dimanche 28 juin 2020

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR!



Par: Guillermo Alvarado
Le capricieux magnat Donald Trump, actuel président des États-Unis, vit des jours obscurs qui sont en train de dresser de nombreux obstacles sur son chemin pour se maintenir quatre ans encore dans la Maison-Blanche, ce que l’on donnait pour presque sûr au début de l’année.
Le gouvernant a survécu à la tentative de procès de destitution que plusieurs membres du parti démocrate ont impulsé contre lui et l’on prévoyait que cette victoire lui donnerait un élan difficile à égaler dans la lutte pour sa réélection, comme cela se serait passé en temps normaux.
Mais la pandémie de Covid-19 est venue faire disparaître le gout de la victoire et elle a commencé à frapper sur les points sensibles de Trump et surtout sur l’économie.
Il avait réussi jusqu’alors à semer dans l’esprit de beaucoup de citoyens l’idée selon laquelle il avait sauvé le pays, restauré la croissance et vaincu le chômage.

Le Covid-19 est venu démontrer que tout cela était un mythe, une fantaisie et les esprits ont commencé à perdre de l’élan au fur et à mesure que la principale puissance de la planète s’est montrée incapable de gérer une crise que d’autres avaient surmontée.
Sa manie désagréable de chercher des coupables quand les choses ne suivent pas le cours qu’il aurait voulu, y compris son départ et ses accusations contre l’Organisation Mondiale de la Santé, ne l’ont pas aidé à améliorer son image de marque. 
En pleine chute, il y a eu l’explosion de mécontentement massif contre le racisme et la brutalité policière suite à l’assassinat de George Floyd, perpétré par un officier blanc qui semblait se plaire pendant qu’on le filmait exécutant sa victime.
Trump, comme tous les extrémistes, applique au pied de la lettre la norme selon laquelle si la réalité ne coïncide pas avec mes idées, tant pis pour elle. Cependant il a dû se rendre compte du fait que le fiasco dans son meeting électoral de samedi dernier à Tulsa, à  Oklahoma, est un sérieux avertissement pour ses aspirations.
Il l’avait annoncé comme un retour triomphal à la course aux élections du 3 novembre mais presque tout a mal tourné.
Il a été obligé d’annuler une rencontre publique en dehors du stade BOK Center, prévue avant le meeting, car seules quelques dizaines de personnes l’attendaient. Une fois dedans, plusieurs rangées de sièges vides doivent avoir frappé fort l’esprit du président, avide de masses.
Pour comble de malheurs, 6 membres de l’équipe d’organisation ont été testés positif au Covid-19 quelques heures avant la rencontre.
Pour couronner le tout, depuis ce mardi se trouve en vente le livre de l’ex-meilleur ami de Trump, son ancien assesseur de Sécurité Nationale, John Bolton. Comme on dirait dans mon village, ce sont des loups du même acabit qui s’apprêtent maintenant à se dévorer entre eux. Le pire gagnera, mais nous connaîtrons mieux les bassesses du président des États-Unis.

vendredi 26 juin 2020

3 QUE NOUS DEVONS AUX OUVRIERS ' Blog de Tony ANDRÉANI Philosophe. 



CE QUE NOUS DEVONS AUX OUVRIERS (3 ° partie)



Quelques raisons des échecs du mouvement ouvrier

Vaste sujet, amplement débattu. Avec le recul, on peut entrevoir quelques unes de ces raisons.
La plus évidente est que les ouvriers, privés de salaires, ne peuvent tenir longtemps, malgré les caisses de solidarité, tandis que les possédants peuvent attendre, et possèdent les leviers de l’appareil d’Etat (police et armée), en même temps qu’ils peuvent stipendier des briseurs de grève, voire des milices. La grève générale serait certes une arme décisive, mais à condition de pouvoir l’organiser, et seulement si elle pouvait durer et savoir vers quoi elle va.
La deuxième raison est de nature intellectuelle. On ne peut pas attendre des ouvriers, de la place où ils sont, une connaissance du système global dont ils sont et restent le socle. Il leur faudrait pour cela avoir du repos, des moyens à eux de s’informer, un niveau élevé de connaissances à partager dans tous les domaines, du temps et du goût (l’un n’allant pas sans l’autre) pour la lecture. La division du travail manuel et du travail intellectuel va donc se retrouver nécessairement dans leurs organisations, qui auront besoin de « permanents » bien préparés, avec une connaissance suffisante des institutions en vigueur et de l’état des forces en présence. Comme, aux marges du monde ouvrier, il y a toujours des individus qui ne pensent qu’à se débrouiller et donc certains se font même les mercenaires du patronat (le lumpen prolétariat de Marx), la nécessité d’une organisation forte et centralisée conduit a conduit à ce qu’on a appelé la constitution d’une «aristocratie ouvrière » et à la prééminence d’une élite intellectuelle armée de ressources théoriques. C’est, on le sait, ce qui a conduit Lénine, dans son Que faire (1907), à l’affirmation de la nécessité de « révolutionnaires professionnels » et d’un parti fortement centralisé. De fait cela a permis une prise de pouvoir, dans la conjoncture très particulière de la Russie et de la défaite militaire du tsarisme, et sa conservation lors de la guerre civile qui a suivi, mais ce sera au prix de la relégation des soviets à un rôle limité et subalterne dans l’appareil d’Etat, puis de la soumission de la population entière, Lénine une fois disparu, à un parti tout puissant. Ici se pose une question que l’on ne peut éluder : comment les ouvriers ont-ils pu adhérer au stalinisme ? Et la question est encore plus aigüe dans un tout autre contexte : comme les ouvriers allemands, qui avaient été les fers de lance d’une révolution avortée qui a mis à bas l’Empire, ont-ils pu accepter ensuite, dans leur grande masse, le régime nazi, malgré la résistance opposée par une partie d’entre eux ?

Des ouvriers complices du nazisme et du stalinisme ?

En fait on ne peut pas savoir avec précision comment les ouvriers allemands se sont comportés pendant la période nazie, puisque toute enquête y était devenue impossible. Ce qu’on sait est qu’ils sont, dans leur majorité, demeurés passifs, et ont même accepté que l’Etat nazi pille de la main d’œuvre dans les pays occupés (7 millions de travailleurs), pour la transformer en sous-prolétariat exploitable à merci, et mette en esclavage toute une série de populations de déportés (slaves notamment), quand il ne les exterminait pas. Les ouvriers seraient-ils devenus complices par nationalisme exacerbé et par racisme foncier ?
C’est difficile à croire, car, dans leur travail en temps ordinaire, les ouvriers ne sont pas racistes, tout simplement parce que, à leurs postes de travail, ils vivent la même condition que leurs collègues immigrés. Quand ils s’en prennent à ces derniers, c’est parce qu’ils se sont vu imposer par leurs patrons une concurrence déloyale, servant à rabaisser leurs salaires et leurs conditions de travail, voire à menacer leur emploi. Le documentaire, qui aborde la question, suggère que le racisme des ouvriers allemands était pour eux un moyen de justifier leur statut privilégié. Peut-être. Mais il faut replacer les choses dans leur contexte. Le régime nazi (« national-socialiste ») leur a fait croire qu’il allait les défendre face à leurs employeurs et à la ploutocratie internationale.  Et il a fait des gestes pour améliorer leurs conditions de vie, leur promettant loisirs et avantages matériels (dont la voiture du peuple, la fameuse Wolkswagen, pour tous). En second lieu les ouvriers allemands avaient particulièrement souffert de la crise économique générée par les réparations de guerre et la grande Récession venue d’ailleurs. D’où leur attachement à la Grande nation allemande. Mais quand même vient ici le soupçon : seraient-ils nationalistes par nature ?
Ici encore, c’est difficile à croire, mais il y a une raison à un nationalisme qui leur sans cesse reproché par les élites. On sait en effet que les ouvriers ont été nombreux à voter à droite dans les pays occidentaux, qu’ils ont notamment, pour une partie d’entre eux, adhéré au gaullisme, et que, aujourd’hui encore, ils ont des sympathies pour le Rassemblement national. La raison semble assez claire : quand ils sont malmenés par le patronat, surtout lorsque celui-ci est devenu apatride (avec des multinationales sous contrôle étranger), et que le chômage pèse lourdement sur eux, leurs seuls recours sont la nation et un Etat dont ils croient qu’il pourra les défendre. En période de prospérité l’extrême droite n’est pas leur tasse de thé.
Le comportement des ouvriers soviétiques face au stalinisme est beaucoup plus facile à comprendre. D’abord ils étaient valorisés par toute la propagande officielle (et Staline savait leur parler, employer leurs mots). Ensuite, il ne faut pas l’oublier, ils étaient choyés par le régime. La hiérarchie des salaires était faible (et sera par la suite en diminution constante), les ouvriers d’industrie (mineurs, métallos etc.) gagnaient plus que des médecins ou des enseignants. Le mode de vie était médiocre, mais assez communautaire pour être supporté (quant à celui de la nomenklatura, il était discret). Ceci admis, on peut se demander pourquoi ils ne sont pas mobilisés pour défendre le parti communiste lorsqu’il a initié une réforme de grande ampleur (la perestroïka) qui devait leur rendre du pouvoir dans des entreprises libérées du joug de la bureaucratie (un air d’autogestion). Je pense qu’ils n’y croyaient pas, habitués à un système où ils trouvaient malgré tout des avantages (ce qui n’était pas le cas des couches intellectuelles) : un travail sans grand intérêt certes (« nous faisons semblant de travailler, ils font semblant de nous payer »), mais où ils disposaient de réels contre-pouvoirs de fait. C’est dans ces conditions qu’ils furent l’objet d’une immense duperie et se trouvèrent réduits à une misère qu’ils n’avaient jamais connue dans le régime soviétique.
Dans les deux cas du nazisme et du stalinisme il faut bien voir que les ouvriers n’avaient plus la possibilité de s’organiser de manière autonome, ni syndicale, ni politique, ni autre, si bien qu’on ne peut pas parler d’un échec qui serait du à un manque foncier de volonté transformatrice.

Ce qu’une nouvelle révolution devrait apporter aux ouvriers

Je voudrais conclure ces quelques réflexions, que m’a inspiré le documentaire d’Arte, sur la manière dont une tout autre organisation du travail pourrait et devrait transformer le travail des ouvriers et leur donner toute leur place dans la société.
Il faudrait non seulement revaloriser leurs salaires et améliorer leurs conditions de travail à la mesure du rôle fondamental qu’ils continuent à jouer dans l’économie, autrement dit les sortir d’une «condition ouvrière » qui n’a rien d’enviable, mais encore s’attaquer à l’aliénation qui pèse sur leur travail lui-même. A cet égard la robotisation est en soi une bonne chose, puisqu’elle supprime des gestes machiniques, qui ont permis d’accroître la productivité, mais qui sont d’autant plus dévalorisants et humiliants qu’elle peut s’y substituer. Actuellement ces robots, qui ne se fatiguent jamais et ne font jamais grève, constituent une pression supplémentaire, car il faut aller toujours plus vite pour suivre leur rythme. Mais ils réduisent considérablement, sans la supprimer, la dépense de travail vivant, et ouvrent la perspective d’une formidable réduction du temps de travail. Ensuite, et par là aussi, une forte réduction de la division du travail devient possible, qui serait bénéfique non seulement pour les ouvriers, mais pour tous.
Le thème n’est pas nouveau. On se souvient que, dans les années 1970, la révolte des OS a remis en cause l’ordre tayloriste et fordien, à tel point que le patronat a du y chercher une réponse (notamment celle, à l’époque, des cercles de qualité), et que le gouvernement socialiste a fait voter en 1982 les lois Auroux relatives au renforcement des institutions représentatives du personnel et aux conditions d’hygiène et de sécurité, ce qui ne représentait qu’une amélioration du droit du travail, mais ne changeait rien à la nature de ce dernier. Par la suite ont fleuri les initiatives managériales censées donner aux ouvriers initiative et responsabilité, mais elles ont en fait servi surtout à les mettre davantage en concurrence. La division du travail n’a été quelque peu cassée que dans les coopératives (on se souvient ici du combat des Lip), mais ces dernières sont restées dans les marges de l’économie.
Il y eut bien une tentative historique pour surmonter, en partie du moins, la division du travail ; ce fut en Chine, à l’époque de la révolution culturelle, la constitution des comités révolutionnaires, qui dirigeaient les usines et comportaient des représentants des ouvriers et des cadres, tous élus (et, dans certains cas, de l’armée). Dans les ateliers le plan de travail de la journée, les cadences, les améliorations et innovations techniques étaient discutés ensemble. Les primes, le salaire aux pièces et les bonis avaient disparu. Loin d’entraîner une baisse de la production, cette organisation peut expliquer que, malgré le maelstrom politique de la Révolution culturelle, le taux de croissance de l’économie chinoise pendant cette période soit resté élevé, au moins dans l’industrie. Mais le système économique dans son ensemble se heurtait à des limites structurelles, que je ne peux évoquer ici, et, avec le nouveau cours, on est revenu à des formes d’organisation plus proches du capitalisme. Ce qui n’est pas une raison pour ignorer ou oublier cette expérience historique.
La continuité, la simplicité et la fragmentation des opérations ont permis effectivement des gains de productivité, au sens strict du terme (c’est-à-dire indépendamment de l’allongement du temps de travail et de son intensification), mais ce fut au prix de la démotivation de l’ouvrier, de la perte de son ingéniosité, et de la quasi disparition de la coopération intersubjective. Par exemple les méthodes consistant à filmer ses mouvements, en lui attachant des ampoules aux bras, à chronométrer son geste et à  mesurer sa dépense musculaire (évoquées dans le documentaire) pour déterminer « l’acte utile » sont certainement moins efficaces que le conseil de l’ouvrier vétéran ou de l’instructeur du centre d’apprentissage, autrement dit l’information et l’apprentissage mutuels.
Parmi réduire les coûts de production, le capitalisme fait toujours son tri parmi les méthodes de production : il choisit d’abord tout ce qui sert à intensifier le travail et augmenter sa durée (une tendance qui se renforce à nouveau de nos jours) et, parmi les sources de productivité, il choisit celles qu’il peut contrôler et qui peuvent contrecarrer des résistances ouvrières. Toutes les formes de collaboration capital-travail, telles que la dite cogestion (qui n’en est pas vraiment une) dans les grandes entreprises de certains pays de l’Europe du Nord, n’y changent pas grand-chose, car l’organisation du travail y reste, pour l’essentiel, ce qu’elle est. C’est en sortant du capitalisme pour aller vers des entreprises « socialisées » fondées sur la démocratie d’entreprise - sujet que je ne peux développer ici – que les ouvriers, main dans la main avec les techniciens et ingénieurs, pourront sortir de la malédiction du travail aliéné, donner toute leur mesure, et aussi progresser normalement dans la hiérarchie. Quant aux cadres fortement diplômés, ils verraient les choses tout autrement, y compris sur le plan technique, s’ils passaient par exemple un jour par semaine à côté des ouvriers dans l’atelier, au lieu d’y faire une simple visite lors de leur prise de fonction.
Mais les ouvriers ont aussi, je l’ai laissé entrevoir, bien d’autres choses à apporter à une société qui voudrait maîtriser son destin, et que je ne vois pas comment appeler mieux que socialiste. Je me contenterai de deux orientations.
Cette société, sans se priver des apports des technologies de pointe là où elles sont vraiment utiles, privilégiera les « basses technologies », celles où l’on peut réduire la quantité et la complexité des matériaux utilisés,  celles qui permettent de réparer facilement outils et machines, celles enfin grâce auxquelles on peut prolonger la durée de vie des produits. Je prends un exemple : aujourd’hui les véhicules sont bourrés de dispositifs électroniques - en attendant la voiture connectée et autonome. Le mécanicien de l’entretien et de la réparation automobile n’y comprend pas grand-chose, et se contente de remplacer le boitier défaillant, fort onéreux, qui sera quasi impossible à recycler. Cela détruit une grande partie de son travail expert, pour des bénéfices pour l’utilisateur qui sont souvent minimes, tenant plus du gadget que de la facilité ou de la sécurité de conduite (à la différence par exemple du freinage ABS), et qui vont au détriment de l’environnement et contribuent à l’épuisement des ressources naturelles (métaux rares). Les ouvriers n’éprouvent aucune passion à construire, réparer ou utiliser de tels véhicules, qui enchantent l’oligarchie. Or ce sont eux qui ont raison. D’une manière générale la course folle du capitalisme, sous le fouet de la concurrence, vers le must de la technique et du confort raffiné est une impasse. Il faudra bien l’arrêter.
Et, en voyant plus large, c’est l’ensemble des travaux dans la société qui devra être remis sur ses pieds, c’est-à-dire sur les travaux véritablement utiles, qui produisent de vraies valeurs d’usage, dont les valeurs d’usage matérielles[6], par opposition à tous ces travaux « à la con » (les bullshit jobs du sociologue David Graeber) que le capitalisme a multipliés, et qui le sont de l’avis même de ceux qui les effectuent. Les ouvriers nous aideront à dessiner ce monde de demain qui nous sauvera de l’actuel désastre anthropologique.
Les ouvriers ne sont pas obsédés par la richesse, le standing et les signes de distinction. S’il arrive à l’un d’eux de remporter le gros lot au Loto, il ne sait pas trop qu’en faire. Ils aiment plutôt, je l’ai dit, un mode de vie digne, mais tempérant (auquel George Orwell ajoutait un souci d’honnêteté, dans sa conception de la common decency), et des loisirs conviviaux. Ce sont donc eux qu’il faudrait solliciter, impliquer et suivre si l’on veut aller vers cette société de sobriété qui sera seule compatible avec l’habitabilité de la planète.


[1] Je simplifie. Dans un ouvrage ancien (De la société à l’histoire, Méridiens-Klincksieck, 1989, tome 1), je m’étais efforcé de développer et d’affiner la théorie de la coopération chez Marx, qui lui servait à montrer comment elle accroissait la productivité du travail vivant (cf. mon annexe sur la coopération et le tableau de la page 642), Et j’avais distingué plusieurs formes de coopération objective, celle reposant sur les instruments du travail, mais aussi celles reposant sur l’objet et le champ de travail. De fait l’usine n’est pas que des machines, elle est aussi des postes de travail, et l’objet de travail peut y jouer un rôle structurant, notamment dans les industries de process. Quant à la coopération que j’appelais  subjective (c’est-à-dire dépendant directement de la force de travail), mais « factuelle », elle revêt aussi plusieurs formes, la principale étant celle du travail fragmenté, mais qui diffèrent foncièrement de la coopération intersubjective.
[2] Gérard Mendel, L’acte est une aventure. Du sujet métaphysique au sujet de l’actepouvoir, La Découverte, 1998.
[3] Louis Oury, Les prolos, Editions du Temps, 1973. L’ouvrage sera réédité 4 fois.
[4] Editions du Seuil, 1976.
[5] Je me permets de renvoyer le lecteur à mon livre précité et à l’annexe qui y est consacrée à la question, p. 645-688.
[6] Il est bon de rappeler ici que les ouvriers représentent encore, selon l’INSEE, 20% de la population active dans ce pays fortement désindustrialisé qu’est devenu la France.

jeudi 25 juin 2020




UN REGARD JURIDIQUE SUR L'ACTUALITÉ AVEC RÉGIS DE CASTELNAU
Le spasme qui a saisi le monde politique après les déclarations de l’ancienne patronne du PNF devant la commission parlementaire d’enquête est finalement très amusant.
Tout le monde savait que le raid judiciaire contre Fillon était une opération savamment préparée, et exécutée avec zèle par des magistrats parfaitement d’accord pour la mettre en œuvre. Depuis trois ans, en dehors de quelques aboiements, dont ceux de votre serviteur, quelques contritions discrètes (Davet et Lhomme, Marc Endeweld), tout le monde a fait semblant. Il n’est que de voir l’absence de réaction dans la presse, face aux réquisitions, surprenantes de sévérité du PNF à l’audience du procès Fillon. Comme d’ailleurs à toute l’attitude du parquet pendant son déroulement, alors que sautait aux yeux l’évidence du seul objectif, justifier la violence procédurale du printemps 2017, pour parer à l’accusation d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Dont on sait bien sûr qu’elle est parfaitement fondée.
Alors livrons-nous à un petit passage en revue des différentes réactions.
Le réveil des LR
Les LR se réveillent d’un long sommeil sur cette question, alors qu’ils étaient parfaitement au courant depuis le premier jour de l’existence de l’opération visant à disqualifier leur candidat et à permettre l’élection de Macron. Un mélange de lâcheté, d’envies d’aller à la soupe et d’aversion pour François Fillon, ont abouti à l’instauration d’un pieux silence. Dont ils sortent aujourd’hui, sentant Macron affaibli et soucieux de redorer leur blason comme ils l’ont fait en s’opposant victorieusement quoique tardivement à la loi scélérate Avia (tant mieux, et merci à eux quand même). Alors, bardés de fausse ingénuité, ils font semblant de découvrir la lune avec les déclarations d’Éliane Houlette, et enfoncent vaillamment des portes ouvertes.
Jean-Luc Mélenchon a compris
Pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2017 Jean-Luc Mélenchon n’écoutait pas les conseils de prudence dans le maniement des informations données par la presse à l’aide des fuites ciblées de l’enquête, puis de l’instruction. Ses partisans et lui n’hésitaient pas à s’en servir à l’encontre de leur concurrent LR.
C’est aujourd’hui une autre chanson, car entre-temps, le patron de LFI a goûté à l’instrumentalisation politique de la justice en se faisant appliquer le même genre de traitement. Et douloureusement surpris, a trouvé cela passablement désagréable, et donc changement de discours et prise en compte du réel. Le voilà qui nous dit : « Il y a eu un effet de meute. Il est clair que sa liquidation politique a servi l’ascension de monsieur Macron. C’est de la grossière manipulation ». Carrément ?
Socialistes et éditocrates, Joffrin porte-parole
Il est nécessaire de faire un lot commun dans la description du comportement des socialistes et des journalistes soutiens indéfectibles d’Emmanuel Macron.
D’abord parce que ce sont les mêmes et ensuite parce que ce sont eux qui ont été à la manœuvre. Les uns organisant et soutenant la manipulation, les autres la relayant dans un invraisemblable bombardement médiatique. Ils auraient du mal à prétendre que c’était pour soutenir Benoît Hamont candidat officiel du PS !
Non non, c’était bien Macron qu’ils voulaient. Le problème, c’est que les Français en ont fait l’expérience depuis, et allez savoir pourquoi, ils ont quand même l’impression d’une superbe erreur de casting. Alors, beaucoup rasent les murs, mais pas Laurent Joffrin comme d’habitude qui s’y colle dès qu’il faut afficher son ignorance et déployer sa mauvaise foi. Et comme d’habitude toujours, on n’est pas déçu. Il défend bec et ongles la fable et révèle en creux sa conception de la démocratie. « On parle «d’instrumentalisation», de «forfaiture», de «cabinet noir» et on regonfle le mythe d’une «élection volée» qui aurait privé un Fillon blanc comme neige de son ticket d’entrée à l’Elysée. »
Mais dites donc Monsieur Joffrin, vous savez bien que ce n’est pas le principe même d’une procédure à l’encontre de François Fillon qui pose un problème, mais la façon dont elle s’est initialement déroulée. Dont vous ne dites pas un mot. Le caractère exceptionnellement fulgurant à ce moment-là, à un rythme que je n’ai JAMAIS VU en 48 ans de carrière, à partir, non d’un réquisitoire, d’une plainte, ou d’un signalement article 40 mais d’un article de journal opportunément publié à quelques semaines du scrutin, tout ça ne vous dérange en rien ?
La violation des règles de la loi sur le secret de l’enquête, probablement par des gens liés à celle-ci, pour que des pièces de la procédure habilement sélectionnées paraissent dans la presse avant même qu’elles soient « côtées » dans le dossier judiciaire, pour vous tout va bien ? Aucun problème quand la loi devient à géométrie variable, et que des fonctionnaires violent leurs obligations légales et par conséquent leur serment sous votre nez. Ces délinquants-là seraient donc « blancs comme neige » ?
Et puis on voit en creux l’argument, tant de fois entendu, d’une culpabilité affirmée concernant François Fillon qui aurait justifiée qu’on l’écarte de la course à la présidence dont il était le favori. Jolie conception de la séparation des pouvoirs que cette présentation des choses qui trouve normal qu’en déclenchant une procédure judiciaire ultrarapide et en la mettant en scène dans un grand tintamarre médiatique illégalement organisé, ce soient les procureurs qui désormais choisissent qui peut se présenter à l’élection la plus importante de la république.
Dans une démocratie normale, c’est le juge du fond après un débat contradictoire dans le respect des règles qui peut décider d’infliger la peine complémentaire d’inéligibilité.
En revanche, Laurent Joffrin ne voit aucun inconvénient à ce que l’affaire Arif qui jetait un drôle d’éclairage sur les conditions financières de la campagne de hollande en 2012, dorme paisiblement du sommeil de l’injuste depuis plus de six ans, celle de Ferrand depuis trois ans. Benalla bien sûr, El Guerraj et toutes les autres quand, d’enlisements en classements sans suite, on épargne soigneusement la macronie.
Il n’a aucun souci quand la procédure jumelle contre le ministre socialiste de l’intérieur de Hollande Bruno Le Roux à qui l’on reprochait les mêmes faits qu’à Fillon, est silencieusement encalminée depuis plus de trois ans.
La défense de Fillon et « les magistrats en campagne »
Un des avocats de François Fillon, vient nous dire aujourd’hui que pendant l’information judiciaire, il avait eu l’impression d’être devant, non un magistrat instructeur, mais devant un militant. On veut bien le croire, mais on va peut-être quand même s’interroger sur cette prise de conscience tardive.
Car en effet, c’était le même magistrat qui avait instruit la procédure diligentée à l’encontre de Nicolas Sarkozy pour le règlement par l’UMP en 2012 de l’amende fixée par le Conseil constitutionnel pour le dépassement des comptes de campagne.
À ce moment-là l’instruction complètement à charge et les mises en examen multiples du « magistrat militant » n’avaient pas beaucoup gêné François Fillon alors à la tête de l’UMP, qui avait été les solliciter de Jean-Pierre Jouyet alors secrétaire général de l’Élysée sous François Hollande. Dites Monsieur Fillon, un « magistrat en campagne », un coup c’est bien, un coup c’est mal, c’est ça ?
Macron veut qu’on vérifie…
Emmanuel Macron quant à lui fait très fort. Il a annoncé à grand son de trompe qu’il avait saisi le Conseil Supérieur de la Magistrature pour vérifier « l’indépendance de l’enquête ».
On a bien entendu, Emmanuel Macron ne parle pas « d’impartialité » mais « d’indépendance ». Pardi, la procédure a bien été « indépendante » parce qu’il n’y avait nul besoin de pressions sur Éliane Houlette pour qu’elle lance soigneusement le premier étage judiciaire du missile anti-Fillon.
Le juge d’instruction Serge Tournaire du pôle financier allumera le second, et ce sera suffisant pour sortir Fillon de la course et ouvrir un boulevard à Macron. Et nul besoin non plus, d’ordres de la chancellerie ou de l’Élysée pour que Catherine Champrenault apporte tous ses soins à l’opération.
La duplicité de cette annonce présidentielle fait sourire. C’est comme si après l’assassinat de Jules César aux ides de mars 44 avant J.-C., Brutus avait demandé au Sénat romain de « vérifier » son innocence dans le complot et le meurtre de son père adoptif.
Des magistrats un peu gênés
Il y a enfin des magistrats, dont beaucoup sont bien embêtés, qui rappellent les grands principes, se réfugient dans le déni, ou bien essayent une fois de plus de faire avancer la mauvaise cause de l’indépendance du parquet.
Et puis, ceux qui accusent les copains histoire de se défausser de leur responsabilité dans la manipulation du printemps 2017. Dont, on ne sait jamais, il faudra peut-être un jour rendre des comptes.
Et c’est dans ce contexte que cette séquence se produit, lancée par ce qui ressemble aussi à un règlement de compte entre deux magistrates engagées et semble-t-il en rivalité. On rappellera quand même par méchanceté pure, qu’elles ont été toutes deux choisies et nommées par François Hollande. Les méchantes langues gratifient même Catherine Champrenault d’une grande proximité avec François Hollande et Ségolène Royal.
L’instrumentalisation politique de la justice pour disqualifier le favori de l’élection présidentielle de 2017 est une évidence depuis trois ans.
L’épisode consécutif aux déclarations de Madame Houlette ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà. Mais dévoile la nature du consensus qui avait tenu à jeter un voile pudique sur la manipulation antidémocratique qui avait permis à Emmanuel Macron d’arriver au pouvoir.
Kit d’injection d’insuline

  Photo by Kerem Yucel / AFP
De plus en plus d’indices provenant d’études en laboratoire ou de personnes souffrant du Covid-19 suggèrent que le virus s’en prend aux cellules productrices d’insuline.
Le diabète accroît la vulnérabilité au Sars-CoV-2, mais il est aussi possible que ce virus responsable du Covid-19 déclenche le diabète chez certaines personnes. C’est en tout cas ce que pensent un nombre croissant de chercheurs.
“Ils fondent leur intuition sur une poignée de patients ayant développé du diabète après une contamination par le Sars-CoV-2, explique Nature, mais aussi sur le tableau clinique de dizaines d’autres malades du Covid-19, qui présentaient lors de leur hospitalisation des concentrations sanguines anormalement élevées de glucose et d’acétone, que le foie produit à partir des graisses.” Quand le corps ne produit pas suffisamment d’insuline pour “casser” les sucres, il fait appel à l’acétone en remplacement.
Les scientifiques évoquent aussi le cas d’autres virus, comme celui responsable du Sras, qui ont été liés à des maladies comme le diabète de type 1. En outre, de nombreux organes impliqués dans le contrôle de la glycémie (taux de glucose dans le sang) sont riches en protéines ACE2, que le virus responsable du Covid-19 utilise pour pénétrer à l’intérieur des cellules. Enfin, dans une étude publiée dans la revue Cell Stem Cell le 19 juin et réalisée sur des mini-organoïdes cultivés en laboratoire, des chercheurs suggèrent que le virus peut endommager les cellules qui contrôlent la glycémie.
D’autres mettent cependant en garde contre des conclusions trop hâtives. “Nous devons surveiller le taux de diabétiques chez les anciens malades du Covid pour déterminer si cette proportion dépasse vraiment la moyenne”, prévient Naveed Sattar, spécialiste des maladies métaboliques à l’université de Glasgow. Abd Tahrani, clinicien et chercheur à l’université de Birmingham complète :
Des études épidémiologiques de cohorte et des études expérimentales sont nécessaires, et il faudra également pouvoir décrire les mécanismes biologiques en jeu.”
Des initiatives ont d’ailleurs été lancées. Une équipe internationale est par exemple en train de constituer une base de données mondiale rassemblant des informations relatives à des personnes ayant souffert du Covid-19 et d’un taux de glucose dans le sang élevé alors qu’elles n’avaient pas d’antécédents diabétiques ni de problème de contrôle de leur glycémie.

LE SCANDALE DU "MÉDIATOR" DE SERVIER TOUJOURS D'ACTUALITÉ

25 juin 2020 Blog Pcf Littoral
Trois victimes du médiator  qui ont refusé la prime au silence et surmonté des années de procédure  entrent dans l'histoire. Ce qu'elles toucheront ou pas ne nous concerne pas. Par contre leur long combat aura permis d'avancer.
    * la procureure représentant la France, Aude Le Guilcher a posé les vrais questions : Comment un produit à l'efficacité aussi modeste et de surcroît dangereux a-t-il pu  rester si longtemps commercialisé ?
     *  L'agence du Médicament ne passe pas à travers les gouttes.Censée être l'expert et le gendarme du médicament, elle s'est  révélée incapable de prendre les mesures qui s'imposaient et de percer le brouillard  entretenu par Servier.*  La mort de Servier en  2014 a interdit l'opération bouc émissaire  qui aurait fait de lui une exception  : le groupe Servier persiste et signe dans ce mariage du médicament et du profit qui se moque des malades.* les  faits sont accablants. Dans un état de droit,  un coupe faim contesté peut devenir sans problème un médicament contre le diabète remboursé par la sécu  en 1969 et le procès  de cette escroquerie n' a lieu  qu'en 2020. La montagne accouchera sans doute d'une souris  au niveau du verdict en ce qui concerne l'entreprise,  mais un grand pas vient d'être franchi afin que ce que réclame le docteur Prud'homme dans l'Huma se réalise : une agence du médicament qui cherche à savoir si un médicament est utile et sans danger   et ne soit plus un instrument de big pharma.