jeudi 14 juillet 2022

Vous avez dit (re)nationalisation ?

mercredi 13 juillet 2022 par ANC

Un joli coup Mme Borne ? Plutôt un pschitt !

Elle croyait sans doute faire un « joli coup de com’ » voir le « buzz » comme on dit dans les milieux qui se veulent « branchés » aidée en cela par nombre de médias qui titraient au lendemain de son discours de politique générale le gouvernement annonce la « renationalisation d’EDF ».

Las le coup est raté ! D’abord parce que la CGT énergie réagissait immédiatement par la voix de Fabrice Coudour l’un de ses dirigeants dénonçant au micro de France Info " de la pure communication" et " un tour de passe-passe prodigieux parce qu’elle n’a jamais prononcé le mot et tout le monde parle de renationalisation, parce qu’elle n’a parlé que d’étatisation avec un État actionnaire unique qui décidera seul du démantèlement d’EDF sans aucun débat parlementaire, et parce qu’elle n’a jamais parlé de l’échec de 20 ans de marché de l’énergie, source de tous nos problèmes et pointé par la Cour des comptes dans un rapport cette semaine."
Et le dirigeant de poursuivre
"C’est un retour à une situation où l’État décidera seul, un retour du projet Hercule de démantèlement de l’entreprise pour vendre aux copains du CAC 40 tous les morceaux qui rapportent."

Et le dirigeant de rappeler les propositions de la CGT pour un service public de l’électricité et du gaz, sortis du marché avec une TVA à 5,5 et non 20% comme c’est le cas actuellement.

Il faut dire que la ficelle était un peu grosse avec un état actuellement actionnaire à 84% et donc nullement gêné aux entournures pour privatiser et démanteler à tour de bras en évitant soigneusement de demander son avis à la population, usagers et personnels compris, comme le voudrait une vraie nationalisation permettant à la souveraineté nationale et populaire de s’exprimer sur les choix de gestion d’un bien public de première nécessité.

Il n’en reste pas moins vrai qu’au-delà du fameux adage « étatisation des pertes et privatisation des profits » la déclaration du gouvernement risque de provoquer un effet boomerang auquel il ne s’attendait pas.

En effet il risque, à son corps défendant et la lutte des énergéticiens l’y contraignant, de mettre sur la table un débat dont il se passerait bien : quelle différence entre nationalisation et étatisation d’une part et pôle public et monopole public de l’autre ?

Débat dont il vient de montrer par son effet d’annonce, que les énergéticiens qui luttent contre la privatisation, pour un monopole public de l’énergie géré par et pour la population, ne sont pas hors sol mais montrent bien que lorsqu’il s’agit des grands choix de la nation, seul le service public peut y répondre. Pour un gouvernement adepte du libéralisme à tout crin, il fait la démonstration que ce dernier ne peut pas répondre aux défis de notre temps…C’est ballot !

 

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