jeudi 19 janvier 2023
mercredi 18 janvier 2023
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
Les chiens de garde du capitalisme pour la réforme des retraites de la Macronie
Ils pullulent et sont hargneux à la télé, à la radio ou dans la presse écrite. En avant-garde, encore plus teigneux, les parlementaires de la Macronie et de la Sarkozie. Et menteurs pires que des arracheurs de dents, ils ne s'embarrassent pas de présenter le projet injuste et brutal du palais de l'Elysée comme le Graal miraculeux pour tous les retraités.
En fait, un ex-banquier d'affaires, avec sa contre réforme des retraites, satisfait le diktat de la Commission européenne de Bruxelles. Son projet est le maintien des dépenses publiques de la France dans la zone euro. Il l'a pondu en juillet 2022 dans lequel "une modification du régimes de retraite contribue à cet objectif" Notons au passage que le fric public distribué aux entreprises, en veux-tu en voilà, ne rentre pas dans les objectifs des commis du capitalisme.
Et boum dans les esprits avec la garantie de retraite minimale à 1 200 euros net mensuels! Déjà, ce n'est pas le Smic. Et ceux qui ont plus auront-ils leur pension revalorisée. Ben non, il faut soutenir dans les diktats de Bruxelles!
Encore que, 80% des retraités avec moins de 1 000 euros, notamment les femmes sans carrière complète et sans égalité salariale homme/femme, sont écartés de l'aumône dans leurs sébiles.
Quant à la prise en compte de la pénibilité au turbin, faudra accumuler des points et passer devant un toubib du travail qui valide ou pas. Selon l'IFOP, 86% des travailleurs déclarent souffrir de troubles musculo-squelettiques. Sauf que le port de charges lourdes n'existent plus dans les critères afférents du Code du Travail.
Ah -sources l'Humanité-, la maman d'Eric Ciotti, patron des députés Lr, est dans un établissement de santé "réservé à des soins de courte durée" depuis 18 ans. D'où une économie pour la famille Ciotti de 526 000 euros. Ciotti votera la retraite à la sauce Macron et combien il peste contre les vauriens qui grugent la sécu, même en retraite!
A MICHÈLE, UNE SOCIALISTE "AMIE" ANCIENNE, QUI S'EST FÂCHÉE AVEC NOUS, QUI A BRISÉ CETTE AMITIÉ, PARCE QU'ELLE SE DISAIT DE GAUCHE MAIS NE SUPPORTAIT PAS QUE JE CRITIQUE MITTERRAND, L'HOMME A LA FRANCISQUE QUI A TUÉ LA GAUCHE, LE PARTI COMMUNISTE, ET LES ESPÉRANCES POPULAIRES, QUI NE S'EN RELÈVENT PAS.
UNE SORTE DE PIQÛRE DE RAPPEL SIGNÉE PIERRE
ET SURTOUT SON AMIE GISÈLE
- admin5319
- 14 janvier 2023 HISTOIRE ET SOCIÉTÉ
Quelle étrange sensation.
Déconcertante, jamais ressentie, jusqu’à ce jour d’avril 2015. En tous les cas pas à ce point.
Ce sentiment troublant, c’est celui d’être face à un homme rayonnant en total décalage avec la décourageante réalité qui l’entoure, à l’image du chef d’orchestre du Titanic continuant de galvaniser ses musiciens au mépris de l’inéluctable naufrage.
Ce jeudi 30 avril 2015, François Hollande nous a donc fait une confidence inattendue. Le chef de l’Etat nous a tout simplement confié qu’il se sentait enfin à sa place, épanoui à la table des grands de ce monde. Sûr de lui, et de ses méthodes. L’économie en berne, le chômage indomptable, la pression terroriste, sa majorité déchirée, les moqueries récurrentes, les sondages calamiteux…? Peu importe. Sa bonne fortune diplomatique si elle indiffère ses concitoyens, lui a donné une immense confiance en lui. (p.514)
Cet individu rayonnant de bonheur qui déconcerte les deux journalistes qui recueillent ses confidences est bien sûr Hollande dont on peut considérer qu’il a été des plus calamiteux président monarque tout puissant de la République française. C’est la conclusion de que l’on peut tirer de ce livre dont je vous entretiens depuis plusieurs jours et qui sera, on peut l’espérer dans un futur moins sordide, un témoignage sur l’état réel du pouvoir de la Ve république dans des temps qui sont ceux de la chute de l’empire d’occident.
Hollande, en parfait imbécile satisfait, nage dans le bonheur alors qu’il a soit accéléré les méfaits de ses prédécesseurs, soit innové en la matière en particulier au plan international où on lui doit non seulement le désastre syrien, l’expédition malienne et avec la complicité de Merkel, l’actuelle guerre d’Ukraine, le tout pratiqué dans la vassalité la plus soumise à l’impérialisme américain et le mépris total du peuple français et de ses représentants. Si l’on ajoute à ce palmarès les différentes atteintes au code du travail, la poursuite et l’amplification de la politique de Sarkozy et le sacrifice du nucléaire nous avons là le portrait parfait de ce qui a conduit l’électorat au désaveu non seulement du PS mais de la gauche tout entière. Son ministre et successeur Macron qui est à peu près aussi mégalomane et gonflé de sa propre importance devra son succès non seulement au soutien de “la finance” mais également à la promesse de n’être ni à droite, ni à gauche.
Mais le trait caractériel le plus marquant de ces personnages, dont le modèle demeure Mitterrand, c’est comme on dit vulgairement d’avoir “le melon”. Ils se considèrent d’une autre espèce jouissant désormais de l’appartenance à l’olympe des dieux dans lequel les médiocres manœuvres et petits ragots, banquets, comme dans l’original, font de vous des despotes capricieux. C’est cette vulgarité incroyable et la manière dont à un moment elle culmine jusqu’à la jouissance suprême : celle de décider de la vie et de la mort par guerre, bombardement et même assassinats télécommandés par lesquels on sait ÊTRE une grande puissance.
Le paradoxe c’est que ce genre d’individu se veut pragmatique, loin de toute idéologie, alors qu’il ne cesse de sacrifier à une vision totalement idéologisée. Celle qui le lie à l’atlantisme et soumet toutes ses décisions internationales à la conformité avec la volonté des USA dont nous avons déjà parlé. Mais au plan intérieur, l’idéologie est tout aussi contraignante et cette fois elle concerne le carcan européen, la peur de nuire non seulement à l’UE mais à la zone euro.
Il ne se reproche jamais rien, simplement il n’aurait pas dit la manière dont il ne peut pas dire la vérité aux Français pris comme il l’est dès 2012 entre la crainte des marchés et celle de l’Europe, qui lui aurait promis d’ajouter un “volet croissance au traité budgétaire”. “Et dans la foulée n’aurait-il pas fallu proposer une autre politique, s’affranchissant des contraintes à Bruxelles, en revanche, il ne le pense pas: “Est-ce que nous aurions dû dire: “Nous renonçons en conséquence à réduire nos déficits budgétaires et donc à aller vers les 3%”? Si je l’avais dit , dans le contexte de la crise de la zone euro. On aurait dit: “La France se distingue, se détache… Il fallait que je rassure la zone euro, si je puis dire: c’est le traité européen que nous avons finalement adopté au mois d’octobre. J’aurais pu dire : “La France se délie de l’engagement qui aurait été pris par mon prédécesseur, et nous ne ferons pas le traité budgétaire européen”. C’était la crise, non pas entre la France et l’Allemagne, mais la crise dans la zone euro, qui explosait”. “(p.221 et 222)
Il n’a pas d’idéologie, c’est un grand pragmatique parce qu’il suit l’impulsion du gouvernement Fillon dans le respect absolu de ces deux “totems” que sont la soumission aux Etats-Unis donc à l’OTAN et le patriotisme de l’UE, celui que peut inspirer la France étant pris dans ce qui relève de “la nature” présidentielle ou l’art d’accommoder les restes pour le peuple français, “le Hollande-caméléon, cet animal élastique aux phénoménales facultés d’adaptation” ressort en homme de droite, privilégiant la politique de l’offre, mais c’est tout le PS qu’il traîne dans le sillage de ses reniements et ça c’est pas triste… Mais cela convainc aussi de la vanité de toute solution de gauche qui prétendrait ne pas reposer sur des ruptures fondamentales qui sont malheureusement encore loin de tous les programmes français. Il faudra une volonté collective aux antipodes non seulement des choix politiques opérés par Hollande mais de l’exercice du pouvoir tel qu’il domine en France aujourd’hui.
Si l’on prend la fonction présidentielle telle qu’elle ressort de cet écœurant déballage, elle repose sur un mécanisme tel que nul ne paraît susceptible d’y échapper et cela dès la campagne électorale. L’élection, et l’intronisation sont certes déterminants, mais n’y a-t-il pas dans la compétition elle-même quelque chose qui détruit l’individu? Ou alors est-ce parce que l’individu qui arrive là ne peut qu’être de ce type-là jusqu’au grotesque ? D’abord, la procédure le met au dessus des partis, qui l’ont pourtant poussé mais duquel il s’émancipe inexorablement pour n’y voir plus que des obligés, des courtisans. C’est la mise à mort de toute mobilisation collective citoyenne. Le candidat apprend peu à peu à leur substituer les médias, les journalistes devenus en fait les seuls avec lesquels il peut avoir des échanges, des complicités de cabot… Lui seul désormais connaît, lui et les courtisans qui saluent ses prestations, le rassurent et commentent. C’est désormais dans ses faiblesses que le petit bourgeois médiocre parait un peu échapper à cette montée à l’olympe et à ses querelles de dieux s’abattant toujours sur les pauvres mortels. Entre nous il suffit de contempler l’état de Marine Le Pen, celui de Mélenchon pour mesurer ce que peut être cette montée à la présidence. Puis le doute vous vient, est-ce qu’il n’en est pas ainsi de la plupart des élections, y compris celle de députés, de sénateurs s’affranchissant peu à peu de tout lien avec leurs mandats et ce en particulier sur les questions internationales comme l’a prouvé le récent vote de la résolution 390.
La France se résume plus ou moins aux compromis d’un monde de notables, méprisant, un univers des bals de sous préfecture, on en est ou pas… Tout est dans le plan de table de la sous-préfète et il y a toujours quelques noms à rallonge comme conseiller diplomatique.
La politique devient à cet exercice, le seul en fait qui passionne les médias. Mais peu à peu on s’interroge sur ce qui a survécu à l’exercice d’une telle démocratie.
Ainsi cette “confidence” à propos de la DGSE sur laquelle je vous laisse méditer en vous disant que tout le livre et tout le niveau d’ambition de Hollande est à ce niveau : “Il n’y aurait pas eu l’histoire du Mali, on aurait déjà écarté Corbin de Mangoux”, nous confie-t-il le 1er février 2013. Nommé à l’Elysée en 2007 conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires intérieures, Erard Corbin de Mangoux avait pris la tête des services secrets extérieurs l’année suivante. Pourtant, à en croire Hollande, ce n’est pas le profil “sarkozyste” du préfet qui est en cause. “Ce qui nous pose problème, affirme-t-il, ce n’est pas qu’il ait été chez Sarkozy, c’est qu’il nous dise peu de chose, qu’il retienne les informations. C’est comme cette histoire en Bulgarie, qui est quand même incroyable…”
Dans la nuit du 15 au 16 octobre, cinq agents du service action de la DGSE avaient été surpris alors qu’ils réalisaient un entraînement clandestin à proximité de la commune de Pleven, en Bulgarie. Repérés par des villageois armés, ils avaient été roués de coups et contraints de s’enfuir. L’affaire avait viré à l’incident diplomatique, et tourné en ridicule les services français. Lorsqu’on lui demande s’il avait été informé de cette mission, Hollande s’exclame: “Mais bien sûr que non!” Et après, on est obligé de gérer ces trucs-là. Ce n’était même pas la préparation de l’assaut somalien… Ils font des missions comme ça, dans certains pays sans rendre de compte à personne “(p.481)
Ce grotesque est de même nature que le complot entre Merkel et Hollande que nous avons décrit et par lequel ils prétendent rouler dans la farine Poutine: celui qui satisfait l’ego de Hollande et des autres. Les jeux de “grande puissance”, entre spécialistes et spadassins qui débouchent sur des meurtres à grande échelle de pauvres types qui ne demandaient rien et d’autres que le chômage a poussé à l’engagement et cet abruti est satisfait. Il faut encore ajouter à la description, ce goût de savoir ou de feindre de savoir du bourgeois sentencieux, dans lequel avec des airs entendus et quelques cynique propos, on se donne de l’importance. Et là cela dépasse le phénomène électoral : le pompeux crétin se répand dans la bureaucratie comme dans les partis. Chacun se taille dans l’appareil d’Etat privatisé, délité, un domaine réservé où il exerce un petit pouvoir fait moins d’action que d’inertie. Chacun y devient tout aussi méprisant et absolu que le chef d’Etat monarque, ce qui là encore engendre son lot de catastrophes grotesques. Cela double le spoil system (1) qui veut que chaque président monarque prétende renouveler l’appareil qui le sert, au début quand on passe de droite à gauche, d’un parti dominant à un autre mais bientôt cela n’est même plus une garantie tant les rivalités n’ont plus rien à voir avec les appartenances idéologiques. Mais il est difficile de tout changer alors on double, on crée de nouvelles administrations, on démantèle celle qui existent. Et tout le livre de “confidences” n’est dans le fond que l’illustration de ces rivalités avec le prédécesseur et la manière d’empêcher de voir son successeur surgir au sein de votre propre équipe. A ce titre les papotages sur la manière dont Fillon est venu réclamer des procès en corruption contre Sarkozy qu’il pensait être à l’origine de la divulgation de ses propres turpitudes occupent beaucoup le président qui ne se lasse pas de raconter ce genre d’anecdotes.
Ce livre et le niveau du président est un remède contre la politique pour l’individu le plus sincèrement engagé et qui découvre avec stupéfaction ce que peut être celle de la France au plus haut niveau, avec l’exercice de fait du droit de vie et de mort, de guerre comme d’assassinats commandés. Il est clair que les informations dont prétend jouir le dit président et à travers lesquels il justifie ses aspects “chef de guerre” apparaissent comme totalement suspectes et jamais réellement fondées. Il y a quelque chose de puéril et d’effrayant chez cet individu-là dont les motivations réelles deviennent de plus en plus creuses, en se résumant à un égocentrisme d’une vulgarité stupéfiante.
Le mal est profond, il imprègne désormais de la base au sommet toute la vie politique française. Aujourd’hui dans l’article que Franck Marsal consacre aux débats autour du Congrès du PCF sur ce site même, il montre comment dans ce débat monte l’exigence d’une autre pratique politique et d’abord à l’intérieur du PCF. Cette exigence alors qu’il y a un tel abandon, un tel absentéisme dans la vie politique française est bien évidemment nécessaire à un parti révolutionnaire au meilleur sens du terme. Mais il faut bien mesurer qu’un tel bouleversement pour être indispensable n’en est pas aisé, ce qui est la norme, l’évidence, le “pragmatisme”, voire le bon sens va a contrario et ces écœurantes confessions d’un président “de gauche” ont le mérite de nous prouver à quel point le mal est profond. Ceux qui dans le PCF ont entrepris la liquidation le font au nom du même “pragmatisme”, du même égoïsme individualiste, de la même autosatisfaction incapable de la moindre autocritique. Ils partagent cet univers-là et prétendent faire de leur échec, abandon, trahison la preuve qu’il serait vain de vouloir être autre. Ces gens-là ont multiplié les catastrophes, couvert y compris de véritables crimes et tortures du pouvoir et ils continuent comme Hollande prétendre défendre leur bilan au nom de la gauche voire de la prime “au sortant”.
Danielle Bleitrach
(1) Le système des dépouilles (spoils system) est un principe selon lequel un nouveau gouvernement, devant pouvoir compter sur la loyauté partisane des fonctionnaires, substitue des fidèles à ceux qui sont en place. Il caractérisait les Etats-Unis alors que la France s’est au contraire longtemps caractérisée par un système de grands commis de l’Etat, un fonction publique avec ses incorruptibles obsessionnels. Il faudrait voir comment un système comme celui de l’ENA, son pantouflage, passage du public au privé, et les vagues de privatisation, a joué en même temps que la présidentialisation de la Ve république pour aboutir à ce partage des dépouilles lié aux élections.
samedi 14 janvier 2023
Çà veut dire QUOI, la "première dame de FRANCE"?
Depuis maintenant des mois, mais de plus en plus SOUVENT au fur à mesure que nous approchons du coup de Jarnac sur les retraites à la mode Macron, on entend sur toutes les chaines télé les prétendus journalistes - en réalité les chiens de garde du système capitaliste qui les nourrit sans doute très grassement, ils répètent à l'envi les mêmes discours destinés à faire accepter par les salariés la voix de l'apôtre élyséen et de ses sbires convertis au "libéralisme"- nous seriner que il serait indispensable que ces salariés acceptent sans broncher de bosser jusqu'à 64, 65, 67 ans, comme dans certains pays, même et surtout ceux et celles qui se sont serrés la ceinture toute leur vie.
Et comme si çà ne suffisait pas, voilà t-il pas que ces chiens de garde se prostituent jusqu'à solliciter les avis dans tous les domaines, sociaux, économiques, politiques, de la "première dame de France"!!!
Mais dans quelle République sommes-nous tombés?
Que vient faire cette personne chaque jour sur nos chaînes télé?
De quel droit ces mange m...... et lèche c.....nous imposent-ils ce régime de dévotion digne des monarchies ou de dictatures?
Qu'attendent les élus dits de gauche pour rappeler à l'ordre le président des riches? Le pion des banquiers et des milliardaires?
France, mon pays, qu'est-tu devenue? Pire même qu'une monarchie, ou une république bananière: un pays sans droite ni gauche! L'anarchie, oui, mais au profit des puissants qui ordonnent à ceux qui obéissent tels des valets, et aux mains de gangs qui règnent par les armes et la drogue dans les cités.
Et ils croient, ces valets, que de nous rabâcher chaque jour sur la première dame, çà va nous faire oublier de zapper notre envie de manifester le 19 Janvier?
À l’heure où nous sortons d’un été apocalyptique, d’élections moroses décidées par les abstentionnistes avec un président élu sans programme, de hausse des prix, où nous sommes sous la menace d’une guerre totale avec une surenchère d’arguties guerrières de chaque côté et à la veille d’entrer dans un hiver dans lequel une grande partie des gens se demandent s’ils vont pouvoir se chauffer ou payer leurs factures, le président Macron pense que la priorité des priorités, c’est de reculer l’âge de départ à la retraite alors même que les années 2021 et 2022 ne sont pas déficitaires et que le rapport du COR n’est pas spécialement alarmiste pour les cinquante prochaines années malgré ce que nos médias des milliardaires nous rabâchent plusieurs fois par jour. Naturellement, le fait que 70 % des Français se disent prêts à aller manifester n’égratigne pas sa détermination, ceux-ci n’étant, pour un néolibéral, qu’une masse atomisée d’individus interchangeables. Une fois encore, nous vérifions que la démocratie néolibérale se fait contre le peuple… pour son bien (mais il ne le sait pas puisqu’il est ignare). Alors que l’an dernier, seulement 2 500 logements ont été rénovés thermiquement et qu’à ce rythme il faudrait 2000 ans pour rénover tout le parc, Macron n’a qu’une idée fixe, celle de réformer le système de retraite. C’est ce qu’il appelle « avoir du courage ».
« Après avoir enregistré des excédents en 2021 et 2022, le système de retraite serait déficitaire en moyenne sur les 25 prochaines années », explique le COR, soulignant « les fortes incertitudes qui entourent les travaux de projection [du rapport]. L’évolution du contexte économique des prochaines années dépendra notamment étroitement de celle de la situation internationale ainsi que celle de la situation sanitaire. » En fait, les projections dépendent d’hypothèses fragiles comme le COR le reconnaît lui-même.
Tout d'abord, voyons les arguments qui justifieraient une réforme des retraites.
L’espérance de vie augmente
La vérité est que l’espérance de vie n’a pas progressé depuis 2014. Le pire est que certains pays développés ont une espérance de vie qui a régressé comme aux Etats-Unis ou dans le Royaume Uni, par exemple. En France, le système de santé n’est plus aussi bon qu’il l’a été, faute à la casse des services hospitaliers et au numerus clausus et différentes catégories de personnes comme les étudiants ont du mal à se soigner. Cela pourrait entraîner les mêmes conséquences.
Nos voisins l’ont fait
Le taux de fécondité pour renouveler une population est de 2,1 enfant par ménage. Mais en tenant compte de l’immigration, le taux baisse à 1,7 ou 1,8. La France étant à un taux de 1,8 ou 1,9 depuis plusieurs décennies (taux le plus élevé de l’UE), sa population augmente d’année en année. Elle n’a donc pas ce problème que nos voisins connaissent.
Car, en effet, leurs taux de renouvellement de population ne permettent pas le financement des retraites. Ils n’ont donc d’autre choix que de repousser l’âge de départ. La Belgique avec un taux de 1,57 a repoussé l’âge de départ à 66 ans. De même que l’Allemagne (1,54) et l’Espagne (1,29). Le Portugal (1,43) l’a repoussé à 66 ans et l’Italie (1,27) à 67 ans.
En France, le problème est inverse puisqu’avec 500 à 600 000 jeunes arrivant sur le marché du travail chaque année, le différentiel entrants/sortants est bien moins important que chez nos voisins. La priorité est donc de créer des emplois avant de penser à repousser l’âge de départ à la retraite.
Le système doit être préservé
Le taux de cotisation est de 6,9 % plafonné et de 0,4 % déplafonné. Fin 2021, le déficit est d’environs 2 milliards mais comme on nous dit qu’on va vers le plein emploi, ce « trou » sera comblé sans difficulté. Ils ne se rendent même pas compte que si celui-ci se réalisait, il n’y aurait pas de problème de financement des retraites. Il faut pourtant continuer à affirmer que ce système est à préserver, car il est basé sur la solidarité entre les générations et qu’il est sûr. Solidaire parce que l’actif paye la retraite de ses aînés qui a lui-même contribué à celle de ses prédécesseurs. Et sûr parce qu’il y a toujours des actifs qui cotisent, ce qui est très différent de la retraite à points qui individualise et peut vous faire perdre toute votre retraite si votre assurance fait faillite. Et cela se voit dans les pays qui ont adopté ce système et qui se retrouvent avec beaucoup plus de retraités pauvres que nous n’en avons en France (cette pauvreté étant dû à des pensions trop faibles).
Dégager des moyens pour financer d'autres grands chantiers
Faire travailler les Français plus longtemps, dit le président, c'est dégager des moyens pour financer d'autres grands chantiers. La santé, l'éducation, la dépendance, la transition écologique... Tout en remboursant la dette et sans augmenter les impôts. Au-delà de l'aspect purement budgétaire, la réforme des retraites est bien un choix politique.
Rappelons-nous tout de même d’une chose : nos retraites sont financées par nos cotisations. Cela veut dire que nous cotisons pour avoir l’assurance de bénéficier d’une retraite qui nous mette en sécurité sociale. Cela veut dire que nos cotisations nous appartiennent et donc qu’elles n’appartiennent pas à l’État comme le sont les impôts et taxes. Cela constitue un véritable détournement de fonds ! « Et, de toute façon, on voit bien le déni du gouvernement en matière de transition, car économiser 10 à 12 milliards d’euros par an, soit moins de 0,5 % du PIB, n’est qu’une goutte d’eau face aux 5 % nécessaires par an pour la financer » (JM Harribey).
Que peut-on proposer ?
Si on considère que « la retraite n’est pas l’antichambre de la mort, mais une phase de la vie où, encore en relative bonne santé, nous pouvons nous adonner à des activités sociales libres » (JM Harribey), cela veut dire qu’il faut la prendre tant qu’on est encore en bonne santé. Or, en 2020, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance est de 64,4 ans pour les hommes et de 65,9 pour les femmes. D’ores et déjà, on comprend que repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans aura pour conséquence de multiplier les départ à la retraite en mauvaise santé, mais aussi :
– de maintenir au chômage les seniors sans emploi tandis que les actifs s’useront au travailleur ce qui alourdira la facture des prestations sociales.
– de multiplier les départs en retraite décotée et donc multiplier les retraités pauvres
– de faire disparaître un nombre important de retraités par décès anticipés.
De plus, sachant que plus de 500 000 jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, il faut que l’addition des emplois libérés et des emplois créés soit à la hauteur de ce chiffre. Une raison de plus pour libérer la place plus rapidement.
Augmenter le taux de cotisation sur le salaire brut
Gardons à l’esprit que la cotisation aux régimes sociaux sur nos salaires se transforme un jour en salaire reporté aussi bien lorsqu’on a besoin de soins médicaux que lorsque nous prenons notre retraite. C’est une sorte d’assurance garantie par l’État. Il n’est pas inutile ici de préciser que ce sont des fonctionnaires qui s’occupent de gérer nos cotisations. Cela veut dire que le coût de ce travail est bien moins coûteux que si la gestion était confiée au secteur privé, car en ce cas, il faut rémunérer les salariés à un tarif plus élevé auquel il convient d’ajouter une part de dividendes à verser aux actionnaires.
Alors, imaginons d’augmenter le taux de cotisation sur le salaire brut. Il existe deux taux de cotisation : l’un, plafonné à 3 428 € (équivalent plus ou moins à 2 800 € nets), est de 6,9 % ; l’autre déplafonné est de 0,4 %. On comprend immédiatement que cette part de 0,4 % reste constante quelle que soit la hauteur du salaire qu’on gagne 3 450 € ou qu’on gagne 20 000 € par mois.
Imaginons maintenant qu’on déplafonne et que, quel que soit le salaire perçu le taux de cotisation pour la retraite est de 6, 9 %, quelles seraient les personnes concernées par cette augmentation ?
Ceux qui sont en dessous de 3 428 € bruts ne seraient pas concernés par cette augmentation, ce qui représente 80 % des Français. Jusqu’à 6 000 € bruts mensuels, soit 16 % des Français auraient une augmentation de cotisation de 200 € maximum tous les mois. Cela reste encore acceptable à ce niveau de salaire. Ceux qui seraient beaucoup plus impactés, c’est-à-dire ceux qui gagnent plus de 6 000 € bruts mensuels représentent 4 % de la population (ces gens n’attendent évidemment pas la retraite sécurité sociale).
On peut imaginer que les personnes qui vont voir leur cotisation augmenter de 200 € seront peut-être d’accord si cela peut leur éviter de partir à la retraite à 65 ans. Cela voudrait dire que 96 % des salariés seraient d’accord pour le déplafonnement du taux de cotisation (dont quelques grincheux qui seraient certainement compensés par la bonne volonté de quelques-uns qui gagnent beaucoup plus) à condition que l’âge de départ à la retraite ne soit pas repoussé.
Un joueur de foot qui signerait pour 100 millions par an, cotise actuellement à hauteur de 370 000 €. Si la cotisation était déplafonnée, il paierait 7 millions d’euros, ce qui représenterait la vente de quelques produits dérivés en plus et participerait à la bonne santé du système de retraite pour tous.
Le déplafonnement du taux de cotisation apporterait aux recettes de cotisation un apport d’environs 8 milliards d’euros. Avec la réforme de Macron, l’économie réalisée serait plus faible.
Certes, d’aucuns diront que les riches partiront. Rengaine connue des partisans du néolibéralisme. C’est tout de même oublier que cela ne concerne qu’une infime minorité car tous ces gens-là ont leur vie ici.
Cet apport pourrait servir à combler le déficit dans un premier temps puis pourrait permettre d’augmenter les petites retraites et/ou de baisser les cotisations patronales.
Ce détournement de nos fonds n’est rien d’autre que le fait du prince
Le COR annonce que le système des retraites est excédentaire en 2021 (900 millions) et en 2022 (un surplus estimé à 3,2 milliards), pour la première fois depuis 2008, grâce au rebond de la croissance française après le Covid. La baisse du chômage observée entraîne mécaniquement une hausse des cotisations retraite, ce qui explique cet excédent.
Pour rappel, en 2020, le déficit était estimé entre 13 et 14 milliards d'euros, dû notamment à la crise sanitaire et la hausse du chômage à ce moment-là. Le COR explique également que son rapport "ne valide pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l'idée d'une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite", comme a pu le suggérer Elizabeth Borne. Enfin, le Fonds de réserve des retraites, chargé de couvrir les déficits est actuellement de 36 Mds €.
Pour un gouvernement soucieux du bien-être de ses concitoyens, les choix politiques ne peuvent donc pas être de repousser l’âge de départ à la retraite. Or, c’est ce que veut précisément le président Macron en plus de diminuer les pensions. Sa violence ne s’exprime pas seulement contre les manifestants mais aussi contre les plus faibles.
Ressources :
Baudinprof.TV La retraite à 65 ans, est-ce la bonne solution ?
Christiane Marty, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa : Derrière la réforme, des retraites au rabais
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