractation de l'article.
Sorti
le 22 mai, ce dernier concluait que l'hydroxychloroquine n’était pas
bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et peut-être même
néfaste. Sa parution avait eu un retentissement mondial poussant
notamment l'OMS (Organisation mondiale de la santé) à suspendre les
essais cliniques.
Mais
après de nombreuses critiques mettant en cause la méthodologie de
l'étude, y compris de la part de scientifiques sceptiques sur l'intérêt
de l'hydroxychloroquine, l'OMS a annoncé le 3 juin la reprise des essais
cliniques avec cette molécule.
Andalousie : Esclavage moderne au sein du « potager de l’Europe »
Alors qu’au début du confinement, le gouvernement appelait
ceux qui n’avaient plus d’activité à rejoindre la « grande armée de
l’agriculture française », c’est une solution encore plus cynique que
semblent avoir trouvé les propriétaires de serres espagnols. Au mépris
des principes les plus élémentaires du droit du travail, des hommes et
des femmes sont exploités pour alimenter l’industrie agro-alimentaire.
Dans la province d’Almería, qui servait autrefois de décor aux films
de western spaghetti, ce sont des hors-la-loi d’un nouveau genre qui
opèrent. Ici, des travailleurs immigrés, majoritairement originaires
d’Afrique du nord ou subsaharienne plantent et récoltent tomates,
poivrons, courgettes, aubergines ou melons, sous des serres où règne une
chaleur étouffante, pour des propriétaires de serres qui refusent
d’appliquer le droit du travail.
« Ils sont payés en dessous du SMIC, n’ont pas de protection
quand ils épandent des produits phytosanitaires, pas de toilettes et les
salaires leur sont payés avec du retard », énumère Joanna Moreno,
membre du Sindicato Andaluz de Trabajadores (SAT) qui se mobilise
particulièrement sur cette thématique. Une déshumanisation qui se
traduit également par des propos racistes, comme cette femme malienne se
faisant insulter de « cabra negra » (chèvre noire), une
expression associée à Satan qui résonne particulièrement dans une
Espagne encore très catholique. Le tout pour un salaire de misère et
sans garantie de voir leur contrat reconduit le lendemain.
S’ils acceptent ces conditions de travail déplorables, c’est souvent
par obligation. Majoritairement immigrés, parfois clandestins, ils ont
fuit leur pays d’origine pour rejoindre l’Europe, un « El Dorado » qui
leur permettra de subvenir aux besoins de leur famille.
Un succès économique sur le dos des travailleurs
Cette situation a permis à Almería de s’imposer comme l’un des
poumons économiques de l’Andalousie, la région la plus pauvre d’Espagne.
En 2016, plus de 3,5 millions de tonnes
de fruits et légumes étaient produits dans ces serres. Les trois quarts
sont destinés à l’exportation et rapportent chaque année 2,5 milliards
d’euros. Ainsi, un quart du PIB de la province d’Almería provient
directement de l’agriculture sous serres. Mais ce qui est parfois
présenté comme un miracle économique a été rendu possible grâce à ces
travailleurs immigrés précaires.
A Huelva, les travailleurs ne sont pas mieux traités. Si cette
province est le deuxième producteur mondial de fraises derrière les
États-Unis, c’est encore une fois en appliquant la même recette : une
main d’œuvre principalement étrangère et sous-payée. Mohammed Lamine
Camara est porte-parole du Collectif des Travailleurs Africains à
Huelva. Il explique : « L’Andalousie, ce n’est plus l’Europe. Nos
droits ne sont pas respectés. Ils prennent les marocains et les noirs,
et ils les font travailler dans des conditions difficiles. Les pouvoirs
publics doivent nous aider car nous sommes présents pour nourrir les
européens ».
Serres à perte de vue dans la province d’Almeria // Crédit : CC
Avec le Covid-19, la situation est devenue encore plus problématique.
Le 20 mai, l’Asaja, le principal syndicat patronal agricole espagnol se félicitait
de l’augmentation de la demande européenne en citrons et fruits pendant
le confinement. Pour répondre aux besoins des consommateurs européens,
les travailleurs de ces exploitations agricoles ont dû redoubler
d’effort, parfois sans protection. A Almería, au début de l’épidémie,
certains étaient obligés de se confectionner des masques avec du papier
toilette faute de masques chirurgicaux. Par ailleurs, en l’absence de
contrat de travail, il a été difficile pour certains de convaincre les
forces de l’ordre de les laisser se déplacer jusqu’à leur lieu de
travail.
Dès lors, ils ont été privés de revenus pendant plusieurs jours voire
semaines et contraints de bénéficier de l’aide d’ONG venant réaliser
des distributions alimentaires. Dans les bidonvilles, l’absence d’eau
courante a également été problématique. Sans possibilité de se laver les
mains, la lutte contre la transmission du virus s’est avérée
compliquée. « Nous ramassons les framboises à la main. Et nous n’avons même pas accès à de l’eau pour nous les laver » souligne Mohammed.
Passivité des pouvoirs publics
Après avoir travaillé pendant de nombreuses années dans ces serres,
il décide avec des collègues de fonder ce collectif en octobre 2019. Une
manière d’officialiser un combat qu’ils ont débuté depuis longtemps
pour faire respecter leurs droits. Une lutte qui est pourtant loin
d’être gagné : « Nous nous sommes assis avec le maire pour discuter de notre situation. Il nous a dit qu’il ne pouvait rien y faire. »
Une passivité partagée par nombre d’acteurs publics. Si les
manquements aux droits des travailleurs sont un secret de polichinelle,
aucune action n’a véritablement été entreprise pour régler ce problème.
Pourtant, il s’agit d’un véritable manque à gagner pour l’État espagnol.
Les heures travaillées non déclarées dans le secteur agricole
représentent ainsi une perte de 50 millions d’euros de cotisations pour la Sécurité Sociale. Mais pour Joanna Moreno, ce désintérêt n’est pas étonnant : « Il
est mal vu de s’attaquer à l’agriculture, le veau d’or de l’Andalousie.
C’est le secteur qui génère le plus d’emplois dans la région ».
S’ils ne sont donc pas aidés par les pouvoirs publics, les employés
de ces exploitations peuvent en tout cas compter sur la solidarité de
leurs camarades. Ainsi, Mohammed Lamine Camara raconte « Une de nos
collègues a eu un cancer. Quand son employeur l’a appris, il l’a
licencié sans lui verser aucune indemnité. Elle s’est donc retrouvée
sans aucun salaire. Alors, nous l’avons aidé pour qu’elle puisse se
payer un médecin et se trouver un logement décent ».
Avoir un logement décent n’est d’ailleurs pas une évidence pour ces
salariés. Nombre d’entre eux vivent dans des chabolas, ces bidonvilles
installés aux alentours des exploitations agricoles. Ici, ni
électricité, ni eau courante et encore moins de toilettes. Leurs maisons
ont été construites grâce aux rebus de plastiques et de cartons qu’ils
ont trouvé et ils doivent donc encore supporter une chaleur étouffante.
« On ne peut pas rester à l’intérieur pendant la journée, ni y conserver de la viande ou des produits frais ».
Pas de droit du travail mais des labels et subventions
Si l’agriculture andalouse est loin d’être vertueuse, elle bénéficie
cependant de subventions de l’Union Européenne. Ainsi au titre de la
Politique Agricole Commune, 2 milliards d’euros
sont attribués chaque année aux agriculteurs andalous. Si les
propriétaires des serres d’Almería et de Huelva sont principalement des
petits producteurs (rares sont les exploitations dépassant les 10
hectares), on compte tout de même quelques mastodontes.
Ainsi, Haciendas Bio, premier producteur de fruits et légumes bio en
Espagne possède 433 hectares en Andalousie. Mais elle ne semble pas plus
respectueuse du code du travail que les petites exploitations. Dans
cette entreprise, des salariés ont été licenciés après s’être plaints de
leurs conditions de travail. Aujourd’hui, un procès est en cours.
Pourtant, la marque s’enorgueillit de posséder divers labels attestant
de ses bonnes pratiques. Parmi ces certifications, on retrouve notamment
le label Agriculture Biologique français ou son équivalent européen.
Si ces labels ne comportent pas explicitement de clause sociale, les
conditions de productions de ces fruits et légumes semblent entrer en
contradiction avec une certaine idée qu’on pourrait se faire de
l’agriculture biologique respectueuse du bien-être animal mais aussi
humain. L’Agence Bio, qui assure la communication autour du label
français Agriculture Biologique, n’a pas souhaité répondre à nos
questions, nous rappelant simplement que les critères de ce label
étaient alignés sur celui du label bio européen. Les porte-paroles de la
section agriculture de la Commission Européenne, n’ont quant à eux pas
répondu à nos sollicitations.
Demeter, un label peu soucieux des droits des travailleurs
Plus surprenant, Haciendas Bio bénéficie également du label Demeter.
Si ce label, qui se revendique de la biodynamie, est peu connu de prime
abord, il est pourtant octroyé à de nombreux produits de chaînes de
magasins bio tels que Naturalia, La Vie Claire ou Bio c’bon. Réputé plus
exigeant que le label Agriculture Biologique classique, il comporte une
clause de responsabilité sociale stipulant que les entreprises
labellisées doivent « garantir la santé et la sécurité de toutes les
personnes travaillant pour l’entreprise et s’assurer que personne n’est
mis en danger lors de son travail ».
Ces entreprises sont également tenues de lutter contre « le manque de droits sociaux » et les « conditions de travail ou salaires en dessous des standards en vigueur ».
D’après ses anciens salariés, Haciendas Bio ne respecte pas ces règles.
Pourtant, ils continuent de bénéficier de ce label. Contacté à ce
sujet, Cornelia Hauenschild, la responsable des certifications chez
Demeter, nous a informé qu’une enquête avait été menée dans la semaine
du 18 mai par des inspecteurs de Demeter et d’un autre label semblable,
Naturland, en compagnie d’un représentant de la Confederación Sindical
de Comisiones Obreras (CCOO), l’un des syndicats majoritaires en
Espagne. Toutefois, il ne nous a pas été possible d’obtenir les
conclusions de cette enquête.
Isolés, les travailleurs peinent à se mobiliser
Malgré ces conditions de travail difficiles, il est compliqué pour
les travailleurs de se mobiliser. Si le taux de syndicalisation est plus
élevé chez nos voisins espagnols (autour de 20%) qu’il ne l’est en
France (11%), ce sont la CCOO et l’Union General de los Trabajadores
(UGT) qui concentrent la majorité des adhésions. Or, selon un
représentant de la Confederación National del Trabajo (CNT), ces
syndicats sont peu intéressés par les problématiques que rencontrent les
travailleurs des serres andalouses.
Par ailleurs, la syndicalisation est particulièrement rare dans le
milieu rural, et les salariés hésitent à témoigner par peur des
représailles. Jamal, qui a travaillé à Almería et à Huelva, raconte
ainsi qu’une de ses collègues est tombée enceinte et que son employeur
l’a mis en congé maternité sans que ne lui soit pourtant versé aucune
indemnité. Si cette pratique est en contradiction flagrante avec le
droit du travail, la femme en question a peur des retombées négatives et
préfère donc se taire. Ces salariés ne parlant pas toujours espagnols
sont donc souvent seuls pour faire valoir leur droit face à des
propriétaires de serres qui peuvent les licencier du jour au lendemain.
Enfin, les contrôles par les inspecteurs du travail sont rares et peu efficaces. « Quand
des inspecteurs viennent, ils préviennent nos employeurs. On nous
demande alors de nettoyer les serres de fond en comble et aucun défaut
n’est présent à leur arrivée. Les salariés qui pourraient être tentés de
critiquer l’employeur sont ensuite placés loin de l’inspecteur et ceux
qui lui sont favorables sont placés à proximité ».
Si la lutte de ces travailleurs pour obtenir de meilleures conditions
de travail et de logement est donc compliquée, une prise de conscience
semble débuter. Le 7 février, le rapporteur de l’ONU sur l’extrême
pauvreté alertait publiquement sur l’urgence de la situation. « Nous ne pouvons pas traiter ces immigrés comme s’ils n’existaient pas » insistait-il. Ce sera donc peut-être les consommateurs qui feront évoluer ces pratiques. Comme le rappelait Joanna Moreno : « La société civile peut avoir un rôle à jouer, en refusant d’acheter ces produits ».
Policiers ? Gardiens de l'ordre Républicain? Ou rambos-soudards au service de la caste macronique des milliardaires?
On dit que dans certains défilés, les policiers applaudissaient les manifestant-tes. Honneur à eux. D'après cette image, il y a donc flics et flics.... Certains plus "zélés" que d'autres . Cette femme en blouse blanche réclame de la ventoline. Mais personne ne l'entend. Macron peut-être fier: certains lui obéissent aveuglément. Dangereusement.....
Le credo affirmé du libéralisme qui
est l’idéologie officielle, voire le dogme religieux de notre
bourgeoisie française, toutes affinités partisanes confondues, du PS à
la Droite, en passant par les Verts et les diverses nuances d’En Marche,
est que le Marché doit décider de tout, et notamment du sort des
hommes, producteurs et consommateurs. Et que dans cette optique, l’État
n’a qu’à lui obéir, et se faire le serviteur dévoué de ses règles.
Les dirigeants français,
et Macron le premier, n’ont eu depuis leur accès au pouvoir que mépris
affirmé de l’État et ses fonctionnaires, jugés incapables de gérer
l’économie, et n’ont agi qu’au nom des vertus du Capital privé,
privatisant tout ce qui pouvait l’être, et dénonçant pêle-mêle
"l’assistance d’État", ou " "l’État-Providence", les "rêveries
keynésiennes ", du nom de cet économiste des années 1930, idole de la
Social-Démocratie, qui découvrit alors que seule une forte implication
de l’État dans l’économie pouvait répondre à l’énorme crise économique
des années 30 dans le monde capitaliste, aux USA et en Europe.
Ce sont les recettes étatiques prônées par Keynes qui permirent de
sortir de la crise et ses millions de chômeurs aux USA avec Roosevelt,
et en France avec le Front Populaire. Précisons pour la vérité
historique que Keynes n’était en rien Socialiste, qu’il était un ferme
partisan du système capitaliste, et que son choix de l’État pour sauver
l’économie de la Crise économique fut appliquée aussi en Allemagne nazie
(par des investissements massifs d’État dans les industries guerrières,
alors que les gouvernements de gauche en France le faisaient par la
relance de la consommation populaire). Dans les deux cas, d’ailleurs,
cela donna une nouvelle jeunesse à l’économie capitaliste.
Plus tard, après 1958, le Gaullisme au pouvoir,
convaincu des vertus du Capitalisme occidental même s’il était
nationaliste et anti-Étatsunien, fut aussi un adepte des théories de
Keynes. Il a su beaucoup utiliser les sociétés nationalisées (Air-
France, SNCF, etc…), sources de progrès technologiques (Concorde, trains
rapides, etc…) au service du Capital privé. On parlait même alors de
Capitalisme Monopoliste d’État.
À partir des années 1975, le Capitalisme français s’est
converti à la vulgate mondialiste, structurée par les sociétés
transnationales, toujours en quête de profits plus abondants, grâce aux
délocalisations vers les pays à bas salaires. Le Gaullisme politique a
disparu peu à peu du paysage idéologique français, remplacé dans la
bourgeoisie au pouvoir par ce qu’on a souvent qualifié
d’ultra-libéralisme, acharné à démanteler les conquêtes sociales et les
services publics, et à tout privatiser, sous des étiquettes changeantes
(le PS Jospin privatisa plus que les Présidents RPR ou UMP successifs).
Depuis 2017, le Président Macron et son équipe sont en quelque sorte
l’apogée de cette évolution prédatrice du Capitalisme en France.
La crise sanitaire de 2020 a évidemment créé un contexte
nouveau, et initié une crise économique sans précédent, comparable à
celle des années 1930, sur un laps de temps bien plus court. Il était
donc logique que tous les défenseurs des entreprises en difficulté,
français et Européens, s’adressent aux États et leurs subsides pour
rétablir leur trésorerie asséchée, et survivre. Rien de neuf en cela, le
Capitalisme libéral, n’en déplaise aux naïfs, n’est pas " contre l’État
", mais seulement contre un État au service des citoyens les plus
démunis.
Les dirigeants Macroniens ont fait comme leurs congénères allemands,
ou italiens, à la hauteur du désastre économique prévisible : presque
500 milliards d’euros ont été engagés par l’État français depuis le
début de la "crise sanitaire" et ses conséquences économiques et
sociales. Ce qui a fait exploser dans les médias l’affirmation saugrenue
que Macron et sa Cour libérale s’étaient subitement convertis, avaient
découvert Keynes et les dérives du Capitalisme, etc...
Une nouvelle légende rose, à l’usage des gogos !
Car s’il est évident que personne ne conteste la
nécessité de l’aide de l’État aux millions de chômeurs supplémentaires,
aux hôpitaux, de l’injection de fonds d’État pour assurer la survie de
certaines industries (aéronautique, automobile, tourisme, etc…), on sait
bien que nos dirigeants n’ont pas changé de nature. Leur objectif est,
grâce à l’aide financière de l’État, d’assurer au mieux la pérennité de
l’économie Capitaliste. Cela commence par l’apport de milliards extraits des finances publiques aux Chefs d’Entreprises.
Non seulement leur possession du capital n’est en aucun cas mis en
cause, mais les maîtres de l’État français distribuent ces prébendes
publiques sans aucun engagement de leur part. Il a fallu une menace de
grève pour que PSA, heureux bénéficiaire de "l’aide à l’automobile ",
consente à ne pas importer des travailleurs polonais sous-payés pour
remplacer les intérimaires valenciennois mis au chômage.
Une réaction populaire moins naïve que celle d’un Brossat, porte-parole
du PCF, se félicitant dans l’Humanité du "grand retour de l’État" du
fait de nos gouvernants, et célébrant un imaginaire "monde d’après" d’où
le Capitalisme serait absent, par la grâce du Saint Esprit, sans
doute...
Car la réalité est plus brutale : ces milliards qui
vont aux entreprises en déshérence sont financés par la fiscalité. En
effaçant à l’occasion le dogme " européen " d’un maximum à ne pas
dépasser de dépenses publiques, dont on nous expliquait depuis 20 ans
l’impérieuse nécessité, pour justifier l’austérité !
Plus prosaïquement, ces milliards viennent de nos impôts, dont le
moins que l’on puisse dire est qu’ils sont inégalitaires, puisque la
plupart des grandes entreprises n’en paient guère, alors que le poids
essentiel porte sur les moins riches, par le biais des taxes sur la
consommation (TVA et autres).
Le moins qu’on puisse dire est que ces "efforts de l’État"
exigeraient parallèlement une refonte démocratique de l’impôt, à
commencer par le retour de celui sur les grosses fortunes (ISF), que
Monsieur Macron supprima, et qu’il ne songe pas à rétablir...
Certes, nos dirigeants, effrayés par la fronde fiscale
qui émanait des Gilets Jaunes, promettent de ne pas augmenter les
Impôts. Ce qui ne signifie rien, sinon en bon français que les milliards
en question seront fournis par les emprunts d’État, qui devront être
remboursés par les futurs contribuables, et accoucheront de juteux
profits pour les banques prêteuses.
Soyons clairs : l’intrusion de l’État au sein de
l’économie n’est pas en soi synonyme d’un choix politique, et il ne se
fera au service de ceux qui vivent de leur travail que si le Pouvoir
politique est entre leurs mains, ou contraint par les luttes sociales de
se plier à leurs désirs.
Ce n’est pas le cas dans la France actuelle, il nous incombe d’en changer.
En attendant, il faut expliquer sans relâche qu’à l’issue
d’une crise économique et sociale de l’ampleur de celle d’aujourd’hui,
les divers " Plans de relance" doivent s’accompagner de réforme fiscale
et de la taxation des Français les plus fortunés, ainsi que de la
nationalisation des secteurs essentiels de l’économie.
Pour que les sacrifices ne soient pas toujours pour les mêmes.
Les États-Unis peuvent-ils vraiment arrêter d’être le flic du monde?
Une fois encore le diagnostic sur l’impossible changement des
Etats-Unis est posé. Parce que l’analyse de la crise qui secoue les USA,
et plus généralement le monde occidental, ne se limite pas au fait que
se trouve à la direction du pays l’individu le plus délirant, le plus
incontrôlé qu’il n’y ait jamais eu, mais bien que les structures
économiques et sociales soient sous l’effet de dissolution de la phase
néo-libérale du capitalisme et que la nécessité du changement est
beaucoup plus fondamentale qu’un simple changement de président (note et
traduction de Danielle Bleitrach).
Photo: Une capture d’écran d’une vidéo de Xinhua montre le discours
de West Point du président américain Donald Trump.”Nous ne sommes pas le
policier du monde”, a déclaré le président américain Donald Trump alors
qu’il exposait sa vision de l’utilisation de l’armée américaine lors du
discours d’ouverture à West Point samedi.
“Le travail du soldat américain n’est pas de reconstruire des nations
étrangères, mais de défendre et de défendre fermement notre nation
contre les ennemis étrangers. Nous mettons fin à l’ère des guerres sans
fin”, a déclaré le président.
Ce n’est pas la première fois que Trump déclare que les États-Unis ne
sont plus le policier du monde. Lors de son voyage en Irak en décembre
2018, Trump a défendu sa décision de retirer des troupes de la Syrie
déchirée par la guerre en faisant les mêmes remarques.
Les gémissements de Trump sur l’engagement des États-Unis à
l’étranger et les remarques selon lesquelles le pays devrait cesser
d’être le flic du monde sont conformes à sa philosophie diplomatique qui
met l’accent sur “l’Amérique d’abord”. À un moment où ses relations
avec les hauts responsables militaires sont tendues et les tensions
raciales bouillonnent dans le pays, Trump espère apaiser le public
américain, en particulier ses partisans, en portant son attention sur
les questions intérieures. De cette façon, il met l’accent sur le rôle
de l’armée américaine dans la protection de la sécurité intérieure.
Mais les États-Unis peuvent-ils vraiment arrêter de jouer au policier
du monde? Il n’y a aucune preuve suffisante dans l’histoire ou
maintenant pour indiquer que les États-Unis sont disposés à, ou
pourraient, cesser de surveiller le monde. Au lieu de cela, les
problèmes intérieurs n’ont pas empêché les États-Unis d’intervenir à
l’étranger.
Ceci est inévitable et déterminé par la nature hégémonique du
pays. Afin de maintenir son hégémonie, les États-Unis doivent étendre
leur influence à l’étranger. Les États-Unis considèrent également depuis
longtemps qu’il s’agit d’une noble mission de promouvoir les soi-disant
valeurs démocratiques et la liberté dans le monde entier.
Par conséquent, le rôle des États-Unis en tant que policier du monde
fait partie, voire est un symbole, de l’hégémonie américaine. Tant que
les États-Unis resteront une puissance hégémonique ou tenteront de
maintenir leur puissance, leurs actions policières mondiales ne
changeront pas. Les États-Unis peuvent-ils retirer toutes leurs troupes
de l’étranger? Les États-Unis renonceront-ils à leurs tentatives
d’inciter à des révolutions de couleurs dans d’autres pays? La réponse
est définitivement «non». Il est donc peu probable que les États-Unis
abandonnent leur statut de policier mondial.
En fait, ce que Trump a dit lors du discours d’ouverture ne doit pas
être pris au sérieux. Ce n’est qu’une simple tentative de réduire
l’insatisfaction au sein de l’armée au milieu d’une rupture grandissante
entre Trump et les troupes.
En plus de prétendre que l’armée américaine n’est pas le policier du
monde, Trump a hautement apprécié les contributions que les soldats ont
apportées au pays. Il s’est vanté des réalisations de son administration
dans le domaine militaire, telles que la création d’une force spatiale
et l’investissement de 2 000 milliards de dollars pour les dépenses de
défense.
Depuis que Trump a pris ses fonctions, l’armée américaine s’est
progressivement éloignée du président. Que ce soit les conflits entre
Trump et les hauts responsables militaires américains, y compris
l’ancien secrétaire à la défense Jim Mattis, ou la controverse et les
différences sur le rôle que l’armée américaine devrait jouer dans les
émeutes en cours aux États-Unis, cela montre que la perception de Trump
du rôle de l’armée américaine est différent de la façon dont les
militaires se perçoivent.
Trump, en tant que président et commandant en chef de l’armée, estime
que l’armée devrait obéir à tous ses ordres. Ce n’est apparemment pas
ce que pensent certains hauts responsables militaires.
Les menaces de Trump d’utiliser des troupes pour réprimer les émeutes
nationales déclenchées par la mort de George Floyd ont rendu les
conflits entre Trump et l’armée plus évidents. Il y a maintenant un
fossé profond entre les deux côtés. Cela ne peut pas être comblé par des
discussions vides et des paroles douces.
L’article a été compilé par le journaliste du Global Times Yu
Jincui sur la base d’une interview avec Zhang Tengjun, chercheur adjoint
au China Institute of International
Studies. yujincui@globaltimes.com.cn